Correction d'un petit texte en bambara

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Original post
SA
Bonjour à tous! Je suis métisse. J'essaie d'apprendre le bambara pour essayer de communiquer avec ma famille au Mali. J'ai quelques difficultés surtout pour la prononciation. Voilà j'ai écrit un petit texte. Est ce quelqu'un pourrait me le corriger et m'indiquer la prononciation pour les mots que l'on ne prononce pas comme en français. Merci d'avance

" I ni sogoma I ka kéné ? Né Maïté Sanogo don. Né bila a da la né bamana dege. "

Aussi j'ai une question, qu'est ce que l'on répond à i ka kéné ?
NA Nattyone75 ·
[:)]Bonjour,

Je suis aussi en france et voudrait prendre des cours de bambara. Je réside à Paris et pars au Mali encore une fois fin janvier.

Prends tu des cours ou te débrouilles tu par toi meme?

Quand on te dis I ka kéné? tu réponds toroté ou héré don. Je ne sais plus lol.

Je voudrais avoir des tuyaux aussi pour me mettre en tete l'apprentissage de la langue.

Comment fais tu toi?
si tu as l'amour pour les gens, les gens auront de l'amour pour toi.
LA Lapirogue Veteran ·
c'est notre amis hery sur qui il faut conter pour pour cette traduction

I ka kéné ? te demande si tu vas bien. tu peu répondre (phonétiquement) torosité, si tu vas bien ou doni pour un peu.

willynomad
le site du nomad
SA Sanogo14 ·
en fait avec plusieurs ouvrages je me suis fait une méthode avec le principe de conjugaisons, de la grammaire, de la mise en relief. Ensuite j'essaie de faire des phrases pour apprendre le vocabulaire. Le hic de ma méthoe c'est que phonétiquement j'ai besoin que quelqu'un m'aide et pour vérifier que cela est bon. Si j'ai le temps, je vais faire un fichier pdf des conjugaisons et tout et je vous enverrais cela.
SA Sanogo14 ·
comment je peux le contacter, j'aimerais vraiment savoir si je suis dans le vrai ou pas et surtout savoir pour pouvoir prononcer
NA Nattyone75 ·
[;)] je te remercie beaucoup à toi. Je suis dans le même bateau que toi. Si tu as des pistes n'hésite pas et moi de meme.

Joyeux noel.

Nadia
si tu as l'amour pour les gens, les gens auront de l'amour pour toi.
LA Lapirogue Veteran ·
http://voyageforum.com/v.f?membre=hery;post_id=1891339;

tu peu essayer de le contacter en privé, je crois qu'il est au mali en ce moment, donc peu être plus rarement sur le net willynomad
le site du nomad
HE Hery Veteran ·
le principe de conjugaisons

Bonjour Mme,

dans la linguistique, « conjugaison » veut dire la marque morphologique du verbe (c.à.d. de son radical) relativement aux catégories grammaticales verbales comme a) la personne, b) le nombre, c) le temps, d) le mode (indicatif, impératif/obligatif, subjonctif, ...), e) le genus verbi (actif, passif, ...), et f) l’aspect (si grammaticalisé). Pour comprendre, un exemple du français :

Ils mangent du pain

« mang » est le radical du verbe « manger », « -ent » la terminaison qui indique des diverses catégories grammaticales du verbe : a) 3e personne, b) pluriel, c) présent, d) indicatif, e) actif.

Tout ça n’existe pas de cette manière (!!!) en bamana, à une exception près : dans des constructions intransitives, la marque de l’accompli affirmatif (!!!) –ra (à des variantes –la et -na) est suffixée au verbe. Exemple :

(ka) taa « aller, partir » : Mògòw taara sugu la. « Les gens sont allés au marché. »

Sinon, la conjugaison du bamana se produit par des marques d’énoncé (ou marqueurs prédicatifs) étant un ensemble d’élements grammaticaux simples ou complexes, qui constituent avec le verbe le prédicat verbal : bè, tè, ma, ka, ye, kana, na, bèna, tèna, bè ka, bè la, Ø*, -ra ... Elles sont placées dans tous les cas (sauf celui de –ra) devant le verbe, séparées de lui par l’object dans des constructions transitives. Les diverses marques d’énoncé expriment de diverses valeurs aspecto-temporelles (accompli, inaccompli, injonctif, progressif, habituel, ...), des modes, l’affirmation/négation, etc. Exemples :

(ka) taa « aller, partir (intransitif) » :

Musa bè taa. « Musa part. » Musa tè taa. « Musa ne part pas. » Musa ka taa. « Que Musa parte ! » Taa ! « Pars ! » A ye taa ! « Partez ! » Musa kana taa. « Que Musa ne parte pas ! » Musa na taa. « Musa partira. » Musa bèna taa. « Musa va partir. » Musa tèna taa. « Musa ne partira pas. » Musa ma taa. « Musa n’est pas parti. » Musa taara. « Musa est parti. »..

(ka) a dun « manger qqc (transitif) »

Musa bè buuru dun. « Musa mange du pain. » Musa tè buuru dun. « Musa ne mange pas de pain. » Musa bè buurudun la. « Musa est en train de manger du pain. » Musa ka buuru dun. « Que Musa mange du pain ! » Buuru dun ! « Mange du pain ! » A ye buuru dun ! « Mangez du pain ! » Musa kana buuru dun. « Que Musa ne mange pas de pain ! » Musa na buuru dun. « Musa mangera du pain. » Musa bèna buuru dun. « Musa va manger du pain. » Musa tèna buuru dun. « Musa ne mangera pas de pain. » Musa ye buuru dun. « Musa a mangé du pain. » Musa ma buuru dun. « Musa n’a pas mangé du pain. » Musa dunna (waraba ye). « Musa a été mangé (par un lion). »** Musa ma dun (waraba ye). « Musa n’a pas été mangé (par un lion). »**

Vous voyez ! Le verbe ne change jamais (sauf au cas de -ra) quel que soit la valeur aspecto-temporelle, la personne et le nombre (du sujet), le mode, le genus verbi ...

Bon courage pour apprendre cette magnifique langue !

VIVE LE MALI !!!

hgb

* Ici, Ø veut dire morphème zéro. Ce morphème est utilisé pour l’impératif affirmatif singulier dans des constructions intransitives (!!!). Exemples : bò yen ! « va-t’en ! », na ! « viens ! », taa so ! « pars à la maison ! ». * * Dans ces deux dernières phrases, la perte de l’objet (buuru « pain ») a le changement du genus verbi pour conséquence, c.à.d. la phrase indicative active se transforme en une passive. Musa, dont le rôle sémantique est le agens (auteur/responsable d’une action) dans les phrases actives, est devenu patiens (concerné d’une action) dans ces deux phrases passives. Vous voyez, même dans la linguistique, la vie n’est pas sans danger !
HE Hery Veteran ·
Bonjour Mme,

dites-moi en français ce que vous voulez dire en bamana ... C'est surtout Maïté qui n'est pas du tout compréhensible pour moi ! Quant au reste, pas de problème !

Si vous voulez, je vous explique la prononciation du bamana et aussi I ka kènè. Sans problème !

Je vous envoie un message demain ou après-demain.

Ala ka tle hèrè caya !

Bonnes Fêtes, hgb
SA Sanogo14 ·
merci beaucoup Maïté c'est mon prénom Je voulais dire Je suis Maïté Sanogo. J'essaie d'apprendre le bambara.
HE Hery Veteran ·
Né Maïté Sanogo don.

Bonsoir Mme,

pour exprimer son identité, à savoir « Je suis Maïté Sanogo », on dit

a) Ne ye Maïté Sanogo ye.

Ici, il s’agit d’un énoncé équatif (modèle : N1 + ye/tè + N2 + ye)*, qui exprime une identité (affirmative : X est Y, ou négative : X n’est pas Y) ; les deux groupes nominaux (N1 = sujet, N2 = complément) sont liés par une marque d’énoncé complexe : ye ... ye à l’affirmatif, tè ... ye au négatif.

b) Maïté Sanogo ye ne ye. « Maïté Sanogo, c’est moi. »

Dans un énoncé équatif dont le N1 est tògò « nom » (ou « prénom » pour une personne) ou jamu « nom de famille, patronyme », la marque d’énoncé se réduit en ye à l’affirmatif (et peut être même supprimée ; voir ex. d.) et en tè au négatif :

c) Ne tògò ye Maïté Sanogo. « Je m’appelle Maïté Sanogo. »

d) Ne tògò Maïté Sanogo. « Je m’appelle Maïté Sanogo. »

e) Ne tògò tè Hawa Ba, ne tògò Maïté Sanogo. « Je ne suis pas Hawa Ba, mais Maïté Sanogo. »

Autre possibilité :

e) Ne tògò ko Maïté Sanogo. « Mon nom est Maïté Sanogo. »

En cas de ko, il ne s’agit pas d’une marque d’énoncé mais d’un verbe défectif « se dire, dire que ; que ; si ».

C’est à se demander si Ne Maïté Sanogo don est correct. Je doute. En tout cas, vous pouvez dire ...

Ne don. « C’est moi. »

ou

Maïté Sanogo don. « C’est Maïté Sanogo. »

Ce type d’énoncé, le plus simple en bamana, est un énoncé présentatif (modèle : N + don/tè).

I ka kéné ?

Littéralement, cette phrase interrogative veut dire « es-tu en bonne santé ? », « es-tu en pleine forme ? » ou tout simplement « tu vas bien ? », « ça va ? » On y répond :

a) Nba (hommes) ; nse (femmes). « Merci ! »

b) Nba, ne ka kènè (hommes) ; nse, ne ka kènè (femmes). « Merci, je vais bien. »

c) Hèrè. « Merci bien. »

d) Hèrè don.« Merci bien. »

e) Tòòrò tè. « Pas de mal. »

f) Tòòrò si tè. « Pas de mal. »

g) Tòòrò tè n na. « Pas de mal à moi. »

...

I ka kènè ? Somògòw bè di ?! « ça va ? et la famille ? » sont les questions les plus posées au Mali. Si une personne vous trouve 10 fois par jour, il vous pose ces deux questions 10 fois, en soyez sûre ! Donc, il vaut la peine d’y avoir une réponse ... Merci !

Né bila a da la ne bamana dege.

Cette phrase n’est pas correct. Voici ...

N b’a fè k’a lajè ka bamanankan kalan. « Je veux essayer d’apprendre le bamana. »

VIVE LE MALI !!!

Bonne soirée, hgb

* N = nominal ; è et ò sont d’anciens orthographes des e et o ouverts. Selon l’orthographe valable du bamana, è s’écrit par epsilon, ò par c inversé (non pas disponibles sur le clavier).
SA Sanogo14 ·
Merci beaucoup. Est ce que vous connaissez un manuel de bambara mais surtout un livre d'exercices. Merci beaucoup pour votre aide. Et pour la prononciation Comment prononce t-on "don" ?
HE Hery Veteran ·
Bonjour,

comment prononce-t-on "don" ?!

Le n final indique la nasalité de la voyelle précédente, le o ...

Vous connaissez bien ce phénomème (quant à la prononciation) en français :

mon, ton, son, bouillon, voyons, camion ...

Le d du bamana correspond à celui du français !

Moi, je connais le manuel "Grundkurs Bambara (mit Texten)" de Raimund Kastenholz. Mais ce manuel est écrit en allemand et utilisé aux universités allemandes. Ce livre est superbe. Malheureusement, je ne connais aucun livre apte à apprendre le bamana en français. "J'apprends le Bambara" (Morales) ne convient pas pour une novice. Je trouve même que "Parlons Bambara" (Maiga) n'est pas idéal mais est utilisé à l'INALCO, Paris.

Je suis moi-même en train d'écrire un manuel bamana.

Désolé, c'est ce que je peux dire ...

Bonne journée, hgb
SA Sanogo14 ·
merci beaucoup pour tous vos conseils merci beaucoup j'espère être au courant quand votre livre sera fini.
NA Nadincalao ·
tu réponds : torrocité, et oum sé quand on te dit bonjour car tu es une femme, les hommes répondent oum baa moi aussi j'essaie d'apprendre le bambara je rentre du mali, bamako, et surtout la brousse, bancoumana somonosso au bord du fleuve niger si tu veux on peut correspondre mes amis maliens m'apprennent le bambara via internet. NADINE
HE Hery Veteran ·
Bonjour,

voici un programme scolaire bamana en 20 leçons ...

Leçon 1 :

Bamana, langue et locuteurs Bamana, situation langagière

Alphabet Inventaire de phonèmes (voyelles et consonnes) Prononciation Système tonal et structure syllabique Orthographe

Leçon 2 :

Catégories de mots (noms, verbes, adjectifs) Nombre (singulier/pluriel) Enoncés simples I (énoncé présentatif)

Leçon 3 :

Pronoms Genre (masculin/féminin) Numéraux cardinaux 1 – 10

Leçon 4 :

Constructions possessives (aliénable/inaliéable) Enoncés simples II (énoncé équatif) Pronom possessif en ta

Leçon 5 :

Verbes statifs Diminutif/Augmentatif Enoncés simples III (énoncé situatif) Postpositions

Leçon 6 :

Interrogatifs wa et min Enoncés simples IV (énoncé descriptif) « Avoir » et « vouloir » en bamana Adjectifs démonstratifs Morphème tun en phrases non-verbales

Leçon 7 :

Enoncés simples V (énoncé processif intransitif) Inaccompli (bè, tè, ka) Déterminants (wèrè, dò, bèè)

Leçon 8 :

Enoncés simples VI (énoncé processif transitif) Accompli (ye, -ra) Numéraux ordinaux 1 – 10 Adjectifs et verbes statifs Suffixes dérivatifs ( –li, –ya) Auxiliaires TAM

Leçon 9 :

Futur Morphème tun en phrases verbales Particle de Verbe ko

Leçon 10 :

Autres adjectifs Compléments (locaux, temporels, ...) Adverbiaux simples

Leçon 11 :

Autres interrogatifs (min, mun, jòn) Morphème ka (citation des verbes) Numéraux cardinaux 11 – Impératif/obligatif Autres suffixes dérivatifs (-lan, -bali, -ma) Nomina Agentis (-la, -baga)

Leçon 12 :

Déterminants négatifs (si, foyi) Expressions comparatives Autres interrogatifs (jumèn, joli) Passif

Leçon 13 :

Questions causales et temporelles Participes (-tò, -len, -ta) Particules Verbes reflexifs Enoncés complexes I

Leçon 14 :

Composés nominaux Ton en composés nominaux Adverbiaux (de manière, expressifs, idéophoniques) Propositions en ka

Leçon 15 :

Autres suffixes dérivatifs (nominaux, verbaux, ...) Composés verbaux Conjonctions I (iko, fo) Enoncés complexes II (propositions conditionnelles) Verbes préfixés (la-, ma-)

Leçon 16 :

Conjonctions II (kabini, sabu) Séquence distributive par le relateur o Autres suffixes dérivatifs (-ka, -ntan) Conglomérés et redoublés

Leçon 17 :

Enoncés complexes III (propositions relatives) Conjonctions II (bari, bawo, jaa) Interjections bamana

Leçon 18 :

Particules phrasales (bani, kè, han, fès) Idéophones et adverbes expressifs Conjonctions III (walasa, janko, sani/yanni) Constructions attributives Relateurs en bamana

Leçon 19 :

Salutations en bamana (foliw) Terminologie de parenté Date/Heure Directions géographiques Argot

Leçon 20

Vocabulaire bamana Références

Bonne chance !

hgb
HE Hery Veteran ·
torrocité, et oum sé quand on te dit bonjour car tu es une femme, les hommes répondent oum baa

Désolé, je n'ai jamais entendu parler oum baa et oum sé mais toujours nba et nse ...

hgb
AB Abdoul89 Regular ·
Bonjour, bien votre message sur ce site, je suis formateur de langue bambara du mali et je donne des cours en ligne et sur place à bamako . je pourrais bien vous former en ligne et vous serez capable de comminuquer
HE Hery Veteran ·
Salutations, expressions, interjections en bamana

1.1 Salutations

Voici une courte représentation des communications de base (salutations) en bamana :

Ka a ta fajiri waati la fo ka na se midi waati ma : Dans la matinée (du 5h au midi) :

A. : I ni sògòma, Madu ! A. : Bonjour, Madu !

M. : Nba, i ni sògòma, Ali ! M. : Bonjour, Ali !

A. : Hèrè sira (wa) ? A. : Bien dormi ?

M. : Hèrè (dòròn) ! M. : Oui, j'ai bien dormi !

A. : I ka kènè ? A. : Ça va ?

M. : Tòòrò tè ! M. : Pas de mal.

A. : Somògòw bè di ? A. : ... et la famille ?

M. : Tòòrò t’u la ! M. : Pas de problème, tous sont bien !

Ka a ta midi waati la fo ka na se lansara waati ma : L'après-midi (à partir du midi jusqu'à 15h) :

H. : I ni tile, Bintu ! H. : Bonjour, Bintu !

B. : Nse, i ni tile, Hawa ! B. : Bonjour, Hawa !

H. : Nse, denmisènw ka kènè (wa) ? H. : (Merci), les enfants sont en bonne santé ?

B. : Tòòrò t’u la ! B. : Pas de problème !

H. : Ayiwa, ne taara ! H. : Bon, je, continue ... au revoir !

B. : Ko n bè somògòw fo ! B. : Salue la famille de ma part !

H. : U na a mèn ! H. : Eux l'entendront. Adieu !

Ka a ta lansara waati la fo ka na se fitirida waati ma : En fin d'après-midi (à partir de 15h jusqu'au coucher du soleil) :

I. : I ni wula, Amadu ! I. : Bonjour, Amadu !

A. : Nba, i ni wula, Isa ! A. : Bonjour, Isa !

I. : Hèrè tilenna wa ? I. : As-tu passé ce jour en paix ?

A. : Hèrè ! A. : Oui, en paix !

I. : Somògòw tilenna di ? I. : Comment la famille a-t-elle passé la journée d’aujourd’hui ?

A. : Utilenna hèrè la ! A. : Tous les membres de famille l’ont passée en paix !

I. : Ayiwa ! I. : Eh bien !

A. : Ne taara ! A. : Au revoir !

I. : Ala ka tile tò hèrè caya ! I. : Que Dieu te donne le bonheur pour le reste de la journée !

A. : Amiina ! A. : Ainsi soit-il !

Ka a ta fitirida waati la fo ka na se fajiri waati ma : Le soir (à partir de 19h jusqu'au 5h du lendemain) :

A. : I ni su, Rokia ! A. : Bonsoir, Rokia !

R. : Nse, i ni su, Aïssata ! R. : Bonsoir, Aïssata !

A. : Hèrè tilenna (wa) ? A. : Tu as passé le jour en paix ?

R. : Hèrè ! R. : Oui, en paix !

A. : Ayiwa ! K'an si hèrè ! A. : Bonne nuit !

R. : Amiina ! K'an kelen kelen wuli ! R. : Ainsi soit-il ! Bonne nuit !

A. : Amiina ! Ala ka su hèrè caya ! A. : Que Dieu augmente le bonheur de la nuit !

R. : Amiina ! K'an bèn sòònin ! R. : A bientôt !

A. : Amiina ! A. : Ainsi soit-il !

Voilà, c'est tout. Soyez bienvenu(e) dans la société bamana ... !!!

1.2 Demandes, ordres, autres expressions

an ka taa ! "partons !" ou "on continue !" i ka kènè ? "ça va ?" (litt.: "Es-tu en bonne santé ?") ka sira diya ! "bon voyage !" (litt.: "Que la route rende agréable !") an ka baara kè ! "au travail !" bò n kòrò ! "va-t'en !" a dabila ! "arrête !" hakè to ! "pardon !" a ni ce ! "salut ! (litt. : vous et le travail !)" i ni ce ! "merci !" i ni baara ! "salut ! (litt. : toi et le travail !)" i ni fama ! "salut !" i nyèdon ! "courage !" i ka hakili ! "fais attention !" i ka hòn ! "prends !" a to tan ! "ça suffit !" tinyè don ! "c'est vrai !" tinyè tè ! "c'est pas vrai !" k'an bèn ! "au revoir !" ou "à la prochaine !" e bè taa min ? "tu vas où ?" e bè mun kè ? "tu fais quoi ?" ni Ala sònna ! "s’il plaît à Dieu !" i de ! "tais-toi !" i bòra min ? "d'où viens-tu ?" na dumuni na ! "viens manger !"

1.3 Interjections et particules

Les interjections les plus courantes sont :

awò "oui !" ayi "non !" ònhòn "oui !" bisimila "bienvenue !" pati "hélas !" saafurulayi "pardon !" abarika, abarka "Merci à Dieu !" naamu "oui !" ou "c'est ça !" (assentiment) èè "eh !" (étonnement) waayi"aïe !" (douleur, problème) kaari "pas du tout !" amiina "ainsi soit-il !" (réponse aux souhaits et bénédictions) hatè "parfaitement !" jaati "exactement !" (syn. de hatè) aa "ah !" (surprise) maanu "oh la la !" (marque l'étonnement, l'appréhension) bugè "bien sûr !" nba "(réponse masculine à toute salutation)" nsè, nse "(réponse féminine à toute salutation)" ayiwa "eh bien !" walayi, walaahi "au nom de Dieu !" payi "parfaitement ! layila "mon Dieu !" yaaladeyi "au secours !" han "... n’est-ce pas ?" heyi "hola !"

Des unités rattachées peuvent jouer le rôle d'interjections (si utilisées seules, et à fin d’expressivité ou de communication) même si elles appartiennent, en principe, à d'autres catégories :

Ala "mon Dieu !" ("Dieu") cè "mon vieux !" ("homme") abada "en aucun cas !" ("toujours; jamais") jaati "absolument !" ou "exactement !" (joie)

mais aussi des formes complexes, qui sont autant de locutions interjectives :

n tè ! "je dis non !" ("je" + m. nég.) dinyè na ! "jamais de la vie !" ("monde" + pp) baasi tè ! "d'accord !" ("mal" + m. nég.) abarka Ala ye ! "Merci à Dieu !" (remerciement, après le repas) tòòrò tè ! "pas de mal !"

hgb
HE Hery Veteran ·
RECOMMANDATION

Bonjour à tous les intéressés du bamana,

d’abord, je suis très désolé d’avoir complètement oublié ce livre à vous recommander dans cette discussion. Ce Cours pratique de bambara de Charles Bailleul*, réédité en septembre 2000 aux Editions Donniya (Bamako), s’adresse à tous les francophones qui désirent apprendre la langue bamana.

Père Charles Bailleul :

Cours pratique de bambara Sons - Types de phrases – Tons ISBN : 2-911741-36-6 260 pages Bamako : Editions Donniya, 2000.

Prix Mali : 5.000 Fcfa ; prix Europe : 15–20 Euro.

Voir http://www.imprimcolor.cefib.com/dictionnaires.html . (S'il est disponible encore, je ne sais pas)

Il y a aussi une nouvelle édition. Pour en savoir plus, visitez le site

http://www.bamanan.org/index.php?option=com_content&view=article&id=22:cours-pratique-de-bambara&catid=10:publications-langues&Itemid=14 .

A acheter ou commander dans toute librairie** à Bamako. De plus, je recommande d’aller à la presbytère de la cathédrale à Bamako ; là, vous trouvez des matériels scolaires bamana, dont beaucoup de choses de Charles Bailleul (du moins à l’époque. J’y étais plusieurs fois pour aller chercher des matériels bamana).

VIVE LE MALI !!!

Mes souhaits ardents à tous ceux qui se serviront de ce livre pour une meilleure connaissance de la langue bamana. Bonne chance, hgb

* Le Révérend Père Charles Bailleul (www.chbailleul@yahoo.fr), des « Pères Blancs », est auteur des Dictionnaire Bambara–Français (réed. 2000) et Dictionnaire Français–Bambara (rééd. 2006), les meilleurs dictionnaires bamana qui existent (à part revus, corrigés et augmentés par le Prof. Gérard Dumestre/INALCO, Paris, et le Père Michel Lagarde/PISAI, Rome). Aujourd’hui, il est retraité à Bamako-Korofina Nord (Mali). * * A recommander la librairie « Terre des Mots », BP E 4809, Bamako-Hippodrome, Tél. +223 674 36 78, Fax +223 221 02 42, Email : terredesmots@yahoo.fr . Contactez Mme Marie Wakim.
NA Nattyone75 ·
[:)] INI SOGOMA HERBERT HERY,

i ka kéné ? So mogow ka kéné?

Je suis très contente et ravie de te revoir. Merci pour la référence de ton livre. j'étais rentrée en contact avec Mr Bailleul quelques jours avant, un gentil homme pleins d'attention. Voici son message pour ma demande: Nadia, Merci pour les voeux de bonne fête de Noël. A vous aussi joyeuse fête ! Dans deux heures avec une nièce en visite nous serons à la messe célébrée en français à la cathédrale de Bamako. Je réponds à vos questions supposant que vous avez trouvé mon adresse sur notre site bamanan.org. Pour une personne désirant prendre racine au Mali, apprendre la langue bambara est une excellente chose, surtout si votre ami est malien. S'il l'est, il doit sans doute parler cette langue avec aisance et il devrait pouvoir vous aider à la pratiquer ne serait-ce que pour vous faire plaisir. Cela vous éviterait de prendre un professeur rémunéré. Le mieux serait pour vous de travailler le 'Cours pratique de bambara' qui vous dévoilerait les petits mystères de cette langue, spécialement tous les types de phrases que l'on met un cerain temps à maîtriser faute d'équivalent en français. Quand vous viendrez au Mali, si vous utilisez un ordinateur ou si vous avez un lecteur de CD, vous pourriez aussi acheter les cinq CD associés à ce livre, soit chez nous à Korofinna-Nord, soit à la librairie du grand hôtel à Bamako. Le bambara fait partie des langues à tons et il vaut mieux reproduire la même 'musique'. Pour ce qui est de vous suggérer des pistes concernant un travail, nous sommes mal placés pour le faire et les diplômés maliens (maliennes) chômeurs (chômeuses) sont légions. Là encore, votre premier recours devrait être votre ami. Je reste à votre disposition pour toute autre question. Bon courage ! P.Charles Bailleul Très sympatique de sa part, vraiment des personnes de valeurs.
si tu as l'amour pour les gens, les gens auront de l'amour pour toi.
NA Nattyone75 ·
[;)][;)][;)][;)] Merci merci merci pour ces cours collectifs que tu nous donnes, j'en ai les larmes aux yeux. Merci de tout mon coeur.
si tu as l'amour pour les gens, les gens auront de l'amour pour toi.
NA Nadincalao ·
bonjour hery, Oum sè et oum baa C'est ce que j'ai appris à Bancoumana dans le mandé cette année, mais peut-être que j'ai mal compris. merci de toutes les infos que vous donnez, mais j'aimerais vraiement trouvé méthode audio, y a rien de mieux pr apprendre une langue que d'écouter et répeter même si au début on ne comprend pas tout. Je travaille de cette façon avec les jeunes somonos, trois d'entre eux ont pu venir l'été dernier dans le jura pour passer dipl^me de moniteur de kayak pr le projet de la base nautique de somonosso sur lequel je travaille en bénévolat avec eux. J'ai appris l'arabe assez rapidement il y a un certain nombre d'année parcequ j'étais immergée dedans pdt plusieurs mois, malheureusement pr le moment je ne peux aller au mali au mieux 2 fois par an, c'est pourquoi en attendant je cherche méthode audio mais vos connaissances sont une source précieuse merci nadine
HE Hery Veteran ·
Bonjour Nadia,

un GROS MERCI à toi pour m’avoir laissé regarder dans ton post privé pour lire M. le Père Charles Bailleul en version originale ... Ses deux dictionnaires me sont des « accompagnateurs utiles » depuis plus d‘une dizaine d’années ...

Le Révérend Père Charles Bailleul est arrivé de France au Mali en fin décembre 1965. Après les six mois traditionnels au Centre d’Etude de la Langue (C.E.L.), il fut nommé vicaire à la paroisse de Falajè* qui héberge le dit Centre. Vite, son charisme linguistique se manifesta. [...] C’est en raison de son don en question que les Supérieurs de sa famille apostolique l’ont envoyé parfaire sa formation linguistique à l’Université de Dakar. A son retour et jusqu’en juin 1970, il poursuivit son ministère dans la même paroisse. Depuis, et jusqu’aujourd’hui, il a la direction du C.E.L. (Luc Sangare ; extrait de la préface de son Dictionnaire Français – Bambara, 2006)

Les mérites de M. le Père Charles Bailleul en matière de la langue bamana sont inestimables. Vraiment un homme de valeur. Je le tiens en haute estime !

(As-tu su que M. Bailleul était un excellent joueur balafon ?!)

VIVE LE MALI !!!

hgb

* quartier bamakois
HE Hery Veteran ·
Re ...

Connais-tu ce lexique sur le net (Lexique Pro : bambara - français - anglais) ?! (je te conseille de l'installer sur ton ordinateur). Pas mal ! Voici ...

http://www.bambara.org/fr/index.htm

Bonne soirée, hgb
NA Nattyone75 ·
[;)] Je trouve cet homme très humble et d'une simplicité d'esprit, si proche des gens.

J'aime beaucoup son esprit de pensée.
si tu as l'amour pour les gens, les gens auront de l'amour pour toi.
NA Nattyone75 ·
[:/] N'est il pas trop compliqué? ça se lit facilement?

Je l'installerai dès mon retour à la maison tout à l'heure, merci hery
si tu as l'amour pour les gens, les gens auront de l'amour pour toi.
HE Hery Veteran ·
Bonjour Nadine,

je viens de relire votre message. A sa première lecture, je n'ai pas su exactement où se trouvait le village de Bankumana ...

1. Je suppose que nous parlions du même Bankumana, village se situant au bord du fleuve Niger au sud de Bamako, entre la capitale malienne et Kangaba. Il faut dire que ce Bankumana se trouve en zone linguistique du manden-maninka et pas du tout en zone bamana. Entre Bamako et Kangaba, le fleuve constitue une barrière linguistique entre ce deux variantes manding : le maninka à l'ouest, le bamana à l'est. Voir ma carte attachée ! Donc, il serait possible ou même probable que vous avez écouté le maninka et non pas le bamana ... Et pourtant, même en maninka, je ne veux pas croire qu'un /n/ prénasalisé est prononcé ou même mais comme en bamana également.

2. Je lis que vous y travaillez avec des Somono. C.à.d. il y a des Somono à Bankumana. Savez-vous de plus de ces Somono ?! Ils parlent quelle langue (maninka, bamana, variante bozo, autre ?!) ?! Quelle est la part des somono de la population à Bankumana ?! Ils exercisent exclusivement la pêche ?! Ils viennent d'où ?!

Merc d'avance pour votre réponse. BONNE ANNEE 2009 à vous !

hgb
NA Nadincalao ·
bonjour, merci de partager vos connaissances ! les somonos vivent au bord du fleuve niger, à somonosso exactement à 7kms de bancoumana, visiblement ils parlent le maninka, qu'elle est la part qu'ils représentent dans la population, je n'en sais rien. J'avoue que je ne me suis pas posé la question, ayant pour mes deux voyages eu bcp de choses à faire en peu de temps, je n'ai pas encore cherché à savoir ce genre de choses. ils vivent principalement de la pêche et extraction du gravier, j'ai eu la chance de passer une semaine avec eux au bord du fleuve à manger du capitaine midi et soir, et méditer devant des levers et couchers de soleil fabuleux. Vous pouvez voir le site de l'asso sur internet: www.calaoasso.org et naviguer pr voir nos activités. Nadine
HE Hery Veteran ·
Petite correction !

Et pourtant, même en maninka, je ne veux pas croire qu'un /s/ prénasalisé soit prononcé ou même mais comme en bamana également.

Pardon !

hgb
AB Abdoul89 Regular ·
i ni sogoma , i ka kènè ? somogow bedi ?

j'ai votre message que vous voudriez apprendre à parler le bambara avec la famille , je suis proffeseur de bambara , je donne des cours à Bamako et sur le net la pronociation sur skype . prix : 70 euros par mois Merci , kambè abdoul.keita@afrik.com
SI Sistacarol Regular ·
Heri, merci pour toutes ces connaissances que tu nous apportes. Cest plutot impressionnant.

Comme plusieurs autres personnes, j aimerai commencer a apprendre le bamana et/ou maninka. Mais je me pose juste une question : mon mari etant ivoirien du nord, et parlant le dioula-malinke-maninka (deja, quel est le vrai terme ?? je pense que le maninka est le plus correcte, etant donné que dioula est à la base une profession et non une langue.. et malinke, cest comme faire la difference entre bambara et bamana), la difference entre le maninka et bamana est elle tres importante ???

Aussi je ne pense pas qu il est aussi facile de trouver des livres pour apprendre le maninka que le bamana... je veux qu il y a moins de livres concernant le maninka.

Quand je suis allée au Mali, j avais emmené avec moi quelques mots et expressions trouvées sur le net, écrites en dioula, selon les termes du site que j ai trouvé. Et la bas, aillant parle longuement avec une jeune fille, elle me rectifiait les termes en bamana. Au final, est ce deux langues totalement differentes ? ou pas ? je pense qu il y a une certaine racine commune, peut etre comparable au francais et espagnol et italien ??

Je me rappelle mon mari galérer un peu parfois entre sa langue et le bamana parlé a Bamako (on etait dans la capitale)...

merci pour ces infos

Bye
Un seul mot : Afreeca !! mon blog : http://zion-reggae.over-blog.fr
HE Hery Veteran ·
« Je leur parle en khassonké, mais ils répondent en bambara. » (un père de famille, Kayes/Mali)

Bonjour Caroline,

laissez-moi d’abord présenter un petit exposé qui répond autant que possible à toutes vos questions posées ... :

Le mandingue (manding) et les langues mandé :

Le manding(ue) fait partie de la famille des langues mandé, elle-même rattachée au phylum Niger-Congo dans la classification de Joseph Greenberg (> The Languages of Africa, 1963).

Les variétés locales du mandingue résultent d’un processus de différenciation ne remontant pas à plus de quelques siècles et constituent un continuum dialectal plutôt qu’un groupe de langues apparentées. Même entre les parlers les plus éloignés, les pourcentages de lexique commun calculé sur la base de la liste de 100 mots de Maurice Swadesh ou d’autres listes analogues restent très élevés (bien au-dessus de 90%), et l’intercompréhension peut seulement se trouver perturbée par des évolutions phonétiques, parfois très divergentes, qui de prime abord peuvent gêner la reconnaissance des variantes locales d’un même terme. Par contre, les langues mandé, comptant entre 60 et 70 en tout, constituent une famille de langues dont l’unité originelle peut être établi par les méthodes de la linguistique comparative, mais dont la séparation remonte à plusieurs millénaires.

Le manding(ue) constitue l’un des éléments de la branche Ouest du sous-groupe du Centre. Par ce terme de manding(ue), on désigne un ensemble de parlers regroupés en continuum linguistique ; le même s’étend de l’embouchure du Fleuve Gambie à l’Ouest jusqu’à la région de Dédougou (Burkina Faso) à l’Est. Les limites au Nord vont de Kayes à Bankass au Mali, tandis que celles au Sud vont de Dabola (Guinée) à Mankono (Côte d’Ivoire) en passant par Macenta (Guinée). Ce continuum comprend une trentaine de variétés qui sont surtout connues sous leur désignation locale respective, chose qui intensifie l’impression de grande hétérogénéité linguistique.

Et le bamana, le jula (dioula, dyula, ...) (1) et le maninka sont les variantes les plus connues et les plus répandues de ce continuum dialectal.

La communauté linguistique mandingue :

Les régions traditionnellement occupées par des populations dont la langue première est l’une des variantes du mandingue constituent une proportion plus ou moins importante du territoire des pays suivants : Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire. La prédominance du mandingue est particulièrement marquée au Mali. Des populations de langue mandingue se rencontrent aussi, mais plus marginalement, en Sierra Leone et au Liberia. Sur le nombre de locuteurs du mandingue, en l’absence de données statistiques fiables, on peut estimer que le nombre de personnes ayant comme langue première l‘une des variantes du mandingue n’est certainement pas inférieur à 15 millions (et est peut-être nettement plus élevé). Il conviendrait d’ajouter à ce chiffre un nombre encore plus difficile à estimer de locuteurs d’autres langues utilisant à divers degrés un parler mandingue comme langue de communication inter-ethnique. En effet, dans certaines régions comme l’ouest du Burkina Faso ou le nord de la Côte d’Ivoire, l’utilisation du mandingue comme langue de communication inter-ethnique est générale y compris dans des zones où des divers groupe de locuteurs manding ne représentent qu’une faible proportion de la population.

La désignation des parlers mandingue :

La désignation originelle du terme "mandingue" peut être reconstruite comme *"manden-ka-kan" (-ka = habitant de ; kan = langue), donc la "langue des gens du Manden" .... Le mandingue est donc un terme collectif ne désignant pas une langue ou variante seule ; selon les endroits, les variantes locales du manding peuvent être désignés :

- ou bien par des termes qui sont la forme prise localement par le terme ancien *manden-ka-kan : mandinka(kan), maninka(kan), manenka(kan) ou maninkamori(kan), marika(kan), mèèka(kan), maninkaxanwo, maninkaa, etc. etc.

- ou bien par des termes faisant référence à une région particulière : xasonka(kan) "langue des gens du Khaso" (à l’ouest de Kayes/Mali), fuladugukakan "langue des gens du Fouladougou", maukakan "langue des gens du Maou/CdI", woroduguka(kan) "langue des gens de Worodougou", wojènè(kan) "langue des gens du Wojènè/CdI), kitamaninka(kan) "langue mandingue des gens de Kita", wasulunka(kan) "langue des gens du Wasoulou, etc. etc.

- ou bien par des termes se référant à un groupe ethnique : bamana(kan) ou bamanan(kan) "langue des Bamana(n) ou Bambara"(2), jula(kan) "langue des Dioula"(2), koyaga(kan) "langue des Koyaga", kakolo ou kagoro "langue des Kagoro", koro(kan) "langue des Koro", jaxana ou diakhanke "langue des Diakhanke" (Guinée, Sénégal), le konyaka(kan) "langue des Konya" (Guinée), etc. etc.

- ou bien ou non (?) par d’autres termes (que je ne sais classer clairement, par manque de connaissance, dans un des trois groupes précédents) : maniya(kan) (Liberia), nyoxolonkan (Sénégal), bolon ou bo(ka) (Burkina Faso).

Lectures à recommander : Galtier, Gérard 1980. Problèmes dialectologiques et phonographématiques des parlers mandingues. Thèse du doctorat de 3e cycle de linguistique. Universités Paris III et VII. Vydrine, Valentin F. 1994. « Who speaks ‚Mandekan"? A note on current use of Mande ethnonyms and linguonyms », dans : Mande Studies Association (MANSA) Newsletter 29: 6-9.

Le Mandé et le Mali :

Les deux termes de Mandé et Mali sont à l’origine deux variantes du même terme (empire Manden ou empire du Mali), et je tiens encore une fois à y faire attention pour éviter des confusions.

Le terme de Manden ou Mandé est fondamentalement un terme géographique désignant la haute vallée du Niger, de part et d‘autre de l’actuelle frontière entre le Mali et la Guinée. Mali est à l’origine une simple variante de ce terme, usitée dans les langues de peuples voisins des "Mandingues" mais pas par les "Mandingues" eux-mêmes. Cette région au sud de l’actuelle capitale du Mali, Bamako, a été au 12e siècle le centre à partir duquel s’est développé un empire, que les "Mandingues" eux-mêmes désignent du même terme de Manden, mais qui est généralement désigné par les historiens comme empire du Mali. Aujourd’hui, les termes Mandé/Manden et Mali ont une signification primaire géopolitique qui désignent, selon le contexte, ou l’actuelle République du Mali ou l’empire du Mali (ou l’empire du Manden) à son apogée au 14e siècle. La signification du dernier terme recoupe celle de l’aire culturelle Mandé qui est toutefois moins limitée dans le temps.

Les linguistes pour leur part on repris le terme de Mandé pour désigner la famille linguistique, au sens génétique du terme, dont fait partie le manding(ue). Dans cette acception, ce terme s’applique argitrairement à une famille comprenant des langues qui, du point de vue historique et géographique, n’ont rien à voir avec le Mandé ou Mali au sens géographique ou historique du terme. La séparation des langues mandé remonte en effet à plusieurs millénaires, et rien ne permet de localiser leur ancêtre commun dans lan région où s’est développé il y a quelques siècles l’empire du Mali.

D’ailleurs, au moment des indépendances en Afrique, le terme de Mali, a été repris pour désigner ce qui était à l’époque coloniale le Soudain Français. Il s’agit là d’une désignation plutôt symbolique, car le territoire de l’actuel Mali n’est absolument pas identique avec celui de l’empire du Mali à l’époque ; il n’englobe qu’une partie de l’ancien empire, et englobe par contre des territoires qui n’ont jamais fait partie de lui.

..... c’est bien beau, tout ça ..........................

Caroline, je crois (et espère) que cet exposé susmentionné a répondu essentiellement à vos questions posées.

La différence entre le maninka et le bambara ainsi qu’entre le jula et le bambara est réelle, surtout sur le plan phonologique (p.ex. le maninka de Kita a 5 voyelles, le bambara en a 7, de plus, le maninka a perdu une opposition de longueur vocalique propre au bambara) et aussi sur le plan lexical (autant que je sache, le vocabulaire du jula comprend plus de mots empruntés que le bambara, surtout des mots français quoiqu’il existe des pendants mandingues. Le fait que le jula a beaucoup emprunté est dû, je pense, à la grande mobilité d’un grand nombre de ses locuteurs), en fait, mais un locuteur maninka ou jula et un locuteur bambara peuvent se comprendre l’un à l’autre. Sans problème.

Vous dites "je ne pense pas qu il est aussi facile de trouver des livres pour apprendre le maninka que le bamana" ... C’est sûr. Moi, je ne connais qu’un seul manuel maninka mais il y a plusieurs en bamana. Le bamana est la langue la plus étudiée et la plus connue de toutes les langues mandé. Donc, il y a aussi beaucoup de matériel.

Si vous aimez apprendre le jula, il y a un très bon manuel et aussi une description du jula de la région de Kong, présentée dans la thèse d’Aby Sangaré :

Dumestre, Gérard 1974. Kó dì? Cours de dioula. Abidjan : CERAV, 308pp. (presque entièrement en jula) Sangaré, Aby 1984. Dioula de Kong (Côte d'Ivoire) : Phonologie, Grammaire, Lexique et Textes. Vol.1-3. Université de Grenoble. Thèse de doctorat de 3e cycle.

Quant au maninka, je ne connais qu'un seul manuel et depuis peu une description détaillée du kitamaninka :

Friedländer, Marianne 1992. Lehrbuch des Malinke. Leipzig : Langenscheidt und Verlag Enzyklopädie. (en allemand) Creissels, Denis 2009. Le malinké de Kita. Un parler mandingue de l'ouest du Mali. Köln : Köppe.

Petite remarque aux ouvrages mentionnés : je crains que c’est très difficile à les recevoir (sauf Creissels). De plus, sans connaissances linguistiques, les ouvrages de Sangaré et de Creissels ne vous servent à rien, et Dumestre est plutôt pour les Ivoiriens (Dumestre a longtemps enseigné à l’Université d’Abidjan). Je crains qu’aucun de ces livres-ci ne vous convient pour apprendre le jula ou le maninka.

Finalement, moi je vous recommande en aucun doute d’apprendre le bambara. Il y a des manuels en français, en anglais et en allemand. Voici les plus importants ouvrages (manuels, dictionnaires, grammaires) en français :

Bailleul, Charles 2007. Dictionnaire Bambara-Français. 3e édition. Bamako : Donniya, 476pp. Bailleul, Charles 2006. Dictionnaire Français-Bambara. Réimpression. Bamako : Donniya, 378pp. Bailleul, Charles 2005. Cours pratique de Bambara. Bamako : Donniya, 316pp. Dumestre, Gérard 1992. Le bambara du Mali : Essai de description linguistique. 2 tomes. Paris : Linguistique Africaine. Dumestre, Gérard 2003. Grammaire fondamentale du bambara. Paris : Karthala, 422pp.

Tous ces ouvrages sont bien disponibles : les dictionnaires de Charles Bailleul représentent aujourd’hui en principe "le! dictionnaire standard" du bamana. Pour apprendre la langue, il faut le Cours pratique de Bambara. Quant aux livres de Dumestre, il faut dire qu’ils ne sont forcément pas nécessaires pour l'apprentissage (mais sont dûs d’abord pour linguistes).

VIVE LE MALI !!!

Bon week-end à vous, hgb

(1) Le terme dioula provient du mot mandingue jula qui veut dire "marchand, colporteur (ambulant)" (voir aussi Bailleul 2007). Cela reflète une réalité historique (et aussi moderne) : la pénétration des "Mandingues" au nord de la Côte d’Ivoire, puis à l’ouest du Burkina Faso, se passait sous forme d’une expansion commerciale ; ces commerçants ont dominé pendant des siècles le commerce d’or, du sel, des noix de cola etc. entre la savane et la forêt tropicale. Venant d‘empires du Ghana et du Mali, ils ont emigré aux plusieurs régions de l’Afrique de l’Ouest. Jusqu’à aujourd’hui, leurs descendants sont connus sous les noms de Dioula, Wangara, Yarse, Marka et Dafing. Même aujourd’hui, les Dioula occupent la niche sociale des marchands et financiers, mais aussi des artisans. Cependant, il y a bien sûr des Dioula dans d’autres domaines professionnels, tels que l‘agriculture, le trafic (taxi), le garage, l‘armée ...

Donc, votre affirmation que le dioula "est à la base une profession et non une langue", n’est pas du tout correcte. Le jula est tout à fait une langue ainsi qu’un groupe ethnique qui est premièrement et essentiellement associé à ses activités commerciales, comme les Bozo sont associés à "pêcheurs". De tels classements sont le plus souvent de grandes généralisations qui ne correspondent entièrement pas à la réalité ... Souvent, on qualifie le jula (véhiculaire) de "langue des marchés". Donc, le terme jula comprend en fait une profession mais le terme d’un groupe professionnel s’est transformé en un ethnonym et linguonym ... Il faut ajouter encore que le jula n’a pas de bonne image comparée au bamana et autres langues mandingues.

Le terme linguistique jula couvre plusieurs entités différentes : d’abord, il s’agit du jula comme langue véhiculaire en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, parlée par 3 à 4 millions de personnes au Burkina Faso et 5 à 7 millions en Côte d’Ivoire. Secundo, jula est le nom commun des variétés mandingues locales dans le Burkina Faso, très limité dans le Mali , mais surtout en Côte d’Ivoire, où leur nombre dépasse 25. Les représenants des plus essentielles variétés de jula sont le jula parlé autour de Sikasso (Mali), le jula au Burkina Faso (1 million de locuteurs), celui de Kong et Bondougou (en Côte d’Ivoire), et celui d’Odienne (aussi qualifié de wojènèkan, en Côte d‘Ivoire). En troisième lieu, le terme jula (dioula) est, dans ces pays, à peu près synonyme de mandingue : tout Maninka ou Bambara venant dans ces pays est considéré comme un Jula (Dioula).

Le terme ethnique de dioula est difficile à expliquer car il a changé au cours de l’histoire, à partir d’une catégorie socio-professionnelle (commerçant musulman) via une catégorie peu nuancée (Nordiste) jusqu’au spectre d’une idéologie nationaliste de l’Ivoirité aujourd’hui, c.à.d. depuis 1995 (peuple dioula suspecté de ne pas être de vrais Ivoiriens mais d’être des migrants des pays voisins comme le Mali, la Guinée et le Burkina Faso). Les plaies du colonialisme s‘y sont ravivées de nouveau : des identités situationnelles ont durci par des processus coloniaux et postcoloniaux. On a "construit" des ethnies par des habitants d’une région, par un groupe professionnel, par des adeptes d’une religion, etc. qui se comprennent aujourd’hui elles-mêmes en tant que telles, et se démarquent d’autres ethnies. De certains intérêts et constellations politiques ainsi que l‘intentionnelle propagation de l’hostilité peuvent avoir pour résultat que ces "nouveaux" groupes deviennent des ennemies mortels. Un scénario qui se joue toujours et encore en Afrique ...

(2) Bamana(n) est le terme par lequel s’auto-désignent les membres de ce groupe ethnique, le plus grand au Mali d’aujourd‘hui. Le terme de Bambara (Banbara), consacré par l’administration coloniale, est une variante utilisée par d’autres peuples (p.ex. les Fulbe) pour désigner l’ethnie en question et sa langue. Très probablement, la forme de Bambara est originelle, parce que celle de bamana (bámàná, à une suite de tons haut-bas-haut) se dérive de banbara d’une façon tout à fait régulière : d’abord la simplification de la combinaison consonantique *-nb- > -m-, puis la nasalisation de la consonne de la syllabe finale *-r- > -n- en raison de la précédente syllabe nasale (-ma-). Sans doute, les Bambara portent ce nom depuis l’époque de l’établissement des empires guerriers de Ségou et du Kaarta (depuis la fin du 17e au 19e siècle). La formation du groupe ethnique bambara s’est passée dans le cadre de ces empires, dans une opposition farouche aux peuples voisins musulmans, et son sémantisme comporte donc une idée de l’opposition à l’islam. (voir un autre message de moi sur ce forum : http://voyageforum.com/v.f?post=1896324;search_string=bamana). Aujourd’hui, le bamana est la langue la plus importante au Mali, et est souvent considéré par la population du Mali comme "la! langue malienne" par excellence. En dehors de plus de 3 millions de Bambara, il est utilisé comme langue véhiculaire par la majorité des autres Maliens et Maliennes. De plus, le bamana est, en quelque sorte, la seconde langue du pouvoir car, lorsque les hommes politiques ne s’expriment pas en français, ils utilisent le bamana pour se faire comprendre de tous. Sans oublier que le bamana en tant que langue véhiculaire est parlé au Sénégal le long du chemin de fer Dakar-Bamako, et partout dans le monde dans les milieux de la diaspora malienne. Le bamana existe sous différentes formes : d’abord, il s’agit du "bamana standard" dont la base est la variante de la capitale du pays, Bamako (cette forme se répand de plus en plus partout au Mali), où se sont mélangés tous les parlers bamana du Mali, avec en plus des influences manenka et manding-ouest. Puis, ce sont les dialectes locaux, parfois fort différents du "bamana standard". Quant au statut des langues au Mali, telles que le bamana, le français (langue de l’ancien colonisateur), et autres langues locales, il faut dire qu’il n’est pas identique et plutôt que de parler de diglossie (langue nationale / le français), il est à préférer de parler de "diglossies enchâssées" (Calvet 1987), entre le français et la langue locale dominante, le bamana, ou le français et les autres langues locales d’une part, et entre le bamana et les autres langues locales d’autre part. Sur ce point, le Mali appartient bel et bien à la catégorie des pays où s’organise selon les termes de Calvet (1987) un "plurilinguisme à langue dominante minoritaire".
SI Sistacarol Regular ·
merci beaucoup Heri pour toutes ces precisions.

j ai toujours eu un grand intéret a la culture Mande depuis que je connais mon mari (2002) mais maintenant j ai vraiment l intention de me documenter plus serieusement sur l histoire du Manden, sa culture, et ses langues.

Dans un precedent post ou je parlais du ngoni, tu m avais conseillé le livre "mande music : traditional and modern music of the Maninka and Mandinka of western Africa" d Eric Charry. Je l ai commandé sur le net depuis, et devrais le recevoir d un jour a l autre. Dans un meme temps j ai aussi acheté deux courtes versions de l epopée de Sunjata regroupées dans un meme livre de ledition anglaise Penguin classic. http://www.amazon.co.uk/...267987860&sr=8-1 l histoire est a l etat brut sans aucune explication historique ni rien du tout. donc je ne le recommanderai pas a quiconque qui ne connait pas vraiment l histoire de cette épopée (mais cetait £2.49 !!!) autrement plus tard, je compte me procurer "Sunjata:a west african epic of the Mande peoples" (http://www.amazon.co.uk/...267987860&sr=8-2 ) L auteur explique de facon assez precise le contexte de cette épopée (on peut lire toute l introduction en cherchant ce livre dans la fonction livres de google).. Le prix est abordable et je pense que generalement les auteurs des livres en anglais ecrivent de facon mieux correcte les vrais termes (Sunjata au lieu de Soundiata, Manden, Maninka et j en passe).

Bref, cest juste une idée pour ceux qui sont a l aise avec la langue anglaise.

Par contre, il est vrai que plus tard, je compte me procurer le livre "Kuyaté, la force du serment" car beaucoup de forumeurs ici semblent recommander ce livre (et Heri en premier !).

Bref, et pour l apprentissage de la langue, oui, j avais noté que tu recommandais les livres de Bailleul, surtout son cours pratique.

Mon seul probleme est que je ne peux les avoir tous en meme temps etant donné que je suis limitée niveau argent (le smic anglais n a rien a voir au niveau smic francais, et ma premiere priorité avant tout est d enfin arriver a vivre avec mon mari, toujours coincé en Cote d Ivoire pour le moment, immigration laws...). Cest pour cela que je dois faire une grande selection dans mes choix de livres en conciliant le serieux des auteurs et les prix. Mais d un autre coté, j ai trop hate de les lire tous en meme temps et de m y mettre enfin serieusement au bamana (oui finalement, je suis ton conseil Heri, d apprendre le bamana avant tout).

Enfin, cest un post plutot personnel. mais je tiens vraiment a remercier Heri pour toutes les precisions qu il nous apporte concernant le Mali et toute la culture qui va avec. Un vrai passionné comme ca, cest super.

a bientot.
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HE Hery Veteran ·
Bonsoir,

par hasard, on se rencontre ...

Tu as bien compris ... Pour comprendre, il faut connaître l'épopée de Sunjata ! Le livre qu tu aimes recommander, je ne le connais pas mais je connais bien David C. Conrad, même personnellement (rencontré à une conférence au Pays-Bas). Lui est un des historiens les plus renommés de l'histoire du Mandé. Donc, je te le recommande moi aussi ... Choisir Conrad, tu me manques pas du tout (il y a un grand nombre d'Américains qui se sont plongés dans l'histoire du Mandé.

Bon, Eric Charry est un must si l'on s'intéresse à la musique du Mandé. Un ouvrage magnifique !

Quant au bambara, oui, ce sont avant tout Bailleul et Dumestre ...

Ton mari est d'où en Côte d'Ivoire ?! Quelle ville ?!

Bonne semaine à venir, hgb

P.s. : Si tu as des questions, n'hésite à les poser ! Si tu veux, en privé ...
SI Sistacarol Regular ·
bonsoir, cest drole ca, car au moment meme ou tu me demandais les origines de mon mari, je t écris un message privé sur cela juste avant de lire ton message !! j ai recu aujourd hui le book d Eric Charry, et cest vrai que cest massif !! Moi aussi je le recommande vraiment a tous ceux qui s interessent a la musique mandé.

Je pense que je vais me procurer le livre de Conrad d ici peu. car meme Charry parle de lui dans son livre.

a bientot
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HE Hery Veteran ·
Bonsoir Caroline,

cest vrai que c'est massif !! Oui, et plein d'informations ...

Si cela t'intéresse, voici : http://echarry.web.wesleyan.edu/jembearticle/article.html

Si tu aimes avoir une bibliographie de David C. Conrad, fais signe !

Petite question, tu maîtrises allemand ?! Mon ami a écrit un magnifique livre ethnomusicologue (une thèse) sur les jenbefòlikèlaw de Bolibana et Badialan à Bamako :

http://www.amazon.de/Festmusik-Trommeln-Jenbe-Spieler-westafrikanischen-Gro%C3%9Fstadt/dp/3496027711 (je connaissais bien le jenbefòlikèla sur la photo ; malheureusement, il est décédé)

Bonne soirée, hgb

(en bas de page, la photo dont je parlais dans le mp)
SI Sistacarol Regular ·
bonsoir,

Non je connais pas l allemand. Par contre je serais interessée davoir la biographie de Conrad.

Sinon j ai une ou deux questions. En fait, on dit que l Afrique en general est terre ou cest la tradition oral qui prevaut sur l ecriture.

Vrai mais est ce vrai dans tous les pays, cultures africaines ?

L Afrique australe est bien differente de l Afrique du Nord, et l Afrique de l ouest par rapport a l est.

J en suis sure qu l Est a un grand passé concernant l ecriture (je pense aux ethiopiens avec leurs vieux textes en amharique).

L Afrique du nord est influencé par la religion musulmane et donc l ecriture de l arabe.

Alors je sias pas, est ce seulement en Afrique de l ouest (ou meme seulement chez les peuples Mandé) que le concept de griot existe ? Et le jembé, je ne peux pas croire que le jembe est seulement originaire d Afrique de l ouest. Cest bien connu qu on utilise cet instrument d un village a l autre pour se dire les nouvelles.

Et transmettre l histoire oralement ne peut etre qu un concept mandé (griot oui en tant que tel que cest un metier bien defini sous une caste bien définie) ?

a+ bonne soirée a tous

il faut que je commence a lire mandé music de toute facon !!
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HE Hery Veteran ·
Bonjour !

Voici un extrait de la bibliographie de David C. Conrad (Oswego University, New York) :

- 1981. The Role of Oral Artists in the History of Mali. London. - 1985. „Islam in the Oral Traditions of Mali: Bilali and Surakata", Journal of African History 26: 33-49. - 1990. A State of Intrigue: The Epic of Bamana Segou According to Tayiru Banbera. Oxford. - 1992. „Searching for History in the Sunjata Epic: The Case of Fakoli", History of Africa 19: 147-200. - & Barbara E. Frank, eds. 1995. Status and Identity in West Africa: Nyamakalaw of Mande. Bloomington and Indianapolis. - 1999. Epic Ancestors of the Sunjata Era : Oral tradition from the Maninka of Guinea. Madison. - 1999. „Mooning Armies and Mothering Heroes: Female Power in Mande Epic Tradition", in R.A. Austen (ed). In Search of Sunjata: The Mande Oral Epic as History, Literature, and Performance. Bloomington and Indianapolis. - 2001. „Reconstructing Oral tradition: Souleymane Kante’s Approach to Writing Mande History", Mande Studies 3: 147-201. - 2002. Somono Bala of the Upper Niger: River People, Charismatic Bards, and Mischievous Music in a West African Culture. Leiden.

Autres historien(ne)s du Mandé : Akare John Aden, Jean-Loup Amselle, Noemie Arazi, Laura Arntson, Catherine Ash, Ralph A. Austen, Alpha Bah, Maladho Siddy Balde, Boubacar Barry, Ismaël Barry, Jean Bazin, Rogier Bedaux, Stephen Belcher, Alice Bellagamba, Robert Bellinger, Manuel Braga, Stephan Buehnen, Stephen Bulman, Brahima Camara, Seydou Camara, Larry Childs, Youssouf Tata Cissé, Victoria B. Coifman, Graeme Counsel, Brandon County, Mary Y. Curtis, Paulo F. de Moraes Farias, Mamadou Dian Cherif Diallo, Eduardo Costa Dias, Mamadou Diawara, Armelle Fauré, Edda Fields-Black, Barbara Frank, Daouda Gary, Tim Geysbeek, Cornelia Giesing, Odile Goerg, Thomas Hale, Biaby Boubacar Hama, Walter Hawthorne, Christopher Hayden, David Henige, Eugenia Herbert, Nicolas Hockin, J.F.P. Hopkins, Jose da Silva Horta, Allen Howard, Pascal Imperato, Gordon Innes, Jan Jansen, John W. Johnson, Lansine Kaba, Wa Kamissoko, Allaye Karambe, Richard Kuba, Susan Keech McIntosh, Roderick J. McIntosh, Martin A. Klein, Alpha Oumar Konaré, Y.F. Koné, Theodore L. Konkouris, Lancei Kouyaté, Dierk Lange, Baz Lecocq, Nehemia Levtzion, Carlos Lopez, Gregory Mann, Cheick Oumar Mara, Pekka Masonen, Claude Meillassoux, Mohamed S. N’Daou, Bocar N’Diaye, Djibril Tamsir Niane, Kjell Nyland, Emily Lynn Osborn, Yves Person, David Robinson, David Skinner, Moussa Sow, Jeanne Toungara, Aboubacar Toure, Konrad Tuchscherer, Susan Vogel ...

En fait, l’oralité prévaut sur l’écriture, et pourtant, l’oralité joue toujours un rôle important en Afrique, malgré l’existence des écritures de nos jours : la littérature orale n’est pas du tout une littérature morte (voir la jeliya au Mali qui est pratiquée toujours). Sinon, quant aux différentes écritures africaines, lis les deux articles ci-dessous ...

Et le jembé, je ne peux pas croire que le jembe est seulement originaire d Afrique de l ouest. Cest bien connu qu on utilise cet instrument d un village a l autre pour se dire les nouvelles.

Lis Charry ! D’abord, le jenbe n’est pas le seul tambour en Afrique. Secundo, c’est vrai, l’origine du jenbe n’est pas de toute évidence ; on le trouve au Mali, en Côte d’Ivoire, en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia. Mais la parenté typologique (forme, grandeur, cordage), le voisinage régional, des processus de migration depuis le 13e siècle laissent supposer que les Maninka resp. les commerçants mandingues et, dans la moindre mesure, les Wasulunka l‘ont diffusé ... Mon père jouait de plusieurs instruments.

Il jouait le tama, comme j’ai dit. Il a beaucoup joué le ngoni, c’est un instrument à trois cordes, qui a le même accord que la guitare. Il jouait le tchoung, qui est un instrument typiquement de la région de Ségou, au Mali, le bonglolo, un petit tambour joué avec une baguette et une main, et le jembé. Il a appris à jouer le jembé dans son voyage au Mali. Moi, j’ai choisi le jembé parce que ça me plaisait, quoi. Mon métier-même, c’est le jembé. Le jembé, ce n’est pas un instrument dafing – on n’a jamais vu un mariage dafing avec un jembé ! – c’est un instrument mandingue : je suis un jembé-fola malinké. (Dramé/Senn-Borloz 1992: 165)*

Bon week-end, hgb

* Dramé, Adama/Arlette Senn-Borloz 1992. Jeliya: Être griot et musicien aujourd'hui. Paris : L'Harmattan. (ouvrage à recommander !!!)
SI Sistacarol Regular ·
hi !

Merci beaucoup pour toutes ces infos !!!

oui j ai commencé Charry et je viens de decouvrir que le jembé n est juste qu un type de tambour !! Je lis ce book lentement pour bien comprendre, surtout la partie historique, a relire et relire !!! bientot je vais commencer a attaquer le chapitre sur la musique des chasseurs... mais jusque la je suis plus que satisfaite sur la qualité de ce livre !!

a bientot !
Un seul mot : Afreeca !! mon blog : http://zion-reggae.over-blog.fr
HE Hery Veteran ·
Merci beaucoup pour toutes ces infos !!!

Hi !

Mais, c'est avec plaisir !

Je suis très désolé de ne pas avoir réussi à accrocher les deux scripts pdf (systèmes d'écritures africains)* comme avisé dans mon message ... Je ne sais pourquoi (peut-être que ce n'est pas possible de les accrocher du tout) : si j'ai choisi le document et tape sur "Télécharger l'image", on me dit "Proxy Error". Je ne comprends pas ça !

Bon dimanche, hgb

* African scripts et Competing Scripts: Autochthonous African writing systems and Roman Orthographies.

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