Paris
Départ pour l’Ouzbékistan : 26 août 2008.
Ce voyage correspondait pour moi à un vieux rêve d’Asie Centrale, de lieux inconnus, parfois mythiques (Samarcande…) et aux noms assurément exotiques : Kyzyl Kum, Tashkent, Bukhara… J’avais en tête des images de coupoles turquoise et de marchés aux tissus chamarrés, des instantanés de désert aride et de chemins caillouteux.
Et puis, ce voyage devait aussi être pour moi, mordue de langues étrangères, un véritable test puisque je m’étais lancée depuis huit mois dans l’apprentissage du russe, seule avec mon livre et mes CD. Si l’ouzbek est effectivement la langue officielle de l’Ouzbékistan, on m’avait néanmoins confirmé que le russe était largement pratiqué dans le pays. J’étais donc curieuse de mettre enfin en pratique mes quelques connaissances, un peu angoissée aussi à l’idée que, pour la première fois, j’allais tester ma prononciation et ma compréhension en situation réelle.
J’avais aussi aiguisé la curiosité de Sophie. Confiante, appâtée par la façon dont je lui avais vendu notre périple, elle attendait elle aussi ces vacances, tout en sachant encore moins que moi à quoi s’attendre. C’est donc avec une impatience sans bornes que nous sommes arrivées à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, prêtes à commencer mon voyage.
Nous rattrapons vite la réalité dès l’aéroport lorsque nous nous mettons en quête du terminal 1B. Le terminal 1 est conçu en cercle et après avoir fait un premier tour du cercle sans avoir trouvé le terminal 1B, nous voyons enfin un panneau nous indiquant le fameux terminal… de l’autre côté de la route. Le terminal 1B consiste en effet en un préfabriqué, isolé, désert à l’heure où nous y entrons. Pas de tapis roulants à l’enregistrement des bagages, pas de panneaux électroniques récapitulant tous les vols : avons-nous déjà changé de pays ? Même les agents chargés de l’enregistrement semblent perplexes devant la vétusté de certains appareils. Néanmoins, une fois nos bagages posés sur le petit chariot, nous voilà prêtes à embarquer pour l’Ouzbékistan via Istanbul.
Rien de vraiment notable sur le vol Paris-Istanbul. Avion très récent, équipement dernier cri. Seule la passagère derrière Sophie, dame en sari d’un certain âge, nous gâche un peu le confort de ce vol en enchaînant les rots, tous plus bruyants et odorants les uns que les autres. Curieuse habitude. 30 rots à l’heure, c’est un record homologué ?
Istanbul
L’aéroport d’Istanbul est magnifique : moderne, spacieux, tout le contraire du terminal T1 préfabriqué ! L’escale de cinq heures, par conséquent, est tout à fait supportable. Magasins de luxe, alcool et tabac à gogo (bon, je ne fume pas et je ne bois pas…) et surtout, une offre pléthorique de loukoums… Attention, il ne s’agit pas ici des loukoums vaguement aromatisés que l’on peut trouver en France en supermarché, mais des LOUKOUMS ! Les vrais, ceux que l’on ne trouve qu’en Turquie. Un pur délice. Et comble du bonheur, la plupart des magasins proposent à peu près toutes les variétés en dégustation. Avec Sophie, nous avons frôlé l’overdose, notamment, dans les rayons du « Old Bazar », spécialisé dans la vente de ces petits délices sucrés. Mention spéciale à la variété « double pistache » : nous en mangeons suffisamment pour être certaines de notre choix. Cela dit, nous décidons de réserver notre achat pour le retour : la prudence veut en effet que nous n’achetions pas les loukoums avant de partir sous peine de consommer l’intégralité de nos emplettes en Ouzbékistan.
Dernier passage aux toilettes avant de rejoindre la salle d’embarquement. Il y a un peu d’attente et Sophie et moi nous mettons dans la file. Devant moi, trois dames voilées me lancent des regards furieux. Plus le temps passe, plus je sens que ma présence les indispose. Au bout de cinq minutes, l’une d’entre elles, enfin, s’adresse à moi, dans une langue qui n’est ni du turc ni une langue que je connais un minimum. Nul besoin de comprendre chaque mot pour réaliser que mes cheveux courts l’induisent en erreur et qu’elle me prend pour un homme : le doigt pointé vers la sortie et vers les toilettes des hommes sont sans équivoque. Je tente en anglais de lui expliquer qu’elle se trompe, que je suis bien une femme et que je serais bien en peine d’aller soulager ma vessie dans un urinoir. Elle ne semble pas comprendre et je vois bien que sa colère augmente avec mon refus de quitter la pièce. « I’m a woman, I’m a woman !… » Mes déclarations ne l’atteignent pas et je commence à désespérer car je vois bien que je ne me fais pas comprendre. Ma voix, pas spécialement grave, devrait d'ailleurs être un indice pour elle. Les deux autres dames rejoignent la première. La situation semble sans issue.
Enervée, je joue mon va-tout : je bombe la poitrine et je leur montre ostensiblement mes seins avec les deux mains. Il ne peut plus y avoir de doute. Je me dis que mon geste les choquera peut-être mais qu’au moins, elles me laisseront terminer mon attente dans les toilettes des femmes. Stupeur chez les trois dames… immédiatement suivie d’un grand éclat de rire. Non seulement elles ne sont pas choquées, mais en plus, elles se confondent en excuses et m’expliquent par gestes que ce sont bien mes cheveux courts qui les ont induites en erreur. Plusieurs fois, elles reproduisent en riant la scène où je leur ai montré mes seins. J’ai eu mon petit succès.
Je m’aperçois un peu tard que la dame qui m’avait interpellée parle allemand. Zut, ça aurait été plus simple de communiquer dans la langue de Goethe que de m’époumoner avec mes « I’m a woman ! ». Mais ça aurait été dommage de rater ce sketch… Je profite aussi de mon passage aux toilettes pour prendre la première photo de ce voyage. Ceux qui me connaissent savent que j’aime les panneaux et que j’en ai fait un site internet. J’immortalise donc ce panneau, près du lavabo, précisant que les ablutions doivent se faire à la mosquée et non aux toilettes.
Nous quittons nos amies des toilettes et nous rejoignons toute guillerettes la salle d’embarquement. L’Ouzbékistan n’a jamais semblé si proche : le nom de Tashkent sur les écrans et les passagers, au type centrasiatique, ne laissent aucun doute.
Je réalise à ce moment-là que je vois des Ouzbeks pour la première fois de ma vie.
Vol Istanbul-Tashkent
L’avion qui nous mène à Tashkent, bien que de la même compagnie que le précédent, est moins moderne. Nous devrons nous passer des écrans individuels. Nous cherchons nos places et nous nous apercevons qu’un passager a déjà pris place sur le numéro qui nous est attribué. Ce serait dommage d’être séparées : il s’excuse et rejoint aussitôt la bonne place, de l’autre côté du couloir central. Comme je suis donc quasiment à côté de lui, je m’aperçois vite qu’il est russe. Je vois là une bonne occasion de tester mon russe pour la première fois, d’autant que l’homme semble assez bavard et sociable, si j’en crois sa discussion avec ses voisins de siège.
Je déchante lorsque je le vois s’endormir dès le décollage, avec le téléphone portable allumé et diffusant de la pop russe à un volume sonore assez dérangeant. Ses voisins s’inquiètent. Il me semble qu’ils sont allemands ou suisses, germanophones pour le moins. Je vois bien leur indignation et leur inquiétude devant ce portable allumé au décollage, en dépit de toutes les consignes de sécurité. Ils tentent de réveiller le russe, sans succès, puis de lui éteindre son téléphone dans la poche. Sans se réveiller, il grogne dès que quelqu’un l’approche. Finalement deux hôtesses passent par là et, entendant la musique malgré le bruit de moteurs, se saisissent d’autorité de l’objet du délit et l’éteignent aussitôt. Je sens les germanophones respirer enfin.
Au cours du vol, Alexander – notre ami russe, oui, j’ai vu son prénom sur le billet dépassant de sa poche – reprend sa grande conversation avec ses voisins. Non sans avoir rallumé son portable. Il alterne alors conversations animées et phases de sommeil profond, allant jusqu’à s’endormir sur l’épaule de sa voisine. Les Suisses – leur accent en allemand ne laisse aucun doute sur leur origine -, un peu choqués au départ par ce Russe sans gêne, sont finalement hilares. Je suis toujours en attente d’un début d’échange avec lui : je n’ai toujours pas essayé mon russe, moi ! Au bout d’un moment, je comprends la raison des différentes phases d’Alexander : il montre à ses voisins suisses ce qu’il a dissimulé dans un sac à ses pieds, à savoir une bouteille d’un litre et demi de vodka, achetée en duty-free à Istanbul. A voir ce qui reste dans la bouteille, il a déjà dû en siffler une bonne partie avant le décollage. Après avoir demandé un verre d’eau à l’hôtesse, il reprend sa consommation : rien ne ressemble autant à un verre d’eau qu’un verre de vodka. Je suis impressionnée par sa descente : il boit chaque verre rempli – un gobelet standard – cul sec… On dirait de l’eau, mais l’odeur d’alcool est sans équivoque. Il propose aux Suisses de se joindre à lui et remplit deux verres en plus du sien. Mais ses voisins sont trop sérieux et déclinent l’invitation. Qu’à cela ne tienne : il vide les trois verres.
Après une nouvelle phase de sommeil, les Suisses s’étant eux aussi assoupis, il se rappelle que je suis là et me réveille en me secouant énergiquement par le bras. J’apprécie moyennement la méthode, mais je vois enfin l’occasion rêvée de tenter quelques mots de russe. Drôle d’idée ! Je déconseille en effet à quiconque de tenter sa première conversation dans la langue de Pouchkine avec un Russe bourré comme un coing : toute compréhension semble impossible dans un sens comme dans l’autre. Je fais donc chou blanc. Tout ce que je réussis à placer, c’est un « je ne comprends pas »… qu’il ne semble pas comprendre, lui non plus.
Dernier épisode avec notre ami russe : à l’arrivée à Tashkent, 4h du matin, heure locale, celui-ci est à nouveau en phase de sommeil. Comme il occupe la place côté couloir, les Suisses tentent de le réveiller pour sortir eux-mêmes de l’avion. Ils le secouent doucement, puis beaucoup plus fort. Les hôtesses averties du problème tentent leur chance elles aussi. Peine perdue, Alexander est toujours dans les bras de Morphée. A moins que ce ne soient ceux de Bacchus. Les Suisses l’enjambent et au moment où tout le monde quitte l’avion, Alexander dort toujours.
Je me croyais bavarde et rentrant trop dans les détails... je suis battue à plate couture !!! 😉
Vite, j'attends la suite avec impatience... quoique ! ça fait 6 mois que tu nous le promets ce carnet et surtout, continues à ne rien nous cacher, j'adore !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
C'est aussi parce que je me sais bavarde que j'ai tardé pour ce récit de voyage.
Mais maintenant que je suis lancée, tant pis pour vous, je continue... 😛
Arrivée à Tashkent
La particularité de nombreux vols qui arrivent à Tashkent est leur horaire plus que matinal : les vols arrivent bien souvent au milieu de la nuit. Notre vol d’Istanbul arrive à 4h du matin : il fait nuit noire et, compte tenu du décalage horaire, il est 1h du matin pour nous. Nos cerveaux sont donc passablement embrumés. Si encore, Alexander ne m’avait pas réveillée à plusieurs reprises… Dans ce contexte, avec en fond « Tashkent International Airport », je me demande l’espace de quelques secondes, ce que je fais là.
Nous passons l’immigration sans encombre et, avant même d’avoir récupéré mes bagages, j’ai un besoin urgent d’aller aux toilettes. Je ne trouve pas d’indications et j’interpelle le premier uniforme passant par là. J’attaque alors en russe « Où puis-je trouver les toilettes, s’il vous plaît ? ». On me comprend, on me répond. Ca y est, j’ai parlé russe pour la première fois ! Je n’aurais jamais pensé que cet instant tant attendu me servirait à trouver les chiottes… On est très loin de Pouchkine.
Passage des douanes. La législation ouzbek oblige à déclarer toute somme d’argent en notre possession, quelle qu’en soit la monnaie et au centime près. Nous nous attendons à subir des vérifications, mais nous passons le dernier contrôle sans heurt et nous nous dirigeons enfin vers la sortie de l’aéroport. Au fait, ni à l’immigration, ni aux bagages, ni à la douane, nous n’avons revu Alexander. Je me demande s’il est encore dans l’avion.
Compte tenu de notre arrivée matinale à Tashkent, nous avions réservé un transport jusqu’à l’hôtel depuis la France. Nous nous apprêtons donc à rechercher un(e) inconnu(e) arborant un petit carton avec nos noms. Nous sommes en fait parmi les premiers passagers du vol Istanbul-Tashkent à sortir et comme le vol est un des seuls à cette heure-là, nous sommes aussi les seules à sortir, le long d’une sorte de couloir, délimité par des barrières, avec de part et d’autre des familles, des chauffeurs, attendant les passagers. Tout le monde nous observe avancer lentement (nous, nous recherchons le petit carton avec nos noms) et j’ai un peu l’impression de faire la montée des marches à Cannes, avec les photographes et la presse sur les côtés. La scène me paraît interminable, avec tous ces yeux pointés sur nous.
Malgré un peu de retard – en fait, je pense que c’est nous qui sommes en avance -, notre chauffeur est au rendez-vous et nous filons dans les rues désertes de Tashkent, en direction du centre, sans même prendre le temps de nous arrêter aux feux rouges. Le chauffeur baragouine quelques mots d’anglais, mais il est ravi lorsque je tente quelques phrases en russe. Enfin ! Après ma tentative avortée avec Alexander et mon magnifique « discours » sur l’emplacement des toilettes, j’ai enfin l’occasion d’échanger réellement sur la base des leçons suivies depuis quelques mois. La surprise est plutôt bonne : on me comprend, je comprends.
J’aime bien les arrivées dans un pays inconnu lorsque je sors de l’aéroport. Les premières impressions sont toujours très fortes. Et c’est aussi une façon de ressentir l’atmosphère du lieu. A Tashkent à nouveau, j’apprécie cette course en voiture dans d’immenses avenues vides à une heure matinale, pendant le lever du soleil. Nous croisons quelques Ladas. Oui, c’est vrai, nous sommes dans l’ex-URSS. Mais j’ai vu tellement peu de Trabant en Allemagne de l’Est, quelques années après la chute du mur, que je ne m’étais pas imaginé que les Ladas puissent avoir autant survécu. Les voitures coréennes prennent de plus en plus le pas, en deux modèles principalement - grand et petit -, mais les Ladas ont encore de belles carrières devant elles. Les avenues sont soviétiques, immenses et d’autant plus qu’à cette heure, il n’y a pas foule. Mais nous nous rendons compte aussi que la ville semble relativement verte : je ne sais pas si elle compte beaucoup de parcs, mais les arbres sont nombreux. Notre course se termine rapidement : nous arrivons devant notre hôtel, lui aussi un exemple d’architecture soviétique. L’hôtel Uzbekistan est un chef d’œuvre en la matière : gris, imposant, laid…
Tashkent
Peu de touristes consacrent du temps à la visite de la capitale ouzbek : elle a la réputation d’être une grande ville assez moche, à l’architecture soviétique.
En ce qui nous concerne, nous ne venions pas en Ouzbékistan uniquement pour ça, mais nous avions en tête qu’il peut être aussi intéressant de visiter une ville « soviétique » et qu’on n’est pas obligé de ne voir d’un pays que ce qui est beau.
En termes d’architecture soviétique, nous restons finalement un peu sur notre faim. Bien sûr, la ville compte quelques perles en la matière : l’hôtel Uzbekistan, déjà cité, mais aussi le Palais de l’Amitié des Peuples, la tour de la télévision… Toutefois, nous nous attendions à davantage de bâtiments massifs et monumentaux.
Le métro en revanche, richement décoré – on le compare souvent à celui de Moscou -, mérite une visite. Nous l’utilisons sans compter pendant notre séjour à Tashkent tant son prix est faible (300 sums, soit 15 centimes d’euro) et chaque station que nous découvrons est unique : sculptures, bas-reliefs, lustres grandioses... Ma préférée sans doute est Kosmonavtlar, la station des cosmonautes, dédiée à la conquête de l’espace par les soviétiques. Dommage que les photos soient interdites. Nous étions un peu inquiètes à l’idée de prendre le métro car d’obscurs récits de contrôles et autres rackets par la police en ternissaient quelque peu l’image. Il est vrai que les uniformes de tous ordres sont nombreux dans le métro de Tashkent et certains touristes nous confirmeront par la suite les contrôles incessants auxquels ils ont dû faire face. Mais en ce qui nous concerne, rien, malgré de nombreux trajets. Une information qui m’avait été donnée avant notre départ semble se confirmer : les policiers du métro ne contrôlent pas les touristes femmes si elles ne sont pas accompagnées d’au moins un homme. Nous avons été l’objet de regards curieux de la police, mais pas un n’est venu ne serait-ce que nous adresser la parole. Il semble donc que, contrairement aux dames des toilettes d’Istanbul, pas un ne se soit laissé tromper par nos cheveux courts !
Nous avions prévu de passer deux jours à Tashkent et il faut reconnaître que c’est largement trop. Quelques lieux valent néanmoins le déplacement. Le Bazar Chorsu en premier lieu. Les marchés sont dans tous les pays le meilleur endroit pour saisir l’atmosphère d’une ville. Et le bazar Chorsu ne fait pas exception. Gigantesque, à la fois sous des coupoles de béton qui lui sont spécialement dédiées et dans la rue, il s’étend très largement dans la vieille ville. Vêtements, fruits, légumes, quincaillerie… je crois qu’on trouve tout au bazar Chorsu. Au-delà des articles proposés, nous apprécions particulièrement de voir les robes colorées des femmes et les hommes aux chapeaux traditionnels, un peu plus rares dans la ville moderne. Les odeurs de cuisine, les épices, les cris des chalands sont autant de petites touches de vie ouzbek qui rendent Tashkent plus humaine.
A deux pas du bazar, la mosquée Kikaldosh nous déçoit beaucoup. Il est vrai que nous arrivons à l’heure de la prière et que nous ne pouvons la voir que de l’extérieur. Le bâtiment, assez récent, manque singulièrement de charme.
En redescendant vers le bazar, nous nous arrêtons pour racheter un peu d’eau : le soleil cogne dur et nous buvons d’impressionnantes quantités. Alors que je m’explique en russe auprès du vendeur, celui-ci me pose la question qui deviendra récurrente tout au long du séjour « d’où venez-vous ? ». Savoir que nous venons de France suscite aussitôt une grande sympathie et les noms des Français célèbres comme Alain Delon ou Zinedine Zidane suivent bientôt. Je me retrouve alors à discuter football avec mes quelques rudiments de russe, moi, qui m’intéresse si peu au sport. Mais je trouve dommage de négliger un échange, quel qu’il soit. Finalement, notre fan de foot termine par quelques mots à mon égards, dont je devine qu’ils sont extrêmement gentils, sans que j’en saisisse pour autant toutes les subtilités. Devinant mon incompréhension, mon interlocuteur réexplique ses propos par gestes en montrant notamment mes sourcils, ce qui déclenche aussitôt l’hilarité de Sophie.
Il faut savoir que j’ai des sourcils assez épais et qu’avant de partir en Ouzbékistan, j’avais pu lire ça et là que ce critère physique était particulièrement apprécié des ouzbeks, hommes et femmes : ça avait eu pour conséquence que beaucoup de mes amis, un peu moqueurs, avaient suggéré que je me présente à l’élection de Miss Ouzbékistan. Mais je ne pensais que mes sourcils me vaudraient réellement des compliments. Cela se reproduira d’ailleurs à plusieurs reprises pendant notre voyage. Il faut croire que j’ai réellement mes chances pour l’élection…
Nous terminons notre visite de Tashkent par la tour de la télévision, construite en forme de trépied. Certes, elle est un peu excentrée, mais j’aime assez les tours de la télévision dans les différentes villes où je me rends. J’ai d’ailleurs l’occasion de faire une petite check-list de celles que j’ai déjà visitées puisque le hall d’entrée compte un certain nombre de maquettes à l’échelle. Les contrôles de sécurité sont relativement draconiens, mais je passe un moment amusant avec la dame qui examine l’intérieur de mon sac à dos et me demande de nommer un à un les objets qui s’y trouvent, tout en complétant mon vocabulaire quand celui-ci fait défaut. Mieux qu’un livre d’images ! Quant à la vue depuis l’étage, elle est en réalité sans intérêt. Comme l’écrit le Lonely Planet, il est possible de monter encore plus haut en graissant la patte du gardien, mais nous ne regrettons pas d’y avoir renoncé.
J'aime beaucoup cette façon que tu as de nous faire partager tes découvertes et tes impressions!
Avec un texte aussi descriptif (sans être ennuyeux) nul besoin de photos (dont je suis pourtant en général friande) : place à notre imaginaire, c'est un vrai régal...
Quoique que j'aimerais bien voir une photo de tes sourcils!!!
Je guette la suite avec impatience!
Marie
bonjour, nous vous avons précédé en 2007, comme Mamina "la bavarde" nous attendons la suite avec impatience. Votre arrivée à Tashckent a été nettement plus cool que la notre. J'attends votre impression concernant Kiva, mon moment de rêve. A plus tard
Chantal
Merci pour vos commentaires.
Je laisse quelques photos néanmoins, ne serait-ce que pour les Vfistes qui ne connaissent pas du tout l'Ouzbékistan. Par contre, pas question de mettre une photo de mes sourcils qui valent de l'or !!! 🙂
Vol Tashkent-Urgench
Nous laissons Tashkent sans regrets pour rejoindre Khiva plus à l’ouest. Nous avons choisi de prendre un vol sur la compagnie nationale Uzbekistan Airways dont on nous a dit tout et son contraire : les uns, alarmistes, ont ouvert de grands yeux en évoquant les vieux avions soviétiques antédiluviens tandis que les autres nous ont raconté leurs propres vols sur des Boeing récents, coupant court à la rumeur.
Nous récupérons nos billets au petit matin, juste avant de nous rendre à l’aéroport. Je vérifie par habitude que les informations qui y sont portées sont exactes et je découvre avec inquiétude que, si mes nom et prénom sont exacts, on m’a en revanche gratifié d’un « Mr » pour « mister ». Je me demande si on peut me refuser l’embarquement sur ce motif. Je me dis qu’il vaut mieux régulariser la situation à l’aéroport et je passe de guichet en guichet pour expliquer mon problème. Personne ne parle anglais au terminal domestique et je m’aperçois que mes compétences en russe atteignent vite leurs limites dès lors qu’il s’agit d’exposer mes problèmes d’identité… J’ai alors un doute : vais-je, comme à Istanbul, devoir montrer mes seins pour me faire comprendre ? Finalement une dame adorable farfouille dans ses tiroirs et, avec le stylo adéquat, rajoute illico un « s » sur le billet, transformant le "Mr" en "Mrs" et me rétablissant enfin dans mon sexe. La carte d’embarquement sera néanmoins établie au nom de Mister D.
Pendant que le bus nous amène à l’avion sur le tarmac, nous considérons avec curiosité les Yak et autres Tupolev tout en tournant autour des Boeing. Finalement, nous sommes déposées… au pied d’un Tupolev 154. Je pense à ces touristes de Tashkent qui nous avaient dit qu’il n’y en avait quasiment plus. Je n’en suis pas mécontente en fait : je n’ai jamais volé sur un avion russe et je me dis que l’expérience sera intéressante.
En rentrant dans l’appareil, j’en viens quand même à espérer que les moteurs sont mieux entretenus que l’aménagement intérieur. Les vieux sièges en skaï, maculés de taches, semblent en effet tenir avec des bouts de ficelle et lorsque la passagère devant moi s’installe, elle se retrouve quasiment sur mes genoux car son dossier n’est plus fixé. On sent les touristes, nombreux sur le vol, assez amusés par la situation. Le vol se passe sans encombre et les hôtesses nous servent même un encas et un rafraîchissement : pour un vol aussi court, peu de compagnies européennes font le même effort.
Nous arrivons à bon port à Urgench où nous sommes conduits directement à l’extérieur de l’aéroport, sans passer par le bâtiment où, semble-t-il, nous n’avons pas le droit de rentrer. Nous attendons donc les bagages dehors. C’est là que nous rencontrons Islam, qui sera notre chauffeur jusque Khiva, puis quelques jours plus tard, jusque Boukhara.
La route d’Urgench à Khiva est relativement courte. Nous profitons d’être pour la première fois en zone rurale pour prendre des photos de nouveaux panneaux par la fenêtre de la voiture. Islam nous considère avec curiosité. J’en profite pour sortir une phrase de russe préparée à l’avance, expliquant que j’aime bien prendre en photo les panneaux du monde pour mon site internet. Cela semble beaucoup l’amuser : il ralentit alors à plusieurs reprises pour nous permettre de faire de meilleurs clichés.
Khiva
L’hôtel où nous nous installons est situé juste en face de la porte ouest de Khiva. Depuis la fenêtre de notre chambre, nous bénéficions donc d’une vue particulièrement agréable sur les fortifications.
Nous attaquons immédiatement la visite de la ville et, dès l’enceinte, nous sommes prises d’un doute : une dame à l’entrée cherche à nous vendre un ticket à 10 000 sums pour la visite de la ville. Elle a au dessus d’elle un petit écriteau qui semble tout ce qu’il y a de plus officiel : elle m’indique que le billet est obligatoire et pourtant, je vois déambuler des locaux sans qu’ils soient sollicités pour quelque ticket que ce soit. Alors que je le lui fais remarquer, elle m’explique finalement que l’entrée dans la ville est bien libre mais que le ticket permet l’accès aux différents monuments remarquables de Khiva. Nous décidons de faire une première visite dans les rues : on verra plus tard pour les monuments.
En réalité, nous nous apercevrons rapidement que le billet est indispensable pour entrer dans certains monuments, mais qu’il n’est pas suffisant puisqu’on vous vend de nombreux « extra-tickets » pour l’ascension des minarets ou des terrasses panoramiques. C’est de bonne guerre.
Les bâtiments comme le Kalta Minor, à l’entrée de la ville et le minaret Islom Hoja, sont réellement magnifiques. On se balade dans la ville jusqu’à l’heure du déjeuner. Nous nous décidons pour une chaïkhana dont la carte extérieure propose des mantis, les raviolis ouzbeks dont on m’a dit beaucoup de bien. Nous commandons et alors que nous avons déjà attaqué les boissons, le serveur revient en précisant que le restaurant n’a finalement ce jour-là que du plov. Le plov, ce fameux plat national ouzbek, fait de riz, de légumes et de mouton, bien assaisonné en gras de mouton et huile de coton… Nous n’en voulions pas spécialement mais nous avons déjà commencé à boire : allons-y donc pour le plov ! Celui-ci se révèle assez fade finalement, mais nous mettrons toute l’après-midi à le digérer.
Pour faciliter cette fameuse digestion, nous nous lançons après le repas dans l’ascension du minaret Islom Hoja, le plus haut de la ville. Celle-ci s’avère particulièrement sportive : les 118 marches sont hautes chacune comme deux marches de taille standard, l’escalier n’est éclairé que par quelques rares meurtrières et on n’y voit goutte. De surcroît, des couples d’amoureux ont choisi l’étroit escalier pour roucouler à l’abri des regards et nous devons les contourner dans l’obscurité tout en enjambant les marches… Nos efforts sont récompensés : la vue est réellement magnifique. En plus, un autre couple réfugié au sommet (personnellement, je trouve ça quand même plus confortable que l’escalier) a eu la bonne idée d’apporter une radio et nous profitons de la vue sur tout Khiva avec, en fond, de la pop ouzbek. Les murailles, le Kalta Minor, toute la ville nous apparaissent sous un angle réellement exceptionnel.
La descente est aussi rude que la montée : mon vertige s’accommode mal des marches gigantesques, de l’escalier étroit et de l’obscurité. Sans compter que les mollets et les cuisses sont mis à rude épreuve. Finalement, je retrouve le sol et la lumière avec soulagement. Alors que je m’assoie au pied du minaret pour me remettre de mes émotions, une famille ouzbek nous aborde, avec curiosité et sympathie. Ils sont ravis d’apprendre que nous venons de France et de découvrir qu’on peut se comprendre un minimum avec le russe. Nous leur apparaissons comme particulièrement exotiques : ils confirment d’ailleurs que c’est la première fois qu’ils rencontrent des Français et souhaitent d’ailleurs immortaliser cette rencontre avec une photo souvenir.
Nous passons une petite demie heure à papoter : Ikrom et sa famille sont accompagnés de jeunes enfants pour qui l’ascension du minaret serait trop difficile et les adultes se relaient donc pour la visite. Ce sont en fait, comme nous, des touristes de passage à Khiva. Ikrom est chauffeur de minibus à Nukus. Il profite de quelques jours de congés pour visiter la région avec sa femme, leurs enfants, et leurs sœurs. Il est très curieux de nos âges, de nos métiers – ce qui sera le cas de tous les ouzbeks avec qui nous discuterons -, mais aussi de la vie en France. Du fait de son métier, il pose de nombreuses questions sur les moyens de transport et les marques de voiture. Ah, Peugeot, Renault… Je n’y connais rien en voitures, mais suffisamment pour alimenter cette discussion impromptue. Il est réellement surpris en apprenant qu’il n’y a pas vraiment à Paris d’équivalent des « Damas », les minibus qui assurent une bonne partie des transports en commun ouzbeks. Nous sommes ravis l’un et l’autre de cette rencontre : je réalise à ce moment que c’est aussi pour des moments comme celui-là que j’ai souhaité venir en Ouzbékistan.
Nous reprenons notre visite sous un soleil de plomb et nous croisons à plusieurs reprises des mariés en grande tenue en train d’arpenter les rues, sous l’œil d’une caméra amateur. Nous les retrouvons au mausolée Pakhlavan Makhmoud où ils défilent, les uns après les autres, afin de faire célébrer leur union par un religieux, un imam j’imagine. Nous nous mettons dans un coin du mausolée et nous assistons, en toute discrétion, aux différentes cérémonies.
Nous rejoignons la rue principale de la ville fortifiée pour un petit moment shopping. Les vendeurs de souvenirs sont légion et nous nous attardons plus particulièrement devant les étals de chapkas. Sophie, qui a tant de mal à trouver un couvre-chef à sa taille en France, se dit qu’elle aura peut-être plus de chance ici. J’essaie moi-même plusieurs chapeaux de fourrure, ce qui, vu la chaleur au milieu de l’après-midi, tient un peu de la torture. Une radio diffuse de la musique et tout à coup, j’entends la fameuse chanson de Desireless « Voyage, voyage ». Je savais que ce « tube » était connu internationalement, mais jamais je n’aurais imaginé l’entendre au beau milieu de l’Ouzbékistan. Je reprends aussitôt les paroles et je me mets à chanter avec Desireless. Même si je chante vraiment très mal – c’est un euphémisme -, j’obtiens un beau succès au milieu des Ouzbeks qui m’écoutent. 😕
Fête nationale à Khiva
Alors que nous reprenons notre promenade dans les rues de Khiva, nous croisons de plus en plus d’enfants, les uns en kimono, les autres en tenue de gymnaste, d’autres encore en habit traditionnel… Ce soir, avec quelques jours d’avance, Khiva célèbre la fête nationale ouzbek, et toute la ville se prépare pour un grand show en présence des personnalités locales. Nous sommes chanceuses : alors que de nombreux touristes cherchent désespérément à se procurer des places pour le spectacle, nous avons nous-mêmes deux entrées qu’une dame est venue nous offrir ce midi au restaurant (pour faire passer le plov ?...). Nous arrivons après plusieurs contrôles sur une grande place où une scène a été aménagée : des gradins ont été disposés en face et de part et d’autre.
De nombreuses personnes se sont déjà installées et je repère quelques places libres, dans les premiers rangs de la tribune qui fait face à la scène. J’imagine qu’ils doivent être réservés à quelques personnages officiels, mais il y a bien trois rangs libres… Alors que j’hésite, deux touristes français qui se sont installés au dernier rang, me confirment qu’on leur a défendu de prendre place à l’avant. Je tente néanmoins ma chance en bredouillant mon russe approximatif. Celui-ci fait à nouveau merveille : cela surprend tellement qu’une touriste parle russe que j’ai aussitôt un accueil bienveillant. On me fait signe de m’installer exactement où je veux, à part, bien sûr, au premier rang. Nous n’hésitons plus et nous asseyons au deuxième rang, en plein milieu. Devant nous, derrière la scène, le Kalta Minor, tout simplement… Les deux touristes français profitent de l’aubaine et nous rejoignent illico. Ils nous apprennent qu’ils sont passionnés de danse et de musique et que la place que nous avons choisie sera idéale pour filmer. Je me suis dit la même chose pour prendre les photos. Devant nous finalement s’installent le maire de la ville et quelques officiels. On ne pouvait rêver meilleure place !
La soirée commence par un discours du maire auquel, bien évidemment, nous n’entendons goutte. Qu’à cela ne tienne : nous applaudissons néanmoins avec conviction lorsqu’il termine. Le spectacle suit immédiatement : des danseurs, des chanteurs traditionnels, des chanteurs de rap ou de variétés, des humoristes, les enfants des écoles de la ville en costumes, ceux des club de sport en tenue et en démonstration… Il y a un peu de tout, mais c’est véritablement savoureux, car nous assistons là à un spectacle qui n’est pas fait pour les touristes, mais bien pour les habitants de Khiva. C’est à la fois un divertissement et une opération de propagande nationale avec force drapeaux, qui virevoltent dans tous les sens. J’entends le mot « Ouzbékistan » qui revient sans cesse dans les paroles des chansons. En même temps, c’est logique, puisque c’est la fête nationale.
Comme dans toute fête nationale, arrive le défilé des militaires. Surprise, ils ne sont qu’une quinzaine, en treillis, qui défilent au son d’une musique bien peu militaire. La marche est quasiment cocasse : ils font plusieurs fois le tour de la scène sur un air de techno-pop ouzbek. Lorsque la musique change, nous assistons ensuite à une démonstration de cascades et de combats rapprochés.
Le grand final réunit tous les participants de la soirée, professionnels et amateurs. Tout le monde applaudit à tout rompre un minuscule bonhomme de quatre ou cinq ans, avec une chapka blanche sur la tête, qui maîtrise parfaitement les danses traditionnelles. Un vrai performer ! Lorsque la soirée se termine et que nous quittons les lieux, il fait déjà nuit depuis un moment. Nous prenons quelques photos de la ville illuminée et nous rentrons à l’hôtel, encore sous le charme de cette fête nationale, singulièrement différente de nos 14 juillet.
Khiva, 2ème jour
Après les mariages auxquels nous avons assisté la veille, notre deuxième jour à Khiva nous réserve encore quelques surprises. Alors que nous entrons à nouveau dans la ville fortifiée, nous sommes attirées par un petit groupe, en train de danser sur un fond de musique assez festive. Il s’agit d’une famille, des petits enfants à la grand-mère et, si j’en crois la tenue d’un des enfants, ils célèbrent aujourd’hui une circoncision. On peut voir que la famille est relativement modeste mais chacun s’est mis sur son trente-et-un. Une radio posée à même le sol, au beau milieu de la rue, diffuse la musique pendant que tous dansent en rythme. Comme lors des mariages de la veille, un frère ou un cousin filme la scène. Je tente de prendre quelques photos, tout en respectant l’intimité de la famille et, malgré ma discrétion, je suis vite repérée. Mais la réaction est tout sauf négative. Sophie et moi sommes invitées à nous joindre à la fête. Le père débouche une bouteille d’un vin pétillant local et on nous tend un verre afin de trinquer tous ensemble. Je suis réellement touchée par ce geste : on sent bien qu’il est sincère. J’en profite pour placer l’expression russe « A la vôtre ! » que je n’imaginais pas utiliser de si tôt.
Nous passons ensuite dans le bazar que nous avons à peine aperçu la veille. Les fruits, les légumes, les épices, les pâtisseries et tout un tas de bric-à-brac invraisemblable… Nous en profitons pour manger un petit encas fait de fruits et de petits chaussons à la viande. Un délice ! Les épais morceaux de viande qui pendent au soleil me laissent plus circonspecte. Je considère aussi avec un œil méfiant les bouteilles d’huile de coton qui, associée au gras de mouton, constitue l’assaisonnement de base de la gastronomie ouzbek. Comme la rentrée scolaire approche, nous passons aussi devant de nombreux stands de fourniture : j’y achète une carte de l’Ouzbékistan, sans bien savoir ce que j’en ferai (mais on ne trouve pas assez de cartes de l’Ouzbékistan en France…) ainsi que quelques cartes postales à un prix bien meilleur que dans les boutiques à touristes.
Près du bazar, juste à la sortie de la ville fortifiée, on se lance dans la visite d’une petite mosquée de quartier dont les Français rencontrés la veille au soir nous avaient dit beaucoup de bien. L’intérieur de la mosquée n’a rien d’exceptionnel. Mais le gardien, d’une gentillesse rare, nous donne de nombreuses informations sur les lieux et sur la pratique de l’Islam en général. Je connais déjà ce qu’il nous dit, mais j’apprécie ses explications et sa volonté de faire partager sa culture et sa religion. Nous finissons par l’ascension du minaret : celui-ci, peu fréquenté, est particulièrement poussiéreux et nous devons enjamber les nids d’oiseaux et autres fils électriques qui parsèment les marches. La vue sur la ville vaut largement le coup. Le gardien nous attend en bas : il nous fait comprendre qu’à son âge, visiblement avancé, la montée des marches est bien trop sportive. Peu de touristes visitent sa mosquée et il est heureux de pouvoir discuter un peu. Ata – c’est son nom – est un vétéran de l’armée soviétique dans laquelle il a servi deux ans. Il nous parle de cette époque, qu’il ne date pas mais qui semble si lointaine. Je le trouve magnifique avec sa longue barbe blanche et son chapeau ouzbek traditionnel. Il se prête volontiers au jeu des photos, prend la pose et rit finalement beaucoup en se voyant sur l’écran de l’appareil.
Nous finissons l’après-midi par la mosquée d’été, près de la porte ouest de l’enceinte, là où se déroulait en partie le spectacle de la fête nationale. Le bâtiment est magnifique et une dame nous propose de monter sur le toit. Bien sûr, cela n’est pas compris dans le ticket global de la ville. Nous refusons car, d’une part la quantité d’extra-tickets commence à nous lasser, d’autre part j’ai les jambes fatiguées par tous les minarets et autres ascensions depuis deux jours. Mais la dame insiste, précisant que la vue est vraiment magnifique là-haut. Nous ne sommes toujours pas décidées. Finalement elle nous propose de monter sans payer : nous ne lui paierons les tickets au retour que si la vue s’avère à notre goût. Vendu. Nous arrivons ainsi sur les toits de la ville et nous dominons à la fois la mosquée d’été et les remparts de Khiva. Contrairement aux minarets où on se retrouve généralement coincé sur une petite plateforme exiguë, cette fois-ci, on peut circuler d’un toit à l’autre, varier les hauteurs et les points de vue. Nous passons pas loin d’une demi-heure là-haut, non sans croiser les incontournables amoureux. En redescendant, nous sommes bonnes joueuses et nous payons les extra-tickets : sans l’insistance de cette dame, nous aurions probablement raté une des plus belles vues de Khiva.
Notre dernière rencontre de la journée, c’est à nouveau au pied du minaret Islam Hoja que nous la faisons. La nuit commence à tomber sur Khiva, nous avons déjà mangé, mais nous profitons du soleil couchant pour faire quelques photos dans la lumière du soir. Quatre adolescents, entre onze et treize ans peut-être, s’approchent. On sent qu’ils ont envie de discuter, mais qu’ils ne savent pas vraiment comment engager la conversation. L’un deux, plus téméraire, tente une approche : nous échangeons les propos habituels, à savoir nos noms et notre pays d’origine. Je remarque qu’il porte un maillot au nom de Zidane et nous voilà partis sur le foot. Les autres nous rejoignent. La conversation s’engage, notamment sur mon téléphone portable : fait-il des photos, peut-on écouter de la musique ?... L’un des petits gars semble un peu fier-à-bras : je ne comprends pas ce qu’il dit, mais je comprends au ton qu’il emploie qu’il fait semblant de nous draguer en ouzbek, ce qui fait beaucoup rire ses camarades. C’est le chef du groupe, visiblement. Le premier qui nous a abordées est un peu gêné. Ce n’est pas bien méchant et nous continuons avec mon téléphone que j’ai rallumé pour pouvoir les prendre en photo. Ils sont réellement intéressés et poursuivent leurs questions techniques. Au moment où je leur suggère de poser pour une photo, ils me demandent si j’ai aussi la vidéo, ce que le petit chef ponctue d’une remarque où je ne comprends que deux mots, mais sans équivoque : « vidéo » et « sexe ». Je lui décoche aussitôt en russe « Je comprends ce que tu dis » avec un air de réprobation. Stupeur chez les quatre loustics. Ils écarquillent les yeux. Visiblement, ils ne s’attendaient pas à ça. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, ils ont tous les quatre disparu. Je n’ai même pas eu le temps de prendre la photo. Leur tête effarée valait pourtant le détour.
Forteresses du désert
Le lendemain matin, nous nous mettons en route pour les forteresses du désert. Nous avons eu des avis divers, mais après tout, autant se faire une opinion soi-même. Comme nous avons réservé par l’office de tourisme de Khiva, nous avons un nouveau taxi pour la journée. Celui-là est tout jeune : il ne semble pas avoir plus de vingt ans et il est tout intimidé devant les vieilles trentenaires que nous sommes…
Sur la route, nous découvrons pour la première fois la vie des campagnes ouzbeks : les charrettes tirées par des ânes sont nombreuses et il semble que les tracteurs n’aient que trois roues en général (ça, c’est Sophie qui le fait remarquer car je n’avais jamais vu que les tracteurs français avaient quatre roues…), ce qui leur donne une curieuse allure.
Zafar, notre chauffeur du jour, s’étonne comme le précédent de me voir prendre par la fenêtre des photos en roulant. Je lui explique à lui aussi mon histoire de panneaux et de site internet. Je le devine surpris, mais lui aussi décide de se prendre au jeu.
Comme je bredouille un peu le russe, il tente de grandes discussions avec moi, mais sans le succès escompté, car mes compétences sont vite limitées. Il ne renonce pas et, avec patience, tente de m’expliquer quelque chose que je ne comprends absolument pas. Au bout d’un quart d’heure, enfin, je réalise qu’il me parle de son goût pour le cinéma français. Enfin, le cinéma français… Il est surtout un fan invétéré de la série des films « Taxi ». Il a déjà vu les trois premiers et ne devrait pas tarder à voir le quatrième que son beau-frère, dit-il, est en train de télécharger… Nous constaterons à plusieurs reprises que tous les chauffeurs de taxi adorent ces films – forcément ! - ainsi qu’une grande partie des jeunes Ouzbeks.
Quant aux forteresses du désert, elles nous laissent un sentiment mitigé. Ces constructions que les archéologues découvrent à peine et que l’on désensable au fur et à mesure sont réellement impressionnantes. Mais il nous manque probablement une visite guidée – dont nous ne sommes pourtant pas adeptes -, pour réellement prendre la mesure de ces bâtisses. Cela dit, Toprak Qala et Ayaz Qala valent le détour.
Nous avons aussi depuis Ayaz qala une vue directe sur un camp de yourtes qui se trouve à proximité. L’office de tourisme de Khiva nous en a fait l’article : il y a possibilité d’y déjeuner, mais aussi bien sûr d’y passer la nuit. Passer la nuit dans une yourte, oui, pourquoi pas. Mais honnêtement, passer la nuit dans une yourte à touristes, dans un camp de yourtes fixe, avec énergie solaire (c’est bien, c’est écolo), et plusieurs bus sur le parking, on repassera pour l’expérience authentique. Donc, très peu pour nous.
Comme il est midi passé, Zafar nous explique qu’on peut manger dans le camp de yourtes, mais que cela nous coûtera « très très cher » ou aller dans la ville voisine dans un petit restaurant tenu par des amis à lui. Pas forcément emballées par le menu touristes du camp, nous suivons son conseil. Nous nous retrouvons donc dans une petite chaïkhana de… Boston. Oui, c’est bien le nom de la ville en question. Zafar nous recommande les laghmans, que nous n’avons pas encore goûtées et que nous commandons sans bien savoir ce dont il s’agit. On nous sort de copieux bols de longues pâtes de fabrication artisanale, accompagnées de légumes, de morceaux de viande pas spécialement gras et d’un bouillon assez savoureux. Nous avons enfin trouvé un plat qui nous plaît !
Pendant le repas, nous discutons de choses et d’autres avec Zafar. Mais son anglais est assez pauvre et son russe assorti d’un accent qui me le rend extrêmement difficile à comprendre. Il essaie de parler un peu avec Sophie, mais au moment où, répondant à sa question, elle lui apprend qu’elle est médecin, sa timidité reprend le dessus et il se referme avec elle comme un huître, impressionné. C’est l’avantage de mon métier, un peu compliqué à expliquer, et que je résume par « je travaille dans l’administration », ce qui ne veut pas dire grand-chose…
Au retour nous repassons par le même chemin, ce qui nous amène à traverser à nouveau l’Amoudaria, le grand fleuve d’Ouzbékistan. Ce matin, nous avons halluciné en découvrant les conditions de franchissement. Un pont moderne est actuellement en construction. En attendant, les voitures passent sur une sorte de ponton fait de tôles mal rejointoyées, parfois coupées, souvent tordues, avec des différences de niveaux allant jusqu’à cinquante centimètres. Un peu de terre permet ça et là aux différents véhicules de franchir ces obstacles, mais au prix de nombreuses manœuvres. Tout cela, dans un bruit assourdissant. Conduire là-dessus exige assurément une habitude des lieux et surtout une certaine virtuosité. Il n’est pas rare de voir un conducteur changer un pneu ayant mal supporté la rencontre avec un bout de tôle tranchant. Lorsque je demande à Zafar si ce n’est pas trop compliqué de conduire là-dessus, il ne comprend même pas pourquoi je pose la question. Visiblement, ces conditions de circulation ne sont pas un problème.
Trajet Khiva-Boukhara
Pour le long trajet dans le désert qui relie Khiva à Boukhara, nous retrouvons Islam, notre chauffeur d’Urgench. Ce sont quasiment huit heures de voiture sous un soleil de plomb qui nous attendent. La clim’ ? Oui, bien sûr, nous pouvons ouvrir les fenêtres quand il n’y a pas trop de sable…
Franchissement pour la troisième fois du ponton au dessus de l’Amoudaria. Il commence à nous être familier celui-là… Je me demande comment font les cars de touristes. Ils doivent probablement faire un détour. Islam fait une pause cigarette à proximité et j’en profite pour explorer les alentours. Je suis surprise de découvrir quelques pêcheurs sur ce fleuve rempli de tôles, de vieux bateaux rouillés. Islam me confirme que le poisson de l’Amoudaria est excellent et que, si nous le souhaitons, nous aurons l’occasion d’en manger pour le déjeuner. Je reste perplexe : du poisson, au milieu du désert ?
Nous nous retrouvons très vite dans le désert. Kyzyl Kum signifie « sable rouge ». Je le trouve plutôt orangé. Et le sable est parsemé de touffes d’herbe plus ou moins hautes. La route qui le traverse est d’aspect variable : tantôt bitumée, tantôt non, avec des dos d’ânes et autres renfoncements qui rendent la conduite à nouveau assez sportive.
Nous sommes régulièrement arrêtés pour des contrôles de police qui jalonnent la route à intervalles réguliers, mais cela prend rarement plus de quelques secondes. Quand un policier souhaite en savoir un peu plus sur nous, Islam sort un papier qui semble faire autorité et précise que nous sommes « françaises », ce qui coupe court à toute autre question.
Un peu après dix heures et demie, nous faisons un nouvel arrêt sur le bord de la route : une petite gargote rompt la monotonie du Kyzyl Kum. C’est là qu’Islam nous rappelle sa promesse du matin, à savoir nous proposer du poisson à déjeuner. Il m’emmène à l’intérieur, jusque dans la cuisine, passablement rustique, où la maîtresse des lieux exhibe fièrement un gros morceau de poisson, déjà tranché. Je m’interroge sur les conditions de conservation de la bête, sans réfrigérateur, et au beau milieu du désert. Sophie, quant à elle, panique rien qu’à l’idée de manger ça alors qu’il n’est même pas onze heures. Je tente d’expliquer à Islam qu’il est trop tôt et je vois qu’il est vexé. Les patrons sont visiblement des amis à lui. Mais il n’insiste pas. Nous voyons à ce moment-là arriver à vélo le mari de la cuisinière, qui rentre justement de la pêche, avec deux ou trois énormes poissons dans un panier. Je ne sais vraiment pas où il a pu les pêcher, mais je comprends enfin en le voyant comme il fait pour conserver au frais des poissons au milieu du désert. Il jette dès son arrivée ses prises, encore vivantes, dans un bassin d’eau que je n’avais pas encore remarqué. Bon, d’accord, le poisson doit être frais. J’ai eu des soupçons injustifiés.
Pendant l’heure qui suit, Islam ne décochera pas un mot. Il nous en veut de ne pas avoir pris le repas à l’endroit qu’il nous conseillait. Je culpabilise un peu. D’autant que l’heure avançant, je commence à ressentir la faim et que je ne dirais pas non à un bon morceau de poisson. En outre, j’en viens à me demander ce qu’on va trouver comme autres lieux de restauration sur la route. Finalement, notre taxi s’arrête sur ce qui ressemble à une aire extrêmement fréquentée, à savoir à nouveau une petite gargote au milieu de nulle part, mais qui, l’heure aidant, concentre tous les voyageurs partis à peu près en même temps de Khiva en direction de Boukhara. Au menu, chachliks, pain, thé. Les chachliks s’avèrent délicieuses : ces brochettes de viande sont pour une fois faites de vrais morceaux et non de boulettes de viande hachée et, à voir les vaches qui traînent sous les trois arbres du lieu, la viande doit être aussi fraîche que le poisson du matin. Nous proposons à Islam de prendre le repas ensemble et je vois qu’il apprécie le geste. Il se déride enfin : l’épisode du poisson est oublié.
Il y a une vingtaine de touristes qui font une pause. A une table près de nous, deux Suisses allemands ont commandé un thé. Juste un thé qu’ils accompagnent de leur propre paquet de biscuits en provenance directe d’Europe. Nous sommes assez choquées : même s’ils ont peu confiance dans la cuisine locale, je trouve qu’ils pourraient au moins manger le pain – par ailleurs délicieux – au lieu de snober ostensiblement ce qui est préparé sur place. Leur guide et leur chauffeur se sont installés à l’écart et le guide me fait quelques signes : nous nous sommes rencontrés la veille et il m’avait parlé de son agacement pour les deux touristes dont il s’occupait, assez désagréables et déplaisants. Je le comprends mieux maintenant.
Un petit groupe d’espagnols s’est par ailleurs installé près de nous : ils voyagent certes en bus, mais il semble que ce soit un voyage en groupe avec de nombreux programmes libres. Nous les reverrons à plusieurs reprises à Boukhara, puis à Samarcande. En attendant, on échange quelques banalités. Je commence à m’emmêler un peu entre toutes les langues : je ne dispose pas d’un commutateur me permettant de passer de l’une à l’autre et au bout d’un moment, je réponds en allemand aux Espagnols, en russe au guide des Suisses et en espagnol à Islam. J’aime beaucoup les langues étrangères, je le répète, mais visiblement, je n’ai pas de prédisposition à être une tour de Babel sur pattes.
Pendant toute l’après-midi, Islam – qui nous a définitivement pardonnées – nous pose des questions sur nos vies et nous en apprenons nous aussi un peu plus sur lui. A un moment, il me demande si je suis mariée. Sur les conseils de plusieurs personnes, je suis partie en Ouzbékistan avec une alliance afin de couper court aux questions sur mon célibat à cet âge canonique de trente deux ans. Mais je me retrouve prise à mon propre piège puisque notre chauffeur est très curieux d’en savoir plus sur mon mari : son âge, sa profession. Je me retourne vers Sophie, à l’arrière, pour voir si elle pourrait me venir à l’aide, mais peine perdue, elle dort. Je reste finalement assez évasive, n’ayant pas envie de raconter un roman à quelqu’un qui m’est sympathique.
Islam se souvient que nous aimons les panneaux : il ralentit souvent pour nous permettre de prendre les photos et, alors que je viens de rater le cliché d’un panneau avec une drôle de bestiole dessus, il fait carrément demi-tour. Il me semble que le dessin représente une vache, mais le mot russe qu’il utilise est sans équivoque : ceci est un mouton. Effectivement, quelques kilomètres plus loin, nous croisons plusieurs troupeaux de caprins.
Nous arrivons à Boukhara vers seize heures. Pour nous déposer dans le B&B que nous avons réservé, Islam doit contourner plusieurs déviations. Nous sommes le 1er septembre, c’est la fête nationale et toute la ville est en effervescence. La propriétaire du B&B nous propose à tous les trois de prendre un thé dans la cour, à l’ombre d’un arbre. Après ces huit heures de voiture dans le désert, le moment est agréable, le thé savoureux.
Boukhara
Alors que, dans les autres villes, nous nous sommes installées dans des hôtels de catégories diverses, nous avons privilégié un B&B à Boukhara, ville réputée en la matière. Nous ne sommes pas déçues de notre choix : l’Emir B&B, situé en plein centre du vieux quartier juif, nous a réservé une chambre gigantesque, meublée avec goût, les sols couverts de tapis multicolores. Le lieu est à la fois traditionnel et confortable. Dans un coin, un poste de télévision détone un peu, mais comme je suis une accro à l’info et que cette tv est reliée à une antenne satellite, je goûte sans réserve aux chaînes d’information en continu du monde entier, dont la France. Ah, tiens, Rachida Dati est enceinte ?
On commence, comme toujours, par une promenade sans but précis dans les rues de la ville. Nous nous dirigeons peu à peu vers le parc Ismaïl Samani où, en ce jour férié, toute la ville s’est donné rendez-vous. Les enfants se jettent sur les friandises que les parents ne songent pas à leur refuser ce jour-là : glaces, barbapapa, sodas, etc. Nous profitons de la proximité du mausolée d’Ismaïl Samani pour visiter le bâtiment. Petit, il ne manque pas d’intérêt, de par une architecture particulièrement originale : les briques qui le composent sont placées de telle manière que l’aspect change constamment avec la lumière du jour.
Dès le lendemain, nous nous attaquons ensuite à la citadelle de l’Ark. C’est l’ancienne enceinte de la ville dont il ne subsiste, à vrai dire, que peu de choses : des murailles impressionnantes, quelques salles transformées en musée… A cette occasion, un couple de Français nous aborde : ils ont rencontré un guide francophone qui leur a proposé une visite des alentours de Boukhara et ils souhaiteraient en partager le coût avec nous. Il s’avère que le parcours prévu correspond tout à fait au programme que nous avions envisagé en taxi. La proposition des deux Français tombe à point : pour un prix raisonnable, nous aurons en plus les explications.
Quelques mètres plus loin, c’est un Ouzbek qui nous aborde pour nous proposer l’accès aux murailles. Nous avions justement repéré que la vue sur la ville depuis celles-ci devait être particulièrement intéressante. Après avoir négocié un prix qui satisfait tout le monde, le type disparaît quelques minutes pour réapparaître avec un trousseau de clés. Il nous fait passer sous un bandeau « chantier interdit au public » et nous ouvre une porte qui mène au toit de l’Ark, non sans préciser au dernier moment « n’approchez pas trop du bord ! ». Nous comprenons immédiatement le sens de cet avertissement et de l’interdiction de la zone. Le toit pourrait avoir été bombardé qu’il n’en aurait pas pire aspect. Nous nous frayons un chemin à travers les gravas et les trous béants jusqu’aux murailles elles-mêmes. Effectivement, mieux vaut ne pas s’approcher du bord : non seulement il n’y a aucune protection, mais, en plus, des pans entiers de murs semblent ne tenir à la forteresse que par quelque miracle. Le tout paraît extrêmement fragile. Cela dit, la vue vaut largement le déplacement et les quelques soums que nous avons payés. Nous dominons toute la ville de Boukhara et le panorama est splendide.
Pour le déjeuner, nous choisissons de retourner dans une chaïkhana de Lyab-i-Haouz, au bord d’un bassin : l’endroit est assez frais du fait de cette proximité de l’eau, il est aussi extrêmement vivant, fréquenté par les familles de la ville et, de surcroît, nous y avons découvert hier d’excellentes laghmans. Il semble cependant que le hasard ait bien fait les choses : plusieurs personnes nous diront avoir très mal mangé dans les autres restaurants autour du bassin. Déçues par d’autres lieux de restauration, nous reviendrons à plusieurs reprises ici, suscitant un accueil particulièrement sympathique des serveurs, amusés que nous commandions systématiquement le même plat.
Nous profitons de cette situation centrale pour faire un saut, après le repas, à la mosquée Lyab-i-Haouz : la façade avec ces deux oiseaux multicolore est magnifique. C’est la première fois aussi que je vois de l’art islamique figuratif (une hérésie !) et je suis complètement séduite par le résultat. Et ce soleil au visage visiblement centrasiatique… L’intérieur du bâtiment est plus convenu, mais la porte d’entrée vaut à elle seule le déplacement.
Nous allons ensuite à la mosquée Khalon : un jeune type à l’entrée, très désagréable, nous annonce le prix, complètement indécent au regard des tarifs pratiqués ailleurs. Je lui fais remarquer qu’un groupe de jeunes touristes ouzbeks vient de rentrer sans même sortir le moindre soum. Il me rétorque que ceux-ci sont visiblement musulmans et que le lieu leur est ouvert à ce titre. Et qu’en sait-il, lui, que je ne suis pas musulmane après tout ? Je sais que les étrangers payent plus cher que les Ouzbeks, mais là, nous sentons l’arnaque et ressortons sur la place. On en profite pour jeter un œil à la madrasa qui fait face. Malheureusement, comme celle-ci est encore en activité, nous devons nous contenter d’un bref aperçu dans l’entrée. On s’aperçoit alors que deux touristes japonais sont en train de rentrer dans la mosquée. Lorsque nous les rejoignons, ils viennent d’acheter leurs billets. Je leur demande en anglais le prix qu’ils ont payé et je fais remarquer au type de l’entrée que c’est à peu près la moitié de ce qu’il m’avait demandé : il se justifie tant bien que mal en prétendant avoir cru que nous voulions un ticket global pour le minaret, la mosquée, le droit à prendre des photos et des vidéos. Nous obtenons donc enfin un ticket à un prix raisonnable.
Nous découvrons aussi, en fin de journée, le Tchor Minor pour lequel j’ai immédiatement le coup de foudre. Le bâtiment consiste en fait en l’ancien corps de garde d’un ensemble islamique qui, lui, a complètement disparu. Mais il reste ce petit cube et ses quatre tours (je remarque qu’elles sont toutes différentes) surmontées de bulbes turquoise. Le Tchor Minor se trouve au beau milieu de petites ruelles. Un vrai labyrinthe. Mais chaque fois que vous hésitez sur la direction à prendre à un croisement, il se trouve un habitant du quartier pour vous indiquer la bonne direction, sans que vous ayez à poser la moindre question. Il est vrai qu’à part le Tchor Minor, le quartier n’est pas un haut lieu du tourisme local.
2ème jour à Bukhara
Le lendemain, direction les mosquées jumelles. L’endroit est peu fréquenté par les touristes. Une petite table devant l’entrée permet à deux joueurs d’échecs de s’adonner à leur passe-temps sous les yeux de quelques curieux. Lorsque nous approchons, l’un d’entre eux nous propose de visiter la mosquée. Celle-ci est en très mauvais état, mais la visite se révèle particulièrement agréable. Le gardien qui nous a interpellées nous fait une visite guidée des lieux : il parle certes en russe et je suis loin de comprendre tout le vocabulaire, mais il est tellement patient et expressif que nous saisissons une bonne partie de ses explications. Il nous fait découvrir les moindres recoins de la mosquée avec une gentillesse exceptionnelle. On le sent passionné et heureux de nous conter l’histoire de la ville et du bâtiment. Nous finissons sur le toit, comme d’habitude, pour prendre quelques clichés de la ville. J’ai l’impression que notre guide apprécie autant que nous cette visite si j’en crois les nombreuses tapes de sympathie qu’il nous administre. Plusieurs fois, nous aurons l’occasion de repasser non loin de la mosquée et il nous fera des grands signes amicaux.
Sur les conseils du Lonely Planet autant que de notre guide du moment, nous poussons notre balade un peu loin jusque la petite mosquée Baland, dont on a lu qu’elle était richement décorée. Le quartier par lequel nous passons est résidentiel et plutôt aisé. Comme peu de touristes passent par ici, nous faisons réellement sensation tant auprès des enfants qui nous gratifient de « hello » que des parents qui nous saluent en souriant. Alors que nous jetons un œil à l’intérieur, quelques gamins du quartier nous rejoignent. Ils nous laissent terminer la visite, non sans dissimuler leur impatience et nous interpellent dès notre sortie pour une photo avec nous. Pourquoi pas ? S’en suit une série de clichés, d’autant que plusieurs autres se joignent au groupe. Certains font un peu les clowns, d’autres, un peu plus âgés, sont soucieux de communiquer avec les deux visiteuses exotiques que nous sommes. Nous n’avons pas envie de repartir tout de suite et nous nous asseyons sur une marche.
La communication avec les enfants s’avère néanmoins un peu compliqué. Contrairement à leurs aînés, ils ne parlent pas russe et je connais à peine trois mots d’ouzbek. J’ai soudain une idée : j’avais constaté avant de partir que les nombres en ouzbek ressemblaient beaucoup aux nombres en turc. Or, c’est à peu près tout ce que je connais en turc, mais je sais effectivement compter. Je commence donc à compter en turc avec les enfants et je leur demande de me corriger en me signalant les différences turc/ouzbek. Ils sont ravis de jouer au professeur avec moi et nous nous occupons ainsi un certain temps. Je constate qu’effectivement, à l’oral, les différences sont moindres. L’un des petits continue à amuser la galerie avec quelques pitreries, non sans s’attirer les foudres de sa mère, qui le surveille d’un peu plus loin. Il est vrai que nous sommes bon public et que nous rions beaucoup de ses bêtises, ce qui ne l’incite pas spécialement à se calmer. Enfin, un autre gamin qui s’était absenté après la séance photo revient : il apporte de chez lui quelques carrés de chocolat qu’il nous offre fièrement. Ce chocolat n’est pas des meilleurs, mais nous l’apprécions réellement, à la hauteur du cadeau que nous fait le gamin. Un cadeau d’enfant, mais un vrai cadeau car je doute que tous les boukhariotes s’empiffrent de chocolat…
Lorsque nous repartons, nous avons le sentiment, à nouveau, d’avoir vécu une rencontre sincère et enrichissante. En retraversant le quartier, tout le monde nous salue à nouveau. Quelques adultes discutent cinéma au passage : « Alain Delon, Catherine Deneuve, Jean Reno… Mimie Mathy ». Avons-nous bien entendu ? Je m’arrête et je demande confirmation. Oui, oui, me dit-on, « Mimie Mathy » en plaçant la main comme une toise, assez bas pour qu’il n’y ait pas de doute sur la personne. J’imagine que la télévision ouzbek diffuse la série Joséphine… Ah, mondialisation, quand tu nous tiens !
Pour terminer la soirée, nous décidons de manger ce soir dans un restaurant repéré depuis la veille : il est vrai que tout est fait pour qu’aucun touriste ne le rate. Une grande banderole signale en effet que c’est le « best view point ». Je me doute bien qu’il s’agit d’un traquenard à touristes, mais comme la terrasse du restaurant surplombe la mosquée Khalon et que j’ai bien envie de faire une série de photos nocturnes des bâtiments illuminés, nous nous laissons tenter.
En arrivant sur la terrasse, la première impression se confirme puisque nous retrouvons sur place un groupe de Suisses croisés plusieurs fois depuis Khiva, un Américain qui loge comme nous à l’Emir B&B et une Espagnole du groupe rencontré au milieu du désert. Comme l’endroit est typique ! Le repas que nous attendons (très) longtemps se révèle l’un des plus infâmes que nous ayons mangé depuis que nous sommes arrivées. Et ce n’est pas peu dire. Cela dit, la vue est imprenable sur la mosquée Khalon illuminée.
Environs de Boukhara
Le lendemain, nous rejoignons le couple de Français rencontrés à la citadelle de l’Ark pour un tour des environs de Boukhara avec un guide francophone. Celui-ci, bien que probablement peu enthousiaste à l’idée d’emmener quatre personnes au lieu de deux pour le même prix, fait néanmoins bonne figure. Nous nous entassons tant bien que mal dans sa petite Daewoo et en route pour le site de Bakhaoutdin Naqshbandi, le palais d'été de l'Emir et la nécropole de Tchor Bakr, soit les trois curiosités des environs de Boukhara.
Bakhaoutdin Naqshbandi est l’un des personnages les plus vénérés du soufisme. Le site qui lui est dédié est donc le point de convergence de nombre de pèlerins. Si j’ai bien compris, le soufisme n’est pas précisément encouragé en Ouzbékistan de par son caractère fondamentaliste, mais le lieu accueille de nombreux visiteurs des pays voisins autant que des locaux. J’ai lu depuis que le courant naqshbandi peut être anti-occidental, mais c’est quelque chose que nous ne ressentons sur place à aucun moment. Bien au contraire, alors que j’hésite un peu à prendre des photos – après tout, nous sommes dans un lieu de pèlerinage -, plusieurs personnes, hommes et femmes m’y encouragent. Certains prennent même la pose pour moi.
Le palais d’été de l’émir reste quant à lui assez énigmatique : mélange éclectique de styles asiatiques et européens, il accueille aussi aujourd'hui quelques commerces, ce qui ajoute encore au sentiment de confusion et de désordre général. On le comprendra, je n’ai pas été conquise. En revanche, la nécropole de Tchor Bakr se révèle réellement magnifique, avec ce côté paisible des lieux de recueillement. Nous passons d’une allée à l’autre, en profitant de l’ambiance et de l’architecture.
Une bonne idée, donc, que cette petite excursion dans les environs de Boukhara. Le guide est compétent et intéressant et nous sympathisons rapidement avec Ivan et Laurence, le couple de Français qui nous a proposé de partager la voiture. A notre retour en ville, il est grand temps de déjeuner et nous décidons de prendre notre repas tous ensemble dans un petit boui-boui qui fait face à la citadelle de l’Ark. Nous nous séparons ensuite pour reprendre chacun nos dernières visites dans Boukhara.
Nous nous rendons dans l’un des derniers lieux que nous n’ayons pas encore visité à Boukhara, à savoir la mosquée Ulug Beg et la medersa qui lui fait face. En comparaison avec les autres ensembles islamiques que nous avons pu voir les jours précédents, celui-ci est assez modeste. Néanmoins, nous trouvons un certain intérêt aux marchands du lieu : les petits commerces qui occupent les anciennes cellules proposent des articles qui changent un peu des traditionnelles échoppes à touristes. Tout ça ressemble en effet à une petite brocante, un marché aux puces regorgeant de souvenirs de l’ex-URSS. Ailleurs, les copies sont nombreuses, mais ici, la plupart des objets sont authentiques. Bien que je ne cherche pas nécessairement à faire des achats de ce type, la balade au milieu de ce grand bric-à-brac est intéressante : casquettes de l’armée rouge, montres à gousset, portraits ou bustes de Lénine... Finalement, alors que je recherchais depuis un moment quelques pièces de monnaie ouzbeks – aujourd’hui, seuls les billets sont en circulation -, je trouve une série complète, en bon état, et que j’arrive à négocier pour un prix très acceptable. Ailleurs, les vendeurs de pièces de monnaie sont rares et ils font grimper les prix : ici, presque tous en vendent et le prix descend en fonction de la concurrence.
Nous décidons ensuite de nous poser une petite heure dans un salon de thé recommandé par le Lonely Planet : c’est un lieu à touristes, mais il faut reconnaître que le patron, qui a vécu à l’étranger, a réussi à créer un endroit très agréable. On y a la possibilité de goûter plusieurs types de thés et de cafés, le tout accompagné de fruits secs et autres sucreries locales. Je me régale avec les thés que nous avons choisis : d’habitude, je préfère le thé noir au thé vert, mais ceux-ci s’accordent particulièrement à mon goût. Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de m’acheter un sachet d’un savoureux thé vert aux épices qui agrémentera efficacement mes soirées en France, avec les quelques loukoums que j’ai prévu d’acheter à Istanbul.
Alors que nous terminons par une dernière visite au Tchor Minor, dans la lumière de fin de journée, nous tombons sur une dizaine de femmes installées au bord de la route avec, près d’elles, de vieux landaus. Je ne comprends pas immédiatement ce qu’elles font là jusqu’à ce qu’une voiture s’approche : elles se jettent aussitôt sur le conducteur… avec des pains qu’elles sortent justement des landaus. Nous constaterons par la suite que la plupart des marchandes de pains utilisent ce moyen de transport pour leur marchandise. Dès que le client approche, elles entrent dans une concurrence féroce pour remporter la vente.
Samarcande
La route qui nous mène de Boukhara à Samarcande ne présente pas un grand intérêt. Elle est cependant l’occasion de découvrir les premières récoltes de coton.
Notre nouveau chauffeur, contrairement aux précédents, parle parfaitement anglais. De fait, la conversation peut aller au-delà des simples échanges que je suis capable de mener en russe. Il m’interroge notamment sur les institutions de l'Union Européenne et j’avoue qu’il m’impressionne, tant il en connaît bien les mécanismes et le fonctionnement. Au bout d’un moment, il m’explique qu’il a vécu trois ans à Londres et je comprends alors à la fois le pourquoi de son anglais si oxfordien et les raisons de sa maîtrise des institutions européennes.
Il nous amuse aussi beaucoup avec la musique qu’il passe dans la voiture, mélange de rock russe et de pop anglo-saxonne. Dès que commence une chanson qu’il adore, il augmente le volume sonore de façon à profiter pleinement de la musique. A plusieurs reprises, il réveille ainsi Sophie qui s’assoupit avec le ronron de la voiture.
Une fois arrivés à Samarcande, il nous dépose à l’hôtel de notre choix (nous nous sommes lâchées, il est vraiment superbe). Nous sommes un peu à l’écart du centre, mais dans un quartier plutôt cossu. Comme il est l’heure de déjeuner, nous prenons tout juste le temps de poser nos bagages avant d’héler un taxi pour le Registan : nous comptons bien expédier le repas pour profiter dès aujourd’hui d’un des points forts du voyage.
Volontairement, alors que le taxi nous dépose tout juste devant, nous ne jetons qu’un œil distrait aux bâtiments : nous voulons garder l’effet tout entier pour le début d’après-midi. Nous mangeons donc dans un petit boui-boui juste en face, recommandé par différents guides, fréquenté visiblement par de nombreux groupes et dont les plats s’avèrent plutôt insipides, la vaisselle crasseuse et le service épouvantable. Mais c’est l’occasion de sympathiser avec les gens de la table voisine : il s’agit d’un père et de sa fille. Elle, la vingtaine, parle un peu anglais, mais c’est surtout avec lui que nous échangeons en russe, sur le restaurant (grrrrh…) et sur la ville. Nous faisons ensuite quelques pas ensemble jusqu’au Registan où, enfin, je me décide à regarder ce que j’ai en face de moi.
Je ne regrette pas d’avoir ménagé ce petit effet de surprise : l’impression, je crois, en est décuplée. Je suis soufflée devant tant de beauté. L’homme qui nous a accompagnées comprend que c’est la première fois que nous voyons le Registan. Il sourit et ne peut pas cacher sa fierté. Il a raison. Toutes les photos du Registan ne rendront jamais compte de l’effet qu’il produit en direct.
Nous consacrons toute l’après-midi à la visite des trois bâtiments. Sur la gauche, nous commençons par la madrasa Ulug Beg, nous poursuivons avec la madrasa Tilla Kari qui fait face à la place et nous terminons par la madrasa Chir Dor, aux lions, sur la droite. Toutes les trois ont leurs particularités : Ulug Beg et son fabuleux décor d’étoiles (n’oublions pas que le souverain était un astronome émérite), Tilla Kari et son intérieur grandiose, bleu et or, Chir Dor et ses lions poursuivant des biches (encore une représentation figurative inhabituelle pour l’Islam). Nous restons un peu dans chaque cour intérieure pour nous imprégner des lieux. J’ai beau savoir que la plupart des bâtiments ont fait l’objet de restaurations parfois contestées, je ne peux m’empêcher de trouver le Registan magnifique. Les touristes sont peu nombreux. Des commerçants occupent les cellules des anciens étudiants, mais ils sont peu insistants, discutent ou boivent un verre, et il règne là, finalement, une ambiance paisible tout à fait en accord avec les lieux.
Nous ne nous attardons pas dans les échoppes. Nous y reviendrons un autre jour. Pour l’instant, j’ai une furieuse envie de monter en haut d’un des minarets de la madrasa d’Ulug Beg. La visite n’est pas prévue officiellement, mais les policiers qui gardent le lieu proposent aux touristes d’y accéder pour quelques billets. Comme je ne veux pas qu’on me propose un prix déraisonnable, j’attends nonchalamment qu’un uniforme m’aborde dans ce sens.
C’est à ce moment que nous tombons sur le couple de français avec qui nous avions visité les environs de Boukhara. Ils ont rejoint Samarcande en train et comme nous, leur première visite est consacrée au Registan. Nous nous fixons rendez-vous pour dîner ensemble ce soir.
Alors qu’ils viennent de repartir, enfin, un policier s’approche pour nous proposer l’ascension du minaret. C’est en français qu’il nous parle : en vrai commerçant (filou ?), il connaît cette phrase dans à peu près toutes les langues parlées par les touristes de passage à Samarcande. Nous négocions difficilement à 3000 soums par personne : c’est un peu cher en comparaison des autres minarets que nous avons visités, mais nous sommes à Samarcande et au Registan… Il ne nous accompagne pas lui-même. Visiblement, il fait office de rabatteur et c’est un autre policier, à ses ordres, qui nous ouvre les portes du bâtiment. Nous le suivons donc à travers la madrasa où il nous guide jusqu’à un premier escalier en partie éboulé en nous faisant comprendre que plus haut se trouve le minaret. Pour la énième fois en Ouzbékistan, je peste contre ma manie de vouloir escalader les tours, les minarets et autres lieux en hauteur. Des marches, encore des marches… Mais je me dis que la vue récompensera tous mes efforts.
Nous arrivons enfin au sommet et là, je déchante. Il me semblait bien que, contrairement aux autres minarets que nous avions déjà vus, celui-ci ne comportait pas de plateforme et d’ouverture au sommet… Ici, la vue se mérite par une ouverture pratiquée de façon peu conventionnelle à travers le toit en tôle du minaret. Pour voir quelque chose, il faut sortir le corps par ce trou, sans dispositif de sécurité. Le danger n’est certes pas bien grand, mais mon vertige n’apprécie que moyennement la configuration des lieux : je prends une photo de Chir Dor vite fait avant de me réfugier à l’intérieur : tout ça pour ça ! Sophie, qui n’est pas sujette au vertige, profite davantage : elle prend de nombreuses photos en s’extirpant sans crainte à l’extérieur du minaret. J’en serai quitte pour regarder les photos.
Comme nous avons fixé rendez-vous aux Français près de la statue d’Amir Timour – c’est près de leur hôtel et sur la route du nôtre -, nous profitons de notre avance pour visiter le Gour Emir, tout proche, lieu où sont enterrés justement Amir Timour et Ulug Beg son petit-fils. L’extérieur est en travaux, mais l’intérieur vaut le déplacement. Encore une coupole finement décorée.
Nous rejoignons ensuite la statue de Timour. En regardant autour de nous, nous commençons à nous dire que le lieu de rendez-vous n’est pas le plus approprié pour trouver un restaurant ou même une petite gargote. Pas même une échoppe ou quoi que ce soit d’approchant dans le coin. Certes, il y a bien l’hôtel Président, le plus prestigieux de la ville, mais je doute que son restaurant soit ce que nous cherchons… Les deux autres nous rejoignent : chacun avec son Lonely Planet à la main, nous tentons de nous diriger vers un quelconque lieu de restauration. Il est vrai que nous sommes fraîchement arrivés et que personne ne sait vraiment dans quel coin se diriger. Même le marché est en train de fermer et nous déambulons ainsi un certain temps. Finalement, après une longue marche, alors que nous arrivons très près de notre propre hôtel, nous tombons sur un restaurant recommandé à la fois par le LP et par notre chauffeur de matin. Il serait l’un des meilleurs de la ville. Ce sera parfait.
Le « Platan » s’avère effectivement très bien : on y trouve une vraie carte et, si tout n’est pas disponible, le choix est large et varié. Le service est professionnel, parfois trop obséquieux, mais il semble que le lieu soit fréquenté par les plus privilégiés de Samarcande. Tous les quatre, nous nous régalons réellement : quel bonheur de manger autre chose que les habituels chachliks et autres plov… Nous passons ainsi une excellente soirée. Le retour à notre hôtel, qui se trouve deux rues plus loin, se fait dans le noir le plus complet : pas un éclairage public, pas une fenêtre éclairée. Et dire que j’ai une lampe de poche dans mon sac à l’hôtel…
2ème jour à Samarcande
Pour notre deuxième jour à Samarcande, nous attaquons la visite de l’ensemble dédié à Bibi Khanoun. Bibi Khanoun était l’épouse chinoise d’Amir Timour. Alors que le bâtiment était en construction, celle-ci se serait amourachée de l’architecte. Qu’elle ait trompé ou non Timour n’est pas certain, mais comme c’est ce qu’il a cru, tout cela s’est terminé par la mort de Bibi Khanoun. Aujourd’hui, il paraît que les travaux de restauration ont, comme au Registan, considérablement endommagé les lieux, mais mon manque de connaissances en la matière me permet d’apprécier pleinement la visite. Je trouve notamment les coupoles extraordinaires. Les intérieurs sont en travaux et si j’en juge de l’état actuel, il y a encore du boulot. Mais cela ne nous empêche pas d’apprécier là, justement, un peu d’authenticité.
Sophie tenait absolument à voir le fameux lutrin à neuf pieds trônant au milieu de la cour. Quant à moi, avant d’arriver, je me demandais tout simplement ce qu’était un lutrin… Celui-ci, aux proportions gigantesques et qui aurait accueilli le Coran d’Osman, aurait le pouvoir de garantir la fertilité aux femmes qui rampent entre ses pieds. Personnellement, nous ne tentons pas l’expérience, mais nous le considérons néanmoins avec curiosité.
En sortant, nous nous dirigeons vers le bazar. Déception au premier abord : celui-ci est en travaux. Mais les vendeurs ont, du coup, migré dans les rues voisines, dans une ambiance plus chaotique qui ne nous déplaît pas. Nous passons devant les étals de pâtisseries – nous sommes en plein ramadan – de fruits secs, de fruits et légumes. Tout cela est appétissant et nous décidons de faire notre repas sur place : un pain, un chausson à la viande, des pommes… et nous voilà repues.
Cela dit, je me sens un peu patraque et je ne tarde pas à avoir envie de me poser plus confortablement, sur une chaise, avec des toilettes à proximité, si possible. Il y a peu de restaurants ou de chaïkhanas dans le coin et nous trouvons finalement une sorte de café bondé qui devrait faire l’affaire.
Toutes les tables sont occupées, mais deux dames nous proposent de partager la leur. On commande aussitôt un thé et un coca. La serveuse est extrêmement désagréable. Visiblement, elle est contrariée par notre présence. Elle revient au bout de cinq minutes pour nous annoncer qu’elle n’a pas de coca. Qu’à cela ne tienne, nous prendrons toutes les deux du thé. Mais là-dessus, un homme à la table voisine intervient : il semble s’en prendre à la serveuse et le mot « cola » revient à plusieurs reprises. Quasiment tout le monde a levé le nez et suit la discussion. Il semble en fait que le café ait effectivement du coca et que la serveuse ait tout simplement refusé de nous en servir, ce qui ne choque pas que nous. Quel accueil ! En plus, lorsque je me renseigne, on me précise qu’il n’y a pas de toilettes. Je ne sais pas si c’est vrai, mais je dois me contenter de cette réponse.
L’une des dames à notre table engage la conversation : ce sont en fait, comme nous, des touristes, qui viennent du Kazakhstan. La plus jeune des deux, qui semble avoir la quarantaine, vient pour la troisième fois à Samarcande. Mais c’est la première fois qu’elle y emmène sa mère, visiblement assez âgée. Elle nous explique qu’ici, tout est cher pour les Kazakhs, notamment la nourriture, Elles ont acheté des provisions au marché, qu’elles mangent ici en commandant seulement un thé. Elles ont aussi une importante provision de sucreries apportées du Kazakhstan : elles nous offrent d’ailleurs des bonbons et s’assurent que nous en avons suffisamment pour en manger un peu plus tard. On discute aussi des différences de modes de vie entre Ouzbékistan et Kazakhstan : elle nous montre nos cheveux courts, comme les siens et nous explique que, si c’est courant dans son pays, c’est très rare en Ouzbékistan. Même au niveau du look général, elle passerait inaperçue en Europe. Sa mère est habillée et coiffée de façon plus traditionnelle. Une question de génération, probablement.
Nous ne terminons pas notre thé : il a un goût affreux et compte tenu de l’accueil très hostile, nous nous demandons ce qu’il peut bien contenir… Je ne me sens toujours pas mieux. Un peu plus loin, nous tombons sur un café, très clean, tenu par un jeune russe, avec une clientèle visiblement assez familiale. Enfin, un endroit accueillant et surtout, des toilettes ! Je peux enfin me retaper un peu, d’autant que le thé, ici, est excellent et me fait un bien fou.
Je n’en reste pas moins un peu patraque et nous décidons de ne pas entamer de grande visite dont je ne profiterais pas vraiment. Comme nous n’avons pas encore fait nos achats de souvenirs, nous décidons de repartir au Registan, non loin de là, pour profiter enfin des boutiques installées dans les cellules des madrasas. Les touristes n’étant pas nombreux, nous sommes accueillis partout avec le sourire. Chacun essaie de nous vanter au mieux les mérites, qui de ses foulards en soie, qui de ses statuettes colorées… Et chacun comprend aussi que nous ne pouvons pas acheter partout : l’insistance n’est pas de mise. On jette un œil et si on ne trouve pas ce que l’on cherche, on va voir dans la boutique suivante. Nous achetons ainsi des écharpes en soie pour nos mamans respectives, des petits bols en céramiques pour les amis, quelques statuettes représentant des petits vieux… Une vendeuse nous trouve si sympathiques qu’elle nous offre des petites broches représentant des piments : il est vrai que, comme d’autres avant elle, elle semble subjuguée par mes sourcils qu’elle montre à plusieurs reprises. Dans la boutique suivante, alors que je vois dans un coin une des seules pièces de monnaie que je n’ai pas encore réussi à me procurer, le jeune vendeur refuse de fixer un prix et nous en offre à chacune un exemplaire. Dire que c’est une pièce commémorative qu’ailleurs, on nous vend plus cher que les autres... Il nous offrira aussi de petites statuettes une fois que nous aurons effectué quelques achats. Nous sommes réellement touchées par ces petits cadeaux et les quelques mots échangés en russe avec l’un comme avec l’autre montrent qu’il s’agit avant tout de nous faire plaisir.
Nous allons terminer notre journée devant le Registan où sont placés quelques bancs : la fin du jour sur les bâtiments est particulièrement belle à voir. Nous sommes rapidement abordées par deux jeunes d’une vingtaine d’années : ils sont étudiants en langues et viennent régulièrement près du Registan rencontrer les touristes pour pratiquer le français ou l’anglais. Je trouve l’idée excellente. L’un des deux nous explique qu’il part dans quinze jours à la Rochelle où il a trouvé un boulot et un logement. C’est un peu la grande aventure pour lui, qui n’a jamais quitté Samarcande, sauf pour se rendre à Taskhkent. Son niveau de français, en tous cas, est impressionnant : il maîtrise jusqu’aux expressions imagées et avec seulement une très légère pointe d’accent.
Troisième jour à Samarcande
Nous prenons dès le matin un taxi pour l’observatoire d’Ulug Beg qui se trouve en haut d’un colline : nous avons prévu de redescendre à pied vers le centre par la suite.
L’observatoire nous déçoit un peu. D’une part, nous admirons les restes du compas gigantesque, impressionnant pour la science de l’époque, tellement en avance sur son temps et sur l’occident. Mais d’autre part… il n’y a que ça à voir.
Qu’à cela ne tienne, nous prenons la route qui redescend vers le centre : un peu de marche ne nous fera pas de mal et nous avons dans l’idée de nous arrêter sur le chemin pour visiter le tombeau de Daniel. Les commentaires sur cette visite sont mitigés, mais comme nous sommes à côté et que nous avons du temps… Nous marchons un bon moment, sans rencontrer le moindre bâtiment ou site qui pourrait être ce que nous cherchons. Or, selon le Lonely Planet, nous étions maximum à un kilomètre et demi. Nous comprenons un peu tard que nous avons probablement pris la mauvaise route, non signalée sur le plan. Effectivement, il semble que cette quatre voies que nous arpentons pendant une heure est flambant neuve. Non seulement nous ne verrons pas le tombeau de Daniel (il faudrait remonter la colline !), mais en plus, nous avons marché sur une route sans charme et sous un soleil de plomb…
Celle-ci nous mène néanmoins jusque la nécropole Chah-i-Zinda. Nous entrons d’abord dans le cimetière qui jouxte les lieux. C’est assez curieux, quasiment toutes les tombes sont décorées d’un portrait du défunt, gravé dans le marbre : l’un porte son plus bel uniforme, l’autre semble regarder d’un œil bienveillant les générations futures. C’est la première fois que je vois ce type de cimetière et je m’étonne que ce soit en pays musulman. Tous ces morts représentés, je trouve ça un peu flippant. Et en même temps, la balade est fascinante, puisqu’au regard des dates, des noms et des portraits, on voyage aussi un peu dans l’histoire des républiques soviétiques…
Nos pas à travers le cimetière nous amènent finalement à l’intérieur de la nécropole. L’entrée, avec ses gardiens et vendeurs de billets, se trouve derrière nous. Je n’ai pas spécialement cherché à resquiller, mais j’avoue qu’aller payer alors que je suis déjà dedans, c’est au-dessus de mes forces.
Le lieu est de toute beauté. Il est essentiellement consacré aux sépultures des sœurs de Timour ou aux amis et fidèles que le souverain récompensait ainsi. Comme souvent, les touristes sont très peu nombreux et nous rencontrons essentiellement quelques ouzbeks en pèlerinage. Il paraît une fois encore que beaucoup de restaurations ont été effectuées en dépit du bon sens. Cette fois, bien que non spécialistes, nous voyons effectivement quelques peintures grossièrement reconstituées. Néanmoins, nous réussissons quand même à nous imprégner des lieux et de l’atmosphère pendant les deux bonnes heures que nous passons là.
Après la visite, à une heure assez avancée pour manger, nous nous retrouvons dans le même coin que la veille, où il y a peu de lieux de restauration. C’est d’ailleurs une constante à Samarcande près des lieux touristiques, ce qui, à la longue, devient assez pénible si on reste plusieurs jours. Nous tentons le café russe de la veille qui servait du plov, mais il est trop tard et celui-ci est déjà fermé. Nous finissons dans une chaïkhana à peu près potable qui sert notamment des laghmans. Ca fera tout à fait l’affaire ! Alors que nous attendons notre commande, j’observe de ma place le patron qui se livre à un étrange manège : il verse consciencieusement le contenu d’une bouteille de vodka dans une théière, théière qu’il destine à des clients assis à l’extérieur… Lorsqu’il voit que je l’observe, nous échangeons quelques sourires moqueurs : il est vrai que nous sommes en plein ramadan et que, si les Ouzbeks sont peu pratiquants, il ne fait visiblement pas bon de boire de la vodka en terrasse à cette époque de l’année…
Nous nous dirigeons ensuite vers la mosquée Khizr, la mosquée du voyageur, qui se trouve à côté de la nécropole Shah-i-Zinda. Une dame d’une cinquantaine d’années nous accueille avec un grand sourire : les touristes sont particulièrement rares ici et il semble qu’en plus, nous lui soyons sympathiques. Les billets d’entrée nous sont vendus à un prix défiant toute concurrence…
La dame nous accompagne et commence à nous donner des explications… dans un français certes hésitant, mais tout à fait correct. Elle nous explique qu’elle retourne à l’université depuis peu pour apprendre justement le français et pouvoir mieux communiquer avec les touristes. J’avoue que je suis toujours admirative des gens qui reprennent des études passé un certain âge et cette dame suscite la même admiration.
Lorsque nous redescendons du minaret – oui, encore un, pourtant, je m’étais juré… -, elle nous a préparé du thé, des raisins et quelques friandises locales. Elle-même ne boit pas, ramadan oblige, mais elle nous tient compagnie en nous présentant sa fille et son dixième petit-enfant, le seul garçon nous dit-elle… Le gamin est d’abord un peu impressionné par ces deux étrangères à l’allure bizarre, mais il s’amuse ensuite beaucoup lorsque nous faisons semblant d’être fusillées par son pistolet en plastique. Le moment est particulièrement agréable : la visite s’est révélée très intéressante et la rencontre est agréable, sincère. Lorsque nous repartons, au bout d’un long moment passé à discuter avec notre hôtesse, celle-ci nous dit de revenir quand nous le souhaitons, sans aucun billet d’entrée.
Nous finissons notre journée en repassant devant le Registan où nous savourons la vue, dans le soleil de la fin d’après-midi, en mangeant notre dernier bonbon kazakh…
Chakhrisabz
Le jour suivant, après un départ matinal, nous nous dirigeons vers Chakhrisabz. La route que nous empruntons passe par la montagne et nous apprécions ce changement de paysage après plusieurs jours de ville ou de désert. Nous faisons notamment un arrêt au niveau d’un col qui nous permet d’avoir une vue splendide sur la vallée.
Contrairement à nos habitudes, nous avons réservé à Chakhrisabz une visite de la ville avec un guide local francophone. Celui-ci se révèlera tout au long de la journée plus un boulet qu’un guide… D’abord très en retard au rendez-vous qu’il a fixé avec le chauffeur, il ne se déplace finalement pas et c’est notre taxi qui doit le rejoindre là où il est d’après quelques indications données par téléphone.
Dès la première visite, le palais Ak-Saray, nous nous rendons compte que les explications de ce guide prétendument francophone sont plus qu’approximatives : d’une part, ses commentaires sont relativement rares, voire fumeux (nous réalisons qu’il invente au fur et à mesure), et d’autre part, il ne maîtrise absolument pas le français, ce qui rend tous ses propos presqu’inintelligibles. Quand il ne trouve pas le mot français adéquat, il utilise volontiers son équivalent russe ou ouzbek. Dès qu’il tient deux ou trois mots corrects, il les répète plusieurs fois, pour être bien sûr que nous les comprenions. Ou plutôt, je pense, pour meubler ses explications sommaires. Quant aux questions que nous lui posons, il les ignore, vraisemblablement parce qu’il ne les comprend pas… Parfois, cependant, une ou deux phrases extrêmement bien construites, presque littéraires, sortent de façon surprenante : il a visiblement appris par cœur quelques textes de propagande en faveur du régime et il nous les assène ponctuellement avec fierté. Mais dès qu’il reprend ses explications plus personnelles, celles-ci redeviennent laborieuses et sans queue ni tête. Je me fatigue très vite de devoir me concentrer pour tenter de saisir l’un ou l’autre propos et je me dis que la visite promet d’être longue, très longue….
Avec Sophie, nous échangeons des regards navrés : nous avons rencontré tant d’étudiants francophones qui avaient un très bon niveau que nous nous demandons d’où sort notre prétendu guide. Lorsque nous lui demandons si cela fait longtemps qu’il exerce cette profession, il nous explique que nous sommes seulement les troisièmes touristes qu’il accueille à Chakhrisabz (tout s’explique ! Ca ne va pas durer…) et qu’il est avant tout enseignant. Enseignant ? Pas en français, quand même ? Non, bien sûr : il semble que ce soit en russe ou en ouzbek, mais là encore, les explications manquent cruellement de limpidité…
Du coup, la visite de Chakhrisabz se révèle pour nous assez quelconque : nous voyons les principaux monuments, le bazar, mais nous rongeons notre frein tant ce guide est insupportable. Nous profitons des quelques minutes qu’il nous laisse à droite et à gauche pour consulter les explications du Lonely Planet et du guide Olizane, mais cela ne nous console guère de la présence de l’insupportable guide.
En quittant un des monuments et en faisant quelques pas tous les trois, je me rends compte que la vue est superbe. J’en profite pour prendre quelques photos, puis je demande à Sophie de poser et au moment où je me dis que ce serait plutôt sympa d’avoir un cliché de nous deux sur ce site, le fameux guide, comme s’il avait lu dans mes pensées, semble-t-il, s’approche en tendant la main et fait « vous permettez ?... ». Je me dis que finalement, il n’est pas si déplaisant et que c’est gentil à lui de proposer de nous prendre en photo… sauf que là n’est pas du tout son intention. Dès que je réponds positivement à sa question, il file se placer devant l’objectif, à côté de Sophie, pour être lui-même sur la photo ! Quel mufle !
Dernier jour à Samarcande
Pour notre dernier jour à Samarcande (et avant-dernier jour en Ouzbékistan), nous commençons par changer quelques euros. Direction, donc, la Banque Nationale d’Ouzbékistan, non sans grogner un peu : quelques jours auparavant, en effet, nous sommes déjà venues et les deux employées du change ont tenté de nous escroquer de 7000 sums sur un total de 100 000 (soit 3, 50€ pour 50€). Elles ont un petit tour de passe-passe avec les billets, assez bluffant et, en tous les cas, très au point. Il faut donc être vigilant et surtout bien recompter…
Nous attendons notre tour sagement, pendant qu’un touriste allemand est lui-même en train de changer de l’argent. Nous voyons les deux employées occupées à nouveau à leur numéro d’artistes et l’Allemand qui ne se méfie pas, prêt à empocher les épaisses liasses de billets ouzbeks, sans même les recompter. Nous lui soufflons de se méfier en précisant que nous avons déjà été entourloupées au même endroit. Les employées, même si elles n’ont pas tout compris, nous ont reconnues et ont bien vu que nous avons mis l’Allemand en garde. Ne pouvant pas nous refuser le change, elles nous distribuent une série de billets de 500 sums, prétextant qu’elles n’ont plus de billets de 1000. Quand on sait que le plus gros billet ouzbek, 1000 sums, vaut juste un demi euro, on comprend que changer 50 euros en billets de 500 sums équivaut à se foutre du monde ! Et puis, c’est vrai que dans une institution comme la Banque Nationale d’Ouzbékistan, les billets de 1000 sums, ça n’est pas courant…
Bref, nous payons notre conseil à l’Allemand. Refusant les billets de 500, nous nous retrouvons finalement à l’hôtel Président, un peu plus loin dans la ville, où on nous change la somme, sans la moindre arnaque et en beaux billets de 1000 sums…
Cette dernière journée à Samarcande, nous la consacrons à la ville moderne, que nous avons jusque là négligée. Petite promenade d’abord sur le boulevard Navoï, avec une agréable surprise : une large rue piétonne, bordée d’arbres, avec des étudiants des deux sexes, de jeunes couples… C’est à la fois une atmosphère de ville très européenne, mais mâtinée néanmoins d’une ambiance toute asiatique.
Comme nous avons perdu pas mal de temps à changer nos euros, il est déjà l’heure de déjeuner et nous nous retrouvons dans une pizzeria non loin du boulevard Navoï. Ce n’est pas vraiment typique, mais ça change des chachliks… Nous passons le repas à bavarder avec un autre touriste, un Québécois qui effectue le voyage Istanbul-Pékin à vélo avec un tout un groupe. C’est pour lui une journée de pause et il récupère en mangeant pâtes et pizzas dans ce restaurant. Il nous raconte un peu son périple : son passage avorté de la Géorgie cet été alors que la Russie venait d’attaquer le pays, sa traversée du Turkmenistan escortée par la police locale… Je suis impressionnée par son itinéraire et surtout par le moyen de transport choisi. Je le suis encore plus lorsque je réalise qu’il a parcouru plusieurs zones de désert en plein mois de juillet sur ses deux roues…
Pour notre visite de la Samarcande contemporaine, je voulais aussi faire un petit tour du côté de la statue de Gagarine. Assez loin du centre, décrite par le Lonely Planet comme « l’hideuse statue soviétique », elle avait cependant retenu mon attention, notamment depuis notre visite de la station de métro de Tashkent dédiée aux cosmonautes. Après une longue marche, nous trouvons rapidement la rue Gagarine, mais point de statue. Nous serions-nous mal orientées ? Nous faisons plusieurs fois le tour de la place, nous interrogeons sans succès plusieurs passants, jusqu’à ce qu’une dame m’explique que nous sommes bien au bon endroit mais que la statue n’y est pas… A-t-elle été déboulonnée, l’a-t-on emmenée pour restauration ? Nous n’en saurons pas plus, mon niveau de russe ne m’ayant pas permis de saisir la raison de cette disparition.
Un peu déçues d’avoir effectué ce trop long trajet pour rien, nous décidons de nous rapatrier sur le Registan en marchroutka, ces minibus qui font office de taxi collectif. Pour 300 sums, vous traversez toute la ville, à condition que vous ayez compris où les arrêter et dans quelle direction ils vont.
Encore une fois au Registan, oui, car pour ces dernières heures à Samarcande, après avoir cherché Gagarine en vain, nous voulons terminer en beauté et goûter à nouveau l’atmosphère du lieu. Il ne s’agit plus de visiter, mais bien de s’installer tranquillement dans l’une ou l’autre des trois madrasas et de profiter ainsi de l’ambiance.
Alors que nous trainons dans la medersa Ulug beg, nous tombons sur Jens, l’Allemand rencontré à la banque le matin même. Dès qu’il nous voit, il file vers nous pour nous remercier : après avoir recompté, il a pu constater que les employées avaient tenté de lui subtiliser 10 000 sums (5€) sur le change de 50 dollars. Un sacré prélèvement, pire encore que le nôtre !
Il nous explique qu’il effectue lui aussi un périple à vélo, cette fois de la Chine jusqu’en Iran. Contrairement au Québécois rencontré le midi, il est seul sur la route, avec tous ses bagages sur le vélo. Nous sympathisons rapidement d’autant que Jens, qui voyage seul, n’est pas mécontent de bavarder un peu. Nous passons finalement la soirée avec lui : lorsqu’il nous confie qu’il mange à peu près la même chose tous les jours depuis la Chine (chachliks, plov, chachliks, plov…), nous l’emmenons dans le restaurant Platan, découvert le premier jour. C’est un vrai plaisir de le voir se jeter sur les plats avec un tel appétit. Cela dit, en ce qui me concerne, même si je n’ai pas avalé autant de kilomètres à vélo que lui, je ne laisse pas spécialement ma part non plus.
Retour à Tashkent
Le trajet pour Tashkent est un peu tristounet : champs de coton et usines bordent la route. Nous avons une pensée pour Jens qui a fait ce trajet, dans le sens inverse, sur son vélo… Nous savons aussi que c’est notre dernière journée en Ouzbékistan.
Retour à l’Hotel Uzbekistan. Plus qu’à l’arrivée, nous remarquons tout ce qui, dans cet hôtel, rappelle l’URSS. Le bâtiment, bien sûr, et son architecture tellement imposante et soviétique. Peut-être avons-nous la dent plus dure en fin de voyage, mais nous remarquons aussi cette fois les quatre ascenseurs rutilants dont un seul fonctionne (pour 17 étages…), les nombreux luminaires à la faible lueur jaunâtre, le mini-bar vide de tout contenu (et de toutes façons, pas branché) et la télévision, d’époque semble-t-il. En revanche, les tables et les chaises de la salle du petit-déjeuner sont couvertes de tissus et de froufrous scintillants. Même si le confort de l’hôtel reste très agréable, il est néanmoins assez curieux de constater le décalage entre l’image de luxe que veut donner l’Uzbekistan et la réalité, rappelant davantage Moscou sous l’ère soviétique qu’un grand hôtel occidental… Tout semble aussi plus lent et on a vaguement l’impression que le temps, ici, s’est arrêté.
Nous voulons profiter de notre dernière après-midi à Tashkent et nous nous laissons d’abord tenter par une sortie shopping : après tout, nous sommes dans une capitale, certains centres commerciaux n’ont rien à envier à ceux d’Europe occidentale et on se dit qu’on peut peut-être faire de bonnes affaires. La tentative de shopping est vite avortée : la plupart des articles que nous trouvons sont un peu en décalage, question mode, avec les standards européens du moment et les rares articles qui nous plaisent ont des prix équivalents, voire supérieurs.
Direction donc, le bazar Chorsu pour prendre une dernière bouffée d’atmosphère ouzbek. Nous trainons ensuite du côté du square Amir Timour où un vieil homme, ravi de rencontrer des touristes, nous interpelle et nous rejoint sur un banc.
Depuis mon arrivée deux semaines plus tôt à Tashkent, j’ai beaucoup progressé en russe. D’une part, je me suis habituée à l’accent ouzbek, un peu différent de celui des cd de ma méthode d’apprentissage, et d’autre part je me suis peu à peu entraînée à parler davantage, à faire des vraies phrases. En outre, les conversations tournent finalement toujours autour des mêmes sujets : nos vies personnelles, professionnelles, la France, les personnalités françaises. Cela facilite donc grandement pour moi les conversations. J’aborde donc avec plaisir la discussion avec le vieil homme, d’autant que je réalise que je n’aurai plus d’occasion de parler russe avant un moment.
Bien vite, je me rends compte que je saisis seulement quelques mots. Aurait-il un accent que je n’ai pas encore entendu depuis notre arrivée ? Je repère tout de même les questions habituelles « d’où venez-vous ? », « que faites-vous dans la vie ? » « êtes-vous mariées ? », etc. L’homme s’est installé au bout du banc, je suis à l’autre extrémité et Sophie se trouve entre nous. Le vieil homme, voyant que je ne comprends pas bien ce qu’il dit, parle de plus en plus fort, en postillonnant abondamment dans notre direction : Sophie qui se trouve entre nous apprécie modérément ces copieuses projections. Je sens qu’elle s’impatiente. Mais mon interlocuteur est soucieux d’échanger et je n’arrive pas vraiment à me dépêtrer de cette situation.
Soudain, comme s’il avait une illumination, je le vois farfouiller dans sa poche de pantalon, chercher, chercher… jusqu’à ce qu’il en sorte un dentier qu’il se colle dans la bouche. Mon problème de compréhension n’était donc pas lié à un quelconque accent ! Nous avons du mal à ne pas rire. La communication devient alors légèrement meilleure. Toutefois, Sophie est lasse de recevoir des volées de projectiles humides et moi-même, je commence à me décourager face à cet interlocuteur, certes très aimable, mais peu limpide. Une fois que la conversation se termine et que nous prenons congé, le dentier réintègre aussitôt la poche de son propriétaire.
Nous rentrons tranquillement à l’hôtel pour boucler les bagages.
Après une soirée tranquille dans un petit restaurant du quartier que nous avions apprécié lors de notre arrivée, nous rentrons à l’hôtel. Cette nuit, nous repartons pour la France, via Istanbul, à 2 heures du matin...
PS Nous avons fait, comme prévu, de gros achats de loukoums à Istanbul, variété double pistache comme il se doit. Un régal avec le thé ouzbek.
merci pour ce récit où j'ai retrouvé avec tant de plaisirs les "senteurs" de ce pays qui m'a fait réver. Le loukoums d'Istanbul sont délicieux, nous avons terminé ce voyage, nous aussi par des loukoums à la rose!!
Nous ferons le même circuit, même nombre de jours, mais en voyage organisé, au mois d’octobre.
Juste une petite question.
Est-il préférable d’emmener des $ ou des Euros.
Tu parles des 50E que tu as changé, mais dans un autre message tu précises que « les hôtels se négocient mieux en dollars ».
Disons que j'avais emporté des dollars changés en France pour les hôtels réservés par mail depuis la France (la somme juste donc) et dont le prix était donné en dollars. Sinon, j'ai utilisé uniquement des euros sur place que j'ai changés sans aucun problème à un taux correct.
Un seul change, c'est plus économique (euros -> dollars ou euros -> sums)
J'avais trouvé des listes d'hôtels avec coordonnées (fax ou mails) sur un site russe. J'ai croisé avec les commentaires sur le Lonely Planet et l'Olizane (qui eux, n'ont que les adresses et les tel) et j'ai envoyé mes demandes de prix et de dispos.
Réservation ensuite par mail.
Aucun souci. Bien évidemment, on ne verse pas d'accompte et tout repose sur la parole donnée, mais nous avons trouvé les hôtels très réactifs et très pros. Certains n'ont effectivement jamais répondu, mais ça permet du coup de faire un premier tri.
L'inconvénient est que tu ne négocies pas vraiment le tarif comme tu peux le faire sur place. L'avantage, c'est que tu ne perds pas de temps sur place à trouver un hôtel.
Juste un petit mot pour vous féliciter sur ce carnet bien écrit et donc très agréable à lire. Je n'ai pas lâché jusqu'au dernier chapitre. Les photos sont également réussies et j'ai apprécié de pouvoir les admirer, donnant un plus au récit.
Pour voir mes carnets Ouest USA, cliquez sur mon pseudo puis cliquez celui désiré dans la rubrique "carnets" : Vous avez le choix avec 2009, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016 : ça en fait de la lecture ! Et maintenant : la Chine !
très sympa ce récit très personnel de ton périple ouzbek !
je cherchais quelques infos car je pars la-bas dans 10 jours pour faire un reportage sur la lutte traditionnelle, pour une association. c'est assez surréaliste, car ce pays semble sorti d'un Tintin, mélange du vieil empire soviétique et de culture orientale- musulmane.
je pars a Termez, à la frontière afghane, donc vol intérieur prévu depuis Tashkent; a lire les infos des uns et des autres, ca fait un peu flipper, mais après un vol intérieur au Cambodge en Tupolev de 50 places, je m'attend à tout.
le matos russe, c'est du costaud! vodka comprise! .."j'ai connu une polonaise qu'en buvait au ptit dej"!
Voilà, je me lance... après notre retour d'un très beau voyage en Ouzbekistan. J'essayerai surtout de vous donner des informations pratiques par rapport à…
Après 18 jours passés en Ouzbékistan, je vous livre un Best Of en photos de ce séjour: www.ddpn.net/textfr/... Mais aussi quelques informations pouvant vous…
C'est avec plaisir que je vous fait partager notre voyage de l'été 2019 dans les pays en stan. La version complète est ici, elle se construit au même rythme…
Merci encore à toutes les personnes qui ont posté sur ce forum pour cette destination! Mon itinéraire en 3 semaines: Tashkent – Samarcande – village de Sentob…
Voici un petit compte-rendu des 17 jours exceptionnels que j’ai passés en Ouzbékistan du 28 Juin au 14 Juillet 2009. Je précise que ce voyage en solitaire…
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
My buddy Christian and I (Patrick) are off for 28 days in Argentina in March.
We’ve already shared several trips as a duo (Bolivia Peru, Namibia, Laos, Costa Rica).
Since we’re starting from the idea that at our age (65) we won’t be coming back here—there are just too many other corners of the world to discover—we did the "grand tour" of Argentina, with 6 domestic flights to make the most of our 28 days.
Here are our stops:
1) Departure from Brussels to Buenos Aires via Madrid
2) Arrival and first contact with Buenos Aires
3) Early morning flight to Ushuaia. Boat trip on the Beagle Channel
4) Ushuaia: hikes in Tierra del Fuego National Park
5) Ushuaia: last hike and flight to El Calafate
6) El Calafate to El Chaltén by bus. First hike
7) El Chaltén: hike
8) El Chaltén: hike
9) El Chaltén: hike and bus back to El Calafate
10) El Calafate: Perito Moreno Glacier
11) Flight to Bariloche. Car rental and surrounding areas
12) Seven Lakes Region
13) Nahuel Huapi National Park region
14) Flight to Salta. Car rental
15) To Tilcara
16) To Humahuaca
17) To Purmamarca
18) To Jujuy via the salt flats
19) To Cafayate
20) Around Cafayate
21) To Cachi
22) Back to Salta
23) Flight to Iguazu
24) Waterfalls on the Argentine side
25) Waterfalls on the Brazilian side and flight to Buenos Aires
26) Buenos Aires
27) Return flight
28) Morning arrival
Happy reading!..
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
"So, my little wanderers, back at the decks? What’s this mystery destination you’ve got in store for us at the start of the year?"
Yes, the schoolyard bell’s ringing again! We’re hitting the road... or rather, the skies! At first glance, our destination might surprise more than a few. First off, simply because I was here exactly twenty years ago, and I don’t usually like retracing my own footsteps. Secondly, because the name of this place screams mass tourism—basically the opposite of what Flo and I look for.
Despite that, in this land of backsheesh, I’d promised myself I’d come back one day to experience it my way. And since Flo told me, during our wanderer chats, that this destination straddling Africa and the Middle East was in her top 2 travel dreams, the stars aligned for this roots-style trip to quickly make it onto our pharaonic festivities program! Unless you’re totally clueless in general knowledge, you’ve probably guessed by now—we’re off to Egypt! Of course, a few classics will be on our itinerary, but above all, we want to soak up a culture that can’t be appreciated in four-star resorts or on a Nile cruise boat. And let’s be clear, these next two weeks won’t be a walk in the park—neither for our two daughters who are joining us, nor for our bodies!
And that’s clear from the get-go: after our first flight, eight hours of trying (and failing) to sleep on Milan airport’s metal seats, our second flight, landing, passport stamps, our Uber ride, and our first Cairo kilometers, we finally drop our exhaustion at the little guesthouse we booked in Giza. Doesn’t all that energy deserve a little reward?
Oh, absolutely! And here it is: a full-on slap in the face for everyone! But just look at this view from our hotel terrace? For 20 € a night for four, even with this incredible view, I figured the room must be pretty shabby, right? Nope... Is the staff rude, then? Nope... Okay, so what’s the catch? You’re gonna tell me breakfast is included too? Well, yes! Honestly, this Egypt trip is off to a great start.
And the rest of the afternoon, spent rubbing shoulders with locals, only confirmed this vibe. After digesting our pyramid view, we dove into the hustle and bustle of our neighborhood with the goal of exchanging money, eating at street stalls, and testing the hospitality of the locals. Ten out of ten!
Eight little sun breads with baba ganoush and falafel? 80 pounds, or 1.5 €. A dozen Middle Eastern pastries? Same! 80 pounds! Two hawawshis, those little pita breads stuffed with meat and spices? 10 pounds each, or about twenty cents! Not to mention all those smiles and free "welcomes" left and right!!!
What a welcome! We end this first day with a sunset over the three sisters of Giza—where we’ll obviously be gawking tomorrow...
"How about a Christmas market this year, huh? A little romantic weekend getaway...
- Yes! That’d be cool! Strasbourg? Colmar?
- Feels a bit déjà vu, doesn’t it? Plus, slim chance of snow there... And I’d love something a bit more exotic with a touch of originality..."
"Okay, Google, give me the list of the five most beautiful Christmas markets in Europe.
- In fifth place, the Christmas market in Vilnius, the capital of Lithuania.
- Save your breath! Lithuania, here we come!"
We wanted cold, and cold is exactly what we got the moment we set foot in this new, unknown land. As for landscapes, forests and lakes stretch as far as the eye can see across this vast plain, its vegetation scorched by the frost of a winter that’s clearly already well underway here.
Lakes, in fact, set the scene for our first visit to Trakai Castle, whose brick-red towers and walls rise proudly against the azure sky of our first day. Lakes, because this castle was built on an island and is only accessible on foot via a series of walkways spanning half-frozen lake offshoots. I couldn’t have picked a better spot to build my castle! Translation: We’re totally sold! Proof is we spend two hours hiking around the area, alternating between forests, reeds, and cozy houses tastefully decorated for Christmas.
I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
My partner and I traveled from Sunday, July 5, 2026, to Wednesday, July 22, 2026.
We spent a long time debating whether to rent a car or use public transportation. In the end, after reading so many posts about travelers getting scammed by police or rental companies—even those recommended by blogs and reviews—we decided to stick with public transport. It worked out really well. Sure, we had a little less freedom to go where we wanted, but it was way less stressful for us.
Sunday, July 5:
Arrived at Cancun Airport. Withdrew cash from the ATM in the terminal just before exiting. The ADO bus counter (they pronounce it "A-Jee-O") is right behind you when you're facing the ATM. Bus to downtown Cancun cost 145 pesos per person.
Stayed at "Rose 5," booked on Booking. The studio was super clean and perfect for one night. The owner’s instructions for accessing the place were very precise, with photos included. Check-in was self-service with a code. The ADO bus terminal isn’t far, and there are shops and restaurants nearby. We really appreciated that the AC was already on when we arrived. By the way, I’d recommend always booking places with AC—it’s *really* hot in Mexico.
Monday, July 6:
Bought a SIM card with data from a TELCEL store. My partner, who’s on Free Mobile, was able to use her regular plan. Just so you know, I found the network pretty unstable. As soon as we left the cities, neither of us—me with TELCEL or her with Free—had any signal.
Another thing to watch out for: roaming charges. I had to turn my SIM back on for less than 30 seconds to get a bank SMS code, and my phone apparently connected to the internet—resulting in an 8-euro roaming fee.
Left on an ADO bus to Chiquila for 278 pesos per person. During our trip, ADO buses were always on time, comfortable, and clean. The AC is *cranked* though, so bring something to cover up with—it gets cold. Some routes were fully booked even in the low season, so try to reserve 1 or 2 days in advance either via the app (when it works) or at the counter.
When we arrived at the ADO terminal in Chiquila, the ferry company counters were right next to it. Ferries leave every 30 minutes, alternating between companies, so no need to book ahead. Just take whichever one is leaving next (330 pesos per person).
When we got to Holbox (pronounced "Hol-bosh"), we’d booked a place via Booking called "Casa de Nana." It was a huge studio with a fridge, cooking plate, and utensils. The best part? The *location*. It was 100 meters from the beach and 200 meters from a Chedraui supermarket. They provided bath towels and beach towels, and the AC worked perfectly. There’s a key box so you can leave your keys inside when you go out. The only downside was that no one was there to let us in when we arrived, so we had to wait a while. The Wi-Fi was good, which was lucky because during our 4-day stay in Holbox, the phone network *never* worked. According to locals, that’s pretty common in Holbox, along with water outages.
Luckily, I’d had the good idea to download an offline map, which helped us find our way back to the place more easily. You can walk there from the dock.
The restaurant next to our place (La Barracuda) was great if you like seafood—I’d recommend their octopus dishes.
Tuesday, July 7:
We did a kayak tour in Holbox’s mangroves at 6 AM. We were looking for a sunrise kayak tour with a French-speaking guide. That’s exactly what we got with "Kayaking Holbox," where Diego, the owner, speaks English and French. He was joined by Gustavo, another guide.
We’d booked for a group tour, but we were the only ones. Diego still went ahead with it instead of canceling due to lack of participants, so we got a private tour at the group rate—really professional of him. They showed us this amazing ecosystem for over 3 hours. We saw all kinds of birds: pink flamingos, pelicans, egrets, frigatebirds... rays, a horseshoe crab, and a little crocodile that was *so* well hidden. Diego and Gustavo have a real eye for spotting animals—I could’ve passed by the crocodile 100 times and never seen it, it blended in so well. Their explanations about the flora and fauna were super interesting. We also got a little break where we tasted mangoes and bananas that taste *nothing* like the ones in France. A real treat—those little Mexican yellow mangoes! I’d definitely recommend Diego and his agency for a French-language kayak tour (1000 pesos per person).
In the evening, we walked to Punta Coco to see the bioluminescence. No need for a guided tour—if you really don’t want to walk, you can take a taxi. At Punta Coco, you have to pass the beach bar/restaurant and then go left into a kind of inlet that forms a lagoon. You have to wiggle your feet or move your hands in the water to create movement, which makes the light appear. Just don’t expect the kind of photos you’ve seen online—they’re all edited! It’s fun to see, but you won’t be dazzled by the light...
Wednesday, July 8:
Whale shark tour with "My Holbox Tours." Why recommend this agency over others for swimming with whale sharks? Simply because Valérie surrounds herself with top professionals to make your experience unforgettable. We were with Captain Fernando, who does everything to position the boat perfectly and make your swim easier. In the water, we were with Humberto, who also goes above and beyond to make sure you have an incredible time. He doesn’t just "supervise" like some guides from other companies who leave you on your own. No, Humberto reads the whale shark’s trajectory and guides you—all you have to do is follow him. He really puts in the effort, even holding your hand to guide you through this quick but intense encounter. Humberto also films the moment and will offer to show you the videos and sell them to you. His footage is really high quality.
Fernando and Humberto also prepared food for us. Special mention for their guacamole! Valérie is there to make sure everything goes smoothly on the boat and to answer your questions in French, English, or Spanish about these animals. If you choose My Holbox Tours, you can be sure you’ll get a top-notch experience.
About the tour itself: before you go, you should know that the sharks can be *really* far away. The day we went, it took 3.5 hours by boat to reach them. The boats are small, and let me tell you—on the way there, when we weren’t going with the waves, it was *rough*. Out of 9 passengers, 4 got seasick. But once you’re face-to-face with the shark, you forget all about that. Even if swimming with a whale shark isn’t exactly a walk in the park—they swim pretty fast, so you need some endurance to keep up. You’ll usually get 2 turns. Our first swim lasted a little over 4 minutes, and the second about 2 minutes because the shark was moving fast and we were still tired from the first swim. It might seem short, but when you’re swimming, it feels *long*. Either way, it’s an experience you *have* to do—but choose your company wisely. On the way back, there’s a stop at Cabo Catoche. Honestly, the snorkeling is pretty disappointing if you’ve done it elsewhere in the world. But the lunch stop at Cabo Catoche is really nice for relaxing (white sand and hammocks).
Thursday, July 9:
Short morning walk to Punta Mosquito at 6 AM. Really nice.
Ferry to Chiquila (330 pesos per person) + ADO bus to Valladolid (300 pesos per person).
In Valladolid, we booked "Casa Lucia" via Booking. The hotel is gorgeous, with a colonial style, and very close to the ADO bus terminal and downtown. It’s super quiet and clean. There’s a shared kitchen you can use with a fridge, microwave, and water dispenser, plus a big table by the pool and a nice indoor terrace. Breakfast was simple but included. The only small downsides were the tiny room and bathroom, no mirror in the room, and a noisy fan.
Friday, July 10:
Not far from the ADO bus terminal is the colectivo station for Chichen Itza. They offer a round-trip to Chichen Itza with an option to stop at Ik Kil cenote on the way back and then drop you off in Valladolid for 370 pesos per person (Ik Kil entrance included).
For the Chichen Itza visit, we’d booked a tour with a guide often mentioned in groups—his name is Juan Pat. He’s a Maya who lives near the site and speaks excellent French. He reserves spots in advance for you and queues up to be the first on-site. It cost 500 pesos per person + entrance fees. His tour lasts 2 hours and focuses mainly on the main pyramid and the ball court. He’s passionate and fascinating, even if some of his claims, as a Maya, might be a little biased. I think it’s *really* important to have a guide—otherwise, you’ll miss so much. You can contact Juan Pat on WhatsApp at +52 985 121 2381.
Afterward, we went to Ik Kil cenote (showers and life jackets mandatory, lockers available). It’s *very* crowded, but still really beautiful with its lush vegetation.
Saturday, July 11:
Since we didn’t have a car but still wanted to visit other cenotes that seemed hard to reach by public transport, we decided to book a taxi for the day. We agreed on 1200 pesos to take us to 3 different cenotes and wait for us at each one. (To find taxis, just look where they park near the ADO bus station.)
He picked us up at Zaci cenote, which we’d walked to. We got there at opening time and were the first ones there—had the place to ourselves for a while! 150 pesos per person. A pretty cenote in the city center with lush vegetation. It’s a bit like Ik Kil but without the deep cylindrical effect.
Cenote Xcanahaltun: the most beautiful cenote we visited. Entry 250 pesos per person. It’s a closed cenote with a hole that lets light in—a cave-like setting. You can kayak inside. There are little fish at the edge that nibble dead skin off your feet. Since it’s closed, the water is *freezing*!
Cenote Palomitas: entry 250 pesos per person. Another stunning closed cenote, even more enclosed than Xcanahaltun. The hole in the ceiling is smaller, so it was pretty dark when we arrived—kind of an eerie vibe. But when the staff turned on the lights, it looked like a "Gothic cathedral" full of bright stalactites.
Cenote Sac Aua: entry 290 pesos per person. The ticket includes a guided cave tour (tip-based). This cenote is really unique with its central island and way less crowded than Suytun. Just so you know, the water is *really* cold in cenotes. In these three, in July, we had the place to ourselves for a while and never saw more than 2 families at once—so peaceful!
Sunday, July 12:
ADO bus to Bacalar (536 pesos per person).
In Bacalar, we stayed via Airbnb with a host named Luli, who offers several rooms with shared bathroom and kitchen.
The room is nicely decorated in a pleasant setting. It’s ideally located near the lagoon and downtown. The shared kitchen is handy. The mosquito net over the bed is useful because there are *a lot* of mosquitoes in Bacalar. Luli provides a water jug, which is really nice. The only big downside is the lack of water pressure in the shower—we had to rinse off by filling a bucket. Also, there’s no real door separating the room from the bathroom. We never met Luli in person, but she was very responsive via messages. The terrace in the middle of the vegetation is lovely.
From the ADO terminal to the place, we took a taxi for 40 pesos. Since this driver was honest about the price (we’d checked beforehand), we decided to use him every time we needed a taxi in Bacalar. Here’s his WhatsApp: +52 983 184 3585.
Monday, July 13:
We did a boat tour on the lagoon with "Bacalar Francophone Activities." Since we were just the two of us, it cost 3500 pesos. If we’d managed to be 4 people, it would’ve been 1000 pesos per person.
We had a private 4-hour tour on the lagoon with Steeve and his very comfortable boat. He’s from Quebec, so his French is perfect. During those 4 hours, Steeve showed us the lagoon’s iconic spots *and* places other boats don’t go. He told us about the lagoon’s history and gave great tips on where to go and where to eat. As a little bonus, he gave us a video taken with his drone during our swimming break.
Tuesday, July 14:
We went to Los Rapidos by taxi (400 pesos round trip) and entry was 225 pesos per person. It’s *very* touristy but really beautiful. You can eat there (expensive), relax, and go down the "rapids" as many times as you want. It’s worth it if you spend a few hours there. You can’t bring in food or drinks—you leave them at the entrance and pick them up on the way out.
Wednesday, July 15:
On Wednesdays, navigation is banned on Bacalar Lagoon, so we’d planned another excursion.
Visit to Calakmul from Bacalar with ABCtours (WhatsApp +52 983 319 8359).
This agency organized a trip from Bacalar to Calakmul with a French-speaking guide. Communication beforehand via WhatsApp was smooth. Mr. Checo, the driver, and Fernando, the guide (who spoke great French), picked us up on the day. Mr. Checo drove very carefully on the long road and always made sure we were comfortable. Fernando is passionate about flora and fauna—he’s a biologist with a degree in ornithology, so he knows *everything* about animals. The slightest sound or song, and he knows what it is. He’s got an eye for spotting them, from the biggest to the smallest.
During the trip, we stopped at km 27 for a short forest walk, then went to see the two main pyramids on the site. On the way back, we stopped at the bat cave for the magical spectacle of millions of bats flying out at dusk. In the end, we saw or glimpsed (some briefly) spider monkeys, howler monkeys, a toucan, 2 tapirs, turkeys, 2 deer, and lots of birds. If, like us, you’re more into flora and fauna than archaeology, I’d *highly* recommend this agency and tour with Fernando.
It’s not cheap, but the road between Bacalar and the site is *long* (3.5 hours). Price: 3900 pesos per person for 2 (3500 for 3, 3200 for 4).
Thursday, July 16:
ADO bus to Playa del Carmen (614 pesos per person).
In Playa del Carmen, we stayed in an Airbnb. The building is on the town hall square, next to the casino.
The best thing about this place is the *location*—super close to Fifth Avenue (La Quinta). The kitchen is pretty basic, but the fridge works well. There are supermarkets nearby. The rooftop pool is really nice. The two big downsides, though, are the soundproofing (you can *hear* the neighbor’s alarm and all the events on the square) and the *total* lack of water pressure in the shower. We had to fill a trash can with water to pour over ourselves. When we told the owner, he said it wasn’t normal and someone would come fix it, but we never heard back. Based on previous reviews, this seems to be a known issue that never gets resolved.
Playa del Carmen is *very* touristy on Fifth Avenue, but in a fun, musical vibe—we never felt unsafe. There are *tons* of little souvenir shops for tourists on this street. There’s a beautiful monumental sculpture on the beach (the two figures meeting in the air), next to which you can see the Voladores show (men climbing a pole, tying themselves with ropes, and descending headfirst while "flying" around the pole). The show is tip-based and happens several times a day. In our opinion, Calle 38 is prettier than Fifth Avenue—it’s lush, green, and quieter, with the sea at the end. Great for an early evening stroll. We had really good meals at great prices at "El Tio Noy" tacos, just a few meters from Fifth Avenue in a side street.
For souvenirs, we’d recommend going to Walmart instead of Fifth Avenue—you’ll find skulls, tequila, mezcal, keychains, mugs, glasses... at good, fixed prices.
Friday, July 17:
We did the excursion to Isla Contoy. Isla Contoy is an uninhabited, highly protected island. Only 200 people are allowed to land per day on a rotating basis, so only a few companies have permission to dock there. Most agencies subcontract the day to a third-party company.
We booked through VRM (Viviendo Riviera Maya), but it was Ocean Tours Mexico that handled the tour. Contoy is a little paradise. We were accompanied by multilingual guides, including French speakers, throughout the day. Steffy gave us info about the island during a short walk on the marked trails, and Leño Tlatemoa kept the mood up on the boat rides with music and dancing. Isla Contoy is *truly* stunning, and the lunch was delicious: grilled fish and chicken, guacamole and tortilla chips, rice, fruit, drinks (everything is brought and taken back by the guides). The snorkeling part was pretty disappointing if you’ve done it in Cozumel, though. The stop at Isla Mujeres isn’t very interesting either—it’s too short to explore, and the island is *extremely* touristy. Still, the excursion was very well organized, and we had a great day (2970 pesos per person).
Saturday, July 18:
We wanted to go snorkeling in Cozumel but thought the prices from French-speaking agencies were too high. Plus, for snorkeling, we figured we didn’t *need* a French-speaking guide.
So we found a much cheaper solution by taking the ferry from Playa del Carmen ourselves and choosing an agency in Playa. The round-trip ferry cost 663.50 pesos per person. Then we took a taxi to the snorkeling boat (100 pesos). The agency we chose is called Mystic Snorkel—they don’t have a physical office. The tour cost 1400 pesos per person. It was a small boat, but that day we were the only ones, so we got a private tour at the group rate. We stopped at 4 different sites, all very different and beautiful. We saw all kinds of fish, corals, a nurse shark, and turtles. El Cielo, with its huge starfish, is *exceptional*. If you’re going snorkeling in the Yucatan Peninsula, this is *the* tour to do—the other sites are pretty "poor" in comparison.
Sunday, July 19:
Morning dive with Triton Diving. I chose the Cozumel dive option. Great experience.
Booking via WhatsApp was easy. On the day of the dive, Selene, who speaks French, was our guide. She’s *very* attentive to the group’s safety. The briefings are clear and precise. In Cozumel, we did 2 very different sites: the first was a drift dive with lots of life—beautiful corals and fish. The second was a wreck, the C53, a 56-meter boat you can enter. Not much marine life, but a beautiful wreck intentionally sunk for divers—still in great condition. An unforgettable moment. Selene even took videos during the dive, which the club sends you for free afterward. I’d *highly* recommend this club.
Just so you know, in Playa del Carmen, the beaches were full of sargassum during our stay, despite barriers and daily cleanup. Locals told us the problem is getting worse and the sargassum is arriving earlier in the season. Tourism has taken a *big* hit this summer, and they’re wondering if tourism can even survive the sargassum season anymore. A lot of tourists are heading to the islands—Isla Mujeres and Cozumel—to enjoy the beaches, as the west side of those islands is sargassum-free.
Monday, July 20:
Colectivo to Puerto Morelos. First, a colectivo toward Cancun that drops you off between Puerto Morelos town and Puerto Morelos beach (40 pesos per person), then another from that junction to the beach (10 pesos per person).
In Puerto Morelos, we’d booked a room via Airbnb at "Piedra del Caribe." *Best* place we stayed in Mexico. It’s an aparthotel. Our room was ready before check-in, so they let us in early. The place matched the description—spacious, with a comfortable king-size bed. The shower had *great* pressure, which isn’t a given in Mexico. The staff was super friendly and welcoming. They let us use the pool, restrooms, and rooftop shower after check-out while we waited for our ride to Cancun Airport. They even kept our luggage. I *highly* recommend this place.
In Puerto Morelos, there was *way* less sargassum than in Playa del Carmen—it was actually swimmable.
We did the snorkeling tour with the fishermen’s cooperative for 450 pesos per person for 2 hours. The reef is close to the beach (you’re not allowed to swim there), so the boat ride is short. It’s not as pretty as Cozumel, but it’s nice and affordable. On Puerto Morelos’s page, you can also access a small, not-very-well-preserved reef. There’s also a cenote in the sea where fresh water mixes with saltwater—the water is murky there. We had a great dinner and excellent cocktails at "La Choza del Puerto."
Tuesday, July 21:
Wandered around Puerto Morelos (check out the church and read everything—it’s entertaining!), relaxed by the hotel pool, and left for Cancun Airport by taxi (400 pesos) booked via InDrive to head back to France.
Our highlights:
- Holbox
- The whale shark tour
- The cenotes
- The local flora and fauna (so present!)
- Isla Contoy
- Cabo Catoche (except for the snorkeling)
What we liked least:
- The bioluminescence (barely visible despite good conditions)
- The food—we found it not very diverse in taquerias
- The constant tipping
- The lack of water pressure in showers (fixed, wall-mounted, no hose or showerhead)
Don’t hesitate to ask if you have any questions while it’s still fresh in our minds.
Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
It often happens that we're asked what to visit in Belgium.
And the answers usually point to Bruges, Ghent, Antwerp, and Brussels—and rightly so, as these cities are well worth visiting ;).
However, Belgium, though small, isn’t just limited to these four cities.
I live in one of them (Brussels), enjoy spending time in the other three, but I’d like to highlight some lesser-known spots that could add to the trip for those who want to see a bit more or something different.
Between trips, I like exploring one or two corners of the country where I live.
Hence the idea for a travel journal of walks.
Most of the places I’ll talk about can be visited as a day trip from Brussels, whether by public transport or car.
In chronological order of the topics covered:
- The Gileppe Dam (Liège province) - message 2, page 1
- The Domaine de La Hulpe (Walloon Brabant) - message 3, page 1
- Mechelen (Antwerp province) - message 4, page 1
- The coast - message 5, page 1
- The Westhoek, from De Panne - message 6, page 1
- The Zwin, from Knokke - message 7, page 1
- Lier (between Mechelen and Antwerp) - message 8, page 1
- Mons (Hainaut) - message 9, page 1
- The Florenville region - message 12, page 1
- The East Cantons - message 13, page 1
- Dinant - message 18, page 1
- The Japanese garden in Hasselt - message 24, page 2
- Leuven - message 29, page 2
- Louvain-la-Neuve - message 32, page 2
- Ostend - message 42 (page 3) and message 166 (page 9)
- The floralies of Groot-Bijgaarden - message 43, page 3
- Halle Forest - message 44, page 3
- Pralines - message 54, page 3
- Charleroi - message 68, page 4
- Namur - message 92, page 5
- Le Bois du Cazier (Marcinelle) - message 95, page 5
- Couques and gosettes - message 96, page 5
- Liège - message 99, page 5
- Tournai - message 115, page 6
- Oudenaarde - message 121, page 7
- Meise Botanical Garden - message 124, page 7
- Tongeren - message 125, page 7
- Beersel Castle (Flemish Brabant) - message 126, page 7
- Brussels in lockdown (messages 150 and 154, page 8)
- Notre-Dame à la Rose Hospital in Lessines (messages 161 and 162, page 9)
- Westende (message 167, page 9)
I’ll keep updating this list as the journal progresses...