Nous venons de passer deux jours dans cette petite ville, afin que Jean-Paul se remette de sa chute. Le médecin avait préconisé 48 heures de repos minimum. Ses plaies sont en bonne voie, aucune infection ne s’est déclarée. Il faut dire qu’il a été bien soigné. Cependant ses lèvres très tuméfiées le font souffrir. En tout cas nous devons une fière chandelle à la police argentine qui nous a sortis d’un mauvais pas.
San Antonio de los Cobres
Notre hostalDonc après ces deux jours de pause, où nous avons bien mangé, presque de l’embourgeoisement, nous reprenons la route. André et moi avons aussi apprécié cet interlude, car les dix premiers jours ont été rudes, et l’accident de Jean-Paul nous a aussi secoués. Nous avons bien conscience que nous ne sommes pas passés très loin d’une grosse catastrophe.
Dans un premier temps la route est goudronnée sur 12 kilomètres. Tout semble aller pour le mieux, même si nous sommes partis tard pour une étape qui promet d’être dure. En effet, nous nous dirigeons vers l’Abra del Acay, 4895 m, le col routier le plus haut d’Amérique du Sud.
L’embranchement de la piste en direction de l’Abra del Acay est atteint. Nous nous y engageons. Elle n’est pas très roulante, gravier et sable sont une vraie gêne. Alors Jean-Paul après seulement quelques centaines de mètres, ne se sent plus de rouler dans ces conditions, car il n’a pas analysé les raisons de sa chute. Alors il nous annonce qu’il renonce. Cette décision je la ressens comme un coup de massue. Moment très douloureux, alors que nous avons préparé ce voyage depuis 8 mois, cela me paraît inconcevable de perdre l’un de nous trois en route, après moins de deux semaines.
Jean-Paul partMais la réalité est là, et il faut bien l’accepter. Quand le moral déserte et que psychologiquement on est atteint, il n’y a d’autre alternative que l’abandon. Moment déchirant, très difficile, doit-on laisser notre camarade rejoindre la route et rentrer seul à Salta distant de 140 km ? Il nous incite à reprendre notre route, et nous rassure sur sa capacité à rejoindre Salta. C’est un vieux baroudeur, qui a beaucoup roulé seul. Moment très difficile, nous nous embrassons et je pleure. Il retourne à la route asphaltée et nous le regardons la rejoindre. Il va faire du stop et une demi-heure après un pick-up va le conduire directement à Salta où il sera rapatrié en France grâce à son assurance.
Nous nous retrouvons à deux, ne pas se poser trop de questions, replonger au plus vite dans l’action. Pas facile, mais que faire d’autre ? La séparation au cours d’un grand voyage, c’est la première fois que j’y suis confronté. Nous sommes venus chercher l’aventure, et quand elle prend des directions inattendues et douloureuses il faut s’y plier, et surmonter au plus vite sa peine.
André est le compagnon idéal, calme et rassurant, alliant une très bonne forme physique à un moral à toutes épreuves, cela m’aide dans ce moment douloureux. J’ai pu le constater au cours des 10 jours précédents. Mon esprit est vite accaparé par cette piste qui va nous conduire à près de 5000 m.
Une ligne droite semble se perdre à l’infini, piste de sable et de gravier. Nous avons de la difficulté à imaginer par où va se faufiler l’itinéraire au milieu de ces immenses pans de montagne qui nous dominent. Les Andes, alors que j’y ai déjà effectué deux longs séjours à vélo, je reste toujours surpris par le gigantisme de ces coins loin de tout. Mais je reste soucieux en pensant à Jean-Paul. Nous saurons que tout s’est bien passé dans trois jours, lorsque nous aurons accès au dieu wifi.

Dans ces moments de déchirure, on réalise ce que représentent les compagnons de voyage dans ces entreprises un peu engagées. Cette envie commune de se dépasser qui nous a décidés à partir ensemble, nous a unis plus qu’on ne le pense, d’où cette douleur au moment de la séparation.
Et puis un léger vague à l’âme me fait regarder ces immensités désertes battues par le vent comme tristes et hostiles. Je me demande alors ce qui me pousse à me mettre dans cet inconfort à partir vers un col, que de toutes façons je n’atteindrai pas avant la nuit. Dès à présent je ne peux m’empêcher de penser au prochain bivouac, qui dans le meilleur des cas ne sera pas confortable.
Un cimetière au milieu de ces montagnes désolées, lieu de paix par excellence. Nous y faisons une halte. Profitons de la vie, il est temps de se remettre en route et de nous habituer à notre nouvelle configuration à deux au lieu de trois.


Après une dizaine de kilomètres, une épingle à cheveux, et là va commencer une longue séance de poussage qui va se terminer le lendemain à midi. Quelques voitures et motos passent. Vers les 16h nous décidons de nous arrêter pour bivouaquer. L’altitude est de 4500 m. Nous choisissons probablement le seul endroit acceptable pour planter les tentes sur toute cette longue montée.

Notre installation dérange un joli troupeau de vigognes qui était établi un peu en dessous dans un lieu marécageux, étonnant pour une zone désertique. Mais il faut dire que de hauts sommets nous dominent, et qu’à certaines périodes de l’année les précipitations sont importantes. Donc, il existe probablement de vastes poches d’eau s, ce qui permet d’entretenir ces ruisseaux, qui s’étalent sur des replats.

Nous sommes assez bien installés, le lieu est magnifique et austère. Le vent souffle modérément. Nous nous préparons rapidement une platée de semoule cuisson une minute et disparaissons chacun dans notre tente pour 12 heures.
Pour ma part la nuit ne sera pas très bonne, j’ai un peu froid, mon duvet aurait-il perdu ses qualités ? Il faut dire que je l’ai depuis une dizaine d’années. Pourtant je m’enfile dans un sac à viande, puis dans le duvet et par-dessus le tout un sur-sac.
Dans la nuit lorsque le vent se sera arrêté très tard, nous entendrons quelques animaux aux cris étranges, sans doute des oiseaux.

Flora dans le Sud Lipez
Bivouac dans le Sud Lipez à près de 5000m
Donc, voilà nous nous lançons dans une longue séance de poussage des vélos de 3h30 jusqu’à ce fameux Abra del Acay, qui est le plus haut col routier d’Amérique du Sud à 4895 mètres. Au fur et à mesure que nous montons le décor s’élargit et nous voyons à plus d’une centaine de kilomètres. En particulier, en face de nous à une cinquantaine de kilomètres le volcan Tuzgle, que nous venons de gravir, dresse sa pyramide, ornée sur le côté gauche de plusieurs coulées de lave noire.







En milieu d’après-midi nous arrivons au minuscule village de Salladios, balayé par un vent furieux. Je demande au seul homme que nous voyons, s’il est possible d’avoir un lieu à l’abri du vent pour la nuit. Juste à côté il nous ouvre une belle pièce vide de 70 mètres carrés et nous permet de nous y installer. C’est le nirvana. Vers les 16h dans ces pays de vent en furie, on a toujours l’appréhension de devoir dormir dehors. Et voilà comment par une rencontre improbable la nuit va être fort agréable. De plus sur le pas de la porte il y a un robinet et de l’eau à profusion. Je n’échangerais pas mon hangar du bout du monde contre un hôtel 5 étoiles. Surtout que les étoiles avec la nuit qui va venir, j’en aurai des milliers et des très grosses.



Le toit qui nous a généreusement été prêté













Départ 7h30, temps idéal pour rouler, température fraîche, absence de vent et luminosité rasante sur les formations géologiques aux teintes vives. Sur les bords de la rivière que nous longeons nous discernons quelques pêcheurs, mais nous ne prenons pas le temps d’aller les interroger. Manifestement nous sommes sur une rivière à truite.
Nous descendons la Quebrada del Toro, les gorges du Taureau. Spectacle magnifique, mais piste qui parfois fait vibro-masseur du fait d’une tôle ondulée aux vagues rapprochées et profondes.






Cette région est beaucoup plus habitée que la précédente, ce qui est logique, nous ne sommes plus qu'à 2200 m d’altitude. La végétation a repris tous ses droits.
La petite bourgade de Molinos, perdue au-milieu de nulle part, nous y arrivons vers 13h. juste à l’entrée du village une albergue très sympathique nous invite à l’arrêt. Les prix y sont doux et à l’eau très chaude. Le nirvana.





Mais voilà après cet arrêt de deux heures, nous ne trouvons pas de quoi loger sur place et attendre tout l’après-midi dans des conditions de confort minimum, nous reprenons notre route. De plus les meedjes ces horribles bestioles, comme en Ecosse passent à l’attaque, donc par 35 degrés nous reprenons nos vélos avec l’enthousiasme de la délivrance. Et paradoxe, le vin ne doit pas être trafiqué du tout, rien ne bouge, enfin dans nos corps, car la piste reste aussi chaotique, mais le miracle du vélo, même à 6 ou 8 km/h, une petite brise permet d’avoir l’impression qu’il ne fait pas si chaud que cela.



Nous arrivons à San Carlos à 18h30, la forme commence à venir, car nous ne nous sentons pas fatigués malgré les conditions et le temps passé à pédaler. Il y a une dizaine de jours on faisait sur les pistes des étapes de 20 ou 30 km, adaptation à l'altitude en cours. Le corps a besoin de s’adapter à ce qui est un vrai changement de mode de vie. On doit le ménager, afin de le préparer à affronter les très fortes chaleurs de l'après-midi. A priori l’adaptation est en bonne voie pour endurer les longues séances sous les rayons incandescents du soleil.




18 octobre Cafayate à Santa Maria 80 km
Un Argentin en train de traverser son pays à vélo nous croise. Bien évidemment nous discutons longuement avec lui, et comme toujours ces rencontres de hasard nous procurent un immense plaisir.




Etape étonnant, rien à voir, 117 km presque droits dans un décor qui ne change pratiquement pas. Alors que nous faisons notre pause casse-croûte, protégés de la chaleur dans un système de buses sous la route, nous sommes rejoints par un jeune couple de Britanniques qui sont partis de Bogota il y a 6 mois et qui vont en Terre de Feu.
Nous avons enfin l’explication concernant les traces de pneus de vélo que nous avons vues deux jours durant lors de la montée de l’Abra del Acay, c’était eux.







































On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!


The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.

Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, Nishiki Market:







Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.

A little sneak peek?











The karst site:





(In the heart of Albergheria, on a street every visitor walks down—lovely message from an unidentified artist)

