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Forum > Entre deux voyages > Carnets de voyage, textes de voyageurs > Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
 

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Facteur4
VALENCE d'AGEN, France



17 mars 2007 à 7:08

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Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) Répondre

Pourquoi faire du vélo (VTT) le long du canal entre les 2 mers : latéral à la Garonne de Bordeaux à Toulouse, du Midi de Toulouse à la Méditerranée ?

Ce canal ayant étant créé pour relier la Méditerranée à l'Atlantique sans faire le tour de l'Espagne, a sur toute sa longueur un ancien chemin de halage (pour tirer les barges).
Comme ce chemin est interdit à la circulation (sauf aux véhicule de service des Voies Navigables de France), il n'y circule pas d'automobile (c'est dangereux, bruyant et ça pue).
Le canal d'entre les 2 mers a été réalisé pour le transport de marchandise, il traverse donc un grand nombre de villes que vous pouvez découvrir sans vous intégrer dans la circulation. Vous pouvez vous y ravitailler ou y dormir. Vous découvrirez les paysages variés de la campagne toujours dans la sérénité apportée par le calme et le lent écoulement de l'eau du canal. Le plus souvent à l'ombre des arbres qui ont été planter pour retenir les berges par leur racines.
Il vous suffit de suivre le tracé de ce ruban bleu ou plutôt vert sans avoir à consulter une carte pour suivre son itinéraire. Mais surtout l'avantage majeur c'est que c'est plat !
Bien sûr sur le canal du Midi l'eau descend depuis le seuil de partage des eaux de Naurouze à l'Est vers la Méditerranée et descend à l'Ouest vers Toulouse. Bien sûr sur le Canal latéral à la Garonne l'eau s'écoule vers Bordeaux. Mais cette pente est pratiquement imperceptible et c'est un atout majeur lorsque l'on veut voyager en vélo plusieurs jours avec des bagages.

Quand je dis vélo je devrais plutôt dire VTT car si le chemin de halage a par endroit été remplacé par une piste cyclable goudronnée il ressemble le plus souvent à un chemin de terre parfois agréable à rouler parfois empierré et souvent encombré par les racines des magnifiques arbres qui le bordent.
Depuis que le canal a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, des aménagements sont en cours mais ce n'est pas demain que l'on pourra joindre Bordeaux à Sète en vélo de course. Et j'ai peur que les premières parties de la chaussée soient dégradées avant que le reste soit terminé.
On peut d'ailleurs tomber sur des travaux en cours pour la réalisation de cette piste cyclable. C'est ce qui m'est arrivé lors de ce printemps 2007 en avance.

Dimanche 11/03 Valence d'Agen 08h15 Toulouse (Rangueil) 16h30
97 Km en 8h15 6h sur le vélo
Départ sur le chemin récemment goudronné le long du Canal Latéral à la Garonne, les premières écluses et en approchant de Moissac la piste devient un billard jusqu'à Castelsarrasin où après le port Cousteau on retrouve le classique chemin de halage en terre avec ses cailloux, ses racines et ses trous de ragondin. Enfin pas pour longtemps car je tombe sur les ornières crées par les tractopelles et les bulldozers qui heureusement sont en repos dominical. Un tas de gravats plus haut que moi barre toute la largeur du chemin. Je ne souhaite pas faire demi-tour pour retrouver le précédent pont et rouler sur l'autre rive pas plus praticable (herbe dense). Pas facile de porter un vélo avec des sacoches pleines alors je le hisse et passe plusieurs monticules. Je continue parfois à pied ne sachant pas jusqu'où se font les travaux. Autre bulldozer, heureusement que le terrain est sec. En fait les travaux vont jusqu'à Montech et le chemin est impraticable. Je conseille donc de prendre la N113 qui est parallèle (c'est ce que j'ai fait au retour).
A Montech la célèbre pente d'eau est au repos en attendant les touristes. Pour de nombreux kilomètres je retrouve le traditionnel chemin de halage. Puis plus on approche de Toulouse plus le revêtement s'améliore et plus il y a de cyclistes et de piétons jusqu'au centre ville où y a un trafic incessant de cyclistes surtout d'étudiants en allant sur Rangueil.

Lundi 12/03 Rangueil 09h10 Revel 16h30
86 Km en 7h20 5h30 sur le vélo
Dés que l'on arrive sur Toulouse, on effectue un 90° pour suivre le raccordement entre le canal latéral et le canal du Midi.
Direction Est on passe devant la péniche qui vend les célèbres souvenirs à la Violette de Toulouse.
Une véritable piste cyclable a été réalisée pendant 50 Km jusqu'à Port Lauragais. C'est un vrai bonheur pour les Toulousains et les voyageurs. Des sanitaires ont été installés ou partagés avec les aires de repos de l'autoroute. Ce qui permet de s'approvisionner en eau (Bien sûr les vélos sont interdits sur aires ASF mais des supports judicieusement placés permettent d'attacher sa monture et de rentrer à pied).
A port Lauragais c'est encore une aire de repos qui se partage entre usagers de l'autoroute, de la piste cyclable et les navigateurs. On trouve ici cafétéria, restaurant et hôtel, boutique de souvenirs régionaux.
Mais le grand plaisir c'est d'arriver au seuil de partage des eaux de Naurouze où l'eau s'écoule d'un côté vers la méditerranée et de l'autre vers l'Atlantique.
Là j'ai décidé de quitté le canal du Midi qui continue vers Castelnaudary avec un chemin de halage beaucoup moins roulant pour suivre la Rigole qui alimente le canal en eau depuis le bassin de Saint Ferréol. Pour moi ce fut un retour à la source un peu comme un pèlerinage en hommage au génial Pierre Paul Riquet concepteur de ce magnifique ouvrage. J'ai donc suivi le sentier de service qui longe la rigole. C'est en fait une variante de GR 653 qui mène à Revel en longeant ce cours d'eau artificiel.
Il est alimenté en eau de la Montagne Noire et je craignais de devoir suivre une pente importante. Il n'en est rien car la rigole serpente sur 40 Km en s'écoulant doucement sous les arbres. C'est mieux qu'en rêve : un chemin de terre assez roulant avec le crissement de feuilles ou des épines des pins sous les roues sur lequel je n'ai croisé que quelques pêcheurs... Et pour soulager les fesses douloureuses les derniers km sont en terre battue, un paradis (Moto quad s'abstenir) où l'on croise davantage de promeneurs et cyclistes.

Mardi 13/03
Après une nuit réconfortante à Revel j'ai attaqué la matinée par le tour à pied du Lac de St Ferréol. Une randonnée de 10 km très agréable que je déconseille au Vététistes à moins d'avoir le pied montagnard et le mollet musclé. Sinon vous pouvez aussi vous y rendre par la route. Il y a au moins 2 hôtels prés du lac.
Après-midi début du retour vers Le Tarn et Garonne par le même chemin avec le même plaisir.

Total 378 km de souffrance et de bonheur pour lesquels je dois remercier les conseils généraux et régionaux qui subventionnent, les VNF qui entretiennent et les bénévoles qui balisent les chemins de randonnée.

- Et tu ne crois pas que tu exagères un peu avec tes 378 km de bonheur et le paradis de la rigole ?

Bon c'est vrai que ce n'était pas toujours aussi idyllique parfois le chemin était carrément pierrique... mais j'ai eu un temps magnifique et les paysages sont si beaux (eau,soleil,végétation)… Sous la pluie ou dans la boue sut été moins drôle.

- Là tu déblogues complément çà veut dire quoi pierrique ?

Pierrique c'est pire que pierreux. J'en connais un Pierrick et c'est un dur.

- Et pourquoi Facteur4 ?

C'est l'objectif pour la France de réduire par 4 l'émission de gaz à effet de serre pour 2050.
J'y participe en allant travailler 3 fois sur 4 en vélo.

- Et ton cassoulet ?

Là je plaide coupable. J'ai mangé le meilleur cassoulet de ma vie à l'hôtel du Midi à Revel. Mais il a été très productif en méthane. J'ai eu tellement mal au ventre que cela m'a empêché de dormir et que j'ai écrit mes cartes postales entre 3 et 4h du mat.
Que de bons souvenirs !

Facteur4 : Objectif pour 2050 de diviser par 4 l'émission de gaz à effet de serre.

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Facteur4
VALENCE d'AGEN, France



22 mai 2007 à 12:29

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Bonne nouvelle [En réponse à] Répondre

Bonne nouvelle !
Le chemin de halage entre Valence d'Agen et Agen a été transformé en piste cyclable.
C'est tout a fait pratiquable en vélo de route même course.
Si bien que l'on peut aller de Castelsarrasin à Agen et même 25 km au-delà sans quitter le bitume.
Ce sera bientôt le cas entre Castelsarrasin et Montech.
Merci aux départements aux régions et au subventions européennes.

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MajusC00L (en ligne!)
Actuellement en France, Canada



22 mai 2007 à 12:51

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Re: [Facteur4] Bonne nouvelle [En réponse à] Répondre

Je dis bravo aussi

Je n'aurai pas l'occasion d'y retourner bientôt mais l'an dernier j'ai vécu un enfer de boue sur cette portion et j'ai dû abandonner vers Golfech pour rejoindre Agen par la grande Nationale.


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Petite signature en trente lettres




yannick33
bordeaux, France

16 juin 2007 à 7:47

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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Bonjour!

J'ai lu votre contribution avec attention car j'ai l'intention de parcourir le canal latéral puis le canal du midi, à partir du lundi 26 juin.
J'ai bien pris note que le beetwin sera plus approprié que mon vélo de course... Pourriez-vous me dire, pour un cycliste normalemeent constitué avec sacoches et petit sac à dos, le rythme que l'on a le long de ce canal? 80km par jour vous semblent-ils raissonnables à envisager?
Merci d'avance
Yannick


christofen
castres, France

16 juin 2007 à 10:05

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Re: [yannick33] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Bonjour nous sommes rentrés hier du canal; en fait nous n'avons sur le canal seuil de Naurouze - Agde, notre moyenne sur le canal est autour de 80 km/jour; gonfle bien tes pneus à cause des racines de platanes et attends toi à manger de la gadoue. Petits détails: au Km 225 à l'ouvrage du Livron, il ne passe pas à vélo, 3km avant Agde au panneau "danger circulation inerdite" n'insiste pas prend à droite une petite route goudronnée en gardant toujours le canal à main gauche et tu arrive dans AGDE; munis toi du bouquin le canal du midi à vélo de Philippe Calas il est trés pratique pour savoir qu'elle rive prendre car rien n'est indiqué et surtout pour les points d'eau


Facteur4
VALENCE d'AGEN, France



16 juin 2007 à 16:29

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Re: [yannick33] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Cela fait toujours plaisir de savoir que le temps passé à écrire des informations est utile aux autres.
80 Km par jour me semble faisable si tu as un peu d'entraînement. N'oublions pas que c'est tout plat et que la partie piste cyclable s'est allongé. Mais pour 80 km par jour il ne faut pas être trop chargé. J'aurais pu te proposer une étape à Valence d'Agen mais je risque d'être absent. Personnelement je déconseille le sac à dos. Cela fait transpirer par frottement continu dans le dos. Rajoute plutôt une sacoche au guidon cela permet de chargé un peu l'avant et d'éviter le "wheeling".

Bonne route

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yannick33
bordeaux, France

19 juin 2007 à 9:21

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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Bonjour et merci beaucoup de ta réponse.
Je pars en fait de Hure (33), et emprunte le canal latéral de la Garonne. Je pensais faire ma première étape à Agen (connaitrais-tu un hôtel sympa-pas trop cher dans cette ville?) puis faire escale ensuite à Toulouse, puis calmer le jeu avec Castelnaudary, Trèbes, Capestang puis Sète. Qu'en dis-tu?
Merci de ta réponse
Yannick
PS: j'ai acheté un très bon livre sur le canal du midi à vélo...


Facteur4
VALENCE d'AGEN, France



19 juin 2007 à 13:26

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Re: [yannick33] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Ce projet me semble viable. Je ne connais pas trop les hôtels sur Agen car je ne les utilise pas.
Bonne route

Facteur4 : Objectif pour 2050 de diviser par 4 l'émission de gaz à effet de serre.


nanou82
montauban, France

22 juin 2007 à 16:26

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Re: [yannick33] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

parti de toulouse suis allé jusqu'à carcassonne(106klm) puis Capestang et 3ème jour jusqu'à Sète; Pas trop d'intérêt entre béziers et sète sauf l'arrivée à l'étang de Thau qui est belle. mais chemin goudronné de béziers à agde puis carrément pourri et laid ensuite.par contre un grand plaisir de Toulouse à béziers. ça ne me plaît pas trop que le chemin soit goudronné petit à petit et j'espère qu'ils vont se contenter des environs des villes;
je lis avec intérêt vos commentaires car je vais faire bientôt de montauban à bordeaux


rando07
près d'Annonay (Ardèche), France

22 juin 2007 à 17:07

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Re: [nanou82] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Bonjour, en mai sur 15 jours mon épouse et moi avons fait Bordeaux - Toulouse - Sète. Nous pédalons peu dans l'année, nous avons campé et fait des étapes de 50 à 65 kms/jour. Que du bonheur. Et comme dit plus haut s'il est agréable de rouler sur du goudron, nous préférons nettement les pistes en terre même si les herbes sont un peu hautes parfois et que les racines barrent le chemin. C'est moins monotone. Nous avons préféré le canal du midi au canal de la Garonne. Et nous avons aussi mangé un très bon casssoulet à Castelnaudary très bien digéré puisque ce jour-là nous avons fait en guise de digestion 40 kms après le repas de midi. Nous pédalons essentiellement le long des chemins de hallage et nous avons de quoi faire rien qu'en France. Bon vélo à toutes et tous.

l'ardéchois


sylvania
Bruxelles, Belgique

23 juin 2007 à 10:59

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Re: Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Bonjour,
Nous voudrions faire le trajet Bordeaux - Toulouse en suivant le chemin de halage (Latresne - Cambes - Cadillac - St Macaire). Est-ce que quelqu'un peut me dire s'il est praticable à vélo? Surtout sur le tronçon Latresne - La Reole.

merci


oFamily
33-Presque dans le medoc !!, France



23 juin 2007 à 12:04

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Re: [sylvania] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre


 En réponse à 
Bonjour,
Nous voudrions faire le trajet Bordeaux - Toulouse en suivant le chemin de halage (Latresne - Cambes - Cadillac - St Macaire). Est-ce que quelqu'un peut me dire s'il est praticable à vélo? Surtout sur le tronçon Latresne - La Reole.

merci

Je connais un peu le long de la garonne entre Latresne et Langoiran et je crains qu'il n'y ait que des portions de chemins , pas entretenus et vraiment difficiles a suivre .Ca ne me semble vraiment pas une bonne idee que de partir de Bordeaux :(


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mapu
Sud-ouest de la France, France



25 juin 2007 à 14:59

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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Franchement j'ai bien aimé ton récit sur le canal. Je ne suis pas une pro, loin de là, mais l'envie me démange de partir tranquilou avec mon vélo, me prendre un bon bol d'oxygène, et en lisant ce récit ça me conforte dans mon projet.
Je manque de temps, d'argent, mais j'ai réussi à me concocter un mini-voyage de 3 jours (en attendant mieux) entre Toulouse et Millau. Petit à petit je m'équipe : incapable de dire la marque, le prix, le poids de mon dérailleur, de ma selle, de mes sacoches et l'âge du capitaine. Mais bon, rien qu'en regardant les cartes, les possibilités d'hébergement (plutôt camping), les voies vertes et les petites routes sans trop de voitures, je m'évade.


lamoskita
Bordeaux, France

25 juin 2007 à 17:40

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Re: [sylvania] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

quelques portions roulables aussi entre Podensac et Barsac et entre st Macaire et st Pierre d'Aurillac


ensuite à partir de Castets en Dorthe il vaut mieux suivre le canal le cheminement est plus evident , par contre ne pas hesiter à aller faire un tour à Barie coté Garonne


Facteur4
VALENCE d'AGEN, France



26 juin 2007 à 14:20

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Re: [sylvania] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Bonjour,
Je ne l'ai pas fait et je ne connais pas la région mais c'est dans mes projets.
Il existe une voie verte entre Créon et Sauveterre de Guyenne. Peut-être même plus prés de Bordeaux :
http://troisv.amis-nature.org/spip.php?article19
http://www.mairie-creon.fr/unevievelo2007.pdf
Cela pourrait être une solution en partant de Bordeaux.
Après la voie verte Roger Labèpie à Sauveterre rejoindre Castets-en-Dorthe par la départementale pour commencer le canal latéral à la Garonne jusqu'à Toulouse.
Si vous le faites. Informer moi car je voudrais le faire en sens contraire au mois de Septembre.

Facteur4 : Objectif pour 2050 de diviser par 4 l'émission de gaz à effet de serre.


Facteur4
VALENCE d'AGEN, France



22 septembre 2007 à 5:32

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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

Au mois de Juillet, j'ai séjourné à Portiragnes et j'ai en profité pour longer une partie du canal en VTT. De Portiragnes à Béziers c'est une véritable piste cyclable qui permet en 17 km de rejoindre la ville natale du génial Pierre Paul Riquet. Puis en empruntant le pont-canal de Béziers où le canal surplombe l'Orb on arrive aux impressionnantes 7 écluses de Fonsérannes. 5 mn pour les longer à pied 2 mn en vélo et 1 heure dans le meilleur des cas pour les franchir en bateau.
Dans la direction opposer c'est 15 km de chemin de terre qui permettre de se rendre de Portiragnes à Agde en découvrant l'étonnant ouvrage de Libron. Ensuite pour continuer vers Sète une simple carte routière ne suffit pas. Car après l'écluse ronde d'Agde on est tenté comme les bateaux de suivre l'Hérault et l'on se retrouve sur un sentier qui disparait rapidement. Là il faut disposer d'un guide qui vous dira de traverser l'hérault par le pont d'Agde et de prendre la route direction Marseillan pour retrouver le canal à la sortie de la ville. Mais très rapidement le chemin de halage devient un simple sillon dans les joncs au bord de la berge. Parfois le berge s'est écroulée et il faut vraiment vouloir aller jusqu'au bout pour continuer. Il faut hisser le vélo sur le talus, le passer par dessus des barbelés et pénétrer dans la zone naturelle. Il faut du courage avec des bagages.

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Facteur4
VALENCE d'AGEN, France



22 septembre 2007 à 5:47

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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France) [En réponse à] Répondre

J’avais prévu de longer en VTT le Canal latéral à la Garonne en direction de Bordeaux puis de profiter des pistes cyclables du bassin d’Arcachon. Mais à la vue des prévisions météorologiques : vent de Nord-Ouest soutenu toute la semaine, j’ai décidé d’inverser la vapeur et de partir vers la Méditerranée.

Lundi 03/09/07 Valence d’Agen 08h00 Rangueuil 14h00 95 km
Pour cette première partie du parcours que j’ai déjà décrite reprendre Chapitre 1 (03/07).
Parvenu jusqu’à Castelsarrasin sur une belle piste cyclable, je fus très surpris 6 mois plus tard de tomber de nouveau sur des travaux sur la portion Castelsarrasin Montech. La piste cyclable a été crée mais des portions sont inachevées d’autres en cours comme-ci des problèmes techniques empêchaient la réalisation ou si l’ouvrage était fait à contrecœur. Par exemple quand on arrive sous un pont le bitume s’arrête parce que les engins ne passent pas dessous.
Je rencontre un camion déversant des gravillons et suit le chemin d’accès à une ancienne maison du canal. Son propriétaire m’accueille très mal finissant par reconnaître que mon erreur est due aux travaux en cours (j’avais déjà remarqué lors mes nombreux passages précédents que ce monsieur faisait tout pour dissuader les gens de passer devant sa maison en longeant la canal). Plus loin je dois suivre une déviation pour la réalisation d’un autopont qu’un marcheur m’indique spontanément allant par gentillesse jusqu’à me proposer de l’eau.
Ces petits désagréments ne m’empêchent pas de réaliser ma première étape en 6H (10h15 en Mars 2007). Il faut dire que j’ai le vent dans le dos et que j’ai réduit les poses au minimum.
Je devais être à 15 h à l’INSA de Toulouse pour effectuer l’inscription de ma fille (celle-ci effectuant un stage chez AIRBUS).

Mardi 04/09 Rangueuil 08h45 Castelnaudary 16h00 73 Km
Une petite pluie matinale s’étant mise à tomber alors que je chargeais mon vélo.
Je décidai d’attendre un peu sous le porche d’accès à la résidence étudiante où ma fille a son studio. C’est là qu’il est utile d’avoir emporté un livre (Le canal du Midi et les voies navigables de l’Atlantique à la Méditerranée Editions Ouest-France) même s’il pèse 570 g. Ce qui n’est pas négligeable en vélo.
La pluie ayant cessé je retrouve la piste cyclable qui relie Toulouse à Port Lauragais.
A peine ai-je effectué quelques kilomètres que je sens un flou dans le pédalier. C’est ma pédale gauche qui s’est desserrée. Je sors de ma trousse la clé multi têtes (6-15 mm) et la resserre. 20 km plus loin elle a de nouveau du jeu. Cette fois j’utilise mon tournevis pour faire bras de levier et serrer davantage. Cette petite clé très pratique et légère (aluminium) n’y résiste pas et je me retrouve avec 2 morceaux, heureusement la pédale est resserrée.
N’ayant plus de contrainte horaire j’effectue quelques excursions à proximité du canal.
Je vais admirer le clocher mur de l’église de Villenouvelle (l’un des plus beaux de la région toulousaine) et par chance je passe devant un petit magasin moto. Où j’emprunte une clé de 14 pour finir de resserrer le pédalier.
Je vais admirer le village de St Rome qui est composé de maisons de différent style architectural. Mais n’en aurai qu’un aperçu par-dessus le mur d’enceinte, les visites n’étant pas autorisées. Je pousse alors jusqu’à Villefranche de Lauragais où pour 12 euros je déguste le menu du jour à l’auberge de la Pradelle.
Je rejoins le canal pour à nouveau m’en éloigner le temps de monter à pied à Montferrand dont il reste une belle porte fortifiée. De cette hauteur j’admire le panorama sur le Lauragais et la montagne Noire et découvre le phare aéronautique érigé en 1927 pour guider les pilotes de l’Aéropostale.
Ayant retrouvé le canal du Midi à l’écluse de l’océan, je longe le bief de partage des eaux jusqu’à l’écluse de la Méditerranée sur le chemin de halage en terre qui se situe rive droite jusqu’à Castelnaudary. (Il faudrait atteindre Béziers pour revoir du bitume : piste cyclable jusqu’à Portiragnes).
Je choisis de dormir (chambre 45 euros) à l’hôtel restaurant la Maison du Cassoulet et bien sûr prend la demi-pension (60 euros). Je ne suis pas seul à venir placer mon vélo dans le petit réduit en bas de l’escalier. Je reconnais un couple de personnes âgées (j’en ferai bientôt partie) que j’ai doublé sur le canal et qui dormiront dans l’hôtel d’en face (50 euros la chambre) mais ce sont les mêmes propriétaires.
A 19h35 je descend dîner (début du service 19h30) et attend une ½ h pour me voir servir un cassoulet brûlant que je dois encore laisser refroidir (je ne dispose pas d’assiette) .Tout le temps de ma présence, le garçon refuse des clients. Je ne suis pas le seul à vouloir dîner à la maison du Cassoulet à Castelnaudary. Peut-être pas le meilleur plan ! Celui-ci ne laissera pas un excellent souvenir gastronomique même s’il ne m’indisposera pas comme celui de Revel (Ch. 1). Pour la chambre aucun soucis elle a était refaite à neuf (rachat par ceux d’en face).
Pour la première fois, je mets les pieds dans un cybercafé. Cyber oui café ?
Il y a effectivement une cafetière (comme à la maison) et une armoire réfrigérée contenant des boissons sans alcool. Pour 3.80 euros je dispose d’une heure de connexion à Internet et pour 1.20 d’une cannette. Je peux ainsi consulter la météo qui annonce toujours un vent de Nord-Ouest d’environ 15 km/h. je poursuivrai donc avec un vent favorable. C’est ce vent qui m’a aidé que l’on peut identifier par la formation de rides lorsqu’il a la même direction que l’écoulement du canal (dans mon cas après le seuil de Naurouze) et par la formation de vaguelettes lorsqu’il est contraire (avant le seuil de Naurouze). Quand il commence à y avoir des vagues sur le canal là ce n’est pas bon du tout. Ne rigolez pas ! Au port de Castelnaudary il y a le plus grand bassin réalisé sur le canal (pour alimenter l’écluse quadruple de St Roch). Il a été nécessaire de créer une île arborée pour casser les mini tempêtes qui projetaient les barques les plus légères sur le quai et coulaient les embarcations les plus chargées.

Mercredi 05/09 Castelnaudary 09h00 Capendu 17h00 73 km
Quittant le centre ville je longe le bassin sur la rive gauche. Mais les maisons ont été construites tout au bord. Seul un passage de 30 ou 40 cm permet de circuler. Et des anglais s’apprêtant à faire le plein de leur bateau doivent me laisser passer avant d’accéder à la pompe de gasoil. Il est préférable en venant du seuil de Naurouze de rester rive droite. Il faut simplement faire un crochet pour contourner le hangar atelier de la société CROWN BLUE LINE qui communique par l’eau avec le bassin. Les bateaux de cette compagnie sont omniprésents sur le canal. On en retrouve beaucoup dans le « port » de la Tamarissière qu’ils ont créé sur le canal après Portiragnes. Là un grand nombre d’allemands, suisses… laissent leur voiture au parking fermé pour louer un bateau environ 2000 euros/semaine (95 euros pour faire convoyer sa voiture au lieu d’arrivée). Mais ce sont les anglais qui sont les plus nombreux sur le canal. Est-ce qu’ils viennent chercher le soleil? Disposent-ils d’un meilleur pouvoir d’achat où apprécient-ils plus notre patrimoine que nous-même ? Certainement les trois. C’est encore un anglais qui a écrit le premier ouvrage (Le Canal Entre Deux Mers L.T.C. Rolt EUROMAPPING) qui a provoqué mon engouement pour le canal.
Je décide de me rendre à St Papoul éloignée de 6 Km pour admirer l’ancienne cathédrale en suivant le GR7 qui longe le canal puis traverse ce village. J’effectue une partie du trajet à vélo puis décide de l’abandonner attaché à un arbre. Après 3 km de marche je peux admirer le cloître qui toute fois est moins joli que celui de Moissac. L’avantage de se promener en cette saison c’est que l’on peut grappiller des mûres ou des figues et plus au sud quelques grains de raisin.
De retour sur le chemin de halage, je redouble les 3 mêmes cyclistes qu’après Toulouse. Des femmes dont la plus jeune doit avoir la cinquantaine. Elles dégustent un café sorti d’un thermos. Elles ont laissé leur voiture à Agde et ont gagné Toulouse en Train.
Elles me confirment qu’elles ont fait ce choix en raison du vent.
Ayant « perdu » 2 h30 pour visiter St Papoul je crains d’arriver trop tard à la crêperie de L’écluse d’Herminis. J’y parviens à 14 h et suis heureux d’apprendre que l’on peut y manger à toute heure. J’opte pour une galette de sarrasin œuf, jambon, pipérade maison avec une bouteille de cidre. Qu’elle bonne idée d’avoir aménagée cette maison éclusière en crêperie.
On peut ici se restaurer en restant sous le charme du canal : soleil, arbres et verdure, eau calme. Je me régale d’en profiter d’autant que la semaine prochaine, l’établissement sera fermé me confie le serveuse après une saison où elle s’affaire de 6h à 23h tous les jours en utilisant des ingrédients frais. Je la félicite regrettant seulement qu’elle utilise du chocolat prêt à l’emploi (comme les autres crêperies) pour la crêpe chocolat banane que j’ai pris en dessert.
Mes tours de roue suivants me font traverser Carcassonne et c’est un peu frustrant car depuis le canal on ne voit pas du tout les fortifications. Peut-être y ferai-je une étape au retour. En effet le canal passe dans la ville basse et il y a un petit passage un peu difficile encaissé entre 2 murs presque verticaux où il y a des flaques d’eau et de la boue. J’admire un homme pendu à un filin par son baudrier en train de passer le rotofil sur le talus en face presque à la verticale.
Arrivé à la gare SNCF, il faut prendre la rive droite pour continuer.
Plus loin alors que je me suis arrêté à l’ombre des platanes, je vois passer 4 jeunes garçons à vélo. Ils ne parlent pas français et je m’étonne de les voir seuls. Je les reverrai arriver avec 4 adultes au gîte ou je vais passer la nuit. Ils sont du Venezuela mais je ne saurai pas dans quel cadre il effectue cette visite du canal. Le lendemain 2 de ces enfants semblent impatient de repartir et sortent leur vélo avec un adulte avant de déjeuner. Je m’étonne qu’aucun ne remarque qu’un des vélos est à plat pourtant c’est très net quand le jeune monte sur le VTT, le pneu est complètement écrasé. Peut-être n’ont-ils pas l’habitude d’utiliser des vélos ? Alors qu’ils prennent leur petit-déjeuner, je marche vers eux en portant le vélo. Les 2 garçons m’observent les yeux écarquillés. Avec mon maigre anglais je m’assure qu’ils ont de quoi réparer et regonfler avant de repartir.
Je remercie les cyclistes internautes qui mon fais connaître le Gîte
Le relais OCCITAN domaine de Beauvoir route de Capendu 11800 MARSEILLETTE 04 68 79 12 67 http://perso.orange.fr/relais.occitan/ 17 draps et petit déjeuner compris (pas en chambre d'hôte)
C’est le meilleur souvenir de mon voyage. J’ai pu dormir dans un foudre dans lequel a été créé une porte. On y accède par un petit escalier en bois et dispose de 2 lits une chaise et de l’éclairage.
Faute de Bordeaux j’ai dormi bercé par d’anciens effluves de Corbières ou de Minervois. Le village De Capendu est à 2 km. Je m’y suis rendu à pied et en ai effectué le tour sans trouver de restaurant ouvert (j’aurai plus de chance au retour). Cela m’a permis de profiter des chaussées récemment refaites pour monter à l’église situer sur un petit piton rocheux qui apporte du charme. De retour après 6 ou 7 km je me contente de quelques biscuits et d’une petite gourde en compote (très pratique bien que produisant des déchets comme tous les emballages en portion). Bien que le propriétaire m’ait proposé de me dépanner d’une assiette de pâtes, je le remerciai rappelant que j’avais très bien déjeuné à la crêperie d’Herminis.

Jeudi 06/09 Capendu 09h00 Gruissan 17h00 86 km
C’est part un petit-déjeuner au soleil que je commence la journée. Je déguste la confiture de figues et ne peux m’empêcher de demander la recette au propriétaire du gîte :
Couper en deux 1 kg de figues à maturité.
Laisser macérer une nuit avec 600 g de sucre.
Cuire 40 min (plus pour une grande quantité) avec des amandes. Ecumer si nécessaire.
Je conseille de verser chaud dans des pots. De les fermer et de les retourner. En refroidissant le vide va se créer sans qu’il soit nécessaire d’utiliser de la paraffine pour assurer la conservation.
Il faut reprendre la rive gauche du chemin de halage à l’écluse de Marseillette.
Mon attention est retenue par un coffret électrique. Il s’agit d’une borne de chargement ELECTRA pour des bateaux de croisière électrique. Projet conduit par Réseau Aquitain Véhicules ELectriques et soutenu par l’Association Française Bateau Electrique.
J’ai alors une révélation. Je ne m’étais jamais imaginé faire le canal en pénichette.
Vitesse max autorisée 8 Km/H (en vélo on les double avec une facilité déconcertante)
Longue attente aux écluses. Contrainte horaire (elles sont fermées de 12 à 13h).
En fait le canal c’est l éloge de la lenteur. Il ne faut pas faire le canal mais le découvrir lui et ses alentours. Et j’envisage désormais de le parcourir à la retraite sur un bateau pourvu qu’il soit électrique…
Pour l’instant je pédale et je redouble 2 jeunes filles. L’une dotée d’une physionomie généreuse (elle remplit bien son cycliste) arbore un large sourire en me disant que finalement je ne vais pas plus vite qu’elles. En fait c’est le principe du lièvre et de la tortue et mes visites me font perdre le temps gagné. Elles souhaitent aller jusqu’à Sète et je leur apprends qu’après Agde le chemin est vraiment très mauvais (voir Ch.2 08/07)
Je traverse à l’écluse de l’Aiguille pour reprendre rive droite. Entre Argens et Paraza le chemin de halage et remplacé par une route départementale. Le château de Ventenac Minervois attire mon regard et je décide de déjeuner au Grilladou qui propose pour 10 euros un coucous (tous les jeudi midi). Agréable endroit où bien que situé dans le village le restaurant dispose d’une très grande terrasse sous les muriers-platanes. J’opte pour le carafon de vin rouge (compris).
Ici tout à le goût du vin même l’eau servie dans un bouteille à vin, bue dans des verres ayant contenu du vin et presque la couleur surtout pour ma petite carafe ébréchée toute auréolée de minervois.
Et tout ceci se digère assez bien. Toutefois je vérifie rapidement que plus on mange moins on pédale et dois oublier le grand plateau pour les 15 km suivants sous la chaleur du zénith.
Ayant exploré la fin du canal du midi cet été (Ch.2), au Point Kilomètrique 169 je bifurque à droite direction Sallèles d’Aude pour longer le canal de jonction vers le canal de la Robine.
Ici les écluses ont été automatisées et pour un temps les pins parasol ont remplacé les platanes sur le chemin de halage. Habitué à souffrir des sauts provoqués par les racines de ces derniers à chaque fois que l’on ne soulève pas les fesses pour utiliser les jambes comme amortisseur, je m’aperçois que les racines des pins sont pires parce que plus noueuses et plus difficiles à éviter.
J’effectue une dizaine de km avant que le canal de jonction ne se jette dans l’Aude dans laquelle les bateaux effectuent un petit km avant de descendre dans le canal de la Robine.
C’est là que je regrette de n’avoir pas mieux préparé mon itinéraire.
En effet j’avais acheté les cartes IGN du secteur Agen Bordeaux Arcachon et avais du les abandonner me contentant de prendre quelques info sur le canal du Midi (merci au site de Philippe Calas) et quelques conseils d’internautes pour les resto et les hébergements.
Mais n’ayant pas étudié le parcours du canal de la Robine où tout est prévu pour les bateaux mais rien pour les piétons et les cyclistes, je me retrouvais dans les vignes et pour la première fois me suis senti en difficulté. A pied à travers les fourrés je parviens sur le lit de l’Aude mais cela ne sert à rien, il me faut retrouver le chemin de halage du canal de la Robine (antérieur au canal du Midi). Je retourne à l’épanchoir de Gailhousty (très bel ouvrage) pour constater que la pointe où je vois virer les navires ne m’offre aucune possibilité de traverser à l’horizon. Seul un pont de chemin fer qui semble inaccessible surplombe l’Aude d’une trentaine de mètres. Heureusement j’aperçois un parcours VTT balisé indiquant Narbonne. Je le suis à travers les arbustes et monte aux niveaux de la voie ferrée. La fin du chemin est constituée par du ballast et je préfère finir à pied n’ayant que très peu d’aptitude au tout terrain surtout avec un vélo chargé. J’arrive à la voie ferrée luisante sous le soleil. Cela m’indique qu’elle n’est pas désaffectée. J’emprunte le pont sans traîner (c’est le cas de le dire). Parvenu sur l’autre rive après une centaine de mètres qui me paraissent assez long, j’ai le choix entre une rampe très vive ou un escalier bétonné. Je peux porté mon VTT dans un escalier mais lorsqu’il est chargé je ne m’en sens pas capable. Je décide de vider mes sacoches et procède en 2 étapes.
A l’imposant ouvrage suivant qui assure le liaison entre l’Aude et le canal ce la Robine, je retrouve le chemin de halage qui rapidement est indiqué comme piste cyclable pour Narbonne. Quel plaisir de découvrir cette belle ville et d’en traverser le centre le long du canal, évitant ainsi la circulation. Je m’arrête à l’office du tourisme pour retirer un plan des pistes cyclables. Curieusement l’hôtesse oublie de me demander mon département (j’aurais pourtant été fier de dire que j’en arrivais à vélo). Bonne surprise en continuant mon trajet en direction de Port la Nouvelle, le vais trouver la piste cyclable du littoral qui mène à Narbonne Plage en passant à Gruissan. C’est là que j’ai décidé de séjourner dans un village de vacances de mon comité d’entreprise. Ce parcours empreinte parfois un petit morceau de route et des chemins gravillonnés mais principalement une piste cyclable très agréable même si elle manque de poteaux indicateurs. Je croise un grand groupe d’adolescents en sortie avec leurs profs et ils ont tendance à croire que toute la piste leur est réservée.
Quel pied de pouvoir me baigner dans l’étang d’eau de mer de Gruissan. J’apprécie d’autant plus de me rafraîchir que c’est au bout d’un périple de 327 km que j’ai rejoint la Méditerranée.

Vendredi 07 et Samedi 08 Gruissan 88 km
Je commence ces 2 jours de repos par une randonnée pédestre de 08 h à 12h dans le massif de la Clape suivie d’un bain.
L’après-midi je vais visiter le Gruissan village puis le port où je peux consulter la météo à l’Argonaute (cybercafé qui tire son nom du voilier qui réalise des croisières sous les hautes latitudes) pour 1 euro les 10 min non dégressif (préférer connexion offerte à l’office du tourisme où à la capitainerie).
Beau temps et vent de Nord-Ouest, il me faudrait attendre jeudi pour partir avec un vent favorable et risquer d’être rattrapé par la pluie.
J’ai confirmation de cette météo sur téléviseur situé au bar de village de vacances.
Je regarde les informations et les 4 premiers sujets traitent du rugby. Il faut dire que c’est le premier match de la coupe du monde pour la France qui est donnée favori. L’animation a prévu de diffuser TF1 sur l’écran géant et un film sur la télé.
Ne me demandez pas si le match était bien, j’ai regardé le DVD acheté pour l’occasion : « Ne t’en fais pas, je vais bien » Très bon film sur l’amour d’un père pour ses enfants.
Ne croyez pas que j’aurais préféré un match de foot ou que je sois antisportif. Je suis pour le sport et contre la compétition. Pour moi la seule façon de jouer au foot c’est celle des africains : dés qu’un joueur marque un but, il passe dans l’équipe adverse.
Tout le cinéma autour de ces événements me fait penser au temps des romains où le peuple réclamait « du pain et des jeux ! » ou me fait croire que l’opium du peuple n’est plus la religion mais la compétition sportive.

Samedi je décide de retourner par la piste cyclable au canal de la Robine pour aller jusqu’à son extrémité Port la Nouvelle. Seul port de mer accessible par un marin d’eau douce.
Je vois quelques avirons (curieux tout de même de progresser en marche arrière).
Le vent souffle comme toujours dans la région et le contraste et grand entre les zones à l’ombre où l’on a froid et celles où le soleil nous chauffe avec puissance.
Le canal longe l’île Sainte Lucie réserve naturelle lieu de randonnées qui offre entre lagunes et étang, ciel bleu et senteur marines la découverte de sa faune.
Mais je décide de poursuivre vers Sigean qui me permet quelques minutes de profiter d’une inversion de vent sur le secteur de Perpignan et d’apercevoir des flamands roses.
Sur le chemin du retour, je croise un bateau filant à vive allure sur le canal. La femme assise à la barre et l’homme debout tous deux torse nu ne semblent pas connaître la raison de la limitation de vitesse à 8 km/h. C’est pour éviter le batillage (déferlement des vagues de sillage contre les berges) qui emporte peu à peu la terre retenue par les végétaux.
J’écris mes dernières cartes postales (même cela n’est pas facile avec le vent) et prépare ma monture.

Dimanche 09/09 Gruissan 08h45 Capendu 18h15 82 km
9h30 pour faire 82 km, ce n’est pas brillant. Alors que d’habitude ma vitesse de croisière varie entre 15 et 20 km/h en fonction de l’état du chemin de halage, je ne parviens pas à dépasser 10 avant de gagner le canal de la Robine. Là je croise environ 200 cyclistes (j’ai vu le dossard 189) en sortie familiale. Les canaux et les grandes villes font toujours de bonnes associations. Ils doivent venir de Narbonne. Une jeune fille sur un vélo de ville suivie certainement de sa mère et de son père arrive à ma rencontre. Etonnant l’homme porte dans une sorte de sac à dos un VTT certainement pour permettre à sa fille de changer de vélo. Apparemment il s’agit d’un 24 pouces et cela ne semble pas le déranger pour pédaler.
Plus loin je force un peu l’allure pour rattraper un coureur. Je lui annonce qu’il coure à 15 km/h. Il me dit que les tient sur un marathon. Tout de même avec ce vent de face il faut le faire.
Après avoir cueilli quelques figues sur un arbre providentiel, j’arrive à Narbonne où j’avais repéré un point d’eau. Au-dessus du canal le marché semble animé et la passerelle piétonnière qui l’enjambe et couverte de monde. Je ne m’attarde pas davantage ayant réservé le foudre pour le soir m’arrêtant toutefois assez souvent pour manger mes biscuits et luxe en vélo une pêche que j’avais soigneusement emballée. Je retrouve le pont de chemin fer où j’eff