Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaïkhanas...
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Paris Départ pour l’Ouzbékistan : 26 août 2008. Ce voyage correspondait pour moi à un vieux rêve d’Asie Centrale, de lieux inconnus, parfois mythiques (Samarcande…) et aux noms assurément exotiques : Kyzyl Kum, Tashkent, Bukhara… J’avais en tête des images de coupoles turquoise et de marchés aux tissus chamarrés, des instantanés de désert aride et de chemins caillouteux.

Et puis, ce voyage devait aussi être pour moi, mordue de langues étrangères, un véritable test puisque je m’étais lancée depuis huit mois dans l’apprentissage du russe, seule avec mon livre et mes CD. Si l’ouzbek est effectivement la langue officielle de l’Ouzbékistan, on m’avait néanmoins confirmé que le russe était largement pratiqué dans le pays. J’étais donc curieuse de mettre enfin en pratique mes quelques connaissances, un peu angoissée aussi à l’idée que, pour la première fois, j’allais tester ma prononciation et ma compréhension en situation réelle.

J’avais aussi aiguisé la curiosité de Sophie. Confiante, appâtée par la façon dont je lui avais vendu notre périple, elle attendait elle aussi ces vacances, tout en sachant encore moins que moi à quoi s’attendre. C’est donc avec une impatience sans bornes que nous sommes arrivées à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, prêtes à commencer mon voyage.

Nous rattrapons vite la réalité dès l’aéroport lorsque nous nous mettons en quête du terminal 1B. Le terminal 1 est conçu en cercle et après avoir fait un premier tour du cercle sans avoir trouvé le terminal 1B, nous voyons enfin un panneau nous indiquant le fameux terminal… de l’autre côté de la route. Le terminal 1B consiste en effet en un préfabriqué, isolé, désert à l’heure où nous y entrons. Pas de tapis roulants à l’enregistrement des bagages, pas de panneaux électroniques récapitulant tous les vols : avons-nous déjà changé de pays ? Même les agents chargés de l’enregistrement semblent perplexes devant la vétusté de certains appareils. Néanmoins, une fois nos bagages posés sur le petit chariot, nous voilà prêtes à embarquer pour l’Ouzbékistan via Istanbul.

Rien de vraiment notable sur le vol Paris-Istanbul. Avion très récent, équipement dernier cri. Seule la passagère derrière Sophie, dame en sari d’un certain âge, nous gâche un peu le confort de ce vol en enchaînant les rots, tous plus bruyants et odorants les uns que les autres. Curieuse habitude. 30 rots à l’heure, c’est un record homologué ?
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DE Delseve Veteran ·
Istanbul L’aéroport d’Istanbul est magnifique : moderne, spacieux, tout le contraire du terminal T1 préfabriqué ! L’escale de cinq heures, par conséquent, est tout à fait supportable. Magasins de luxe, alcool et tabac à gogo (bon, je ne fume pas et je ne bois pas…) et surtout, une offre pléthorique de loukoums… Attention, il ne s’agit pas ici des loukoums vaguement aromatisés que l’on peut trouver en France en supermarché, mais des LOUKOUMS ! Les vrais, ceux que l’on ne trouve qu’en Turquie. Un pur délice. Et comble du bonheur, la plupart des magasins proposent à peu près toutes les variétés en dégustation. Avec Sophie, nous avons frôlé l’overdose, notamment, dans les rayons du « Old Bazar », spécialisé dans la vente de ces petits délices sucrés. Mention spéciale à la variété « double pistache » : nous en mangeons suffisamment pour être certaines de notre choix. Cela dit, nous décidons de réserver notre achat pour le retour : la prudence veut en effet que nous n’achetions pas les loukoums avant de partir sous peine de consommer l’intégralité de nos emplettes en Ouzbékistan.

Dernier passage aux toilettes avant de rejoindre la salle d’embarquement. Il y a un peu d’attente et Sophie et moi nous mettons dans la file. Devant moi, trois dames voilées me lancent des regards furieux. Plus le temps passe, plus je sens que ma présence les indispose. Au bout de cinq minutes, l’une d’entre elles, enfin, s’adresse à moi, dans une langue qui n’est ni du turc ni une langue que je connais un minimum. Nul besoin de comprendre chaque mot pour réaliser que mes cheveux courts l’induisent en erreur et qu’elle me prend pour un homme : le doigt pointé vers la sortie et vers les toilettes des hommes sont sans équivoque. Je tente en anglais de lui expliquer qu’elle se trompe, que je suis bien une femme et que je serais bien en peine d’aller soulager ma vessie dans un urinoir. Elle ne semble pas comprendre et je vois bien que sa colère augmente avec mon refus de quitter la pièce. « I’m a woman, I’m a woman !… » Mes déclarations ne l’atteignent pas et je commence à désespérer car je vois bien que je ne me fais pas comprendre. Ma voix, pas spécialement grave, devrait d'ailleurs être un indice pour elle. Les deux autres dames rejoignent la première. La situation semble sans issue.

Enervée, je joue mon va-tout : je bombe la poitrine et je leur montre ostensiblement mes seins avec les deux mains. Il ne peut plus y avoir de doute. Je me dis que mon geste les choquera peut-être mais qu’au moins, elles me laisseront terminer mon attente dans les toilettes des femmes. Stupeur chez les trois dames… immédiatement suivie d’un grand éclat de rire. Non seulement elles ne sont pas choquées, mais en plus, elles se confondent en excuses et m’expliquent par gestes que ce sont bien mes cheveux courts qui les ont induites en erreur. Plusieurs fois, elles reproduisent en riant la scène où je leur ai montré mes seins. J’ai eu mon petit succès.

Je m’aperçois un peu tard que la dame qui m’avait interpellée parle allemand. Zut, ça aurait été plus simple de communiquer dans la langue de Goethe que de m’époumoner avec mes « I’m a woman ! ». Mais ça aurait été dommage de rater ce sketch… Je profite aussi de mon passage aux toilettes pour prendre la première photo de ce voyage. Ceux qui me connaissent savent que j’aime les panneaux et que j’en ai fait un site internet. J’immortalise donc ce panneau, près du lavabo, précisant que les ablutions doivent se faire à la mosquée et non aux toilettes.

Nous quittons nos amies des toilettes et nous rejoignons toute guillerettes la salle d’embarquement. L’Ouzbékistan n’a jamais semblé si proche : le nom de Tashkent sur les écrans et les passagers, au type centrasiatique, ne laissent aucun doute. Je réalise à ce moment-là que je vois des Ouzbeks pour la première fois de ma vie.
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DE Delseve Veteran ·
Vol Istanbul-Tashkent L’avion qui nous mène à Tashkent, bien que de la même compagnie que le précédent, est moins moderne. Nous devrons nous passer des écrans individuels. Nous cherchons nos places et nous nous apercevons qu’un passager a déjà pris place sur le numéro qui nous est attribué. Ce serait dommage d’être séparées : il s’excuse et rejoint aussitôt la bonne place, de l’autre côté du couloir central. Comme je suis donc quasiment à côté de lui, je m’aperçois vite qu’il est russe. Je vois là une bonne occasion de tester mon russe pour la première fois, d’autant que l’homme semble assez bavard et sociable, si j’en crois sa discussion avec ses voisins de siège.

Je déchante lorsque je le vois s’endormir dès le décollage, avec le téléphone portable allumé et diffusant de la pop russe à un volume sonore assez dérangeant. Ses voisins s’inquiètent. Il me semble qu’ils sont allemands ou suisses, germanophones pour le moins. Je vois bien leur indignation et leur inquiétude devant ce portable allumé au décollage, en dépit de toutes les consignes de sécurité. Ils tentent de réveiller le russe, sans succès, puis de lui éteindre son téléphone dans la poche. Sans se réveiller, il grogne dès que quelqu’un l’approche. Finalement deux hôtesses passent par là et, entendant la musique malgré le bruit de moteurs, se saisissent d’autorité de l’objet du délit et l’éteignent aussitôt. Je sens les germanophones respirer enfin.

Au cours du vol, Alexander – notre ami russe, oui, j’ai vu son prénom sur le billet dépassant de sa poche – reprend sa grande conversation avec ses voisins. Non sans avoir rallumé son portable. Il alterne alors conversations animées et phases de sommeil profond, allant jusqu’à s’endormir sur l’épaule de sa voisine. Les Suisses – leur accent en allemand ne laisse aucun doute sur leur origine -, un peu choqués au départ par ce Russe sans gêne, sont finalement hilares. Je suis toujours en attente d’un début d’échange avec lui : je n’ai toujours pas essayé mon russe, moi ! Au bout d’un moment, je comprends la raison des différentes phases d’Alexander : il montre à ses voisins suisses ce qu’il a dissimulé dans un sac à ses pieds, à savoir une bouteille d’un litre et demi de vodka, achetée en duty-free à Istanbul. A voir ce qui reste dans la bouteille, il a déjà dû en siffler une bonne partie avant le décollage. Après avoir demandé un verre d’eau à l’hôtesse, il reprend sa consommation : rien ne ressemble autant à un verre d’eau qu’un verre de vodka. Je suis impressionnée par sa descente : il boit chaque verre rempli – un gobelet standard – cul sec… On dirait de l’eau, mais l’odeur d’alcool est sans équivoque. Il propose aux Suisses de se joindre à lui et remplit deux verres en plus du sien. Mais ses voisins sont trop sérieux et déclinent l’invitation. Qu’à cela ne tienne : il vide les trois verres.

Après une nouvelle phase de sommeil, les Suisses s’étant eux aussi assoupis, il se rappelle que je suis là et me réveille en me secouant énergiquement par le bras. J’apprécie moyennement la méthode, mais je vois enfin l’occasion rêvée de tenter quelques mots de russe. Drôle d’idée ! Je déconseille en effet à quiconque de tenter sa première conversation dans la langue de Pouchkine avec un Russe bourré comme un coing : toute compréhension semble impossible dans un sens comme dans l’autre. Je fais donc chou blanc. Tout ce que je réussis à placer, c’est un « je ne comprends pas »… qu’il ne semble pas comprendre, lui non plus.

Dernier épisode avec notre ami russe : à l’arrivée à Tashkent, 4h du matin, heure locale, celui-ci est à nouveau en phase de sommeil. Comme il occupe la place côté couloir, les Suisses tentent de le réveiller pour sortir eux-mêmes de l’avion. Ils le secouent doucement, puis beaucoup plus fort. Les hôtesses averties du problème tentent leur chance elles aussi. Peine perdue, Alexander est toujours dans les bras de Morphée. A moins que ce ne soient ceux de Bacchus. Les Suisses l’enjambent et au moment où tout le monde quitte l’avion, Alexander dort toujours.
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TY Tylassin Veteran ·
Bonjour,

Y partant en juin, je me régale d'avance à lire ton récit. 🙂
MA Mamina64 Veteran ·
Je me croyais bavarde et rentrant trop dans les détails... je suis battue à plate couture !!! 😉 Vite, j'attends la suite avec impatience... quoique ! ça fait 6 mois que tu nous le promets ce carnet et surtout, continues à ne rien nous cacher, j'adore !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
DE Delseve Veteran ·
C'est aussi parce que je me sais bavarde que j'ai tardé pour ce récit de voyage. Mais maintenant que je suis lancée, tant pis pour vous, je continue... 😛
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DE Delseve Veteran ·
Bon, alors, je continue ! 😉
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DE Delseve Veteran ·
Arrivée à Tashkent La particularité de nombreux vols qui arrivent à Tashkent est leur horaire plus que matinal : les vols arrivent bien souvent au milieu de la nuit. Notre vol d’Istanbul arrive à 4h du matin : il fait nuit noire et, compte tenu du décalage horaire, il est 1h du matin pour nous. Nos cerveaux sont donc passablement embrumés. Si encore, Alexander ne m’avait pas réveillée à plusieurs reprises… Dans ce contexte, avec en fond « Tashkent International Airport », je me demande l’espace de quelques secondes, ce que je fais là.

Nous passons l’immigration sans encombre et, avant même d’avoir récupéré mes bagages, j’ai un besoin urgent d’aller aux toilettes. Je ne trouve pas d’indications et j’interpelle le premier uniforme passant par là. J’attaque alors en russe « Où puis-je trouver les toilettes, s’il vous plaît ? ». On me comprend, on me répond. Ca y est, j’ai parlé russe pour la première fois ! Je n’aurais jamais pensé que cet instant tant attendu me servirait à trouver les chiottes… On est très loin de Pouchkine.

Passage des douanes. La législation ouzbek oblige à déclarer toute somme d’argent en notre possession, quelle qu’en soit la monnaie et au centime près. Nous nous attendons à subir des vérifications, mais nous passons le dernier contrôle sans heurt et nous nous dirigeons enfin vers la sortie de l’aéroport. Au fait, ni à l’immigration, ni aux bagages, ni à la douane, nous n’avons revu Alexander. Je me demande s’il est encore dans l’avion.

Compte tenu de notre arrivée matinale à Tashkent, nous avions réservé un transport jusqu’à l’hôtel depuis la France. Nous nous apprêtons donc à rechercher un(e) inconnu(e) arborant un petit carton avec nos noms. Nous sommes en fait parmi les premiers passagers du vol Istanbul-Tashkent à sortir et comme le vol est un des seuls à cette heure-là, nous sommes aussi les seules à sortir, le long d’une sorte de couloir, délimité par des barrières, avec de part et d’autre des familles, des chauffeurs, attendant les passagers. Tout le monde nous observe avancer lentement (nous, nous recherchons le petit carton avec nos noms) et j’ai un peu l’impression de faire la montée des marches à Cannes, avec les photographes et la presse sur les côtés. La scène me paraît interminable, avec tous ces yeux pointés sur nous.

Malgré un peu de retard – en fait, je pense que c’est nous qui sommes en avance -, notre chauffeur est au rendez-vous et nous filons dans les rues désertes de Tashkent, en direction du centre, sans même prendre le temps de nous arrêter aux feux rouges. Le chauffeur baragouine quelques mots d’anglais, mais il est ravi lorsque je tente quelques phrases en russe. Enfin ! Après ma tentative avortée avec Alexander et mon magnifique « discours » sur l’emplacement des toilettes, j’ai enfin l’occasion d’échanger réellement sur la base des leçons suivies depuis quelques mois. La surprise est plutôt bonne : on me comprend, je comprends.

J’aime bien les arrivées dans un pays inconnu lorsque je sors de l’aéroport. Les premières impressions sont toujours très fortes. Et c’est aussi une façon de ressentir l’atmosphère du lieu. A Tashkent à nouveau, j’apprécie cette course en voiture dans d’immenses avenues vides à une heure matinale, pendant le lever du soleil. Nous croisons quelques Ladas. Oui, c’est vrai, nous sommes dans l’ex-URSS. Mais j’ai vu tellement peu de Trabant en Allemagne de l’Est, quelques années après la chute du mur, que je ne m’étais pas imaginé que les Ladas puissent avoir autant survécu. Les voitures coréennes prennent de plus en plus le pas, en deux modèles principalement - grand et petit -, mais les Ladas ont encore de belles carrières devant elles. Les avenues sont soviétiques, immenses et d’autant plus qu’à cette heure, il n’y a pas foule. Mais nous nous rendons compte aussi que la ville semble relativement verte : je ne sais pas si elle compte beaucoup de parcs, mais les arbres sont nombreux. Notre course se termine rapidement : nous arrivons devant notre hôtel, lui aussi un exemple d’architecture soviétique. L’hôtel Uzbekistan est un chef d’œuvre en la matière : gris, imposant, laid…
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DE Delseve Veteran ·
Tashkent Peu de touristes consacrent du temps à la visite de la capitale ouzbek : elle a la réputation d’être une grande ville assez moche, à l’architecture soviétique. En ce qui nous concerne, nous ne venions pas en Ouzbékistan uniquement pour ça, mais nous avions en tête qu’il peut être aussi intéressant de visiter une ville « soviétique » et qu’on n’est pas obligé de ne voir d’un pays que ce qui est beau.

En termes d’architecture soviétique, nous restons finalement un peu sur notre faim. Bien sûr, la ville compte quelques perles en la matière : l’hôtel Uzbekistan, déjà cité, mais aussi le Palais de l’Amitié des Peuples, la tour de la télévision… Toutefois, nous nous attendions à davantage de bâtiments massifs et monumentaux.

Le métro en revanche, richement décoré – on le compare souvent à celui de Moscou -, mérite une visite. Nous l’utilisons sans compter pendant notre séjour à Tashkent tant son prix est faible (300 sums, soit 15 centimes d’euro) et chaque station que nous découvrons est unique : sculptures, bas-reliefs, lustres grandioses... Ma préférée sans doute est Kosmonavtlar, la station des cosmonautes, dédiée à la conquête de l’espace par les soviétiques. Dommage que les photos soient interdites. Nous étions un peu inquiètes à l’idée de prendre le métro car d’obscurs récits de contrôles et autres rackets par la police en ternissaient quelque peu l’image. Il est vrai que les uniformes de tous ordres sont nombreux dans le métro de Tashkent et certains touristes nous confirmeront par la suite les contrôles incessants auxquels ils ont dû faire face. Mais en ce qui nous concerne, rien, malgré de nombreux trajets. Une information qui m’avait été donnée avant notre départ semble se confirmer : les policiers du métro ne contrôlent pas les touristes femmes si elles ne sont pas accompagnées d’au moins un homme. Nous avons été l’objet de regards curieux de la police, mais pas un n’est venu ne serait-ce que nous adresser la parole. Il semble donc que, contrairement aux dames des toilettes d’Istanbul, pas un ne se soit laissé tromper par nos cheveux courts !

Nous avions prévu de passer deux jours à Tashkent et il faut reconnaître que c’est largement trop. Quelques lieux valent néanmoins le déplacement. Le Bazar Chorsu en premier lieu. Les marchés sont dans tous les pays le meilleur endroit pour saisir l’atmosphère d’une ville. Et le bazar Chorsu ne fait pas exception. Gigantesque, à la fois sous des coupoles de béton qui lui sont spécialement dédiées et dans la rue, il s’étend très largement dans la vieille ville. Vêtements, fruits, légumes, quincaillerie… je crois qu’on trouve tout au bazar Chorsu. Au-delà des articles proposés, nous apprécions particulièrement de voir les robes colorées des femmes et les hommes aux chapeaux traditionnels, un peu plus rares dans la ville moderne. Les odeurs de cuisine, les épices, les cris des chalands sont autant de petites touches de vie ouzbek qui rendent Tashkent plus humaine.

A deux pas du bazar, la mosquée Kikaldosh nous déçoit beaucoup. Il est vrai que nous arrivons à l’heure de la prière et que nous ne pouvons la voir que de l’extérieur. Le bâtiment, assez récent, manque singulièrement de charme.

En redescendant vers le bazar, nous nous arrêtons pour racheter un peu d’eau : le soleil cogne dur et nous buvons d’impressionnantes quantités. Alors que je m’explique en russe auprès du vendeur, celui-ci me pose la question qui deviendra récurrente tout au long du séjour « d’où venez-vous ? ». Savoir que nous venons de France suscite aussitôt une grande sympathie et les noms des Français célèbres comme Alain Delon ou Zinedine Zidane suivent bientôt. Je me retrouve alors à discuter football avec mes quelques rudiments de russe, moi, qui m’intéresse si peu au sport. Mais je trouve dommage de négliger un échange, quel qu’il soit. Finalement, notre fan de foot termine par quelques mots à mon égards, dont je devine qu’ils sont extrêmement gentils, sans que j’en saisisse pour autant toutes les subtilités. Devinant mon incompréhension, mon interlocuteur réexplique ses propos par gestes en montrant notamment mes sourcils, ce qui déclenche aussitôt l’hilarité de Sophie.

Il faut savoir que j’ai des sourcils assez épais et qu’avant de partir en Ouzbékistan, j’avais pu lire ça et là que ce critère physique était particulièrement apprécié des ouzbeks, hommes et femmes : ça avait eu pour conséquence que beaucoup de mes amis, un peu moqueurs, avaient suggéré que je me présente à l’élection de Miss Ouzbékistan. Mais je ne pensais que mes sourcils me vaudraient réellement des compliments. Cela se reproduira d’ailleurs à plusieurs reprises pendant notre voyage. Il faut croire que j’ai réellement mes chances pour l’élection…

Nous terminons notre visite de Tashkent par la tour de la télévision, construite en forme de trépied. Certes, elle est un peu excentrée, mais j’aime assez les tours de la télévision dans les différentes villes où je me rends. J’ai d’ailleurs l’occasion de faire une petite check-list de celles que j’ai déjà visitées puisque le hall d’entrée compte un certain nombre de maquettes à l’échelle. Les contrôles de sécurité sont relativement draconiens, mais je passe un moment amusant avec la dame qui examine l’intérieur de mon sac à dos et me demande de nommer un à un les objets qui s’y trouvent, tout en complétant mon vocabulaire quand celui-ci fait défaut. Mieux qu’un livre d’images ! Quant à la vue depuis l’étage, elle est en réalité sans intérêt. Comme l’écrit le Lonely Planet, il est possible de monter encore plus haut en graissant la patte du gardien, mais nous ne regrettons pas d’y avoir renoncé.
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ML Mlefevre Globetrotter ·
J'aime beaucoup cette façon que tu as de nous faire partager tes découvertes et tes impressions! Avec un texte aussi descriptif (sans être ennuyeux) nul besoin de photos (dont je suis pourtant en général friande) : place à notre imaginaire, c'est un vrai régal... Quoique que j'aimerais bien voir une photo de tes sourcils!!! Je guette la suite avec impatience! Marie
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FA Fabizan Regular ·
Bonjour Delseve,

J'aime aussi beaucoup ce carnet de voyage bien écrit, et ses petites touches d'humour !

J'ai aussi parcouru ton site sur les panneaux du monde : épatant ! c'est étonnant de voir tous ces différents panneaux d'un pays à l'autre !
Fabienne
GR Grene Regular ·
bonjour, nous vous avons précédé en 2007, comme Mamina "la bavarde" nous attendons la suite avec impatience. Votre arrivée à Tashckent a été nettement plus cool que la notre. J'attends votre impression concernant Kiva, mon moment de rêve. A plus tard Chantal
Chantal
DE Delseve Veteran ·
Merci pour vos commentaires. Je laisse quelques photos néanmoins, ne serait-ce que pour les Vfistes qui ne connaissent pas du tout l'Ouzbékistan. Par contre, pas question de mettre une photo de mes sourcils qui valent de l'or !!! 🙂
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DE Delseve Veteran ·
Vol Tashkent-Urgench Nous laissons Tashkent sans regrets pour rejoindre Khiva plus à l’ouest. Nous avons choisi de prendre un vol sur la compagnie nationale Uzbekistan Airways dont on nous a dit tout et son contraire : les uns, alarmistes, ont ouvert de grands yeux en évoquant les vieux avions soviétiques antédiluviens tandis que les autres nous ont raconté leurs propres vols sur des Boeing récents, coupant court à la rumeur.

Nous récupérons nos billets au petit matin, juste avant de nous rendre à l’aéroport. Je vérifie par habitude que les informations qui y sont portées sont exactes et je découvre avec inquiétude que, si mes nom et prénom sont exacts, on m’a en revanche gratifié d’un « Mr » pour « mister ». Je me demande si on peut me refuser l’embarquement sur ce motif. Je me dis qu’il vaut mieux régulariser la situation à l’aéroport et je passe de guichet en guichet pour expliquer mon problème. Personne ne parle anglais au terminal domestique et je m’aperçois que mes compétences en russe atteignent vite leurs limites dès lors qu’il s’agit d’exposer mes problèmes d’identité… J’ai alors un doute : vais-je, comme à Istanbul, devoir montrer mes seins pour me faire comprendre ? Finalement une dame adorable farfouille dans ses tiroirs et, avec le stylo adéquat, rajoute illico un « s » sur le billet, transformant le "Mr" en "Mrs" et me rétablissant enfin dans mon sexe. La carte d’embarquement sera néanmoins établie au nom de Mister D.

Pendant que le bus nous amène à l’avion sur le tarmac, nous considérons avec curiosité les Yak et autres Tupolev tout en tournant autour des Boeing. Finalement, nous sommes déposées… au pied d’un Tupolev 154. Je pense à ces touristes de Tashkent qui nous avaient dit qu’il n’y en avait quasiment plus. Je n’en suis pas mécontente en fait : je n’ai jamais volé sur un avion russe et je me dis que l’expérience sera intéressante. En rentrant dans l’appareil, j’en viens quand même à espérer que les moteurs sont mieux entretenus que l’aménagement intérieur. Les vieux sièges en skaï, maculés de taches, semblent en effet tenir avec des bouts de ficelle et lorsque la passagère devant moi s’installe, elle se retrouve quasiment sur mes genoux car son dossier n’est plus fixé. On sent les touristes, nombreux sur le vol, assez amusés par la situation. Le vol se passe sans encombre et les hôtesses nous servent même un encas et un rafraîchissement : pour un vol aussi court, peu de compagnies européennes font le même effort.

Nous arrivons à bon port à Urgench où nous sommes conduits directement à l’extérieur de l’aéroport, sans passer par le bâtiment où, semble-t-il, nous n’avons pas le droit de rentrer. Nous attendons donc les bagages dehors. C’est là que nous rencontrons Islam, qui sera notre chauffeur jusque Khiva, puis quelques jours plus tard, jusque Boukhara.

La route d’Urgench à Khiva est relativement courte. Nous profitons d’être pour la première fois en zone rurale pour prendre des photos de nouveaux panneaux par la fenêtre de la voiture. Islam nous considère avec curiosité. J’en profite pour sortir une phrase de russe préparée à l’avance, expliquant que j’aime bien prendre en photo les panneaux du monde pour mon site internet. Cela semble beaucoup l’amuser : il ralentit alors à plusieurs reprises pour nous permettre de faire de meilleurs clichés.
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DE Delseve Veteran ·
Khiva L’hôtel où nous nous installons est situé juste en face de la porte ouest de Khiva. Depuis la fenêtre de notre chambre, nous bénéficions donc d’une vue particulièrement agréable sur les fortifications.

Nous attaquons immédiatement la visite de la ville et, dès l’enceinte, nous sommes prises d’un doute : une dame à l’entrée cherche à nous vendre un ticket à 10 000 sums pour la visite de la ville. Elle a au dessus d’elle un petit écriteau qui semble tout ce qu’il y a de plus officiel : elle m’indique que le billet est obligatoire et pourtant, je vois déambuler des locaux sans qu’ils soient sollicités pour quelque ticket que ce soit. Alors que je le lui fais remarquer, elle m’explique finalement que l’entrée dans la ville est bien libre mais que le ticket permet l’accès aux différents monuments remarquables de Khiva. Nous décidons de faire une première visite dans les rues : on verra plus tard pour les monuments.

En réalité, nous nous apercevrons rapidement que le billet est indispensable pour entrer dans certains monuments, mais qu’il n’est pas suffisant puisqu’on vous vend de nombreux « extra-tickets » pour l’ascension des minarets ou des terrasses panoramiques. C’est de bonne guerre.

Les bâtiments comme le Kalta Minor, à l’entrée de la ville et le minaret Islom Hoja, sont réellement magnifiques. On se balade dans la ville jusqu’à l’heure du déjeuner. Nous nous décidons pour une chaïkhana dont la carte extérieure propose des mantis, les raviolis ouzbeks dont on m’a dit beaucoup de bien. Nous commandons et alors que nous avons déjà attaqué les boissons, le serveur revient en précisant que le restaurant n’a finalement ce jour-là que du plov. Le plov, ce fameux plat national ouzbek, fait de riz, de légumes et de mouton, bien assaisonné en gras de mouton et huile de coton… Nous n’en voulions pas spécialement mais nous avons déjà commencé à boire : allons-y donc pour le plov ! Celui-ci se révèle assez fade finalement, mais nous mettrons toute l’après-midi à le digérer.

Pour faciliter cette fameuse digestion, nous nous lançons après le repas dans l’ascension du minaret Islom Hoja, le plus haut de la ville. Celle-ci s’avère particulièrement sportive : les 118 marches sont hautes chacune comme deux marches de taille standard, l’escalier n’est éclairé que par quelques rares meurtrières et on n’y voit goutte. De surcroît, des couples d’amoureux ont choisi l’étroit escalier pour roucouler à l’abri des regards et nous devons les contourner dans l’obscurité tout en enjambant les marches… Nos efforts sont récompensés : la vue est réellement magnifique. En plus, un autre couple réfugié au sommet (personnellement, je trouve ça quand même plus confortable que l’escalier) a eu la bonne idée d’apporter une radio et nous profitons de la vue sur tout Khiva avec, en fond, de la pop ouzbek. Les murailles, le Kalta Minor, toute la ville nous apparaissent sous un angle réellement exceptionnel.

La descente est aussi rude que la montée : mon vertige s’accommode mal des marches gigantesques, de l’escalier étroit et de l’obscurité. Sans compter que les mollets et les cuisses sont mis à rude épreuve. Finalement, je retrouve le sol et la lumière avec soulagement. Alors que je m’assoie au pied du minaret pour me remettre de mes émotions, une famille ouzbek nous aborde, avec curiosité et sympathie. Ils sont ravis d’apprendre que nous venons de France et de découvrir qu’on peut se comprendre un minimum avec le russe. Nous leur apparaissons comme particulièrement exotiques : ils confirment d’ailleurs que c’est la première fois qu’ils rencontrent des Français et souhaitent d’ailleurs immortaliser cette rencontre avec une photo souvenir.

Nous passons une petite demie heure à papoter : Ikrom et sa famille sont accompagnés de jeunes enfants pour qui l’ascension du minaret serait trop difficile et les adultes se relaient donc pour la visite. Ce sont en fait, comme nous, des touristes de passage à Khiva. Ikrom est chauffeur de minibus à Nukus. Il profite de quelques jours de congés pour visiter la région avec sa femme, leurs enfants, et leurs sœurs. Il est très curieux de nos âges, de nos métiers – ce qui sera le cas de tous les ouzbeks avec qui nous discuterons -, mais aussi de la vie en France. Du fait de son métier, il pose de nombreuses questions sur les moyens de transport et les marques de voiture. Ah, Peugeot, Renault… Je n’y connais rien en voitures, mais suffisamment pour alimenter cette discussion impromptue. Il est réellement surpris en apprenant qu’il n’y a pas vraiment à Paris d’équivalent des « Damas », les minibus qui assurent une bonne partie des transports en commun ouzbeks. Nous sommes ravis l’un et l’autre de cette rencontre : je réalise à ce moment que c’est aussi pour des moments comme celui-là que j’ai souhaité venir en Ouzbékistan.

Nous reprenons notre visite sous un soleil de plomb et nous croisons à plusieurs reprises des mariés en grande tenue en train d’arpenter les rues, sous l’œil d’une caméra amateur. Nous les retrouvons au mausolée Pakhlavan Makhmoud où ils défilent, les uns après les autres, afin de faire célébrer leur union par un religieux, un imam j’imagine. Nous nous mettons dans un coin du mausolée et nous assistons, en toute discrétion, aux différentes cérémonies.

Nous rejoignons la rue principale de la ville fortifiée pour un petit moment shopping. Les vendeurs de souvenirs sont légion et nous nous attardons plus particulièrement devant les étals de chapkas. Sophie, qui a tant de mal à trouver un couvre-chef à sa taille en France, se dit qu’elle aura peut-être plus de chance ici. J’essaie moi-même plusieurs chapeaux de fourrure, ce qui, vu la chaleur au milieu de l’après-midi, tient un peu de la torture. Une radio diffuse de la musique et tout à coup, j’entends la fameuse chanson de Desireless « Voyage, voyage ». Je savais que ce « tube » était connu internationalement, mais jamais je n’aurais imaginé l’entendre au beau milieu de l’Ouzbékistan. Je reprends aussitôt les paroles et je me mets à chanter avec Desireless. Même si je chante vraiment très mal – c’est un euphémisme -, j’obtiens un beau succès au milieu des Ouzbeks qui m’écoutent. 😕
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MA Mamina64 Veteran ·
hummmnnnn ! que c'est bon de s'y retrouver... chaque voyage est tellement différent et tellement unique ! surtout n'en oublie pas une miette ! bisous
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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DE Delseve Veteran ·
Fête nationale à Khiva Alors que nous reprenons notre promenade dans les rues de Khiva, nous croisons de plus en plus d’enfants, les uns en kimono, les autres en tenue de gymnaste, d’autres encore en habit traditionnel… Ce soir, avec quelques jours d’avance, Khiva célèbre la fête nationale ouzbek, et toute la ville se prépare pour un grand show en présence des personnalités locales. Nous sommes chanceuses : alors que de nombreux touristes cherchent désespérément à se procurer des places pour le spectacle, nous avons nous-mêmes deux entrées qu’une dame est venue nous offrir ce midi au restaurant (pour faire passer le plov ?...). Nous arrivons après plusieurs contrôles sur une grande place où une scène a été aménagée : des gradins ont été disposés en face et de part et d’autre.

De nombreuses personnes se sont déjà installées et je repère quelques places libres, dans les premiers rangs de la tribune qui fait face à la scène. J’imagine qu’ils doivent être réservés à quelques personnages officiels, mais il y a bien trois rangs libres… Alors que j’hésite, deux touristes français qui se sont installés au dernier rang, me confirment qu’on leur a défendu de prendre place à l’avant. Je tente néanmoins ma chance en bredouillant mon russe approximatif. Celui-ci fait à nouveau merveille : cela surprend tellement qu’une touriste parle russe que j’ai aussitôt un accueil bienveillant. On me fait signe de m’installer exactement où je veux, à part, bien sûr, au premier rang. Nous n’hésitons plus et nous asseyons au deuxième rang, en plein milieu. Devant nous, derrière la scène, le Kalta Minor, tout simplement… Les deux touristes français profitent de l’aubaine et nous rejoignent illico. Ils nous apprennent qu’ils sont passionnés de danse et de musique et que la place que nous avons choisie sera idéale pour filmer. Je me suis dit la même chose pour prendre les photos. Devant nous finalement s’installent le maire de la ville et quelques officiels. On ne pouvait rêver meilleure place !

La soirée commence par un discours du maire auquel, bien évidemment, nous n’entendons goutte. Qu’à cela ne tienne : nous applaudissons néanmoins avec conviction lorsqu’il termine. Le spectacle suit immédiatement : des danseurs, des chanteurs traditionnels, des chanteurs de rap ou de variétés, des humoristes, les enfants des écoles de la ville en costumes, ceux des club de sport en tenue et en démonstration… Il y a un peu de tout, mais c’est véritablement savoureux, car nous assistons là à un spectacle qui n’est pas fait pour les touristes, mais bien pour les habitants de Khiva. C’est à la fois un divertissement et une opération de propagande nationale avec force drapeaux, qui virevoltent dans tous les sens. J’entends le mot « Ouzbékistan » qui revient sans cesse dans les paroles des chansons. En même temps, c’est logique, puisque c’est la fête nationale.

Comme dans toute fête nationale, arrive le défilé des militaires. Surprise, ils ne sont qu’une quinzaine, en treillis, qui défilent au son d’une musique bien peu militaire. La marche est quasiment cocasse : ils font plusieurs fois le tour de la scène sur un air de techno-pop ouzbek. Lorsque la musique change, nous assistons ensuite à une démonstration de cascades et de combats rapprochés.

Le grand final réunit tous les participants de la soirée, professionnels et amateurs. Tout le monde applaudit à tout rompre un minuscule bonhomme de quatre ou cinq ans, avec une chapka blanche sur la tête, qui maîtrise parfaitement les danses traditionnelles. Un vrai performer ! Lorsque la soirée se termine et que nous quittons les lieux, il fait déjà nuit depuis un moment. Nous prenons quelques photos de la ville illuminée et nous rentrons à l’hôtel, encore sous le charme de cette fête nationale, singulièrement différente de nos 14 juillet.
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DE Delseve Veteran ·
Khiva, 2ème jour Après les mariages auxquels nous avons assisté la veille, notre deuxième jour à Khiva nous réserve encore quelques surprises. Alors que nous entrons à nouveau dans la ville fortifiée, nous sommes attirées par un petit groupe, en train de danser sur un fond de musique assez festive. Il s’agit d’une famille, des petits enfants à la grand-mère et, si j’en crois la tenue d’un des enfants, ils célèbrent aujourd’hui une circoncision. On peut voir que la famille est relativement modeste mais chacun s’est mis sur son trente-et-un. Une radio posée à même le sol, au beau milieu de la rue, diffuse la musique pendant que tous dansent en rythme. Comme lors des mariages de la veille, un frère ou un cousin filme la scène. Je tente de prendre quelques photos, tout en respectant l’intimité de la famille et, malgré ma discrétion, je suis vite repérée. Mais la réaction est tout sauf négative. Sophie et moi sommes invitées à nous joindre à la fête. Le père débouche une bouteille d’un vin pétillant local et on nous tend un verre afin de trinquer tous ensemble. Je suis réellement touchée par ce geste : on sent bien qu’il est sincère. J’en profite pour placer l’expression russe « A la vôtre ! » que je n’imaginais pas utiliser de si tôt.

Nous passons ensuite dans le bazar que nous avons à peine aperçu la veille. Les fruits, les légumes, les épices, les pâtisseries et tout un tas de bric-à-brac invraisemblable… Nous en profitons pour manger un petit encas fait de fruits et de petits chaussons à la viande. Un délice ! Les épais morceaux de viande qui pendent au soleil me laissent plus circonspecte. Je considère aussi avec un œil méfiant les bouteilles d’huile de coton qui, associée au gras de mouton, constitue l’assaisonnement de base de la gastronomie ouzbek. Comme la rentrée scolaire approche, nous passons aussi devant de nombreux stands de fourniture : j’y achète une carte de l’Ouzbékistan, sans bien savoir ce que j’en ferai (mais on ne trouve pas assez de cartes de l’Ouzbékistan en France…) ainsi que quelques cartes postales à un prix bien meilleur que dans les boutiques à touristes.

Près du bazar, juste à la sortie de la ville fortifiée, on se lance dans la visite d’une petite mosquée de quartier dont les Français rencontrés la veille au soir nous avaient dit beaucoup de bien. L’intérieur de la mosquée n’a rien d’exceptionnel. Mais le gardien, d’une gentillesse rare, nous donne de nombreuses informations sur les lieux et sur la pratique de l’Islam en général. Je connais déjà ce qu’il nous dit, mais j’apprécie ses explications et sa volonté de faire partager sa culture et sa religion. Nous finissons par l’ascension du minaret : celui-ci, peu fréquenté, est particulièrement poussiéreux et nous devons enjamber les nids d’oiseaux et autres fils électriques qui parsèment les marches. La vue sur la ville vaut largement le coup. Le gardien nous attend en bas : il nous fait comprendre qu’à son âge, visiblement avancé, la montée des marches est bien trop sportive. Peu de touristes visitent sa mosquée et il est heureux de pouvoir discuter un peu. Ata – c’est son nom – est un vétéran de l’armée soviétique dans laquelle il a servi deux ans. Il nous parle de cette époque, qu’il ne date pas mais qui semble si lointaine. Je le trouve magnifique avec sa longue barbe blanche et son chapeau ouzbek traditionnel. Il se prête volontiers au jeu des photos, prend la pose et rit finalement beaucoup en se voyant sur l’écran de l’appareil.

Nous finissons l’après-midi par la mosquée d’été, près de la porte ouest de l’enceinte, là où se déroulait en partie le spectacle de la fête nationale. Le bâtiment est magnifique et une dame nous propose de monter sur le toit. Bien sûr, cela n’est pas compris dans le ticket global de la ville. Nous refusons car, d’une part la quantité d’extra-tickets commence à nous lasser, d’autre part j’ai les jambes fatiguées par tous les minarets et autres ascensions depuis deux jours. Mais la dame insiste, précisant que la vue est vraiment magnifique là-haut. Nous ne sommes toujours pas décidées. Finalement elle nous propose de monter sans payer : nous ne lui paierons les tickets au retour que si la vue s’avère à notre goût. Vendu. Nous arrivons ainsi sur les toits de la ville et nous dominons à la fois la mosquée d’été et les remparts de Khiva. Contrairement aux minarets où on se retrouve généralement coincé sur une petite plateforme exiguë, cette fois-ci, on peut circuler d’un toit à l’autre, varier les hauteurs et les points de vue. Nous passons pas loin d’une demi-heure là-haut, non sans croiser les incontournables amoureux. En redescendant, nous sommes bonnes joueuses et nous payons les extra-tickets : sans l’insistance de cette dame, nous aurions probablement raté une des plus belles vues de Khiva.

Notre dernière rencontre de la journée, c’est à nouveau au pied du minaret Islam Hoja que nous la faisons. La nuit commence à tomber sur Khiva, nous avons déjà mangé, mais nous profitons du soleil couchant pour faire quelques photos dans la lumière du soir. Quatre adolescents, entre onze et treize ans peut-être, s’approchent. On sent qu’ils ont envie de discuter, mais qu’ils ne savent pas vraiment comment engager la conversation. L’un deux, plus téméraire, tente une approche : nous échangeons les propos habituels, à savoir nos noms et notre pays d’origine. Je remarque qu’il porte un maillot au nom de Zidane et nous voilà partis sur le foot. Les autres nous rejoignent. La conversation s’engage, notamment sur mon téléphone portable : fait-il des photos, peut-on écouter de la musique ?... L’un des petits gars semble un peu fier-à-bras : je ne comprends pas ce qu’il dit, mais je comprends au ton qu’il emploie qu’il fait semblant de nous draguer en ouzbek, ce qui fait beaucoup rire ses camarades. C’est le chef du groupe, visiblement. Le premier qui nous a abordées est un peu gêné. Ce n’est pas bien méchant et nous continuons avec mon téléphone que j’ai rallumé pour pouvoir les prendre en photo. Ils sont réellement intéressés et poursuivent leurs questions techniques. Au moment où je leur suggère de poser pour une photo, ils me demandent si j’ai aussi la vidéo, ce que le petit chef ponctue d’une remarque où je ne comprends que deux mots, mais sans équivoque : « vidéo » et « sexe ». Je lui décoche aussitôt en russe « Je comprends ce que tu dis » avec un air de réprobation. Stupeur chez les quatre loustics. Ils écarquillent les yeux. Visiblement, ils ne s’attendaient pas à ça. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, ils ont tous les quatre disparu. Je n’ai même pas eu le temps de prendre la photo. Leur tête effarée valait pourtant le détour.
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DE Delseve Veteran ·
Forteresses du désert Le lendemain matin, nous nous mettons en route pour les forteresses du désert. Nous avons eu des avis divers, mais après tout, autant se faire une opinion soi-même. Comme nous avons réservé par l’office de tourisme de Khiva, nous avons un nouveau taxi pour la journée. Celui-là est tout jeune : il ne semble pas avoir plus de vingt ans et il est tout intimidé devant les vieilles trentenaires que nous sommes… Sur la route, nous découvrons pour la première fois la vie des campagnes ouzbeks : les charrettes tirées par des ânes sont nombreuses et il semble que les tracteurs n’aient que trois roues en général (ça, c’est Sophie qui le fait remarquer car je n’avais jamais vu que les tracteurs français avaient quatre roues…), ce qui leur donne une curieuse allure. Zafar, notre chauffeur du jour, s’étonne comme le précédent de me voir prendre par la fenêtre des photos en roulant. Je lui explique à lui aussi mon histoire de panneaux et de site internet. Je le devine surpris, mais lui aussi décide de se prendre au jeu.

Comme je bredouille un peu le russe, il tente de grandes discussions avec moi, mais sans le succès escompté, car mes compétences sont vite limitées. Il ne renonce pas et, avec patience, tente de m’expliquer quelque chose que je ne comprends absolument pas. Au bout d’un quart d’heure, enfin, je réalise qu’il me parle de son goût pour le cinéma français. Enfin, le cinéma français… Il est surtout un fan invétéré de la série des films « Taxi ». Il a déjà vu les trois premiers et ne devrait pas tarder à voir le quatrième que son beau-frère, dit-il, est en train de télécharger… Nous constaterons à plusieurs reprises que tous les chauffeurs de taxi adorent ces films – forcément ! - ainsi qu’une grande partie des jeunes Ouzbeks.

Quant aux forteresses du désert, elles nous laissent un sentiment mitigé. Ces constructions que les archéologues découvrent à peine et que l’on désensable au fur et à mesure sont réellement impressionnantes. Mais il nous manque probablement une visite guidée – dont nous ne sommes pourtant pas adeptes -, pour réellement prendre la mesure de ces bâtisses. Cela dit, Toprak Qala et Ayaz Qala valent le détour.

Nous avons aussi depuis Ayaz qala une vue directe sur un camp de yourtes qui se trouve à proximité. L’office de tourisme de Khiva nous en a fait l’article : il y a possibilité d’y déjeuner, mais aussi bien sûr d’y passer la nuit. Passer la nuit dans une yourte, oui, pourquoi pas. Mais honnêtement, passer la nuit dans une yourte à touristes, dans un camp de yourtes fixe, avec énergie solaire (c’est bien, c’est écolo), et plusieurs bus sur le parking, on repassera pour l’expérience authentique. Donc, très peu pour nous.

Comme il est midi passé, Zafar nous explique qu’on peut manger dans le camp de yourtes, mais que cela nous coûtera « très très cher » ou aller dans la ville voisine dans un petit restaurant tenu par des amis à lui. Pas forcément emballées par le menu touristes du camp, nous suivons son conseil. Nous nous retrouvons donc dans une petite chaïkhana de… Boston. Oui, c’est bien le nom de la ville en question. Zafar nous recommande les laghmans, que nous n’avons pas encore goûtées et que nous commandons sans bien savoir ce dont il s’agit. On nous sort de copieux bols de longues pâtes de fabrication artisanale, accompagnées de légumes, de morceaux de viande pas spécialement gras et d’un bouillon assez savoureux. Nous avons enfin trouvé un plat qui nous plaît !

Pendant le repas, nous discutons de choses et d’autres avec Zafar. Mais son anglais est assez pauvre et son russe assorti d’un accent qui me le rend extrêmement difficile à comprendre. Il essaie de parler un peu avec Sophie, mais au moment où, répondant à sa question, elle lui apprend qu’elle est médecin, sa timidité reprend le dessus et il se referme avec elle comme un huître, impressionné. C’est l’avantage de mon métier, un peu compliqué à expliquer, et que je résume par « je travaille dans l’administration », ce qui ne veut pas dire grand-chose…

Au retour nous repassons par le même chemin, ce qui nous amène à traverser à nouveau l’Amoudaria, le grand fleuve d’Ouzbékistan. Ce matin, nous avons halluciné en découvrant les conditions de franchissement. Un pont moderne est actuellement en construction. En attendant, les voitures passent sur une sorte de ponton fait de tôles mal rejointoyées, parfois coupées, souvent tordues, avec des différences de niveaux allant jusqu’à cinquante centimètres. Un peu de terre permet ça et là aux différents véhicules de franchir ces obstacles, mais au prix de nombreuses manœuvres. Tout cela, dans un bruit assourdissant. Conduire là-dessus exige assurément une habitude des lieux et surtout une certaine virtuosité. Il n’est pas rare de voir un conducteur changer un pneu ayant mal supporté la rencontre avec un bout de tôle tranchant. Lorsque je demande à Zafar si ce n’est pas trop compliqué de conduire là-dessus, il ne comprend même pas pourquoi je pose la question. Visiblement, ces conditions de circulation ne sont pas un problème.
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DE Delseve Veteran ·
Trajet Khiva-Boukhara Pour le long trajet dans le désert qui relie Khiva à Boukhara, nous retrouvons Islam, notre chauffeur d’Urgench. Ce sont quasiment huit heures de voiture sous un soleil de plomb qui nous attendent. La clim’ ? Oui, bien sûr, nous pouvons ouvrir les fenêtres quand il n’y a pas trop de sable…

Franchissement pour la troisième fois du ponton au dessus de l’Amoudaria. Il commence à nous être familier celui-là… Je me demande comment font les cars de touristes. Ils doivent probablement faire un détour. Islam fait une pause cigarette à proximité et j’en profite pour explorer les alentours. Je suis surprise de découvrir quelques pêcheurs sur ce fleuve rempli de tôles, de vieux bateaux rouillés. Islam me confirme que le poisson de l’Amoudaria est excellent et que, si nous le souhaitons, nous aurons l’occasion d’en manger pour le déjeuner. Je reste perplexe : du poisson, au milieu du désert ?

Nous nous retrouvons très vite dans le désert. Kyzyl Kum signifie « sable rouge ». Je le trouve plutôt orangé. Et le sable est parsemé de touffes d’herbe plus ou moins hautes. La route qui le traverse est d’aspect variable : tantôt bitumée, tantôt non, avec des dos d’ânes et autres renfoncements qui rendent la conduite à nouveau assez sportive.

Nous sommes régulièrement arrêtés pour des contrôles de police qui jalonnent la route à intervalles réguliers, mais cela prend rarement plus de quelques secondes. Quand un policier souhaite en savoir un peu plus sur nous, Islam sort un papier qui semble faire autorité et précise que nous sommes « françaises », ce qui coupe court à toute autre question.

Un peu après dix heures et demie, nous faisons un nouvel arrêt sur le bord de la route : une petite gargote rompt la monotonie du Kyzyl Kum. C’est là qu’Islam nous rappelle sa promesse du matin, à savoir nous proposer du poisson à déjeuner. Il m’emmène à l’intérieur, jusque dans la cuisine, passablement rustique, où la maîtresse des lieux exhibe fièrement un gros morceau de poisson, déjà tranché. Je m’interroge sur les conditions de conservation de la bête, sans réfrigérateur, et au beau milieu du désert. Sophie, quant à elle, panique rien qu’à l’idée de manger ça alors qu’il n’est même pas onze heures. Je tente d’expliquer à Islam qu’il est trop tôt et je vois qu’il est vexé. Les patrons sont visiblement des amis à lui. Mais il n’insiste pas. Nous voyons à ce moment-là arriver à vélo le mari de la cuisinière, qui rentre justement de la pêche, avec deux ou trois énormes poissons dans un panier. Je ne sais vraiment pas où il a pu les pêcher, mais je comprends enfin en le voyant comme il fait pour conserver au frais des poissons au milieu du désert. Il jette dès son arrivée ses prises, encore vivantes, dans un bassin d’eau que je n’avais pas encore remarqué. Bon, d’accord, le poisson doit être frais. J’ai eu des soupçons injustifiés.

Pendant l’heure qui suit, Islam ne décochera pas un mot. Il nous en veut de ne pas avoir pris le repas à l’endroit qu’il nous conseillait. Je culpabilise un peu. D’autant que l’heure avançant, je commence à ressentir la faim et que je ne dirais pas non à un bon morceau de poisson. En outre, j’en viens à me demander ce qu’on va trouver comme autres lieux de restauration sur la route. Finalement, notre taxi s’arrête sur ce qui ressemble à une aire extrêmement fréquentée, à savoir à nouveau une petite gargote au milieu de nulle part, mais qui, l’heure aidant, concentre tous les voyageurs partis à peu près en même temps de Khiva en direction de Boukhara. Au menu, chachliks, pain, thé. Les chachliks s’avèrent délicieuses : ces brochettes de viande sont pour une fois faites de vrais morceaux et non de boulettes de viande hachée et, à voir les vaches qui traînent sous les trois arbres du lieu, la viande doit être aussi fraîche que le poisson du matin. Nous proposons à Islam de prendre le repas ensemble et je vois qu’il apprécie le geste. Il se déride enfin : l’épisode du poisson est oublié.

Il y a une vingtaine de touristes qui font une pause. A une table près de nous, deux Suisses allemands ont commandé un thé. Juste un thé qu’ils accompagnent de leur propre paquet de biscuits en provenance directe d’Europe. Nous sommes assez choquées : même s’ils ont peu confiance dans la cuisine locale, je trouve qu’ils pourraient au moins manger le pain – par ailleurs délicieux – au lieu de snober ostensiblement ce qui est préparé sur place. Leur guide et leur chauffeur se sont installés à l’écart et le guide me fait quelques signes : nous nous sommes rencontrés la veille et il m’avait parlé de son agacement pour les deux touristes dont il s’occupait, assez désagréables et déplaisants. Je le comprends mieux maintenant.

Un petit groupe d’espagnols s’est par ailleurs installé près de nous : ils voyagent certes en bus, mais il semble que ce soit un voyage en groupe avec de nombreux programmes libres. Nous les reverrons à plusieurs reprises à Boukhara, puis à Samarcande. En attendant, on échange quelques banalités. Je commence à m’emmêler un peu entre toutes les langues : je ne dispose pas d’un commutateur me permettant de passer de l’une à l’autre et au bout d’un moment, je réponds en allemand aux Espagnols, en russe au guide des Suisses et en espagnol à Islam. J’aime beaucoup les langues étrangères, je le répète, mais visiblement, je n’ai pas de prédisposition à être une tour de Babel sur pattes.

Pendant toute l’après-midi, Islam – qui nous a définitivement pardonnées – nous pose des questions sur nos vies et nous en apprenons nous aussi un peu plus sur lui. A un moment, il me demande si je suis mariée. Sur les conseils de plusieurs personnes, je suis partie en Ouzbékistan avec une alliance afin de couper court aux questions sur mon célibat à cet âge canonique de trente deux ans. Mais je me retrouve prise à mon propre piège puisque notre chauffeur est très curieux d’en savoir plus sur mon mari : son âge, sa profession. Je me retourne vers Sophie, à l’arrière, pour voir si elle pourrait me venir à l’aide, mais peine perdue, elle dort. Je reste finalement assez évasive, n’ayant pas envie de raconter un roman à quelqu’un qui m’est sympathique.

Islam se souvient que nous aimons les panneaux : il ralentit souvent pour nous permettre de prendre les photos et, alors que je viens de rater le cliché d’un panneau avec une drôle de bestiole dessus, il fait carrément demi-tour. Il me semble que le dessin représente une vache, mais le mot russe qu’il utilise est sans équivoque : ceci est un mouton. Effectivement, quelques kilomètres plus loin, nous croisons plusieurs troupeaux de caprins.

Nous arrivons à Boukhara vers seize heures. Pour nous déposer dans le B&B que nous avons réservé, Islam doit contourner plusieurs déviations. Nous sommes le 1er septembre, c’est la fête nationale et toute la ville est en effervescence. La propriétaire du B&B nous propose à tous les trois de prendre un thé dans la cour, à l’ombre d’un arbre. Après ces huit heures de voiture dans le désert, le moment est agréable, le thé savoureux.
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DE Delseve Veteran ·
Boukhara Alors que, dans les autres villes, nous nous sommes installées dans des hôtels de catégories diverses, nous avons privilégié un B&B à Boukhara, ville réputée en la matière. Nous ne sommes pas déçues de notre choix : l’Emir B&B, situé en plein centre du vieux quartier juif, nous a réservé une chambre gigantesque, meublée avec goût, les sols couverts de tapis multicolores. Le lieu est à la fois traditionnel et confortable. Dans un coin, un poste de télévision détone un peu, mais comme je suis une accro à l’info et que cette tv est reliée à une antenne satellite, je goûte sans réserve aux chaînes d’information en continu du monde entier, dont la France. Ah, tiens, Rachida Dati est enceinte ?

On commence, comme toujours, par une promenade sans but précis dans les rues de la ville. Nous nous dirigeons peu à peu vers le parc Ismaïl Samani où, en ce jour férié, toute la ville s’est donné rendez-vous. Les enfants se jettent sur les friandises que les parents ne songent pas à leur refuser ce jour-là : glaces, barbapapa, sodas, etc. Nous profitons de la proximité du mausolée d’Ismaïl Samani pour visiter le bâtiment. Petit, il ne manque pas d’intérêt, de par une architecture particulièrement originale : les briques qui le composent sont placées de telle manière que l’aspect change constamment avec la lumière du jour.

Dès le lendemain, nous nous attaquons ensuite à la citadelle de l’Ark. C’est l’ancienne enceinte de la ville dont il ne subsiste, à vrai dire, que peu de choses : des murailles impressionnantes, quelques salles transformées en musée… A cette occasion, un couple de Français nous aborde : ils ont rencontré un guide francophone qui leur a proposé une visite des alentours de Boukhara et ils souhaiteraient en partager le coût avec nous. Il s’avère que le parcours prévu correspond tout à fait au programme que nous avions envisagé en taxi. La proposition des deux Français tombe à point : pour un prix raisonnable, nous aurons en plus les explications.

Quelques mètres plus loin, c’est un Ouzbek qui nous aborde pour nous proposer l’accès aux murailles. Nous avions justement repéré que la vue sur la ville depuis celles-ci devait être particulièrement intéressante. Après avoir négocié un prix qui satisfait tout le monde, le type disparaît quelques minutes pour réapparaître avec un trousseau de clés. Il nous fait passer sous un bandeau « chantier interdit au public » et nous ouvre une porte qui mène au toit de l’Ark, non sans préciser au dernier moment « n’approchez pas trop du bord ! ». Nous comprenons immédiatement le sens de cet avertissement et de l’interdiction de la zone. Le toit pourrait avoir été bombardé qu’il n’en aurait pas pire aspect. Nous nous frayons un chemin à travers les gravas et les trous béants jusqu’aux murailles elles-mêmes. Effectivement, mieux vaut ne pas s’approcher du bord : non seulement il n’y a aucune protection, mais, en plus, des pans entiers de murs semblent ne tenir à la forteresse que par quelque miracle. Le tout paraît extrêmement fragile. Cela dit, la vue vaut largement le déplacement et les quelques soums que nous avons payés. Nous dominons toute la ville de Boukhara et le panorama est splendide.

Pour le déjeuner, nous choisissons de retourner dans une chaïkhana de Lyab-i-Haouz, au bord d’un bassin : l’endroit est assez frais du fait de cette proximité de l’eau, il est aussi extrêmement vivant, fréquenté par les familles de la ville et, de surcroît, nous y avons découvert hier d’excellentes laghmans. Il semble cependant que le hasard ait bien fait les choses : plusieurs personnes nous diront avoir très mal mangé dans les autres restaurants autour du bassin. Déçues par d’autres lieux de restauration, nous reviendrons à plusieurs reprises ici, suscitant un accueil particulièrement sympathique des serveurs, amusés que nous commandions systématiquement le même plat.

Nous profitons de cette situation centrale pour faire un saut, après le repas, à la mosquée Lyab-i-Haouz : la façade avec ces deux oiseaux multicolore est magnifique. C’est la première fois aussi que je vois de l’art islamique figuratif (une hérésie !) et je suis complètement séduite par le résultat. Et ce soleil au visage visiblement centrasiatique… L’intérieur du bâtiment est plus convenu, mais la porte d’entrée vaut à elle seule le déplacement.

Nous allons ensuite à la mosquée Khalon : un jeune type à l’entrée, très désagréable, nous annonce le prix, complètement indécent au regard des tarifs pratiqués ailleurs. Je lui fais remarquer qu’un groupe de jeunes touristes ouzbeks vient de rentrer sans même sortir le moindre soum. Il me rétorque que ceux-ci sont visiblement musulmans et que le lieu leur est ouvert à ce titre. Et qu’en sait-il, lui, que je ne suis pas musulmane après tout ? Je sais que les étrangers payent plus cher que les Ouzbeks, mais là, nous sentons l’arnaque et ressortons sur la place. On en profite pour jeter un œil à la madrasa qui fait face. Malheureusement, comme celle-ci est encore en activité, nous devons nous contenter d’un bref aperçu dans l’entrée. On s’aperçoit alors que deux touristes japonais sont en train de rentrer dans la mosquée. Lorsque nous les rejoignons, ils viennent d’acheter leurs billets. Je leur demande en anglais le prix qu’ils ont payé et je fais remarquer au type de l’entrée que c’est à peu près la moitié de ce qu’il m’avait demandé : il se justifie tant bien que mal en prétendant avoir cru que nous voulions un ticket global pour le minaret, la mosquée, le droit à prendre des photos et des vidéos. Nous obtenons donc enfin un ticket à un prix raisonnable.

Nous découvrons aussi, en fin de journée, le Tchor Minor pour lequel j’ai immédiatement le coup de foudre. Le bâtiment consiste en fait en l’ancien corps de garde d’un ensemble islamique qui, lui, a complètement disparu. Mais il reste ce petit cube et ses quatre tours (je remarque qu’elles sont toutes différentes) surmontées de bulbes turquoise. Le Tchor Minor se trouve au beau milieu de petites ruelles. Un vrai labyrinthe. Mais chaque fois que vous hésitez sur la direction à prendre à un croisement, il se trouve un habitant du quartier pour vous indiquer la bonne direction, sans que vous ayez à poser la moindre question. Il est vrai qu’à part le Tchor Minor, le quartier n’est pas un haut lieu du tourisme local.
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DE Delseve Veteran ·
2ème jour à Bukhara Le lendemain, direction les mosquées jumelles. L’endroit est peu fréquenté par les touristes. Une petite table devant l’entrée permet à deux joueurs d’échecs de s’adonner à leur passe-temps sous les yeux de quelques curieux. Lorsque nous approchons, l’un d’entre eux nous propose de visiter la mosquée. Celle-ci est en très mauvais état, mais la visite se révèle particulièrement agréable. Le gardien qui nous a interpellées nous fait une visite guidée des lieux : il parle certes en russe et je suis loin de comprendre tout le vocabulaire, mais il est tellement patient et expressif que nous saisissons une bonne partie de ses explications. Il nous fait découvrir les moindres recoins de la mosquée avec une gentillesse exceptionnelle. On le sent passionné et heureux de nous conter l’histoire de la ville et du bâtiment. Nous finissons sur le toit, comme d’habitude, pour prendre quelques clichés de la ville. J’ai l’impression que notre guide apprécie autant que nous cette visite si j’en crois les nombreuses tapes de sympathie qu’il nous administre. Plusieurs fois, nous aurons l’occasion de repasser non loin de la mosquée et il nous fera des grands signes amicaux.

Sur les conseils du Lonely Planet autant que de notre guide du moment, nous poussons notre balade un peu loin jusque la petite mosquée Baland, dont on a lu qu’elle était richement décorée. Le quartier par lequel nous passons est résidentiel et plutôt aisé. Comme peu de touristes passent par ici, nous faisons réellement sensation tant auprès des enfants qui nous gratifient de « hello » que des parents qui nous saluent en souriant. Alors que nous jetons un œil à l’intérieur, quelques gamins du quartier nous rejoignent. Ils nous laissent terminer la visite, non sans dissimuler leur impatience et nous interpellent dès notre sortie pour une photo avec nous. Pourquoi pas ? S’en suit une série de clichés, d’autant que plusieurs autres se joignent au groupe. Certains font un peu les clowns, d’autres, un peu plus âgés, sont soucieux de communiquer avec les deux visiteuses exotiques que nous sommes. Nous n’avons pas envie de repartir tout de suite et nous nous asseyons sur une marche.

La communication avec les enfants s’avère néanmoins un peu compliqué. Contrairement à leurs aînés, ils ne parlent pas russe et je connais à peine trois mots d’ouzbek. J’ai soudain une idée : j’avais constaté avant de partir que les nombres en ouzbek ressemblaient beaucoup aux nombres en turc. Or, c’est à peu près tout ce que je connais en turc, mais je sais effectivement compter. Je commence donc à compter en turc avec les enfants et je leur demande de me corriger en me signalant les différences turc/ouzbek. Ils sont ravis de jouer au professeur avec moi et nous nous occupons ainsi un certain temps. Je constate qu’effectivement, à l’oral, les différences sont moindres. L’un des petits continue à amuser la galerie avec quelques pitreries, non sans s’attirer les foudres de sa mère, qui le surveille d’un peu plus loin. Il est vrai que nous sommes bon public et que nous rions beaucoup de ses bêtises, ce qui ne l’incite pas spécialement à se calmer. Enfin, un autre gamin qui s’était absenté après la séance photo revient : il apporte de chez lui quelques carrés de chocolat qu’il nous offre fièrement. Ce chocolat n’est pas des meilleurs, mais nous l’apprécions réellement, à la hauteur du cadeau que nous fait le gamin. Un cadeau d’enfant, mais un vrai cadeau car je doute que tous les boukhariotes s’empiffrent de chocolat…

Lorsque nous repartons, nous avons le sentiment, à nouveau, d’avoir vécu une rencontre sincère et enrichissante. En retraversant le quartier, tout le monde nous salue à nouveau. Quelques adultes discutent cinéma au passage : « Alain Delon, Catherine Deneuve, Jean Reno… Mimie Mathy ». Avons-nous bien entendu ? Je m’arrête et je demande confirmation. Oui, oui, me dit-on, « Mimie Mathy » en plaçant la main comme une toise, assez bas pour qu’il n’y ait pas de doute sur la personne. J’imagine que la télévision ouzbek diffuse la série Joséphine… Ah, mondialisation, quand tu nous tiens !

Pour terminer la soirée, nous décidons de manger ce soir dans un restaurant repéré depuis la veille : il est vrai que tout est fait pour qu’aucun touriste ne le rate. Une grande banderole signale en effet que c’est le « best view point ». Je me doute bien qu’il s’agit d’un traquenard à touristes, mais comme la terrasse du restaurant surplombe la mosquée Khalon et que j’ai bien envie de faire une série de photos nocturnes des bâtiments illuminés, nous nous laissons tenter.

En arrivant sur la terrasse, la première impression se confirme puisque nous retrouvons sur place un groupe de Suisses croisés plusieurs fois depuis Khiva, un Américain qui loge comme nous à l’Emir B&B et une Espagnole du groupe rencontré au milieu du désert. Comme l’endroit est typique ! Le repas que nous attendons (très) longtemps se révèle l’un des plus infâmes que nous ayons mangé depuis que nous sommes arrivées. Et ce n’est pas peu dire. Cela dit, la vue est imprenable sur la mosquée Khalon illuminée.
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DE Delseve Veteran ·
Environs de Boukhara Le lendemain, nous rejoignons le couple de Français rencontrés à la citadelle de l’Ark pour un tour des environs de Boukhara avec un guide francophone. Celui-ci, bien que probablement peu enthousiaste à l’idée d’emmener quatre personnes au lieu de deux pour le même prix, fait néanmoins bonne figure. Nous nous entassons tant bien que mal dans sa petite Daewoo et en route pour le site de Bakhaoutdin Naqshbandi, le palais d'été de l'Emir et la nécropole de Tchor Bakr, soit les trois curiosités des environs de Boukhara.

Bakhaoutdin Naqshbandi est l’un des personnages les plus vénérés du soufisme. Le site qui lui est dédié est donc le point de convergence de nombre de pèlerins. Si j’ai bien compris, le soufisme n’est pas précisément encouragé en Ouzbékistan de par son caractère fondamentaliste, mais le lieu accueille de nombreux visiteurs des pays voisins autant que des locaux. J’ai lu depuis que le courant naqshbandi peut être anti-occidental, mais c’est quelque chose que nous ne ressentons sur place à aucun moment. Bien au contraire, alors que j’hésite un peu à prendre des photos – après tout, nous sommes dans un lieu de pèlerinage -, plusieurs personnes, hommes et femmes m’y encouragent. Certains prennent même la pose pour moi.

Le palais d’été de l’émir reste quant à lui assez énigmatique : mélange éclectique de styles asiatiques et européens, il accueille aussi aujourd'hui quelques commerces, ce qui ajoute encore au sentiment de confusion et de désordre général. On le comprendra, je n’ai pas été conquise. En revanche, la nécropole de Tchor Bakr se révèle réellement magnifique, avec ce côté paisible des lieux de recueillement. Nous passons d’une allée à l’autre, en profitant de l’ambiance et de l’architecture.

Une bonne idée, donc, que cette petite excursion dans les environs de Boukhara. Le guide est compétent et intéressant et nous sympathisons rapidement avec Ivan et Laurence, le couple de Français qui nous a proposé de partager la voiture. A notre retour en ville, il est grand temps de déjeuner et nous décidons de prendre notre repas tous ensemble dans un petit boui-boui qui fait face à la citadelle de l’Ark. Nous nous séparons ensuite pour reprendre chacun nos dernières visites dans Boukhara.

Nous nous rendons dans l’un des derniers lieux que nous n’ayons pas encore visité à Boukhara, à savoir la mosquée Ulug Beg et la medersa qui lui fait face. En comparaison avec les autres ensembles islamiques que nous avons pu voir les jours précédents, celui-ci est assez modeste. Néanmoins, nous trouvons un certain intérêt aux marchands du lieu : les petits commerces qui occupent les anciennes cellules proposent des articles qui changent un peu des traditionnelles échoppes à touristes. Tout ça ressemble en effet à une petite brocante, un marché aux puces regorgeant de souvenirs de l’ex-URSS. Ailleurs, les copies sont nombreuses, mais ici, la plupart des objets sont authentiques. Bien que je ne cherche pas nécessairement à faire des achats de ce type, la balade au milieu de ce grand bric-à-brac est intéressante : casquettes de l’armée rouge, montres à gousset, portraits ou bustes de Lénine... Finalement, alors que je recherchais depuis un moment quelques pièces de monnaie ouzbeks – aujourd’hui, seuls les billets sont en circulation -, je trouve une série complète, en bon état, et que j’arrive à négocier pour un prix très acceptable. Ailleurs, les vendeurs de pièces de monnaie sont rares et ils font grimper les prix : ici, presque tous en vendent et le prix descend en fonction de la concurrence.

Nous décidons ensuite de nous poser une petite heure dans un salon de thé recommandé par le Lonely Planet : c’est un lieu à touristes, mais il faut reconnaître que le patron, qui a vécu à l’étranger, a réussi à créer un endroit très agréable. On y a la possibilité de goûter plusieurs types de thés et de cafés, le tout accompagné de fruits secs et autres sucreries locales. Je me régale avec les thés que nous avons choisis : d’habitude, je préfère le thé noir au thé vert, mais ceux-ci s’accordent particulièrement à mon goût. Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de m’acheter un sachet d’un savoureux thé vert aux épices qui agrémentera efficacement mes soirées en France, avec les quelques loukoums que j’ai prévu d’acheter à Istanbul.

Alors que nous terminons par une dernière visite au Tchor Minor, dans la lumière de fin de journée, nous tombons sur une dizaine de femmes installées au bord de la route avec, près d’elles, de vieux landaus. Je ne comprends pas immédiatement ce qu’elles font là jusqu’à ce qu’une voiture s’approche : elles se jettent aussitôt sur le conducteur… avec des pains qu’elles sortent justement des landaus. Nous constaterons par la suite que la plupart des marchandes de pains utilisent ce moyen de transport pour leur marchandise. Dès que le client approche, elles entrent dans une concurrence féroce pour remporter la vente.
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DE Delseve Veteran ·
Samarcande La route qui nous mène de Boukhara à Samarcande ne présente pas un grand intérêt. Elle est cependant l’occasion de découvrir les premières récoltes de coton.

Notre nouveau chauffeur, contrairement aux précédents, parle parfaitement anglais. De fait, la conversation peut aller au-delà des simples échanges que je suis capable de mener en russe. Il m’interroge notamment sur les institutions de l'Union Européenne et j’avoue qu’il m’impressionne, tant il en connaît bien les mécanismes et le fonctionnement. Au bout d’un moment, il m’explique qu’il a vécu trois ans à Londres et je comprends alors à la fois le pourquoi de son anglais si oxfordien et les raisons de sa maîtrise des institutions européennes.

Il nous amuse aussi beaucoup avec la musique qu’il passe dans la voiture, mélange de rock russe et de pop anglo-saxonne. Dès que commence une chanson qu’il adore, il augmente le volume sonore de façon à profiter pleinement de la musique. A plusieurs reprises, il réveille ainsi Sophie qui s’assoupit avec le ronron de la voiture.

Une fois arrivés à Samarcande, il nous dépose à l’hôtel de notre choix (nous nous sommes lâchées, il est vraiment superbe). Nous sommes un peu à l’écart du centre, mais dans un quartier plutôt cossu. Comme il est l’heure de déjeuner, nous prenons tout juste le temps de poser nos bagages avant d’héler un taxi pour le Registan : nous comptons bien expédier le repas pour profiter dès aujourd’hui d’un des points forts du voyage.

Volontairement, alors que le taxi nous dépose tout juste devant, nous ne jetons qu’un œil distrait aux bâtiments : nous voulons garder l’effet tout entier pour le début d’après-midi. Nous mangeons donc dans un petit boui-boui juste en face, recommandé par différents guides, fréquenté visiblement par de nombreux groupes et dont les plats s’avèrent plutôt insipides, la vaisselle crasseuse et le service épouvantable. Mais c’est l’occasion de sympathiser avec les gens de la table voisine : il s’agit d’un père et de sa fille. Elle, la vingtaine, parle un peu anglais, mais c’est surtout avec lui que nous échangeons en russe, sur le restaurant (grrrrh…) et sur la ville. Nous faisons ensuite quelques pas ensemble jusqu’au Registan où, enfin, je me décide à regarder ce que j’ai en face de moi.

Je ne regrette pas d’avoir ménagé ce petit effet de surprise : l’impression, je crois, en est décuplée. Je suis soufflée devant tant de beauté. L’homme qui nous a accompagnées comprend que c’est la première fois que nous voyons le Registan. Il sourit et ne peut pas cacher sa fierté. Il a raison. Toutes les photos du Registan ne rendront jamais compte de l’effet qu’il produit en direct.

Nous consacrons toute l’après-midi à la visite des trois bâtiments. Sur la gauche, nous commençons par la madrasa Ulug Beg, nous poursuivons avec la madrasa Tilla Kari qui fait face à la place et nous terminons par la madrasa Chir Dor, aux lions, sur la droite. Toutes les trois ont leurs particularités : Ulug Beg et son fabuleux décor d’étoiles (n’oublions pas que le souverain était un astronome émérite), Tilla Kari et son intérieur grandiose, bleu et or, Chir Dor et ses lions poursuivant des biches (encore une représentation figurative inhabituelle pour l’Islam). Nous restons un peu dans chaque cour intérieure pour nous imprégner des lieux. J’ai beau savoir que la plupart des bâtiments ont fait l’objet de restaurations parfois contestées, je ne peux m’empêcher de trouver le Registan magnifique. Les touristes sont peu nombreux. Des commerçants occupent les cellules des anciens étudiants, mais ils sont peu insistants, discutent ou boivent un verre, et il règne là, finalement, une ambiance paisible tout à fait en accord avec les lieux.

Nous ne nous attardons pas dans les échoppes. Nous y reviendrons un autre jour. Pour l’instant, j’ai une furieuse envie de monter en haut d’un des minarets de la madrasa d’Ulug Beg. La visite n’est pas prévue officiellement, mais les policiers qui gardent le lieu proposent aux touristes d’y accéder pour quelques billets. Comme je ne veux pas qu’on me propose un prix déraisonnable, j’attends nonchalamment qu’un uniforme m’aborde dans ce sens.

C’est à ce moment que nous tombons sur le couple de français avec qui nous avions visité les environs de Boukhara. Ils ont rejoint Samarcande en train et comme nous, leur première visite est consacrée au Registan. Nous nous fixons rendez-vous pour dîner ensemble ce soir.

Alors qu’ils viennent de repartir, enfin, un policier s’approche pour nous proposer l’ascension du minaret. C’est en français qu’il nous parle : en vrai commerçant (filou ?), il connaît cette phrase dans à peu près toutes les langues parlées par les touristes de passage à Samarcande. Nous négocions difficilement à 3000 soums par personne : c’est un peu cher en comparaison des autres minarets que nous avons visités, mais nous sommes à Samarcande et au Registan… Il ne nous accompagne pas lui-même. Visiblement, il fait office de rabatteur et c’est un autre policier, à ses ordres, qui nous ouvre les portes du bâtiment. Nous le suivons donc à travers la madrasa où il nous guide jusqu’à un premier escalier en partie éboulé en nous faisant comprendre que plus haut se trouve le minaret. Pour la énième fois en Ouzbékistan, je peste contre ma manie de vouloir escalader les tours, les minarets et autres lieux en hauteur. Des marches, encore des marches… Mais je me dis que la vue récompensera tous mes efforts.

Nous arrivons enfin au sommet et là, je déchante. Il me semblait bien que, contrairement aux autres minarets que nous avions déjà vus, celui-ci ne comportait pas de plateforme et d’ouverture au sommet… Ici, la vue se mérite par une ouverture pratiquée de façon peu conventionnelle à travers le toit en tôle du minaret. Pour voir quelque chose, il faut sortir le corps par ce trou, sans dispositif de sécurité. Le danger n’est certes pas bien grand, mais mon vertige n’apprécie que moyennement la configuration des lieux : je prends une photo de Chir Dor vite fait avant de me réfugier à l’intérieur : tout ça pour ça ! Sophie, qui n’est pas sujette au vertige, profite davantage : elle prend de nombreuses photos en s’extirpant sans crainte à l’extérieur du minaret. J’en serai quitte pour regarder les photos.

Comme nous avons fixé rendez-vous aux Français près de la statue d’Amir Timour – c’est près de leur hôtel et sur la route du nôtre -, nous profitons de notre avance pour visiter le Gour Emir, tout proche, lieu où sont enterrés justement Amir Timour et Ulug Beg son petit-fils. L’extérieur est en travaux, mais l’intérieur vaut le déplacement. Encore une coupole finement décorée.

Nous rejoignons ensuite la statue de Timour. En regardant autour de nous, nous commençons à nous dire que le lieu de rendez-vous n’est pas le plus approprié pour trouver un restaurant ou même une petite gargote. Pas même une échoppe ou quoi que ce soit d’approchant dans le coin. Certes, il y a bien l’hôtel Président, le plus prestigieux de la ville, mais je doute que son restaurant soit ce que nous cherchons… Les deux autres nous rejoignent : chacun avec son Lonely Planet à la main, nous tentons de nous diriger vers un quelconque lieu de restauration. Il est vrai que nous sommes fraîchement arrivés et que personne ne sait vraiment dans quel coin se diriger. Même le marché est en train de fermer et nous déambulons ainsi un certain temps. Finalement, après une longue marche, alors que nous arrivons très près de notre propre hôtel, nous tombons sur un restaurant recommandé à la fois par le LP et par notre chauffeur de matin. Il serait l’un des meilleurs de la ville. Ce sera parfait.

Le « Platan » s’avère effectivement très bien : on y trouve une vraie carte et, si tout n’est pas disponible, le choix est large et varié. Le service est professionnel, parfois trop obséquieux, mais il semble que le lieu soit fréquenté par les plus privilégiés de Samarcande. Tous les quatre, nous nous régalons réellement : quel bonheur de manger autre chose que les habituels chachliks et autres plov… Nous passons ainsi une excellente soirée. Le retour à notre hôtel, qui se trouve deux rues plus loin, se fait dans le noir le plus complet : pas un éclairage public, pas une fenêtre éclairée. Et dire que j’ai une lampe de poche dans mon sac à l’hôtel…
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DE Delseve Veteran ·
2ème jour à Samarcande Pour notre deuxième jour à Samarcande, nous attaquons la visite de l’ensemble dédié à Bibi Khanoun. Bibi Khanoun était l’épouse chinoise d’Amir Timour. Alors que le bâtiment était en construction, celle-ci se serait amourachée de l’architecte. Qu’elle ait trompé ou non Timour n’est pas certain, mais comme c’est ce qu’il a cru, tout cela s’est terminé par la mort de Bibi Khanoun. Aujourd’hui, il paraît que les travaux de restauration ont, comme au Registan, considérablement endommagé les lieux, mais mon manque de connaissances en la matière me permet d’apprécier pleinement la visite. Je trouve notamment les coupoles extraordinaires. Les intérieurs sont en travaux et si j’en juge de l’état actuel, il y a encore du boulot. Mais cela ne nous empêche pas d’apprécier là, justement, un peu d’authenticité.

Sophie tenait absolument à voir le fameux lutrin à neuf pieds trônant au milieu de la cour. Quant à moi, avant d’arriver, je me demandais tout simplement ce qu’était un lutrin… Celui-ci, aux proportions gigantesques et qui aurait accueilli le Coran d’Osman, aurait le pouvoir de garantir la fertilité aux femmes qui rampent entre ses pieds. Personnellement, nous ne tentons pas l’expérience, mais nous le considérons néanmoins avec curiosité.

En sortant, nous nous dirigeons vers le bazar. Déception au premier abord : celui-ci est en travaux. Mais les vendeurs ont, du coup, migré dans les rues voisines, dans une ambiance plus chaotique qui ne nous déplaît pas. Nous passons devant les étals de pâtisseries – nous sommes en plein ramadan – de fruits secs, de fruits et légumes. Tout cela est appétissant et nous décidons de faire notre repas sur place : un pain, un chausson à la viande, des pommes… et nous voilà repues.

Cela dit, je me sens un peu patraque et je ne tarde pas à avoir envie de me poser plus confortablement, sur une chaise, avec des toilettes à proximité, si possible. Il y a peu de restaurants ou de chaïkhanas dans le coin et nous trouvons finalement une sorte de café bondé qui devrait faire l’affaire.

Toutes les tables sont occupées, mais deux dames nous proposent de partager la leur. On commande aussitôt un thé et un coca. La serveuse est extrêmement désagréable. Visiblement, elle est contrariée par notre présence. Elle revient au bout de cinq minutes pour nous annoncer qu’elle n’a pas de coca. Qu’à cela ne tienne, nous prendrons toutes les deux du thé. Mais là-dessus, un homme à la table voisine intervient : il semble s’en prendre à la serveuse et le mot « cola » revient à plusieurs reprises. Quasiment tout le monde a levé le nez et suit la discussion. Il semble en fait que le café ait effectivement du coca et que la serveuse ait tout simplement refusé de nous en servir, ce qui ne choque pas que nous. Quel accueil ! En plus, lorsque je me renseigne, on me précise qu’il n’y a pas de toilettes. Je ne sais pas si c’est vrai, mais je dois me contenter de cette réponse.

L’une des dames à notre table engage la conversation : ce sont en fait, comme nous, des touristes, qui viennent du Kazakhstan. La plus jeune des deux, qui semble avoir la quarantaine, vient pour la troisième fois à Samarcande. Mais c’est la première fois qu’elle y emmène sa mère, visiblement assez âgée. Elle nous explique qu’ici, tout est cher pour les Kazakhs, notamment la nourriture, Elles ont acheté des provisions au marché, qu’elles mangent ici en commandant seulement un thé. Elles ont aussi une importante provision de sucreries apportées du Kazakhstan : elles nous offrent d’ailleurs des bonbons et s’assurent que nous en avons suffisamment pour en manger un peu plus tard. On discute aussi des différences de modes de vie entre Ouzbékistan et Kazakhstan : elle nous montre nos cheveux courts, comme les siens et nous explique que, si c’est courant dans son pays, c’est très rare en Ouzbékistan. Même au niveau du look général, elle passerait inaperçue en Europe. Sa mère est habillée et coiffée de façon plus traditionnelle. Une question de génération, probablement.

Nous ne terminons pas notre thé : il a un goût affreux et compte tenu de l’accueil très hostile, nous nous demandons ce qu’il peut bien contenir… Je ne me sens toujours pas mieux. Un peu plus loin, nous tombons sur un café, très clean, tenu par un jeune russe, avec une clientèle visiblement assez familiale. Enfin, un endroit accueillant et surtout, des toilettes ! Je peux enfin me retaper un peu, d’autant que le thé, ici, est excellent et me fait un bien fou.

Je n’en reste pas moins un peu patraque et nous décidons de ne pas entamer de grande visite dont je ne profiterais pas vraiment. Comme nous n’avons pas encore fait nos achats de souvenirs, nous décidons de repartir au Registan, non loin de là, pour profiter enfin des boutiques installées dans les cellules des madrasas. Les touristes n’étant pas nombreux, nous sommes accueillis partout avec le sourire. Chacun essaie de nous vanter au mieux les mérites, qui de ses foulards en soie, qui de ses statuettes colorées… Et chacun comprend aussi que nous ne pouvons pas acheter partout : l’insistance n’est pas de mise. On jette un œil et si on ne trouve pas ce que l’on cherche, on va voir dans la boutique suivante. Nous achetons ainsi des écharpes en soie pour nos mamans respectives, des petits bols en céramiques pour les amis, quelques statuettes représentant des petits vieux… Une vendeuse nous trouve si sympathiques qu’elle nous offre des petites broches représentant des piments : il est vrai que, comme d’autres avant elle, elle semble subjuguée par mes sourcils qu’elle montre à plusieurs reprises. Dans la boutique suivante, alors que je vois dans un coin une des seules pièces de monnaie que je n’ai pas encore réussi à me procurer, le jeune vendeur refuse de fixer un prix et nous en offre à chacune un exemplaire. Dire que c’est une pièce commémorative qu’ailleurs, on nous vend plus cher que les autres... Il nous offrira aussi de petites statuettes une fois que nous aurons effectué quelques achats. Nous sommes réellement touchées par ces petits cadeaux et les quelques mots échangés en russe avec l’un comme avec l’autre montrent qu’il s’agit avant tout de nous faire plaisir.

Nous allons terminer notre journée devant le Registan où sont placés quelques bancs : la fin du jour sur les bâtiments est particulièrement belle à voir. Nous sommes rapidement abordées par deux jeunes d’une vingtaine d’années : ils sont étudiants en langues et viennent régulièrement près du Registan rencontrer les touristes pour pratiquer le français ou l’anglais. Je trouve l’idée excellente. L’un des deux nous explique qu’il part dans quinze jours à la Rochelle où il a trouvé un boulot et un logement. C’est un peu la grande aventure pour lui, qui n’a jamais quitté Samarcande, sauf pour se rendre à Taskhkent. Son niveau de français, en tous cas, est impressionnant : il maîtrise jusqu’aux expressions imagées et avec seulement une très légère pointe d’accent.
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AX Axance Regular ·
Mille mercis. C'est passionnant! Vivement la suite ...🙂

J'ai tellement hate d'y être -enfin- !!
* I'm poor but my life is rich* * I choose risks over regrets* * You get one life but a million different ways to live it*
DE Delseve Veteran ·
Troisième jour à Samarcande Nous prenons dès le matin un taxi pour l’observatoire d’Ulug Beg qui se trouve en haut d’un colline : nous avons prévu de redescendre à pied vers le centre par la suite.

L’observatoire nous déçoit un peu. D’une part, nous admirons les restes du compas gigantesque, impressionnant pour la science de l’époque, tellement en avance sur son temps et sur l’occident. Mais d’autre part… il n’y a que ça à voir. Qu’à cela ne tienne, nous prenons la route qui redescend vers le centre : un peu de marche ne nous fera pas de mal et nous avons dans l’idée de nous arrêter sur le chemin pour visiter le tombeau de Daniel. Les commentaires sur cette visite sont mitigés, mais comme nous sommes à côté et que nous avons du temps… Nous marchons un bon moment, sans rencontrer le moindre bâtiment ou site qui pourrait être ce que nous cherchons. Or, selon le Lonely Planet, nous étions maximum à un kilomètre et demi. Nous comprenons un peu tard que nous avons probablement pris la mauvaise route, non signalée sur le plan. Effectivement, il semble que cette quatre voies que nous arpentons pendant une heure est flambant neuve. Non seulement nous ne verrons pas le tombeau de Daniel (il faudrait remonter la colline !), mais en plus, nous avons marché sur une route sans charme et sous un soleil de plomb…

Celle-ci nous mène néanmoins jusque la nécropole Chah-i-Zinda. Nous entrons d’abord dans le cimetière qui jouxte les lieux. C’est assez curieux, quasiment toutes les tombes sont décorées d’un portrait du défunt, gravé dans le marbre : l’un porte son plus bel uniforme, l’autre semble regarder d’un œil bienveillant les générations futures. C’est la première fois que je vois ce type de cimetière et je m’étonne que ce soit en pays musulman. Tous ces morts représentés, je trouve ça un peu flippant. Et en même temps, la balade est fascinante, puisqu’au regard des dates, des noms et des portraits, on voyage aussi un peu dans l’histoire des républiques soviétiques…

Nos pas à travers le cimetière nous amènent finalement à l’intérieur de la nécropole. L’entrée, avec ses gardiens et vendeurs de billets, se trouve derrière nous. Je n’ai pas spécialement cherché à resquiller, mais j’avoue qu’aller payer alors que je suis déjà dedans, c’est au-dessus de mes forces.

Le lieu est de toute beauté. Il est essentiellement consacré aux sépultures des sœurs de Timour ou aux amis et fidèles que le souverain récompensait ainsi. Comme souvent, les touristes sont très peu nombreux et nous rencontrons essentiellement quelques ouzbeks en pèlerinage. Il paraît une fois encore que beaucoup de restaurations ont été effectuées en dépit du bon sens. Cette fois, bien que non spécialistes, nous voyons effectivement quelques peintures grossièrement reconstituées. Néanmoins, nous réussissons quand même à nous imprégner des lieux et de l’atmosphère pendant les deux bonnes heures que nous passons là.

Après la visite, à une heure assez avancée pour manger, nous nous retrouvons dans le même coin que la veille, où il y a peu de lieux de restauration. C’est d’ailleurs une constante à Samarcande près des lieux touristiques, ce qui, à la longue, devient assez pénible si on reste plusieurs jours. Nous tentons le café russe de la veille qui servait du plov, mais il est trop tard et celui-ci est déjà fermé. Nous finissons dans une chaïkhana à peu près potable qui sert notamment des laghmans. Ca fera tout à fait l’affaire ! Alors que nous attendons notre commande, j’observe de ma place le patron qui se livre à un étrange manège : il verse consciencieusement le contenu d’une bouteille de vodka dans une théière, théière qu’il destine à des clients assis à l’extérieur… Lorsqu’il voit que je l’observe, nous échangeons quelques sourires moqueurs : il est vrai que nous sommes en plein ramadan et que, si les Ouzbeks sont peu pratiquants, il ne fait visiblement pas bon de boire de la vodka en terrasse à cette époque de l’année…

Nous nous dirigeons ensuite vers la mosquée Khizr, la mosquée du voyageur, qui se trouve à côté de la nécropole Shah-i-Zinda. Une dame d’une cinquantaine d’années nous accueille avec un grand sourire : les touristes sont particulièrement rares ici et il semble qu’en plus, nous lui soyons sympathiques. Les billets d’entrée nous sont vendus à un prix défiant toute concurrence… La dame nous accompagne et commence à nous donner des explications… dans un français certes hésitant, mais tout à fait correct. Elle nous explique qu’elle retourne à l’université depuis peu pour apprendre justement le français et pouvoir mieux communiquer avec les touristes. J’avoue que je suis toujours admirative des gens qui reprennent des études passé un certain âge et cette dame suscite la même admiration. Lorsque nous redescendons du minaret – oui, encore un, pourtant, je m’étais juré… -, elle nous a préparé du thé, des raisins et quelques friandises locales. Elle-même ne boit pas, ramadan oblige, mais elle nous tient compagnie en nous présentant sa fille et son dixième petit-enfant, le seul garçon nous dit-elle… Le gamin est d’abord un peu impressionné par ces deux étrangères à l’allure bizarre, mais il s’amuse ensuite beaucoup lorsque nous faisons semblant d’être fusillées par son pistolet en plastique. Le moment est particulièrement agréable : la visite s’est révélée très intéressante et la rencontre est agréable, sincère. Lorsque nous repartons, au bout d’un long moment passé à discuter avec notre hôtesse, celle-ci nous dit de revenir quand nous le souhaitons, sans aucun billet d’entrée.

Nous finissons notre journée en repassant devant le Registan où nous savourons la vue, dans le soleil de la fin d’après-midi, en mangeant notre dernier bonbon kazakh…
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MA Mamina64 Veteran ·
Tous les jours je guette une petite suite que je lis avidement dès qu'elle parait !

C'est à Chah i Zinda que j'ai eu mon coup de coeur dans ce voyage...

Je te suis pas à pas mais c'est bientôt fini... peut-être pas ?
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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DE Delseve Veteran ·
Effectivement, encore deux ou trois épisodes et ce sera terminé.
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DE Delseve Veteran ·
Chakhrisabz Le jour suivant, après un départ matinal, nous nous dirigeons vers Chakhrisabz. La route que nous empruntons passe par la montagne et nous apprécions ce changement de paysage après plusieurs jours de ville ou de désert. Nous faisons notamment un arrêt au niveau d’un col qui nous permet d’avoir une vue splendide sur la vallée.

Contrairement à nos habitudes, nous avons réservé à Chakhrisabz une visite de la ville avec un guide local francophone. Celui-ci se révèlera tout au long de la journée plus un boulet qu’un guide… D’abord très en retard au rendez-vous qu’il a fixé avec le chauffeur, il ne se déplace finalement pas et c’est notre taxi qui doit le rejoindre là où il est d’après quelques indications données par téléphone.

Dès la première visite, le palais Ak-Saray, nous nous rendons compte que les explications de ce guide prétendument francophone sont plus qu’approximatives : d’une part, ses commentaires sont relativement rares, voire fumeux (nous réalisons qu’il invente au fur et à mesure), et d’autre part, il ne maîtrise absolument pas le français, ce qui rend tous ses propos presqu’inintelligibles. Quand il ne trouve pas le mot français adéquat, il utilise volontiers son équivalent russe ou ouzbek. Dès qu’il tient deux ou trois mots corrects, il les répète plusieurs fois, pour être bien sûr que nous les comprenions. Ou plutôt, je pense, pour meubler ses explications sommaires. Quant aux questions que nous lui posons, il les ignore, vraisemblablement parce qu’il ne les comprend pas… Parfois, cependant, une ou deux phrases extrêmement bien construites, presque littéraires, sortent de façon surprenante : il a visiblement appris par cœur quelques textes de propagande en faveur du régime et il nous les assène ponctuellement avec fierté. Mais dès qu’il reprend ses explications plus personnelles, celles-ci redeviennent laborieuses et sans queue ni tête. Je me fatigue très vite de devoir me concentrer pour tenter de saisir l’un ou l’autre propos et je me dis que la visite promet d’être longue, très longue….

Avec Sophie, nous échangeons des regards navrés : nous avons rencontré tant d’étudiants francophones qui avaient un très bon niveau que nous nous demandons d’où sort notre prétendu guide. Lorsque nous lui demandons si cela fait longtemps qu’il exerce cette profession, il nous explique que nous sommes seulement les troisièmes touristes qu’il accueille à Chakhrisabz (tout s’explique ! Ca ne va pas durer…) et qu’il est avant tout enseignant. Enseignant ? Pas en français, quand même ? Non, bien sûr : il semble que ce soit en russe ou en ouzbek, mais là encore, les explications manquent cruellement de limpidité…

Du coup, la visite de Chakhrisabz se révèle pour nous assez quelconque : nous voyons les principaux monuments, le bazar, mais nous rongeons notre frein tant ce guide est insupportable. Nous profitons des quelques minutes qu’il nous laisse à droite et à gauche pour consulter les explications du Lonely Planet et du guide Olizane, mais cela ne nous console guère de la présence de l’insupportable guide.

En quittant un des monuments et en faisant quelques pas tous les trois, je me rends compte que la vue est superbe. J’en profite pour prendre quelques photos, puis je demande à Sophie de poser et au moment où je me dis que ce serait plutôt sympa d’avoir un cliché de nous deux sur ce site, le fameux guide, comme s’il avait lu dans mes pensées, semble-t-il, s’approche en tendant la main et fait « vous permettez ?... ». Je me dis que finalement, il n’est pas si déplaisant et que c’est gentil à lui de proposer de nous prendre en photo… sauf que là n’est pas du tout son intention. Dès que je réponds positivement à sa question, il file se placer devant l’objectif, à côté de Sophie, pour être lui-même sur la photo ! Quel mufle !
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DE Delseve Veteran ·
Dernier jour à Samarcande Pour notre dernier jour à Samarcande (et avant-dernier jour en Ouzbékistan), nous commençons par changer quelques euros. Direction, donc, la Banque Nationale d’Ouzbékistan, non sans grogner un peu : quelques jours auparavant, en effet, nous sommes déjà venues et les deux employées du change ont tenté de nous escroquer de 7000 sums sur un total de 100 000 (soit 3, 50€ pour 50€). Elles ont un petit tour de passe-passe avec les billets, assez bluffant et, en tous les cas, très au point. Il faut donc être vigilant et surtout bien recompter…

Nous attendons notre tour sagement, pendant qu’un touriste allemand est lui-même en train de changer de l’argent. Nous voyons les deux employées occupées à nouveau à leur numéro d’artistes et l’Allemand qui ne se méfie pas, prêt à empocher les épaisses liasses de billets ouzbeks, sans même les recompter. Nous lui soufflons de se méfier en précisant que nous avons déjà été entourloupées au même endroit. Les employées, même si elles n’ont pas tout compris, nous ont reconnues et ont bien vu que nous avons mis l’Allemand en garde. Ne pouvant pas nous refuser le change, elles nous distribuent une série de billets de 500 sums, prétextant qu’elles n’ont plus de billets de 1000. Quand on sait que le plus gros billet ouzbek, 1000 sums, vaut juste un demi euro, on comprend que changer 50 euros en billets de 500 sums équivaut à se foutre du monde ! Et puis, c’est vrai que dans une institution comme la Banque Nationale d’Ouzbékistan, les billets de 1000 sums, ça n’est pas courant… Bref, nous payons notre conseil à l’Allemand. Refusant les billets de 500, nous nous retrouvons finalement à l’hôtel Président, un peu plus loin dans la ville, où on nous change la somme, sans la moindre arnaque et en beaux billets de 1000 sums…

Cette dernière journée à Samarcande, nous la consacrons à la ville moderne, que nous avons jusque là négligée. Petite promenade d’abord sur le boulevard Navoï, avec une agréable surprise : une large rue piétonne, bordée d’arbres, avec des étudiants des deux sexes, de jeunes couples… C’est à la fois une atmosphère de ville très européenne, mais mâtinée néanmoins d’une ambiance toute asiatique.

Comme nous avons perdu pas mal de temps à changer nos euros, il est déjà l’heure de déjeuner et nous nous retrouvons dans une pizzeria non loin du boulevard Navoï. Ce n’est pas vraiment typique, mais ça change des chachliks… Nous passons le repas à bavarder avec un autre touriste, un Québécois qui effectue le voyage Istanbul-Pékin à vélo avec un tout un groupe. C’est pour lui une journée de pause et il récupère en mangeant pâtes et pizzas dans ce restaurant. Il nous raconte un peu son périple : son passage avorté de la Géorgie cet été alors que la Russie venait d’attaquer le pays, sa traversée du Turkmenistan escortée par la police locale… Je suis impressionnée par son itinéraire et surtout par le moyen de transport choisi. Je le suis encore plus lorsque je réalise qu’il a parcouru plusieurs zones de désert en plein mois de juillet sur ses deux roues…

Pour notre visite de la Samarcande contemporaine, je voulais aussi faire un petit tour du côté de la statue de Gagarine. Assez loin du centre, décrite par le Lonely Planet comme « l’hideuse statue soviétique », elle avait cependant retenu mon attention, notamment depuis notre visite de la station de métro de Tashkent dédiée aux cosmonautes. Après une longue marche, nous trouvons rapidement la rue Gagarine, mais point de statue. Nous serions-nous mal orientées ? Nous faisons plusieurs fois le tour de la place, nous interrogeons sans succès plusieurs passants, jusqu’à ce qu’une dame m’explique que nous sommes bien au bon endroit mais que la statue n’y est pas… A-t-elle été déboulonnée, l’a-t-on emmenée pour restauration ? Nous n’en saurons pas plus, mon niveau de russe ne m’ayant pas permis de saisir la raison de cette disparition.

Un peu déçues d’avoir effectué ce trop long trajet pour rien, nous décidons de nous rapatrier sur le Registan en marchroutka, ces minibus qui font office de taxi collectif. Pour 300 sums, vous traversez toute la ville, à condition que vous ayez compris où les arrêter et dans quelle direction ils vont.

Encore une fois au Registan, oui, car pour ces dernières heures à Samarcande, après avoir cherché Gagarine en vain, nous voulons terminer en beauté et goûter à nouveau l’atmosphère du lieu. Il ne s’agit plus de visiter, mais bien de s’installer tranquillement dans l’une ou l’autre des trois madrasas et de profiter ainsi de l’ambiance.

Alors que nous trainons dans la medersa Ulug beg, nous tombons sur Jens, l’Allemand rencontré à la banque le matin même. Dès qu’il nous voit, il file vers nous pour nous remercier : après avoir recompté, il a pu constater que les employées avaient tenté de lui subtiliser 10 000 sums (5€) sur le change de 50 dollars. Un sacré prélèvement, pire encore que le nôtre !

Il nous explique qu’il effectue lui aussi un périple à vélo, cette fois de la Chine jusqu’en Iran. Contrairement au Québécois rencontré le midi, il est seul sur la route, avec tous ses bagages sur le vélo. Nous sympathisons rapidement d’autant que Jens, qui voyage seul, n’est pas mécontent de bavarder un peu. Nous passons finalement la soirée avec lui : lorsqu’il nous confie qu’il mange à peu près la même chose tous les jours depuis la Chine (chachliks, plov, chachliks, plov…), nous l’emmenons dans le restaurant Platan, découvert le premier jour. C’est un vrai plaisir de le voir se jeter sur les plats avec un tel appétit. Cela dit, en ce qui me concerne, même si je n’ai pas avalé autant de kilomètres à vélo que lui, je ne laisse pas spécialement ma part non plus.
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DE Delseve Veteran ·
Retour à Tashkent Le trajet pour Tashkent est un peu tristounet : champs de coton et usines bordent la route. Nous avons une pensée pour Jens qui a fait ce trajet, dans le sens inverse, sur son vélo… Nous savons aussi que c’est notre dernière journée en Ouzbékistan. Retour à l’Hotel Uzbekistan. Plus qu’à l’arrivée, nous remarquons tout ce qui, dans cet hôtel, rappelle l’URSS. Le bâtiment, bien sûr, et son architecture tellement imposante et soviétique. Peut-être avons-nous la dent plus dure en fin de voyage, mais nous remarquons aussi cette fois les quatre ascenseurs rutilants dont un seul fonctionne (pour 17 étages…), les nombreux luminaires à la faible lueur jaunâtre, le mini-bar vide de tout contenu (et de toutes façons, pas branché) et la télévision, d’époque semble-t-il. En revanche, les tables et les chaises de la salle du petit-déjeuner sont couvertes de tissus et de froufrous scintillants. Même si le confort de l’hôtel reste très agréable, il est néanmoins assez curieux de constater le décalage entre l’image de luxe que veut donner l’Uzbekistan et la réalité, rappelant davantage Moscou sous l’ère soviétique qu’un grand hôtel occidental… Tout semble aussi plus lent et on a vaguement l’impression que le temps, ici, s’est arrêté.

Nous voulons profiter de notre dernière après-midi à Tashkent et nous nous laissons d’abord tenter par une sortie shopping : après tout, nous sommes dans une capitale, certains centres commerciaux n’ont rien à envier à ceux d’Europe occidentale et on se dit qu’on peut peut-être faire de bonnes affaires. La tentative de shopping est vite avortée : la plupart des articles que nous trouvons sont un peu en décalage, question mode, avec les standards européens du moment et les rares articles qui nous plaisent ont des prix équivalents, voire supérieurs.

Direction donc, le bazar Chorsu pour prendre une dernière bouffée d’atmosphère ouzbek. Nous trainons ensuite du côté du square Amir Timour où un vieil homme, ravi de rencontrer des touristes, nous interpelle et nous rejoint sur un banc.

Depuis mon arrivée deux semaines plus tôt à Tashkent, j’ai beaucoup progressé en russe. D’une part, je me suis habituée à l’accent ouzbek, un peu différent de celui des cd de ma méthode d’apprentissage, et d’autre part je me suis peu à peu entraînée à parler davantage, à faire des vraies phrases. En outre, les conversations tournent finalement toujours autour des mêmes sujets : nos vies personnelles, professionnelles, la France, les personnalités françaises. Cela facilite donc grandement pour moi les conversations. J’aborde donc avec plaisir la discussion avec le vieil homme, d’autant que je réalise que je n’aurai plus d’occasion de parler russe avant un moment.

Bien vite, je me rends compte que je saisis seulement quelques mots. Aurait-il un accent que je n’ai pas encore entendu depuis notre arrivée ? Je repère tout de même les questions habituelles « d’où venez-vous ? », « que faites-vous dans la vie ? » « êtes-vous mariées ? », etc. L’homme s’est installé au bout du banc, je suis à l’autre extrémité et Sophie se trouve entre nous. Le vieil homme, voyant que je ne comprends pas bien ce qu’il dit, parle de plus en plus fort, en postillonnant abondamment dans notre direction : Sophie qui se trouve entre nous apprécie modérément ces copieuses projections. Je sens qu’elle s’impatiente. Mais mon interlocuteur est soucieux d’échanger et je n’arrive pas vraiment à me dépêtrer de cette situation.

Soudain, comme s’il avait une illumination, je le vois farfouiller dans sa poche de pantalon, chercher, chercher… jusqu’à ce qu’il en sorte un dentier qu’il se colle dans la bouche. Mon problème de compréhension n’était donc pas lié à un quelconque accent ! Nous avons du mal à ne pas rire. La communication devient alors légèrement meilleure. Toutefois, Sophie est lasse de recevoir des volées de projectiles humides et moi-même, je commence à me décourager face à cet interlocuteur, certes très aimable, mais peu limpide. Une fois que la conversation se termine et que nous prenons congé, le dentier réintègre aussitôt la poche de son propriétaire.

Nous rentrons tranquillement à l’hôtel pour boucler les bagages. Après une soirée tranquille dans un petit restaurant du quartier que nous avions apprécié lors de notre arrivée, nous rentrons à l’hôtel. Cette nuit, nous repartons pour la France, via Istanbul, à 2 heures du matin...

PS Nous avons fait, comme prévu, de gros achats de loukoums à Istanbul, variété double pistache comme il se doit. Un régal avec le thé ouzbek.
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BL Bluequark Veteran ·
Superbe récit. Quel dommage que le feuilleton s'arrête!
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
GR Grene Regular ·
merci pour ce récit où j'ai retrouvé avec tant de plaisirs les "senteurs" de ce pays qui m'a fait réver. Le loukoums d'Istanbul sont délicieux, nous avons terminé ce voyage, nous aussi par des loukoums à la rose!!
Chantal
KI Kimy6791 Globetrotter ·
Bonjour delseve,

Super ton récit.

Nous ferons le même circuit, même nombre de jours, mais en voyage organisé, au mois d’octobre.

Juste une petite question. Est-il préférable d’emmener des $ ou des Euros. Tu parles des 50E que tu as changé, mais dans un autre message tu précises que « les hôtels se négocient mieux en dollars ».

Bon WE.
Quelques Voyages en Photos
DE Delseve Veteran ·
Disons que j'avais emporté des dollars changés en France pour les hôtels réservés par mail depuis la France (la somme juste donc) et dont le prix était donné en dollars. Sinon, j'ai utilisé uniquement des euros sur place que j'ai changés sans aucun problème à un taux correct.

Un seul change, c'est plus économique (euros -> dollars ou euros -> sums)
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TY Tylassin Veteran ·
Bonjour,

Encore une fois merci pour ton récit.

Tu parles d'hotels réservés par Mèl, Est-ce que tu es passée par ce site http://www.orexca.com/ ou bien as-tu fait autrement?

Michel
DE Delseve Veteran ·
J'avais trouvé des listes d'hôtels avec coordonnées (fax ou mails) sur un site russe. J'ai croisé avec les commentaires sur le Lonely Planet et l'Olizane (qui eux, n'ont que les adresses et les tel) et j'ai envoyé mes demandes de prix et de dispos.

Réservation ensuite par mail. Aucun souci. Bien évidemment, on ne verse pas d'accompte et tout repose sur la parole donnée, mais nous avons trouvé les hôtels très réactifs et très pros. Certains n'ont effectivement jamais répondu, mais ça permet du coup de faire un premier tri.

L'inconvénient est que tu ne négocies pas vraiment le tarif comme tu peux le faire sur place. L'avantage, c'est que tu ne perds pas de temps sur place à trouver un hôtel.
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TY Tylassin Veteran ·
Et je présume que c'est en russe que ça se passe?
DE Delseve Veteran ·
J'avais rédigé les fax en russe et en anglais et les mails seulement en anglais (je n'ai pas de clavier russe...).

Ils ont tous répondu en anglais, mais pas tous avec la même facilité.
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TY Tylassin Veteran ·
OK. Merci.

Tu n'aurais pas gardé l'adresse du site russe des fois?
VE Veileen Veteran ·
Juste un petit mot pour vous féliciter sur ce carnet bien écrit et donc très agréable à lire. Je n'ai pas lâché jusqu'au dernier chapitre. Les photos sont également réussies et j'ai apprécié de pouvoir les admirer, donnant un plus au récit.
Pour voir mes carnets Ouest USA, cliquez sur mon pseudo puis cliquez celui désiré dans la rubrique "carnets" : Vous avez le choix avec 2009, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016 : ça en fait de la lecture ! Et maintenant : la Chine !
AN Anto64 ·
très sympa ce récit très personnel de ton périple ouzbek !

je cherchais quelques infos car je pars la-bas dans 10 jours pour faire un reportage sur la lutte traditionnelle, pour une association. c'est assez surréaliste, car ce pays semble sorti d'un Tintin, mélange du vieil empire soviétique et de culture orientale- musulmane.

je pars a Termez, à la frontière afghane, donc vol intérieur prévu depuis Tashkent; a lire les infos des uns et des autres, ca fait un peu flipper, mais après un vol intérieur au Cambodge en Tupolev de 50 places, je m'attend à tout. le matos russe, c'est du costaud! vodka comprise! .."j'ai connu une polonaise qu'en buvait au ptit dej"!

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