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Nord-Ouest argentin et Nord chilien - D'un océan à l'autre en traversant les Andes (1re et 2 partie)
Après la Patagonie australe en 2010, son climat rude et ses vents redoutables, l'envie nous est venue de découvrir la Cordillère plus au nord, du côté des déserts blancs et des chaînes de volcans, au cœur des Andes argentines et chiliennes. Nous sommes partis de Buenos Aires en bus pour les roches rouges et torturées du Nord-Ouest argentin à 1500 km de là, car le volcan chilien Puyehue dispersait – et disperse toujours – généreusement ses cendres sur un territoire immense, aussi bien horizontal que vertical, empêchant par là même les avions de décoller. Puis nous avons récupéré notre voiture de location, une Fiat Linea, prise encore une fois chez Argentina Excepción.
De quebrada en quebrada, puis de lagune émeraude en salar étincelant éparpillés sur la puna, nous avons franchi les Andes par des cols de plus en plus hauts et avons basculé, à près de 4800 m et à portée d'ailes de la Laguna Verde bolivienne, sur le versant chilien, qui se perd beaucoup plus bas dans l'immense désert d'Atacama.
Plus à l'ouest, le Pacifique nous tendait les bras. Nous ne nous sommes pas jetés dedans car ses eaux étaient sombres et glaciales, mais nous sommes remontés, à partir d'Arica, sur Putre, aux confins du Chili et de la Bolivie, pour parcourir les parcs de l'altiplano – Lauca, Surire, Volcán Isluga – le long de la frontière bolivienne jusqu'à Colchane. La boucle était alors presque bouclée... De nouveau la côte Pacifique, de nouveau San Pedro de Atacama, Salta, une incursion au sud par Cachi et Cafayate dans les sublimes vallées Calchaquíes et quebrada de las Conchas, puis un vol retour sur Buenos Aires et la côte atlantique.
Vigognes, lamas, alpacas, flamants roses, sarcelles sur l'altiplano; conures (perroquets), cormorans, urubus, pélicans sur les côtes des deux océans. La faune était omniprésente et toujours magnifique.
Bon voyage...
Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.
********** Première partie ********************
De Buenos Aires à Colchane
La version avec photos est visible ici:
carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Jeudi 13 octobre
Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...
Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.
Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.
Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…
Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)
Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...
Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))
En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.
En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.
Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J
Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.
Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)
Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.
Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.
Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.
Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.
Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.
Dimanche 16
Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.
Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.
Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…
Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.
Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...
Lundi 17
Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.
Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!
Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…
La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.
Mardi 18 Salta la Linda
Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…
Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.
Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)
L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.
La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.
Dehors, la nuit tombe déjà…
Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.
Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...
De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…
Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía
Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie �� la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.
De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...
Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.
Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.
Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.
Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:
1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).
Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !
Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !
Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.
Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...
Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...
En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.
Jeudi 20
Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.
Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…
Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.
Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.
Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…
Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.
Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !
Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.
De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.
Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.
Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...
Vendredi 21 De Humahuaca à Susques
Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.
Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.
Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.
Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.
Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!
A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.
Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)
En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.
Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...
L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.
Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama
J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...
Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!
Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!
La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.
La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.
Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.
Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.
Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...
Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…
Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».
Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…
Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)
Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.
L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...
Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plut��t quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.
Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.
Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...
Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)
Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...
Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…
Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse
La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.
Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.
Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.
Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…
Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…
Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère��
Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.
Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.
Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)
Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.
Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !
Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.
La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.
Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...
La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.
Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.
Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.
Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)
A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.
Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...
Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.
Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...
En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.
Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)
Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..
Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.
Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.
Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.
Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).
Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique
Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.
Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...
Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.
Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.
En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.
On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.
Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.
Samedi 29 D'Iquique à Arica
Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...
Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !
Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.
Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).
Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.
Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.
* *****
L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.
La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm
Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.
Dimanche 30 Arica
Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.
Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.
Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.
Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…
La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…
Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.
Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.
Lundi 31
7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.
Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...
Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.
Mardi 1er novembre D'Arica à Putre
Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...
Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !
La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.
La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.
Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)
Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.
La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.
Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...
Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)
Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.
Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.
La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).
Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).
Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…
Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).
Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…
Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.
Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.
Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…
Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !
Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...
Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.
(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)
Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…
Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »
Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !
L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.
Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.
A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!
Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...
Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane
Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.
La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.
L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...
L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.
Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.
Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.
Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.
Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...
Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.
Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...
A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.
Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.
Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.
Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.
Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.
Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.
Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.
Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.
Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.
Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.
La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...
********** Seconde partie ********************
De Colchane à Buenos Aires
La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique
Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…
On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.
Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.
Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.
Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...
Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.
Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.
Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama
Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...
Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).
Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.
Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !
Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.
A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.
Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.
Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.
Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!
De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :
« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)
San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.
J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).
L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.
Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).
Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)
Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.
Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.
De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.
Les panneaux sont en général très instructifs…
Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...
Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.
La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.
A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.
Le soir, retour à La Casona.
Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama
Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.
A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.
A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.
En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !
Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.
Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...
J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.
Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.
En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.
Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !
A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…
Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.
Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...
Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...
Mardi 8 De la puna à Salta
En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.
Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !
La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.
Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…
A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).
Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!
L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J
Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.
Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!
A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.
Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes
Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.
La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!
La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.
La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).
Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.
Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.
Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!
Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.
Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).
Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)
Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.
Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.
Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...
Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.
Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.
Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)
Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.
La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).
Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.
Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.
De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.
San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…
Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.
Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes
Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.
A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.
Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.
Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.
A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...
Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.
Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas
Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.
Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.
Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.
Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.
Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.
Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.
Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.
Lundi 14 Salta - Buenos Aires
Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.
Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)
Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.
Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.
Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...
Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)
Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.
Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.
Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).
Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires
Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.
Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !
Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…
Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.
En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!
Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.
Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.
Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.
Mercredi 16
Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.
Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...
(Renseignements)
Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.
Bon voyage...
Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.
********** Première partie ********************
De Buenos Aires à Colchane
La version avec photos est visible ici:
carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Jeudi 13 octobre
Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...
Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.
Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.
Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…
Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)
Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...
Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))
En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.
En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.
Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J
Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.
Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)
Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.
Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.
Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.
Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.
Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.
Dimanche 16
Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.
Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.
Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…
Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.
Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...
Lundi 17
Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.
Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!
Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…
La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.
Mardi 18 Salta la Linda
Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…
Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.
Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)
L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.
La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.
Dehors, la nuit tombe déjà…
Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.
Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...
De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…
Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía
Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie �� la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.
De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...
Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.
Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.
Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.
Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:
1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).
Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !
Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !
Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.
Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...
Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...
En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.
Jeudi 20
Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.
Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…
Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.
Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.
Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…
Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.
Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !
Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.
De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.
Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.
Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...
Vendredi 21 De Humahuaca à Susques
Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.
Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.
Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.
Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.
Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!
A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.
Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)
En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.
Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...
L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.
Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama
J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...
Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!
Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!
La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.
La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.
Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.
Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.
Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...
Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…
Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».
Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…
Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)
Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.
L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...
Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plut��t quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.
Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.
Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...
Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)
Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...
Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…
Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse
La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.
Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.
Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.
Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…
Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…
Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère��
Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.
Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.
Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)
Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.
Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !
Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.
La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.
Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...
La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.
Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.
Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.
Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)
A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.
Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...
Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.
Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...
En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.
Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)
Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..
Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.
Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.
Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.
Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).
Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique
Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.
Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...
Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.
Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.
En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.
On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.
Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.
Samedi 29 D'Iquique à Arica
Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...
Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !
Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.
Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).
Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.
Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.
* *****
L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.
La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm
Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.
Dimanche 30 Arica
Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.
Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.
Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.
Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…
La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…
Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.
Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.
Lundi 31
7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.
Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...
Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.
Mardi 1er novembre D'Arica à Putre
Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...
Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !
La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.
La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.
Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)
Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.
La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.
Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...
Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)
Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.
Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.
La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).
Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).
Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…
Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).
Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…
Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.
Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.
Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…
Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !
Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...
Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.
(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)
Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…
Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »
Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !
L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.
Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.
A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!
Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...
Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane
Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.
La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.
L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...
L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.
Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.
Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.
Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.
Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...
Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.
Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...
A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.
Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.
Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.
Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.
Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.
Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.
Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.
Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.
Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.
Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.
La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...
********** Seconde partie ********************
De Colchane à Buenos Aires
La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique
Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…
On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.
Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.
Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.
Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...
Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.
Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.
Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama
Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...
Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).
Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.
Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !
Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.
A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.
Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.
Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.
Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!
De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :
« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)
San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.
J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).
L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.
Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).
Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)
Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.
Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.
De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.
Les panneaux sont en général très instructifs…
Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...
Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.
La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.
A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.
Le soir, retour à La Casona.
Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama
Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.
A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.
A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.
En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !
Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.
Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...
J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.
Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.
En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.
Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !
A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…
Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.
Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...
Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...
Mardi 8 De la puna à Salta
En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.
Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !
La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.
Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…
A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).
Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!
L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J
Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.
Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!
A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.
Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes
Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.
La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!
La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.
La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).
Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.
Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.
Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!
Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.
Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).
Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)
Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.
Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.
Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...
Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.
Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.
Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)
Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.
La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).
Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.
Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.
De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.
San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…
Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.
Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes
Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.
A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.
Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.
Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.
A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...
Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.
Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas
Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.
Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.
Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.
Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.
Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.
Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.
Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.
Lundi 14 Salta - Buenos Aires
Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.
Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)
Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.
Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.
Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...
Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)
Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.
Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.
Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).
Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires
Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.
Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !
Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…
Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.
En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!
Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.
Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.
Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.
Mercredi 16
Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.
Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...
(Renseignements)
Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.
Compte rendu de voyage au Japon: 15 jours - 13 nuits
Voyage Japon : 15 jours - 13 nuits Tokyo - Kyoto - Osaka - Kurashiki - Hiroshima - Tokyo
Jour 1 : avion Départ de France en début d’après midi.
Jour 2 : Tokyo Arrivée à Tokyo vers 7h00 du matin après une nuit en avion. Nous n’avons pas assez dormi dans l’avion et voila que nous attend une dure journée, chaude et humide. Nous allons récupérer notre chambre d’hôtel et poser nos affaires. Impossible de résister à une sieste qui ne demande qu’à durer, mieux vaut se forcer à se lever et à s’activer pour faire une bonne nuit le soir venu et s’adapter plus vite au décalage horaire. L’hôtel type européen est un très bon choix pour ne pas être trop dépaysé les premiers jours, avec douche et lit façon française. Nous aurons le temps par la suite de tester les manières de vivre à la japonaises. Nous récupérons nos JR pass valable 15 jours (c’est du budget mais indispensable et relativement optimisé pour notre voyage itinérant, un bon compromis entre pris et simplicité car jongler avec tous les trains pour économiser très peu prend beaucoup de temps et un changement de planning est vite arrivé). Visite autour de l’hôtel.
Jour 3 : Tokyo - Kamakura - Tokyo Nous faisons l’aller-retour Tokyo-Kamakura dans la journée. La visite vaut le coup, c’est vraiment à voir. La ville est très agréable. Nous visitons temples et jardins et assistons à une cérémonie du thé.
Jour 4 : Tokyo - Kyoto Nous partons pour Kyoto. Nous testons les beaux trains japonais qui sont incroyablement à l’heure et très confortables avec beaucoup d’espace pour les jambes. Arrivée à Kyoto, nous cherchons longtemps notre hotel Yamato Ryokan : il y a 2 hôtels qui ont presque le même nom (enfin un s’appelle Ryokan Yamato, et l’autre Yamato Ryokan…la nuance est subtile et nous nous faisons avoir L ). Ce ryokan est excellent, avec un très bon petit déjeuner et bien placé. C’est une très bonne occasion pour tester les bains japonais car petits et donc pas trop intimidants pour une première fois (pour les femmes, possibilité d’être 2 ou 3 en même temps, pour les hommes, difficile d’être 2 dans le bain). L’eau est très chaude quand on n’est pas habitué. Nous visitons le Kyomizudera (perché sur la coline, il offre une très belle vue de la ville, c’est un des plus beaux temples car beaucoup d’autres ne sont que des pavillons de bois ou milieu de beaux jardins). La rue qui monte au temple est un des meilleurs endroits pour acheter des souvenirs (diversité et qualité). Nous finissons la journée par la visite de Fushimi Inari ou il y a de nombre Tori qui tracent des parcours dans la colline. Le soir, un petit tour dans Gion et un autre quartier vivant le soir, le long de la rivière, avec beaucoup de restaurants.
Jour 5 : Kyoto - Nara - Kyoto Une belle visite de Nara avec ses parcs et ses musées. Possibilité de toucher les biches pas farouches du tout ! Si vous achetez des biscuits pour leur donner, elles viendront se servir sans que vous les invitiez quitte à vous effrayer par leur détermination. Nous visitons le parc de Nara et le temple Todaiji avec une statue de Bouddha qui est le plus grand édifice en bois du monde. Nous envisagions de visiter le temple Horyuji à l'extérieur de Nara mais nous n’avons pas pris le temps.
Jour 6 : Kyoto Nous visitons de nombreux temples, heureusement que les jardins sont de vrais havres de paix qui permettent de nous ressourcer. D’ailleurs visiter un temple consiste à faire un tour dans un très beau jardin… et même si tous les jardins sont différents, il me semble inutile de trop insister à vouloir voir tous les temples. Nous visitons le temple en or, le jardin secs zen et le jardin lunaire et jardin sec Ryuanji, le pavillon d’argent et empruntons le chemin de la philosophie (très agréable pour changer un peu des temples). Nous envisagions de visiter le temple Byodoin à Uji et faire une cérémonie du thé, mais nous n’avons pas pris le temps. Ca semble valoir le coup d’œil d’après quelques photos vues sur internet et quelques commentaires lus.
Jour 7 : Kyoto - Koya San Nous voilà partis pour Koya San, le voyage est très agréable, avec un petit train qui grimpe dans la colline au milieu d’une forêt très dense puis un funiculaire et un bus pour enfin arriver dans Kyoa San. Nous allons récupérer nos chambres à l’hôtel Eko-In. Seul inconvénient, c’est que le diner est servi très tôt ce qui ne nous laisse pas beaucoup de temps pour visiter. Bain commun avant un bon diner servi royalement dans la chambre : la nourriture est bonne mais un peu particulière. Nous visitons le cimetière Okunoin dans la forêt de cèdres et le temple des lanternes. Attention aux moustiques qui nous dévorent ! Pensez à vous couvrir jambes et bras, même si vous trouvez qu’il fait chaud !
Jour 8 : Koya San - Osaka La journée commence très tôt pour assister aux cérémonies du feu et à une autre cérémonie. Les 2 s’enchainent. Puis retour dans la chambre ou un petit déjeuner très particulier est servi. Des légumes très salés et des nouilles ça change des croissants français ! Départ pour Osaka en milieu de matinée. Passage à l’hôtel et visites. Nous nous habituons au bain japonais et l’eau nous semble tiède… Nous visitons l’Umeda Sky Building, vraiment beau et moderne ! Visite dans la ville et du quartier Dotonburi ou il y a de bons restaurants. Nous découvrons une spécialité d’Hiroshima : l’okonomiyaki, une sorte d’omelette, cuisinée sur des plaques devant vos yeux : très bon et en plus je sais comment ils font les vaguelettes sur le dessus des gâteaux type mille-feuille maintenant, vu qu’ils passent une sorte de sauce et qu’ils font le même style de dessin sur ces omelettes. Une ville très belle et agréable, nous aurions du y rester au moins une journée et une nuit de plus !
Jour 8 : Osaka - Chikutei pour Ryokan avec onsen en plein air perdu dans une station d’hiver… Une étape repos pour nous détendre et nous éloigner des hordes de touristes. La réservation pour cet endroit a été très difficile car pas d’information sur internet, il a fallu que de japonais au japon nous fasse la réservation (même un japonais en France n’a pas pu faute d’adresse ou de numéro de téléphone au japon…). Nous prenons un petit train (un seul wagon automoteur qui peut rouler dans les 2 sens) pour nous rendre à cet hôtel. Dans le village ou nous effectuons notre changement, nous en profitons pour aller manger un gros bol de nouilles. Le restaurateur n’a pas l’habitude de voir des étrangers ni même les autres personnes du village, toutes très accueillantes et aimables. Le restaurateur nous offre le café ! Une étape inoubliable pas sa simplicité et sa tranquillité en comparaison avec les lieux très touristiques recommandés dans tous les voyages. Nous arrivons à notre hôtel haut de gamme (le plus beau de notre séjour et le plus cher). L’objectif était de « nous mettre au vert » pour souffler un coup et surtout profiter d’un onsen, en plein air, avec les pierres et les bambous….missions accomplies, 3 bains en une journée et une nuit ! En prime un énorme dîner que nous n’avons pu finir une sorte de fondue de bœuf tranché finement, dans une chambre magnifique. Et pour renforcer l’idée des contradictions de ce pays, une télé à tube cathodique dont aucune chaine n’est réglée et qui grésille, tout ça dans le plus bel hôtel de notre séjour…vive la technologie japonaise.
Jour 10 : Chikutei pour Ryokan avec onsen - Himeji - Kurashiki Nous repartons avec une halte à Himeji pour voir son magnifique château qui vaut le détour. Puis nous enchainons pour aller passer la nuit à Kurashiki ou nous arrivons en fin d’après midi. Manque de chance, tous les articles que nous avons lus nous recommandaient cet endroit à visiter le soir, mais après 18h00, c’est une ville morte (du moins pour notre période début aout) !!! C’est très dommage car c’est vraiment mignon et ça vaut le détour, promenade le long de canaux et visite de boutiques avec artisanat local, très différent de ce qu’on trouve à Kyoto et très joli. Les boutiques communiquent entre elles…l’endroit est super mais il faudrait essayer d’y être pour le repas de midi et visiter dans la journée….mauvais timing.
Jour 11 : Kurashiki - Hiroshima Nous arrivons la veille des commémorations du 6 août… Nous visitons le parc de la paix, le musée Peace Memorial avec le dôme de la bombe A. Nous faisons vite le tour de la ville, qui ne mérite pas d’y passer trop longtemps. Il y a quand même beaucoup d’émotion et un magnifique message de paix pour revendiquer la non prolifération des armes nucléaires : un bel exemple à suivre !
Jour 12 : Hiroshima Jour des commémorations, il y a beaucoup de monde. Nous complétons quelques visites…
Jour 13 : Hiroshima - Miyajima - Tokyo Nous partons visiter l’ile de Miyajima. Ce n’est pas une étape indispensable mais elle m’a permis de gouter des huitres frites avec un plat de pâtes ! Peut être est ce du à la fin de notre voyage avec la fatigue liée à notre séjour itinérant, mais rien ne nous à marqué même si c’est joli…Nous rentrons sur Tokyo. Nous avions envisagé de visiter les gorges de Sandankyo mais il aurait fallu passer une nuit de plus à Hiroshima ou du moins ne pas rentrer jusqu’à Tokyo.
Jour 14 : Tokyo 14 jours au Japon et presque aucun passé à Tokyo, il y a de quoi faire pourtant…il aurait fallu mieux nous renseigner avant le voyage pour profiter des endroits à visiter. A noter une cependant une rue avec beaucoup de jeunes et plein de boutiques, pas très loin du parc ou d’autres jeunes aux looks de manga attendent à l’entrée du parc (enfin seulement 3 costumes dans notre cas…), une belle avenue comparée aux Champs Elysées, un centre commercial haut standing et un endroit touristique idéal pour compléter les cadeaux…
Jour 15 : avion Renseignez vous avant pour les horaires de train pour aller à l’aéroport car il n’est pas à côté et il faut du temps pour y aller. Le train est bien chargé... Vérifiez si vous devez réserver une place ou non et dans quelle classe…
Conclusion :
Il nous a fallu beaucoup de temps pour planifier ce voyage. Il y a forcément des avantages et des inconvénients : plus de liberté, niveau d’hôtel moindre que sur un gros tour, plus d’originalité, cout plus faible…Il faut remarquer que le japon est un pays où il est possible d’improviser sur place (au risque de ne trouver que des hôtels très chers suivant la période) ou de faire des réservations depuis la France avec internet. Nous avons organisé ce voyage en fonction de ce que nous avions pu lire et de nos envies, en comparant différents tours et autres commentaires de voyages au japon. Nous avons essentiellement fait des étapes touristiques qui apparaissent dans plusieurs tours, avec d’autres étapes parfois peu touristiques et originales. En discutant avec d’autres touristes, il nous semble que nous n’avons pas trop oublié d’endroits à voir et même certains nous ont félicités d’être allés dans des endroits importants pas toujours prévus dans les tours (Kamakura et Kurashiki entre autres). Malgré des commentaires de certaines personnes comme quoi Koya San ne vaut pas le détour, nous le recommandons car c’est une étape qui nous a marqué et que nous avons appréciée. Ca change des temples et des grandes villes et le voyage est agréable. Nous avons eu un mauvais timing pour Kurashiki L et nous aurions pu nous dispenser de Miyajima et, peut être, remplacer par les gorges de Sandakyo. Nous aurions pu passer une journée de moins à Hiroshima pour passer une journée de plus à Osaka qui est la grande ville que nous avons le plus aimé. Une journée et une nuit dans un endroit qui n’apparait dans aucun tour et dont personne ne parle (Chikutei) est une de nos fiertés et un excellent souvenir, encore faut-il réussir à réserver...
J’ai mon fichier excel à disposition si vous êtes intéressés pour les hôtels, journées, adresses et les visites essentielles à faire que j’ai pu regrouper avant le voyage.
PS: 1 an et demi après notre voyage je fais ce post pour donner des idées, pour répondre au concept d'entraide mutuelle et pour tenir mon engagement lors de mon inscription sur le forum (mieux vaut tard que jamais). Bon voyage!
Jour 1 : avion Départ de France en début d’après midi.
Jour 2 : Tokyo Arrivée à Tokyo vers 7h00 du matin après une nuit en avion. Nous n’avons pas assez dormi dans l’avion et voila que nous attend une dure journée, chaude et humide. Nous allons récupérer notre chambre d’hôtel et poser nos affaires. Impossible de résister à une sieste qui ne demande qu’à durer, mieux vaut se forcer à se lever et à s’activer pour faire une bonne nuit le soir venu et s’adapter plus vite au décalage horaire. L’hôtel type européen est un très bon choix pour ne pas être trop dépaysé les premiers jours, avec douche et lit façon française. Nous aurons le temps par la suite de tester les manières de vivre à la japonaises. Nous récupérons nos JR pass valable 15 jours (c’est du budget mais indispensable et relativement optimisé pour notre voyage itinérant, un bon compromis entre pris et simplicité car jongler avec tous les trains pour économiser très peu prend beaucoup de temps et un changement de planning est vite arrivé). Visite autour de l’hôtel.
Jour 3 : Tokyo - Kamakura - Tokyo Nous faisons l’aller-retour Tokyo-Kamakura dans la journée. La visite vaut le coup, c’est vraiment à voir. La ville est très agréable. Nous visitons temples et jardins et assistons à une cérémonie du thé.
Jour 4 : Tokyo - Kyoto Nous partons pour Kyoto. Nous testons les beaux trains japonais qui sont incroyablement à l’heure et très confortables avec beaucoup d’espace pour les jambes. Arrivée à Kyoto, nous cherchons longtemps notre hotel Yamato Ryokan : il y a 2 hôtels qui ont presque le même nom (enfin un s’appelle Ryokan Yamato, et l’autre Yamato Ryokan…la nuance est subtile et nous nous faisons avoir L ). Ce ryokan est excellent, avec un très bon petit déjeuner et bien placé. C’est une très bonne occasion pour tester les bains japonais car petits et donc pas trop intimidants pour une première fois (pour les femmes, possibilité d’être 2 ou 3 en même temps, pour les hommes, difficile d’être 2 dans le bain). L’eau est très chaude quand on n’est pas habitué. Nous visitons le Kyomizudera (perché sur la coline, il offre une très belle vue de la ville, c’est un des plus beaux temples car beaucoup d’autres ne sont que des pavillons de bois ou milieu de beaux jardins). La rue qui monte au temple est un des meilleurs endroits pour acheter des souvenirs (diversité et qualité). Nous finissons la journée par la visite de Fushimi Inari ou il y a de nombre Tori qui tracent des parcours dans la colline. Le soir, un petit tour dans Gion et un autre quartier vivant le soir, le long de la rivière, avec beaucoup de restaurants.
Jour 5 : Kyoto - Nara - Kyoto Une belle visite de Nara avec ses parcs et ses musées. Possibilité de toucher les biches pas farouches du tout ! Si vous achetez des biscuits pour leur donner, elles viendront se servir sans que vous les invitiez quitte à vous effrayer par leur détermination. Nous visitons le parc de Nara et le temple Todaiji avec une statue de Bouddha qui est le plus grand édifice en bois du monde. Nous envisagions de visiter le temple Horyuji à l'extérieur de Nara mais nous n’avons pas pris le temps.
Jour 6 : Kyoto Nous visitons de nombreux temples, heureusement que les jardins sont de vrais havres de paix qui permettent de nous ressourcer. D’ailleurs visiter un temple consiste à faire un tour dans un très beau jardin… et même si tous les jardins sont différents, il me semble inutile de trop insister à vouloir voir tous les temples. Nous visitons le temple en or, le jardin secs zen et le jardin lunaire et jardin sec Ryuanji, le pavillon d’argent et empruntons le chemin de la philosophie (très agréable pour changer un peu des temples). Nous envisagions de visiter le temple Byodoin à Uji et faire une cérémonie du thé, mais nous n’avons pas pris le temps. Ca semble valoir le coup d’œil d’après quelques photos vues sur internet et quelques commentaires lus.
Jour 7 : Kyoto - Koya San Nous voilà partis pour Koya San, le voyage est très agréable, avec un petit train qui grimpe dans la colline au milieu d’une forêt très dense puis un funiculaire et un bus pour enfin arriver dans Kyoa San. Nous allons récupérer nos chambres à l’hôtel Eko-In. Seul inconvénient, c’est que le diner est servi très tôt ce qui ne nous laisse pas beaucoup de temps pour visiter. Bain commun avant un bon diner servi royalement dans la chambre : la nourriture est bonne mais un peu particulière. Nous visitons le cimetière Okunoin dans la forêt de cèdres et le temple des lanternes. Attention aux moustiques qui nous dévorent ! Pensez à vous couvrir jambes et bras, même si vous trouvez qu’il fait chaud !
Jour 8 : Koya San - Osaka La journée commence très tôt pour assister aux cérémonies du feu et à une autre cérémonie. Les 2 s’enchainent. Puis retour dans la chambre ou un petit déjeuner très particulier est servi. Des légumes très salés et des nouilles ça change des croissants français ! Départ pour Osaka en milieu de matinée. Passage à l’hôtel et visites. Nous nous habituons au bain japonais et l’eau nous semble tiède… Nous visitons l’Umeda Sky Building, vraiment beau et moderne ! Visite dans la ville et du quartier Dotonburi ou il y a de bons restaurants. Nous découvrons une spécialité d’Hiroshima : l’okonomiyaki, une sorte d’omelette, cuisinée sur des plaques devant vos yeux : très bon et en plus je sais comment ils font les vaguelettes sur le dessus des gâteaux type mille-feuille maintenant, vu qu’ils passent une sorte de sauce et qu’ils font le même style de dessin sur ces omelettes. Une ville très belle et agréable, nous aurions du y rester au moins une journée et une nuit de plus !
Jour 8 : Osaka - Chikutei pour Ryokan avec onsen en plein air perdu dans une station d’hiver… Une étape repos pour nous détendre et nous éloigner des hordes de touristes. La réservation pour cet endroit a été très difficile car pas d’information sur internet, il a fallu que de japonais au japon nous fasse la réservation (même un japonais en France n’a pas pu faute d’adresse ou de numéro de téléphone au japon…). Nous prenons un petit train (un seul wagon automoteur qui peut rouler dans les 2 sens) pour nous rendre à cet hôtel. Dans le village ou nous effectuons notre changement, nous en profitons pour aller manger un gros bol de nouilles. Le restaurateur n’a pas l’habitude de voir des étrangers ni même les autres personnes du village, toutes très accueillantes et aimables. Le restaurateur nous offre le café ! Une étape inoubliable pas sa simplicité et sa tranquillité en comparaison avec les lieux très touristiques recommandés dans tous les voyages. Nous arrivons à notre hôtel haut de gamme (le plus beau de notre séjour et le plus cher). L’objectif était de « nous mettre au vert » pour souffler un coup et surtout profiter d’un onsen, en plein air, avec les pierres et les bambous….missions accomplies, 3 bains en une journée et une nuit ! En prime un énorme dîner que nous n’avons pu finir une sorte de fondue de bœuf tranché finement, dans une chambre magnifique. Et pour renforcer l’idée des contradictions de ce pays, une télé à tube cathodique dont aucune chaine n’est réglée et qui grésille, tout ça dans le plus bel hôtel de notre séjour…vive la technologie japonaise.
Jour 10 : Chikutei pour Ryokan avec onsen - Himeji - Kurashiki Nous repartons avec une halte à Himeji pour voir son magnifique château qui vaut le détour. Puis nous enchainons pour aller passer la nuit à Kurashiki ou nous arrivons en fin d’après midi. Manque de chance, tous les articles que nous avons lus nous recommandaient cet endroit à visiter le soir, mais après 18h00, c’est une ville morte (du moins pour notre période début aout) !!! C’est très dommage car c’est vraiment mignon et ça vaut le détour, promenade le long de canaux et visite de boutiques avec artisanat local, très différent de ce qu’on trouve à Kyoto et très joli. Les boutiques communiquent entre elles…l’endroit est super mais il faudrait essayer d’y être pour le repas de midi et visiter dans la journée….mauvais timing.
Jour 11 : Kurashiki - Hiroshima Nous arrivons la veille des commémorations du 6 août… Nous visitons le parc de la paix, le musée Peace Memorial avec le dôme de la bombe A. Nous faisons vite le tour de la ville, qui ne mérite pas d’y passer trop longtemps. Il y a quand même beaucoup d’émotion et un magnifique message de paix pour revendiquer la non prolifération des armes nucléaires : un bel exemple à suivre !
Jour 12 : Hiroshima Jour des commémorations, il y a beaucoup de monde. Nous complétons quelques visites…
Jour 13 : Hiroshima - Miyajima - Tokyo Nous partons visiter l’ile de Miyajima. Ce n’est pas une étape indispensable mais elle m’a permis de gouter des huitres frites avec un plat de pâtes ! Peut être est ce du à la fin de notre voyage avec la fatigue liée à notre séjour itinérant, mais rien ne nous à marqué même si c’est joli…Nous rentrons sur Tokyo. Nous avions envisagé de visiter les gorges de Sandankyo mais il aurait fallu passer une nuit de plus à Hiroshima ou du moins ne pas rentrer jusqu’à Tokyo.
Jour 14 : Tokyo 14 jours au Japon et presque aucun passé à Tokyo, il y a de quoi faire pourtant…il aurait fallu mieux nous renseigner avant le voyage pour profiter des endroits à visiter. A noter une cependant une rue avec beaucoup de jeunes et plein de boutiques, pas très loin du parc ou d’autres jeunes aux looks de manga attendent à l’entrée du parc (enfin seulement 3 costumes dans notre cas…), une belle avenue comparée aux Champs Elysées, un centre commercial haut standing et un endroit touristique idéal pour compléter les cadeaux…
Jour 15 : avion Renseignez vous avant pour les horaires de train pour aller à l’aéroport car il n’est pas à côté et il faut du temps pour y aller. Le train est bien chargé... Vérifiez si vous devez réserver une place ou non et dans quelle classe…
Conclusion :
Il nous a fallu beaucoup de temps pour planifier ce voyage. Il y a forcément des avantages et des inconvénients : plus de liberté, niveau d’hôtel moindre que sur un gros tour, plus d’originalité, cout plus faible…Il faut remarquer que le japon est un pays où il est possible d’improviser sur place (au risque de ne trouver que des hôtels très chers suivant la période) ou de faire des réservations depuis la France avec internet. Nous avons organisé ce voyage en fonction de ce que nous avions pu lire et de nos envies, en comparant différents tours et autres commentaires de voyages au japon. Nous avons essentiellement fait des étapes touristiques qui apparaissent dans plusieurs tours, avec d’autres étapes parfois peu touristiques et originales. En discutant avec d’autres touristes, il nous semble que nous n’avons pas trop oublié d’endroits à voir et même certains nous ont félicités d’être allés dans des endroits importants pas toujours prévus dans les tours (Kamakura et Kurashiki entre autres). Malgré des commentaires de certaines personnes comme quoi Koya San ne vaut pas le détour, nous le recommandons car c’est une étape qui nous a marqué et que nous avons appréciée. Ca change des temples et des grandes villes et le voyage est agréable. Nous avons eu un mauvais timing pour Kurashiki L et nous aurions pu nous dispenser de Miyajima et, peut être, remplacer par les gorges de Sandakyo. Nous aurions pu passer une journée de moins à Hiroshima pour passer une journée de plus à Osaka qui est la grande ville que nous avons le plus aimé. Une journée et une nuit dans un endroit qui n’apparait dans aucun tour et dont personne ne parle (Chikutei) est une de nos fiertés et un excellent souvenir, encore faut-il réussir à réserver...
J’ai mon fichier excel à disposition si vous êtes intéressés pour les hôtels, journées, adresses et les visites essentielles à faire que j’ai pu regrouper avant le voyage.
PS: 1 an et demi après notre voyage je fais ce post pour donner des idées, pour répondre au concept d'entraide mutuelle et pour tenir mon engagement lors de mon inscription sur le forum (mieux vaut tard que jamais). Bon voyage!
À nous le Mexique! (du 9 au 29 janvier)
Avant de parcourir le Mexique, nous avons fait un crochet dans le sud de l'Arizona que nous ne connaissions pas encore. Après ça, direction Mexico en avion, puis route vers la côte Caraïbe, souvent en bus, notre fidèle sac à dos, toujours sur les épaules... Attention attention, ce carnet de voyage est long ; gardez bien les yeux ouverts, c'est parti !!!
9 janvier
C’est une journée marathon qui nous attend aujourd’hui. Départ de chez mes parents à 4h pour une arrivée à Roissy à 5h30. S’ensuivent les formalités d’enregistrement, un petit déjeuner, puis, l’embarquement dans notre avion Air France. On décolle finalement à 9h30 avec une heure de retard ; notre avion devant subir un dégivrage. Il faut en effet préciser que ce matin, à Paris, la température ne dépasse pas les -10° C ! Après cela, vol sans histoire agrémenté de deux repas et de deux films (« L’oeil du mal » et « Harcelés »). Seul problème à déplorer : mon écran individuel ne fonctionne pas ; je me replie sur celui de Sandrine ! Arrivés à l’aéroport JFK de New York vers 11h, heure locale, il nous faut changer de terminal, pour cette fois-ci, prendre notre vol à destination de Phoenix. Il nous faut alors patienter quelques 6 heures… tout juste le temps pour nous jeter sur notre premier burger chez Wendy’s… Après ça, sieste improvisée sur les sièges peu confortables de l’aéroport, puis embarquement. Ce vol est effectué par Delta Airlines. Rien à voir avec le standing d’Air France ! Tout est payant, même pour pouvoir voir un film… Nous avons tout de même pris un plateau repas (fromage, fruits secs, légumes crus et houmous). Le vol est très long car c’est seulement après 5h30 que nous apercevons Phoenix. Il fait nuit, il est 20h30 et la ville scintille de mille feux. L’aéroport est situé au milieu de la ville, ce qui nous permet de voir qu’elle s’étend à perte de vue : 80 km de long sur 50 de large ! Après avoir débarqué, nous récupérons notre sac. Ouf, le transfert à New York s’est bien déroulé. Maintenant, direction l’agence de location de voitures (Budget) que l’on gagne grâce à une navette. Là, on récupère une Ford Focus berline qui va nous suivre durant cette semaine. C’est parti, à nous les States ! Bon, la suite est un peu moins glorieuse. On cherche pendant une heure notre hôtel alors qu’il n’est situé qu’à 4 miles de l’aéroport. Merci au co-pilote !... A sa décharge, il est assez difficile de s’y retrouver. L’hôtel Red Roof nous attend pour une bonne nuit de sommeil. Il est 7 heures du matin en France. Notre marathon est terminé…
10 janvier
Malgré le décalage horaire, nous avons très bien dormi et nous nous sommes réveillés à 7 heures, heure locale, c’est-à-dire à 15 heures, heure française. Dehors, le soleil se lève à peine ; le temps est parfait. Après un chocolat chaud pris à l’hôtel, c’est parti pour notre road trip ! Avant de rouler en direction de l’Apach trail, nous nous arrêtons à un Wallgreen acheter notre petit déjeuner et notre repas du midi. Pour nous aider à trouver l’entrée de l’Apach trail, nous demandons renseignements à l’hôtel, puis au magasin : Personne ne connaît ! Ce serait comme demander à un parisien s’il connaît le château de Versailles et qu’il nous réponde qu’il ne connaît pas ce site… Bref, on se débrouille et trouvons notre chemin assez facilement. En route, on aperçoit que de nombreux américains vivent dans des mobil homes organisés en de véritables villes. Concernant les paysages de l’Arizona, ils correspondent à l’idée que je m’en étais faite : semi aride et accidenté. Aussitôt sortis de Phoenix, nous commençons à voir de plus en plus de cactus Sagaro qui sont l’emblème de l’état. Après environ 40 minutes, nous atteignons le village fantôme de Goldfield. Il n’est que 9 heures et nous sommes presque les premiers touristes à arriver sur place. Tant mieux pour les photos ! Le village, à cette heure-là, est vraiment « fantôme » et nous avons à notre disposition un merveilleux ciel bleu. Les bâtisses sont en très bon état, on a vraiment l’impression d’être dans un de ces westerns… Seule ombre au tableau, quelques bâtiments ont été aménagés en boutiques à touristes, ce qui enlève une part d’authenticité… Soit, on profite tout de même des lieux et de l’ambiance de l’endroit en passant du saloon à la prison en passant par l’ancienne église, sans oublier la vieille mine. On décide alors de faire le tour du village dans un ancien train à vapeur. 20 minutes sont nécessaires pour effectuer cette balade parmi les cactus en profitant de la vue d’ensemble sur le village avec en arrière plan les Superstitions Mountains. De retour « en ville », on assiste à un gunfight organisé dans la rue tout en sirotant un smothie. Le spectacle est sympa, par contre, le smothie est… fade. Au final, bien que touristique, Goldfield nous a bien plu et s’affirme comme un arrêt incontournable sur l’Apach trail ! Ce trail nous emmène ensuite jusqu’à l’Apach lake où nous nous arrêtons pour pique niquer au bord de l’eau. Ensuite, malgré de nombreux arrêts photos, nous arrivons rapidement à Tortilla Flat où un arrêt s’impose. On trouve dans ce lieu-dit perdu au milieu de nulle part un saloon insolite. Tous les murs (même aux toilettes) sont recouverts de billets de banque dédicacés par leurs donnateurs. De plus, les chaises du bar sont des selles de cheval. Dans la cour, nous écoutons quelques minutes un groupe de country… La baignoire de l’établissement aurait été utilisée par Wyatt Earp en personne !
Quelques kilomètres plus tard, la route se transforme en piste de terre battue (en très bon état) sillonnant à travers la Tonto National Forest. La forêt en question est constituée de Sagaro. Je ne m’attendais d’ailleurs pas à en trouver autant par ici… Je ne m’attendais également pas à voir sur l’Apach trail des panoramas aussi beaux et accidentés. Ce trail mérite vraiment d’être parcouru ! Après avoir longé le Roosevelt lake et vu son impressionnant barrage (le trail a d’ailleurs été construit pour accéder à la construction de ce barrage), nous retrouvons la route goudronnée. Il nous faut alors gagner la ville de Tucson où nous avons prévu de dormir ce soir. Deux bonnes heures sont nécessaires… La route est toute droite pendant une centaine de kilomètres sans traverser le moindre village. Niveau végétation, toujours des sagaros et autres cactus. On assiste à un coucher de soleil flamboyant sur les montagnes et à un lever de lune violacé. Tout juste arrivés à l’hôtel Howard Johnson Inn, nous repartons pour passer la soirée au Maverick, un club country situé à l’autre bout de la ville. Nous sommes visiblement les seuls touristes et faisons un peu tâche dans cet environnement de stetsons et de santiags. Soit, nous y passons un très bon moment à regarder les gens se déhancher et à discuter de football américain avec un autochtone ne comprenant pas comment nous faisions pour vivre en France sans ce sport… Après avoir englouti un big hamburger aux champignons noirs et une Budweiser, retour à l’hôtel… et dodo !
11 janvier
Alors que nous avions mis le réveil pour 8 heures, nous nous réveillons naturellement une heure plus tôt. Juste le temps de prendre notre petit déjeuner à l’hôtel, et nous prenons la route, direction le sud pour rejoindre la célèbre ville western de Tombstone. Pour cela, nous traversons la campagne américaine. On y voit par exemple des rangées de boîtes aux lettres disposées le long de la route alors qu’il n’y a pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde. On prend alors toute la mesure de ce que sont les grands espaces américains… Après une heure de route, Tombstne est en vue. Cette ville est surtout connue pour avoir vu se dérouler le fameux règlement de comptes à Ok Corral… Wyatt Earp, ses frères, et Doc Holiday ont affronté dans la rue les frères Clanton et Mc Laury. Les faits sont d’ailleurs relatés dans plusieurs films comme Tombstone ou Wyatt Earp pour ne citer que les plus récents… Notre premier arrêt est le célèbre cimetière d’époque appelé ici Boothill Grave Yard, situé à gauche en entrant dans Tombstone. On y voit les tombes des frères Clanton et Mc Laury (qui ont donc perdu leur duel), mais également des tombes aux épitaphes originaux comme celui-ci : « Il avait raison, nous avions tord, pendu par erreur ». Nous allons ensuite nous promener dans la vieille ville où la rue principale toute en longueur, présente d’anciennes bâtisses très bien conservés ou restaurés. Côté ambiance, de nombreuses personnes arborent des costumes d’époque. Les gens montent des chevaux dans la rue… Il y a même des diligences qui promènent les touristes contre un billet de 5… On s’y croirait presque ! On est par contre régulièrement abordé par des rabatteurs qui nous vantent les mérites de leurs restaurants ou autres boutiques, ce qui nous ramène rapidement à la réalité.
On visite le Bird Cage Theater, un ancien théâtre bordel où tout est resté en l’état depuis 1900 : tapisseries, moquettes, … et balles logées dans les murs ! Bien sûr, la boutique à la sortie, elle, n’est pas d’origine ! On voulait ensuite assister à la reconstitution de la fameuse scène d’Ok Corral. Le spectacle est malheureusement prévu à une heure trop avancée de la journée ; nous échouons donc devant un western comédie… Ce ne sera pas notre meilleur investissement du voyage !!! Je ne conseille donc pas, surtout si on ne maîtrise pas parfaitement les subtilités et jeux de mot de la langue anglaise… Petite anecdote à raconter : en sortant du spectacle, une famille américaine, voyant que nous n’étions pas du coin, nous demande d’où nous venons. Nous lui répondons naturellement « France » ! Le fils se tourne alors vers son père et lui demande : « Where is France ? » On a alors vu le père se décomposer, ne sachant pas lui répondre…
Il est maintenant l’heure de déjeuner. Nous choisissons le « Big Nose Kate’s sallon » conseillé par le Routard. A l’intérieur, il règne une ambiance des plus western : cowboys au regard noir, filles de joie en tenues d’époque, musique country et reconstitution de scènes avec participation des clients. Au menu, salade (pour la conscience) et hamburgers (pour le plaisir). Au final, Tombstone mérite un détour et nous a bien plu. Toutefois, il est dommage que cette ville ait un peu vendu son âme au bénéfice du tourisme de masse. On a parfois l’impression de se promener dans un parc d’attraction à thème…
Nous reprenons notre véhicule et nous dirigeons vers Bisbee. Les paysages sont à nouveau très plaisants. Par contre, Bisbee sera pour moi une déception. Je n’y ai pas trouvé ce que j’avais pu lire avant d’y venir. Il n’y a pas grand’chose à y voir et on a plus l’impression d’être en France plutôt qu’aux States… Seule la vue générale de la ville et des collines aux alentours vaut une photo…
A nouveau, nous reprenons la voiture pour gagner la ville de Douglas, à la frontière avec le Mexique, où j’ai réservé une nuit au Motel 6. Là, après le check-in, nous décidons de faire une petite sieste. Il est 17 heures…Je me réveille à 6 heures, le lendemain matin… Certainement le contrecoup du décalage horaire…
12 janvier
La nuit a été longue et réparatrice. Un petit tour chez Denny’s pour un petit déjeuner gargantuesque (bacon, saucisses, omelette, pommes de terre, pancakes, muffins, …) et nous voilà partis pour le Chiricahua National Park. Comme d’habitude, nous demandons notre chemin dans Douglas et les gens ne connaissent même pas l’existence de ce lieu pourtant situé près de chez eux ! Sur la route, je stoppe le véhicule sur le bas côté afin de prendre une photo de la route toute droite sur des kilomètres, au milieu de prairies grillées par le soleil. Surgit alors de nulle part un véhicule de police s’arrêtant à ma hauteur… « Désolé M. le policier, je ne recommencerai pas, pitié… ». Non, rien de tout ça, il voulait seulement savoir si j’avais un problème… Mais bon, on ne sait jamais, je me voyais déjà plaqué au sol, les menottes aux poignets… Notre culture TV nous joue des tours… Entrés dans le parc, nous avons l’impression d’être seuls. En signant le livre d’or, on s’aperçoit effectivement être les premiers à pénétrer dans le parc aujourd’hui. Les rangers sont sympas ; ils sont contents d’apprendre que des français font le déplacement pour venir visiter leur parc assez méconnu. En sortant du visitor center, nous tombons nez à nez avec une sorte de raton laveur qui paraît encore plus surpris que nous. Et sur la route qui parcourt le parc, on aperçoit une biche… Cette fois, c’est sûr, nous ne sommes pas seuls !
Une fois en haut, une magnifique vue sur les nombreux monticules rocheux s’offre à nous. Disons que cela ressemble un peu à Bryce Canyon en moins impressionnant et en moins… rouge ! Nous décidons de faire une première petite randonnée (Massai point trail). Nous ne sommes pas déçus : concrétions rocheuses, cheminées de fée, … et toujours ce ciel bleu magnifique. Par endroit, subsistent quelques congères de neige… Je parviens à décider Sandrine pour une seconde randonnée, un peu plus longue (Echo canyon trail). Celle-ci est encore plus belle puisqu’on descend parmi toutes ces concrétions atypiques. Au final, ce parc fut une très agréable surprise. Je ne comprends d’ailleurs pas qu’il soit si peu mis en avant. Ce doit être dû à sa situation excentrée par rapport aux autres parcs majeurs du grand ouest américain… mais certainement pas à cause de ses paysages !
Sur la route du retour vers Tucson, nous nous arrêtons à Cochise (ça ne s’invente pas) afin d’y acheter de quoi manger et de téléphoner à mes parents pour avoir quelques nouvelles de notre petite Anna. Elle nous manque tellement ; nous étions émus de pouvoir l’entendre malgré la distance… Quelques miles après, nous sommes arrêtés par la police des frontières ; Mexique oblige. L’agent nous demande nos papiers et nous dévisage en nous posant quelques questions, avant de nous laisser repartir. Pour le repas, ce sera pique nique rapide sur un parking où on contemple de gros camions customisés.
Le programme de la fin d’après-midi nous emmène au Old Tucson Studios. Les Old Tucson Studios sont un grand village western reconstitué. Ils ont servi au tournage de plus de 300 films et séries western. Atelier du maréchal-ferrant, ancienne gare, église avec son cimetière, tout y est… Le parc ferme malheureusement à 16 heures. Nous n’avons pas eu le temps de tout voir mais notre billet est valable deux jours. Peut-être y reviendrons-nous demain si nous avons le temps… Nous rejoignons donc notre hôtel, non sans mal ! Les sorties de la route 10 sont en effet en travaux. Aucune déviation… Si bien que nous passons, et repassons maintes fois devant notre hôtel sans pouvoir sortir de l’autoroute (les sorties étant en travaux dans les deux sens !). Bilan : une heure de perdue ! Nous arrivons à l’hôtel vers 17h30. Nous consacrons le reste de la journée à l’envoi de mails à notre famille et à nos amis. Puis, un petit restaurant italien (Bianchi’s) pas très fameux et au lit !
13 janvier
Comme chaque nuit maintenant, je suis réveillé vers 5 heures du matin et il me faut me forcer pour me rendormir. On se lève à 7 heures et allons prendre notre breakfast à l’hôtel. Là, nous y entendons pour la première fois depuis notre arrivée parler français. Nous faisons ensuite route vers le Sonora Desert museum, situé en banlieue de Tucson et à proximité du parc national Sagaro. Le site est d’ailleurs très bien situé puisque étant entouré de ces fameux cactus et surplombant le désert de Sonora. Arrivés très tôt, nous y passons la matinée à déambuler dans les allées, allant des enclos des animaux du désert (pumas, antilopes, fennecs, loups, …) aux expositions géologiques et préhistoriques. On assiste alors à une démonstration de vols des oiseaux du désert. Différents aigles et autres rapaces survolent le parc, allant d’un fauconnier à un autre. Tout cela nous emmène jusqu’à l’heure du repas que nous prenons au restaurant du musée. Au final, ce musée en plein air nous a bien plu de par son environnement et ses explications interactives. Je conseille donc cette visite qui complète parfaitement notre programme de l’après-midi, c’est-à-dire le Sagaro National Park, partie ouest.
Après quelques miles, nous faisons un arrêt au visitor center du parc afin de nous acquitter des droits d’entrée. Ici, il n’y a en effet pas de guichet en bordure de route comme dans les autres parcs déjà visités. Déjà, nous sommes entourés de collines recouvertes de centaines, … de milliers de petits bâtonnets verts, c’est-à-dire de cactus endémiques de la région. Nous empruntons, pour commencer, le Bajada loop. Le ciel bleu azur contraste parfaitement avec le vert des sagaros. On espère que les nombreuses photos restitueront ces magnifiques panoramas. A la pancarte « View trail », nous garons notre Focus et débutons cette courte randonnée nous menant à un soi-disant magnifique point de vue. En haut, on se retrouve en effet au milieu d’une mer de cactus que l’on peut contempler à perte de vue. De plus, nous sommes seuls ; et ça, ça n’a pas de prix ! Il est vrai que durant notre périple, nous n’avons que très rarement croisé d’autres touristes. Pourtant, le climat est idéal : 25° et un ciel parfaitement bleu !
Une fois finie notre boucle dans le parc, nous repartons vers Tucson. Nos billets pour le parc Old Tucson Studios étant encore valables, nous nous y arrêtons une nouvelle fois afin d’y continuer notre visite entreprise la veille. On y voit par exemple des vêtements d’acteurs portés lors des tournages des films ou séries sur le site : Will Smith dans Wild Wild West, … et surtout ceux de Charles et Laura Ingalls dans la Petite maison dans la prairie ! On visite une reconstitution de mine, on assiste à un gunfight, … Ce parc à l’entrée onéreuse (17$) s’avère finalement agréable, surtout pour les férus de western. Disons qu’il est bien placé et permet de combler un trou dans un planning… A la fermeture, retour vers Phoenix où nous passerons notre dernière nuit aux Etats-Unis. En route, nous nous arrêtons à une station service afin d’y faire le plein ; ça fait plaisir de payer un plein de carburant 20$... Ca nous change ! A destination, nous prenons possession de notre chambre au Quality Inn. Une petite sieste, un peu de zapping et on finira la journée au Mc Do du coin, n’ayant pas réussi à trouver un restaurant figurant dans le Routard (Minder Binder).
14 janvier
Journée de transition en ce 14 janvier puisque nous terminons notre voyage en Arizona pour commencer celui au Mexique. Notre avion étant prévu à 15h, nous profitons de la matinée pour nous reposer à l’hôtel : petit déjeuner à l’hôtel avec gaufres faites sur place, envoi de mails et baignade dans la piscine et le jacuzzi. Là, j’y ai rencontré un américain avec qui j’ai discuté pendant une heure… du Mexique. Sympa, d’ailleurs, ce Victor, qui m’a invité à venir chez lui, à Las Vegas, lorsque j’y passerai… Puis viennent les formalités habituelles : check out à l’hôtel, restitution du véhicule (en 30 secondes), navette pour l’aéroport et enregistrement des bagages. Ne sachant pas si un repas nous sera servi dans l’avion nous menant à Mexico, nous patientons devant un dernier hamburger chez Burger King. Pas besoin de se casser la tête pour choisir le restaurant, il n’y a que des fast food dans l’aéroport ! Après avoir appelé en France où il fait 0°, nous prenons notre avion pour Mexico avec un arrêt d’une heure à Hermosillo, dans le nord du pays. Dans la conversation que j’ai avec Sandrine dans l’avion, je sens une pointe d’inquiétude concernant le fait de prendre le métro à Mexico à cette heure avancée (21h) pour gagner notre hôtel. Pour la rassurer, nous prendrons donc un taxi officiel… Il faut toujours ménager une femme enceinte ! Bizarrement, nous récupérons notre bagage sans passer de douane et donc sans qu’on nous appose de tampon sur notre passeport… On verra bien le jour de notre départ ! On prend donc ensuite le taxi (127 pesos) et traversons à toute vitesse cette immense mégalopole de 20 millions d’habitants. On a l’impression que le chauffeur fait une course contre la montre. Bon, on arrive entier à notre auberge de jeunesse où j’ai réservé une chambre double par mail (Mexico city Hostel). De l’extérieur, le bâtiment ne paie pas de mine, mais l’intérieur colonial est très beau. L’hôtel est situé à deux pas du zocalo. Quant à notre chambre, elle est simple mais propre ; et c’est là le plus important…
15 janvier
Le réveil sonne et nous sort difficilement du lit à 6h30. On veut en effet arriver tôt sur le site de Teotihuacan qui est au programme d’aujourd’hui. La nuit a été très bruyante. Des clients ont regardé la télévision avec un volume très élevé une bonne partie de la nuit ; on avait l’impression d’y être, la salle TV étant pourtant située deux étages plus bas…
C’est donc bien impatients de découvrir ce site mythique que nous gagnons le terminal de bus « del Norte » en métro. Ce dernier, très propre et très fonctionnel, nous permet de gagner rapidement le terminal où nous achetons aussitôt notre billet aller pour Teotihuacan. Les mexicains sur place nous indique dans quel bus monter sans qu’on leur demande quoi que ce soit. Les touristes ne doivent prendre que cette destination-là… Après une heure de route à travers la banlieue et les bidonvilles de Mexico, nous apercevons enfin la première pyramide de notre circuit. Cette cité des dieux, classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité, présente surtout deux immenses pyramides reliées par un axe, la Chaussée des Morts, au bord duquel sont érigés des temples de taille moindre ; le tout étant essentiellement dédié aux divinités que sont le soleil et la lune. Nous imaginons la dévotion et la vénération qu’il fallait que cette civilisation leur porte pour construire des édifices aussi colossaux. Pour comparaison, la pyramide du soleil représente un volume un peu moins important que Khéops, mais plus élevé que Kephren. C’est pour dire si elle en impose ! Avant d’approcher les pyramides, nous débutons notre visite par la citadelle, à deux kilomètres de la pyramide de la lune qui constitue l’extrémité de la Chaussée des Morts. Tout serait parfait si le dieu soleil avait pu faire acte de présence. En effet, le ciel est couvert et la luminosité pour les photos n’est pas parfaite. Les quelques gouttes senties nous font même dire que le ciel n’est pas voilé que par la pollution typique de Mexico…
Un petit tour au musée du site, très bien agencé, puis arrive enfin le moment où nous débutons l’ascension de la pyramide du soleil. Contrairement aux photos vues sur le net où les gens se bousculaient dans les escaliers, ici, nous sommes seuls… Les marches sont hautes et irrégulières ; Sandrine, enceinte, commence à peiner… Un dernier effort et nous y sommes. Inutile de vous dire qu’à 46 mètres au dessus du sol, la vue est magnifique sur l’ensemble de cette ancienne cité. On s’assoit au sommet et profitons de cet instant privilégié, sans dire mot, pendant plusieurs minutes. La descente, accompagnée par quelques rayons de soleil, est beaucoup plus rapide. Nous enchaînons donc avec la marche vers la pyramide de la lune, majestueusement assise au bout de cette longue allée… La gravir est beaucoup plus aisé ; tout d’abord parce qu’elle est plus petite, mais surtout car l’étage supérieur est actuellement fermé au public. Quoi qu’il en soit, la vue est encore plus impressionnante ici dans la mesure où nous embrassons la Chaussées des Morts dans toute sa longueur. Là encore, nous nous asseyons et profitons de la vue.
Il est temps de repartir. Un petit coup d’œil au Palacio de Quetzalpapalotl et à ses colonnes intérieures, et nous nous postons en bord de route à la sortie n°3 du site afin d’y attendre notre bus qui arrivera au bout de quelques minutes. Au final, j’ai beaucoup aimé cette visite malgré un temps un peu capricieux. Sandrine, certainement plus exigeante, a trouvé le site intéressant mais a moins été impressionnée par la masse des pyramides que lors de notre voyage en Egypte. De retour à Mexico, il nous faut maintenant nous sustenter… Nos premiers tacos al pastor (tacos de viande de porc marinée, coriandre et ananas) nous comblerons, ainsi que notre première agua fresque (fruit et eau)… Avant de pouvoir commencer la visite de la ville, il nous faut acheter les tickets de bus pour Oaxaca, le départ étant prévu pour demain soir. La boutique est difficile à trouver, même en s’aidant de notre guide. En effet, elle est située dans une arrière-cour, sans panneau indicateur… Une fois cette tâche accomplie, Mexico s’offre à nous. Cette mégalopole de 20 millions d’habitants a de nombreux trésors à offrir malgré sa pollution et son taux de criminalité qui font sa mauvaise réputation. Pour la plupart, ils se concentrent dans le centre historique, autour du zocalo, cette immense place (la troisième plus grande du monde) flanquée du plus grand drapeau au monde ! Nous débutons par le Palacio National, ancienne résidence du président mexicain. Ce palais est surtout connu pour les immenses fresques de Diego Rivera qui recouvrent ses murs. C’est vraiment intéressant de contempler ces magnifiques peintures qui retracent la vie du Mexique, du temps des aztèques à nos jours. Après ça, nous visitons la cathédrale et le Sagrario dont les intérieurs ne nous marqueront pas. J’avais ensuite prévu de passer la soirée sur la place Garibaldi, réputée pour ses mariachis. Malheureusement, une averse contraint nos plans et nous décidons de regagner l’hôtel. C’en est tout pour cette journée et pour nos jambes qui n’en demandaient pas tant !
16 janvier
Bon, la journée ne commence pas bien. Le bruit de la pluie résonne sur le toit de l’hôtel. De plus, chaque averse fait sonner l’alarme d’une voiture dans la rue… Et vu qu’il a plu presque toute la nuit… Vers 5h, des jeunes à l’étage sont rentré et se sont couchés en faisant bien attention à ce que tout le monde les entende… Au final, cet hôtel est vraiment très bruyant ! Après une bonne douche et un petit déjeuner, nous nous connectons à internet. Rien d’autre à faire car dehors, il pleut toujours. Dès la première accalmie, nous poursuivons la visite de Mexico commencée la veille. Mais comme hier, la lumière n’est pas bonne. Le cœur n’y est pas non plus… Première étape, le Templo Mayor qui nous déçoit beaucoup. Rien de bien intéressant à y voir. Nous empruntons ensuite la Calle de la Moneda censée être une belle rue coloniale. C’est sale et l’architecture n’est pas exceptionnelle. Bon, autant le dire tout de suite, nous ne sommes pas emballé par Mexico ! On ne retrouve pas dans cette ville l’idée qu’on se faisait du Mexique. Cela n’engage toutefois que nous et le mauvais temps y joue certainement pour beaucoup. Par contre, les mexicains nous font une bonne impression. Ils sont serviables et on ne ressent ici aucune agressivité. Nous partons ensuite à la recherche de la poste afin d’y acheter des timbres pour nos cartes écrites hier soir. On se retrouve alors dans un quartier plus riche, à proximité du musée des Beaux Arts. Sur le chemin du retour, nous trouvons le paradis des palais : un magasin qui vend des dizaines et des dizaines de pâtisseries différentes à des prix défiant toute concurrence (française). C’est décidé, nous y prenons notre déjeuner. En sortant, il se met à pleuvoir de nouveau. Nous décidons donc de prendre prématurément la direction du terminal des bus Tapo afin d’avancer notre départ vers Oaxaca. Adios Mexico ! Sur place, le bus de 14h est complet ; nous ne partirons donc qu’avec celui de 15h. Le temps pour nous de faire quelques achats pour notre repas du soir et de déambuler dans le terminal, digne d’un véritable aéroport. Le système est d’ailleurs similaire. On enregistre nos bagages et passons le contrôle de sécurité. C’est parti pour 6h de route ! Dehors, il pleut toujours… Et dire que nous sommes à la saison sèche ! On assiste tout de même à des scènes originales. A chaque arrêt de péage, des vendeurs nous propose leurs produits : cigarettes, boissons, chocolat, … et des chiots ! « Tiens, chérie, je vais aller au péage du coin nous acheter un chien ! » Pendant plusieurs kilomètres, nous suivons un pick up à l’arrière duquel sont une femme et ses quatre enfants. A 110 km/h, sous la pluie, cela ne doit pas être très confortable…
Plus on avance, plus les paysages se transforment. Après être passé à proximité du Popocatépetl (la tête dans les nuages), nous traversons une zone semi montagneuse couverte de yuccas géants. Puis viennent les cactus qui recouvrent les collines alentours.
Après une petite sieste et trois films en espagnol sur l’écran central, nous arrivons à Oaxaca. A l’entrée de la ville, nous sommes stoppés par un cortège de chars et de danseurs se dirigeant vers le centre. Bloqués une quinzaine de minutes, nous les regardons défiler alors qu’au loin sont tirés quelques feux d’artifice. Au terminal, après avoir récupéré nos bagages, nous filons vers le zocalo qui est en effervescence. Au premier coup d’œil et malgré l’obscurité, Oaxaca nous séduit. Cela ressemble au Mexique qu’on attendait ! Des maisons coloniales, de la musique dans les rues, de la couleur, … On espère pouvoir bénéficier d’un peu de soleil pour profiter de tout ça demain. L’auberge Paulina nous ravit également. Tout est propre et bien aménagé. Pour l’heure, nous allons nous coucher en imaginant ce que sera notre journée de demain.
17 janvier
Dès notre réveil, un petit coup d’œil par la fenêtre nous permet de voir que le ciel est bleu, sans aucun nuage : la journée s’annonce magnifique ! Nous nous empressons donc d’aller nous laver avant de nous rendre au petit déjeuner de l’hôtel qui nous ravit : jus d’oranges pressées, fruits frais, œufs sur le plat et toasts, … Nous filons ensuite vers le zocalo qui se réveille à peine. La ville est aussi belle de jour que de nuit ; cela confirme notre première impression de la veille. Des parterres de fleurs rouge vif recouvrent cette grande place entourée d’arcades et de terrasses de restaurants. L’ambiance est beaucoup plus cool qu’à Mexico… On peut y voir de nombreux mexicain se faisant « cirer les pompes »… On visite la cathédrale qui surplombe le zocalo et tentons de trouver l’escalier qui mène en haut des clochers… en vain… On rencontre beaucoup plus de touristes ici qu’à Mexico. Il faut dire que la ville est tellement agréable que c’est compréhensible. Les rues adjacentes au zocalo sont bourrées de charme. Chaque façade a sa couleur éclatante, ses grilles en fer forgé, son patio intérieur… Et ce soleil… Quel pied de se promener dans cette ville par 25° lorsqu’on sait qu’en France, ça caille… Des indiennes vendent leur artisanat. Un simple « No gracias » et elles n’insistent pas, contrairement à ce qu’on a rencontré dans d’autres pays.
Nous nous attardons ensuite dans l’église Santo Domingo à l’intérieur magnifique, exubérant ; chaque sculpture étant recouverte de feuilles d’or. On constate également que beaucoup de mexicains sont pratiquants. On retrouve en effet dans chaque lieu religieux un nombre important de personnes priant leur saint. Juste à côté de l’église, nous visitons ensuite l’ancien couvent Santo Domingo, son cloître, son jardin, sa bibliothèque et le trésor de Monte Alban qu’il renferme. La visite est sympathique mais pas incontournable (sauf pour les adeptes des musées). On redescend alors la rue principale où il est possible de lire des tags défendant la cause des indiens de la région. Cette rue nous mène jusqu’à notre restaurant sélectionné pour ce midi dans le Routard : la Casa Elpidia. On ne peut arriver en ce lieu par hasard ! Pas facile en effet de trouver ce petit resto anonyme où l’enseigne est minuscule. Pas de vitrine, pas d’indication. La porte d’entrée est fermée. Il nous faut sonner plusieurs fois pour qu’un vieux monsieur vienne nous ouvrir. On s’installe à une petite table donnant sur un petit jardin exotique. Nous sommes les seuls clients… Après quelques minutes, une vieille dame nous apporte une assiette de pâtisseries salées, puis une soupe. Vient le plat de viande, puis le dessert. Vous l’aurez compris, ici, pas de menu avec choix divers. On mange ce qu’on nous amène. Et c’est très bon. On ne connaît d’ailleurs pas le prix de ce qu’on mange. Et quand l’adition arrive, on se demande s’il n’y a pas d’erreur : 130 pesos pour deux, nourriture, jus d’orange et bière comprises (environ 7 euros). Vraiment une adresse insolite que je recommande vivement !
Après avoir acheté nos billets de bus pour Tuxtla Gutierrez pour demain soir et avoir téléphoner à notre fille, nous allons nous balader dans les deux marchés permanents de la ville, c’est-à-dire le mercado Juarez et le mercado 20 de noviembre. Dans le premier, on trouve surtout de l’artisanat et des vendeurs de fruits et de jus. On ne résiste pas et y buvons chacun ½ litre de jus d’oranges pressées succulent (10 pesos chacun). Dans le second, on y trouve de nombreuses échoppes où il est possible de manger des tacos ou de la viande grillée. On a l’impression que tous les mexicains de la ville se sont donnés rendez-vous ici pour le déjeuner malgré l’épaisse fumée et une forte odeur de graille. J’en profite pour tenter ma première expérience culinaire du voyage : les fameuses chapulines, spécialité de Oaxaca ! Imaginez de grands plats où se trouvent des milliers de sauterelles grillées et légèrement pimentées… L’expérience ne fut pas concluante. Je n’en ferai pas quatre heures…
Après ça, retour sur le zocalo… Bizarrement, nous revenons souvent sur cette place, simplement pour nous imprégner de l’ambiance familiale qui y règne. Et comme tous les samedis, beaucoup de monde vient ici. Des vendeurs de ballons, des musiciens, des confiseries ; en France, ce serait la fête annuelle de la ville. Ici, c’est tous les week-ends ! Beaucoup d’enfants jouent… et nous, nous profitons pleinement de ces moments.
Après une petite sieste réparatrice à notre hôtel, nous gagnons à nouveau le zocalo, cette fois-ci pour y prendre notre dîner. La nuit est tombée et il y a foule. On mange à la terrasse d’un restaurant qui a une magnifique vue sur la place et les festivités. Et là, seconde expérience culinaire. Je prends en effet un pollo negro. La recette est composée de poulet cuisiné dans une sauce noire et épaisse au cacao et au piment. Je m’en suis régalé même si le goût est atypique. Pour finir la soirée, nous écoutons des mariachis, regardons des danseurs de mambo et rentrons finalement nous coucher, les têtes pleines d’images de cette journée bien remplie.
18 janvier
C’est une nouvelle journée qui commence sous un soleil radieux. Après notre douche et petit déjeuner quotidiens, nous prenons la direction du terminal des bus 2ème classe qui permet de se rendre dans les villes et villages des environs. Nous sommes dimanche et c’est jour de marché à Tlacolula ; celui-ci m’ayant été vivement recommandé. Après 15 minutes de marche, nous arrivons au terminal qui n’a rien à voir avec son homologue de 1ère classe. C’est un peu l’anarchie : pas d’horaire, pas de parking… Seulement un baraquement et un terrain vague. Mais nous avons de la chance ; un homme nous interpelle en criant « Tlacolula » ! « Comment a-t-il deviné ? » Ni une, ni deux, nous montons dans son bus qui démarre aussitôt. Une heure de route dans ce chicken bus plus tard (12 pesos par personne), nous arrivons à destination. Sur place, pas besoin de demander son chemin, on suit toutes les personnes du bus qui se dirigent toutes dans la même direction… vers le marché. Celui-ci est immense ! Il est également magnifique, très coloré. Ce n’est pas trop pour les produits qu’on y trouve que je tenais à venir ici, mais bien pour les personnes qu’on peut y voir. En effet, les indiens des alentours viennent ici pour vendre leurs produits d’artisanat ou de culture, mais également pour y faire leurs achats et passer un moment en famille. En d’autres termes, c’est un peu la sortie du week-end ! Et comme ils arborent leurs tenues traditionnelles et colorées, on en prend plein les yeux ! Seul inconvénient, ils ne veulent pas être pris en photo. Dommage, il y aurait tellement à faire… Bon, j’arrive tout de même à en prendre quelques-unes (merci à mon téléobjectif) de façon clandestine... On prend ensuite notre jus d’oranges pressées quotidien que l’on déguste tout en marchant. On marche, on marche, … On ne voit toujours pas le bout de ce marché qui s’étend dans toutes les rues que nous croisons : toujours plus d’étalages, des légumes, des fruits, certains connus, d’autres pas du tout. Après quelques achats (chapeau, bouteille de mezcal), nous cherchons maintenant un endroit où manger. Un hangar où sont installés plusieurs cuisines ambulantes offre différents choix ; au final, nous nous installons dans un petit bui-bui, genre de restos que nous affectionnons. Nous sommes d’ailleurs l’attraction des quelques clients qui se demandent ce que font des étrangers ici. Le repas est très bon et copieux (enchiladas pour moi, soupe de riz et de poulet pour Sandrine)… et bien sûr, on s’en tire pour une poignée de pesos (100, pourboire inclus). Nous retrouvons ensuite le terminal des bus et apprenons qu’il n’existe pas de liaison directe pour Tule, situé dans la même vallée que Tlacolula, alors que nous avions prévu d’y aller. Selon le chauffeur du bus pour Oaxaca, il faut retourner à Oaxaca pour reprendre un autre bus pour Tule. Tant pis, on décide d’abandonner ce projet… Quand soudain, notre bus s’arrête ! Le chauffeur nous interpelle et nous fait descendre en nous expliquant qu’un bus passera normalement ici pour Tule. Nous nous retrouvons au milieu de nul part et commençons à nous demander si on a bien fait de descendre lorsqu’un bus apparaît au loin sur lequel on peut lire « Tule ». Au final, nous n’aurons pas attendu très longtemps et pourrons donc voir le célèbre arbre de Tule considéré comme étant le plus gros arbre au monde (tronc de 58 m de circonférence). Il est vraiment impressionnant auprès de sa petite église et nous ne regrettons pas le détour. Retour, pour finir, à Oaxaca, à bord d’un chicken bus « tuning ». On finit la journée sur le zocalo, parmi les familles mexicaines venues passer ici le dimanche. Ca fourmille de monde. Nous entamons une conversation avec un clown sympa à propos des différences entre la France et le Mexique. S’improvise alors une sorte de sketch sur le sujet, ce qui amuse beaucoup les personnes autour de nous. On se sent vraiment bien à Oaxaca et sommes un peu déçus de devoir quitter cette ville ce soir. Le bus de nuit est à 22h30. Nous partons pour Tuxtla, après avoir récupéré notre sac laissé à notre auberge et avoir mangé un hot dog sur le pouce en compagnie de deux mexicains sympas qui nous font même goûter leur boisson dans leur verre : crème de mezcal ! Un dernier petit tacos al pastor pris près du terminal, puis, c’est parti pour dix heures de bus que nous appréhendons un peu.
19 janvier
Nos appréhensions pour cette nuit de sommeil n’étaient pas fondées. Nous avons très bien dormi dans le bus et il me faut même réveiller Sandrine en arrivant à Tuxtla ! Il faut dire qu’on avait tout prévu. Nous avions dérobé les couvertures Air France lors de notre vol aller, ainsi que les caches yeux et les boules quies afin de nous prémunir contre le froid, le bruit et la lumière… Après une petite toilette rapide dans les sanitaires du terminal, nous prenons un taxi qui nous emmène directement à Chiapa de Corzo. Il n’y a en effet pas de navette collectivo à partir du terminal de bus… Chiapa de Corzo est le lieu de départ des excursions pour le canyon del Sumidero. Et là encore, bien que nous soyons un lundi, une fête se prépare ! Le Mexique doit être le pays où il y a le plus de fêtes au monde ! Nous achetons notre petit déjeuner au supermarché du coin et commençons à descendre vers les quais de la rivière, le Rio Grivalva. Arrivés sur place, c’est le calme plat ; il est 9 heures. On achète nos billets qui sont plus chers que prévu (150 pesos par personne) et on nous indique alors qu’il faut être au minimum 15 pour que l’embarcation puisse partir (sur 22 places possibles). Nous sommes les 2 et 3ème candidats sur la liste… Nous ne prendrons le départ qu’à 10h45 !! J’en ai beaucoup voulu aux gérants pour ce temps perdu. Ce n’est pas trop pour l’attente mais plutôt à cause de leurs mensonges. Au fur et à mesure que les gens s’inscrivaient, je les additionnais à la liste. Et lorsque nous avons enfin atteint le nombre, comme personne ne bougeait, je suis allé leur demander si nous partions. Ils m’ont répondu qu’il fallait patienter un peu car nous n’étions que 14. De nouveaux clients arrivent et s’inscrivent. Sandrine va à son tour leur demander : même réponse, nous ne sommes que 14 ! Et nous, on patiente… Lorsque nous embarquons enfin, nous sommes bien évidemment… 22 à bord…
Bref, nous partons à bord d’un bateau à grande vitesse et pénétrons dans le canyon. Après quelques minutes, le pilote fait une grande embardée et approche du rivage sur lequel un crocodile se fait dorer la pilule… Puis, pendant près d’une heure, nous parcourons cet impressionnant couloir rocheux qui, à la longue, présente un panorama un peu répétitif. Seules originalités, une grotte (très sales) où l’on peut voir une statue de la Vierge, et l’arbre de Noël, concrétions rocheuses formées le long de la falaise par l’écoulement d’une source d’eau déposant son calcaire ; le tout prenant la forme d’un sapin. Autre mauvaise surprise de la part de l’agence de l’excursion : au bout du canyon, il y a un restaurant au bord de l’eau et notre bateau y fait un arrêt pendant une heure afin de nous inciter à y déjeuner. Sans commentaire… Le retour s’effectuera d’une seule traite ; la lumière étant d’ailleurs meilleure qu’à l’aller. Pour résumer, le canyon est sympa mais ne justifie peut-être pas un détour. C’est cher et on peut y perdre beaucoup de temps, surtout en passant par cette agence : Rojas. Il est maintenant 14 heures. Nous nous précipitons dans un restaurant de Chiapa de Corzo, situé sur la place où la fête bat désormais son plein. Le repas est bon et agréable jusqu’au moment où commence, juste devant le restaurant, un concours de diction. Plusieurs hommes se succèdent pour lire le plus vite possible, chacun leur tour, les mêmes phrases répétitives en hurlant dans un haut parleur… Cela durera tout le repas et on ne pourra pratiquement pas se parler. Cette journée est maudite !
Comme il n’y a pas de collectivo pour San Cristobal à partir de cette petite ville de Chiapa, nous décidons de ne pas repasser par Tuxtla et négocions un taxi direct jusqu’à notre destination afin de gagner du temps (on en a perdu assez comme ça). On conclut l’affaire à 300 pesos et c’est parti pour ¾ heure de route. La dite route permet de prendre de l’altitude pour nous emmener jusqu’à 2400 mètres d’altitude. Progressivement, on change de végétation pour arriver dans un paysage digne des Vosges ! Une fois arrivés à San Cristobal située pour sa part à 2200 mètres d’altitude, nous prenons possession de notre chambre à l’hôtel Los Camellos tenu par un couple de français bien sympas. Nous nous dépêchons ensuite de filer en ville afin de se donner un premier aperçu de cette ville tellement vantée par les guides et internautes. Pour faire simple, la magie n’a pas opéré ; pour l’instant, en tout cas. On se prononcera demain, après avoir approfondi la visite. Une petite sieste à notre hôtel, repère des routards de passage, puis vient le moment de se trouver un bon petit resto. Ce sera le cas au Gato Gordo où on mange très bien… et pour pas cher ; le tout, en écoutant de la bonne musique en live. En sortant, la nuit est complètement tombée, la température aussi. On supporte très bien nos polaires. De retour à notre chambre, une petite douche très rapide car froide… et au lit ! Ca caille un peu !
20 janvier
Réveil vers 8 heures, douche un peu froide, et départ pour la visite de la ville. Avant cela, nous déposons notre linge sale à la laverie au coin de la rue où on nous facture 10 pesos par kilo déposé : 4 kilos de linge à laver et à repasser nous coûteront donc 40 pesos, c’est-à-dire 2,5 euros ! Cela ne vaut pas le coup de s’en passer ! On profite du magnifique ciel bleu qui nous accompagne pour prendre des photos de cette ville aux couleurs vives. Après avoir acheté nos traditionnelles pâtisseries en guise de petit déjeuner, nous nous rendons sur le grand marché qui, selon le guide du Routard, est peut-être le plus typique du Mexique. Petit bain de foule parmi les indiens des villages alentours : couleurs, odeurs, … tout est là pour le dépaysement. C’est fou le mal que se donnent les vendeurs à empiler leur fruits ! Leurs étales n’en sont que plus belles ! Cette visite incontournable fut vraiment dépaysante. Toutefois, nous avons préféré le marché de Tlacolula situé près de Oaxaca. Un grand verre de jus d’orange pris dans un bui-bui, puis nous nous rendons cette fois-ci sur le marché artisanal afin d’y faire quelques achats. On y trouve les fameux tissus mexicains très colorés ainsi que de nombreux autres produits tels que des sacs, des vêtements locaux, des hamacs, des masques mayas, …C’est drôle, les indiens et indiennes refusent systématiquement qu’on les prenne en photo. Selon eux, une photo leur vole leur âme. Par contre, dès qu’on leur achète quelque chose, ils acceptent ! A méditer… Après avoir fait le tour de la ville, on est désormais en mesure de dire qu’elle est très belle et incontournable dans un circuit au Mexique. Toutefois, on y croise beaucoup de touristes de différents horizons. Des babas cool, des japonais, des européens… Beaucoup d’étrangers se sont d’ailleurs établis ici. Ce melting-pot fait que la ville perd un peu de son charme, contrairement à Oaxaca où on a croisé beaucoup plus d’autochtones. Oaxaca appartient encore aux mexicains… San Cristobal aux touristes…
L’étape suivante nous emmène à San Juan de Chamula, un petit village indien tzotzil connu surtout pour ce qui se pratique à l’intérieur de son église. Nous trouvons pour cela le lieu de départ des collectivos (près du marché artisanal) et prenons la route pour une quinzaine de minutes. Lors de la planification de notre circuit, j’avais organisé les étapes autour de cette journée du 20 janvier à San Juan de Chamula où on y fête la San Sebastien. En y arrivant, nous ne sommes pas déçus, la ville est en ébullition ! En plus du marché sur la place principale, nous voyons de nombreuses processions à pied ou à cheval, les habitants étant tous en tenue traditionnelle : les hommes arborent tous des ponchos en peau de chèvre blanche et un chapeau de cow-boy. Les femmes, quant à elles, sont vêtues d’une longue jupe en peau de chèvre noire et d’un chemisier coloré. Leurs longs cheveux noirs sont tressés avec des rubans de couleur. Nous sommes pratiquement les seuls touristes et sommes ravis de participer à cet événement où l’ambiance est irréelle… Des groupes de musique jouent un peu partout. Les hommes dansent (bizarrement). Des pétards et feux d’artifice se font entendre. Il y a des caisses de Coca Cola partout ! Nous trouvons l’office du tourisme afin d’y acquérir les droits d’entrer pour pouvoir visiter la fameuse église (20 pesos par personne). A notre surprise, c’est un garçon d’une dizaine d’années qui est au comptoir ! Le bougre essaie même de nous rouler sur la monnaie…
Une fois à l’intérieur, c’est une ambiance mystique qui nous accueille. Pas de banc. Le sol est jonché d’épines de pin et de nombreuses petites bougies. Les gens sont agenouillés et marmonnent leurs prières. A côté d’eux, on retrouve de nombreuses bouteilles de Coca Cola leur permettant d’éructer afin d’évacuer le mal de leur corps ! Sur les côtés, on peut voir de nombreuses « poupées » habillées en tenues religieuses… Tout cela dans une odeur d’encens très forte. Sandrine a même failli perdre sa lentille de contact, tant l’air à l’intérieur était sec : tout un drame ! Cet endroit nous intrigue beaucoup. Il y règne une ambiance qu’on ne peut voir nulle part ailleurs… En sortant, nous nous asseyons sur le côté de la place et observons attentivement le comportement hors du commun des personnes devant nous. Des hommes sont en ligne. D’autres passent devant eux et leur touche le ventre. En échange, on leur remet une bouteille de Coca Cola (il est partout ici !) vide qu’ils emmènent dans l’église… Ne me demandez pas pourquoi, nous n’avons pas tout compris ! Après ça, nous flânons parmi les étales du marché et y achetons quelques souvenirs. Ensuite, retour à San Cristobal en collectivo où nous faisons la connaissance d’une touriste chilienne et d’un mexicain du coin qui tente d’entrer péniblement en contact avec nous, ce qui nous fait bien rire (il nous demanda une bonne dizaine de fois notre nom). A peine arrivés, nous nous rendons à la Salsa Verde afin d’y manger quelques tacos al pastor (pour moi) et une salade « especial » (pour Sandrine). Ensuite, direction le zocalo afin de profiter de la bonne lumière qui donne sur la cathédrale, puis, nous nous rendons à l’église Santa Lucia, magnifique, qui ne figure pourtant pas dans le guide du Routard. Nous consacrons notre fin d’après-midi à la réservation de notre excursion de demain (240 pesos par personne - Agua azul, Misol Ha et route vers Palenque), à la récupération de notre linge et à l’ascension de la colline en haut de laquelle se trouve l’église de la Guadalupe. Une petite sieste pour Sandrine, écriture du carnet pour moi au son de la voix d’une routarde dans la cour qui pousse (très bien) la chansonnette, il est maintenant temps d’aller prendre notre repas du soir. Nous choisissons le Madre Tierra. Le restaurant nous plait bien, le cadre est sympa et nous y mangeons de très bonnes lasagnes ; ça change un peu de la nourriture mexicaine ! L’addition est très légère… Une bonne adresse ! Sur le retour, on achète des pâtisseries bios dans la boutique juste à côté pour notre petit déjeuner de demain (4 pâtisseries pour 17 pesos – 1 euro). Il faut désormais vite aller dormir car la journée de demain va être chargée !
21 janvier
Le réveil est rude ce matin car il faut être prêt pour 6 heures, heure à laquelle on vient nous chercher pour nous emmener à Palenque. Après avoir regardé les tarifs des bus et le temps de transport, comparé avec l’option collectivo, nous avons opté pour l’excursion via une agence. Nous ne sommes pourtant pas enclins à voyager en circuit organisé, mais cette option nous revient moins chère, c’est plus rapide et cela nous permettra de visiter Agua Azul et Misol-Ha situés sur la route. Vers 6h30, nous décollons de San Cristobal dans un minibus conduit par un chauffeur assez nerveux (sa boîte de vitesse ne tiendra pas longtemps…). A bord, des mexicains, des espagnols, des anglais, des italiens… et nous ! Lorsqu’on quitte San Cristobal, on traverse à nouveau des paysages de montagnes. Et qui dit montagnes… dit virages ! Deux arrêts « vomis » seront donc nécessaires (ils sont fragiles ces espagnols !). 1h30 plus tard, nous faisons une pause à Ocosingo pour le petit déjeuner. Nous mangeons donc les viennoiseries achetées la veille. Puis, encore 1h30 de route pour arriver enfin à Agua Azul. Là, la végétation se transforme. On passe des pins aux palmiers, bananiers et autres palétuviers… En d’autres termes, le paysage est très beau. Malgré la zone vierge traversée, on voit en bord de route de jeunes indiens allant à l’école, d’autres, plus vieux, portent de lourds fagots de bois, … Cette portion est de ce fait très dépaysante et passe très vite.
Nous arrivons à une barrière qui nous empêche l’accès au site. Le chauffeur descend et paie nos droits d’entrée. Quelques centaines de mètres plus loin, rebelote… En fait, le premier arrêt était destiné à payer de façon non officielle le droit d’accéder au site à des indiens locaux… N’ayant pas plu dans la région ces derniers jours, Agua Azul devrait bel et bien être « azul ». En arrivant sur place, c’est bien une magnifique couleur turquoise qu’on aperçoit. Les cascades sont vraiment très belles, au milieu d’une végétation dense. En plus, nous avons de la chance, le soleil nous accompagne. Nous parcourons le sentier qui longe la rivière en contemplant cette succession de cascades et de vasques. Nous nous éloignons ainsi de la partie basse du site où sont situés les boutiques et restaurants à touristes. Nous sommes maintenant seuls. Sans attendre, j’hôte mes vêtements et plonge dans cette eau translucide… et super bonne ! En regardant autour de moi, je ne vois que végétation exubérante et cette rivière couleur turquoise. Le pied ! Au final, j’ai adoré Agua Azul er regrette de ne pas avoir pu y rester plus longtemps (seulement 1h30). Bizarrement, Sandrine ne partage pas pleinement cet avis et n’a trouvé l’endroit que « sympa ». 45 minutes de minibus plus tard, nous arrivons cette fois-ci à la cascade Misol-Ha. Nous n’avons que 30 minutes à notre disposition. Au final, ce sera suffisant pour contempler cette haute chute d’eau. L’intérêt de celle-ci, c’est qu’il est possible, en empruntant un sentier à travers la végétation, de s’en approcher, et même de passer derrière. Brumisateur naturel garanti ! Nous ne sommes désormais plus très loin de Palenque. Seul reproche que je peux faire à ces paysages : la déforestation de la jungle du Chiapas est ici très visible ; la forêt épaisse et dépaysante fait de plus en plus place à des parcelles de culture du maïs. C’est un peu dommage ! Le minibus nous dépose directement à l’entrée du site d’El Panchan où nous avons prévu de dormir. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de l’entrée du site de Palenque que nous visiterons tranquillement demain matin. Le reste du groupe, pour sa part, continue son chemin vers le site et rentrera dans la soirée à San Cristobal. A ce propos, le chauffeur n’a pas compris que nous étions arrivés et nous demande de descendre en nous disant qu’il repassera dans une dizaine de minutes pour nous emmener à notre hôtel. Le problème, c’est qu’il est reparti avec notre sac… En attendant son retour, nous discutons avec trois jeunes français également installés à El Panchan.
El Panchan est un endroit vraiment sympa pour les routards de passage. Dans la jungle sont disséminés des bâtiments en dur et des cabanes au confort précaire appartenant à plusieurs établissements. Mais il est déjà 14 heures et avant toute prospection pour un logement (aucun établissement ne prend de réservation), nous voulons manger. Le seul resto du coin, c’est le Don Mucho, avec terrasse donnant sur la jungle. Un petit poulet, frites, mayonnaise très typique fera l’affaire… Ensuite, nous visitons tout d’abord le Chato’s cabanas que j’avais initialement retenu dans le Routard. Bof… Puis, Ed & Margarita, Rakshitas, … Je ne retrouve pas ce que j’avais imaginé en lisant d’autres carnets de voyage… Puis, nous arrivons au Jungle Palace. On y trouve de petites cabanes en bois, au bord d’un ruisseau, avec terrasses surplombant ce petit cours d’eau. Et les moustiques me direz-vous ! Et bien, il n’y en a pas à cette époque ! Banco, nous en prenons une (la Canela) ! Cette chambre est vraiment géniale : pas de vitre, seulement des ouvertures avec moustiquaires, ce qui permet d’être au contact de la flore et de la faune. Et tout ça pour 120 pesos pour deux (7 euros). Et niveau faune, il y a ce qu’il faut ! Dans les arbres autour de nous, on peut voir des ménates, d’autres oiseaux multicolores, … et des singes hurleurs qui se baladent d’arbres en arbres en mangeant des feuilles. C’est sûr, le coin va ma plaire ! Pendant que Sandrine fait une sieste au son du clapotis de la rivière et des cris d’oiseaux, je m’installe sur la terrasse afin d’y écrire ce carnet. J’ai du mal à me concentrer, mon regard étant continuellement attiré par le spectacle de la nature qui s’offre à moi. En soirée, nous prenons un repas au Don Mucho où il règne une ambiance tropicale vraiment sympa. J’ai eu le malheur de donner un morceau de viande au chien du restaurant… Il ne me quitte plus… Avant de nous endormir, une petite bière prise sur la terrasse de notre luxueuse chambre, puis, au lit…
22 janvier
La nuit s’est bien passée. Le réveil au levé du jour sur la jungle : Magnifique ! Seul point négatif, il a fait un peu frais en fin de nuit. On se couvrira plus la nuit prochaine. Le cadre est toujours aussi beau au levé du jour… Nous nous préparons et partons pour la visite du site de Palenque. Un arrêt au traditionnel Don Mucho pour le petit déjeuner et on embarque à bord du premier collectivo qui passe (10 pesos par personne). On paie dans un premier temps la taxe pour la sauvegarde du parc naturel (22 pesos), puis le ticket d’entrée du site maya (40 pesos). C’est parti pour la visite de ce fameux site niché au cœur de la jungle du Chiapas. On adore cette visite dès les premières vues sur les pyramides. Les temples, situés pour chacun d’eux sur une petite colline, émergent au milieu de la végétation luxuriante. Rien à voir avec Teotihuacan où l’herbe rase était jaunie par le soleil ! L’ensemble est encore bien conservé. Nous escaladons chaque édifice accessible au public. Malheureusement, la pyramide majeure, c’est-à-dire le Temple des Inscriptions où a été retrouvé le tombeau du roi Pakal, ne peut plus être visité… Nous sommes à l’intérieur du Palais lorsque nous entendons, venant de la jungle, le rugissement inquiétant de plusieurs animaux féroces : Puma, tigre, … ? Il s’agit en fait des cris caractéristiques des singes hurleurs, ceux-là même que nous avons contemplé hier, dans les arbres autour de notre cabane. Je savais que ces cris étaient puissants et rauques mais cela surprend tout de même la première fois qu’on en entend… Une fois la visite des sites mis à jour terminée, nous empruntons le sentier permettant de gagner le musée du site à travers la jungle. Sur le chemin, on passe en revue des constructions mineures, ainsi que la jolie cascade de Palenque. Quant au musée, il est moderne et met très bien en valeur les belles pièces trouvées sur le site. Le clou de la visite, c’est le tombeau du roi Pakal, seul, dans une pièce reconstituée à l’identique par rapport à l’intérieur du Temple des inscriptions.
C’est terminé, un collectivo nous emmène maintenant au centre ville de Palenque afin d’y préparer la suite de notre circuit. Nous nous rendons dans l’agence Kichan Bajlum afin d’y réserver l’excursion de Yaxchilan et Bonampak de demain, appelons mes parents et notre fille et prenons notre repas dans une petite cantina familiale. Sandrine veut absolument du riz (ah, les envies de femme enceinte…) et commande donc le seul plat en contenant sur le menu. Lorsque l’assiette arrive… pas de riz. On demande alors à la patronne s’il n’y a pas d’erreur, sa réponse nous laisse sans voix : « Je n’ai pas de paquet de riz entamé. Je ne vais pas en ouvrir un pour un seul plat ! » On ne laissera pas de pourboire… (et dommage qu’on ne sache pas mieux que ça exprimer notre mécontentement en espagnol…). Avant de poursuivre notre programme, il nous faut acheter nos billets de bus pour Merida. Après avoir éviter une nouvelle arnaque sur la monnaie rendue au terminal, nous cherchons désormais une banque que nous trouvons… au fond d’un magasin d’électroménager ! Nous y retirons ainsi l’argent nécessaire pour la fin de notre séjour. Pour cet après-midi, j’ai prévu de retourner sur le site des ruines de Palenque. Il faut savoir que seule une petite partie de l’ancienne cité a pour l’instant été restaurée. La majorité de cette ville abandonnée est donc encore enfouie sous la végétation. Je veux donc m’aventurer dans la jungle afin d’y découvrir ses secrets. Après quelques recherches sur le net et quelques échanges avec sur « Voyages Forum », je décide d’entreprendre la petite randonnée menant au Templo Olvidado. Sur le parking du site, je demande aux guides présents où se situe le début de cette randonnée. Ils nous découragent vivement à entreprendre seuls cette petite virée prétextant que nous allons nous perdre. Et comme par hasard, ils nous proposent leurs services pour la modique somme de 850 pesos (mais comme nous sommes sympas, cela descend rapidement à 450…). Cela a pour effet de décourager Sandrine, peu téméraire, qu’il me faut remotiver. Bref, on trouve seuls le début du sentier et nous voilà, après quelques dizaines de mètres, au cœur de la jungle. Quelques minutes de marche plus tard, nous sommes entourés de singes hurleurs se balançant de branches en branches, … lorsque soudain, il se met à pleuvoir. C’est bizarre, le ciel est pourtant bleu… Non ! C’est un singe qui tente de nous pisser dessus ! Puis, ce sont des bombes de déjection qui tombent de tous les côtés… Taquin ces singes ! Ecroulés de rire, nous prenons nos jambes à nos cous et débarrassons le plancher ! Nous croisons ensuite un couple accompagné d’un guide. Nous leur demandons notre chemin. Le guide nous ressort le discours habituel… Par contre, il est contredit par l’homme qu’il accompagne et qui nous explique dans un très bon français comment parvenir au temple. Voici donc son explication qui nous a permis de trouver ce temple et qui pourra également vous aider : Tout d’abord, vous trouverez l’entrée de la randonnée à droite, en arrivant sur le parking du site des ruines. Puis, tout droit jusqu’à ce que le chemin principal se sépare en deux : prenez à gauche ! Marchez pendant 15 minutes jusqu’à un bandeau orange accroché à un arbre à côté duquel un petit chemin part vers la gauche. Prenez-le. 10 minutes après, le temple est en vue. Et voilà comment des Indiana Jones des temps modernes ont découvert un temple non encore mis à jour ! A notre retour au parking, dommage que les guides ne soient plus là ; je me serais fait un plaisir de leur montrer nos photos de nous, posant devant le temple… Pour résumer, il est possible de trouver assez facilement ce temple et la promenade est vraiment sympa (attention aux bombes). Dans le collectivo du retour, nous croisons des français arrivant du Guatemala… Ensuite, nos habitudes quotidiennes : douche, bière sur notre terrasse, repas au Don Mucho, dodo, …
23 janvier
Quel coup de speed au réveil ! Le minibus de l’agence doit passer nous prendre à l’entrée d’El Panchan à 6 heures. Sandrine s’est donc chargée de mettre le réveil pour 5h30. Le jour se lève sur la jungle et atteint notre cabane. Cela me réveille : « Comme c’est bizarre, il n’est pas encore 5h30 et le soleil se lève déjà… Je vais aller vérifier l’heure… : 6h15 !!! » La panique ! « Sandrine, debout ! » Je mets un pantalon, enfile mes chaussures et cours un 100 mètres aussi vite que possible, 30 secondes après m’être levé. Le van est là et nous attend : « I’ve a problem, I come back with my bag… and my wife ! » Deux minutes plus tard, je reviens au minibus, chargé de nos bagages. En y montant, il n’y a qu’un autre couple, et surprise…, il s’agit du couple que nous avons croisé hier dans la jungle et qui nous avait aidé à trouver le temple d’Olvidado. Ils sont mexicains, habitent Mexico et s’appellent Linda et Miguel. Lui, parle très bien français… Après une heure de route à travers un épais brouillard, nous nous arrêtons pour le petit déjeuner dans un restaurant où toutes les agences d’excursions ont leurs habitudes. Copieux et très bon (je poursuis ma cure de jus d’oranges pressées). 1h30 sont ensuite nécessaires pour gagner les abords du fleuve Usumancita qui marque la frontière du Mexique avec le Guatemala. Les paysages traversés sont sympas, sans plus. Disons que je m’attendais à quelque chose de plus sauvage… Arrivés sur place, nous montons à bord d’une lancha, longue pirogue à moteur, et descendons le fleuve durant 45 minutes. A gauche, le Mexique, à droite, le Guatemala. Ce mode de transport pour gagner le site de Yaxchilan est incontournable, celui-ci étant situé au milieu de la forêt vierge, non accessible par la route. La descente de cette rivière boueuse est vraiment agréable. Nous ne croisons pratiquement personne, assis dans notre pirogue, sur un fleuve boueux, au milieu de la jungle impénétrable… Cela nous procure un sentiment d’aventure ! Le temps passe très vite et nous arrivons à destination. Nous quittons notre embarcation et pénétrons dans la forêt pour enfin apercevoir les premiers édifices de cette cité perdue. A Palenque, les temples étaient entretenus. Ici, une mousse verte recouvre les constructions, la végétation est omniprésente, les singes hurleurs sont nombreux… On a plus l’impression de découverte que sur les autres sites déjà visités. De plus, nous ne sommes qu’une grosse dizaine de visiteurs en ce jour…Deux heures sont nécessaires pour effectuer le tour de cette cité maya qui constituait à l’époque une étape intermédiaire sur le chemin entre Palenque et Tikal, au Guatemala. Il est maintenant temps de regagner notre pirogue afin d’effectuer le chemin du retour. En route, nous apercevons un bébé crocodile, immobile, sur une berge. Après ça, de retour à la civilisation, nous allons déjeuner dans un très beau restaurant (bois et palmes) en compagnie du couple de mexicains. Une discussion s’engage alors sur la France, ces derniers y étant déjà allés plusieurs fois. Notre chauffeur nous rejoint et nous reprenons la route pour gagner, cette fois-ci, Bonampak, autre cité maya. Après quelques minutes, notre véhicule s’immobilise sur un parking. Il nous faut changer de van pour nous faire conduire sur place par un indien lacandon, la cité étant située sur leur territoire. De nombreux enfants lacandons sont présents. Ils sont reconnaissables à leur longue chevelure et à leur faciès atypique. Nous partageons d’ailleurs avec eux le reste de nos cookies achetés à Phoenix ! Une fois sur le site de Bonampak, celui-ci ne nous impressionne pas de par ses édifices. L’intérêt de cette visite porte sur les trois salles intérieures où on peut contempler de belles fresques aux couleurs éclatantes. De retour vers la sortie, nos compagnons mexicains procèdent à un rituel étrange auquel ils nous convient. Avec eux, nous posons nos mains sur un arbre afin de ressentir l’énergie qui en émane. Ils nous avouent à ce propos être adeptes d’ésotérisme. Bon, on y croit ou pas… Personnellement, je n’ai rien ressenti (à part peut-être les fourmis qui en ont profité pour me grimper dessus…).
La route du retour se passe sans problème. Nous arrivons à Palenque à la nuit tombée. A cette heure, les singes hurleurs ont certainement repris possession des ruines de Yaxchilan empruntées pour quelques heures par les humains curieux que nous sommes… Il est 18 heures et notre bus de nuit pour Merida ne part qu’à 23h30. Nous passerons donc la soirée sur une fête locale (encore une), assistant à des danses traditionnelles et joutes verbales typiques du Mexique. Ce qui nous amuse, c’est de voir comment les mexicains se battent pour obtenir une place assise pour ce spectacle… Puis, nous mangeons dans un restaurant très moyen pourtant indiqué dans le Routard : La Mexicana. Arrive ensuite notre bus où nous allons passer notre seconde nuit. Demain, Merida !
24 janvier
Une nouvelle fois, nous avons très bien dormi dans notre bus de la compagnie ADO qui nous a emmené jusqu’à Merida la blanche ! Nous arrivons vers 8 heures et décidons d’aller directement prendre notre petit déjeuner dans le centre ville. En route, nous faisons escale au terminal des bus 2ème classe (juste à côté du première classe) afin d’y acheter nos billets pour Chichen Itza prévu au programme de demain. Un bon jus d’oranges et une pâtisserie plus tard, nous nous rendons à notre hôtel : le « Trinidad ». Le patio intérieur est très beau, agrémenté de plantes et de hamacs. Par contre, notre chambre est austère ; la moins belle depuis le début de notre périple. Tant pis, nous n’y sommes que pour une nuit… Après une petite douche où il y a déjà de nombreux co-locataires (moustiques), nous partons visiter la ville. Nous commençons par le marché. Celui-ci ne nous paraît pas exceptionnel, surtout en comparaison avec ceux que nous avons déjà eu la chance de visiter. Beaucoup d’odeurs nauséabondes : poissons et viandes attendant les acheteurs en se faisant une petite bronzette…Bizarrement, nous ne voyons pas de vendeur de hamacs, la ville étant pourtant la capitale mondiale de ce produit… Nous ressortons donc un peu déçus et nous dirigeons vers le zocalo, très agréable, entouré d’arches et de palais. Un petit tour au palais Gobierno (bâtiment tout vert), une petite photo de la cathédrale… il est déjà l’heure de manger ! La spécialité de la ville, ce sont les tortas, sortes de sandwichs locaux. Nous en prenons donc deux chacun dans l’échoppe où nous avons pris notre petit déjeuner ce matin. Après ça, une petite glace prise en terrasse sur le zocalo chez un glacier apparemment réputé. Nous y commandons deux boules chacun, ce qui a l’air de surprendre le serveur. On comprendra ensuite : les boules sont énormes ! Le prix également : 120 pesos ! Après nous être baladés dans cette ville agréable, nous retournons à l’hôtel pour nous prélasser au bord de la piscine. J’y passe un bon moment ; Sandrine la trouvant bien entendant trop froide… Retour à la chambre pour une bonne sieste avant de nous attaquer à la fête du samedi soir. En effet, nous avons fait un arrêt d’une journée spécialement pour cet événement ayant lieu tous les week-ends. Deux quartiers proposent ainsi des festivités. Dans le premier, on peut y voir un spectacle de musiques et danses locales. Dans le second, les restaurants investissent la rue où se produisent des artistes du coin. Le tout est bien sympa mais on s’attendait à un peu plus d’ambiance et de monde. Peut-être est-ce mieux le dimanche ? Nous ne le saurons pas… Une spécialité culinaire nous intrigue lors de notre balade : c’est une sorte de crêpe fourrée à l’édam et… au Nutella. Cela ne nous donne pas du tout envie bien que les mexicains ont l’air de s’en régaler… Pour revenir vers le zocalo, nous empruntons une calèche que nous croisons sur notre route. C’est un peu kitch mais la ballade fut agréable. Nous nous installons dans un bar branché où des mariachis poussent la chansonnette. C’est agréable d’être là, à manger des crêpes flambées et en sirotant une bonne margarita… Cette ville ne présente aucune particularité touristique. On aurait avec du recul, préféré passer cette journée dans un autre endroit. Toutefois, la journée fut reposante et la ville est agréable.
Avant de repartir vers notre hôtel, nous passons devant les magasins vendant les fameux hamacs de Merida. Nous y entrons donc afin d’y voir ces hamacs de plis près. Aussitôt entrés, le vendeur se met à nous faire essayer, différents modèles, discuter, négocier, … On arrive au modèle de luxe, triple, en sisal. Il nous annonce un prix de 1200 pesos ! Après un bon quart d’heure de négociation, on parvient à faire descendre le prix à 400 pesos. Allez, nous n’avions pas forcément prévu d’en acheter un mais cela nous fera un souvenir… Nous finissons par nous endormir vers 23h30, sur le souvenir d’une ville agréable mais pas incontournable dans un circuit au Mexique.
25 janvier
Le réveil sonne bien cette fois-ci (contrairement à avant-hier). Nous sommes donc debout à 6 heures, ce qui nous laisse une heure avant de prendre notre bus pour Chichen Itza. Petite toilette, petites viennoiseries et petite marche jusqu’au terminal…. Et c’est parti pour 2h30 de bus. Pendant le trajet, le chauffeur s’occupe de tout, sauf de la route. Il envoie des SMS, compte les pièces qu’il a dans son porte-monnaie, … Le trajet nous semble interminable. Cela provient certainement du fait qu’on s’arrête toutes les cinq minutes pour prendre ou faire descendre quelqu’un. Nous arrivons tout de même sur place à 9h45 et achetons aussitôt nos tickets d’entrée. Les prix ont apparemment fortement augmenté par rapport au prix annoncé dans le Routard de l’année : 111 pesos par personne au lieu des 95 indiqués. De façon générale, les prix constatés sont souvent supérieurs à ce qui est précisé dans les guides ou sur le net…
Ouf, nous sommes visiblement arrivés sur place avant que les nombreux bus n’arrivent de Cancun et ne déversent leurs américains ! Cela paie de se lever tôt ! Nous sommes presque seuls pour contempler le Castillo sous un soleil radieux. Cette pyramide tient ses promesses ; elle est majestueuse, aux lignes harmonieuses, trônant au milieu d’une immense place. Nous nous installons face à elle et lisons sa description et son histoire dans le Guide Bleu. Nous partons ensuite vers le cenote où de nombreuses personnes furent jetées en sacrifice. De retour sur la place principale, nous constatons les dégâts : nous sommes désormais à Disneyland ! Il y a foule ! S’ensuivent les visites du jeu de pelote, du temple aux mille colonnes, du temple des Nonnes, du mur des Crânes et autres temples secondaires. Mais attention, lorsque je dis « visite », cela signifie qu’on regarde le temple de loin. Et c’est un petit coup de gueule que je pousse là : Il n’est possible de visiter aucun des édifices de Chichen Itza. On ne peut les contempler que de l’extérieur ; et ce, malgré le prix galopant des droits d’entrée. Malgré tout, Chichen Itza restera pour nous un très bon souvenir et vaut pleinement le déplacement. N’est pas « Merveille du Monde » qui veut ! A ce propos, il est indiqué partout, aux abords du site que Chichen Itza fait parti des sept merveilles du monde moderne, au cas où vous l’auriez oublié… En attendant notre bus pour Tulum, nous appelons notre fille et mangeons au restaurant du site. Bizarrement, les prix ne sont pas exagérés comme on aurait pu le craindre et nous y dégustons des spécialités yucatèques très bonnes. 14h30, c’est l’heure de notre bus qui nous conduit en 2h30 à notre lieu de villégiature, Tulum, où nous avons prévu de passer les trois derniers jours de notre voyage afin de nous y reposer un peu. Sur place, un taxi nous emmène à notre hôtel, Papaya Playa, situé en bord de plage. Il va falloir s’habituer à ce mode de transport. Ici, les taxis ont le monopole de la route de bord de mer…
J’ai réservé via internet trois nuits au Papaya Playa et espère que le site correspondra aux photos et à nos attentes. Dès notre arrivée, nous sommes conquis ! L’endroit est paradisiaque ! Sur une plage de sable blanc bordée de nombreux cocotiers sont disposées des cabanes en bois aux toits de palmes. Nous sommes très, très loin de Mexico… Pour l’anecdote, nous sommes situés à côté de l’hôtel Diamante K où eu lieu le tournage des émissions « L’île de la tentation ». Quant à l’intérieur des cabanes, c’est sommaire mais très propre. Un lit entouré d’une moustiquaire, une petite table, une chaise. Par contre, notre fenêtre donne sur une vue magnifique : le bleu turquoise de la mer des Caraïbe. Cet endroit va nous plaire !
Nous faisons le tour des lieux et allons ensuite nous installer sur les lits suspendus mis à notre disposition sur la plage. Après une petite sieste, nous nous dirigeons vers le restaurant de l’hôtel. On y mange de bonnes salades malgré les prix supérieurs à ce qu’on a connu dans les autres villes déjà traversées. Mais bon, on savait très bien qu’en venant au Quintana Roo, sur la côte, les prix seraient plus élevés. Le repas fut perturbé par de nombreuses coupures électriques pour au final, se terminer aux chandelles… Après ça, nous terminerons la soirée dans un canapé, face à la mer, à siroter une bonne bière, en discutant avec un autre couple (Andy, allemand, et Dita, Tchèque) que nous avions souvent vu dans d’autres villes, tout au long de notre parcours… Là, nous nous endormons, dans notre cabane, au son des vagues venant s’échouer à quelques mètres de nous…
26 janvier
Pas de réveil qui sonne ce matin, c’est le bruit de la mer et le soleil levant qui viennent nous ouvrir les yeux… Une petite brise fait bouger la moustiquaire… C’est le rêve ! Pendant que Sandrine tarde à se lever, je vais me balader sur la plage déserte afin de profiter de ce paradis pour moi tout seul. Ensuite, un petit bain de mer : l’eau n’est qu’à 29° ! Petit déjeuner pris à l’hôtel, douche, puis vers 9 heures, nous prenons un taxi (40 pesos) en direction du site archéologique de Tulum, situé à 4 kilomètres de notre cabane. J’attendais beaucoup de cette visite, surtout pour la vue magnifique sur la mer qu’on a du site. En effet, ce n’est pas tant le site maya en lui-même qui vaut le déplacement, c’est surtout sa situation. La pyramide principale surplombe du haut de son promontoire rocheux la mer turquoise des Caraïbes. Et juste en dessous, une des plus belle plages au monde. Je n’ai vraiment pas été déçu. Les couleurs sont éclatantes : d’un côté, la mer turquoise, de l’autre, le vert de la végétation où se prélassent de nombreux iguanes qui ne se font pas prier pour poser pour les photos. Que c’est agréable de sa balader ici ! Je prends de nombreuses photos et m’extasie sur chaque point de vue. Nous descendons ensuite sur la plage jusqu’à présent déserte. Y a-t-il une heure d’ouverture ? Ou un quota de personnes à respecter. Une fois en bas, accompagnés par d’autres touristes, on s’aperçoit qu’un gardien bloque désormais l’accès à des visiteurs désireux de nous rejoindre… En tout cas, nous sommes en bas et en profitons pleinement. Se baigner ici est génial. Je n’oublierai jamais ces moments passés sur ce site qui a tenu touts ses promesses.
Après avoir quitter le site (avec du mal), nous allons vers le centre commercial au bout de la rue. Nous y voyons d’ailleurs des touristes attendant une navette afin de se rendre au site maya situé à… 500 mètres : bande de feignants ! Là, on assiste également à un spectacle de voladores se laissant tournoyer au bout d’une corde, la tête vers le bas à une vingtaine de mètres du sol. Ce rite est traditionnellement exécuté par les totonaques… alors que nous sommes au pays des mayas ! Ce n’est pas grave, la plupart des touristes n’y verront que du feu… Le spectacle est sympa même si bien sûr, rien n’est gratuit… Ensuite, bière, guacamole et gambas sont au menu de notre déjeuner pris dans un petit restaurant sur place. L’addition est salée puisque cela correspond au budget qu’on avait dans les autres villes pour tous les repas d’une journée ! Et comme souvent, le gérant tente de nous arnaquer sur la monnaie ! On ne nous la fait pas !
Le programme de l’après-midi nous mène jusqu’au Gran Cenote situé à quelques kilomètres de Tulum. Là-bas, l’entrée est de 100 pesos par personne ! En plus de ça, il convient d’ajouter la location d’un masque et d’un tuba : 60 pesos supplémentaires ! C’est de l’arnaque organisée… Heureusement que le site, lui, vaut le coup. Nous nous extasions, une nouvelle fois, sur la beauté de ce trou d’eau douce : eau translucide, stalactites, stalagmites, … En surface, nous avons l’impression de barboter dans 2 mètres d’eau sur une surface d’une cinquantaine de mètres carrés. Il n’en est rien. Une fois sous l’eau, c’est un tout autre spectacle que les photos ne peuvent montrer. Les parois cachent des enclaves sous-marines où il est possible de se faufiler. Là, nous sommes au dessus d’une vingtaine de mètres d’eau translucide où naviguent de nombreux poissons. Sandrine, très téméraire ne s’y aventure pas trop. Pour ma part, je suis ravi est reste là à nager de longues minutes. Pour revenir vers notre hôtel, nous décidons de boycotter les taxis et commençons par faire du stop. Un kilomètre, deux kilomètres, … et toujours personne daignant nous prendre… Beaucoup de voitures de mexicains ou de touristes nous passe pourtant devant… Nous sommes donc déçu et finissons par nous rabattre… sur un taxi passant par là… Nous consacrons ensuite la fin d’après-midi à la plage de notre cabane. Lit suspendu sur la plage face à la mer… c’est un endroit parfait pour écrire notre carnet de voyage. Il est 18 heures, la nuit commence à tomber. Après une petite sieste et un repas pris au restaurant de l’hôtel, nous partons nous promener sur la plage, au clair de lune… C’est romantique… Allez, c’est parti pour une nouvelle nuit dans notre cabane…
27 janvier
La nuit n’a pas été aussi bonne qu’hier. Vers minuit, le vent s’est fortement levé et il a plu. Bruit et humidité étaient donc au rendez-vous. Et au levé du jour, ce n’est pas mieux. Dehors, le ciel est plombé et il pleut fortement. Une véritable tempête tropicale ! Ce sera comme ça toute la journée ! Notre cabane commence même à prendre l’eau. Nous allons donc à la réception qui nous transfère aussitôt dans un autre cabanon plus luxueux, avec douche et toilettes. C’est toujours ça de gagné. Par contre, la journée d’aujourd’hui, elle, est perdue ! Il n’y a qu’en fin d’après-midi que le ciel nous permettra d’aller nous faire une balade sur la plage… Tant pis, nous avions prévu de passer la journée à Akumal, ce sera pour une prochaine fois… Après la balade, nous attrapons un taxi à la sortie de l’hôtel afin d’aller dîner en ville. Sur place, nous croisons Andy et Dita sortant de chez Charlie, un restaurant branché de Tulum. Et bien faisons de même… Pour la première fois, nous y mangeons du poisson. Le repas est délicieux. Le cadre est également sympa. Nous sommes installés en terrasse et un groupe met l’ambiance… jusqu’à ce qu’une averse nous tombe dessus. Avant de rentrer, une petite glace puis retour en taxi. Le chauffeur a l’air sérieux. Nous négocions donc avec lui le trajet pour le parc de Xel-Ha de demain matin. On se met d’accord pour 130 pesos ; le rendez-vous est donné pour 8h30.
28 janvier
Ca y est, c’est déjà notre dernière journée au Mexique. Demain, ce sera le grand retour en France, auprès de notre fille qui nous manque beaucoup. Pour finir ce voyage en beauté, nous avons prévu de passer la journée au parc Xel-Ha, situé à une vingtaine de kilomètres de Tulum, sur la route de Playa del Carmen. A 8h30 précise, nous procédons au check out de notre cabane. Un dernier regard sur cette plage et ces cabanes qui nous ont enchanté, et c’est l’attente de notre taxi qui commence. 8h45, personne. 9h, personne… Bon, c’en est trop, nous demandons à un taxi qui passe par là quel serait son prix pour nous emmener à Xel-Ha. Stoïquement, il nous annonce… 400 pesos !!! Mais il nous prend pour qui, lui ? Un second arrive. Celui-ci nous annonce 200 pesos. A force de négocier, nous concluons l’affaire à 130 pesos… 15 minutes plus tard, nous parvenons à l’entrée du parc. Xel-Ha est un lagon magnifique qui a été aménagé en lieu de détente pour les touristes de passage. En payant l’entrée, nous avons accès à l’équipement de snorkelling, aux vélos, aux transats, aux serviettes, aux douches, aux hamacs, à la crème solaire, aux bouées, aux canoës, … et à la nourriture ! Boissons et nourriture à volonté, de 9 heures à 18 heures ! L’entrée n’est par contre pas donnée. Nous nous acquittons en effet de 62,5 dollars US par personne. Mais après ça, tout est compris. Disons que c’était notre petite folie du séjour… Une fois à l’intérieur, nous ne le regrettons pas. Le lagon est MA-GNI-FIQUE ! Première étape, le petit déjeuner qui est gargantuesque… Ensuite, petite plongée en amoureux, main dans la main dans ce lagon où de nombreux poissons multicolores sont présents. Seul reproche, j’ai l’impression que l’eau est un peu huileuse. Cela doit provenir des crèmes solaires non bio dégradables de certains touristes ne respectant pas les consignes… Nous décidons après cette baignade de remonter la rivière à pied afin de la redescendre en bouées. Dans le parc qui entoure ce lagon, on peut voir de très nombreux iguanes pas farouches. En chemin, je me jette dans le lagon à l’eau translucide du haut d’un promontoire (environ 6 mètres). Le cadre est vraiment beau. Et dire que bientôt, nous remettrons pulls et manteaux… La descente du lagon est relaxante. Nous ne nous bousculons pas. Il n’y a pas trop de monde dans le parc. Ensuite, balades, baignades, canoë, vélo, … rythmeront notre journée… Sans oublier les repas et collations prises tout au long de la journée. Le clou de cette visite, ce fut ma baignade avec un lamentin. En fait, un enclos dans le lagon retient quelques lamantins que l’on peut distinguer du bord de l’eau. Il est possible de se rendre à la nage à proximité de l’enclos. Un lamantin est venu voir ce que je lui voulais et il est resté là, près de moi, pendant de longues minutes à me regarder, à se faire caresser…. Magique… Pour résumer cette journée, nous avons adoré ! Les photos parleront d’elles-mêmes. La suite du programme, c’est bus jusque Playa del Carmen où nous passerons la nuit à l’hôtel Colores Mexicanos. Mais avant ça, nous découvrons Playa qui n’a bien évidemment rien à voir avec les villes mexicaines traversées jusqu’à présent. Nous n’avons d’ailleurs plus l’impression d’être au Mexique. Cela ressemble à une ville du sud de la France pendant l’été. Les vendeurs ne s’adressent même plus à nous en espagnol. Ici, c’est l’anglais et le dollar qui font la loi. Heureusement, nous ne sommes ici que par commodité… même si l’ambiance qui y règne est agréable…
29 janvier
Voilà, c'est fini... Après avoir rendu les clefs de notre chambre, direction la plage pour y prendre notre dernier petit déjeuner (jus d'oranges fraîchement pressées et muffins au chocolat). La plage de Playa del Carmen est mignonne mais sans aucune mesure avec celles de Tulum où nous avons passé ces trois derniers jours. Il est maintenant l'heure de prendre notre bus direct jusqu'à l'aéroport de Cancun. Le reste s'est déroulé sans problème : enregistrement, avion jusque New York, vol ensuite jusque Paris. D'ailleurs, en arrivant en fin d'après-midi à New York, la ville est recouverte de neige. Quel contraste ! Nous avions 1h40 de transit à New York et craignions des difficultés pour attraper notre correspondance. Tout s'est bien passé, mis à part que nous avions en bagage à main une bouteille de mezcal achetée à l'aéroport de Cancun et que nous avons oublié de la remettre dans nos bagages en soute lors de la récupération de notre sac à dos à New York. Un douanier, très sympathique au demeurant m'a conduit à l'endroit où je pouvais enregistrer les liquides en s'excusant du manque d'informations à ce sujet... En décollant de l'aéroport Newark, la nuit commence à tomber et nous avons une magnifique vue sur Manhattan qui commence à s'illuminer... En vol, visualisation de films, repas et sieste... Ca y est, nous sommes désormais en France. Il nous faut maintenant attendre notre TGV qui nous ramènera à Reims où nous attend notre fille...
Pour conclure, nos deux coups de coeur dans ce voyage sont Palenque et Tulum ; ceci étant sûrement dû à notre mode d'hébergement. Nous avons également beaucoup aimé Oaxaca, San Juan de Chamula, Chichen Itza et dans une moindre mesure San Cristobal. Par contre, vous l'aurez certainement compris, Mexico ne nous a pas plu. Toutefois, nous ne regrettons pas ce choix dans la mesure où Teotihuacan reste tout de même un incontournable ! Mais que ce pays est beau ! N'hésitez pas, allez-y !
9 janvier
C’est une journée marathon qui nous attend aujourd’hui. Départ de chez mes parents à 4h pour une arrivée à Roissy à 5h30. S’ensuivent les formalités d’enregistrement, un petit déjeuner, puis, l’embarquement dans notre avion Air France. On décolle finalement à 9h30 avec une heure de retard ; notre avion devant subir un dégivrage. Il faut en effet préciser que ce matin, à Paris, la température ne dépasse pas les -10° C ! Après cela, vol sans histoire agrémenté de deux repas et de deux films (« L’oeil du mal » et « Harcelés »). Seul problème à déplorer : mon écran individuel ne fonctionne pas ; je me replie sur celui de Sandrine ! Arrivés à l’aéroport JFK de New York vers 11h, heure locale, il nous faut changer de terminal, pour cette fois-ci, prendre notre vol à destination de Phoenix. Il nous faut alors patienter quelques 6 heures… tout juste le temps pour nous jeter sur notre premier burger chez Wendy’s… Après ça, sieste improvisée sur les sièges peu confortables de l’aéroport, puis embarquement. Ce vol est effectué par Delta Airlines. Rien à voir avec le standing d’Air France ! Tout est payant, même pour pouvoir voir un film… Nous avons tout de même pris un plateau repas (fromage, fruits secs, légumes crus et houmous). Le vol est très long car c’est seulement après 5h30 que nous apercevons Phoenix. Il fait nuit, il est 20h30 et la ville scintille de mille feux. L’aéroport est situé au milieu de la ville, ce qui nous permet de voir qu’elle s’étend à perte de vue : 80 km de long sur 50 de large ! Après avoir débarqué, nous récupérons notre sac. Ouf, le transfert à New York s’est bien déroulé. Maintenant, direction l’agence de location de voitures (Budget) que l’on gagne grâce à une navette. Là, on récupère une Ford Focus berline qui va nous suivre durant cette semaine. C’est parti, à nous les States ! Bon, la suite est un peu moins glorieuse. On cherche pendant une heure notre hôtel alors qu’il n’est situé qu’à 4 miles de l’aéroport. Merci au co-pilote !... A sa décharge, il est assez difficile de s’y retrouver. L’hôtel Red Roof nous attend pour une bonne nuit de sommeil. Il est 7 heures du matin en France. Notre marathon est terminé…
10 janvier
Malgré le décalage horaire, nous avons très bien dormi et nous nous sommes réveillés à 7 heures, heure locale, c’est-à-dire à 15 heures, heure française. Dehors, le soleil se lève à peine ; le temps est parfait. Après un chocolat chaud pris à l’hôtel, c’est parti pour notre road trip ! Avant de rouler en direction de l’Apach trail, nous nous arrêtons à un Wallgreen acheter notre petit déjeuner et notre repas du midi. Pour nous aider à trouver l’entrée de l’Apach trail, nous demandons renseignements à l’hôtel, puis au magasin : Personne ne connaît ! Ce serait comme demander à un parisien s’il connaît le château de Versailles et qu’il nous réponde qu’il ne connaît pas ce site… Bref, on se débrouille et trouvons notre chemin assez facilement. En route, on aperçoit que de nombreux américains vivent dans des mobil homes organisés en de véritables villes. Concernant les paysages de l’Arizona, ils correspondent à l’idée que je m’en étais faite : semi aride et accidenté. Aussitôt sortis de Phoenix, nous commençons à voir de plus en plus de cactus Sagaro qui sont l’emblème de l’état. Après environ 40 minutes, nous atteignons le village fantôme de Goldfield. Il n’est que 9 heures et nous sommes presque les premiers touristes à arriver sur place. Tant mieux pour les photos ! Le village, à cette heure-là, est vraiment « fantôme » et nous avons à notre disposition un merveilleux ciel bleu. Les bâtisses sont en très bon état, on a vraiment l’impression d’être dans un de ces westerns… Seule ombre au tableau, quelques bâtiments ont été aménagés en boutiques à touristes, ce qui enlève une part d’authenticité… Soit, on profite tout de même des lieux et de l’ambiance de l’endroit en passant du saloon à la prison en passant par l’ancienne église, sans oublier la vieille mine. On décide alors de faire le tour du village dans un ancien train à vapeur. 20 minutes sont nécessaires pour effectuer cette balade parmi les cactus en profitant de la vue d’ensemble sur le village avec en arrière plan les Superstitions Mountains. De retour « en ville », on assiste à un gunfight organisé dans la rue tout en sirotant un smothie. Le spectacle est sympa, par contre, le smothie est… fade. Au final, bien que touristique, Goldfield nous a bien plu et s’affirme comme un arrêt incontournable sur l’Apach trail ! Ce trail nous emmène ensuite jusqu’à l’Apach lake où nous nous arrêtons pour pique niquer au bord de l’eau. Ensuite, malgré de nombreux arrêts photos, nous arrivons rapidement à Tortilla Flat où un arrêt s’impose. On trouve dans ce lieu-dit perdu au milieu de nulle part un saloon insolite. Tous les murs (même aux toilettes) sont recouverts de billets de banque dédicacés par leurs donnateurs. De plus, les chaises du bar sont des selles de cheval. Dans la cour, nous écoutons quelques minutes un groupe de country… La baignoire de l’établissement aurait été utilisée par Wyatt Earp en personne !
Quelques kilomètres plus tard, la route se transforme en piste de terre battue (en très bon état) sillonnant à travers la Tonto National Forest. La forêt en question est constituée de Sagaro. Je ne m’attendais d’ailleurs pas à en trouver autant par ici… Je ne m’attendais également pas à voir sur l’Apach trail des panoramas aussi beaux et accidentés. Ce trail mérite vraiment d’être parcouru ! Après avoir longé le Roosevelt lake et vu son impressionnant barrage (le trail a d’ailleurs été construit pour accéder à la construction de ce barrage), nous retrouvons la route goudronnée. Il nous faut alors gagner la ville de Tucson où nous avons prévu de dormir ce soir. Deux bonnes heures sont nécessaires… La route est toute droite pendant une centaine de kilomètres sans traverser le moindre village. Niveau végétation, toujours des sagaros et autres cactus. On assiste à un coucher de soleil flamboyant sur les montagnes et à un lever de lune violacé. Tout juste arrivés à l’hôtel Howard Johnson Inn, nous repartons pour passer la soirée au Maverick, un club country situé à l’autre bout de la ville. Nous sommes visiblement les seuls touristes et faisons un peu tâche dans cet environnement de stetsons et de santiags. Soit, nous y passons un très bon moment à regarder les gens se déhancher et à discuter de football américain avec un autochtone ne comprenant pas comment nous faisions pour vivre en France sans ce sport… Après avoir englouti un big hamburger aux champignons noirs et une Budweiser, retour à l’hôtel… et dodo !
11 janvier
Alors que nous avions mis le réveil pour 8 heures, nous nous réveillons naturellement une heure plus tôt. Juste le temps de prendre notre petit déjeuner à l’hôtel, et nous prenons la route, direction le sud pour rejoindre la célèbre ville western de Tombstone. Pour cela, nous traversons la campagne américaine. On y voit par exemple des rangées de boîtes aux lettres disposées le long de la route alors qu’il n’y a pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde. On prend alors toute la mesure de ce que sont les grands espaces américains… Après une heure de route, Tombstne est en vue. Cette ville est surtout connue pour avoir vu se dérouler le fameux règlement de comptes à Ok Corral… Wyatt Earp, ses frères, et Doc Holiday ont affronté dans la rue les frères Clanton et Mc Laury. Les faits sont d’ailleurs relatés dans plusieurs films comme Tombstone ou Wyatt Earp pour ne citer que les plus récents… Notre premier arrêt est le célèbre cimetière d’époque appelé ici Boothill Grave Yard, situé à gauche en entrant dans Tombstone. On y voit les tombes des frères Clanton et Mc Laury (qui ont donc perdu leur duel), mais également des tombes aux épitaphes originaux comme celui-ci : « Il avait raison, nous avions tord, pendu par erreur ». Nous allons ensuite nous promener dans la vieille ville où la rue principale toute en longueur, présente d’anciennes bâtisses très bien conservés ou restaurés. Côté ambiance, de nombreuses personnes arborent des costumes d’époque. Les gens montent des chevaux dans la rue… Il y a même des diligences qui promènent les touristes contre un billet de 5… On s’y croirait presque ! On est par contre régulièrement abordé par des rabatteurs qui nous vantent les mérites de leurs restaurants ou autres boutiques, ce qui nous ramène rapidement à la réalité.
On visite le Bird Cage Theater, un ancien théâtre bordel où tout est resté en l’état depuis 1900 : tapisseries, moquettes, … et balles logées dans les murs ! Bien sûr, la boutique à la sortie, elle, n’est pas d’origine ! On voulait ensuite assister à la reconstitution de la fameuse scène d’Ok Corral. Le spectacle est malheureusement prévu à une heure trop avancée de la journée ; nous échouons donc devant un western comédie… Ce ne sera pas notre meilleur investissement du voyage !!! Je ne conseille donc pas, surtout si on ne maîtrise pas parfaitement les subtilités et jeux de mot de la langue anglaise… Petite anecdote à raconter : en sortant du spectacle, une famille américaine, voyant que nous n’étions pas du coin, nous demande d’où nous venons. Nous lui répondons naturellement « France » ! Le fils se tourne alors vers son père et lui demande : « Where is France ? » On a alors vu le père se décomposer, ne sachant pas lui répondre…
Il est maintenant l’heure de déjeuner. Nous choisissons le « Big Nose Kate’s sallon » conseillé par le Routard. A l’intérieur, il règne une ambiance des plus western : cowboys au regard noir, filles de joie en tenues d’époque, musique country et reconstitution de scènes avec participation des clients. Au menu, salade (pour la conscience) et hamburgers (pour le plaisir). Au final, Tombstone mérite un détour et nous a bien plu. Toutefois, il est dommage que cette ville ait un peu vendu son âme au bénéfice du tourisme de masse. On a parfois l’impression de se promener dans un parc d’attraction à thème…
Nous reprenons notre véhicule et nous dirigeons vers Bisbee. Les paysages sont à nouveau très plaisants. Par contre, Bisbee sera pour moi une déception. Je n’y ai pas trouvé ce que j’avais pu lire avant d’y venir. Il n’y a pas grand’chose à y voir et on a plus l’impression d’être en France plutôt qu’aux States… Seule la vue générale de la ville et des collines aux alentours vaut une photo…
A nouveau, nous reprenons la voiture pour gagner la ville de Douglas, à la frontière avec le Mexique, où j’ai réservé une nuit au Motel 6. Là, après le check-in, nous décidons de faire une petite sieste. Il est 17 heures…Je me réveille à 6 heures, le lendemain matin… Certainement le contrecoup du décalage horaire…
12 janvier
La nuit a été longue et réparatrice. Un petit tour chez Denny’s pour un petit déjeuner gargantuesque (bacon, saucisses, omelette, pommes de terre, pancakes, muffins, …) et nous voilà partis pour le Chiricahua National Park. Comme d’habitude, nous demandons notre chemin dans Douglas et les gens ne connaissent même pas l’existence de ce lieu pourtant situé près de chez eux ! Sur la route, je stoppe le véhicule sur le bas côté afin de prendre une photo de la route toute droite sur des kilomètres, au milieu de prairies grillées par le soleil. Surgit alors de nulle part un véhicule de police s’arrêtant à ma hauteur… « Désolé M. le policier, je ne recommencerai pas, pitié… ». Non, rien de tout ça, il voulait seulement savoir si j’avais un problème… Mais bon, on ne sait jamais, je me voyais déjà plaqué au sol, les menottes aux poignets… Notre culture TV nous joue des tours… Entrés dans le parc, nous avons l’impression d’être seuls. En signant le livre d’or, on s’aperçoit effectivement être les premiers à pénétrer dans le parc aujourd’hui. Les rangers sont sympas ; ils sont contents d’apprendre que des français font le déplacement pour venir visiter leur parc assez méconnu. En sortant du visitor center, nous tombons nez à nez avec une sorte de raton laveur qui paraît encore plus surpris que nous. Et sur la route qui parcourt le parc, on aperçoit une biche… Cette fois, c’est sûr, nous ne sommes pas seuls !
Une fois en haut, une magnifique vue sur les nombreux monticules rocheux s’offre à nous. Disons que cela ressemble un peu à Bryce Canyon en moins impressionnant et en moins… rouge ! Nous décidons de faire une première petite randonnée (Massai point trail). Nous ne sommes pas déçus : concrétions rocheuses, cheminées de fée, … et toujours ce ciel bleu magnifique. Par endroit, subsistent quelques congères de neige… Je parviens à décider Sandrine pour une seconde randonnée, un peu plus longue (Echo canyon trail). Celle-ci est encore plus belle puisqu’on descend parmi toutes ces concrétions atypiques. Au final, ce parc fut une très agréable surprise. Je ne comprends d’ailleurs pas qu’il soit si peu mis en avant. Ce doit être dû à sa situation excentrée par rapport aux autres parcs majeurs du grand ouest américain… mais certainement pas à cause de ses paysages !
Sur la route du retour vers Tucson, nous nous arrêtons à Cochise (ça ne s’invente pas) afin d’y acheter de quoi manger et de téléphoner à mes parents pour avoir quelques nouvelles de notre petite Anna. Elle nous manque tellement ; nous étions émus de pouvoir l’entendre malgré la distance… Quelques miles après, nous sommes arrêtés par la police des frontières ; Mexique oblige. L’agent nous demande nos papiers et nous dévisage en nous posant quelques questions, avant de nous laisser repartir. Pour le repas, ce sera pique nique rapide sur un parking où on contemple de gros camions customisés.
Le programme de la fin d’après-midi nous emmène au Old Tucson Studios. Les Old Tucson Studios sont un grand village western reconstitué. Ils ont servi au tournage de plus de 300 films et séries western. Atelier du maréchal-ferrant, ancienne gare, église avec son cimetière, tout y est… Le parc ferme malheureusement à 16 heures. Nous n’avons pas eu le temps de tout voir mais notre billet est valable deux jours. Peut-être y reviendrons-nous demain si nous avons le temps… Nous rejoignons donc notre hôtel, non sans mal ! Les sorties de la route 10 sont en effet en travaux. Aucune déviation… Si bien que nous passons, et repassons maintes fois devant notre hôtel sans pouvoir sortir de l’autoroute (les sorties étant en travaux dans les deux sens !). Bilan : une heure de perdue ! Nous arrivons à l’hôtel vers 17h30. Nous consacrons le reste de la journée à l’envoi de mails à notre famille et à nos amis. Puis, un petit restaurant italien (Bianchi’s) pas très fameux et au lit !
13 janvier
Comme chaque nuit maintenant, je suis réveillé vers 5 heures du matin et il me faut me forcer pour me rendormir. On se lève à 7 heures et allons prendre notre breakfast à l’hôtel. Là, nous y entendons pour la première fois depuis notre arrivée parler français. Nous faisons ensuite route vers le Sonora Desert museum, situé en banlieue de Tucson et à proximité du parc national Sagaro. Le site est d’ailleurs très bien situé puisque étant entouré de ces fameux cactus et surplombant le désert de Sonora. Arrivés très tôt, nous y passons la matinée à déambuler dans les allées, allant des enclos des animaux du désert (pumas, antilopes, fennecs, loups, …) aux expositions géologiques et préhistoriques. On assiste alors à une démonstration de vols des oiseaux du désert. Différents aigles et autres rapaces survolent le parc, allant d’un fauconnier à un autre. Tout cela nous emmène jusqu’à l’heure du repas que nous prenons au restaurant du musée. Au final, ce musée en plein air nous a bien plu de par son environnement et ses explications interactives. Je conseille donc cette visite qui complète parfaitement notre programme de l’après-midi, c’est-à-dire le Sagaro National Park, partie ouest.
Après quelques miles, nous faisons un arrêt au visitor center du parc afin de nous acquitter des droits d’entrée. Ici, il n’y a en effet pas de guichet en bordure de route comme dans les autres parcs déjà visités. Déjà, nous sommes entourés de collines recouvertes de centaines, … de milliers de petits bâtonnets verts, c’est-à-dire de cactus endémiques de la région. Nous empruntons, pour commencer, le Bajada loop. Le ciel bleu azur contraste parfaitement avec le vert des sagaros. On espère que les nombreuses photos restitueront ces magnifiques panoramas. A la pancarte « View trail », nous garons notre Focus et débutons cette courte randonnée nous menant à un soi-disant magnifique point de vue. En haut, on se retrouve en effet au milieu d’une mer de cactus que l’on peut contempler à perte de vue. De plus, nous sommes seuls ; et ça, ça n’a pas de prix ! Il est vrai que durant notre périple, nous n’avons que très rarement croisé d’autres touristes. Pourtant, le climat est idéal : 25° et un ciel parfaitement bleu !
Une fois finie notre boucle dans le parc, nous repartons vers Tucson. Nos billets pour le parc Old Tucson Studios étant encore valables, nous nous y arrêtons une nouvelle fois afin d’y continuer notre visite entreprise la veille. On y voit par exemple des vêtements d’acteurs portés lors des tournages des films ou séries sur le site : Will Smith dans Wild Wild West, … et surtout ceux de Charles et Laura Ingalls dans la Petite maison dans la prairie ! On visite une reconstitution de mine, on assiste à un gunfight, … Ce parc à l’entrée onéreuse (17$) s’avère finalement agréable, surtout pour les férus de western. Disons qu’il est bien placé et permet de combler un trou dans un planning… A la fermeture, retour vers Phoenix où nous passerons notre dernière nuit aux Etats-Unis. En route, nous nous arrêtons à une station service afin d’y faire le plein ; ça fait plaisir de payer un plein de carburant 20$... Ca nous change ! A destination, nous prenons possession de notre chambre au Quality Inn. Une petite sieste, un peu de zapping et on finira la journée au Mc Do du coin, n’ayant pas réussi à trouver un restaurant figurant dans le Routard (Minder Binder).
14 janvier
Journée de transition en ce 14 janvier puisque nous terminons notre voyage en Arizona pour commencer celui au Mexique. Notre avion étant prévu à 15h, nous profitons de la matinée pour nous reposer à l’hôtel : petit déjeuner à l’hôtel avec gaufres faites sur place, envoi de mails et baignade dans la piscine et le jacuzzi. Là, j’y ai rencontré un américain avec qui j’ai discuté pendant une heure… du Mexique. Sympa, d’ailleurs, ce Victor, qui m’a invité à venir chez lui, à Las Vegas, lorsque j’y passerai… Puis viennent les formalités habituelles : check out à l’hôtel, restitution du véhicule (en 30 secondes), navette pour l’aéroport et enregistrement des bagages. Ne sachant pas si un repas nous sera servi dans l’avion nous menant à Mexico, nous patientons devant un dernier hamburger chez Burger King. Pas besoin de se casser la tête pour choisir le restaurant, il n’y a que des fast food dans l’aéroport ! Après avoir appelé en France où il fait 0°, nous prenons notre avion pour Mexico avec un arrêt d’une heure à Hermosillo, dans le nord du pays. Dans la conversation que j’ai avec Sandrine dans l’avion, je sens une pointe d’inquiétude concernant le fait de prendre le métro à Mexico à cette heure avancée (21h) pour gagner notre hôtel. Pour la rassurer, nous prendrons donc un taxi officiel… Il faut toujours ménager une femme enceinte ! Bizarrement, nous récupérons notre bagage sans passer de douane et donc sans qu’on nous appose de tampon sur notre passeport… On verra bien le jour de notre départ ! On prend donc ensuite le taxi (127 pesos) et traversons à toute vitesse cette immense mégalopole de 20 millions d’habitants. On a l’impression que le chauffeur fait une course contre la montre. Bon, on arrive entier à notre auberge de jeunesse où j’ai réservé une chambre double par mail (Mexico city Hostel). De l’extérieur, le bâtiment ne paie pas de mine, mais l’intérieur colonial est très beau. L’hôtel est situé à deux pas du zocalo. Quant à notre chambre, elle est simple mais propre ; et c’est là le plus important…
15 janvier
Le réveil sonne et nous sort difficilement du lit à 6h30. On veut en effet arriver tôt sur le site de Teotihuacan qui est au programme d’aujourd’hui. La nuit a été très bruyante. Des clients ont regardé la télévision avec un volume très élevé une bonne partie de la nuit ; on avait l’impression d’y être, la salle TV étant pourtant située deux étages plus bas…
C’est donc bien impatients de découvrir ce site mythique que nous gagnons le terminal de bus « del Norte » en métro. Ce dernier, très propre et très fonctionnel, nous permet de gagner rapidement le terminal où nous achetons aussitôt notre billet aller pour Teotihuacan. Les mexicains sur place nous indique dans quel bus monter sans qu’on leur demande quoi que ce soit. Les touristes ne doivent prendre que cette destination-là… Après une heure de route à travers la banlieue et les bidonvilles de Mexico, nous apercevons enfin la première pyramide de notre circuit. Cette cité des dieux, classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité, présente surtout deux immenses pyramides reliées par un axe, la Chaussée des Morts, au bord duquel sont érigés des temples de taille moindre ; le tout étant essentiellement dédié aux divinités que sont le soleil et la lune. Nous imaginons la dévotion et la vénération qu’il fallait que cette civilisation leur porte pour construire des édifices aussi colossaux. Pour comparaison, la pyramide du soleil représente un volume un peu moins important que Khéops, mais plus élevé que Kephren. C’est pour dire si elle en impose ! Avant d’approcher les pyramides, nous débutons notre visite par la citadelle, à deux kilomètres de la pyramide de la lune qui constitue l’extrémité de la Chaussée des Morts. Tout serait parfait si le dieu soleil avait pu faire acte de présence. En effet, le ciel est couvert et la luminosité pour les photos n’est pas parfaite. Les quelques gouttes senties nous font même dire que le ciel n’est pas voilé que par la pollution typique de Mexico…
Un petit tour au musée du site, très bien agencé, puis arrive enfin le moment où nous débutons l’ascension de la pyramide du soleil. Contrairement aux photos vues sur le net où les gens se bousculaient dans les escaliers, ici, nous sommes seuls… Les marches sont hautes et irrégulières ; Sandrine, enceinte, commence à peiner… Un dernier effort et nous y sommes. Inutile de vous dire qu’à 46 mètres au dessus du sol, la vue est magnifique sur l’ensemble de cette ancienne cité. On s’assoit au sommet et profitons de cet instant privilégié, sans dire mot, pendant plusieurs minutes. La descente, accompagnée par quelques rayons de soleil, est beaucoup plus rapide. Nous enchaînons donc avec la marche vers la pyramide de la lune, majestueusement assise au bout de cette longue allée… La gravir est beaucoup plus aisé ; tout d’abord parce qu’elle est plus petite, mais surtout car l’étage supérieur est actuellement fermé au public. Quoi qu’il en soit, la vue est encore plus impressionnante ici dans la mesure où nous embrassons la Chaussées des Morts dans toute sa longueur. Là encore, nous nous asseyons et profitons de la vue.
Il est temps de repartir. Un petit coup d’œil au Palacio de Quetzalpapalotl et à ses colonnes intérieures, et nous nous postons en bord de route à la sortie n°3 du site afin d’y attendre notre bus qui arrivera au bout de quelques minutes. Au final, j’ai beaucoup aimé cette visite malgré un temps un peu capricieux. Sandrine, certainement plus exigeante, a trouvé le site intéressant mais a moins été impressionnée par la masse des pyramides que lors de notre voyage en Egypte. De retour à Mexico, il nous faut maintenant nous sustenter… Nos premiers tacos al pastor (tacos de viande de porc marinée, coriandre et ananas) nous comblerons, ainsi que notre première agua fresque (fruit et eau)… Avant de pouvoir commencer la visite de la ville, il nous faut acheter les tickets de bus pour Oaxaca, le départ étant prévu pour demain soir. La boutique est difficile à trouver, même en s’aidant de notre guide. En effet, elle est située dans une arrière-cour, sans panneau indicateur… Une fois cette tâche accomplie, Mexico s’offre à nous. Cette mégalopole de 20 millions d’habitants a de nombreux trésors à offrir malgré sa pollution et son taux de criminalité qui font sa mauvaise réputation. Pour la plupart, ils se concentrent dans le centre historique, autour du zocalo, cette immense place (la troisième plus grande du monde) flanquée du plus grand drapeau au monde ! Nous débutons par le Palacio National, ancienne résidence du président mexicain. Ce palais est surtout connu pour les immenses fresques de Diego Rivera qui recouvrent ses murs. C’est vraiment intéressant de contempler ces magnifiques peintures qui retracent la vie du Mexique, du temps des aztèques à nos jours. Après ça, nous visitons la cathédrale et le Sagrario dont les intérieurs ne nous marqueront pas. J’avais ensuite prévu de passer la soirée sur la place Garibaldi, réputée pour ses mariachis. Malheureusement, une averse contraint nos plans et nous décidons de regagner l’hôtel. C’en est tout pour cette journée et pour nos jambes qui n’en demandaient pas tant !
16 janvier
Bon, la journée ne commence pas bien. Le bruit de la pluie résonne sur le toit de l’hôtel. De plus, chaque averse fait sonner l’alarme d’une voiture dans la rue… Et vu qu’il a plu presque toute la nuit… Vers 5h, des jeunes à l’étage sont rentré et se sont couchés en faisant bien attention à ce que tout le monde les entende… Au final, cet hôtel est vraiment très bruyant ! Après une bonne douche et un petit déjeuner, nous nous connectons à internet. Rien d’autre à faire car dehors, il pleut toujours. Dès la première accalmie, nous poursuivons la visite de Mexico commencée la veille. Mais comme hier, la lumière n’est pas bonne. Le cœur n’y est pas non plus… Première étape, le Templo Mayor qui nous déçoit beaucoup. Rien de bien intéressant à y voir. Nous empruntons ensuite la Calle de la Moneda censée être une belle rue coloniale. C’est sale et l’architecture n’est pas exceptionnelle. Bon, autant le dire tout de suite, nous ne sommes pas emballé par Mexico ! On ne retrouve pas dans cette ville l’idée qu’on se faisait du Mexique. Cela n’engage toutefois que nous et le mauvais temps y joue certainement pour beaucoup. Par contre, les mexicains nous font une bonne impression. Ils sont serviables et on ne ressent ici aucune agressivité. Nous partons ensuite à la recherche de la poste afin d’y acheter des timbres pour nos cartes écrites hier soir. On se retrouve alors dans un quartier plus riche, à proximité du musée des Beaux Arts. Sur le chemin du retour, nous trouvons le paradis des palais : un magasin qui vend des dizaines et des dizaines de pâtisseries différentes à des prix défiant toute concurrence (française). C’est décidé, nous y prenons notre déjeuner. En sortant, il se met à pleuvoir de nouveau. Nous décidons donc de prendre prématurément la direction du terminal des bus Tapo afin d’avancer notre départ vers Oaxaca. Adios Mexico ! Sur place, le bus de 14h est complet ; nous ne partirons donc qu’avec celui de 15h. Le temps pour nous de faire quelques achats pour notre repas du soir et de déambuler dans le terminal, digne d’un véritable aéroport. Le système est d’ailleurs similaire. On enregistre nos bagages et passons le contrôle de sécurité. C’est parti pour 6h de route ! Dehors, il pleut toujours… Et dire que nous sommes à la saison sèche ! On assiste tout de même à des scènes originales. A chaque arrêt de péage, des vendeurs nous propose leurs produits : cigarettes, boissons, chocolat, … et des chiots ! « Tiens, chérie, je vais aller au péage du coin nous acheter un chien ! » Pendant plusieurs kilomètres, nous suivons un pick up à l’arrière duquel sont une femme et ses quatre enfants. A 110 km/h, sous la pluie, cela ne doit pas être très confortable…
Plus on avance, plus les paysages se transforment. Après être passé à proximité du Popocatépetl (la tête dans les nuages), nous traversons une zone semi montagneuse couverte de yuccas géants. Puis viennent les cactus qui recouvrent les collines alentours.
Après une petite sieste et trois films en espagnol sur l’écran central, nous arrivons à Oaxaca. A l’entrée de la ville, nous sommes stoppés par un cortège de chars et de danseurs se dirigeant vers le centre. Bloqués une quinzaine de minutes, nous les regardons défiler alors qu’au loin sont tirés quelques feux d’artifice. Au terminal, après avoir récupéré nos bagages, nous filons vers le zocalo qui est en effervescence. Au premier coup d’œil et malgré l’obscurité, Oaxaca nous séduit. Cela ressemble au Mexique qu’on attendait ! Des maisons coloniales, de la musique dans les rues, de la couleur, … On espère pouvoir bénéficier d’un peu de soleil pour profiter de tout ça demain. L’auberge Paulina nous ravit également. Tout est propre et bien aménagé. Pour l’heure, nous allons nous coucher en imaginant ce que sera notre journée de demain.
17 janvier
Dès notre réveil, un petit coup d’œil par la fenêtre nous permet de voir que le ciel est bleu, sans aucun nuage : la journée s’annonce magnifique ! Nous nous empressons donc d’aller nous laver avant de nous rendre au petit déjeuner de l’hôtel qui nous ravit : jus d’oranges pressées, fruits frais, œufs sur le plat et toasts, … Nous filons ensuite vers le zocalo qui se réveille à peine. La ville est aussi belle de jour que de nuit ; cela confirme notre première impression de la veille. Des parterres de fleurs rouge vif recouvrent cette grande place entourée d’arcades et de terrasses de restaurants. L’ambiance est beaucoup plus cool qu’à Mexico… On peut y voir de nombreux mexicain se faisant « cirer les pompes »… On visite la cathédrale qui surplombe le zocalo et tentons de trouver l’escalier qui mène en haut des clochers… en vain… On rencontre beaucoup plus de touristes ici qu’à Mexico. Il faut dire que la ville est tellement agréable que c’est compréhensible. Les rues adjacentes au zocalo sont bourrées de charme. Chaque façade a sa couleur éclatante, ses grilles en fer forgé, son patio intérieur… Et ce soleil… Quel pied de se promener dans cette ville par 25° lorsqu’on sait qu’en France, ça caille… Des indiennes vendent leur artisanat. Un simple « No gracias » et elles n’insistent pas, contrairement à ce qu’on a rencontré dans d’autres pays.
Nous nous attardons ensuite dans l’église Santo Domingo à l’intérieur magnifique, exubérant ; chaque sculpture étant recouverte de feuilles d’or. On constate également que beaucoup de mexicains sont pratiquants. On retrouve en effet dans chaque lieu religieux un nombre important de personnes priant leur saint. Juste à côté de l’église, nous visitons ensuite l’ancien couvent Santo Domingo, son cloître, son jardin, sa bibliothèque et le trésor de Monte Alban qu’il renferme. La visite est sympathique mais pas incontournable (sauf pour les adeptes des musées). On redescend alors la rue principale où il est possible de lire des tags défendant la cause des indiens de la région. Cette rue nous mène jusqu’à notre restaurant sélectionné pour ce midi dans le Routard : la Casa Elpidia. On ne peut arriver en ce lieu par hasard ! Pas facile en effet de trouver ce petit resto anonyme où l’enseigne est minuscule. Pas de vitrine, pas d’indication. La porte d’entrée est fermée. Il nous faut sonner plusieurs fois pour qu’un vieux monsieur vienne nous ouvrir. On s’installe à une petite table donnant sur un petit jardin exotique. Nous sommes les seuls clients… Après quelques minutes, une vieille dame nous apporte une assiette de pâtisseries salées, puis une soupe. Vient le plat de viande, puis le dessert. Vous l’aurez compris, ici, pas de menu avec choix divers. On mange ce qu’on nous amène. Et c’est très bon. On ne connaît d’ailleurs pas le prix de ce qu’on mange. Et quand l’adition arrive, on se demande s’il n’y a pas d’erreur : 130 pesos pour deux, nourriture, jus d’orange et bière comprises (environ 7 euros). Vraiment une adresse insolite que je recommande vivement !
Après avoir acheté nos billets de bus pour Tuxtla Gutierrez pour demain soir et avoir téléphoner à notre fille, nous allons nous balader dans les deux marchés permanents de la ville, c’est-à-dire le mercado Juarez et le mercado 20 de noviembre. Dans le premier, on trouve surtout de l’artisanat et des vendeurs de fruits et de jus. On ne résiste pas et y buvons chacun ½ litre de jus d’oranges pressées succulent (10 pesos chacun). Dans le second, on y trouve de nombreuses échoppes où il est possible de manger des tacos ou de la viande grillée. On a l’impression que tous les mexicains de la ville se sont donnés rendez-vous ici pour le déjeuner malgré l’épaisse fumée et une forte odeur de graille. J’en profite pour tenter ma première expérience culinaire du voyage : les fameuses chapulines, spécialité de Oaxaca ! Imaginez de grands plats où se trouvent des milliers de sauterelles grillées et légèrement pimentées… L’expérience ne fut pas concluante. Je n’en ferai pas quatre heures…
Après ça, retour sur le zocalo… Bizarrement, nous revenons souvent sur cette place, simplement pour nous imprégner de l’ambiance familiale qui y règne. Et comme tous les samedis, beaucoup de monde vient ici. Des vendeurs de ballons, des musiciens, des confiseries ; en France, ce serait la fête annuelle de la ville. Ici, c’est tous les week-ends ! Beaucoup d’enfants jouent… et nous, nous profitons pleinement de ces moments.
Après une petite sieste réparatrice à notre hôtel, nous gagnons à nouveau le zocalo, cette fois-ci pour y prendre notre dîner. La nuit est tombée et il y a foule. On mange à la terrasse d’un restaurant qui a une magnifique vue sur la place et les festivités. Et là, seconde expérience culinaire. Je prends en effet un pollo negro. La recette est composée de poulet cuisiné dans une sauce noire et épaisse au cacao et au piment. Je m’en suis régalé même si le goût est atypique. Pour finir la soirée, nous écoutons des mariachis, regardons des danseurs de mambo et rentrons finalement nous coucher, les têtes pleines d’images de cette journée bien remplie.
18 janvier
C’est une nouvelle journée qui commence sous un soleil radieux. Après notre douche et petit déjeuner quotidiens, nous prenons la direction du terminal des bus 2ème classe qui permet de se rendre dans les villes et villages des environs. Nous sommes dimanche et c’est jour de marché à Tlacolula ; celui-ci m’ayant été vivement recommandé. Après 15 minutes de marche, nous arrivons au terminal qui n’a rien à voir avec son homologue de 1ère classe. C’est un peu l’anarchie : pas d’horaire, pas de parking… Seulement un baraquement et un terrain vague. Mais nous avons de la chance ; un homme nous interpelle en criant « Tlacolula » ! « Comment a-t-il deviné ? » Ni une, ni deux, nous montons dans son bus qui démarre aussitôt. Une heure de route dans ce chicken bus plus tard (12 pesos par personne), nous arrivons à destination. Sur place, pas besoin de demander son chemin, on suit toutes les personnes du bus qui se dirigent toutes dans la même direction… vers le marché. Celui-ci est immense ! Il est également magnifique, très coloré. Ce n’est pas trop pour les produits qu’on y trouve que je tenais à venir ici, mais bien pour les personnes qu’on peut y voir. En effet, les indiens des alentours viennent ici pour vendre leurs produits d’artisanat ou de culture, mais également pour y faire leurs achats et passer un moment en famille. En d’autres termes, c’est un peu la sortie du week-end ! Et comme ils arborent leurs tenues traditionnelles et colorées, on en prend plein les yeux ! Seul inconvénient, ils ne veulent pas être pris en photo. Dommage, il y aurait tellement à faire… Bon, j’arrive tout de même à en prendre quelques-unes (merci à mon téléobjectif) de façon clandestine... On prend ensuite notre jus d’oranges pressées quotidien que l’on déguste tout en marchant. On marche, on marche, … On ne voit toujours pas le bout de ce marché qui s’étend dans toutes les rues que nous croisons : toujours plus d’étalages, des légumes, des fruits, certains connus, d’autres pas du tout. Après quelques achats (chapeau, bouteille de mezcal), nous cherchons maintenant un endroit où manger. Un hangar où sont installés plusieurs cuisines ambulantes offre différents choix ; au final, nous nous installons dans un petit bui-bui, genre de restos que nous affectionnons. Nous sommes d’ailleurs l’attraction des quelques clients qui se demandent ce que font des étrangers ici. Le repas est très bon et copieux (enchiladas pour moi, soupe de riz et de poulet pour Sandrine)… et bien sûr, on s’en tire pour une poignée de pesos (100, pourboire inclus). Nous retrouvons ensuite le terminal des bus et apprenons qu’il n’existe pas de liaison directe pour Tule, situé dans la même vallée que Tlacolula, alors que nous avions prévu d’y aller. Selon le chauffeur du bus pour Oaxaca, il faut retourner à Oaxaca pour reprendre un autre bus pour Tule. Tant pis, on décide d’abandonner ce projet… Quand soudain, notre bus s’arrête ! Le chauffeur nous interpelle et nous fait descendre en nous expliquant qu’un bus passera normalement ici pour Tule. Nous nous retrouvons au milieu de nul part et commençons à nous demander si on a bien fait de descendre lorsqu’un bus apparaît au loin sur lequel on peut lire « Tule ». Au final, nous n’aurons pas attendu très longtemps et pourrons donc voir le célèbre arbre de Tule considéré comme étant le plus gros arbre au monde (tronc de 58 m de circonférence). Il est vraiment impressionnant auprès de sa petite église et nous ne regrettons pas le détour. Retour, pour finir, à Oaxaca, à bord d’un chicken bus « tuning ». On finit la journée sur le zocalo, parmi les familles mexicaines venues passer ici le dimanche. Ca fourmille de monde. Nous entamons une conversation avec un clown sympa à propos des différences entre la France et le Mexique. S’improvise alors une sorte de sketch sur le sujet, ce qui amuse beaucoup les personnes autour de nous. On se sent vraiment bien à Oaxaca et sommes un peu déçus de devoir quitter cette ville ce soir. Le bus de nuit est à 22h30. Nous partons pour Tuxtla, après avoir récupéré notre sac laissé à notre auberge et avoir mangé un hot dog sur le pouce en compagnie de deux mexicains sympas qui nous font même goûter leur boisson dans leur verre : crème de mezcal ! Un dernier petit tacos al pastor pris près du terminal, puis, c’est parti pour dix heures de bus que nous appréhendons un peu.
19 janvier
Nos appréhensions pour cette nuit de sommeil n’étaient pas fondées. Nous avons très bien dormi dans le bus et il me faut même réveiller Sandrine en arrivant à Tuxtla ! Il faut dire qu’on avait tout prévu. Nous avions dérobé les couvertures Air France lors de notre vol aller, ainsi que les caches yeux et les boules quies afin de nous prémunir contre le froid, le bruit et la lumière… Après une petite toilette rapide dans les sanitaires du terminal, nous prenons un taxi qui nous emmène directement à Chiapa de Corzo. Il n’y a en effet pas de navette collectivo à partir du terminal de bus… Chiapa de Corzo est le lieu de départ des excursions pour le canyon del Sumidero. Et là encore, bien que nous soyons un lundi, une fête se prépare ! Le Mexique doit être le pays où il y a le plus de fêtes au monde ! Nous achetons notre petit déjeuner au supermarché du coin et commençons à descendre vers les quais de la rivière, le Rio Grivalva. Arrivés sur place, c’est le calme plat ; il est 9 heures. On achète nos billets qui sont plus chers que prévu (150 pesos par personne) et on nous indique alors qu’il faut être au minimum 15 pour que l’embarcation puisse partir (sur 22 places possibles). Nous sommes les 2 et 3ème candidats sur la liste… Nous ne prendrons le départ qu’à 10h45 !! J’en ai beaucoup voulu aux gérants pour ce temps perdu. Ce n’est pas trop pour l’attente mais plutôt à cause de leurs mensonges. Au fur et à mesure que les gens s’inscrivaient, je les additionnais à la liste. Et lorsque nous avons enfin atteint le nombre, comme personne ne bougeait, je suis allé leur demander si nous partions. Ils m’ont répondu qu’il fallait patienter un peu car nous n’étions que 14. De nouveaux clients arrivent et s’inscrivent. Sandrine va à son tour leur demander : même réponse, nous ne sommes que 14 ! Et nous, on patiente… Lorsque nous embarquons enfin, nous sommes bien évidemment… 22 à bord…
Bref, nous partons à bord d’un bateau à grande vitesse et pénétrons dans le canyon. Après quelques minutes, le pilote fait une grande embardée et approche du rivage sur lequel un crocodile se fait dorer la pilule… Puis, pendant près d’une heure, nous parcourons cet impressionnant couloir rocheux qui, à la longue, présente un panorama un peu répétitif. Seules originalités, une grotte (très sales) où l’on peut voir une statue de la Vierge, et l’arbre de Noël, concrétions rocheuses formées le long de la falaise par l’écoulement d’une source d’eau déposant son calcaire ; le tout prenant la forme d’un sapin. Autre mauvaise surprise de la part de l’agence de l’excursion : au bout du canyon, il y a un restaurant au bord de l’eau et notre bateau y fait un arrêt pendant une heure afin de nous inciter à y déjeuner. Sans commentaire… Le retour s’effectuera d’une seule traite ; la lumière étant d’ailleurs meilleure qu’à l’aller. Pour résumer, le canyon est sympa mais ne justifie peut-être pas un détour. C’est cher et on peut y perdre beaucoup de temps, surtout en passant par cette agence : Rojas. Il est maintenant 14 heures. Nous nous précipitons dans un restaurant de Chiapa de Corzo, situé sur la place où la fête bat désormais son plein. Le repas est bon et agréable jusqu’au moment où commence, juste devant le restaurant, un concours de diction. Plusieurs hommes se succèdent pour lire le plus vite possible, chacun leur tour, les mêmes phrases répétitives en hurlant dans un haut parleur… Cela durera tout le repas et on ne pourra pratiquement pas se parler. Cette journée est maudite !
Comme il n’y a pas de collectivo pour San Cristobal à partir de cette petite ville de Chiapa, nous décidons de ne pas repasser par Tuxtla et négocions un taxi direct jusqu’à notre destination afin de gagner du temps (on en a perdu assez comme ça). On conclut l’affaire à 300 pesos et c’est parti pour ¾ heure de route. La dite route permet de prendre de l’altitude pour nous emmener jusqu’à 2400 mètres d’altitude. Progressivement, on change de végétation pour arriver dans un paysage digne des Vosges ! Une fois arrivés à San Cristobal située pour sa part à 2200 mètres d’altitude, nous prenons possession de notre chambre à l’hôtel Los Camellos tenu par un couple de français bien sympas. Nous nous dépêchons ensuite de filer en ville afin de se donner un premier aperçu de cette ville tellement vantée par les guides et internautes. Pour faire simple, la magie n’a pas opéré ; pour l’instant, en tout cas. On se prononcera demain, après avoir approfondi la visite. Une petite sieste à notre hôtel, repère des routards de passage, puis vient le moment de se trouver un bon petit resto. Ce sera le cas au Gato Gordo où on mange très bien… et pour pas cher ; le tout, en écoutant de la bonne musique en live. En sortant, la nuit est complètement tombée, la température aussi. On supporte très bien nos polaires. De retour à notre chambre, une petite douche très rapide car froide… et au lit ! Ca caille un peu !
20 janvier
Réveil vers 8 heures, douche un peu froide, et départ pour la visite de la ville. Avant cela, nous déposons notre linge sale à la laverie au coin de la rue où on nous facture 10 pesos par kilo déposé : 4 kilos de linge à laver et à repasser nous coûteront donc 40 pesos, c’est-à-dire 2,5 euros ! Cela ne vaut pas le coup de s’en passer ! On profite du magnifique ciel bleu qui nous accompagne pour prendre des photos de cette ville aux couleurs vives. Après avoir acheté nos traditionnelles pâtisseries en guise de petit déjeuner, nous nous rendons sur le grand marché qui, selon le guide du Routard, est peut-être le plus typique du Mexique. Petit bain de foule parmi les indiens des villages alentours : couleurs, odeurs, … tout est là pour le dépaysement. C’est fou le mal que se donnent les vendeurs à empiler leur fruits ! Leurs étales n’en sont que plus belles ! Cette visite incontournable fut vraiment dépaysante. Toutefois, nous avons préféré le marché de Tlacolula situé près de Oaxaca. Un grand verre de jus d’orange pris dans un bui-bui, puis nous nous rendons cette fois-ci sur le marché artisanal afin d’y faire quelques achats. On y trouve les fameux tissus mexicains très colorés ainsi que de nombreux autres produits tels que des sacs, des vêtements locaux, des hamacs, des masques mayas, …C’est drôle, les indiens et indiennes refusent systématiquement qu’on les prenne en photo. Selon eux, une photo leur vole leur âme. Par contre, dès qu’on leur achète quelque chose, ils acceptent ! A méditer… Après avoir fait le tour de la ville, on est désormais en mesure de dire qu’elle est très belle et incontournable dans un circuit au Mexique. Toutefois, on y croise beaucoup de touristes de différents horizons. Des babas cool, des japonais, des européens… Beaucoup d’étrangers se sont d’ailleurs établis ici. Ce melting-pot fait que la ville perd un peu de son charme, contrairement à Oaxaca où on a croisé beaucoup plus d’autochtones. Oaxaca appartient encore aux mexicains… San Cristobal aux touristes…
L’étape suivante nous emmène à San Juan de Chamula, un petit village indien tzotzil connu surtout pour ce qui se pratique à l’intérieur de son église. Nous trouvons pour cela le lieu de départ des collectivos (près du marché artisanal) et prenons la route pour une quinzaine de minutes. Lors de la planification de notre circuit, j’avais organisé les étapes autour de cette journée du 20 janvier à San Juan de Chamula où on y fête la San Sebastien. En y arrivant, nous ne sommes pas déçus, la ville est en ébullition ! En plus du marché sur la place principale, nous voyons de nombreuses processions à pied ou à cheval, les habitants étant tous en tenue traditionnelle : les hommes arborent tous des ponchos en peau de chèvre blanche et un chapeau de cow-boy. Les femmes, quant à elles, sont vêtues d’une longue jupe en peau de chèvre noire et d’un chemisier coloré. Leurs longs cheveux noirs sont tressés avec des rubans de couleur. Nous sommes pratiquement les seuls touristes et sommes ravis de participer à cet événement où l’ambiance est irréelle… Des groupes de musique jouent un peu partout. Les hommes dansent (bizarrement). Des pétards et feux d’artifice se font entendre. Il y a des caisses de Coca Cola partout ! Nous trouvons l’office du tourisme afin d’y acquérir les droits d’entrer pour pouvoir visiter la fameuse église (20 pesos par personne). A notre surprise, c’est un garçon d’une dizaine d’années qui est au comptoir ! Le bougre essaie même de nous rouler sur la monnaie…
Une fois à l’intérieur, c’est une ambiance mystique qui nous accueille. Pas de banc. Le sol est jonché d’épines de pin et de nombreuses petites bougies. Les gens sont agenouillés et marmonnent leurs prières. A côté d’eux, on retrouve de nombreuses bouteilles de Coca Cola leur permettant d’éructer afin d’évacuer le mal de leur corps ! Sur les côtés, on peut voir de nombreuses « poupées » habillées en tenues religieuses… Tout cela dans une odeur d’encens très forte. Sandrine a même failli perdre sa lentille de contact, tant l’air à l’intérieur était sec : tout un drame ! Cet endroit nous intrigue beaucoup. Il y règne une ambiance qu’on ne peut voir nulle part ailleurs… En sortant, nous nous asseyons sur le côté de la place et observons attentivement le comportement hors du commun des personnes devant nous. Des hommes sont en ligne. D’autres passent devant eux et leur touche le ventre. En échange, on leur remet une bouteille de Coca Cola (il est partout ici !) vide qu’ils emmènent dans l’église… Ne me demandez pas pourquoi, nous n’avons pas tout compris ! Après ça, nous flânons parmi les étales du marché et y achetons quelques souvenirs. Ensuite, retour à San Cristobal en collectivo où nous faisons la connaissance d’une touriste chilienne et d’un mexicain du coin qui tente d’entrer péniblement en contact avec nous, ce qui nous fait bien rire (il nous demanda une bonne dizaine de fois notre nom). A peine arrivés, nous nous rendons à la Salsa Verde afin d’y manger quelques tacos al pastor (pour moi) et une salade « especial » (pour Sandrine). Ensuite, direction le zocalo afin de profiter de la bonne lumière qui donne sur la cathédrale, puis, nous nous rendons à l’église Santa Lucia, magnifique, qui ne figure pourtant pas dans le guide du Routard. Nous consacrons notre fin d’après-midi à la réservation de notre excursion de demain (240 pesos par personne - Agua azul, Misol Ha et route vers Palenque), à la récupération de notre linge et à l’ascension de la colline en haut de laquelle se trouve l’église de la Guadalupe. Une petite sieste pour Sandrine, écriture du carnet pour moi au son de la voix d’une routarde dans la cour qui pousse (très bien) la chansonnette, il est maintenant temps d’aller prendre notre repas du soir. Nous choisissons le Madre Tierra. Le restaurant nous plait bien, le cadre est sympa et nous y mangeons de très bonnes lasagnes ; ça change un peu de la nourriture mexicaine ! L’addition est très légère… Une bonne adresse ! Sur le retour, on achète des pâtisseries bios dans la boutique juste à côté pour notre petit déjeuner de demain (4 pâtisseries pour 17 pesos – 1 euro). Il faut désormais vite aller dormir car la journée de demain va être chargée !
21 janvier
Le réveil est rude ce matin car il faut être prêt pour 6 heures, heure à laquelle on vient nous chercher pour nous emmener à Palenque. Après avoir regardé les tarifs des bus et le temps de transport, comparé avec l’option collectivo, nous avons opté pour l’excursion via une agence. Nous ne sommes pourtant pas enclins à voyager en circuit organisé, mais cette option nous revient moins chère, c’est plus rapide et cela nous permettra de visiter Agua Azul et Misol-Ha situés sur la route. Vers 6h30, nous décollons de San Cristobal dans un minibus conduit par un chauffeur assez nerveux (sa boîte de vitesse ne tiendra pas longtemps…). A bord, des mexicains, des espagnols, des anglais, des italiens… et nous ! Lorsqu’on quitte San Cristobal, on traverse à nouveau des paysages de montagnes. Et qui dit montagnes… dit virages ! Deux arrêts « vomis » seront donc nécessaires (ils sont fragiles ces espagnols !). 1h30 plus tard, nous faisons une pause à Ocosingo pour le petit déjeuner. Nous mangeons donc les viennoiseries achetées la veille. Puis, encore 1h30 de route pour arriver enfin à Agua Azul. Là, la végétation se transforme. On passe des pins aux palmiers, bananiers et autres palétuviers… En d’autres termes, le paysage est très beau. Malgré la zone vierge traversée, on voit en bord de route de jeunes indiens allant à l’école, d’autres, plus vieux, portent de lourds fagots de bois, … Cette portion est de ce fait très dépaysante et passe très vite.
Nous arrivons à une barrière qui nous empêche l’accès au site. Le chauffeur descend et paie nos droits d’entrée. Quelques centaines de mètres plus loin, rebelote… En fait, le premier arrêt était destiné à payer de façon non officielle le droit d’accéder au site à des indiens locaux… N’ayant pas plu dans la région ces derniers jours, Agua Azul devrait bel et bien être « azul ». En arrivant sur place, c’est bien une magnifique couleur turquoise qu’on aperçoit. Les cascades sont vraiment très belles, au milieu d’une végétation dense. En plus, nous avons de la chance, le soleil nous accompagne. Nous parcourons le sentier qui longe la rivière en contemplant cette succession de cascades et de vasques. Nous nous éloignons ainsi de la partie basse du site où sont situés les boutiques et restaurants à touristes. Nous sommes maintenant seuls. Sans attendre, j’hôte mes vêtements et plonge dans cette eau translucide… et super bonne ! En regardant autour de moi, je ne vois que végétation exubérante et cette rivière couleur turquoise. Le pied ! Au final, j’ai adoré Agua Azul er regrette de ne pas avoir pu y rester plus longtemps (seulement 1h30). Bizarrement, Sandrine ne partage pas pleinement cet avis et n’a trouvé l’endroit que « sympa ». 45 minutes de minibus plus tard, nous arrivons cette fois-ci à la cascade Misol-Ha. Nous n’avons que 30 minutes à notre disposition. Au final, ce sera suffisant pour contempler cette haute chute d’eau. L’intérêt de celle-ci, c’est qu’il est possible, en empruntant un sentier à travers la végétation, de s’en approcher, et même de passer derrière. Brumisateur naturel garanti ! Nous ne sommes désormais plus très loin de Palenque. Seul reproche que je peux faire à ces paysages : la déforestation de la jungle du Chiapas est ici très visible ; la forêt épaisse et dépaysante fait de plus en plus place à des parcelles de culture du maïs. C’est un peu dommage ! Le minibus nous dépose directement à l’entrée du site d’El Panchan où nous avons prévu de dormir. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de l’entrée du site de Palenque que nous visiterons tranquillement demain matin. Le reste du groupe, pour sa part, continue son chemin vers le site et rentrera dans la soirée à San Cristobal. A ce propos, le chauffeur n’a pas compris que nous étions arrivés et nous demande de descendre en nous disant qu’il repassera dans une dizaine de minutes pour nous emmener à notre hôtel. Le problème, c’est qu’il est reparti avec notre sac… En attendant son retour, nous discutons avec trois jeunes français également installés à El Panchan.
El Panchan est un endroit vraiment sympa pour les routards de passage. Dans la jungle sont disséminés des bâtiments en dur et des cabanes au confort précaire appartenant à plusieurs établissements. Mais il est déjà 14 heures et avant toute prospection pour un logement (aucun établissement ne prend de réservation), nous voulons manger. Le seul resto du coin, c’est le Don Mucho, avec terrasse donnant sur la jungle. Un petit poulet, frites, mayonnaise très typique fera l’affaire… Ensuite, nous visitons tout d’abord le Chato’s cabanas que j’avais initialement retenu dans le Routard. Bof… Puis, Ed & Margarita, Rakshitas, … Je ne retrouve pas ce que j’avais imaginé en lisant d’autres carnets de voyage… Puis, nous arrivons au Jungle Palace. On y trouve de petites cabanes en bois, au bord d’un ruisseau, avec terrasses surplombant ce petit cours d’eau. Et les moustiques me direz-vous ! Et bien, il n’y en a pas à cette époque ! Banco, nous en prenons une (la Canela) ! Cette chambre est vraiment géniale : pas de vitre, seulement des ouvertures avec moustiquaires, ce qui permet d’être au contact de la flore et de la faune. Et tout ça pour 120 pesos pour deux (7 euros). Et niveau faune, il y a ce qu’il faut ! Dans les arbres autour de nous, on peut voir des ménates, d’autres oiseaux multicolores, … et des singes hurleurs qui se baladent d’arbres en arbres en mangeant des feuilles. C’est sûr, le coin va ma plaire ! Pendant que Sandrine fait une sieste au son du clapotis de la rivière et des cris d’oiseaux, je m’installe sur la terrasse afin d’y écrire ce carnet. J’ai du mal à me concentrer, mon regard étant continuellement attiré par le spectacle de la nature qui s’offre à moi. En soirée, nous prenons un repas au Don Mucho où il règne une ambiance tropicale vraiment sympa. J’ai eu le malheur de donner un morceau de viande au chien du restaurant… Il ne me quitte plus… Avant de nous endormir, une petite bière prise sur la terrasse de notre luxueuse chambre, puis, au lit…
22 janvier
La nuit s’est bien passée. Le réveil au levé du jour sur la jungle : Magnifique ! Seul point négatif, il a fait un peu frais en fin de nuit. On se couvrira plus la nuit prochaine. Le cadre est toujours aussi beau au levé du jour… Nous nous préparons et partons pour la visite du site de Palenque. Un arrêt au traditionnel Don Mucho pour le petit déjeuner et on embarque à bord du premier collectivo qui passe (10 pesos par personne). On paie dans un premier temps la taxe pour la sauvegarde du parc naturel (22 pesos), puis le ticket d’entrée du site maya (40 pesos). C’est parti pour la visite de ce fameux site niché au cœur de la jungle du Chiapas. On adore cette visite dès les premières vues sur les pyramides. Les temples, situés pour chacun d’eux sur une petite colline, émergent au milieu de la végétation luxuriante. Rien à voir avec Teotihuacan où l’herbe rase était jaunie par le soleil ! L’ensemble est encore bien conservé. Nous escaladons chaque édifice accessible au public. Malheureusement, la pyramide majeure, c’est-à-dire le Temple des Inscriptions où a été retrouvé le tombeau du roi Pakal, ne peut plus être visité… Nous sommes à l’intérieur du Palais lorsque nous entendons, venant de la jungle, le rugissement inquiétant de plusieurs animaux féroces : Puma, tigre, … ? Il s’agit en fait des cris caractéristiques des singes hurleurs, ceux-là même que nous avons contemplé hier, dans les arbres autour de notre cabane. Je savais que ces cris étaient puissants et rauques mais cela surprend tout de même la première fois qu’on en entend… Une fois la visite des sites mis à jour terminée, nous empruntons le sentier permettant de gagner le musée du site à travers la jungle. Sur le chemin, on passe en revue des constructions mineures, ainsi que la jolie cascade de Palenque. Quant au musée, il est moderne et met très bien en valeur les belles pièces trouvées sur le site. Le clou de la visite, c’est le tombeau du roi Pakal, seul, dans une pièce reconstituée à l’identique par rapport à l’intérieur du Temple des inscriptions.
C’est terminé, un collectivo nous emmène maintenant au centre ville de Palenque afin d’y préparer la suite de notre circuit. Nous nous rendons dans l’agence Kichan Bajlum afin d’y réserver l’excursion de Yaxchilan et Bonampak de demain, appelons mes parents et notre fille et prenons notre repas dans une petite cantina familiale. Sandrine veut absolument du riz (ah, les envies de femme enceinte…) et commande donc le seul plat en contenant sur le menu. Lorsque l’assiette arrive… pas de riz. On demande alors à la patronne s’il n’y a pas d’erreur, sa réponse nous laisse sans voix : « Je n’ai pas de paquet de riz entamé. Je ne vais pas en ouvrir un pour un seul plat ! » On ne laissera pas de pourboire… (et dommage qu’on ne sache pas mieux que ça exprimer notre mécontentement en espagnol…). Avant de poursuivre notre programme, il nous faut acheter nos billets de bus pour Merida. Après avoir éviter une nouvelle arnaque sur la monnaie rendue au terminal, nous cherchons désormais une banque que nous trouvons… au fond d’un magasin d’électroménager ! Nous y retirons ainsi l’argent nécessaire pour la fin de notre séjour. Pour cet après-midi, j’ai prévu de retourner sur le site des ruines de Palenque. Il faut savoir que seule une petite partie de l’ancienne cité a pour l’instant été restaurée. La majorité de cette ville abandonnée est donc encore enfouie sous la végétation. Je veux donc m’aventurer dans la jungle afin d’y découvrir ses secrets. Après quelques recherches sur le net et quelques échanges avec sur « Voyages Forum », je décide d’entreprendre la petite randonnée menant au Templo Olvidado. Sur le parking du site, je demande aux guides présents où se situe le début de cette randonnée. Ils nous découragent vivement à entreprendre seuls cette petite virée prétextant que nous allons nous perdre. Et comme par hasard, ils nous proposent leurs services pour la modique somme de 850 pesos (mais comme nous sommes sympas, cela descend rapidement à 450…). Cela a pour effet de décourager Sandrine, peu téméraire, qu’il me faut remotiver. Bref, on trouve seuls le début du sentier et nous voilà, après quelques dizaines de mètres, au cœur de la jungle. Quelques minutes de marche plus tard, nous sommes entourés de singes hurleurs se balançant de branches en branches, … lorsque soudain, il se met à pleuvoir. C’est bizarre, le ciel est pourtant bleu… Non ! C’est un singe qui tente de nous pisser dessus ! Puis, ce sont des bombes de déjection qui tombent de tous les côtés… Taquin ces singes ! Ecroulés de rire, nous prenons nos jambes à nos cous et débarrassons le plancher ! Nous croisons ensuite un couple accompagné d’un guide. Nous leur demandons notre chemin. Le guide nous ressort le discours habituel… Par contre, il est contredit par l’homme qu’il accompagne et qui nous explique dans un très bon français comment parvenir au temple. Voici donc son explication qui nous a permis de trouver ce temple et qui pourra également vous aider : Tout d’abord, vous trouverez l’entrée de la randonnée à droite, en arrivant sur le parking du site des ruines. Puis, tout droit jusqu’à ce que le chemin principal se sépare en deux : prenez à gauche ! Marchez pendant 15 minutes jusqu’à un bandeau orange accroché à un arbre à côté duquel un petit chemin part vers la gauche. Prenez-le. 10 minutes après, le temple est en vue. Et voilà comment des Indiana Jones des temps modernes ont découvert un temple non encore mis à jour ! A notre retour au parking, dommage que les guides ne soient plus là ; je me serais fait un plaisir de leur montrer nos photos de nous, posant devant le temple… Pour résumer, il est possible de trouver assez facilement ce temple et la promenade est vraiment sympa (attention aux bombes). Dans le collectivo du retour, nous croisons des français arrivant du Guatemala… Ensuite, nos habitudes quotidiennes : douche, bière sur notre terrasse, repas au Don Mucho, dodo, …
23 janvier
Quel coup de speed au réveil ! Le minibus de l’agence doit passer nous prendre à l’entrée d’El Panchan à 6 heures. Sandrine s’est donc chargée de mettre le réveil pour 5h30. Le jour se lève sur la jungle et atteint notre cabane. Cela me réveille : « Comme c’est bizarre, il n’est pas encore 5h30 et le soleil se lève déjà… Je vais aller vérifier l’heure… : 6h15 !!! » La panique ! « Sandrine, debout ! » Je mets un pantalon, enfile mes chaussures et cours un 100 mètres aussi vite que possible, 30 secondes après m’être levé. Le van est là et nous attend : « I’ve a problem, I come back with my bag… and my wife ! » Deux minutes plus tard, je reviens au minibus, chargé de nos bagages. En y montant, il n’y a qu’un autre couple, et surprise…, il s’agit du couple que nous avons croisé hier dans la jungle et qui nous avait aidé à trouver le temple d’Olvidado. Ils sont mexicains, habitent Mexico et s’appellent Linda et Miguel. Lui, parle très bien français… Après une heure de route à travers un épais brouillard, nous nous arrêtons pour le petit déjeuner dans un restaurant où toutes les agences d’excursions ont leurs habitudes. Copieux et très bon (je poursuis ma cure de jus d’oranges pressées). 1h30 sont ensuite nécessaires pour gagner les abords du fleuve Usumancita qui marque la frontière du Mexique avec le Guatemala. Les paysages traversés sont sympas, sans plus. Disons que je m’attendais à quelque chose de plus sauvage… Arrivés sur place, nous montons à bord d’une lancha, longue pirogue à moteur, et descendons le fleuve durant 45 minutes. A gauche, le Mexique, à droite, le Guatemala. Ce mode de transport pour gagner le site de Yaxchilan est incontournable, celui-ci étant situé au milieu de la forêt vierge, non accessible par la route. La descente de cette rivière boueuse est vraiment agréable. Nous ne croisons pratiquement personne, assis dans notre pirogue, sur un fleuve boueux, au milieu de la jungle impénétrable… Cela nous procure un sentiment d’aventure ! Le temps passe très vite et nous arrivons à destination. Nous quittons notre embarcation et pénétrons dans la forêt pour enfin apercevoir les premiers édifices de cette cité perdue. A Palenque, les temples étaient entretenus. Ici, une mousse verte recouvre les constructions, la végétation est omniprésente, les singes hurleurs sont nombreux… On a plus l’impression de découverte que sur les autres sites déjà visités. De plus, nous ne sommes qu’une grosse dizaine de visiteurs en ce jour…Deux heures sont nécessaires pour effectuer le tour de cette cité maya qui constituait à l’époque une étape intermédiaire sur le chemin entre Palenque et Tikal, au Guatemala. Il est maintenant temps de regagner notre pirogue afin d’effectuer le chemin du retour. En route, nous apercevons un bébé crocodile, immobile, sur une berge. Après ça, de retour à la civilisation, nous allons déjeuner dans un très beau restaurant (bois et palmes) en compagnie du couple de mexicains. Une discussion s’engage alors sur la France, ces derniers y étant déjà allés plusieurs fois. Notre chauffeur nous rejoint et nous reprenons la route pour gagner, cette fois-ci, Bonampak, autre cité maya. Après quelques minutes, notre véhicule s’immobilise sur un parking. Il nous faut changer de van pour nous faire conduire sur place par un indien lacandon, la cité étant située sur leur territoire. De nombreux enfants lacandons sont présents. Ils sont reconnaissables à leur longue chevelure et à leur faciès atypique. Nous partageons d’ailleurs avec eux le reste de nos cookies achetés à Phoenix ! Une fois sur le site de Bonampak, celui-ci ne nous impressionne pas de par ses édifices. L’intérêt de cette visite porte sur les trois salles intérieures où on peut contempler de belles fresques aux couleurs éclatantes. De retour vers la sortie, nos compagnons mexicains procèdent à un rituel étrange auquel ils nous convient. Avec eux, nous posons nos mains sur un arbre afin de ressentir l’énergie qui en émane. Ils nous avouent à ce propos être adeptes d’ésotérisme. Bon, on y croit ou pas… Personnellement, je n’ai rien ressenti (à part peut-être les fourmis qui en ont profité pour me grimper dessus…).
La route du retour se passe sans problème. Nous arrivons à Palenque à la nuit tombée. A cette heure, les singes hurleurs ont certainement repris possession des ruines de Yaxchilan empruntées pour quelques heures par les humains curieux que nous sommes… Il est 18 heures et notre bus de nuit pour Merida ne part qu’à 23h30. Nous passerons donc la soirée sur une fête locale (encore une), assistant à des danses traditionnelles et joutes verbales typiques du Mexique. Ce qui nous amuse, c’est de voir comment les mexicains se battent pour obtenir une place assise pour ce spectacle… Puis, nous mangeons dans un restaurant très moyen pourtant indiqué dans le Routard : La Mexicana. Arrive ensuite notre bus où nous allons passer notre seconde nuit. Demain, Merida !
24 janvier
Une nouvelle fois, nous avons très bien dormi dans notre bus de la compagnie ADO qui nous a emmené jusqu’à Merida la blanche ! Nous arrivons vers 8 heures et décidons d’aller directement prendre notre petit déjeuner dans le centre ville. En route, nous faisons escale au terminal des bus 2ème classe (juste à côté du première classe) afin d’y acheter nos billets pour Chichen Itza prévu au programme de demain. Un bon jus d’oranges et une pâtisserie plus tard, nous nous rendons à notre hôtel : le « Trinidad ». Le patio intérieur est très beau, agrémenté de plantes et de hamacs. Par contre, notre chambre est austère ; la moins belle depuis le début de notre périple. Tant pis, nous n’y sommes que pour une nuit… Après une petite douche où il y a déjà de nombreux co-locataires (moustiques), nous partons visiter la ville. Nous commençons par le marché. Celui-ci ne nous paraît pas exceptionnel, surtout en comparaison avec ceux que nous avons déjà eu la chance de visiter. Beaucoup d’odeurs nauséabondes : poissons et viandes attendant les acheteurs en se faisant une petite bronzette…Bizarrement, nous ne voyons pas de vendeur de hamacs, la ville étant pourtant la capitale mondiale de ce produit… Nous ressortons donc un peu déçus et nous dirigeons vers le zocalo, très agréable, entouré d’arches et de palais. Un petit tour au palais Gobierno (bâtiment tout vert), une petite photo de la cathédrale… il est déjà l’heure de manger ! La spécialité de la ville, ce sont les tortas, sortes de sandwichs locaux. Nous en prenons donc deux chacun dans l’échoppe où nous avons pris notre petit déjeuner ce matin. Après ça, une petite glace prise en terrasse sur le zocalo chez un glacier apparemment réputé. Nous y commandons deux boules chacun, ce qui a l’air de surprendre le serveur. On comprendra ensuite : les boules sont énormes ! Le prix également : 120 pesos ! Après nous être baladés dans cette ville agréable, nous retournons à l’hôtel pour nous prélasser au bord de la piscine. J’y passe un bon moment ; Sandrine la trouvant bien entendant trop froide… Retour à la chambre pour une bonne sieste avant de nous attaquer à la fête du samedi soir. En effet, nous avons fait un arrêt d’une journée spécialement pour cet événement ayant lieu tous les week-ends. Deux quartiers proposent ainsi des festivités. Dans le premier, on peut y voir un spectacle de musiques et danses locales. Dans le second, les restaurants investissent la rue où se produisent des artistes du coin. Le tout est bien sympa mais on s’attendait à un peu plus d’ambiance et de monde. Peut-être est-ce mieux le dimanche ? Nous ne le saurons pas… Une spécialité culinaire nous intrigue lors de notre balade : c’est une sorte de crêpe fourrée à l’édam et… au Nutella. Cela ne nous donne pas du tout envie bien que les mexicains ont l’air de s’en régaler… Pour revenir vers le zocalo, nous empruntons une calèche que nous croisons sur notre route. C’est un peu kitch mais la ballade fut agréable. Nous nous installons dans un bar branché où des mariachis poussent la chansonnette. C’est agréable d’être là, à manger des crêpes flambées et en sirotant une bonne margarita… Cette ville ne présente aucune particularité touristique. On aurait avec du recul, préféré passer cette journée dans un autre endroit. Toutefois, la journée fut reposante et la ville est agréable.
Avant de repartir vers notre hôtel, nous passons devant les magasins vendant les fameux hamacs de Merida. Nous y entrons donc afin d’y voir ces hamacs de plis près. Aussitôt entrés, le vendeur se met à nous faire essayer, différents modèles, discuter, négocier, … On arrive au modèle de luxe, triple, en sisal. Il nous annonce un prix de 1200 pesos ! Après un bon quart d’heure de négociation, on parvient à faire descendre le prix à 400 pesos. Allez, nous n’avions pas forcément prévu d’en acheter un mais cela nous fera un souvenir… Nous finissons par nous endormir vers 23h30, sur le souvenir d’une ville agréable mais pas incontournable dans un circuit au Mexique.
25 janvier
Le réveil sonne bien cette fois-ci (contrairement à avant-hier). Nous sommes donc debout à 6 heures, ce qui nous laisse une heure avant de prendre notre bus pour Chichen Itza. Petite toilette, petites viennoiseries et petite marche jusqu’au terminal…. Et c’est parti pour 2h30 de bus. Pendant le trajet, le chauffeur s’occupe de tout, sauf de la route. Il envoie des SMS, compte les pièces qu’il a dans son porte-monnaie, … Le trajet nous semble interminable. Cela provient certainement du fait qu’on s’arrête toutes les cinq minutes pour prendre ou faire descendre quelqu’un. Nous arrivons tout de même sur place à 9h45 et achetons aussitôt nos tickets d’entrée. Les prix ont apparemment fortement augmenté par rapport au prix annoncé dans le Routard de l’année : 111 pesos par personne au lieu des 95 indiqués. De façon générale, les prix constatés sont souvent supérieurs à ce qui est précisé dans les guides ou sur le net…
Ouf, nous sommes visiblement arrivés sur place avant que les nombreux bus n’arrivent de Cancun et ne déversent leurs américains ! Cela paie de se lever tôt ! Nous sommes presque seuls pour contempler le Castillo sous un soleil radieux. Cette pyramide tient ses promesses ; elle est majestueuse, aux lignes harmonieuses, trônant au milieu d’une immense place. Nous nous installons face à elle et lisons sa description et son histoire dans le Guide Bleu. Nous partons ensuite vers le cenote où de nombreuses personnes furent jetées en sacrifice. De retour sur la place principale, nous constatons les dégâts : nous sommes désormais à Disneyland ! Il y a foule ! S’ensuivent les visites du jeu de pelote, du temple aux mille colonnes, du temple des Nonnes, du mur des Crânes et autres temples secondaires. Mais attention, lorsque je dis « visite », cela signifie qu’on regarde le temple de loin. Et c’est un petit coup de gueule que je pousse là : Il n’est possible de visiter aucun des édifices de Chichen Itza. On ne peut les contempler que de l’extérieur ; et ce, malgré le prix galopant des droits d’entrée. Malgré tout, Chichen Itza restera pour nous un très bon souvenir et vaut pleinement le déplacement. N’est pas « Merveille du Monde » qui veut ! A ce propos, il est indiqué partout, aux abords du site que Chichen Itza fait parti des sept merveilles du monde moderne, au cas où vous l’auriez oublié… En attendant notre bus pour Tulum, nous appelons notre fille et mangeons au restaurant du site. Bizarrement, les prix ne sont pas exagérés comme on aurait pu le craindre et nous y dégustons des spécialités yucatèques très bonnes. 14h30, c’est l’heure de notre bus qui nous conduit en 2h30 à notre lieu de villégiature, Tulum, où nous avons prévu de passer les trois derniers jours de notre voyage afin de nous y reposer un peu. Sur place, un taxi nous emmène à notre hôtel, Papaya Playa, situé en bord de plage. Il va falloir s’habituer à ce mode de transport. Ici, les taxis ont le monopole de la route de bord de mer…
J’ai réservé via internet trois nuits au Papaya Playa et espère que le site correspondra aux photos et à nos attentes. Dès notre arrivée, nous sommes conquis ! L’endroit est paradisiaque ! Sur une plage de sable blanc bordée de nombreux cocotiers sont disposées des cabanes en bois aux toits de palmes. Nous sommes très, très loin de Mexico… Pour l’anecdote, nous sommes situés à côté de l’hôtel Diamante K où eu lieu le tournage des émissions « L’île de la tentation ». Quant à l’intérieur des cabanes, c’est sommaire mais très propre. Un lit entouré d’une moustiquaire, une petite table, une chaise. Par contre, notre fenêtre donne sur une vue magnifique : le bleu turquoise de la mer des Caraïbe. Cet endroit va nous plaire !
Nous faisons le tour des lieux et allons ensuite nous installer sur les lits suspendus mis à notre disposition sur la plage. Après une petite sieste, nous nous dirigeons vers le restaurant de l’hôtel. On y mange de bonnes salades malgré les prix supérieurs à ce qu’on a connu dans les autres villes déjà traversées. Mais bon, on savait très bien qu’en venant au Quintana Roo, sur la côte, les prix seraient plus élevés. Le repas fut perturbé par de nombreuses coupures électriques pour au final, se terminer aux chandelles… Après ça, nous terminerons la soirée dans un canapé, face à la mer, à siroter une bonne bière, en discutant avec un autre couple (Andy, allemand, et Dita, Tchèque) que nous avions souvent vu dans d’autres villes, tout au long de notre parcours… Là, nous nous endormons, dans notre cabane, au son des vagues venant s’échouer à quelques mètres de nous…
26 janvier
Pas de réveil qui sonne ce matin, c’est le bruit de la mer et le soleil levant qui viennent nous ouvrir les yeux… Une petite brise fait bouger la moustiquaire… C’est le rêve ! Pendant que Sandrine tarde à se lever, je vais me balader sur la plage déserte afin de profiter de ce paradis pour moi tout seul. Ensuite, un petit bain de mer : l’eau n’est qu’à 29° ! Petit déjeuner pris à l’hôtel, douche, puis vers 9 heures, nous prenons un taxi (40 pesos) en direction du site archéologique de Tulum, situé à 4 kilomètres de notre cabane. J’attendais beaucoup de cette visite, surtout pour la vue magnifique sur la mer qu’on a du site. En effet, ce n’est pas tant le site maya en lui-même qui vaut le déplacement, c’est surtout sa situation. La pyramide principale surplombe du haut de son promontoire rocheux la mer turquoise des Caraïbes. Et juste en dessous, une des plus belle plages au monde. Je n’ai vraiment pas été déçu. Les couleurs sont éclatantes : d’un côté, la mer turquoise, de l’autre, le vert de la végétation où se prélassent de nombreux iguanes qui ne se font pas prier pour poser pour les photos. Que c’est agréable de sa balader ici ! Je prends de nombreuses photos et m’extasie sur chaque point de vue. Nous descendons ensuite sur la plage jusqu’à présent déserte. Y a-t-il une heure d’ouverture ? Ou un quota de personnes à respecter. Une fois en bas, accompagnés par d’autres touristes, on s’aperçoit qu’un gardien bloque désormais l’accès à des visiteurs désireux de nous rejoindre… En tout cas, nous sommes en bas et en profitons pleinement. Se baigner ici est génial. Je n’oublierai jamais ces moments passés sur ce site qui a tenu touts ses promesses.
Après avoir quitter le site (avec du mal), nous allons vers le centre commercial au bout de la rue. Nous y voyons d’ailleurs des touristes attendant une navette afin de se rendre au site maya situé à… 500 mètres : bande de feignants ! Là, on assiste également à un spectacle de voladores se laissant tournoyer au bout d’une corde, la tête vers le bas à une vingtaine de mètres du sol. Ce rite est traditionnellement exécuté par les totonaques… alors que nous sommes au pays des mayas ! Ce n’est pas grave, la plupart des touristes n’y verront que du feu… Le spectacle est sympa même si bien sûr, rien n’est gratuit… Ensuite, bière, guacamole et gambas sont au menu de notre déjeuner pris dans un petit restaurant sur place. L’addition est salée puisque cela correspond au budget qu’on avait dans les autres villes pour tous les repas d’une journée ! Et comme souvent, le gérant tente de nous arnaquer sur la monnaie ! On ne nous la fait pas !
Le programme de l’après-midi nous mène jusqu’au Gran Cenote situé à quelques kilomètres de Tulum. Là-bas, l’entrée est de 100 pesos par personne ! En plus de ça, il convient d’ajouter la location d’un masque et d’un tuba : 60 pesos supplémentaires ! C’est de l’arnaque organisée… Heureusement que le site, lui, vaut le coup. Nous nous extasions, une nouvelle fois, sur la beauté de ce trou d’eau douce : eau translucide, stalactites, stalagmites, … En surface, nous avons l’impression de barboter dans 2 mètres d’eau sur une surface d’une cinquantaine de mètres carrés. Il n’en est rien. Une fois sous l’eau, c’est un tout autre spectacle que les photos ne peuvent montrer. Les parois cachent des enclaves sous-marines où il est possible de se faufiler. Là, nous sommes au dessus d’une vingtaine de mètres d’eau translucide où naviguent de nombreux poissons. Sandrine, très téméraire ne s’y aventure pas trop. Pour ma part, je suis ravi est reste là à nager de longues minutes. Pour revenir vers notre hôtel, nous décidons de boycotter les taxis et commençons par faire du stop. Un kilomètre, deux kilomètres, … et toujours personne daignant nous prendre… Beaucoup de voitures de mexicains ou de touristes nous passe pourtant devant… Nous sommes donc déçu et finissons par nous rabattre… sur un taxi passant par là… Nous consacrons ensuite la fin d’après-midi à la plage de notre cabane. Lit suspendu sur la plage face à la mer… c’est un endroit parfait pour écrire notre carnet de voyage. Il est 18 heures, la nuit commence à tomber. Après une petite sieste et un repas pris au restaurant de l’hôtel, nous partons nous promener sur la plage, au clair de lune… C’est romantique… Allez, c’est parti pour une nouvelle nuit dans notre cabane…
27 janvier
La nuit n’a pas été aussi bonne qu’hier. Vers minuit, le vent s’est fortement levé et il a plu. Bruit et humidité étaient donc au rendez-vous. Et au levé du jour, ce n’est pas mieux. Dehors, le ciel est plombé et il pleut fortement. Une véritable tempête tropicale ! Ce sera comme ça toute la journée ! Notre cabane commence même à prendre l’eau. Nous allons donc à la réception qui nous transfère aussitôt dans un autre cabanon plus luxueux, avec douche et toilettes. C’est toujours ça de gagné. Par contre, la journée d’aujourd’hui, elle, est perdue ! Il n’y a qu’en fin d’après-midi que le ciel nous permettra d’aller nous faire une balade sur la plage… Tant pis, nous avions prévu de passer la journée à Akumal, ce sera pour une prochaine fois… Après la balade, nous attrapons un taxi à la sortie de l’hôtel afin d’aller dîner en ville. Sur place, nous croisons Andy et Dita sortant de chez Charlie, un restaurant branché de Tulum. Et bien faisons de même… Pour la première fois, nous y mangeons du poisson. Le repas est délicieux. Le cadre est également sympa. Nous sommes installés en terrasse et un groupe met l’ambiance… jusqu’à ce qu’une averse nous tombe dessus. Avant de rentrer, une petite glace puis retour en taxi. Le chauffeur a l’air sérieux. Nous négocions donc avec lui le trajet pour le parc de Xel-Ha de demain matin. On se met d’accord pour 130 pesos ; le rendez-vous est donné pour 8h30.
28 janvier
Ca y est, c’est déjà notre dernière journée au Mexique. Demain, ce sera le grand retour en France, auprès de notre fille qui nous manque beaucoup. Pour finir ce voyage en beauté, nous avons prévu de passer la journée au parc Xel-Ha, situé à une vingtaine de kilomètres de Tulum, sur la route de Playa del Carmen. A 8h30 précise, nous procédons au check out de notre cabane. Un dernier regard sur cette plage et ces cabanes qui nous ont enchanté, et c’est l’attente de notre taxi qui commence. 8h45, personne. 9h, personne… Bon, c’en est trop, nous demandons à un taxi qui passe par là quel serait son prix pour nous emmener à Xel-Ha. Stoïquement, il nous annonce… 400 pesos !!! Mais il nous prend pour qui, lui ? Un second arrive. Celui-ci nous annonce 200 pesos. A force de négocier, nous concluons l’affaire à 130 pesos… 15 minutes plus tard, nous parvenons à l’entrée du parc. Xel-Ha est un lagon magnifique qui a été aménagé en lieu de détente pour les touristes de passage. En payant l’entrée, nous avons accès à l’équipement de snorkelling, aux vélos, aux transats, aux serviettes, aux douches, aux hamacs, à la crème solaire, aux bouées, aux canoës, … et à la nourriture ! Boissons et nourriture à volonté, de 9 heures à 18 heures ! L’entrée n’est par contre pas donnée. Nous nous acquittons en effet de 62,5 dollars US par personne. Mais après ça, tout est compris. Disons que c’était notre petite folie du séjour… Une fois à l’intérieur, nous ne le regrettons pas. Le lagon est MA-GNI-FIQUE ! Première étape, le petit déjeuner qui est gargantuesque… Ensuite, petite plongée en amoureux, main dans la main dans ce lagon où de nombreux poissons multicolores sont présents. Seul reproche, j’ai l’impression que l’eau est un peu huileuse. Cela doit provenir des crèmes solaires non bio dégradables de certains touristes ne respectant pas les consignes… Nous décidons après cette baignade de remonter la rivière à pied afin de la redescendre en bouées. Dans le parc qui entoure ce lagon, on peut voir de très nombreux iguanes pas farouches. En chemin, je me jette dans le lagon à l’eau translucide du haut d’un promontoire (environ 6 mètres). Le cadre est vraiment beau. Et dire que bientôt, nous remettrons pulls et manteaux… La descente du lagon est relaxante. Nous ne nous bousculons pas. Il n’y a pas trop de monde dans le parc. Ensuite, balades, baignades, canoë, vélo, … rythmeront notre journée… Sans oublier les repas et collations prises tout au long de la journée. Le clou de cette visite, ce fut ma baignade avec un lamentin. En fait, un enclos dans le lagon retient quelques lamantins que l’on peut distinguer du bord de l’eau. Il est possible de se rendre à la nage à proximité de l’enclos. Un lamantin est venu voir ce que je lui voulais et il est resté là, près de moi, pendant de longues minutes à me regarder, à se faire caresser…. Magique… Pour résumer cette journée, nous avons adoré ! Les photos parleront d’elles-mêmes. La suite du programme, c’est bus jusque Playa del Carmen où nous passerons la nuit à l’hôtel Colores Mexicanos. Mais avant ça, nous découvrons Playa qui n’a bien évidemment rien à voir avec les villes mexicaines traversées jusqu’à présent. Nous n’avons d’ailleurs plus l’impression d’être au Mexique. Cela ressemble à une ville du sud de la France pendant l’été. Les vendeurs ne s’adressent même plus à nous en espagnol. Ici, c’est l’anglais et le dollar qui font la loi. Heureusement, nous ne sommes ici que par commodité… même si l’ambiance qui y règne est agréable…
29 janvier
Voilà, c'est fini... Après avoir rendu les clefs de notre chambre, direction la plage pour y prendre notre dernier petit déjeuner (jus d'oranges fraîchement pressées et muffins au chocolat). La plage de Playa del Carmen est mignonne mais sans aucune mesure avec celles de Tulum où nous avons passé ces trois derniers jours. Il est maintenant l'heure de prendre notre bus direct jusqu'à l'aéroport de Cancun. Le reste s'est déroulé sans problème : enregistrement, avion jusque New York, vol ensuite jusque Paris. D'ailleurs, en arrivant en fin d'après-midi à New York, la ville est recouverte de neige. Quel contraste ! Nous avions 1h40 de transit à New York et craignions des difficultés pour attraper notre correspondance. Tout s'est bien passé, mis à part que nous avions en bagage à main une bouteille de mezcal achetée à l'aéroport de Cancun et que nous avons oublié de la remettre dans nos bagages en soute lors de la récupération de notre sac à dos à New York. Un douanier, très sympathique au demeurant m'a conduit à l'endroit où je pouvais enregistrer les liquides en s'excusant du manque d'informations à ce sujet... En décollant de l'aéroport Newark, la nuit commence à tomber et nous avons une magnifique vue sur Manhattan qui commence à s'illuminer... En vol, visualisation de films, repas et sieste... Ca y est, nous sommes désormais en France. Il nous faut maintenant attendre notre TGV qui nous ramènera à Reims où nous attend notre fille...
Pour conclure, nos deux coups de coeur dans ce voyage sont Palenque et Tulum ; ceci étant sûrement dû à notre mode d'hébergement. Nous avons également beaucoup aimé Oaxaca, San Juan de Chamula, Chichen Itza et dans une moindre mesure San Cristobal. Par contre, vous l'aurez certainement compris, Mexico ne nous a pas plu. Toutefois, nous ne regrettons pas ce choix dans la mesure où Teotihuacan reste tout de même un incontournable ! Mais que ce pays est beau ! N'hésitez pas, allez-y !
Magnifique Malaisie, jour après jour
En 2008, nous avions parcouru la Thaïlande en version routard, sac au dos. Cette région d’Asie nous avait enchantés. Eté 2009, nous continuons notre exploration de cette partie du Globe, départ pour la Malaisie… Avec nos jumelles Natacha et Lauriane, 16 ans, mais sans Mathieu qui du haut de ses 18 ans décide de rester en Suisse.
Mardi 30 juin et mercredi 1er juillet 09
Départ de Genève vers les 09h30 pour notre premier vol, direction Francfort, avec Lufthansa qui partage le vol pour Kuala Lumpur avec Qatarairways. A peine une heure de vol tranquille plus tard, nous voici en transit dans cet énorme aéroport. Pas de souci pour trouver la porte de notre prochain embarquement sur un A 330 de Qatar. L’avion n’est qu’à moitié plein et le vol est sans histoire jusque dans la péninsule arabique. Départ pour une longue escale à Doha, due aux modifications d’horaires intervenues après que nous ayons acheté nos billets. Au premier étage de l’aérogare, il y a un self service qui offre des repas, simples mais bons, aux passagers qui ont un transit de plus de 5 heures, ce qui est notre cas. Ce n’est marqué nulle part, nous tombons dessus par hasard. Nous tuons le temps avec des parties de cartes qui auront lieu tout au long de notre périple. Le jass, version suisse de la belotte, que nos filles de 16 ans maîtriseront relativement bien au retour. L’aéroport est actif toute la nuit, puisque des vols décollent et atterrissent sans interruption. Au final, nos parties de cartes auront bien meublé l’attente. Nous embarquons à l’heure pour la deuxième partie du voyage dans un autre A 330, mais qui sera archi-plein celui-là. Pas un siège de libre. Il faut dire que Kuala Lumpur ne sera qu’une escale puisque la destination finale de l’avion est Bali. Les premières heures du vol seront parfaites, mais dès notre entrée dans le Golfe du Bengale et la fin du sous-continent indien, nous voila partis pour 3 bonnes heures de turbulences plus ou moins importantes. Les repas sont souvent retardés, le personnel de bord part s’attacher fréquemment, les regards se font parfois inquiets. Le vol Rio-Paris a laissé des traces, même s’il n’y a aucune raison d’y penser. Finalement, l’approche du continent calme les ardeurs du Dieu Eole et nous nous posons sans dommage à Kuala Lumpur. Bienvenue en Malaisie ! 90 minutes de queue et d’attente pour passer les contrôles de l’immigration. Des panneaux et même un poste sanitaire font de la prévention sur le virus H1N1. Les fonctionnaires féminines sont voilées, ce qui nous rappelle que ce pays est majoritairement musulman. Après nos périples au Maroc, en Jordanie, à Oman ou encore en Turquie, nous sommes habitués. Vu le retard pris pour arriver au tapis des bagages, retrouverons-nous nos sacs ? Le tapis a cessé de tourner depuis longtemps, mais une employée gardait sérieusement une série de sacs dont les 4 nôtres. Pour rejoindre KL, nous optons pour le Airport Coach (10 RM p.pers.) qui nous amène à la gare centrale (KL Sentral). Vraiment simple, l’arrêt de bus se trouve au niveau 1, tout en bas du bâtiment de l’aéroport, sur la droite dès la sortie. De toute façon, des hommes « racolent » les voyageurs pour emprunter le bus, mais sans insistance ou agressivité. Notre but est la Red Palm GH. Nous pourrions prendre le Sky Train pour y parvenir, mais les heures de voyage nous incitent à nous y rendre au plus vite alors ce sera le taxi, plus simple et pas forcément plus cher à 4. Sur le même quai que l’arrivée des bus, il y a un comptoir où l’on annonce sa destination, le prix est fixé selon l’adresse donnée, un coupon nous est remis, un chauffeur est hélé. Pas de négociation, pas d’arnaque. Le taxi nous pose pile devant la Red Palm. L’endroit est routard à souhait. 2 chambres et un dortoir, toilettes et douche à l’étage. Le tout est propre, même si nous sommes étonnés par le plafond qui est en fait une sorte de rideau-bâche qui recouvre tout l’étage. En rajoutant l’épaisseur minime des murs (qui s’apparentent presque plus à du carton…), l’intimité ne sera pas de mise. Mais la convivialité des lieux, la gentillesse de la patronne et de son staff, l’emplacement idéal de la Red Palm, le prix raisonnable (70 RM la chambre pour 2) nous feront vraiment apprécier cet endroit. Une fois installés, nous partons dans Jalan Butik Bintang pour acheter une carte SIM. Comme l’an dernier, j’ai embarqué un vieux téléphone portable qui sera notre allié le plus précieux tout au long du voyage. 30 RM la carte, auxquels je rajoute 70 RM de crédit, cela nous fera tout le mois, avec plusieurs appels en Suisse. Les estomacs réclament pitance, nous mangeons dans la rue à proximité. Les stands extérieurs et les terrasses sont nombreux, nous reprenons nos habitudes de l’an dernier en Thaïlande. La nourriture est un peu plus chère, mais le choix est immense, dû à la diversité des communautés qui peuplent la Malaisie : Chinois, Malais, Thaïs, Indiens, Indonésiens, tous avec leur culture et leur cuisine. Nous voyons nos premiers rats, de belles pièces ! KL serait-elle plus sale que Bangkok ? La nuit est tombée depuis longtemps, la fatigue est là, mais nous ne pouvons nous empêcher d’aller admirer le spectacle fascinant des tours Petronas, éclairées et mises en valeur. Deux flèches de lumières qui montent vers le ciel … 20 minutes à pied nous sont suffisantes depuis la Red Palm pour nous y rendre. Nous y restons, prenons quantité de photos, sous tous les angles, on en fait le tour, des tours, détours. Cette fois, nous avons le compte, nous rentrons à la GH, pour une bonne nuit, enfin on l’espère. Premier jour, mais notre esprit est déjà en Asie, Genève est loin, en kilomètres, mais aussi dans nos têtes. Ce continent nous fascine.
Jeudi 2 juillet 09
La nuit aura tout de même été un peu bruyante, entre la rue et le manque d’isolation de la GH. Mais nous avons tout de même réussi à bien dormir. Nous descendons à la cuisine où le petit-dèj est à dispo, compris dans le prix de la chambre. Chacun peut se servir dans le frigo, faire son thé, café, griller ses toasts, faire son bol de céréales ou éplucher sa banane. Système très convivial, mais il faut faire sa vaisselle après. Une fois rassasiés, nous partons dans les énormes centres commerciaux à proximité de Bukit Bintang, les fameux « malls » qui font la réputation de KL. Les clients du Moyen-Orient sont nombreux. Puis ce sera direction Little India en prenant le Monorail. Le ticket s’achète à un comptoir en fonction de la destination. Nous faisons 3 arrêts pour RM 1, 60 p. pers.. Nous surplombons les rues, faisant fi des bouchons et de la circulation. Le Lonely Planet (ci après LP) donne une balade à faire dans le quartier et nous suivons l’itinéraire proposé. Ce sont surtout les commerces, d’or et de tissus qui sont Indiens, on ne se croirait pas à Mumbai. Les restaurants en plein air et autres gargottes pullulent et nous testons plusieurs sortes de beignets délicieux. Notre périple nous amène à Merdaka square, place où l’indépendance de la Malaisie fut proclamée. Un vaste et très bel endroit avec une grande pelouse et de beaux bâtiments. Après une petite pause à l’ombre, nous décidons de nous rendre aux Batu Caves, à une quinzaine de km au nord de la ville. Il nous faut à peine 10 min. à pied depuis Merdaka pour rejoindre un arrêt de bus à l’angle de Tun Lee et Petaling, au début de Chinatown. Le bus 11 qui va sur place s’apprête à partir et nous y montons in extremis. Le billet se prend directement dans le véhicule (2 RM). 45 min. plus tard, nous voilà sur le site. Il y a 272 marches, relativement raides, à monter. Mais avant, nous allons nous régaler dans un des restos indiens qui bordent l’endroit. Menus végétariens, dans une feuille de banane, sans couteau, ni fourchette. A la commande, nous ne savons pas trop ce que nous choisissons, mais tout sera bon et pas trop épicé. Il y a largement assez, pour à peine 20 RM à 4. Batu Caves est une énorme grotte qu’il faut atteindre par un escalier, lequel est sérieusement gardé par une grande statue à ses pieds. Des singes peu farouches peuplent l’endroit, mais ne sont pas agressifs envers les humains. A l’intérieur de la grotte, divinités indiennes et 2 temples. Nous reprenons ensuite le bus 11 jusqu’à Chowkit, où il y a un arrêt du monorail qui nous ramènera vers notre GH. Internet, jus de fruit frais, douche, nous faisons une pause. Il fait chaud (env. 35 °), le ciel est brumeux, mais c’est surtout l’humidité qui nous fait transpirer. Comme l’an dernier, il nous faudra quelques jours pour nous y faire. Le but de ce soir sera Chinatown, à environ 20 min. à pied de la GH. La rue de Jelan Petaling est entièrement dédiée au business, une sorte de Khao San Road local. T-shirts, sacs à main, montres, tout est contrefaçons. Les clients sont arabes, occidentaux, malais, japonais, vive la mixité ethnique lorsqu’il s’agit d’achats… Le site est suffisamment grand pour y passer quelques heures. On voit même des francophones remplir des sacs … Ikea ! Nous succomberons comme tout le monde à la tentation et après d’âpres marchandages, nous achèterons quelques vêtements. Les Chinois sont moins souriants que les Thaïs, en tous les cas quand il faut négocier ! Nous mangeons également sur place, sur la terrasse d’un établissement chinois. Excellent. Les prix sont par contre plus élevés que chez le voisin du Nord, ce sera la tendance générale tout au long du voyage. Retour vers la GH, parties de cartes sur la terrasse et finalement retour dans nos lits.
Vendredi 3 juillet 09
Nous récupérons du décalage horaire et nous nous levons vers les 09h30. Petit-dèj, vaisselle et nous allons acheter nos billets à la gare routière qui est à 10 min. à pied : 4 billets pour les Cameron Highlands pour 90 RM, départ à 10h30 le lendemain. Nous continuons vers le Central Market. Ici, pas de contrefaçons, mais de l’artisanat local, des tissus, de l’art. Nous voulons visiter la mosquée Masjid Jamek, mais nous sommes vendredi et tous les fidèles sont à la prière. Le lieu est donc fermé aux non-musulmans. Petite pause boisson, on étudie la suite de l’après-midi. Finalement, on part dans le quartier de Kampung Baru, au nord des Petronas. Dès la sortie du métro, il faut prendre sur la droite et nous trouvons de nombreux petits restos en plein air qui servent de la nourriture malaise en buffet. Chaque fois que l’on met un nouveau plat dans l’assiette, l’addition monte. Mais rien de dramatique, puisque 2 assiette suffisantes pour 4 ont coûté 10 RM ! Nous traversons le quartier à pied, sans voir l’ombre d’un Occidental. Le paysage contraste avec le centre-ville. Ici, pas de circulation infernale, pas de bus puant le gasoil, pas de klaxon, juste de petites maisons et ruelles tranquilles. Nous débouchons sur le marché de Chow Kit, là aussi très local. On y trouve surtout de la nourriture, viande, poisson, légumes, fruits, attention aux odeurs ! Mais cela reste très typique, là aussi sans Occidentaux. Retour ensuite à la GH, se poser un peu et préparer la suite. Nous passons quelques coups de fil pour réserver des chambres ou se renseigner sur des prix. Parties de carte, petit tour sur le net, nous profitons de la petite terrasse de la Red Palm. L’air est toujours aussi moite, la température ne bouge pas. Et pas de pluie, ni orage. Nous repartons manger dans les stands en plein air proche du métro de Bukit Bintang. Retour ensuite à la GH. Il faut dire que Wimbledon arrive à son terme et que notre « Rodger » national est toujours en lice, en passe de battre un record historique. Ce sera donc soirée télé ! Rodger a gagné, nous pouvons monter nous coucher l’esprit serein.
Samedi 4 juillet 09
Nous nous levons vers 09h00, histoire d’être prêts pour prendre notre bus direction les Cameron. Dernier petit-dèj, quelques photos avec la très sympathique patronne et nous prenons la direction de la gare routière avec nos sacs. Notre bus, assez vétuste, est là et nous attend. Nous chargeons et c’est le départ. Nous sortons de KL par de larges autoroutes où la circulation est aisée et tranquille. Les routes se font plus étroites et, comme en Thaïlande, un arrêt est prévu pour se restaurer. Les chauffeurs de bus respectent leurs heures de conduite apparemment. A Tapeh, visiblement notre bus a un problème et nous devrons attendre qu’un autre véhicule vienne nous prendre en charge. Dès Tapeh, la route commence à grimper et le nouveau (mais pas neuf) bus à peiner … Le reste du chemin sera long et très sinueux. Mais cela ne vaudra jamais les 1864 virages entre Chang Maï et Mae Hong Son de l’an dernier ! En arrivant à Tanah Ratah, un minivan nous attend, résultat de notre coup de fil de la veille à la Cameronian Inn GH pour annoncer notre heure d’arrivée. Le trajet est court, l’endroit est à 10 min. à pied du centre du village. La GH est très bien tenue et nous avons réussi à avoir la Family Room à 4 lits (100 RM). Il y a toute sorte de service, notamment la lessive. Il est temps de donner quelques habits à laver. Nous partons à pied acheter quelques succulents beignets de banane à un stand que nous avions repéré en venant et nous revenons les manger sur la terrasse avec un thé local. Le thé, nous en ferons une cure. Nous le boirons avec du lait condensé, comme les Malais, chaud ou froid. Le petit jardin est accueillant pour quelques partis de carte. Le soir commence à tomber et nous réalisons que nous sommes à prêt de 2000m. d’altitude, nous allons donc sortir nos jaquettes pour la seule fois du périple. Il fait frais ! Un petit orage éclate même, mais rien de bien terrible. Notre premier repas dans les montagnes sera chinois. Un Steamboat (fondue chinoise) avec toute sorte d’aliments à faire cuire dans le bouillon : crevettes, poissons, poulet, légumes, etc… A notre retour, la pluie s’est remise à tomber. Ce sera parfait pour aller dormir.
Dimanche 5 juillet 09
Aujourd’hui, ce sera un tour organisé avec une agence locale, proposé à la réception de la GH. Bien sûr, les plantations de thé peuvent se visiter seul, mais on se coupe des explications avisées d’un guide. Donc vers 09h00, une Jeep vient nous chercher. Notre guide du jour, Ravi, est originaire du Tamil Nadu en Inde. Bel exemple de la mixité des ethnies et religions qui peuplent la Malaisie. Il parle un anglais quasi parfait. Nous serons accompagnés de 2 autres couples, des Autrichiens et des Hollandais, pas très causants. Première visite de la journée, une explication en bordure d’une plantation de thé, sur l’origine, le fonctionnement et le développement de la culture du thé dans cette région du pays. Très intéressant. Puis, nous montons en Jeep proche du sommet du Gunung Brinchang, le plus haut du coin. L’air est vif. Nous faisons une petite marche en forêt pour atteindre un point de vue et Ravi nous explique l’usage de certaines plantes ou fleurs, inconnues sous nos latitudes. Puis, nous poussons jusqu’au sommet où il y a malheureusement pour le paysage d’énormes antennes TV. Une petite tour nous permet de prendre encore un peu de hauteur pour admirer les environs. Descente ensuite sur la Boh Teh Plantation. On peut visiter l’usine où les feuilles sont amenées pour la fabrication du thé. Les informations données sont instructives. La vue sur les collines environnantes est magnifique, avec tous ces buissons verts qui suivent les douces courbes du terrain. Un magasin permet d’acheter la production locale, le choix est vaste. La suite du programme : la Butterfly Farm où à part d’énormes papillons, il y a aussi une petite collection d’insectes et de reptiles. L’avantage d’avoir le guide est qu’il peut ouvrir les cages et que nous pouvons toucher ou prendre dans les mains des sauterelles géantes, d’énormes scarabées, des insectes ressemblant parfaitement à des feuilles d’arbres et même des scorpions. Les papillons sont effectivement assez gros et colorés. Bref la visite vaut la peine. Nous revenons à Tanah Ratah pour le repas de midi pris chacun de notre côté. Nous nous posons sur la terrasse d’un petit stand local pour une nouvelle dégustation de beignets (banane, patate douce, légumes) et de thé, sucré avec du lait … L’après-midi, nous sommes censés visiter un village Orang Asli, une ethnie qui vivait dans la forêt il y a encore peu et que le gouvernement malaisien sédentarise peu à peu. Ce sera le gros point noir du tour organisé. En terme de village, il s’agit en fait de 3 bicoques au bord de la route principale de Tapah. Un « pseudo-chef » de village, en habits traditionnels, fait un simulacre de démonstration de chasse à la sarbacane, proche d’une cascade. Evidemment, cela donne quelques belles photos, mais alors rien d’authentique ! Rien. Puis, nous rejoignons une poignée d’hommes dans une hutte, pour l’exécution d’une danse traditionnelle. Aucune réelle conviction et comme on les comprend. Cela ressemble fortement à de la prostitution touristique et cela nous met mal à l’aise. Seul moment plus divertissant : nous avons pu essayer à tour de rôle la sarbacane sur un panneau en bois disposé à 7-8 mètres de distance. Pas facile à viser. Petite anecdote, un des Orang Asli est un sosie quasi parfait de Michael Jackson, avant ses nombreuses opérations esthétiques… Il se donne d’ailleurs le prénom de Michael. C’est bon, la civilisation a rattrapé les Orang Asli. Bref, le tour était vraiment sympa le matin, mais la partie de l’après-midi n’est pas nécessaire. Elle permettra néanmoins aux Orang Asli de gagner quelques Ringitts, c’est tout. Nous nous arrêtons encore à la Bee Farm, où il y a une grosse ruche en démo. Nous n’y trouvons pas la Reine et quittons les lieux après quelques achats (savon au miel, thé au miel, etc…). Vers 17h00, retour à la GH. Notre guide aura été très sympathique et efficace. Après la douche, le repas du soir. Ce soir, ce sera indien et notre choix se porte sur le Chennai Curry House, dans la rue centrale, qui propose un Tandoori Set très alléchant pour 7 RM. Avec un magnifique Lassi, ce sera parfait. Au total, un excellent repas indien pour 45 RM à 4. Ce soir, pas de prolongation en ville, c’est la finale du tournoi de Wimbledon avec … Rodger bien sûr. Notre héros national a la bonne idée de faire traîner les choses et nous devons attendre 3 heures du matin pour le voir savourer la victoire.
Lundi 6 juillet 09
Vu l’heure du coucher, nous nous levons vers 11h00. Après le petit-dèj, nous étudions les chemins de randos dans les environs. Nous optons pour le T4 et le T6 qui offrent environ 3 heures de balade dans la forêt. La GH a un panneau avec les indications utiles et j’en fais une photo pour pouvoir les avoir avec moi lors de la marche. Le chemin démarre derrière la gare routière. Cela tombe bien, nous en profitons pour réserver nos billets pour KL pour demain (90 RM). Nous empruntons le chemin choisi et c’est parti pour 3 heures de balade. Il fait plus frais sous les arbres, mais cela ne nous empêche pas de transpirer abondamment. Le chemin est bien tracé et grâce à ma photo, nous trouvons facilement les embranchements. Mais on pourrait aussi se perdre facilement… D’ailleurs en partant en rando, il faut toujours donner son itinéraire à sa GH afin de pouvoir être plus facilement localisé au cas où on viendrait à s’égarer dans l’immensité de la forêt. Certains ont passé la nuit dehors et doivent encore s’en souvenir. Si les chemins sont tracés, il n’y a par contre aucune indication. Nous ne voyons aucun animal, même si la nature est belle et sauvage. De retour au village, nous stoppons dans un resto indien pour des Lassis bien mérités, ainsi que, soyons fous, des crêpes aux cacahuètes et à la noix de coco. Les prix de ces restos sont dérisoires et la nourriture est excellente. Retour à la GH où nous profitons du soleil de cette fin d’après-midi en jouant aux cartes. Avant de sortir manger, douche, vérification des mails, un petit thé (au lait sucré). La jaquette sera de nouveau de mise ce soir. Nous mangeons chinois. Indien à midi, chinois le soir, les amoureux de la cuisine asiatique que nous sommes sont comblés.
Mardi 7 juillet 09
Notre destination du jour est Malacca, mais il n’y a aucun bus direct. Nous devons de toute manière redescendre sur KL et c’est là que nous changerons de bus. Le patron de la GH nous pousse en voiture à la gare routière. Le bus redescend la route sinueuse des Cameron, c’est le même véhicule qu’à l’aller. Cela se voit, arrivés en plaine, nous devons faire un stop pour réparer un problème avec la pédale d’accélérateur. C’est un gamin de 12 ans qui part sous le bus avec des outils pour resserrer 2-3 boulons … Puis, ce sera l’autoroute jusqu’à KL. Les voies s’entrecroisent, les sorties sont nombreuses, je ne me verrais pas en voiture de location là au milieu. A la gare routière, j’achète 4 billets pour Malacca (52 RM), le départ est prévu dans moins d’une heure. Pour les bus, le système est différent de la Thaïlande. De nombreuses compagnies privées de transport se disputent les lignes et les clients, racolant le voyageur dès son entrée dans la gare routière. Difficile de faire un choix, pourquoi telle compagnie plutôt qu’une autre ? Les prix restent sensiblement les mêmes, mais ensuite il y a encore le choix entre les bus normaux, les VIP, les super VIP … Ceci fait que la gare routière de KL est une véritable ruche. Heureusement, un guichet d’information renseigne efficacement à quel guichet se rendre pour la destination voulue. Pour Malacca, malgré ce que le vendeur nous avait dit, le bus n’est pas direct et nous faisons des détours dans la campagne environnante. Une fois à Malacca, nous rejoignons notre GH en taxi. Là, c’est plus simple : c’est comme à KL, on achète son billet à un comptoir en fonction de la destination et un chauffeur est désigné pour nous conduire. C’est ainsi que nous arriverons à la Samudra Inn, une GH au dernier étage d’un petit immeuble. Cela ressemble à un énorme appartement divisé en chambres et organisé en petite GH. Nous aurons une chambre avec salle de bains et une autre sans, mais côte à côte. C’est simple, mais propre. Le proprio, en première apparence un peu froid et distant, se révèle en fait très sympa et plein de bons conseils. Nous sortons ensuite manger au Madinah Restoran où les plats sont excellents et bon marché. Il y a une place vers l’église St-Paul où une fête se déroule pour honorer le premier anniversaire de l’inscription de Malacca au patrimoine de l’UNESCO. Les différentes communautés de la ville (chinoise, indienne, malaise, portugaise) ont organisé des danses, des chants, des petits sketchs. Tout le gratin de la ville est là, de même que de nombreux habitants. Les danses indiennes ont un petit air de Bollywood, les costumes sont splendides et nous passons un excellent moment. Vers minuit, retour à pied à la GH en 10 min.
Mercredi 8 juillet 09
Nous prenons le petit-dèj en face de la GH, où il y a un resto qui fait tout à fait l’affaire. A 8h30 précises, Alias, le boss de Melakaonbike est là pour nous prendre en charge. Ce matin, ce sera VTT au programme. 20 minutes de transport plus tard, nous arrivons chez lui, dans la campagne environnante, où il a son stock de vélos. Et c’est parti pour 3 bonnes heures de randonnée écologique. Nous traversons des plantations de palmiers à huile où nous pouvons voir les ouvriers cueillir les énormes grappes de fruits au sommet des arbres. Ils utilisent une très longue perche (entre 5-7 mètres) qu’ils n’arrivent pas à lever d’un seul coup sans faire levier sur un tronc. La grappe de fruit découpée de l’arbre fait un bruit très sourd en tombant au sol. Normal, elle peut peser jusqu’à 50 kilos ! Alias nous explique comment on tire ensuite l’huile de ces petits fruits rouges. Il faut dire que la Malaisie a fait du palmier à huile sa culture principale, n’hésitant pas à arracher ou déforester d’autres plantations. Rentabilité …Puis ce sera les plantations d’arbres à caoutchouc, où l’on voit également des femmes venir faire des entailles dans les troncs pour que le caoutchouc liquide puisse se déverser dans de petits pots. Notre guide prend un peu de ce liquide blanc et nous confectionne en quelques minutes une balle qui fait des rebonds impressionnants. Plus loin dans la plantation, nous allons au dépôt où le caoutchouc est récolté et mélangé à de l’ammoniac pour le maintenir liquide. Nous assistons à ces opérations effectuées par des travailleurs indiens ou du Bangladesh, peu payés, mais semble-t-il heureux d’avoir un emploi en Malaisie. Tous sont très souriants et acceptent sans souci d’être pris en photo en plein labeur. Nous quittons ensuite les plantations pour pédaler sur les chemins de campagne. Les bords des routes sont remplis d’arbres fruitiers ou de plantes diverses utilisées en cuisine. Alias s’arrête souvent pour que l’on goûte des fruits ou pour nous expliquer l’utilisation de telle ou telle plante. C’est vraiment instructif et agréable. Vers 14h00, Alias nous ramène vers notre GH. Son éco-tour vaut vraiment la peine, alors j’y vais de mon petit coup de pub : www.melakaonbike.com , 80 RM p. pers. Seule précaution, mettre des manches longues et éventuellement des pantalons pour se prémunir des moustiques, très nombreux sous les arbres. Le resto du petit-dèj propose maintenant un énorme buffet pour le repas de midi, alors départ ! L’après-midi sera consacrée à la visite du centre de Malacca, ses églises portugaise et hollandaise, cette dernière en briques rouges. Nous parcourons aussi Chinatown qui a un ou deux temples magnifiques. En fin de journée, nous montons à la gare routière avec le bus 17 pour acheter nos billets de bus pour Mersing où nous partirons demain (22, 8 RM p. pers.). Retour à la GH, quelques courses au centre commercial Carrefour (eh oui…), puis on prend un verre pour souffler un peu de cette active journée. Vers 19h00, je me rends dans une laverie chinoise où nous avions déposé notre linge sale la veille (3, 5 RM le kilo). Il est vraiment facile de laver son linge dans ce pays, comme l’an passé. Cela permet de voyager vraiment léger, pas besoin de remplir les sacs. On ne change pas nos bonnes habitudes et nous mangeons encore au même resto en face de la GH. Il faut dire que le buffet est si varié qu’il faudrait une semaine pour tout goûter. Résultat : encore un excellent repas pour 27 RM pour 4. Depuis notre arrivée à Malacca, les gens nous paraissent plus ouverts, plus souriants et plus sympathiques. KL avait le défaut des grandes villes, impersonnelles et individualistes, les Cameron étaient en montagne, comme chez nous les gens sont certainement un peu plus « bourrus », mais là, vraiment la population est charmante. Les gens cherchent le contact, la discussion, veulent savoir d’où l’on vient, etc… Le soir, nous retournons sur la place des festivités où les spectacles continuent. Un homme a vu mon t-shirt rouge à croix blanche et a même pu me parler de la date du 1er août, fête nationale de notre Helvétie natale ! Un autre a pu me citer 4 ou 5 villes suisses, ce que pas mal d’Européens sont incapables de faire. Malacca nous a enchantés.
Jeudi 9 juillet 09
Notre bus est à 12h45, nous avons le temps. Nous partons prendre le petit-dèj, de l’argent à un ATM et nous cherchons aussi une pharmacie pour le plein d’anti-moustique. Il faut dire que Dominique est particulièrement visée par les insectes. Ils vont tous sur elle et elle est pas mal parsemée de piqûres. Après une menace d’orage, le temps s’est mis sur beau et il y a un air qui souffle, rendant l’atmosphère nettement respirable qu’à KL. Nous quittons Malacca avec la satisfaction d’avoir vu une ville agréable, avec des touches européennes, une recherche d’esthétisme, des décors nocturnes et en plus avec la chance d’avoir pu assister au festival des communautés. Maintenant, direction l’île de Tioman et le début de la partie balnéaire. Nous reprenons le bus 17 pour aller à la gare routière, le long de la grande route à la sortie de la GH. Il suffit de héler le bus sur le bord du trottoir, on monte et paie son billet dans le bus au chauffeur. Nous sommes un peu en avance, nous faisons le tour des nombreuses boutiques et commerces qui peuplent la grande gare routière de Malacca. Départ. Notre chauffeur se croit rapidement au GP de Malaisie au volant d’un bolide. Conduite rapide, dépassements risqués, nous sommes tout à l’arrière, mais pas rassurés. Arrêt de 30 minutes à Kluang, juste de quoi se dégourdir les jambes et acheter quelques beignets de banane, toujours aussi délicieux. Puis suite de la route jusqu’à Mersing, toujours à vive allure. Le paysage est assez monotone, palmiers, palmiers, palmiers … pour l’huile. Cette culture prend vraiment le pas sur toutes les autres, économie oblige, très rentable semble-t-il. Arrivés à Mersing, le bus fait un premier stop à un rond-point et un homme monte pour savoir qui prend le bateau pour Tioman. En fait, il racole les passagers et essaient de vendre des billets avant tout le monde pour sa propre agence, mais sans le dire bien sûr. Etant les seuls Occidentaux dans le bus, il s’adresse directement à nous. Je n’aime pas être forcé et connaissant la combine, je lui réponds que nous ne savons pas encore si nous prendrons le bateau demain ou après-demain. Il donne alors le nom de son agence … Direction l’hôtel Embassy où nous passerons la nuit pour embarquer demain matin. Nous avions réservé 2 chambres par téléphone (55 RM la double) et l’endroit est vraiment bien. Bonne literie, clim, douche et toilettes. Nous allons à la jetée nous renseigner pour nos billets de bateau. Plusieurs agences proposent des billets pour Tioman, tous au même prix d’ailleurs (35 RM le trajet, donc 70 RM A/R). Le choix se fait donc au feeling et pas besoin de chercher la meilleure opportunité. La différence est que les agences essaient aussi de vendre l’hébergement de leur choix, souvent leurs propres établissements. Pour notre part, nous irons sur Juara, où le Rainbow Chalets nous attend. Encore une réservation par téléphone. Finalement, nous prendrons nos billets à l’agence Larossa, au guichet 13. Le patron, sa femme et son fils sont très sympas et n’essaient pas de nous forcer pour quoi que ce soit. Vendu. Nous prendrons nos billets de retour en open, il suffira de confirmer la veille de la traversée pour avoir une place (mais ne pas oublier car le bateau est souvent plein me dit-on). Une fois nos billets en poche, nous passons une heure sur le net au meilleur prix rencontré dans le pays (1, 5 RM), avant d’aller prendre un succulent repas indien au Al Arif restoran où nous mangeons de délicieuses Murtabak (crêpes fourrées au poulet ou au bœuf) à tremper dans une sauce au curry. 30 RM pour 4, boissons comprises (jus de fruits frais et … thé au lait sucré). Dernières parties de cartes avant une bonne nuit.
Vendredi 10 juillet 09
Excellente nuit, dans une bonne literie, rafraîchis par la clim. Cet hôtel est imbattable rapport qualité-prix. Notre vendeur de billets vient nous chercher avec son van, comme convenu, ce qui nous évite la marche avec nos sacs jusqu’à la jetée. Là, suivant les conseils de la patronne, nous l’attendons pour qu’elle nous mène à l’embarquement, erreur. Car premiers arrivés, premiers montés à bord. Les bateaux ne sont pas grands. En arrivant, il faut s’inscrire sur une liste avec son nom et son numéro de passeport. Une fois la liste complète, on est recalé directement sur le prochain bateau. Ce qui a été notre cas. Du coup, 1h15 d’attente au port. Il faut encore s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour le fonds de conservation des parcs marins de Tioman. Sans cette taxe, pas de bateau. Bref, en gros, arriver en avance à la jetée et s’inscrire le plus vite possible sur la liste des passagers. Finalement, nous embarquons pour Tekek, sur la côte ouest de Tioman. 2 petites heures de traversée, nous voilà sur l’île. Le bateau commence par aller tout au nord, vers Salang où la majorité des gens quittent le navire. Le bateau redescend ensuite la côte pour finalement arriver à Tekek. Un chauffeur nous attend pour nous faire traverser l’île en voiture, direction la plage de Juara. 30 minutes de trajet, sur une route entièrement bétonnée, mais avec de fortes déclivités. La plage de Juara est quasi déserte, il faut dire qu’il y a peu d’hébergements ici et qu’ils sont bien espacés. Quelques restaurants aussi, mais rien qui va provoquer une surabondance de touristes. C’est ce que nous recherchons et ce sera parfait. Les Rainbow’s Chalets sont tout simples : un lit, une moustiquaire, WC et douche, ventilo au plafond, 50 RM la nuit, le tout sous les cocotiers, à 30 mètres de la mer. Ah oui, et une super petite terrasse pour se tenir à regarder les flots. L’endroit est calme, serein, reposant. Nous y serons bien pour quelques jours. Premier bain, l’eau est chaude et bizarrement peu salée. Pour le repas du soir, nous prendrons nos quartiers au Sunrise Café voisin où la nourriture est excellente et variée. Pour 60 RM à 4, nous prenons un très bon repas. Dès 21h00, le vent se met à souffler fort et l’orage arrive. La température baisse, le tonnerre gronde, les éclairs zèbrent l’obscurité. A l’abri sur notre terrasse, nous assistons à la colère du ciel. Une vraie averse tropicale. Le ventilo sera tout de même nécessaire pur passer une bonne nuit.
Samedi 11 juillet 09
Journée plage et farniente. Nous continuons de prendre nos repas au Sunrise, à 25 m. de notre bungalow, vu la gentillesse du personnel et la qualité de la nourriture. Puis, ce sera baignade et snorkelling. La plage est idéale pour profiter de l’eau, mais il n’y a pas grand-chose à voir sous la surface. Malgré une protection solaire de 30, le coup de soleil n’est pas évité pour le dos de Bibi. Pourtant, j’avais prévu un t-shirt dévolu exclusivement au masque-tuba, t-shirt que je n’ai pas mis… Au milieu de l’après-midi, grosse averse tropicale et nous restons sous les gouttes bien fraîches, les bras lever au ciel. Et le ciel bleu de revenir rapidement … Re-baignade, entrecoupées de parties de carte sur notre terrasse. Délassement. La marée est descendante, ce qui permet de faire un petit jogging le long de la plage, sur le sable dur avec Lauriane. Le repas du soir ? Au Sunrise. Les éclairs se rapprochent de Tioman, mais pas de pluie, seul le vent qui souffle fort… Au milieu de la nuit, la pluie s’en donnera à cœur joie, les grosses gouttes frappant notre toit en tôle, comme pour nous bercer.
Dimanche 12 juillet 09
Au réveil vers 10h00, le ciel est encore brumeux, hésitant entre nuages et soleil. J’ai 43 ans aujourd’hui. Cela fait presque 15 ans que je n’aurai pas fêté mon anniversaire en Suisse. Un petit vent rafraîchit l’atmosphère et la plage est déserte. Un si beau lieu et personne, pourvu que ce petit paradis ne succombe pas aux promoteurs. Le temps reste couvert, mais sec, toute la journée. Que du farniente, des baignades, des promenades le long de la plage, des parties de carte. Ce rythme nous convient. Pour ne pas déroger à nos (bonnes) habitudes, nous mangerons le soir au Sunrise : curry de poulet, poisson grillé, crevettes et les boissons, toujours pour 60 RM pour 4. Les filles présentent pas mal de petits boutons rouges qui démangent. Les mouches de sable. Inévitables ici. On ne sent rien sur le moment, c’est le soir que les boutons apparaissent et commencent à gratter. Et cela dure sur plusieurs jours. Mais comme toute piqûre, cela finit par passer. Il paraît qu’il ne faut pas s’étendre sur le sable pour éviter les désagréments.
Lundi 13 juillet 09
Nous allons changer de côte, histoire de voir Tioman version ouest. Direction ABC Beach. Les filles n’ont pas trop envie de marcher (vive les ados…) alors elles iront en taxi, mais s’occuperont de nos sacs. Et pour Dominique et moi, ce sera le Jungle Trekk. Le temps est plutôt beau, légèrement venteux. Dommage de partir, de belles vagues viennent casser sur Juara. Le taxi emmène nos filles pour les déposer au Marine Park, de l’autre côté de l’île. Il nous prend un bout, histoire de gagner un peu de bitume, la première partie de la traversée de l’île étant sans intérêt. Puis nous prenons le sentier, très bien tracé. Nous croisons quelques touristes qui font le chemin depuis Tekek. Nettement plus dur, ça grimpe sec dans l’autre sens … Les bruits de la forêt sont parfois inquiétants, la nature nous fait sentir tout petit. Ecureuils, lézards, geckos, fourmis géantes, nous observons la faune. Mais aucun singe. L’endroit est bien sauvage, bien plus que dans les Cameron. Après environ 2 heures de marche à un rythme tranquille, nous atteignons Tekek. Il nous faut encore rejoindre le Marine Park, à quelques centaines de mètres. C’est le bout de la route avant ABC. Les filles sont là, nous mangeons un petit repas, avant de mettre le cap sur les bungalows de Mokhtar’s Place que nous avions contactés la veille. L’endroit est conforme à notre philosophie de voyage, simple, mais propre. En plus, il y aura un accès internet. La plage en contrebas est de sable, mais très vite, le fond de l’eau est envahi de petits rochers ou de coraux, ce qui rend la baignade quasi impossible. Le seul endroit où se tremper est facile sur ABC est devant Nazri 1, tout au début de la plage côté Tekek. Déception. Nous sommes devant nos bungalows, sur le sable, lorsque deux gros varans déboulent sur la plage en se poursuivant. Le premier va dans l’eau pour échapper à son agresseur. C’est assez impressionnant, ces bêtes doivent mesurer dans les 1m50-1m80 avec leur longue queue. Nous pouvons facilement les photographier, mais selon les autochtones, il vaut mieux éviter d’essayer de les toucher. Petit tour ensuite sur le chemin bétonné qui suit la plage au milieu des bungalows. Envers du décor : le nombre incroyable de détritus qui jonchent les abords du chemin. L’avantage de cette côte est qu’il y a un beau coucher de soleil, pour autant que le ciel soit dégagé. Pour le repas du soir, il n’y a finalement pas énormément de choix et ce sera la terrasse du Mawar’s Beach. Bonne nourriture, un peu plus chère que sur Juara. Un petit air souffle, c’est agréable.
Mardi 14 juillet 09
Lever assez tard et petit-dèj au Mawar. Vers midi, nous partons à pied vers Panuba Beach, à environ 20 min. d’ABC. Le chemin monte un promontoire et redescend sur Panuba, dans la jungle. Comme sur ABC, à peine entrés dans l’eau, il n’y a plus de sable mais des rochers. Par contre, l’endroit est nettement mieux pour le snorkelling. Nous partons vers les rochers en bord de plage et nous voyons plein de poissons aux belles couleurs. Panuba est isolé. Un seul resto et aucune possibilité de passer sur ABC le soir, le sentier dans la forêt n’est pas éclairé. Vers le milieu de l’après-midi, les filles restent sur cette plage et avec Dom, je pars direction Monkey Bay. Nous décidons d’y aller en bateau et de revenir à pied, par le chemin dans la forêt. 15 min. de trajet sur l’eau et notre taxi nous dépose dans la baie. Nous y sommes seuls, sur une large plage. Aucune infrastructure, l’isolement total. Par contre, l’arrière-plage est vraiment sale, jonché de détritus soit laissés là par les visiteurs, soit rejetés par la mer. Le plastique est une véritable catastrophe écologique en matière de pollution. Après une baignade dans une eau transparente, nous reprenons le chemin de Panuba. Nous avions fait attention de ne pas laisser notre sac sans surveillance trop longtemps. Non pas qu’il y ait des voleurs humains ici, mais bien des singes chapardeurs. Des témoignages affirmaient que certains touristes snorkellaient et que les singes sont descendus de leurs arbres pour prendre les sacs laissés sur la plage. Avec argent, passeports, téléphones … Le sentier est relativement bien tracé et il suit toujours la ligne électrique. Nous atteignons rapidement Monkey Beach, une autre plage isolée et encore plus belle que Monkey Bay. Le sable y est doré et l’eau vraiment claire. Le trekk est plus sportif que celui de Juara, il faut souvent escalader, contourner, passer sous des arbres tombés en travers du chemin. Nous voyons quelques singes au long du parcours, notamment une femelle qui porte son petit sous son ventre, et évidemment les habituels lézards qui nous font souvent sursauter en filant dans les buissons à nos pieds. 90 minutes plus tard, nous arrivons sur ABC, trempés de sueur. Sans être exceptionnelle, la promenade était bien sauvage. Le long du chemin qui longe la plage, sur un pont, nous voyons notre premier serpent en Malaisie : un python de belle taille, posé et enroulé dans les branches d’un arbre à une dizaine de mètres des bungalows de Mawar, dont certains ont la fenêtre ouverte ! Une dernière baignade rafraîchissante vers Nazri 1 et nous nous douchons pour aller manger. Ce soir, le coucher de soleil nous joue son show. Couleurs splendides, photos réussies. Repas au Mawar et dessert au Nazri. Puis, il sera temps de rentrer préparer les sacs, nous partons demain tôt, le bateau est à 08h00. Cherating ? Lac Chini ? Nous n’avons guère eu le choix. Nous pensions aller au lac Chini, mais un coup de fil chez Rajan Jones nous apprend que sa GH est overbookée pour au moins une semaine. Des groupes scolaires. Il est contrarié, mais on sent qu’il veut nous être serviable. Selon lui, il pourrait nous loger chez l’habitant dans le village, mais sans assurance de pouvoir nous accompagner dans la jungle. Ce sera donc Cherating.
Mercredi 15 juillet 09
Nous nous levons tôt pour ne pas manquer notre bateau. Nous ne pouvons prendre le suivant, car notre bus pour Kuantan et Cherating part à midi de Mersing. La mer est ce matin assez agitée, la traversée sera quelque peu secouée. L’air conditionné est poussé à fond, il fait même froid dans le bateau. En arrivant à Mersing, nous allons directement récupérer nos billets de bus à l’agence Larossa, que nous avons appelée depuis Tioman pour confirmer notre achat. Les billets sont là, nous payons. Service efficace et avec le sourire. Le trajet pour Kuantan coûtera 17 RM p. pers. Nous prenons notre repas à la jetée où il y a 2-3 restos avant de foncer à un ATM dans le centre de Mersing pour reprendre de l’argent. Le patron de l’agence Larossa nous amène avec son minibus à la gare routière, nouvelle et désormais hors de la ville. Nous sommes en avance ou notre bus est en retard. Cela nous laisse le temps d’aller au petit marché qui est derrière la gare routière. Produits locaux, légumes, fruits, volailles et poissons. Un vendeur me laisse prendre un petit requin pour faire une photo, pas de souci et toujours un grand sourire. Notre bus arrive. En fait, il passe par Cherating, pas besoin de changer à Kuantan, bonne nouvelle. Il me suffit de payer un petit supplément. Les chauffeurs se relaient après une pause repas sur le bord de la route. Ils sont prudents et conduisent parfaitement. Après quelques heures, il nous dépose sur la route nationale, à 500 mètres à pied du village de Cherating. Nous trouvons rapidement la Payung GH qui propose une dizaine de bungalows dans un joli jardin, tous avec douche et WC, ventilo et moustiquaire, très propre, pour 40 RM. Nous avions réservé par téléphone, deux d’entre eux seront pour nous. Personne n’est à la réception, pas grave, nous laissons nos sacs à dos sur place et partons pour la plage. Une énorme plage de sable. La marée est basse, nous pouvons marcher sur le sable dur, sous un ciel voilé et sans soleil. Nous faisons le tour de Cherating, petit village sans vraiment d’animation, avant de revenir à la GH prendre possession de nos chalets. Douche et lavage à fond. Une laverie est en face de la GH, nous y amenons notre linge sale : 3, 70 RM le kilo. Le soir, nous faisons une excursion sur la rivière qui passe derrière la GH. Ce tour est proposé à l’entrée de la Payung. Le but, observer les milliers de lucioles qui bordent le cours d’eau. Nous passons une heure en pleine obscurité, dans une petite barque. Les lucioles sont là, telles des guirlandes animées. Notre guide les attire avec une lampe rouge et elles viennent virevolter au-dessus de nos têtes, le spectacle est fantastique, des centaines de fées clochettes issues d’un conte de Disney. Le batelier doit connaître la rivière par cœur, car il n’a aucune lumière pour se guider dans le noir. Au retour, nous nous posons pour le repas du soir dans les gargottes en face de la Payung. Les Malaisiens mangent là, très peu de touristes, l’assurance d’avoir un bon repas. La literie est bonne, nous passerons une bonne nuit.
Jeudi 16 juillet 09
A notre lever, nous cherchons quelque chose d’ouvert pour le petit-dèj. Quasiment tout est fermé. Cherating donne l’impression d’un village abandonné, d’une époque touristique florissante désormais révolue, comme si les étrangers, pressés de rejoindre les Perenthians oubliaient de s’arrêter ici. Pourtant, Cherating a beaucoup à offrir à ses visiteurs. Une plage superbe et sure, une rivière avec une faune bien présente, un sanctuaire aux tortues accessible à pied. Nous trouvons finalement de quoi nous sustenter et nous partons à la plage où les vagues nous permettent de nous amuser. Aucun caillou, ni rocher, que du sable. L’eau est brassée par le courant et n’est donc pas transparente. Mais elle est claire. La marée est à nouveau descendante et on peut marcher un long bout dans l’eau. Même problème que ce matin pour le repas de midi. Tout semble fermé. Il nous faut faire le village à pied pour trouver un petit resto, sans carte, où nous mangeons ce qui est proposé. Nous connaissons la rivière de nuit, nous y retournons, mais de jour ! 2 heures de découverte de la faune locale en compagnie d’un guide sur sa barque. Oiseaux aux belles couleurs, lézards de belles tailles, serpents de la mangrove enroulés dans les arbres (belles couleurs, noir et jaune fluo, magnifique, mais inquiétant car très venimeux paraît-il) et même des loutres qui nous font le spectacle, sautant et nageant autour de notre embarcation. Le guide a l’œil, il voit des choses que nous n’apercevons pas. Retour pour prendre une douche et notre repas au Matahari. Hasard, le cuistot était notre guide tout à l’heure. Le poisson se choisit à l’entrée de la terrasse et se paie au poids (5 RM les 100 gr.). Il est ensuite cuit dans une feuille de banane et agrémenté de la sauce choisie. Délicieux. La fin de la soirée se fera au Payung Café, à écouter de l’excellente musique.
Vendredi 17 juillet 09
Ce matin, lever tôt pour Bibi, car je vais pêcher en mer avec 2 autres personnes, des Chinois de Hong-Kong. Nous passons plus de 4 heures en mer et finalement sur la rivière, sans une seule touche ! Pourtant, nous avons vu des poissons, mais voler à côté du bateau, à faire des bonds inouïs, comme pour nous narguer de venir tenter de les arracher au monde du silence. Des méduses aussi, de belles tailles, mais au large. Heureusement qu’elles ne s’approchent pas des plages, la baignade serait impossible. En fin de matinée, je rejoins les filles à la plage, ces dames font bronzette. Cet après-midi, nous irons au sanctuaire aux tortues qui se trouvent à côté du Club Med. Car oui, il y a un Club Med à Cherating. Enfin, pas dans le village même, mais à quelques centaines de mètres, 30 minutes à pied. D’ailleurs, on ne voit personne de ce repaire venir à Cherating, ce genre de touristes préférant sans doute se calfeutrer dans leur retraite bien occidentale. Il est vrai que les pêcheurs-restauteurs de Cherating sont sans doute bien moins lookés que ceux de l’établissement. Bref, en 30 minutes de marche nous voilà aux portes du sanctuaire. Et soudainement, un gigantesque sanglier sort des buissons à une vingtaine de mètres devant nous. Il nous regarde, grogne et tape son sabot sur le sol. Il est prêt à charger et nous ne faisons pas trop les malins. Un sanglier sauvage ! Et en pays musulman, il ne risque pas grand-chose, personne ne le mangera. Nous serons sauvés par une moto pétaradante qui passe à toute allure et qui fait fuir l’animal dans la forêt. La diversité de la faune est incroyable dans ce pays. Autant l’an dernier nous n’avions vu que très peu d’animaux, autant cette année les rencontres sont fréquentes. L’accès au sanctuaire est gratuit. Il y a là 3 bassins avec de magnifiques tortues dont la carapace ressemble à du bois. En demandant à un préposé, il nous amène à l’endroit où les nids sont protégés dans une sorte de serre grillagée. En regardant la date de ponte, il découvre un nid en creusant le sable et nous voyons de minuscules tortues âgées d’à peine 2 mois tenter de remonter la pente pour partir à l’aventure. Le garde recouvre rapidement le nid de sable empêchant toute fuite. Il nous apprend que les tortues viennent pondre sur la plage, mais que le sanctuaire récolte les œufs pour les mettre en sûreté dans la serre, à l’abri des prédateurs. Puis, les petites tortues sont relâchées dans la mer. Le guide nous propose de relâcher des tortues prêtes à affronter la mer. Bien sûr ! Nous partons sur la plage déserte et il nous amène alors un bac avec une cinquantaine de ces petites bêtes. Nous pouvons les prendre dans la main, les poser dans le sable et observer leur obstination à regagner la mer. Toutes ne survivront pas, mais chacune a réussi à partir dans les vagues. Grand moment. Nous aurons vu des tortues pondre sur une plage du Sultanat d’Oman et nous en aurons relâchées en Malaisie. Nous apprenons que l’on peut laisser l’adresse de la GH (et le No de son bungalow) et les responsables du sanctuaire peuvent venir vous réveiller la nuit si des tortues arrivent sur la plage pour pondre. La possibilité de faire un don est laissée à notre libre appréciation et nous ferons donc un geste pour cette noble cause. Retour à Cherating. Il fait chaud, la marche est pénible. Alors nous essayons le stop. Rapidement, un jeune qui passe par là nous embarque et nous amène avec le sourire dans notre village, nous faisant économiser 30 minutes de marche en bord de route. Nous préparons la suite de notre voyage et il y a dans le village une agence de voyage qui fait aussi cybercafé. Nous y achetons nos billets de bus pour Kota Bahru et profitons pour aller vérifier nos mails. Le repas du soir est pris au Matahari, vu la qualité des plats et de l’accueil. Encore une bien belle journée.
Samedi 18 juillet 09
Journée tranquille, qui débute vers midi, vu l’heure à laquelle nos filles se lèvent. Le propriétaire de notre GH propose de nous conduire à Kemaman, une ville à 20 km au nord. Cela tombe bien, il nous faut prendre de l’argent et il n’y a pas d’ATM à Cherating. Nous ne voyons aucun touriste sur place et nous prenons la direction du marché (le long de la rivière, après la gare routière) pour faire le plein de fruits (mangue, bananes, ramboutan, mangosteen, etc..). Nous trouvons aussi notre ATM et faisons le plein de fruits et d’argent. Notre prochaine étape sera les Perenthians et là-bas non plus, pas d’ATM. Les gens sont aimables et nous saluent facilement. Il faut dire que nous avons du succès avec nos filles jumelles. Apparemment, ici c’est un honneur particulier. Le patron de la GH ne nous a pas attendus, ce qui n’était d’ailleurs pas prévu. Pour rentrer, ce sera donc le bus local. Cela nous rappelle un peu les bus thaïs, vieux et poussifs. Nous montons dans le bus, nous sommes les seuls Occidentaux dans un véhicule bondé. Nous payons nos tickets à un vieux monsieur. Il reste quelques places à l’arrière et des gens nous font signe pour venir nous asseoir. Pas de ventilation, pas de climatisation, nous sommes en sueur. L’arrière du bus est plein de gosses qui rentrent de l’école. Les éclats de rire fusent, nous devons être l’objet de plaisanteries … Des « Hello » ou «How are you » aussi, premiers mots pour un premier contact. Pour descendre du bus, facile. Une sonnette que l’on actionne et le chauffeur stoppe. Pas d’arrêts fixes. Arrivés à Cherating, sur le haut du village sur la route nationale, nous utilisons la technique malaisienne et nous descendons avec des signes de main aux autres passagers. Nous regagnons la GH et commençons à nous gaver de nos fruits. Départ pour la plage, où la marée est à nouveau basse. De loin, nous voyons deux sortes de camping-car, le long des arbres. Nous partons voir. Un Allemand et un Suisse ! Ce dernier nous explique avoir mis son véhicule sur un cargo et il compte rentrer au pays … dans 2-3 ans, qui sait ! C’est un habitué des périples, son fourgon Mitsubishi a déjà traversé les Amériques, de l’Alaska à la Patagonie. Nous profitons des vagues, en même temps que pas mal de jeunes. La plupart des filles se baignent habillées et voilées, religion oblige. Et toujours cet excellent repas au Matahari, avec du poisson frais, cuisiné dans une feuille de banane et accompagné de sauce Sambal bien épicée. Nous aurons vraiment passé du bon temps ici. Nous ne pensions rester qu’une nuit, vive la flexibilité du routard.
Dimanche 19 juillet 09
Les réveils s’étalent sur la matinée. Nous prenons notre petit-dèj en face de la GH. 7 Canai (petites crêpes, pour lesquelles j’ai un faible, surtout celles au citron) et boissons (thé au lait sucré, jus d’orange frais) pour 7 RM. Puis, nous partons à la plage. Moins de vagues, mais par contre sans doute quelques méduses puisque qu’avec Nat, nous nous faisons piquer dans le dos. Sans gravité, juste une petite sensation de brûlure. On regarde dans l’eau , on ne voit rien. A midi, nous allons au Muda Café, directement sur la plage, petite cahutte tenue par un monsieur d’une soixantaine d’année qui fait quelques plats simples, telles que des nouilles ou du riz frit. C’est un personnage que nous avons là, toujours à rire. Il nous initie au bricolage en fabriquant des sauterelles et crevettes géantes à l’aide de feuilles de bananiers. Toute la famille s’y met et les filles démontrent une belle dextérité. Le temps est brumeux, voire couvert. Venteux sur la plage, chaud et humide dès le bord de la mer abandonné. Nous revenons à la GH vers les 16h30 pour ranger nos affaires, préparer nos sacs, récupérer une lessive. La soirée se déroulera au rythme de Cherating, tranquille. Repas dans un resto local, et pour finir un thé au Payung Café à écouter une radio Rock.
Lundi 20 juillet 09
Il fallait bien que cela m’arrive au moins une fois, grosse indigestion pendant la nuit. Une belle série de crampes intestinales, mais sans vomissement ni diarrhées. Le réveil est pénible vu le manque de sommeil et j’évite donc le petit-dèj pendant que les filles se gavent de Roti Canai. Il nous faut être à 08h30 sur la route nationale, 500 mètres plus haut, pour attraper notre bus. Vers 08h45, soit pile à l’heure, notre bus Transnacional arrive. Il suffit de faire signe pour qu’il s’arrête, mais apparemment le chauffeur savait qu’il devait embarquer des passagers à Cherating. Direction Jerteh, où nous descendrons pour aller ensuite à Kuala Besut, port d’embarquement pour les Perenthians. Tout a été organisé par téléphone avec Aziz, le propriétaire des Mama’s Chalets. Un taxi nous attendra à Jerteh, puis nous prendrons nos billets de bateau. 6 heures de route plus tard et d’une conduite irréprochable (avec une pause repas), nous arrivons à Jerteh. Le bus nous dépose sur la route principale, il nous faut marcher 10 minutes pour rejoindre la gare routière où notre taxi doit nous prendre en charge. 4 occidentaux qui marchent avec leurs sacs, on devrait nous reconnaître. Les chauffeurs de taxi nous sollicitent, mais sans agressivité et sourient lorsque nous déclinons l’invitation. Un homme s’approche, il porte une pancarte avec notre nom, c’est notre chauffeur. Il nous conduit à Kuala Besut (30 RM le trajet) et nous amène devant le Mama’s Holidays office où nous prenons nos tickets de bateau (35 RM le trajet p. pers., soit 70 RM A/R). Dans tous les guides, il est fait mention de bateau lent ou de ferry, mais ce type de transport ne doit plus exister. Nous avons le temps de prendre un petit repas avant le départ pour les îles. Nous discutons avec les 2 employées du bureau qui sont très sympathiques et qui veulent savoir beaucoup de choses, surtout nos âges. Voici le temps d’embarquer, nous nous rendons à la jetée. Comme pour Tioman, il faut s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour la conservation des fonds marins. Puis nous montons dans le bateau. Bateau ? En fait une grosse barque avec une bâche. Un panneau indique que l’embarcation est faite pour 12 personnes, nous sommes 18 à bord, les bagages en plus. Au port, la mer semblait bien calme, mais une fois la digue franchie, les flots sont légèrement agités. Plein gaz pilote. Apparemment, cela ne gêne pas le marin qui surfe plus qu’il ne navigue. Les sauts sont nombreux et vu que nous sommes à l’avant, on déguste. Rien de dangereux, mais cela tape fort parfois dans le dos ou la nuque. Les Perenthians sont rapidement en vue et il nous faut 40 minutes pour les atteindre. Après avoir déposé quelques passagers sur d’autres plage, nous voici devant le Mama’s et une barque plus petite vient nous chercher car il n’y a pas de ponton pour débarquer. Aziz nous accueille personnellement, je le remercie pour l’arrangement de notre transport jusqu’ici. Nos bungalows seront parfaits. Bon lit, douche et WC, ventilo, petite terrasse, classique. Ils sont dans un petit jardin et ne donne pas sur la mer. Ce sera 60 RM l’unité, alors que ceux qui sont au bord de l’eau ont la clim, mais sont à 180 RM ! Nous avions vraiment bien fait de réserver, car tout est plein et il y a même des gens qui arrivent avec leurs sacs à dos et qui doivent repartir en bateau faute de place. Petite déception quand même : il n’y a pas de plage devant le Mama’s. Juste une fine bande de sable, rapidement remplacée par du corail ou des rochers qui cisaillent les pieds. Avec la marée descendante, ces coraux sont même hors de l’eau. C’est la fin de l’après-midi, nous n’allons pas chercher une plage maintenant, alors nous trouvons un petit coin pour nous tremper tout de même. Ce soir, nos testerons le resto de notre emplacement, le … Mama’s ! Nous comprenons le pourquoi de ce nom. Apparemment, c’est la cheffe de famille qui règne en maître sur les lieux et le reste de la troupe a chacun son rôle, la caisse, le service, la réception. Les prix du resto sont corrects, mais tout de même plus chers que sur le continent. Normal. Il faut dire que l’authenticité malaise de Cherating a disparu. Il n’y a que des Occidentaux ici ou des Chinois, mais tous avec un porte-monnaie de touriste. Il faut nous réhabituer à voir autant de voyageurs. Il va nous falloir un jour, on verra demain. En sortant de notre bungalow, nous nous retrouvons nez à nez avec un beau varan, et dans l’arbre en face de notre terrasse, à moins de deux mètres, il y a de belles chauves-souris. La Malaisie est finalement bien présente.
Mardi 21 juillet 09
Le lever est tardif pour les filles, j’ai donc le temps de me prendre un léger petit-dèj avant de partir à pied en exploration pour les plages. Je file au sud, direction Abdul’s Chalet par le Jungle Trekk qui commence derrière le petit club de plongée. Après 15 minutes dans la forêt, il faut longer différent resorts, par la plage, et je trouve mon bonheur, après 25 minutes à pied environ. Les touristes s’entassent sur la portion de sable devant leurs chalets, mais en marchant un peu, tout au bout du chemin, il y a une plage de rêve, déserte, sable blanc et eau limpide. C’est LA plage. Et en plus, il y a un petit bistrot pour les boissons et un petit repas de midi. Courte baignade dans une eau transparente et je reviens sur mes pas, faire part de ma découverte. Je retrouve les filles en train de manger. Je vais vers Aziz pour louer masques et tuba (5 RM par jour et p.pers.) et une fois tout le monde prêt, départ. La marche n’est pas pénible et nous atteignons facilement mon petit coin de paradis. Il n’y a personne. Baignade, snorkelling dans les rochers qui bordent la plage. L’endroit est un véritable aquarium, les poissons sont nombreux, multicolores, n’ont pas peur de l’homme et viennent même si près que nous pouvons les effleurer. Nous testerons le petit resto pour un repas simple, du riz frit. Retour vers 18h00 pour une douche et se poser un peu après ces bains d’eau de mer et de soleil. L’endroit était idéal, mais pendant la marche du retour, nous avons à nouveau été confronté à ce tourisme de masse, qui passe sa journée sur une chaise longue, entassés sur un bout de plage. Pour cela Tioman et surtout Juara était bien différente, même si la clarté de l’eau et la blancheur du sable n’étaient pas comparables. En soirée, ce sera la rencontre avec la famille Foletti, dont Caroline est une inconditionnelle du site voyageforum.com. Cela fait de nombreux mois que nous correspondons par message interposé et le hasard a fait que cette année, nos dates et destinations de vacances coïncidaient ici. Bornéo pour eux, la péninsule pour nous, mais point commun, les Perenthians. Rencontre avec Jean-Paul, leurs enfants. Discussions, le verre de fin de soirée, l’amitié n’est plus virtuelle. Au moment de se coucher, un bel orage éclate. Il pleut très fort, les éclairs déchirent le ciel, le tonnerre est assourdissant.
Mercredi 22 juillet 09
Au lever, plus de pluie, mais un ciel brumeux et gris, comme souvent le matin. Il faut avouer que cela enlève un peu de magie aux paysages de ces îles. Le petit-dèj du Mama’s est bien moins cher et tout aussi correct ailleurs, c’est notre base culinaire. Nous prenons la direction de notre plage sauvage que nous faisons découvrir à Caro et ses enfants. Une bonne heure de snorkelling où nous admirons coraux, poissons, anémones (et ses petits némos qui se laissent chatouiller les flancs). Toujours aussi peu de monde, c’est incompréhensible, vu la beauté de la plage et des fonds marins. Un petit repas à la gargotte, puis vers le milieu de l’après-midi, nous prenons le chemin de la plage du Perenthians Island Resort, à l’inverse vers le Nord, après le Coral View. La plage est énorme, d’un sable blanc immaculé et l’eau d’une transparence exceptionnelle. Il y a un petit ponton à quelques dizaines de mètres du bord, d’où on aperçoit parfois des tortues. Par contre, pas trop de snorkelling ici, le fond est sableux et le bord vers les rochers n’est pas très intéressant. Fin de journée, douche pour tout le monde. Il faut se décider assez rapidement pour les restos, car les tables se remplissent vite. Vers 22h00 par contre, tout commence à fermer et nous sommes les derniers à table. La pluie recommence à tomber, non pas sous forme d’orage, mais fine et régulière.
Jeudi 23 juillet 09
Lever assez tard, comme d’habitude sur ces îles. Après un petit repas, retour vers notre plage préférée, nous ne nous en lassons pas, sans les filles qui dorment encore. Le ciel est bleu, dégagé. Nous rencontrons Caroline et une de ses amies. Nous partons snorkeller, vers un petit cap qui s’appelle Shark Point et où les bateaux qui font le tour de l’île s’arrêtent. Le paysage sous-marin est vivant, habité et splendide. Il y a des centaines de poissons et même des bancs de petits calamars. Et soudain, tout à la pointe, un requin de récif, suivi bientôt d’un deuxième. Un des deux doit bien faire 1m50, il est plus gros que ceux que j’avais vus l’an dernier à Koh Tao. Nous restons à les observer raser le fond. Ils sont parfois à moins de 3 mètres de nous, spectacle fascinant. Le petit moment d’appréhension passé, nous essayons de les suivre et admirons l’ondulation de leur queue. Après ce magnifique spectacle, petit repas au resto de la plage, nous sommes désormais des habitués. Je m’aperçois après avoir mangé que j’ai oublié mon porte-monnaie au Mama’s. Je suis bon pour me faire les 25 minutes de marche de retour. Dom m’attend, mais pour revenir ce sera un taxi-boat ! Pour la fin de la journée, nos regagnons l’autre plage qui s’apparente presque à une piscine géante. Les filles sont là, avec les enfants Foletti. Elles ont vu une tortue peu avant notre arrivée. Et même peut-être un requin. Le planning est rôdé, vers 18h30 douche pour tout le monde et une heure plus tard nous sommes installés à la terrasse du Mama’s, au bord de l’eau. Tout comme hier, la pluie s’est remise à tomber.
Vendredi 24 juillet 09
Un touriste m’ayant signalé une bande de singe dans les arbres qui bordent l’arrière du Mama’s, je m’y rends dès mon lever. Aucun animal en vue. J’apprendrai plus tard qu’une tribu de singes noirs, avec le contour des yeux blancs, faisaient les fous quasiment sur les terrasses des bungalows du Coral View. La famille Foletti les a même photographiés. Ce matin, snorkelling sur la plage du Perenthians Island Resort, rien de spécial, si ce n’est un gros baliste que nous n’avons pas pu approcher. Nous resterons sur cette plage toute la journée, avec juste un intermède pour le repas de la mi-journée. Mer translucide, sable fin, soleil, que demander de plus pour cette fin de périple. Ce soir, nous prenons une bière et le repas avec les Foletti au Paradise Restaurant, sur des petites tables directement au bord de l’eau. Le ciel est partiellement nuageux et offre de belles couleurs pour le coucher du soleil. On ne voit pas l’astre disparaître dans mer, car l’île d’en face fait écran. Néanmoins, le ciel prend des teintes rosées, puis orangées. Plus tard dans la soirée, le ciel se couvrira et un violent orage éclatera finalement en milieu de nuit.
Samedi 25 juillet 09
Quelques gouttes tombent encore à notre lever, le ciel est bien couvert. Nous repartons vers notre plage isolée dans le but de voir les requins. Nous nous rendons à la nage à Shark Point et malgré que nous restions presque une heure dans l’eau, aucun squale ne montre le bout de son aileron. Nous profitons de l’eau avant de changer de plage après le repas de midi. Journée baignade. Repas au Mama’s le soir et nous finissons au Paradise avec les Foletti, en achetant une bouteille de whisky malaisien (l’équivalent du Mékong thaï) que l’on mélangera avec du coca. C’est une des rares fois où nous aurons bu de l’alcool dans ce pays. Discussions, nous apprenons à nous connaître, invitations : rendez-vous est pris à Bordeaux !
Dimanche 26 juillet 09
Le départ approche, c’est notre dernier jour sur ces îles avant le retour sur l’Europe. Pas de baignade ce matin, mais lever tard, petit-dèj et remplissage des sacs. Notre bateau pour Kuala Besut est prévu à midi. Petite séance d’au revoir avec nos amis bordelais. Nous embarquons plus ou moins à l’heure avec une famille de Danois pour prendre la direction d’autres plages afin de remplir l’embarcation. Le bateau est plein, la mer est calme. Cela ne secoue pas trop, bien moins qu’à l’aller. Par contre, il pleut, une pluie fine et légère, qui fouette le visage avec la vitesse du bateau. Nous avions été serrer la main à tout l’aimable personnel du Mama’s et un des serveurs est même avec nous sur le bateau. A Kuala Besut, nous croisons un autre serveur au port, il avait pris un autre bateau. C’est celui qui était venu nous chercher le jour de notre arrivée avec une petite barque. Très souriant il avait souvent ouvert la discussion avec nous, et évidemment surtout avec nos filles… Il était vraiment sympa et sur le quai de Kuala Besut, nous procédons à un échange de t-shirt. Mon « Swiss » jaune et vert contre un maillot de foot de Barcelone !!! C’est Lauriane qui a insisté et cela se fait très naturellement, avec photo … Un taxi nous attend après la jetée, commandé par Aziz. L’organisation est parfaite. Il nous emmènera à Kota Bahru (70 RM le trajet) en une petite heure de route. Il nous dépose devant la KB GH où nous laisserons nos sacs en dépôt (2 RM le sac), le temps de visiter une partie de la ville. Il n’y a pas grand-chose à voir. L’ambiance nous fait penser un peu à une ville du Moyen-Orient. Il faut dire que Kota Bahru s’est autoproclamée « the Islamic City of Malaysia ». Mais attention, toujours dans l’esprit tolérant du pays, pas d’extrêmisme affiché. Les magasins de tissus sont nombreux, nous faisons un ou deux supermarchés. Il n’y a rien à acheter de spécial. Nous allons tout de même au centre culturel, près du stade de foot, où il y a quelques spectacles gratuits. Lorsque nous y sommes passés, c’était des percussions. Nous profitons d’envoyer nos derniers mails depuis un cybercafé. Il est bientôt l’heure de rejoindre l’aéroport pour notre vol Air Asia à destination de KL, vol réservé en mars dernier pour le prix de 10 Euros par personne… Devant la KB GH, il y a des gens qui racolent le touriste en se présentant comme taxi. Le gérant de la KB nous dit qu’on peut y aller les yeux fermés, donc nous acceptons la proposition d’un homme qui peut nous conduire à l’aéroport pour 20 RM, ce qui semble être le tarif local. Pas de borne de taxi, ni même d’inscription sur les portières, mais une voiture privée bien pourrie, visiblement bientôt au bout du rouleau. En 25 minutes, nous arrivons à l’aéroport sans encombre. Nous sommes un peu en avance. Nous avisons alors un petit resto local, pile en face de l’aéroport, il n’y a que la grande route à traverser. On s’y rend pour déguster nos dernières Roti Canai malaisiennes, avec des thés au lait sucré. Notre vol est à l’heure, l’avion est plein. Comme l’an dernier, Air Asia propose des Airbus visiblement neufs avec sièges en cuir. Une petite heure de vol bien tranquille, je devise durant le trajet avec mon voisin qui veut savoir ce que nous avons pensé de la Malaisie. Au moment d’atterrir, nous survolons KL et nous avons la chance de passer quasiment à la verticale des tours Petronas. Nous les aurons vraiment vues sous tous les angles ! Une fois à KL, nous arrivons au terminal des vols domestiques (LCCT) et même si les vols empruntent les mêmes pistes, le bâtiment des vols internationaux (KLIA) n’est pas le même. Dès la sortie, il y a une navette qui nous conduit au bon endroit (1.50 RM p. pers.), un bus vert avec le sigle KLIA sur le pare-brise. Une fois dans ce terminal, nous avons le temps, notre vol Qatarairways ne décolle qu’à 03h15 du matin. C’est le dernier à partir…comme si nous voulions profiter de chaque minute dans ce pays. Nous anticipons notre retour en Occident en mangeant au Kentucky Fried Chicken, seul établissement encore ouvert. Au moment d’embarquer, nous sommes assez peu dans la salle d’attente. Notre A 330 sera-t-il plein ? Oui, car il arrive de Bali et la plupart des sièges sont déjà occupés. Jusqu’à Doha, le vol sera cette fois tranquille et nous arrivons un peu en avance au Qatar. Quelques courses au Duty Free et nous embarquons vers Genève. Hormis quelques turbulences au-dessus d’Istanbul, notre vol est sans histoire. Nous posons à l’heure, c’est le retour à la maison.
Il nous faudra quelques jours pour prendre du recul et apprécier à sa juste valeur ce que la Malaisie nous a offert. La Thaïlande nous avait enchantés, mais cette année, notre enchantement est encore plus grand. Plus d’authenticité, peut-être de sincérité dans les rapports humains, une faune exceptionnelle, une fréquentation occidentale moins marquée. Oui, la Malaisie est une destination exceptionnelle pour les amoureux de ce type de périple et du continent asiatique. Comme pour tous nos voyages, nos têtes sont pleines de souvenirs, que la lecture de nos carnets de route ou la vision de nos photos nous rappellent avec délice.
Mardi 30 juin et mercredi 1er juillet 09
Départ de Genève vers les 09h30 pour notre premier vol, direction Francfort, avec Lufthansa qui partage le vol pour Kuala Lumpur avec Qatarairways. A peine une heure de vol tranquille plus tard, nous voici en transit dans cet énorme aéroport. Pas de souci pour trouver la porte de notre prochain embarquement sur un A 330 de Qatar. L’avion n’est qu’à moitié plein et le vol est sans histoire jusque dans la péninsule arabique. Départ pour une longue escale à Doha, due aux modifications d’horaires intervenues après que nous ayons acheté nos billets. Au premier étage de l’aérogare, il y a un self service qui offre des repas, simples mais bons, aux passagers qui ont un transit de plus de 5 heures, ce qui est notre cas. Ce n’est marqué nulle part, nous tombons dessus par hasard. Nous tuons le temps avec des parties de cartes qui auront lieu tout au long de notre périple. Le jass, version suisse de la belotte, que nos filles de 16 ans maîtriseront relativement bien au retour. L’aéroport est actif toute la nuit, puisque des vols décollent et atterrissent sans interruption. Au final, nos parties de cartes auront bien meublé l’attente. Nous embarquons à l’heure pour la deuxième partie du voyage dans un autre A 330, mais qui sera archi-plein celui-là. Pas un siège de libre. Il faut dire que Kuala Lumpur ne sera qu’une escale puisque la destination finale de l’avion est Bali. Les premières heures du vol seront parfaites, mais dès notre entrée dans le Golfe du Bengale et la fin du sous-continent indien, nous voila partis pour 3 bonnes heures de turbulences plus ou moins importantes. Les repas sont souvent retardés, le personnel de bord part s’attacher fréquemment, les regards se font parfois inquiets. Le vol Rio-Paris a laissé des traces, même s’il n’y a aucune raison d’y penser. Finalement, l’approche du continent calme les ardeurs du Dieu Eole et nous nous posons sans dommage à Kuala Lumpur. Bienvenue en Malaisie ! 90 minutes de queue et d’attente pour passer les contrôles de l’immigration. Des panneaux et même un poste sanitaire font de la prévention sur le virus H1N1. Les fonctionnaires féminines sont voilées, ce qui nous rappelle que ce pays est majoritairement musulman. Après nos périples au Maroc, en Jordanie, à Oman ou encore en Turquie, nous sommes habitués. Vu le retard pris pour arriver au tapis des bagages, retrouverons-nous nos sacs ? Le tapis a cessé de tourner depuis longtemps, mais une employée gardait sérieusement une série de sacs dont les 4 nôtres. Pour rejoindre KL, nous optons pour le Airport Coach (10 RM p.pers.) qui nous amène à la gare centrale (KL Sentral). Vraiment simple, l’arrêt de bus se trouve au niveau 1, tout en bas du bâtiment de l’aéroport, sur la droite dès la sortie. De toute façon, des hommes « racolent » les voyageurs pour emprunter le bus, mais sans insistance ou agressivité. Notre but est la Red Palm GH. Nous pourrions prendre le Sky Train pour y parvenir, mais les heures de voyage nous incitent à nous y rendre au plus vite alors ce sera le taxi, plus simple et pas forcément plus cher à 4. Sur le même quai que l’arrivée des bus, il y a un comptoir où l’on annonce sa destination, le prix est fixé selon l’adresse donnée, un coupon nous est remis, un chauffeur est hélé. Pas de négociation, pas d’arnaque. Le taxi nous pose pile devant la Red Palm. L’endroit est routard à souhait. 2 chambres et un dortoir, toilettes et douche à l’étage. Le tout est propre, même si nous sommes étonnés par le plafond qui est en fait une sorte de rideau-bâche qui recouvre tout l’étage. En rajoutant l’épaisseur minime des murs (qui s’apparentent presque plus à du carton…), l’intimité ne sera pas de mise. Mais la convivialité des lieux, la gentillesse de la patronne et de son staff, l’emplacement idéal de la Red Palm, le prix raisonnable (70 RM la chambre pour 2) nous feront vraiment apprécier cet endroit. Une fois installés, nous partons dans Jalan Butik Bintang pour acheter une carte SIM. Comme l’an dernier, j’ai embarqué un vieux téléphone portable qui sera notre allié le plus précieux tout au long du voyage. 30 RM la carte, auxquels je rajoute 70 RM de crédit, cela nous fera tout le mois, avec plusieurs appels en Suisse. Les estomacs réclament pitance, nous mangeons dans la rue à proximité. Les stands extérieurs et les terrasses sont nombreux, nous reprenons nos habitudes de l’an dernier en Thaïlande. La nourriture est un peu plus chère, mais le choix est immense, dû à la diversité des communautés qui peuplent la Malaisie : Chinois, Malais, Thaïs, Indiens, Indonésiens, tous avec leur culture et leur cuisine. Nous voyons nos premiers rats, de belles pièces ! KL serait-elle plus sale que Bangkok ? La nuit est tombée depuis longtemps, la fatigue est là, mais nous ne pouvons nous empêcher d’aller admirer le spectacle fascinant des tours Petronas, éclairées et mises en valeur. Deux flèches de lumières qui montent vers le ciel … 20 minutes à pied nous sont suffisantes depuis la Red Palm pour nous y rendre. Nous y restons, prenons quantité de photos, sous tous les angles, on en fait le tour, des tours, détours. Cette fois, nous avons le compte, nous rentrons à la GH, pour une bonne nuit, enfin on l’espère. Premier jour, mais notre esprit est déjà en Asie, Genève est loin, en kilomètres, mais aussi dans nos têtes. Ce continent nous fascine.
Jeudi 2 juillet 09
La nuit aura tout de même été un peu bruyante, entre la rue et le manque d’isolation de la GH. Mais nous avons tout de même réussi à bien dormir. Nous descendons à la cuisine où le petit-dèj est à dispo, compris dans le prix de la chambre. Chacun peut se servir dans le frigo, faire son thé, café, griller ses toasts, faire son bol de céréales ou éplucher sa banane. Système très convivial, mais il faut faire sa vaisselle après. Une fois rassasiés, nous partons dans les énormes centres commerciaux à proximité de Bukit Bintang, les fameux « malls » qui font la réputation de KL. Les clients du Moyen-Orient sont nombreux. Puis ce sera direction Little India en prenant le Monorail. Le ticket s’achète à un comptoir en fonction de la destination. Nous faisons 3 arrêts pour RM 1, 60 p. pers.. Nous surplombons les rues, faisant fi des bouchons et de la circulation. Le Lonely Planet (ci après LP) donne une balade à faire dans le quartier et nous suivons l’itinéraire proposé. Ce sont surtout les commerces, d’or et de tissus qui sont Indiens, on ne se croirait pas à Mumbai. Les restaurants en plein air et autres gargottes pullulent et nous testons plusieurs sortes de beignets délicieux. Notre périple nous amène à Merdaka square, place où l’indépendance de la Malaisie fut proclamée. Un vaste et très bel endroit avec une grande pelouse et de beaux bâtiments. Après une petite pause à l’ombre, nous décidons de nous rendre aux Batu Caves, à une quinzaine de km au nord de la ville. Il nous faut à peine 10 min. à pied depuis Merdaka pour rejoindre un arrêt de bus à l’angle de Tun Lee et Petaling, au début de Chinatown. Le bus 11 qui va sur place s’apprête à partir et nous y montons in extremis. Le billet se prend directement dans le véhicule (2 RM). 45 min. plus tard, nous voilà sur le site. Il y a 272 marches, relativement raides, à monter. Mais avant, nous allons nous régaler dans un des restos indiens qui bordent l’endroit. Menus végétariens, dans une feuille de banane, sans couteau, ni fourchette. A la commande, nous ne savons pas trop ce que nous choisissons, mais tout sera bon et pas trop épicé. Il y a largement assez, pour à peine 20 RM à 4. Batu Caves est une énorme grotte qu’il faut atteindre par un escalier, lequel est sérieusement gardé par une grande statue à ses pieds. Des singes peu farouches peuplent l’endroit, mais ne sont pas agressifs envers les humains. A l’intérieur de la grotte, divinités indiennes et 2 temples. Nous reprenons ensuite le bus 11 jusqu’à Chowkit, où il y a un arrêt du monorail qui nous ramènera vers notre GH. Internet, jus de fruit frais, douche, nous faisons une pause. Il fait chaud (env. 35 °), le ciel est brumeux, mais c’est surtout l’humidité qui nous fait transpirer. Comme l’an dernier, il nous faudra quelques jours pour nous y faire. Le but de ce soir sera Chinatown, à environ 20 min. à pied de la GH. La rue de Jelan Petaling est entièrement dédiée au business, une sorte de Khao San Road local. T-shirts, sacs à main, montres, tout est contrefaçons. Les clients sont arabes, occidentaux, malais, japonais, vive la mixité ethnique lorsqu’il s’agit d’achats… Le site est suffisamment grand pour y passer quelques heures. On voit même des francophones remplir des sacs … Ikea ! Nous succomberons comme tout le monde à la tentation et après d’âpres marchandages, nous achèterons quelques vêtements. Les Chinois sont moins souriants que les Thaïs, en tous les cas quand il faut négocier ! Nous mangeons également sur place, sur la terrasse d’un établissement chinois. Excellent. Les prix sont par contre plus élevés que chez le voisin du Nord, ce sera la tendance générale tout au long du voyage. Retour vers la GH, parties de cartes sur la terrasse et finalement retour dans nos lits.
Vendredi 3 juillet 09
Nous récupérons du décalage horaire et nous nous levons vers les 09h30. Petit-dèj, vaisselle et nous allons acheter nos billets à la gare routière qui est à 10 min. à pied : 4 billets pour les Cameron Highlands pour 90 RM, départ à 10h30 le lendemain. Nous continuons vers le Central Market. Ici, pas de contrefaçons, mais de l’artisanat local, des tissus, de l’art. Nous voulons visiter la mosquée Masjid Jamek, mais nous sommes vendredi et tous les fidèles sont à la prière. Le lieu est donc fermé aux non-musulmans. Petite pause boisson, on étudie la suite de l’après-midi. Finalement, on part dans le quartier de Kampung Baru, au nord des Petronas. Dès la sortie du métro, il faut prendre sur la droite et nous trouvons de nombreux petits restos en plein air qui servent de la nourriture malaise en buffet. Chaque fois que l’on met un nouveau plat dans l’assiette, l’addition monte. Mais rien de dramatique, puisque 2 assiette suffisantes pour 4 ont coûté 10 RM ! Nous traversons le quartier à pied, sans voir l’ombre d’un Occidental. Le paysage contraste avec le centre-ville. Ici, pas de circulation infernale, pas de bus puant le gasoil, pas de klaxon, juste de petites maisons et ruelles tranquilles. Nous débouchons sur le marché de Chow Kit, là aussi très local. On y trouve surtout de la nourriture, viande, poisson, légumes, fruits, attention aux odeurs ! Mais cela reste très typique, là aussi sans Occidentaux. Retour ensuite à la GH, se poser un peu et préparer la suite. Nous passons quelques coups de fil pour réserver des chambres ou se renseigner sur des prix. Parties de carte, petit tour sur le net, nous profitons de la petite terrasse de la Red Palm. L’air est toujours aussi moite, la température ne bouge pas. Et pas de pluie, ni orage. Nous repartons manger dans les stands en plein air proche du métro de Bukit Bintang. Retour ensuite à la GH. Il faut dire que Wimbledon arrive à son terme et que notre « Rodger » national est toujours en lice, en passe de battre un record historique. Ce sera donc soirée télé ! Rodger a gagné, nous pouvons monter nous coucher l’esprit serein.
Samedi 4 juillet 09
Nous nous levons vers 09h00, histoire d’être prêts pour prendre notre bus direction les Cameron. Dernier petit-dèj, quelques photos avec la très sympathique patronne et nous prenons la direction de la gare routière avec nos sacs. Notre bus, assez vétuste, est là et nous attend. Nous chargeons et c’est le départ. Nous sortons de KL par de larges autoroutes où la circulation est aisée et tranquille. Les routes se font plus étroites et, comme en Thaïlande, un arrêt est prévu pour se restaurer. Les chauffeurs de bus respectent leurs heures de conduite apparemment. A Tapeh, visiblement notre bus a un problème et nous devrons attendre qu’un autre véhicule vienne nous prendre en charge. Dès Tapeh, la route commence à grimper et le nouveau (mais pas neuf) bus à peiner … Le reste du chemin sera long et très sinueux. Mais cela ne vaudra jamais les 1864 virages entre Chang Maï et Mae Hong Son de l’an dernier ! En arrivant à Tanah Ratah, un minivan nous attend, résultat de notre coup de fil de la veille à la Cameronian Inn GH pour annoncer notre heure d’arrivée. Le trajet est court, l’endroit est à 10 min. à pied du centre du village. La GH est très bien tenue et nous avons réussi à avoir la Family Room à 4 lits (100 RM). Il y a toute sorte de service, notamment la lessive. Il est temps de donner quelques habits à laver. Nous partons à pied acheter quelques succulents beignets de banane à un stand que nous avions repéré en venant et nous revenons les manger sur la terrasse avec un thé local. Le thé, nous en ferons une cure. Nous le boirons avec du lait condensé, comme les Malais, chaud ou froid. Le petit jardin est accueillant pour quelques partis de carte. Le soir commence à tomber et nous réalisons que nous sommes à prêt de 2000m. d’altitude, nous allons donc sortir nos jaquettes pour la seule fois du périple. Il fait frais ! Un petit orage éclate même, mais rien de bien terrible. Notre premier repas dans les montagnes sera chinois. Un Steamboat (fondue chinoise) avec toute sorte d’aliments à faire cuire dans le bouillon : crevettes, poissons, poulet, légumes, etc… A notre retour, la pluie s’est remise à tomber. Ce sera parfait pour aller dormir.
Dimanche 5 juillet 09
Aujourd’hui, ce sera un tour organisé avec une agence locale, proposé à la réception de la GH. Bien sûr, les plantations de thé peuvent se visiter seul, mais on se coupe des explications avisées d’un guide. Donc vers 09h00, une Jeep vient nous chercher. Notre guide du jour, Ravi, est originaire du Tamil Nadu en Inde. Bel exemple de la mixité des ethnies et religions qui peuplent la Malaisie. Il parle un anglais quasi parfait. Nous serons accompagnés de 2 autres couples, des Autrichiens et des Hollandais, pas très causants. Première visite de la journée, une explication en bordure d’une plantation de thé, sur l’origine, le fonctionnement et le développement de la culture du thé dans cette région du pays. Très intéressant. Puis, nous montons en Jeep proche du sommet du Gunung Brinchang, le plus haut du coin. L’air est vif. Nous faisons une petite marche en forêt pour atteindre un point de vue et Ravi nous explique l’usage de certaines plantes ou fleurs, inconnues sous nos latitudes. Puis, nous poussons jusqu’au sommet où il y a malheureusement pour le paysage d’énormes antennes TV. Une petite tour nous permet de prendre encore un peu de hauteur pour admirer les environs. Descente ensuite sur la Boh Teh Plantation. On peut visiter l’usine où les feuilles sont amenées pour la fabrication du thé. Les informations données sont instructives. La vue sur les collines environnantes est magnifique, avec tous ces buissons verts qui suivent les douces courbes du terrain. Un magasin permet d’acheter la production locale, le choix est vaste. La suite du programme : la Butterfly Farm où à part d’énormes papillons, il y a aussi une petite collection d’insectes et de reptiles. L’avantage d’avoir le guide est qu’il peut ouvrir les cages et que nous pouvons toucher ou prendre dans les mains des sauterelles géantes, d’énormes scarabées, des insectes ressemblant parfaitement à des feuilles d’arbres et même des scorpions. Les papillons sont effectivement assez gros et colorés. Bref la visite vaut la peine. Nous revenons à Tanah Ratah pour le repas de midi pris chacun de notre côté. Nous nous posons sur la terrasse d’un petit stand local pour une nouvelle dégustation de beignets (banane, patate douce, légumes) et de thé, sucré avec du lait … L’après-midi, nous sommes censés visiter un village Orang Asli, une ethnie qui vivait dans la forêt il y a encore peu et que le gouvernement malaisien sédentarise peu à peu. Ce sera le gros point noir du tour organisé. En terme de village, il s’agit en fait de 3 bicoques au bord de la route principale de Tapah. Un « pseudo-chef » de village, en habits traditionnels, fait un simulacre de démonstration de chasse à la sarbacane, proche d’une cascade. Evidemment, cela donne quelques belles photos, mais alors rien d’authentique ! Rien. Puis, nous rejoignons une poignée d’hommes dans une hutte, pour l’exécution d’une danse traditionnelle. Aucune réelle conviction et comme on les comprend. Cela ressemble fortement à de la prostitution touristique et cela nous met mal à l’aise. Seul moment plus divertissant : nous avons pu essayer à tour de rôle la sarbacane sur un panneau en bois disposé à 7-8 mètres de distance. Pas facile à viser. Petite anecdote, un des Orang Asli est un sosie quasi parfait de Michael Jackson, avant ses nombreuses opérations esthétiques… Il se donne d’ailleurs le prénom de Michael. C’est bon, la civilisation a rattrapé les Orang Asli. Bref, le tour était vraiment sympa le matin, mais la partie de l’après-midi n’est pas nécessaire. Elle permettra néanmoins aux Orang Asli de gagner quelques Ringitts, c’est tout. Nous nous arrêtons encore à la Bee Farm, où il y a une grosse ruche en démo. Nous n’y trouvons pas la Reine et quittons les lieux après quelques achats (savon au miel, thé au miel, etc…). Vers 17h00, retour à la GH. Notre guide aura été très sympathique et efficace. Après la douche, le repas du soir. Ce soir, ce sera indien et notre choix se porte sur le Chennai Curry House, dans la rue centrale, qui propose un Tandoori Set très alléchant pour 7 RM. Avec un magnifique Lassi, ce sera parfait. Au total, un excellent repas indien pour 45 RM à 4. Ce soir, pas de prolongation en ville, c’est la finale du tournoi de Wimbledon avec … Rodger bien sûr. Notre héros national a la bonne idée de faire traîner les choses et nous devons attendre 3 heures du matin pour le voir savourer la victoire.
Lundi 6 juillet 09
Vu l’heure du coucher, nous nous levons vers 11h00. Après le petit-dèj, nous étudions les chemins de randos dans les environs. Nous optons pour le T4 et le T6 qui offrent environ 3 heures de balade dans la forêt. La GH a un panneau avec les indications utiles et j’en fais une photo pour pouvoir les avoir avec moi lors de la marche. Le chemin démarre derrière la gare routière. Cela tombe bien, nous en profitons pour réserver nos billets pour KL pour demain (90 RM). Nous empruntons le chemin choisi et c’est parti pour 3 heures de balade. Il fait plus frais sous les arbres, mais cela ne nous empêche pas de transpirer abondamment. Le chemin est bien tracé et grâce à ma photo, nous trouvons facilement les embranchements. Mais on pourrait aussi se perdre facilement… D’ailleurs en partant en rando, il faut toujours donner son itinéraire à sa GH afin de pouvoir être plus facilement localisé au cas où on viendrait à s’égarer dans l’immensité de la forêt. Certains ont passé la nuit dehors et doivent encore s’en souvenir. Si les chemins sont tracés, il n’y a par contre aucune indication. Nous ne voyons aucun animal, même si la nature est belle et sauvage. De retour au village, nous stoppons dans un resto indien pour des Lassis bien mérités, ainsi que, soyons fous, des crêpes aux cacahuètes et à la noix de coco. Les prix de ces restos sont dérisoires et la nourriture est excellente. Retour à la GH où nous profitons du soleil de cette fin d’après-midi en jouant aux cartes. Avant de sortir manger, douche, vérification des mails, un petit thé (au lait sucré). La jaquette sera de nouveau de mise ce soir. Nous mangeons chinois. Indien à midi, chinois le soir, les amoureux de la cuisine asiatique que nous sommes sont comblés.
Mardi 7 juillet 09
Notre destination du jour est Malacca, mais il n’y a aucun bus direct. Nous devons de toute manière redescendre sur KL et c’est là que nous changerons de bus. Le patron de la GH nous pousse en voiture à la gare routière. Le bus redescend la route sinueuse des Cameron, c’est le même véhicule qu’à l’aller. Cela se voit, arrivés en plaine, nous devons faire un stop pour réparer un problème avec la pédale d’accélérateur. C’est un gamin de 12 ans qui part sous le bus avec des outils pour resserrer 2-3 boulons … Puis, ce sera l’autoroute jusqu’à KL. Les voies s’entrecroisent, les sorties sont nombreuses, je ne me verrais pas en voiture de location là au milieu. A la gare routière, j’achète 4 billets pour Malacca (52 RM), le départ est prévu dans moins d’une heure. Pour les bus, le système est différent de la Thaïlande. De nombreuses compagnies privées de transport se disputent les lignes et les clients, racolant le voyageur dès son entrée dans la gare routière. Difficile de faire un choix, pourquoi telle compagnie plutôt qu’une autre ? Les prix restent sensiblement les mêmes, mais ensuite il y a encore le choix entre les bus normaux, les VIP, les super VIP … Ceci fait que la gare routière de KL est une véritable ruche. Heureusement, un guichet d’information renseigne efficacement à quel guichet se rendre pour la destination voulue. Pour Malacca, malgré ce que le vendeur nous avait dit, le bus n’est pas direct et nous faisons des détours dans la campagne environnante. Une fois à Malacca, nous rejoignons notre GH en taxi. Là, c’est plus simple : c’est comme à KL, on achète son billet à un comptoir en fonction de la destination et un chauffeur est désigné pour nous conduire. C’est ainsi que nous arriverons à la Samudra Inn, une GH au dernier étage d’un petit immeuble. Cela ressemble à un énorme appartement divisé en chambres et organisé en petite GH. Nous aurons une chambre avec salle de bains et une autre sans, mais côte à côte. C’est simple, mais propre. Le proprio, en première apparence un peu froid et distant, se révèle en fait très sympa et plein de bons conseils. Nous sortons ensuite manger au Madinah Restoran où les plats sont excellents et bon marché. Il y a une place vers l’église St-Paul où une fête se déroule pour honorer le premier anniversaire de l’inscription de Malacca au patrimoine de l’UNESCO. Les différentes communautés de la ville (chinoise, indienne, malaise, portugaise) ont organisé des danses, des chants, des petits sketchs. Tout le gratin de la ville est là, de même que de nombreux habitants. Les danses indiennes ont un petit air de Bollywood, les costumes sont splendides et nous passons un excellent moment. Vers minuit, retour à pied à la GH en 10 min.
Mercredi 8 juillet 09
Nous prenons le petit-dèj en face de la GH, où il y a un resto qui fait tout à fait l’affaire. A 8h30 précises, Alias, le boss de Melakaonbike est là pour nous prendre en charge. Ce matin, ce sera VTT au programme. 20 minutes de transport plus tard, nous arrivons chez lui, dans la campagne environnante, où il a son stock de vélos. Et c’est parti pour 3 bonnes heures de randonnée écologique. Nous traversons des plantations de palmiers à huile où nous pouvons voir les ouvriers cueillir les énormes grappes de fruits au sommet des arbres. Ils utilisent une très longue perche (entre 5-7 mètres) qu’ils n’arrivent pas à lever d’un seul coup sans faire levier sur un tronc. La grappe de fruit découpée de l’arbre fait un bruit très sourd en tombant au sol. Normal, elle peut peser jusqu’à 50 kilos ! Alias nous explique comment on tire ensuite l’huile de ces petits fruits rouges. Il faut dire que la Malaisie a fait du palmier à huile sa culture principale, n’hésitant pas à arracher ou déforester d’autres plantations. Rentabilité …Puis ce sera les plantations d’arbres à caoutchouc, où l’on voit également des femmes venir faire des entailles dans les troncs pour que le caoutchouc liquide puisse se déverser dans de petits pots. Notre guide prend un peu de ce liquide blanc et nous confectionne en quelques minutes une balle qui fait des rebonds impressionnants. Plus loin dans la plantation, nous allons au dépôt où le caoutchouc est récolté et mélangé à de l’ammoniac pour le maintenir liquide. Nous assistons à ces opérations effectuées par des travailleurs indiens ou du Bangladesh, peu payés, mais semble-t-il heureux d’avoir un emploi en Malaisie. Tous sont très souriants et acceptent sans souci d’être pris en photo en plein labeur. Nous quittons ensuite les plantations pour pédaler sur les chemins de campagne. Les bords des routes sont remplis d’arbres fruitiers ou de plantes diverses utilisées en cuisine. Alias s’arrête souvent pour que l’on goûte des fruits ou pour nous expliquer l’utilisation de telle ou telle plante. C’est vraiment instructif et agréable. Vers 14h00, Alias nous ramène vers notre GH. Son éco-tour vaut vraiment la peine, alors j’y vais de mon petit coup de pub : www.melakaonbike.com , 80 RM p. pers. Seule précaution, mettre des manches longues et éventuellement des pantalons pour se prémunir des moustiques, très nombreux sous les arbres. Le resto du petit-dèj propose maintenant un énorme buffet pour le repas de midi, alors départ ! L’après-midi sera consacrée à la visite du centre de Malacca, ses églises portugaise et hollandaise, cette dernière en briques rouges. Nous parcourons aussi Chinatown qui a un ou deux temples magnifiques. En fin de journée, nous montons à la gare routière avec le bus 17 pour acheter nos billets de bus pour Mersing où nous partirons demain (22, 8 RM p. pers.). Retour à la GH, quelques courses au centre commercial Carrefour (eh oui…), puis on prend un verre pour souffler un peu de cette active journée. Vers 19h00, je me rends dans une laverie chinoise où nous avions déposé notre linge sale la veille (3, 5 RM le kilo). Il est vraiment facile de laver son linge dans ce pays, comme l’an passé. Cela permet de voyager vraiment léger, pas besoin de remplir les sacs. On ne change pas nos bonnes habitudes et nous mangeons encore au même resto en face de la GH. Il faut dire que le buffet est si varié qu’il faudrait une semaine pour tout goûter. Résultat : encore un excellent repas pour 27 RM pour 4. Depuis notre arrivée à Malacca, les gens nous paraissent plus ouverts, plus souriants et plus sympathiques. KL avait le défaut des grandes villes, impersonnelles et individualistes, les Cameron étaient en montagne, comme chez nous les gens sont certainement un peu plus « bourrus », mais là, vraiment la population est charmante. Les gens cherchent le contact, la discussion, veulent savoir d’où l’on vient, etc… Le soir, nous retournons sur la place des festivités où les spectacles continuent. Un homme a vu mon t-shirt rouge à croix blanche et a même pu me parler de la date du 1er août, fête nationale de notre Helvétie natale ! Un autre a pu me citer 4 ou 5 villes suisses, ce que pas mal d’Européens sont incapables de faire. Malacca nous a enchantés.
Jeudi 9 juillet 09
Notre bus est à 12h45, nous avons le temps. Nous partons prendre le petit-dèj, de l’argent à un ATM et nous cherchons aussi une pharmacie pour le plein d’anti-moustique. Il faut dire que Dominique est particulièrement visée par les insectes. Ils vont tous sur elle et elle est pas mal parsemée de piqûres. Après une menace d’orage, le temps s’est mis sur beau et il y a un air qui souffle, rendant l’atmosphère nettement respirable qu’à KL. Nous quittons Malacca avec la satisfaction d’avoir vu une ville agréable, avec des touches européennes, une recherche d’esthétisme, des décors nocturnes et en plus avec la chance d’avoir pu assister au festival des communautés. Maintenant, direction l’île de Tioman et le début de la partie balnéaire. Nous reprenons le bus 17 pour aller à la gare routière, le long de la grande route à la sortie de la GH. Il suffit de héler le bus sur le bord du trottoir, on monte et paie son billet dans le bus au chauffeur. Nous sommes un peu en avance, nous faisons le tour des nombreuses boutiques et commerces qui peuplent la grande gare routière de Malacca. Départ. Notre chauffeur se croit rapidement au GP de Malaisie au volant d’un bolide. Conduite rapide, dépassements risqués, nous sommes tout à l’arrière, mais pas rassurés. Arrêt de 30 minutes à Kluang, juste de quoi se dégourdir les jambes et acheter quelques beignets de banane, toujours aussi délicieux. Puis suite de la route jusqu’à Mersing, toujours à vive allure. Le paysage est assez monotone, palmiers, palmiers, palmiers … pour l’huile. Cette culture prend vraiment le pas sur toutes les autres, économie oblige, très rentable semble-t-il. Arrivés à Mersing, le bus fait un premier stop à un rond-point et un homme monte pour savoir qui prend le bateau pour Tioman. En fait, il racole les passagers et essaient de vendre des billets avant tout le monde pour sa propre agence, mais sans le dire bien sûr. Etant les seuls Occidentaux dans le bus, il s’adresse directement à nous. Je n’aime pas être forcé et connaissant la combine, je lui réponds que nous ne savons pas encore si nous prendrons le bateau demain ou après-demain. Il donne alors le nom de son agence … Direction l’hôtel Embassy où nous passerons la nuit pour embarquer demain matin. Nous avions réservé 2 chambres par téléphone (55 RM la double) et l’endroit est vraiment bien. Bonne literie, clim, douche et toilettes. Nous allons à la jetée nous renseigner pour nos billets de bateau. Plusieurs agences proposent des billets pour Tioman, tous au même prix d’ailleurs (35 RM le trajet, donc 70 RM A/R). Le choix se fait donc au feeling et pas besoin de chercher la meilleure opportunité. La différence est que les agences essaient aussi de vendre l’hébergement de leur choix, souvent leurs propres établissements. Pour notre part, nous irons sur Juara, où le Rainbow Chalets nous attend. Encore une réservation par téléphone. Finalement, nous prendrons nos billets à l’agence Larossa, au guichet 13. Le patron, sa femme et son fils sont très sympas et n’essaient pas de nous forcer pour quoi que ce soit. Vendu. Nous prendrons nos billets de retour en open, il suffira de confirmer la veille de la traversée pour avoir une place (mais ne pas oublier car le bateau est souvent plein me dit-on). Une fois nos billets en poche, nous passons une heure sur le net au meilleur prix rencontré dans le pays (1, 5 RM), avant d’aller prendre un succulent repas indien au Al Arif restoran où nous mangeons de délicieuses Murtabak (crêpes fourrées au poulet ou au bœuf) à tremper dans une sauce au curry. 30 RM pour 4, boissons comprises (jus de fruits frais et … thé au lait sucré). Dernières parties de cartes avant une bonne nuit.
Vendredi 10 juillet 09
Excellente nuit, dans une bonne literie, rafraîchis par la clim. Cet hôtel est imbattable rapport qualité-prix. Notre vendeur de billets vient nous chercher avec son van, comme convenu, ce qui nous évite la marche avec nos sacs jusqu’à la jetée. Là, suivant les conseils de la patronne, nous l’attendons pour qu’elle nous mène à l’embarquement, erreur. Car premiers arrivés, premiers montés à bord. Les bateaux ne sont pas grands. En arrivant, il faut s’inscrire sur une liste avec son nom et son numéro de passeport. Une fois la liste complète, on est recalé directement sur le prochain bateau. Ce qui a été notre cas. Du coup, 1h15 d’attente au port. Il faut encore s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour le fonds de conservation des parcs marins de Tioman. Sans cette taxe, pas de bateau. Bref, en gros, arriver en avance à la jetée et s’inscrire le plus vite possible sur la liste des passagers. Finalement, nous embarquons pour Tekek, sur la côte ouest de Tioman. 2 petites heures de traversée, nous voilà sur l’île. Le bateau commence par aller tout au nord, vers Salang où la majorité des gens quittent le navire. Le bateau redescend ensuite la côte pour finalement arriver à Tekek. Un chauffeur nous attend pour nous faire traverser l’île en voiture, direction la plage de Juara. 30 minutes de trajet, sur une route entièrement bétonnée, mais avec de fortes déclivités. La plage de Juara est quasi déserte, il faut dire qu’il y a peu d’hébergements ici et qu’ils sont bien espacés. Quelques restaurants aussi, mais rien qui va provoquer une surabondance de touristes. C’est ce que nous recherchons et ce sera parfait. Les Rainbow’s Chalets sont tout simples : un lit, une moustiquaire, WC et douche, ventilo au plafond, 50 RM la nuit, le tout sous les cocotiers, à 30 mètres de la mer. Ah oui, et une super petite terrasse pour se tenir à regarder les flots. L’endroit est calme, serein, reposant. Nous y serons bien pour quelques jours. Premier bain, l’eau est chaude et bizarrement peu salée. Pour le repas du soir, nous prendrons nos quartiers au Sunrise Café voisin où la nourriture est excellente et variée. Pour 60 RM à 4, nous prenons un très bon repas. Dès 21h00, le vent se met à souffler fort et l’orage arrive. La température baisse, le tonnerre gronde, les éclairs zèbrent l’obscurité. A l’abri sur notre terrasse, nous assistons à la colère du ciel. Une vraie averse tropicale. Le ventilo sera tout de même nécessaire pur passer une bonne nuit.
Samedi 11 juillet 09
Journée plage et farniente. Nous continuons de prendre nos repas au Sunrise, à 25 m. de notre bungalow, vu la gentillesse du personnel et la qualité de la nourriture. Puis, ce sera baignade et snorkelling. La plage est idéale pour profiter de l’eau, mais il n’y a pas grand-chose à voir sous la surface. Malgré une protection solaire de 30, le coup de soleil n’est pas évité pour le dos de Bibi. Pourtant, j’avais prévu un t-shirt dévolu exclusivement au masque-tuba, t-shirt que je n’ai pas mis… Au milieu de l’après-midi, grosse averse tropicale et nous restons sous les gouttes bien fraîches, les bras lever au ciel. Et le ciel bleu de revenir rapidement … Re-baignade, entrecoupées de parties de carte sur notre terrasse. Délassement. La marée est descendante, ce qui permet de faire un petit jogging le long de la plage, sur le sable dur avec Lauriane. Le repas du soir ? Au Sunrise. Les éclairs se rapprochent de Tioman, mais pas de pluie, seul le vent qui souffle fort… Au milieu de la nuit, la pluie s’en donnera à cœur joie, les grosses gouttes frappant notre toit en tôle, comme pour nous bercer.
Dimanche 12 juillet 09
Au réveil vers 10h00, le ciel est encore brumeux, hésitant entre nuages et soleil. J’ai 43 ans aujourd’hui. Cela fait presque 15 ans que je n’aurai pas fêté mon anniversaire en Suisse. Un petit vent rafraîchit l’atmosphère et la plage est déserte. Un si beau lieu et personne, pourvu que ce petit paradis ne succombe pas aux promoteurs. Le temps reste couvert, mais sec, toute la journée. Que du farniente, des baignades, des promenades le long de la plage, des parties de carte. Ce rythme nous convient. Pour ne pas déroger à nos (bonnes) habitudes, nous mangerons le soir au Sunrise : curry de poulet, poisson grillé, crevettes et les boissons, toujours pour 60 RM pour 4. Les filles présentent pas mal de petits boutons rouges qui démangent. Les mouches de sable. Inévitables ici. On ne sent rien sur le moment, c’est le soir que les boutons apparaissent et commencent à gratter. Et cela dure sur plusieurs jours. Mais comme toute piqûre, cela finit par passer. Il paraît qu’il ne faut pas s’étendre sur le sable pour éviter les désagréments.
Lundi 13 juillet 09
Nous allons changer de côte, histoire de voir Tioman version ouest. Direction ABC Beach. Les filles n’ont pas trop envie de marcher (vive les ados…) alors elles iront en taxi, mais s’occuperont de nos sacs. Et pour Dominique et moi, ce sera le Jungle Trekk. Le temps est plutôt beau, légèrement venteux. Dommage de partir, de belles vagues viennent casser sur Juara. Le taxi emmène nos filles pour les déposer au Marine Park, de l’autre côté de l’île. Il nous prend un bout, histoire de gagner un peu de bitume, la première partie de la traversée de l’île étant sans intérêt. Puis nous prenons le sentier, très bien tracé. Nous croisons quelques touristes qui font le chemin depuis Tekek. Nettement plus dur, ça grimpe sec dans l’autre sens … Les bruits de la forêt sont parfois inquiétants, la nature nous fait sentir tout petit. Ecureuils, lézards, geckos, fourmis géantes, nous observons la faune. Mais aucun singe. L’endroit est bien sauvage, bien plus que dans les Cameron. Après environ 2 heures de marche à un rythme tranquille, nous atteignons Tekek. Il nous faut encore rejoindre le Marine Park, à quelques centaines de mètres. C’est le bout de la route avant ABC. Les filles sont là, nous mangeons un petit repas, avant de mettre le cap sur les bungalows de Mokhtar’s Place que nous avions contactés la veille. L’endroit est conforme à notre philosophie de voyage, simple, mais propre. En plus, il y aura un accès internet. La plage en contrebas est de sable, mais très vite, le fond de l’eau est envahi de petits rochers ou de coraux, ce qui rend la baignade quasi impossible. Le seul endroit où se tremper est facile sur ABC est devant Nazri 1, tout au début de la plage côté Tekek. Déception. Nous sommes devant nos bungalows, sur le sable, lorsque deux gros varans déboulent sur la plage en se poursuivant. Le premier va dans l’eau pour échapper à son agresseur. C’est assez impressionnant, ces bêtes doivent mesurer dans les 1m50-1m80 avec leur longue queue. Nous pouvons facilement les photographier, mais selon les autochtones, il vaut mieux éviter d’essayer de les toucher. Petit tour ensuite sur le chemin bétonné qui suit la plage au milieu des bungalows. Envers du décor : le nombre incroyable de détritus qui jonchent les abords du chemin. L’avantage de cette côte est qu’il y a un beau coucher de soleil, pour autant que le ciel soit dégagé. Pour le repas du soir, il n’y a finalement pas énormément de choix et ce sera la terrasse du Mawar’s Beach. Bonne nourriture, un peu plus chère que sur Juara. Un petit air souffle, c’est agréable.
Mardi 14 juillet 09
Lever assez tard et petit-dèj au Mawar. Vers midi, nous partons à pied vers Panuba Beach, à environ 20 min. d’ABC. Le chemin monte un promontoire et redescend sur Panuba, dans la jungle. Comme sur ABC, à peine entrés dans l’eau, il n’y a plus de sable mais des rochers. Par contre, l’endroit est nettement mieux pour le snorkelling. Nous partons vers les rochers en bord de plage et nous voyons plein de poissons aux belles couleurs. Panuba est isolé. Un seul resto et aucune possibilité de passer sur ABC le soir, le sentier dans la forêt n’est pas éclairé. Vers le milieu de l’après-midi, les filles restent sur cette plage et avec Dom, je pars direction Monkey Bay. Nous décidons d’y aller en bateau et de revenir à pied, par le chemin dans la forêt. 15 min. de trajet sur l’eau et notre taxi nous dépose dans la baie. Nous y sommes seuls, sur une large plage. Aucune infrastructure, l’isolement total. Par contre, l’arrière-plage est vraiment sale, jonché de détritus soit laissés là par les visiteurs, soit rejetés par la mer. Le plastique est une véritable catastrophe écologique en matière de pollution. Après une baignade dans une eau transparente, nous reprenons le chemin de Panuba. Nous avions fait attention de ne pas laisser notre sac sans surveillance trop longtemps. Non pas qu’il y ait des voleurs humains ici, mais bien des singes chapardeurs. Des témoignages affirmaient que certains touristes snorkellaient et que les singes sont descendus de leurs arbres pour prendre les sacs laissés sur la plage. Avec argent, passeports, téléphones … Le sentier est relativement bien tracé et il suit toujours la ligne électrique. Nous atteignons rapidement Monkey Beach, une autre plage isolée et encore plus belle que Monkey Bay. Le sable y est doré et l’eau vraiment claire. Le trekk est plus sportif que celui de Juara, il faut souvent escalader, contourner, passer sous des arbres tombés en travers du chemin. Nous voyons quelques singes au long du parcours, notamment une femelle qui porte son petit sous son ventre, et évidemment les habituels lézards qui nous font souvent sursauter en filant dans les buissons à nos pieds. 90 minutes plus tard, nous arrivons sur ABC, trempés de sueur. Sans être exceptionnelle, la promenade était bien sauvage. Le long du chemin qui longe la plage, sur un pont, nous voyons notre premier serpent en Malaisie : un python de belle taille, posé et enroulé dans les branches d’un arbre à une dizaine de mètres des bungalows de Mawar, dont certains ont la fenêtre ouverte ! Une dernière baignade rafraîchissante vers Nazri 1 et nous nous douchons pour aller manger. Ce soir, le coucher de soleil nous joue son show. Couleurs splendides, photos réussies. Repas au Mawar et dessert au Nazri. Puis, il sera temps de rentrer préparer les sacs, nous partons demain tôt, le bateau est à 08h00. Cherating ? Lac Chini ? Nous n’avons guère eu le choix. Nous pensions aller au lac Chini, mais un coup de fil chez Rajan Jones nous apprend que sa GH est overbookée pour au moins une semaine. Des groupes scolaires. Il est contrarié, mais on sent qu’il veut nous être serviable. Selon lui, il pourrait nous loger chez l’habitant dans le village, mais sans assurance de pouvoir nous accompagner dans la jungle. Ce sera donc Cherating.
Mercredi 15 juillet 09
Nous nous levons tôt pour ne pas manquer notre bateau. Nous ne pouvons prendre le suivant, car notre bus pour Kuantan et Cherating part à midi de Mersing. La mer est ce matin assez agitée, la traversée sera quelque peu secouée. L’air conditionné est poussé à fond, il fait même froid dans le bateau. En arrivant à Mersing, nous allons directement récupérer nos billets de bus à l’agence Larossa, que nous avons appelée depuis Tioman pour confirmer notre achat. Les billets sont là, nous payons. Service efficace et avec le sourire. Le trajet pour Kuantan coûtera 17 RM p. pers. Nous prenons notre repas à la jetée où il y a 2-3 restos avant de foncer à un ATM dans le centre de Mersing pour reprendre de l’argent. Le patron de l’agence Larossa nous amène avec son minibus à la gare routière, nouvelle et désormais hors de la ville. Nous sommes en avance ou notre bus est en retard. Cela nous laisse le temps d’aller au petit marché qui est derrière la gare routière. Produits locaux, légumes, fruits, volailles et poissons. Un vendeur me laisse prendre un petit requin pour faire une photo, pas de souci et toujours un grand sourire. Notre bus arrive. En fait, il passe par Cherating, pas besoin de changer à Kuantan, bonne nouvelle. Il me suffit de payer un petit supplément. Les chauffeurs se relaient après une pause repas sur le bord de la route. Ils sont prudents et conduisent parfaitement. Après quelques heures, il nous dépose sur la route nationale, à 500 mètres à pied du village de Cherating. Nous trouvons rapidement la Payung GH qui propose une dizaine de bungalows dans un joli jardin, tous avec douche et WC, ventilo et moustiquaire, très propre, pour 40 RM. Nous avions réservé par téléphone, deux d’entre eux seront pour nous. Personne n’est à la réception, pas grave, nous laissons nos sacs à dos sur place et partons pour la plage. Une énorme plage de sable. La marée est basse, nous pouvons marcher sur le sable dur, sous un ciel voilé et sans soleil. Nous faisons le tour de Cherating, petit village sans vraiment d’animation, avant de revenir à la GH prendre possession de nos chalets. Douche et lavage à fond. Une laverie est en face de la GH, nous y amenons notre linge sale : 3, 70 RM le kilo. Le soir, nous faisons une excursion sur la rivière qui passe derrière la GH. Ce tour est proposé à l’entrée de la Payung. Le but, observer les milliers de lucioles qui bordent le cours d’eau. Nous passons une heure en pleine obscurité, dans une petite barque. Les lucioles sont là, telles des guirlandes animées. Notre guide les attire avec une lampe rouge et elles viennent virevolter au-dessus de nos têtes, le spectacle est fantastique, des centaines de fées clochettes issues d’un conte de Disney. Le batelier doit connaître la rivière par cœur, car il n’a aucune lumière pour se guider dans le noir. Au retour, nous nous posons pour le repas du soir dans les gargottes en face de la Payung. Les Malaisiens mangent là, très peu de touristes, l’assurance d’avoir un bon repas. La literie est bonne, nous passerons une bonne nuit.
Jeudi 16 juillet 09
A notre lever, nous cherchons quelque chose d’ouvert pour le petit-dèj. Quasiment tout est fermé. Cherating donne l’impression d’un village abandonné, d’une époque touristique florissante désormais révolue, comme si les étrangers, pressés de rejoindre les Perenthians oubliaient de s’arrêter ici. Pourtant, Cherating a beaucoup à offrir à ses visiteurs. Une plage superbe et sure, une rivière avec une faune bien présente, un sanctuaire aux tortues accessible à pied. Nous trouvons finalement de quoi nous sustenter et nous partons à la plage où les vagues nous permettent de nous amuser. Aucun caillou, ni rocher, que du sable. L’eau est brassée par le courant et n’est donc pas transparente. Mais elle est claire. La marée est à nouveau descendante et on peut marcher un long bout dans l’eau. Même problème que ce matin pour le repas de midi. Tout semble fermé. Il nous faut faire le village à pied pour trouver un petit resto, sans carte, où nous mangeons ce qui est proposé. Nous connaissons la rivière de nuit, nous y retournons, mais de jour ! 2 heures de découverte de la faune locale en compagnie d’un guide sur sa barque. Oiseaux aux belles couleurs, lézards de belles tailles, serpents de la mangrove enroulés dans les arbres (belles couleurs, noir et jaune fluo, magnifique, mais inquiétant car très venimeux paraît-il) et même des loutres qui nous font le spectacle, sautant et nageant autour de notre embarcation. Le guide a l’œil, il voit des choses que nous n’apercevons pas. Retour pour prendre une douche et notre repas au Matahari. Hasard, le cuistot était notre guide tout à l’heure. Le poisson se choisit à l’entrée de la terrasse et se paie au poids (5 RM les 100 gr.). Il est ensuite cuit dans une feuille de banane et agrémenté de la sauce choisie. Délicieux. La fin de la soirée se fera au Payung Café, à écouter de l’excellente musique.
Vendredi 17 juillet 09
Ce matin, lever tôt pour Bibi, car je vais pêcher en mer avec 2 autres personnes, des Chinois de Hong-Kong. Nous passons plus de 4 heures en mer et finalement sur la rivière, sans une seule touche ! Pourtant, nous avons vu des poissons, mais voler à côté du bateau, à faire des bonds inouïs, comme pour nous narguer de venir tenter de les arracher au monde du silence. Des méduses aussi, de belles tailles, mais au large. Heureusement qu’elles ne s’approchent pas des plages, la baignade serait impossible. En fin de matinée, je rejoins les filles à la plage, ces dames font bronzette. Cet après-midi, nous irons au sanctuaire aux tortues qui se trouvent à côté du Club Med. Car oui, il y a un Club Med à Cherating. Enfin, pas dans le village même, mais à quelques centaines de mètres, 30 minutes à pied. D’ailleurs, on ne voit personne de ce repaire venir à Cherating, ce genre de touristes préférant sans doute se calfeutrer dans leur retraite bien occidentale. Il est vrai que les pêcheurs-restauteurs de Cherating sont sans doute bien moins lookés que ceux de l’établissement. Bref, en 30 minutes de marche nous voilà aux portes du sanctuaire. Et soudainement, un gigantesque sanglier sort des buissons à une vingtaine de mètres devant nous. Il nous regarde, grogne et tape son sabot sur le sol. Il est prêt à charger et nous ne faisons pas trop les malins. Un sanglier sauvage ! Et en pays musulman, il ne risque pas grand-chose, personne ne le mangera. Nous serons sauvés par une moto pétaradante qui passe à toute allure et qui fait fuir l’animal dans la forêt. La diversité de la faune est incroyable dans ce pays. Autant l’an dernier nous n’avions vu que très peu d’animaux, autant cette année les rencontres sont fréquentes. L’accès au sanctuaire est gratuit. Il y a là 3 bassins avec de magnifiques tortues dont la carapace ressemble à du bois. En demandant à un préposé, il nous amène à l’endroit où les nids sont protégés dans une sorte de serre grillagée. En regardant la date de ponte, il découvre un nid en creusant le sable et nous voyons de minuscules tortues âgées d’à peine 2 mois tenter de remonter la pente pour partir à l’aventure. Le garde recouvre rapidement le nid de sable empêchant toute fuite. Il nous apprend que les tortues viennent pondre sur la plage, mais que le sanctuaire récolte les œufs pour les mettre en sûreté dans la serre, à l’abri des prédateurs. Puis, les petites tortues sont relâchées dans la mer. Le guide nous propose de relâcher des tortues prêtes à affronter la mer. Bien sûr ! Nous partons sur la plage déserte et il nous amène alors un bac avec une cinquantaine de ces petites bêtes. Nous pouvons les prendre dans la main, les poser dans le sable et observer leur obstination à regagner la mer. Toutes ne survivront pas, mais chacune a réussi à partir dans les vagues. Grand moment. Nous aurons vu des tortues pondre sur une plage du Sultanat d’Oman et nous en aurons relâchées en Malaisie. Nous apprenons que l’on peut laisser l’adresse de la GH (et le No de son bungalow) et les responsables du sanctuaire peuvent venir vous réveiller la nuit si des tortues arrivent sur la plage pour pondre. La possibilité de faire un don est laissée à notre libre appréciation et nous ferons donc un geste pour cette noble cause. Retour à Cherating. Il fait chaud, la marche est pénible. Alors nous essayons le stop. Rapidement, un jeune qui passe par là nous embarque et nous amène avec le sourire dans notre village, nous faisant économiser 30 minutes de marche en bord de route. Nous préparons la suite de notre voyage et il y a dans le village une agence de voyage qui fait aussi cybercafé. Nous y achetons nos billets de bus pour Kota Bahru et profitons pour aller vérifier nos mails. Le repas du soir est pris au Matahari, vu la qualité des plats et de l’accueil. Encore une bien belle journée.
Samedi 18 juillet 09
Journée tranquille, qui débute vers midi, vu l’heure à laquelle nos filles se lèvent. Le propriétaire de notre GH propose de nous conduire à Kemaman, une ville à 20 km au nord. Cela tombe bien, il nous faut prendre de l’argent et il n’y a pas d’ATM à Cherating. Nous ne voyons aucun touriste sur place et nous prenons la direction du marché (le long de la rivière, après la gare routière) pour faire le plein de fruits (mangue, bananes, ramboutan, mangosteen, etc..). Nous trouvons aussi notre ATM et faisons le plein de fruits et d’argent. Notre prochaine étape sera les Perenthians et là-bas non plus, pas d’ATM. Les gens sont aimables et nous saluent facilement. Il faut dire que nous avons du succès avec nos filles jumelles. Apparemment, ici c’est un honneur particulier. Le patron de la GH ne nous a pas attendus, ce qui n’était d’ailleurs pas prévu. Pour rentrer, ce sera donc le bus local. Cela nous rappelle un peu les bus thaïs, vieux et poussifs. Nous montons dans le bus, nous sommes les seuls Occidentaux dans un véhicule bondé. Nous payons nos tickets à un vieux monsieur. Il reste quelques places à l’arrière et des gens nous font signe pour venir nous asseoir. Pas de ventilation, pas de climatisation, nous sommes en sueur. L’arrière du bus est plein de gosses qui rentrent de l’école. Les éclats de rire fusent, nous devons être l’objet de plaisanteries … Des « Hello » ou «How are you » aussi, premiers mots pour un premier contact. Pour descendre du bus, facile. Une sonnette que l’on actionne et le chauffeur stoppe. Pas d’arrêts fixes. Arrivés à Cherating, sur le haut du village sur la route nationale, nous utilisons la technique malaisienne et nous descendons avec des signes de main aux autres passagers. Nous regagnons la GH et commençons à nous gaver de nos fruits. Départ pour la plage, où la marée est à nouveau basse. De loin, nous voyons deux sortes de camping-car, le long des arbres. Nous partons voir. Un Allemand et un Suisse ! Ce dernier nous explique avoir mis son véhicule sur un cargo et il compte rentrer au pays … dans 2-3 ans, qui sait ! C’est un habitué des périples, son fourgon Mitsubishi a déjà traversé les Amériques, de l’Alaska à la Patagonie. Nous profitons des vagues, en même temps que pas mal de jeunes. La plupart des filles se baignent habillées et voilées, religion oblige. Et toujours cet excellent repas au Matahari, avec du poisson frais, cuisiné dans une feuille de banane et accompagné de sauce Sambal bien épicée. Nous aurons vraiment passé du bon temps ici. Nous ne pensions rester qu’une nuit, vive la flexibilité du routard.
Dimanche 19 juillet 09
Les réveils s’étalent sur la matinée. Nous prenons notre petit-dèj en face de la GH. 7 Canai (petites crêpes, pour lesquelles j’ai un faible, surtout celles au citron) et boissons (thé au lait sucré, jus d’orange frais) pour 7 RM. Puis, nous partons à la plage. Moins de vagues, mais par contre sans doute quelques méduses puisque qu’avec Nat, nous nous faisons piquer dans le dos. Sans gravité, juste une petite sensation de brûlure. On regarde dans l’eau , on ne voit rien. A midi, nous allons au Muda Café, directement sur la plage, petite cahutte tenue par un monsieur d’une soixantaine d’année qui fait quelques plats simples, telles que des nouilles ou du riz frit. C’est un personnage que nous avons là, toujours à rire. Il nous initie au bricolage en fabriquant des sauterelles et crevettes géantes à l’aide de feuilles de bananiers. Toute la famille s’y met et les filles démontrent une belle dextérité. Le temps est brumeux, voire couvert. Venteux sur la plage, chaud et humide dès le bord de la mer abandonné. Nous revenons à la GH vers les 16h30 pour ranger nos affaires, préparer nos sacs, récupérer une lessive. La soirée se déroulera au rythme de Cherating, tranquille. Repas dans un resto local, et pour finir un thé au Payung Café à écouter une radio Rock.
Lundi 20 juillet 09
Il fallait bien que cela m’arrive au moins une fois, grosse indigestion pendant la nuit. Une belle série de crampes intestinales, mais sans vomissement ni diarrhées. Le réveil est pénible vu le manque de sommeil et j’évite donc le petit-dèj pendant que les filles se gavent de Roti Canai. Il nous faut être à 08h30 sur la route nationale, 500 mètres plus haut, pour attraper notre bus. Vers 08h45, soit pile à l’heure, notre bus Transnacional arrive. Il suffit de faire signe pour qu’il s’arrête, mais apparemment le chauffeur savait qu’il devait embarquer des passagers à Cherating. Direction Jerteh, où nous descendrons pour aller ensuite à Kuala Besut, port d’embarquement pour les Perenthians. Tout a été organisé par téléphone avec Aziz, le propriétaire des Mama’s Chalets. Un taxi nous attendra à Jerteh, puis nous prendrons nos billets de bateau. 6 heures de route plus tard et d’une conduite irréprochable (avec une pause repas), nous arrivons à Jerteh. Le bus nous dépose sur la route principale, il nous faut marcher 10 minutes pour rejoindre la gare routière où notre taxi doit nous prendre en charge. 4 occidentaux qui marchent avec leurs sacs, on devrait nous reconnaître. Les chauffeurs de taxi nous sollicitent, mais sans agressivité et sourient lorsque nous déclinons l’invitation. Un homme s’approche, il porte une pancarte avec notre nom, c’est notre chauffeur. Il nous conduit à Kuala Besut (30 RM le trajet) et nous amène devant le Mama’s Holidays office où nous prenons nos tickets de bateau (35 RM le trajet p. pers., soit 70 RM A/R). Dans tous les guides, il est fait mention de bateau lent ou de ferry, mais ce type de transport ne doit plus exister. Nous avons le temps de prendre un petit repas avant le départ pour les îles. Nous discutons avec les 2 employées du bureau qui sont très sympathiques et qui veulent savoir beaucoup de choses, surtout nos âges. Voici le temps d’embarquer, nous nous rendons à la jetée. Comme pour Tioman, il faut s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour la conservation des fonds marins. Puis nous montons dans le bateau. Bateau ? En fait une grosse barque avec une bâche. Un panneau indique que l’embarcation est faite pour 12 personnes, nous sommes 18 à bord, les bagages en plus. Au port, la mer semblait bien calme, mais une fois la digue franchie, les flots sont légèrement agités. Plein gaz pilote. Apparemment, cela ne gêne pas le marin qui surfe plus qu’il ne navigue. Les sauts sont nombreux et vu que nous sommes à l’avant, on déguste. Rien de dangereux, mais cela tape fort parfois dans le dos ou la nuque. Les Perenthians sont rapidement en vue et il nous faut 40 minutes pour les atteindre. Après avoir déposé quelques passagers sur d’autres plage, nous voici devant le Mama’s et une barque plus petite vient nous chercher car il n’y a pas de ponton pour débarquer. Aziz nous accueille personnellement, je le remercie pour l’arrangement de notre transport jusqu’ici. Nos bungalows seront parfaits. Bon lit, douche et WC, ventilo, petite terrasse, classique. Ils sont dans un petit jardin et ne donne pas sur la mer. Ce sera 60 RM l’unité, alors que ceux qui sont au bord de l’eau ont la clim, mais sont à 180 RM ! Nous avions vraiment bien fait de réserver, car tout est plein et il y a même des gens qui arrivent avec leurs sacs à dos et qui doivent repartir en bateau faute de place. Petite déception quand même : il n’y a pas de plage devant le Mama’s. Juste une fine bande de sable, rapidement remplacée par du corail ou des rochers qui cisaillent les pieds. Avec la marée descendante, ces coraux sont même hors de l’eau. C’est la fin de l’après-midi, nous n’allons pas chercher une plage maintenant, alors nous trouvons un petit coin pour nous tremper tout de même. Ce soir, nos testerons le resto de notre emplacement, le … Mama’s ! Nous comprenons le pourquoi de ce nom. Apparemment, c’est la cheffe de famille qui règne en maître sur les lieux et le reste de la troupe a chacun son rôle, la caisse, le service, la réception. Les prix du resto sont corrects, mais tout de même plus chers que sur le continent. Normal. Il faut dire que l’authenticité malaise de Cherating a disparu. Il n’y a que des Occidentaux ici ou des Chinois, mais tous avec un porte-monnaie de touriste. Il faut nous réhabituer à voir autant de voyageurs. Il va nous falloir un jour, on verra demain. En sortant de notre bungalow, nous nous retrouvons nez à nez avec un beau varan, et dans l’arbre en face de notre terrasse, à moins de deux mètres, il y a de belles chauves-souris. La Malaisie est finalement bien présente.
Mardi 21 juillet 09
Le lever est tardif pour les filles, j’ai donc le temps de me prendre un léger petit-dèj avant de partir à pied en exploration pour les plages. Je file au sud, direction Abdul’s Chalet par le Jungle Trekk qui commence derrière le petit club de plongée. Après 15 minutes dans la forêt, il faut longer différent resorts, par la plage, et je trouve mon bonheur, après 25 minutes à pied environ. Les touristes s’entassent sur la portion de sable devant leurs chalets, mais en marchant un peu, tout au bout du chemin, il y a une plage de rêve, déserte, sable blanc et eau limpide. C’est LA plage. Et en plus, il y a un petit bistrot pour les boissons et un petit repas de midi. Courte baignade dans une eau transparente et je reviens sur mes pas, faire part de ma découverte. Je retrouve les filles en train de manger. Je vais vers Aziz pour louer masques et tuba (5 RM par jour et p.pers.) et une fois tout le monde prêt, départ. La marche n’est pas pénible et nous atteignons facilement mon petit coin de paradis. Il n’y a personne. Baignade, snorkelling dans les rochers qui bordent la plage. L’endroit est un véritable aquarium, les poissons sont nombreux, multicolores, n’ont pas peur de l’homme et viennent même si près que nous pouvons les effleurer. Nous testerons le petit resto pour un repas simple, du riz frit. Retour vers 18h00 pour une douche et se poser un peu après ces bains d’eau de mer et de soleil. L’endroit était idéal, mais pendant la marche du retour, nous avons à nouveau été confronté à ce tourisme de masse, qui passe sa journée sur une chaise longue, entassés sur un bout de plage. Pour cela Tioman et surtout Juara était bien différente, même si la clarté de l’eau et la blancheur du sable n’étaient pas comparables. En soirée, ce sera la rencontre avec la famille Foletti, dont Caroline est une inconditionnelle du site voyageforum.com. Cela fait de nombreux mois que nous correspondons par message interposé et le hasard a fait que cette année, nos dates et destinations de vacances coïncidaient ici. Bornéo pour eux, la péninsule pour nous, mais point commun, les Perenthians. Rencontre avec Jean-Paul, leurs enfants. Discussions, le verre de fin de soirée, l’amitié n’est plus virtuelle. Au moment de se coucher, un bel orage éclate. Il pleut très fort, les éclairs déchirent le ciel, le tonnerre est assourdissant.
Mercredi 22 juillet 09
Au lever, plus de pluie, mais un ciel brumeux et gris, comme souvent le matin. Il faut avouer que cela enlève un peu de magie aux paysages de ces îles. Le petit-dèj du Mama’s est bien moins cher et tout aussi correct ailleurs, c’est notre base culinaire. Nous prenons la direction de notre plage sauvage que nous faisons découvrir à Caro et ses enfants. Une bonne heure de snorkelling où nous admirons coraux, poissons, anémones (et ses petits némos qui se laissent chatouiller les flancs). Toujours aussi peu de monde, c’est incompréhensible, vu la beauté de la plage et des fonds marins. Un petit repas à la gargotte, puis vers le milieu de l’après-midi, nous prenons le chemin de la plage du Perenthians Island Resort, à l’inverse vers le Nord, après le Coral View. La plage est énorme, d’un sable blanc immaculé et l’eau d’une transparence exceptionnelle. Il y a un petit ponton à quelques dizaines de mètres du bord, d’où on aperçoit parfois des tortues. Par contre, pas trop de snorkelling ici, le fond est sableux et le bord vers les rochers n’est pas très intéressant. Fin de journée, douche pour tout le monde. Il faut se décider assez rapidement pour les restos, car les tables se remplissent vite. Vers 22h00 par contre, tout commence à fermer et nous sommes les derniers à table. La pluie recommence à tomber, non pas sous forme d’orage, mais fine et régulière.
Jeudi 23 juillet 09
Lever assez tard, comme d’habitude sur ces îles. Après un petit repas, retour vers notre plage préférée, nous ne nous en lassons pas, sans les filles qui dorment encore. Le ciel est bleu, dégagé. Nous rencontrons Caroline et une de ses amies. Nous partons snorkeller, vers un petit cap qui s’appelle Shark Point et où les bateaux qui font le tour de l’île s’arrêtent. Le paysage sous-marin est vivant, habité et splendide. Il y a des centaines de poissons et même des bancs de petits calamars. Et soudain, tout à la pointe, un requin de récif, suivi bientôt d’un deuxième. Un des deux doit bien faire 1m50, il est plus gros que ceux que j’avais vus l’an dernier à Koh Tao. Nous restons à les observer raser le fond. Ils sont parfois à moins de 3 mètres de nous, spectacle fascinant. Le petit moment d’appréhension passé, nous essayons de les suivre et admirons l’ondulation de leur queue. Après ce magnifique spectacle, petit repas au resto de la plage, nous sommes désormais des habitués. Je m’aperçois après avoir mangé que j’ai oublié mon porte-monnaie au Mama’s. Je suis bon pour me faire les 25 minutes de marche de retour. Dom m’attend, mais pour revenir ce sera un taxi-boat ! Pour la fin de la journée, nos regagnons l’autre plage qui s’apparente presque à une piscine géante. Les filles sont là, avec les enfants Foletti. Elles ont vu une tortue peu avant notre arrivée. Et même peut-être un requin. Le planning est rôdé, vers 18h30 douche pour tout le monde et une heure plus tard nous sommes installés à la terrasse du Mama’s, au bord de l’eau. Tout comme hier, la pluie s’est remise à tomber.
Vendredi 24 juillet 09
Un touriste m’ayant signalé une bande de singe dans les arbres qui bordent l’arrière du Mama’s, je m’y rends dès mon lever. Aucun animal en vue. J’apprendrai plus tard qu’une tribu de singes noirs, avec le contour des yeux blancs, faisaient les fous quasiment sur les terrasses des bungalows du Coral View. La famille Foletti les a même photographiés. Ce matin, snorkelling sur la plage du Perenthians Island Resort, rien de spécial, si ce n’est un gros baliste que nous n’avons pas pu approcher. Nous resterons sur cette plage toute la journée, avec juste un intermède pour le repas de la mi-journée. Mer translucide, sable fin, soleil, que demander de plus pour cette fin de périple. Ce soir, nous prenons une bière et le repas avec les Foletti au Paradise Restaurant, sur des petites tables directement au bord de l’eau. Le ciel est partiellement nuageux et offre de belles couleurs pour le coucher du soleil. On ne voit pas l’astre disparaître dans mer, car l’île d’en face fait écran. Néanmoins, le ciel prend des teintes rosées, puis orangées. Plus tard dans la soirée, le ciel se couvrira et un violent orage éclatera finalement en milieu de nuit.
Samedi 25 juillet 09
Quelques gouttes tombent encore à notre lever, le ciel est bien couvert. Nous repartons vers notre plage isolée dans le but de voir les requins. Nous nous rendons à la nage à Shark Point et malgré que nous restions presque une heure dans l’eau, aucun squale ne montre le bout de son aileron. Nous profitons de l’eau avant de changer de plage après le repas de midi. Journée baignade. Repas au Mama’s le soir et nous finissons au Paradise avec les Foletti, en achetant une bouteille de whisky malaisien (l’équivalent du Mékong thaï) que l’on mélangera avec du coca. C’est une des rares fois où nous aurons bu de l’alcool dans ce pays. Discussions, nous apprenons à nous connaître, invitations : rendez-vous est pris à Bordeaux !
Dimanche 26 juillet 09
Le départ approche, c’est notre dernier jour sur ces îles avant le retour sur l’Europe. Pas de baignade ce matin, mais lever tard, petit-dèj et remplissage des sacs. Notre bateau pour Kuala Besut est prévu à midi. Petite séance d’au revoir avec nos amis bordelais. Nous embarquons plus ou moins à l’heure avec une famille de Danois pour prendre la direction d’autres plages afin de remplir l’embarcation. Le bateau est plein, la mer est calme. Cela ne secoue pas trop, bien moins qu’à l’aller. Par contre, il pleut, une pluie fine et légère, qui fouette le visage avec la vitesse du bateau. Nous avions été serrer la main à tout l’aimable personnel du Mama’s et un des serveurs est même avec nous sur le bateau. A Kuala Besut, nous croisons un autre serveur au port, il avait pris un autre bateau. C’est celui qui était venu nous chercher le jour de notre arrivée avec une petite barque. Très souriant il avait souvent ouvert la discussion avec nous, et évidemment surtout avec nos filles… Il était vraiment sympa et sur le quai de Kuala Besut, nous procédons à un échange de t-shirt. Mon « Swiss » jaune et vert contre un maillot de foot de Barcelone !!! C’est Lauriane qui a insisté et cela se fait très naturellement, avec photo … Un taxi nous attend après la jetée, commandé par Aziz. L’organisation est parfaite. Il nous emmènera à Kota Bahru (70 RM le trajet) en une petite heure de route. Il nous dépose devant la KB GH où nous laisserons nos sacs en dépôt (2 RM le sac), le temps de visiter une partie de la ville. Il n’y a pas grand-chose à voir. L’ambiance nous fait penser un peu à une ville du Moyen-Orient. Il faut dire que Kota Bahru s’est autoproclamée « the Islamic City of Malaysia ». Mais attention, toujours dans l’esprit tolérant du pays, pas d’extrêmisme affiché. Les magasins de tissus sont nombreux, nous faisons un ou deux supermarchés. Il n’y a rien à acheter de spécial. Nous allons tout de même au centre culturel, près du stade de foot, où il y a quelques spectacles gratuits. Lorsque nous y sommes passés, c’était des percussions. Nous profitons d’envoyer nos derniers mails depuis un cybercafé. Il est bientôt l’heure de rejoindre l’aéroport pour notre vol Air Asia à destination de KL, vol réservé en mars dernier pour le prix de 10 Euros par personne… Devant la KB GH, il y a des gens qui racolent le touriste en se présentant comme taxi. Le gérant de la KB nous dit qu’on peut y aller les yeux fermés, donc nous acceptons la proposition d’un homme qui peut nous conduire à l’aéroport pour 20 RM, ce qui semble être le tarif local. Pas de borne de taxi, ni même d’inscription sur les portières, mais une voiture privée bien pourrie, visiblement bientôt au bout du rouleau. En 25 minutes, nous arrivons à l’aéroport sans encombre. Nous sommes un peu en avance. Nous avisons alors un petit resto local, pile en face de l’aéroport, il n’y a que la grande route à traverser. On s’y rend pour déguster nos dernières Roti Canai malaisiennes, avec des thés au lait sucré. Notre vol est à l’heure, l’avion est plein. Comme l’an dernier, Air Asia propose des Airbus visiblement neufs avec sièges en cuir. Une petite heure de vol bien tranquille, je devise durant le trajet avec mon voisin qui veut savoir ce que nous avons pensé de la Malaisie. Au moment d’atterrir, nous survolons KL et nous avons la chance de passer quasiment à la verticale des tours Petronas. Nous les aurons vraiment vues sous tous les angles ! Une fois à KL, nous arrivons au terminal des vols domestiques (LCCT) et même si les vols empruntent les mêmes pistes, le bâtiment des vols internationaux (KLIA) n’est pas le même. Dès la sortie, il y a une navette qui nous conduit au bon endroit (1.50 RM p. pers.), un bus vert avec le sigle KLIA sur le pare-brise. Une fois dans ce terminal, nous avons le temps, notre vol Qatarairways ne décolle qu’à 03h15 du matin. C’est le dernier à partir…comme si nous voulions profiter de chaque minute dans ce pays. Nous anticipons notre retour en Occident en mangeant au Kentucky Fried Chicken, seul établissement encore ouvert. Au moment d’embarquer, nous sommes assez peu dans la salle d’attente. Notre A 330 sera-t-il plein ? Oui, car il arrive de Bali et la plupart des sièges sont déjà occupés. Jusqu’à Doha, le vol sera cette fois tranquille et nous arrivons un peu en avance au Qatar. Quelques courses au Duty Free et nous embarquons vers Genève. Hormis quelques turbulences au-dessus d’Istanbul, notre vol est sans histoire. Nous posons à l’heure, c’est le retour à la maison.
Il nous faudra quelques jours pour prendre du recul et apprécier à sa juste valeur ce que la Malaisie nous a offert. La Thaïlande nous avait enchantés, mais cette année, notre enchantement est encore plus grand. Plus d’authenticité, peut-être de sincérité dans les rapports humains, une faune exceptionnelle, une fréquentation occidentale moins marquée. Oui, la Malaisie est une destination exceptionnelle pour les amoureux de ce type de périple et du continent asiatique. Comme pour tous nos voyages, nos têtes sont pleines de souvenirs, que la lecture de nos carnets de route ou la vision de nos photos nous rappellent avec délice.
Trouver une destination semblable au Vietnam?
bonjour à tous,
nous sommes allés au vietnam en 2002 et ns avons adoré : les gens🙂🙂🙂, les paysages🙂🙂🙂🙂, l'architecture🙂, l'artisanat🙂🙂. Depuis, ns avons fait le rajasthan et la chine du sud. Nous recherchons une destination qui ressemble au vietnam pour partir en décembre 09 ou février 2010 (j'aime bien potasser avt de partir). avez vs une destination qui ressemble au vietnam à me conseiller?
merci à tous
nous sommes allés au vietnam en 2002 et ns avons adoré : les gens🙂🙂🙂, les paysages🙂🙂🙂🙂, l'architecture🙂, l'artisanat🙂🙂. Depuis, ns avons fait le rajasthan et la chine du sud. Nous recherchons une destination qui ressemble au vietnam pour partir en décembre 09 ou février 2010 (j'aime bien potasser avt de partir). avez vs une destination qui ressemble au vietnam à me conseiller?
merci à tous
Asie du Sud-Est: essai comparatif avec 20 euros par jour?
Aller un post qui permettra je l’espère d’avoir une vision plus ou moins global du coût journalier de la vie d’un voyageur en ASE, type « budget » ou « backpacker ». L’objectif initial est de voir ce que l’on peut faire avec 20 € (28 US $) par jour dans ces différents pays…😉🤪
Bon, je n’ai pas tenu compte du transport d’une ville à une autre, que cela soit par car, minibus, train ou avions… le but étant d’estimer le cout d’une journée « sur place »…😛
Copiez le tableau, mettez-y vos données, corrigez si nécessaire, en espérant que cette étude comparative aidera les futurs voyageurs qui aiment « budgéter » leurs voyages :😊
désolé pour le VietNam, je n'ai pas de données perso (merci Abalone...😎)
[ AAARRRGHHH😠😠😠, on ne peut pas insérer un tableau, Bon, c'est dans l'ordre des pays😕] Thaïlande Cambodge Laos VietNam Chambre en GH (pas air-con) 10 € 5€ 4€ 😕 Les Repas (spicy) 4€ 5€ 4€ 😕 Boissons (hips) 5€ 3€ 3€ 😕 Bus local 0, 5€ 0, 5€ 😕 Musées 6€ 5€ 4€ 😕 Location de transat… 2€ Pas de mer ! 😕 mais le Mékong Total jour 27, 5€ 18, 5€ 15€
Le tout en tenant compte que ce ne sont que les dépenses courantes, journalières… les extras, restant les extras. Bien sur, à certains endroits on préférera louer un scooter (et son casque) pour ce déplacer (à koh chang) donc le budget change alors. Ou bien un super repas fruits de mer à 1000Thb à Samet…😛
[ AAARRRGHHH😠😠😠, on ne peut pas insérer un tableau, Bon, c'est dans l'ordre des pays😕] Thaïlande Cambodge Laos VietNam Chambre en GH (pas air-con) 10 € 5€ 4€ 😕 Les Repas (spicy) 4€ 5€ 4€ 😕 Boissons (hips) 5€ 3€ 3€ 😕 Bus local 0, 5€ 0, 5€ 😕 Musées 6€ 5€ 4€ 😕 Location de transat… 2€ Pas de mer ! 😕 mais le Mékong Total jour 27, 5€ 18, 5€ 15€
Le tout en tenant compte que ce ne sont que les dépenses courantes, journalières… les extras, restant les extras. Bien sur, à certains endroits on préférera louer un scooter (et son casque) pour ce déplacer (à koh chang) donc le budget change alors. Ou bien un super repas fruits de mer à 1000Thb à Samet…😛
Portraits d'Ouzbékistan
1. Un consul pas comme les autres
S'il est un voyage dont je rêvais depuis très longtemps, et que je n'avais eu de cesse de toujours remettre à plus tard, c'était bien celui-là. Ce rêve était encore plus ancien que mon attrait pour ma Chine, et ce dernier ne lui était d'ailleurs pas tellement étranger. Ca doit en fait remonter au superbe documentaire télévisé d'Haroun Tazieff "retour à Samarcande" qui doit dater du début des années 90. En m'intéressant à Samarcade, j'ai finalement été obligé de me documenter sur l'histoire de l'Asie Centrale, et, inévitablement, d'aborder celle des Mongols. C'est plus tard en visitant la biographie de Gengis Khan et l'histoire de son empire que j'ai été forcé de m'intéresser à la Chine et d'enfin de m'imprégner de ce milieu qui est aujourd'hui le mien. Il n'était donc que justice que je fasse physiquement le trajet inverse, et que de Chine, je rejoigne les villes mythiques de la jeune République d'Ouzbékistan.
La première étape fut de demander un visa ouzbèke. J'ai tout d'abord été étonné lorsque l'Ambassade de Pékin m'a donné un numéro de téléphone portable lorsque j'ai demandé comment joindre le consulat de Shanghai. J'ai appelé ledit numéro, et suis tombé sur un homme très accueillant qui m'a clairement expliqué les pièces à produire et la marche à suivre. Il m'a également suggéré de lui passer un coup de fil avant d'aller à son bureau, car il y est seul et est parfois en déplacement. Ce fut notamment un peu plus tard lorsque je l'ai appelé quannd il était en déplacement à Pékin. Lorsqu'il eut fini de me réexpliquer la marche à suivre à distance, il se laissa aller à un "merci de venir visiter notre pays", avec une voix émue qui traduisait autre chose qu'une simple formule de politesse. Charmante entrée en matière!
Je me suis rendu la semaine suivante à son bureau, situé dans une tour de bureau voisine du Bund et toute proche du consulat russe, et qui n'est en fait pas un consulat mais l'agence d'Ouzbekistan Airways qui a cessé d'opérer à Shanghai. La décoration n'a cependant pas changé, et le grand bureau vide et joliment décoré était toujours aux couleurs de la compagnie nationale. Tandis que j'entendais le consul s'entretenir en ouzbèke au téléphone, la secrétaire m'a invité à m'asseoir dans un confortable fauteuil d'où j'ai fauché quelques brochures touristiques et une carte du pays qui trainaient sur les étagères. Une fois sa conversation terminée, un grand gaillard au faciès centre-asiatique est venu m'accueillir et m'a fait rentrer dans la salle de réunion en me proposant du thé ou du café.
Il allait m'assister lors du remplissage du formulaire en commentant chaque case malgré la simplicité des questions posées. En fait il en profitait pour faire la conversation car, manifestment, il n'était pas débordé par son activité. Nous avons discuté un bon moment. Ca faisait un an qu'il était à Shanghai et c'est lui qui a ouvert ce bureau. La conversation était donc plutôt celle entre deux expatriés qu'entre un employé consulaire et un demandeur de visa. Puis nous avons discuté un petit moment des possibilités touristiques du pays, cartes et photos à l'appui, et c'est avec plaisir que j'ai répondu à ses questions sur la France.
En début de semaine suivante, sa secrétaire m'a téléphoné pour me dire que le visa était prêt et que je pouvais passer le prendre. Je suis donc retourné à son bureau le lendemain, et cette fois c'est en langue française que Monsieur le Consul est venu m'accueillir, en s'excusant du fait que je doive attendre une dizaine de minutes supplémentaires le temps qu'il prépare le visa et qu'il le colle sur mon passeport. Des excuses??? On croit rêver! Pendant ce temps-là, des ouzbeks déambulaient dans la salle d'accueil, en me saluant d'un geste de la main portée sur le coeur, à la manière des iraniens.
Le consul m'a finalement tendu mon passeport agrémenté d'un visa bleu et vert aux couleurs du pays, et en me demandant de lui téléphoner à mon retour d'Ouzbékistan pour que je lui raconte mon voyage!
Cette entrée en matière spectaculaire - tous les demandeurs de visa de par le monde savent à quel point l'arrogance et l'impolitesse du personnel consulaire de tous les postes diplomatiques de tous les pays peut atteindre des sommets - était un prélude au formidable accueil que ses compatriotes allaient me réserver un peu plus tard.
Quelques temps plus tard, j'ai reçu mes billets d'avion, et ai ressenti une émotion certaine en voyant le dernier arriver: Samarcande et mon nom figuraient dessus.
S'il est un voyage dont je rêvais depuis très longtemps, et que je n'avais eu de cesse de toujours remettre à plus tard, c'était bien celui-là. Ce rêve était encore plus ancien que mon attrait pour ma Chine, et ce dernier ne lui était d'ailleurs pas tellement étranger. Ca doit en fait remonter au superbe documentaire télévisé d'Haroun Tazieff "retour à Samarcande" qui doit dater du début des années 90. En m'intéressant à Samarcade, j'ai finalement été obligé de me documenter sur l'histoire de l'Asie Centrale, et, inévitablement, d'aborder celle des Mongols. C'est plus tard en visitant la biographie de Gengis Khan et l'histoire de son empire que j'ai été forcé de m'intéresser à la Chine et d'enfin de m'imprégner de ce milieu qui est aujourd'hui le mien. Il n'était donc que justice que je fasse physiquement le trajet inverse, et que de Chine, je rejoigne les villes mythiques de la jeune République d'Ouzbékistan.
La première étape fut de demander un visa ouzbèke. J'ai tout d'abord été étonné lorsque l'Ambassade de Pékin m'a donné un numéro de téléphone portable lorsque j'ai demandé comment joindre le consulat de Shanghai. J'ai appelé ledit numéro, et suis tombé sur un homme très accueillant qui m'a clairement expliqué les pièces à produire et la marche à suivre. Il m'a également suggéré de lui passer un coup de fil avant d'aller à son bureau, car il y est seul et est parfois en déplacement. Ce fut notamment un peu plus tard lorsque je l'ai appelé quannd il était en déplacement à Pékin. Lorsqu'il eut fini de me réexpliquer la marche à suivre à distance, il se laissa aller à un "merci de venir visiter notre pays", avec une voix émue qui traduisait autre chose qu'une simple formule de politesse. Charmante entrée en matière!
Je me suis rendu la semaine suivante à son bureau, situé dans une tour de bureau voisine du Bund et toute proche du consulat russe, et qui n'est en fait pas un consulat mais l'agence d'Ouzbekistan Airways qui a cessé d'opérer à Shanghai. La décoration n'a cependant pas changé, et le grand bureau vide et joliment décoré était toujours aux couleurs de la compagnie nationale. Tandis que j'entendais le consul s'entretenir en ouzbèke au téléphone, la secrétaire m'a invité à m'asseoir dans un confortable fauteuil d'où j'ai fauché quelques brochures touristiques et une carte du pays qui trainaient sur les étagères. Une fois sa conversation terminée, un grand gaillard au faciès centre-asiatique est venu m'accueillir et m'a fait rentrer dans la salle de réunion en me proposant du thé ou du café.
Il allait m'assister lors du remplissage du formulaire en commentant chaque case malgré la simplicité des questions posées. En fait il en profitait pour faire la conversation car, manifestment, il n'était pas débordé par son activité. Nous avons discuté un bon moment. Ca faisait un an qu'il était à Shanghai et c'est lui qui a ouvert ce bureau. La conversation était donc plutôt celle entre deux expatriés qu'entre un employé consulaire et un demandeur de visa. Puis nous avons discuté un petit moment des possibilités touristiques du pays, cartes et photos à l'appui, et c'est avec plaisir que j'ai répondu à ses questions sur la France.
En début de semaine suivante, sa secrétaire m'a téléphoné pour me dire que le visa était prêt et que je pouvais passer le prendre. Je suis donc retourné à son bureau le lendemain, et cette fois c'est en langue française que Monsieur le Consul est venu m'accueillir, en s'excusant du fait que je doive attendre une dizaine de minutes supplémentaires le temps qu'il prépare le visa et qu'il le colle sur mon passeport. Des excuses??? On croit rêver! Pendant ce temps-là, des ouzbeks déambulaient dans la salle d'accueil, en me saluant d'un geste de la main portée sur le coeur, à la manière des iraniens.
Le consul m'a finalement tendu mon passeport agrémenté d'un visa bleu et vert aux couleurs du pays, et en me demandant de lui téléphoner à mon retour d'Ouzbékistan pour que je lui raconte mon voyage!
Cette entrée en matière spectaculaire - tous les demandeurs de visa de par le monde savent à quel point l'arrogance et l'impolitesse du personnel consulaire de tous les postes diplomatiques de tous les pays peut atteindre des sommets - était un prélude au formidable accueil que ses compatriotes allaient me réserver un peu plus tard.
Quelques temps plus tard, j'ai reçu mes billets d'avion, et ai ressenti une émotion certaine en voyant le dernier arriver: Samarcande et mon nom figuraient dessus.
Le routard: une caricature?
je lis les messages de vf depuis quleques temps... c est super de voir autant de personnes curieuses, ouvertes et tolerantes..... je partage a 100 % la philosophie du voyage ''routard'' ... et oui ! je suis aussi une gentille voyageuse et pas une mechante touriste.... oui bon la, je caricature mais c est pour introduire ma reflexion !
ben oui, je trouve que toute cette fraicheur, cet enthousiasme pour la decouverte d autres cultures, d autres mentalites c est vraiment tres beau mais parfois ca m agace aussi..... je n aime pas les generalites et il ne s agit pas ici d en faire mais PARFOIS justement, je trouve certaines reflexions vraiment tres naives et tres caricaturales ! non la societe occidentale n est pas faite que de gens stresses, inhospitaliers, agressifs, qui ne revent plus etc.... et certains vfistes en sont la preuve ! ou alors ils se metamorphosent au moment ou ils franchissent la frontiere !?.........peut etre !!! ....un jour, en tunisie, je discutais avec un algerien qui trouvais que les occcidentaux se LIQUEFIAIENT quand ils etaient a l etranger.... j ai trouve ce mot extraordinairement vrai ! oui, nous nous liquefions, qu on soit ''touriste'' ou ''voyageur''.... on entre dans une espece de beatitude heureuse et on se met a aprrecier tout ce qu on voit y compris le chat errant malade tout pouilleux sur un mur en crete... la quete d authenticite nous fait perdre les pedales... arretons de tout trouver beau parce que c est ce qu on attend.... non les autochtones ne sont pas tous accueillants, gentils.... ''ils sont pauvres et sont tres genereux en meme temps, ce sont des gens si simples''.... c est pour moi des paroles terribles !!!!!! elles sont le comble du routard qui voit le monde a travers un voile de douces et naives utopies !!! pour en avoir rencontre, il existe des routards-touristes qui finissent par croire qu ils voient ce qu ils voulaient voir......... en quete de cliches, ils vont la ou ils veulent aller.... parce que ca fait tres bien de dire qu on a fabrique son djembe avec un rasta dans un 'tout petit village d afrique sans touristes... je sais pas mais moi ca me derange....
un voyage c est beau mais c est aussi tres triste.... alors il ne faut pas se liquefier et trouver que tout est extraordinaire par respect pour ceux qui vivent la-bas et qui pensent que c est nous, les occidentaux, qui avons une vie extraordinaire (-ment confortable).
voila, c est le danger qui guette le routard, trop heureux de partir, sur de voir des choses magnifiques, le sourire en toutes circonstances....
je veux garder les yeux ouverts sur ce que je vois... je veux rester lucide, je ne veux pas aller dans un pays pour dire apres que je l ai FAIT, je ne veux pas decorer mon appart avec pleins de choses exotiques, je ne veux pas trouver que les gens sont pittoresques, je n ai pas envie de prendre en photo les gens que je rencontre.... je veux les laisser la ou ils sont pour ne pas vouloir tout posseder... je veux laisser vivre le fosse qui existe entre eux et moi parce qu il est ineffacable et je ne veux pas jouer ni me deguiser en eux... c est comme ca qu on arrete de ''faire des rencontres'' pour se faire des vrais amis et s enrichir vraiment de l autre et pas de ce qu il represente.
bon bref, tout ca pour dire que je trouve ce forum tres interessant mais que parfois on decouvre sous des identites de voyageurs, de vrais touristes........
est ce que vous trouvez que j exagere ou bien partagez vous mon point de vue ?????
Les villes du sud au départ d'Atlanta
Atterrir à Atlanta est une expérience en soi. Non pas que les pistes y soient différentes d’ailleurs bien sûr, mais la taille de cet aéroport est juste incroyable. Les avions font la queue pour décoller (nous en avons compté une douzaine en attente pour une piste et il y a plusieurs pistes d’envol), les atterrissages ne sont espacés que de quelques secondes, des dizaines et peut-être même des centaines d’appareils sont reliés aux terminaux par une passerelle de débarquement.
Pour aller récupérer ses bagages, il faut prendre un train, pour aller au bâtiment des agences de location de voitures, il faut prendre un autre train. Incroyable. Cet aéroport est une ruche, sans sa reine, mais avec les multiples travailleuses. Heureusement, tout y est bien indiqué, tout y est finalement assez facile. C’est ainsi que nous trouvons aisément le comptoir de l’agence Dollar où nous avions réservé un véhicule via le net. Une fois les formalités remplies, nous allons au parking et plutôt que d’avoir un véhicule attribué, nous pouvons choisir celui que nous voulons dans la gamme payée. Et ce sera une Chevrolet Impala, une des dernières voitures US proposées aujourd’hui parmi les Nissan, Mitsubishi et Toyota …
Sortir du complexe de l’aéroport est également facile. Par contre, de nombreuses Interstate sillonnent la région d’Atlanta, il vaut mieux avoir un GPS ou son itinéraire printé via Google Maps par exemple.
Notre destination du jour, c’est Savannah, tout au sud de la Géorgie, accessible via les Interstate 75 et 16 en 5 heures environ. Petit arrêt lunch en route en sortant de l’autoroute et nous avançons pour arriver en ville vers la fin de l’après-midi. La traversée de la Géorgie est assez monotone, le paysage est plat et l’autoroute traverse soit des plaines, soit des forêts de pins, rien de vraiment spécial à admirer dans le paysage. L’Interstate 16 termine sa course directement dans le centre historique et notre GPS nous conduit facilement à travers les rues de la ville. Pas d’hôtel pour nous, mais un logement chez l’habitant via le site airbnb.com. Nous n’y avons vu que des avantages, un prix inférieur, une location en ville même, un contact privilégié avec notre hôte, des conseils particuliers sur les visites à faire dans les environs.
Nous serons accueillis chez Rick, dans le centre historique de Savannah. Une chambre particulière nous est destinée, avec cheminée, télévision et WiFi, et nous pouvons utiliser la cuisine à notre convenance. Il y a un supermarché un bloc plus loin où nous achetons le nécessaire à un petit-déjeuner complet pour demain matin. Un bon plan ce site.
Le temps est encore gris et couvert, mais malgré cela, nous pouvons déjà nous apercevoir que Savannah est une ville splendide. Les maisons coloniales se succèdent et les rues sont bordées d’arbres majestueux dont la mousse espagnole tombe des branches. De nombreux parcs parsèment la partie historique de la cité. Il est trop tard pour en faire le tour à pied ce soir. Nous irons uniquement manger dans un petit restaurant près d’un square avant de regagner notre chambre. Nous aurons le temps de visiter demain.
La première nuit en Géorgie a été fêtée par un feu d’artifice. Lumières et sons. En fait, éclairs et tonnerre. Un orage violent comme souvent dans les contrées du sud, qui a sans doute réveillé plus d’un habitant de Savannah. Au lever, le ciel est encore bien gris et la pluie n’a pas fini de tomber. Les orages n’ont pas encore cessé de traverser la région et du coup, nous sommes cloués à l’intérieur. Impossible de partir visiter la ville à pied, il pleut bien trop. Nous branchons la télévision sur la chaîne météo qui annonce la fin du passage de cette perturbation. En effet, en fin de matinée, la pluie disparaît, le ciel commence à s’éclaircir. Après la pluie vient le soleil, un dicton maintes fois vérifié.
La température est plus que clémente, un pull suffit et le t-shirt sera même de mise lorsque le soleil aura bien percé. Savannah est une ville qui se parcourt à pied. Maisons coloniales ou typiques du sud, rues parfois pavées et souvent bordées d’arbres dont la mousse espagnole peuple les branches, parcs et squares fleuris ornés de monuments (nous avons compté près de 25 squares), un bord de rivière parsemé de magasins et de restaurants, la ville ne manque pas d’atouts. Certaines maisons historiques se visitent, il y a également quelques musées dans le coin. Nous balader nonchalamment dans la ville suffit à notre bonheur immédiat, profiter du soleil et de la chaleur ambiante, de la beauté des lieux. Du City Market avec ses restaurants et ses galeries d’art, au splendide parc Forsythe, tout en passant par le bord de la rivière Savannah, nous sillonnons la ville, sans but précis, à l’intuition et souvent au hasard.
Pas mal de touristes empruntent les tours organisés en bus, lesquels passent par tous les lieux à voir. Chacun son style, mais la marche permet d’adapter son rythme, d’aller au gré de ses envies, de s’arrêter prendre un verre. A la fin de l’après-midi, nous sommes fourbus. Retour à notre chambre pour nous reposer un peu et prendre une douche. Rick a une petite cour intérieure de quelques mètres carrés où il fait bon se poser à l’ombre d’un oranger qui embaume l’endroit.
Pour le repas du soir, nous avions repéré une adresse dans le « grand Savannah », soit hors du quartier historique. Un restaurant dont les spécialités sont les plats traditionnels du sud, poulet frit, patate douce épicée (recette appelée Yams), haricots verts, crevettes ou encore côtelette de porc. Nous voilà donc partis pour le « Sisters of the new South» sur Skidaway Road. Les plats sont présentés aux clients derrière un comptoir et on peut donc choisir en toute connaissance de cause, soit à l’emporter, soit sur assiette pour manger dans la salle attenante. C’est la queue en ce dimanche soir et les Afro-Américains viennent se ravitailler, ce qui est plutôt bon signe sur la qualité des mets. La nourriture est excellente, le service est sympathique et parfait. Une excellente adresse à recommander !
Les Américains mangent tôt et il n’est vraiment pas l’heure de rentrer se coucher. Nous redescendons dans les environs du City Market, où un trio de jeunes jouent un très bon rock n’roll dans la rue. Un mini-concert gratuit, avec un panier dans lequel les spectateurs viennent verser leur contribution personnelle pour l’excellente musique jouée.
Retour à notre logement, une première journée dans le sud pleinement réussie. Savannah est une très belle petite ville provinciale, tranquille et peu bruyante. Une ville souvent à l’écart des circuits touristiques empruntés par les touristes européens qui se ruent sur New York ou sur les parcs de l’Ouest. Ici, c’est une autre Amérique, moins tape-à-l’œil, moins dynamique, ici c’est le sud !
Le lendemain, autre but d’excursion : Tybee Island, à une vingtaine de miles de Savannah, en bordure de l’Océan Atlantique. Le temps est passé au beau, mais la température a chuté avec le vent frais qui souffle. Plus question de t-shirt, mais plutôt d’une bonne veste ! Sur le chemin de l’île, il y a un lieu à visiter : le Bonaventure Cemetery. Un énorme lieu de repos éternel, sous les arbres et parmi les buissons fleuris. Certaines tombes datent du siècle passé et il paraît que quelques personnages célèbres en Géorgie y sont enterrés. Les monuments funéraires sont très différents les uns des autres, certaines sépultures sont toutes simples, alors que d’autres sont des caveaux. Evidemment, on peut s’étonner d’avoir un cimetière comme lieu de promenade, mais l’endroit est vraiment beau et bien sûr paisible. Les mousses espagnoles qui dégringolent des branches donnent une atmosphère particulière dans cet endroit, une atmosphère de circonstance.
Tybee Island est au bout de la route, un lieu de villégiature estival qui doit être surpeuplé au plus fort de l’été. Une grande plage de sable sur l’Atlantique, des appartements de vacances, quelques hôtels et de très belles maisons en bois, un endroit idéal pour une balade à vélo à travers les petites ruelles. Pas pour nous avec ce vent violent et la température assez fraîche. Néanmoins, parcourir l’île en voiture et à pied lors de nos arrêts est très agréable. C’est encore la basse saison et il y a peu de monde, tout est tranquille. Quelques ados en mal de bronzage s’essaient aux maillots de bains, mais ils ne sont pas assez courageux pour aller faire trempette. Marcher sur le sable dur de la plage est agréable et la présence d’un ponton qui avance sur les flots permet de faire quelques belles photos.
A l’entrée de l’île, sur la droite, il y a un ancien phare qui peut se visiter. Rien de transcendant toutefois, le voir de l’extérieur nous suffit. Le North Beach Grill and Bar, juste en face du phare, est un bon endroit pour le repas de midi, enfin un repas de 2 heures de l’après-midi. Un crab cake, une salade au saumon et un filet de cabillaud frit feront parfaitement l’affaire. Dernière petite balade au vent avant de retourner sur Savannah. Ce soir, nous testerons le Papa’s Seafood Restaurant sur Whitemarsh Island, à mi-chemin entre Savannah et Tybee.
Et demain, cap sur Charleston, la principale concurrente de Savannah pour le titre de la plus belle ville du sud.
Pour aller récupérer ses bagages, il faut prendre un train, pour aller au bâtiment des agences de location de voitures, il faut prendre un autre train. Incroyable. Cet aéroport est une ruche, sans sa reine, mais avec les multiples travailleuses. Heureusement, tout y est bien indiqué, tout y est finalement assez facile. C’est ainsi que nous trouvons aisément le comptoir de l’agence Dollar où nous avions réservé un véhicule via le net. Une fois les formalités remplies, nous allons au parking et plutôt que d’avoir un véhicule attribué, nous pouvons choisir celui que nous voulons dans la gamme payée. Et ce sera une Chevrolet Impala, une des dernières voitures US proposées aujourd’hui parmi les Nissan, Mitsubishi et Toyota …
Sortir du complexe de l’aéroport est également facile. Par contre, de nombreuses Interstate sillonnent la région d’Atlanta, il vaut mieux avoir un GPS ou son itinéraire printé via Google Maps par exemple.
Notre destination du jour, c’est Savannah, tout au sud de la Géorgie, accessible via les Interstate 75 et 16 en 5 heures environ. Petit arrêt lunch en route en sortant de l’autoroute et nous avançons pour arriver en ville vers la fin de l’après-midi. La traversée de la Géorgie est assez monotone, le paysage est plat et l’autoroute traverse soit des plaines, soit des forêts de pins, rien de vraiment spécial à admirer dans le paysage. L’Interstate 16 termine sa course directement dans le centre historique et notre GPS nous conduit facilement à travers les rues de la ville. Pas d’hôtel pour nous, mais un logement chez l’habitant via le site airbnb.com. Nous n’y avons vu que des avantages, un prix inférieur, une location en ville même, un contact privilégié avec notre hôte, des conseils particuliers sur les visites à faire dans les environs.
Nous serons accueillis chez Rick, dans le centre historique de Savannah. Une chambre particulière nous est destinée, avec cheminée, télévision et WiFi, et nous pouvons utiliser la cuisine à notre convenance. Il y a un supermarché un bloc plus loin où nous achetons le nécessaire à un petit-déjeuner complet pour demain matin. Un bon plan ce site.
Le temps est encore gris et couvert, mais malgré cela, nous pouvons déjà nous apercevoir que Savannah est une ville splendide. Les maisons coloniales se succèdent et les rues sont bordées d’arbres majestueux dont la mousse espagnole tombe des branches. De nombreux parcs parsèment la partie historique de la cité. Il est trop tard pour en faire le tour à pied ce soir. Nous irons uniquement manger dans un petit restaurant près d’un square avant de regagner notre chambre. Nous aurons le temps de visiter demain.
La première nuit en Géorgie a été fêtée par un feu d’artifice. Lumières et sons. En fait, éclairs et tonnerre. Un orage violent comme souvent dans les contrées du sud, qui a sans doute réveillé plus d’un habitant de Savannah. Au lever, le ciel est encore bien gris et la pluie n’a pas fini de tomber. Les orages n’ont pas encore cessé de traverser la région et du coup, nous sommes cloués à l’intérieur. Impossible de partir visiter la ville à pied, il pleut bien trop. Nous branchons la télévision sur la chaîne météo qui annonce la fin du passage de cette perturbation. En effet, en fin de matinée, la pluie disparaît, le ciel commence à s’éclaircir. Après la pluie vient le soleil, un dicton maintes fois vérifié.
La température est plus que clémente, un pull suffit et le t-shirt sera même de mise lorsque le soleil aura bien percé. Savannah est une ville qui se parcourt à pied. Maisons coloniales ou typiques du sud, rues parfois pavées et souvent bordées d’arbres dont la mousse espagnole peuple les branches, parcs et squares fleuris ornés de monuments (nous avons compté près de 25 squares), un bord de rivière parsemé de magasins et de restaurants, la ville ne manque pas d’atouts. Certaines maisons historiques se visitent, il y a également quelques musées dans le coin. Nous balader nonchalamment dans la ville suffit à notre bonheur immédiat, profiter du soleil et de la chaleur ambiante, de la beauté des lieux. Du City Market avec ses restaurants et ses galeries d’art, au splendide parc Forsythe, tout en passant par le bord de la rivière Savannah, nous sillonnons la ville, sans but précis, à l’intuition et souvent au hasard.
Pas mal de touristes empruntent les tours organisés en bus, lesquels passent par tous les lieux à voir. Chacun son style, mais la marche permet d’adapter son rythme, d’aller au gré de ses envies, de s’arrêter prendre un verre. A la fin de l’après-midi, nous sommes fourbus. Retour à notre chambre pour nous reposer un peu et prendre une douche. Rick a une petite cour intérieure de quelques mètres carrés où il fait bon se poser à l’ombre d’un oranger qui embaume l’endroit.
Pour le repas du soir, nous avions repéré une adresse dans le « grand Savannah », soit hors du quartier historique. Un restaurant dont les spécialités sont les plats traditionnels du sud, poulet frit, patate douce épicée (recette appelée Yams), haricots verts, crevettes ou encore côtelette de porc. Nous voilà donc partis pour le « Sisters of the new South» sur Skidaway Road. Les plats sont présentés aux clients derrière un comptoir et on peut donc choisir en toute connaissance de cause, soit à l’emporter, soit sur assiette pour manger dans la salle attenante. C’est la queue en ce dimanche soir et les Afro-Américains viennent se ravitailler, ce qui est plutôt bon signe sur la qualité des mets. La nourriture est excellente, le service est sympathique et parfait. Une excellente adresse à recommander !
Les Américains mangent tôt et il n’est vraiment pas l’heure de rentrer se coucher. Nous redescendons dans les environs du City Market, où un trio de jeunes jouent un très bon rock n’roll dans la rue. Un mini-concert gratuit, avec un panier dans lequel les spectateurs viennent verser leur contribution personnelle pour l’excellente musique jouée.
Retour à notre logement, une première journée dans le sud pleinement réussie. Savannah est une très belle petite ville provinciale, tranquille et peu bruyante. Une ville souvent à l’écart des circuits touristiques empruntés par les touristes européens qui se ruent sur New York ou sur les parcs de l’Ouest. Ici, c’est une autre Amérique, moins tape-à-l’œil, moins dynamique, ici c’est le sud !
Le lendemain, autre but d’excursion : Tybee Island, à une vingtaine de miles de Savannah, en bordure de l’Océan Atlantique. Le temps est passé au beau, mais la température a chuté avec le vent frais qui souffle. Plus question de t-shirt, mais plutôt d’une bonne veste ! Sur le chemin de l’île, il y a un lieu à visiter : le Bonaventure Cemetery. Un énorme lieu de repos éternel, sous les arbres et parmi les buissons fleuris. Certaines tombes datent du siècle passé et il paraît que quelques personnages célèbres en Géorgie y sont enterrés. Les monuments funéraires sont très différents les uns des autres, certaines sépultures sont toutes simples, alors que d’autres sont des caveaux. Evidemment, on peut s’étonner d’avoir un cimetière comme lieu de promenade, mais l’endroit est vraiment beau et bien sûr paisible. Les mousses espagnoles qui dégringolent des branches donnent une atmosphère particulière dans cet endroit, une atmosphère de circonstance.
Tybee Island est au bout de la route, un lieu de villégiature estival qui doit être surpeuplé au plus fort de l’été. Une grande plage de sable sur l’Atlantique, des appartements de vacances, quelques hôtels et de très belles maisons en bois, un endroit idéal pour une balade à vélo à travers les petites ruelles. Pas pour nous avec ce vent violent et la température assez fraîche. Néanmoins, parcourir l’île en voiture et à pied lors de nos arrêts est très agréable. C’est encore la basse saison et il y a peu de monde, tout est tranquille. Quelques ados en mal de bronzage s’essaient aux maillots de bains, mais ils ne sont pas assez courageux pour aller faire trempette. Marcher sur le sable dur de la plage est agréable et la présence d’un ponton qui avance sur les flots permet de faire quelques belles photos.
A l’entrée de l’île, sur la droite, il y a un ancien phare qui peut se visiter. Rien de transcendant toutefois, le voir de l’extérieur nous suffit. Le North Beach Grill and Bar, juste en face du phare, est un bon endroit pour le repas de midi, enfin un repas de 2 heures de l’après-midi. Un crab cake, une salade au saumon et un filet de cabillaud frit feront parfaitement l’affaire. Dernière petite balade au vent avant de retourner sur Savannah. Ce soir, nous testerons le Papa’s Seafood Restaurant sur Whitemarsh Island, à mi-chemin entre Savannah et Tybee.
Et demain, cap sur Charleston, la principale concurrente de Savannah pour le titre de la plus belle ville du sud.
Escapade japonaise à Shikoku, Kyushu, Yakushima et Tokyo
Bonjour à tous,
Ici, vous trouverez la suite de notre périple au début de l'automne au Japon, qui aura duré 5 semaines et demi en tout, de fin septembre 2019 à début novembre 2019.
La suite, eh oui, car il y a un premier carnet intituléA la découverte du Japon : de Tokyo à l’archipel des Ryukyu (okinawa). Pour ceux que cela intéresserait, je vous mets les liens : Dans cette première partie, se trouve le récit de notre voyage à :
Tokyo (1ére partie), Kyoto et à Miyakojima (okinawa).
J’avais entamé l’écriture de la seconde partie du voyage mais visiblement voyageforum a supprimé ce deuxième carnet portant le même titre + Partie 2 et je ne le découvre que maintenant car je n’avais pas écrit depuis quelques temps. Qu’à cela ne tienne, je redémarre un second carnet avec un nouveau titre afin de partager la suite de notre voyage.
Dans cette deuxième partie, vous trouverez les lieux suivants :
A Shikoku: Takamatsu, Kotohira, La vallée de l’Iya, , Tokushima et Naruto, L’île de Yakushima, A Kyushu : Kagoshima, Chiran, Ibusuki, Takachiho, et Kumamoto, Et pour finir Tokyo (2éme partie). et "la conclusion"
Ici, vous trouverez la suite de notre périple au début de l'automne au Japon, qui aura duré 5 semaines et demi en tout, de fin septembre 2019 à début novembre 2019.
La suite, eh oui, car il y a un premier carnet intituléA la découverte du Japon : de Tokyo à l’archipel des Ryukyu (okinawa). Pour ceux que cela intéresserait, je vous mets les liens : Dans cette première partie, se trouve le récit de notre voyage à :
Tokyo (1ére partie), Kyoto et à Miyakojima (okinawa).
J’avais entamé l’écriture de la seconde partie du voyage mais visiblement voyageforum a supprimé ce deuxième carnet portant le même titre + Partie 2 et je ne le découvre que maintenant car je n’avais pas écrit depuis quelques temps. Qu’à cela ne tienne, je redémarre un second carnet avec un nouveau titre afin de partager la suite de notre voyage.
Dans cette deuxième partie, vous trouverez les lieux suivants :
A Shikoku: Takamatsu, Kotohira, La vallée de l’Iya, , Tokushima et Naruto, L’île de Yakushima, A Kyushu : Kagoshima, Chiran, Ibusuki, Takachiho, et Kumamoto, Et pour finir Tokyo (2éme partie). et "la conclusion"
Carnet de Sierra Leone janvier 2020
Voici mes premieres infos d'un voyage que je viens de commencer depuis le 7 janvier
Contexte 72 ans au compteur avec des ossatures redressées par les chirurgiens Je pars seule avec les infos de Choucarde, Newyorp et Gabieri que je remercie au passage + la lecture du guide Bradt en anglais Mon itinéraire a été etabli en fonction de mes goûts : plutot la campagne que la ville, la visite des marches , tout ce que se rapporte à la nature puisque naturaliste de formation Et hebergement : matelas dur et salle de bain perso donc un certain confort
Billet achete Paris Bruxelles Freetown par Brussels Airlines : rien à dire Mais a Paris comme a Bruxelles j'ai du fournir le texte du " visa on arrival'' paru le 6 septembre....prévoyante le texte était archivé dans la tablette, Personne ne connaissait le texte et on m'a remercié. ...apparemment la première dans ce cas
Arrivee a Lungi l'aeroport de Freetown Le visa a été etabli sans pb pour 80 dollars ATM et bureau de change : un euro= 10300SL leones et découverte de la liasse de billets a trimbaler ....des cm d'épaisseur. ..des paquets de 5000 SLLeones Logement au Aiport Lodge: resa depuis la France avec booking.com mais payé directement au manager via ma banque sans frais ( Compte en GB ...avant le Brexit) Solution pour éviter d'arriver la nuit dans une ville inconnue . Differents moyens pour rallier Freetown distant d'une quarantaine de km via un estuaire Je choisis sur les conseils du manager de la lodge de prendre un vehicule qui m'emmenera directement au centre de Freetown( 50 dollars + 5000 SL Leones pour le prix d' une personne en ferry non VIP) duree totale presque 3 h dont 50 minutes de ferry et beaucoup d'embouteillage depuis le warf Kissay
Hebergement à Freetown au Sierra Leone International hotel au 27 Rawdon street ( Prix single 200 0000 SL leones ) Pas de moustiquaire pas de wifi la clim en soirée, mais Correct pas le vrai grand luxe Le quartier est celui d'un marché géant de rue ou les vehicules avancent cm par cm , Beaucoup de bruit par haut parleur le jour mais calme des 19h. Foule dense. J'ai pris le petit dej et les repas au J Royal Bakery de l'autre cote de la rue a 50m en montant.En étage. Une cuisinière aux petits oignons pour me cuire des légumes
Telephone : directement au magasin Africell Carte sim gratis et data 4G ( qui fonctionne uniquement a Freetown mais ailleurs c'est lent lent ou impossible ) Telephone en France : 2990 SL leones la minute ...on achete du crédit
Change : je n'aime pas changer au noir en ville....et une curiosite à la Banque Zenith dans meme rue il a été impossible de changer des euros , on appelle un gars qui change au noir dans la rue et la transaction s'effectue dans un recoin de la banque, a l'écart sous l'oeil d'un employe de la banque en gilet orange. ..je n'etais pas la seule dans ce cas Taux 1euro= 10700 SL leones mais pas de document qui prouve d'opération
Petite course en richshaw appele ici keke 2000 SL leones Musee national : 40000 SLLeones: des vieilleries coloniales, rien de spectaculaire Le musee est a proximite du Coton tree un kapokier tricentenaire au milieu de la circulation. Encore majestueux et en saidon sèche la seve est économisée et les branches superieures sont defeuillees National railway 50000SL leones assez loin et bien faire comprendre au richshaw le nom sinon il se perd ....et on a droit a une visite des quartiers les uns apres les autres...et la note s'allonge Discussion interessante avec les gardiens de ce musee sur les couts de la vie locale
Depart pour Kambia a Shell jonction Vers 6h du matin pas de lumière sauf les loupiotes des lampes electriques, c'est glauque et les possibilites de depart nombreuses. Indispensable de se faire accompagner pour etre cornake utilement On a choisit pour moi le mieux: une voiture de 5 personnes et j'ai paye les 2 places de devant pour poser mon opulente personne soit 90000 SL Leones Duree du voyage 2h30 et 3 secteurs d'autoroute a l'africaine payante Les chinois ( ils sont quasiment partout en Afrique) activent pelleteuses , nivelleuses et bulldozers pour compléter au nord cette autoroute. Cette voie de Freetown a Kambia se prolonge jusqu'a Conakry ...Les chinois ont planifié une transafricaine depuis Djibouti et cela fait sans doute parti de leurs projets. La configuration geographique de cet estuaire en ferait un port en eau profonde le 2 eme de l'Afrique de l'Ouest
Kambia: hebergement a l'Africana Village dans un jardin sous les eucalyptus et les euphorbes géantes : .250000 SL Leones en suite dans un bungalow Avec petit dej succint compris. Electricite par générateur de 19h a 7 h du matin Pas de wi fi et la 4G inerte. J'ai paye le mot de passe 10000 SL leones la demi heure a l'Alfat internet cafe Tres bon accueil des proprios Olive et Ibraim secondés par Salaam J'ai diner la le soir mais j'ai achete mes bouteilles d'eau a la succursale de Total appelée Bonjour; vente de toutes boissons tres fraîches et même des pommes ( 6000 Slleones l'unite) Il m'a ete conseille de toujours etre accompagnée par quelqu'un pour favoriser le contact en creole appele le krio et pour demander la permission de prendre des photos rarement refusée. Ce quelqu'un a ete un chauffeur de moto Abdoula Donc taxi moto pour les villages a Massama ou on fabrique des nattes A Mambolo a 1h de moto il n'y a plus qu'un potier Et market day a Bamoi très très anime , recommande vue la foule de faire attention a ces affaires Il faut donc payer la course et rajouter a la louche l'equivalent de un dollar l'heure et arrondir
Pour l'instant accueil ++++ et on se met souvent en 4 pour me satisfaire. Je paie les efforts par des pourboires quand on me porte ma valise par exemple ou j'en donne aussi a la cuisiniere si le plat convient a ma demande
Il est tard je jouis a Makeni d'une confortable wifi au M J Hotel la où etait passe Beckham Je continuerais un autre jour si la wi fi se presente aussi bien
Carassou
Contexte 72 ans au compteur avec des ossatures redressées par les chirurgiens Je pars seule avec les infos de Choucarde, Newyorp et Gabieri que je remercie au passage + la lecture du guide Bradt en anglais Mon itinéraire a été etabli en fonction de mes goûts : plutot la campagne que la ville, la visite des marches , tout ce que se rapporte à la nature puisque naturaliste de formation Et hebergement : matelas dur et salle de bain perso donc un certain confort
Billet achete Paris Bruxelles Freetown par Brussels Airlines : rien à dire Mais a Paris comme a Bruxelles j'ai du fournir le texte du " visa on arrival'' paru le 6 septembre....prévoyante le texte était archivé dans la tablette, Personne ne connaissait le texte et on m'a remercié. ...apparemment la première dans ce cas
Arrivee a Lungi l'aeroport de Freetown Le visa a été etabli sans pb pour 80 dollars ATM et bureau de change : un euro= 10300SL leones et découverte de la liasse de billets a trimbaler ....des cm d'épaisseur. ..des paquets de 5000 SLLeones Logement au Aiport Lodge: resa depuis la France avec booking.com mais payé directement au manager via ma banque sans frais ( Compte en GB ...avant le Brexit) Solution pour éviter d'arriver la nuit dans une ville inconnue . Differents moyens pour rallier Freetown distant d'une quarantaine de km via un estuaire Je choisis sur les conseils du manager de la lodge de prendre un vehicule qui m'emmenera directement au centre de Freetown( 50 dollars + 5000 SL Leones pour le prix d' une personne en ferry non VIP) duree totale presque 3 h dont 50 minutes de ferry et beaucoup d'embouteillage depuis le warf Kissay
Hebergement à Freetown au Sierra Leone International hotel au 27 Rawdon street ( Prix single 200 0000 SL leones ) Pas de moustiquaire pas de wifi la clim en soirée, mais Correct pas le vrai grand luxe Le quartier est celui d'un marché géant de rue ou les vehicules avancent cm par cm , Beaucoup de bruit par haut parleur le jour mais calme des 19h. Foule dense. J'ai pris le petit dej et les repas au J Royal Bakery de l'autre cote de la rue a 50m en montant.En étage. Une cuisinière aux petits oignons pour me cuire des légumes
Telephone : directement au magasin Africell Carte sim gratis et data 4G ( qui fonctionne uniquement a Freetown mais ailleurs c'est lent lent ou impossible ) Telephone en France : 2990 SL leones la minute ...on achete du crédit
Change : je n'aime pas changer au noir en ville....et une curiosite à la Banque Zenith dans meme rue il a été impossible de changer des euros , on appelle un gars qui change au noir dans la rue et la transaction s'effectue dans un recoin de la banque, a l'écart sous l'oeil d'un employe de la banque en gilet orange. ..je n'etais pas la seule dans ce cas Taux 1euro= 10700 SL leones mais pas de document qui prouve d'opération
Petite course en richshaw appele ici keke 2000 SL leones Musee national : 40000 SLLeones: des vieilleries coloniales, rien de spectaculaire Le musee est a proximite du Coton tree un kapokier tricentenaire au milieu de la circulation. Encore majestueux et en saidon sèche la seve est économisée et les branches superieures sont defeuillees National railway 50000SL leones assez loin et bien faire comprendre au richshaw le nom sinon il se perd ....et on a droit a une visite des quartiers les uns apres les autres...et la note s'allonge Discussion interessante avec les gardiens de ce musee sur les couts de la vie locale
Depart pour Kambia a Shell jonction Vers 6h du matin pas de lumière sauf les loupiotes des lampes electriques, c'est glauque et les possibilites de depart nombreuses. Indispensable de se faire accompagner pour etre cornake utilement On a choisit pour moi le mieux: une voiture de 5 personnes et j'ai paye les 2 places de devant pour poser mon opulente personne soit 90000 SL Leones Duree du voyage 2h30 et 3 secteurs d'autoroute a l'africaine payante Les chinois ( ils sont quasiment partout en Afrique) activent pelleteuses , nivelleuses et bulldozers pour compléter au nord cette autoroute. Cette voie de Freetown a Kambia se prolonge jusqu'a Conakry ...Les chinois ont planifié une transafricaine depuis Djibouti et cela fait sans doute parti de leurs projets. La configuration geographique de cet estuaire en ferait un port en eau profonde le 2 eme de l'Afrique de l'Ouest
Kambia: hebergement a l'Africana Village dans un jardin sous les eucalyptus et les euphorbes géantes : .250000 SL Leones en suite dans un bungalow Avec petit dej succint compris. Electricite par générateur de 19h a 7 h du matin Pas de wi fi et la 4G inerte. J'ai paye le mot de passe 10000 SL leones la demi heure a l'Alfat internet cafe Tres bon accueil des proprios Olive et Ibraim secondés par Salaam J'ai diner la le soir mais j'ai achete mes bouteilles d'eau a la succursale de Total appelée Bonjour; vente de toutes boissons tres fraîches et même des pommes ( 6000 Slleones l'unite) Il m'a ete conseille de toujours etre accompagnée par quelqu'un pour favoriser le contact en creole appele le krio et pour demander la permission de prendre des photos rarement refusée. Ce quelqu'un a ete un chauffeur de moto Abdoula Donc taxi moto pour les villages a Massama ou on fabrique des nattes A Mambolo a 1h de moto il n'y a plus qu'un potier Et market day a Bamoi très très anime , recommande vue la foule de faire attention a ces affaires Il faut donc payer la course et rajouter a la louche l'equivalent de un dollar l'heure et arrondir
Pour l'instant accueil ++++ et on se met souvent en 4 pour me satisfaire. Je paie les efforts par des pourboires quand on me porte ma valise par exemple ou j'en donne aussi a la cuisiniere si le plat convient a ma demande
Il est tard je jouis a Makeni d'une confortable wifi au M J Hotel la où etait passe Beckham Je continuerais un autre jour si la wi fi se presente aussi bien
Carassou
Récit de 3 semaines en Nouvelle-Calédonie
Bonjour,
Voici mon récit après 3 semaines (et 2 jours) en Nouvelle-Calédonie du 18/10 au 14/11/18. Je m'excuse par avance des fautes d’orthographe. Je continuerai la rédaction petit à petit. C'est parti !
Prix total du voyage (3900€ environ dont 1500€ pour le billet Etihad, et en comptant les cadeaux 400€ environ) Départ CDG : Arrivé à l'enregistrement on me demande le visa (que je n'ai pas bien entendu) car je reste plus de 8h en transit sur le territoire australien, puis il me dit qu'il peut le faire en express moyennant 43€... Forcément pris de panique je paie (mais c'est gratuit à la base). Bref finalement après cet épisode, je décolle pour Abu Dhabi, environ 6h30 de vol, A380 avec Etihad, avion qu'on ne présente plus, vraiment le meilleur des avions... Compagnie pas mal, mais finalement sans plus comparé à Emirates... Pour l'aéroport, rien de spécial, du grand classique, duty-free et tout le blabla. Je n'ai eu "que" 2h d'escale, puis départ pour Melbourne, 13/14h de vol environ. B787 bien plus étroit que l'A380. Rien de spécial à raconter ici.
On reconnait l'aile incurvé des avions nouvelle gén'
Melbourne et ses 9h d'escales ... horrible, arrivé à 5h du matin sous la pluie, donc autant dire pas la motivation de sortir "visiter" la ville, puis fatigué du voyage, j'ai bien tenté de dormir mais rien n'y a fait. On tourne en rond, on visite les mêmes duty-free encore et encore, petit déj chez Burger King, déj chez Burger King... Il est 14h30 enfin ! dernier vol de 3h30 pour Nouméa.. la fin du supplice approche. Arrivé à Nouméa, je suis le premier à sortir, le mec de la douane check rapidement mes bagages (surtout les bouteilles d'alcools pour le cousin sur place). Pour finir j’arrive en Nouvelle-Calédonie ... le cousin me prépare un bon repas à base de poisson frais (je ne saurais quel poisson), un vrai régal. Mais à partir de 22h je commence à piquer du nez à table (j'ai réussi à dormir environ 2h sur le dernier vol ce qui m'a permis de tenir un peu).
1er jour : réveil vers 6h à cause du jetlag, tout le monde se réveil vers 8h30/9h. Petite journée tranquille à boire de la bière au Bout du monde et à visiter un peu Nouméa. Le soir énorme langouste porcelaine de +5KG.

2ème jour : réveil 6h30 encore à cause du jetlag. J'ai mon avion à 10h pour Ouvéa. Mon cousin vit à 5min de Magenta. Il me dépose 30min avant le départ. Je retire un peu de cash (20.000) mais la CB atteint vite le plafond (yo no se??). J'avais 200€ en cash sur moi également au cas où. Durant le vol, une vue absolument incroyable sur les 25km de plage !


A l'aérodrome d'Ouvéa, je vois la voiture du camping Chez Dydyce. Je monte dedans, j'arrive au camping, j'installe ma tente sous un arbre et départ pour la plage (12h environ).
Je conseille vraiment cette tente, mieux qu'une 2 secondes à mon sens...
La plage ... que dire ... rarement vue une plage pareil (pourtant j'en ai faites plusieurs dans ma vie). 25km de plage "entièrement" vide ... l'île porte bien son nom (l’île la plus proche du paradis) !
Attention à pas déranger ses voisins ... !
Vers 14h auto-stop pour le pont de Mouli. Cet endroit est époustouflant (pour éviter la répétition). Une plage de part et d'autre séparée par un pont. Ça tombe profond rapidement d'où le dégradé de couleurs. Pleins de poissons, requins, raies en veux-tu en voilà ... Pour info j'y étais pendant leur période d'accouplement des raies, du coup on les voyait sauter (je ne savais pas que ça sautait).
Pluie vers 15h30 qui sonne le glas de la journée ! retour au camping en stop, direction la douche puis l'épicerie de la station essence : attention les prix sont à la hauteur de la beauté de l'île. Pour info, un paquet de pâte premier prix de chez premier prix, sauce Buittoni, une conserve de thon/mayo, une bière, un paquet de chips, et une barre chocolaté > 23€ Vous êtes prévenus !

3ème jour : falaise de Lékiny avec un guide du camping du même nom ... comme partout en NC, une arnaque déguisé ... compté 20€ pour un truc que vous pouvez faire vous-même. Néanmoins c'est quand même assez beau, on se balade sur un zone protégée. Le reste de la journée a été passé au pont de Mouli. Le « guide » est là surtout pour contrôler la baignade à la fin de la visite. Journée super ensoleillée.


4ème jour : location de scooter (35€)...
..Et direction le nord pour visiter plusieurs trucs : la plage de Tibériade, le trou "Bleu", le restaurant "Soleil Levant" (très bon et pas très cher 15/20€ pour plat dessert), passage devant le Mémorial d'Ouvéa :’( puis retour à la pointe sud de l'île comme un taré pour aller nager au niveau du platier et de la balise. Malheureusement pour moi le temps n'a pas été au RDV ce jour-ci et j'ai eu du ciel gris + pluie quasi toute la journée.
Du thazard, donc pas de risque de gratte !
5ème jour : je me lève tôt et j'en profite pour matraquer de photo le sud de l'île au niveau du pont une dernière fois. Départ pour Lifou avec Air Loyauté à 11h30 !



Arrivé sur l'île une demi-heure plus tard, location de voiture à la sortie de l'aéroport chez Auto Pro. Petite 107 toute neuve pour une moyenne de 45/50€ par jour environ. Je conseille vivement de louer une voiture sur cette île. Elle est très grande (taille de la Martinique pour info). Visite de Kiki Beach (Xenephe, prononcez Rénépé), on doit (encore) payer 500 XPF (1€ = 120 XPF) pour traverser un jardin : Compter une bonne demi-heure de marche à travers la forêt/jungle. Vaut mieux avoir de bonnes chaussures. Je n’avais pas pris mes baskets, à la place je portais des « crocs » made in Lidl ou du genre, et bien usée. Je n’en pouvais plus, j’avais trop trop mal aux pieds. La roche est en fait du corail, donc bien tranchante... Et là WOOOOOOOOOAW, la vue est à couper le souffle !
Pour information je crois qu'à cause de la marée mieux vaut y aller l'après-midi, sinon la """plage""" est submergée parait-il ...
On descend par la petite échelle et on arrive sur une première """plage""", puis il y en a une seconde encore plus petite. Je suis resté sur cette plage fantastique pour le reste de la journée. Vers 16h retour à la voiture, puis passage au Corail (sorte de Monoprix) ou on trouve de tout "globalement" (sans être trop difficile hein). Puis direction le camping Hukukepe à l'autre bout de l'île (presque tout au sud), presque une bonne heure de route finalement. Camping sympa, peu fréquenté avec une vue totalement folllllllle sur la plage de Luengoni.
Le camping est à 1h de route d'à peu près tout ... mais le décor en vaut la peine...
Petit coin cuisine avec pas mal d'ustensiles, frigo ect ... WC ok mais à nettoyer soit même. Et ho, douche eau chaude (tiède). Propreté de la douche : moyen mais on s'en fou. Il y a une petite famille Belge adorable. Tous le séjour nous avons mangé et échangé sur nos journées le soir tous ensemble. Lui avait son frère sur place en NC, il était déjà venu et connaissait bien Lifou.
Voici mon récit après 3 semaines (et 2 jours) en Nouvelle-Calédonie du 18/10 au 14/11/18. Je m'excuse par avance des fautes d’orthographe. Je continuerai la rédaction petit à petit. C'est parti !
Prix total du voyage (3900€ environ dont 1500€ pour le billet Etihad, et en comptant les cadeaux 400€ environ) Départ CDG : Arrivé à l'enregistrement on me demande le visa (que je n'ai pas bien entendu) car je reste plus de 8h en transit sur le territoire australien, puis il me dit qu'il peut le faire en express moyennant 43€... Forcément pris de panique je paie (mais c'est gratuit à la base). Bref finalement après cet épisode, je décolle pour Abu Dhabi, environ 6h30 de vol, A380 avec Etihad, avion qu'on ne présente plus, vraiment le meilleur des avions... Compagnie pas mal, mais finalement sans plus comparé à Emirates... Pour l'aéroport, rien de spécial, du grand classique, duty-free et tout le blabla. Je n'ai eu "que" 2h d'escale, puis départ pour Melbourne, 13/14h de vol environ. B787 bien plus étroit que l'A380. Rien de spécial à raconter ici.
On reconnait l'aile incurvé des avions nouvelle gén'Melbourne et ses 9h d'escales ... horrible, arrivé à 5h du matin sous la pluie, donc autant dire pas la motivation de sortir "visiter" la ville, puis fatigué du voyage, j'ai bien tenté de dormir mais rien n'y a fait. On tourne en rond, on visite les mêmes duty-free encore et encore, petit déj chez Burger King, déj chez Burger King... Il est 14h30 enfin ! dernier vol de 3h30 pour Nouméa.. la fin du supplice approche. Arrivé à Nouméa, je suis le premier à sortir, le mec de la douane check rapidement mes bagages (surtout les bouteilles d'alcools pour le cousin sur place). Pour finir j’arrive en Nouvelle-Calédonie ... le cousin me prépare un bon repas à base de poisson frais (je ne saurais quel poisson), un vrai régal. Mais à partir de 22h je commence à piquer du nez à table (j'ai réussi à dormir environ 2h sur le dernier vol ce qui m'a permis de tenir un peu).
1er jour : réveil vers 6h à cause du jetlag, tout le monde se réveil vers 8h30/9h. Petite journée tranquille à boire de la bière au Bout du monde et à visiter un peu Nouméa. Le soir énorme langouste porcelaine de +5KG.

2ème jour : réveil 6h30 encore à cause du jetlag. J'ai mon avion à 10h pour Ouvéa. Mon cousin vit à 5min de Magenta. Il me dépose 30min avant le départ. Je retire un peu de cash (20.000) mais la CB atteint vite le plafond (yo no se??). J'avais 200€ en cash sur moi également au cas où. Durant le vol, une vue absolument incroyable sur les 25km de plage !


A l'aérodrome d'Ouvéa, je vois la voiture du camping Chez Dydyce. Je monte dedans, j'arrive au camping, j'installe ma tente sous un arbre et départ pour la plage (12h environ).
Je conseille vraiment cette tente, mieux qu'une 2 secondes à mon sens...La plage ... que dire ... rarement vue une plage pareil (pourtant j'en ai faites plusieurs dans ma vie). 25km de plage "entièrement" vide ... l'île porte bien son nom (l’île la plus proche du paradis) !
Attention à pas déranger ses voisins ... !Vers 14h auto-stop pour le pont de Mouli. Cet endroit est époustouflant (pour éviter la répétition). Une plage de part et d'autre séparée par un pont. Ça tombe profond rapidement d'où le dégradé de couleurs. Pleins de poissons, requins, raies en veux-tu en voilà ... Pour info j'y étais pendant leur période d'accouplement des raies, du coup on les voyait sauter (je ne savais pas que ça sautait).
Pluie vers 15h30 qui sonne le glas de la journée ! retour au camping en stop, direction la douche puis l'épicerie de la station essence : attention les prix sont à la hauteur de la beauté de l'île. Pour info, un paquet de pâte premier prix de chez premier prix, sauce Buittoni, une conserve de thon/mayo, une bière, un paquet de chips, et une barre chocolaté > 23€ Vous êtes prévenus !

3ème jour : falaise de Lékiny avec un guide du camping du même nom ... comme partout en NC, une arnaque déguisé ... compté 20€ pour un truc que vous pouvez faire vous-même. Néanmoins c'est quand même assez beau, on se balade sur un zone protégée. Le reste de la journée a été passé au pont de Mouli. Le « guide » est là surtout pour contrôler la baignade à la fin de la visite. Journée super ensoleillée.


4ème jour : location de scooter (35€)...
..Et direction le nord pour visiter plusieurs trucs : la plage de Tibériade, le trou "Bleu", le restaurant "Soleil Levant" (très bon et pas très cher 15/20€ pour plat dessert), passage devant le Mémorial d'Ouvéa :’( puis retour à la pointe sud de l'île comme un taré pour aller nager au niveau du platier et de la balise. Malheureusement pour moi le temps n'a pas été au RDV ce jour-ci et j'ai eu du ciel gris + pluie quasi toute la journée.
Du thazard, donc pas de risque de gratte !5ème jour : je me lève tôt et j'en profite pour matraquer de photo le sud de l'île au niveau du pont une dernière fois. Départ pour Lifou avec Air Loyauté à 11h30 !



Arrivé sur l'île une demi-heure plus tard, location de voiture à la sortie de l'aéroport chez Auto Pro. Petite 107 toute neuve pour une moyenne de 45/50€ par jour environ. Je conseille vivement de louer une voiture sur cette île. Elle est très grande (taille de la Martinique pour info). Visite de Kiki Beach (Xenephe, prononcez Rénépé), on doit (encore) payer 500 XPF (1€ = 120 XPF) pour traverser un jardin : Compter une bonne demi-heure de marche à travers la forêt/jungle. Vaut mieux avoir de bonnes chaussures. Je n’avais pas pris mes baskets, à la place je portais des « crocs » made in Lidl ou du genre, et bien usée. Je n’en pouvais plus, j’avais trop trop mal aux pieds. La roche est en fait du corail, donc bien tranchante... Et là WOOOOOOOOOAW, la vue est à couper le souffle !
Pour information je crois qu'à cause de la marée mieux vaut y aller l'après-midi, sinon la """plage""" est submergée parait-il ...On descend par la petite échelle et on arrive sur une première """plage""", puis il y en a une seconde encore plus petite. Je suis resté sur cette plage fantastique pour le reste de la journée. Vers 16h retour à la voiture, puis passage au Corail (sorte de Monoprix) ou on trouve de tout "globalement" (sans être trop difficile hein). Puis direction le camping Hukukepe à l'autre bout de l'île (presque tout au sud), presque une bonne heure de route finalement. Camping sympa, peu fréquenté avec une vue totalement folllllllle sur la plage de Luengoni.
Le camping est à 1h de route d'à peu près tout ... mais le décor en vaut la peine...
Petit coin cuisine avec pas mal d'ustensiles, frigo ect ... WC ok mais à nettoyer soit même. Et ho, douche eau chaude (tiède). Propreté de la douche : moyen mais on s'en fou. Il y a une petite famille Belge adorable. Tous le séjour nous avons mangé et échangé sur nos journées le soir tous ensemble. Lui avait son frère sur place en NC, il était déjà venu et connaissait bien Lifou.Cimetières
Ciao a tutti.e (tentative d'écriture inclusive adaptée à l'italien 😎)
Un tel sujet n'a semble-t-il pas été abordé dans la rubrique "bavardages et chamailleries".
Il est venu comme cela... "ma copine est partie en voyage sans moi", un glissement en bas de page et j'ai appris que Page2008, que je ne connaissais pas, était elle aussi partie, définitivement. De là je suis passée un instant déposer une pensée affectueuse sur ces édifices de mots érigés ici en mémoire de Patrick Yangguizi, de Jean-Pierre Lepiaf ou de Marcel DeCléricy.
L'esprit vagabonde dans des lieux funéraires...
Je déteste les cimetières où sont enterrés mes proches français. Ces monuments de granit luisant qui écrasent le visiteur, dont la masse imposante et gelée étouffe les plus éclatantes des chrysanthèmes aussi grosses soient-elles, rigoureusement alignés de part et d'autres des allées, me glacent. J'y passe en apnée et fuis rapidement, incapable d'invoquer dans un tel cadre l'image d'un être cher. Ce sont des iles désolées et hostiles à la vie.
En Italie, dans la plupart des communes (toutes ?), il existe une norme fixant à maximum un mètre de hauteur les monuments tombaux placés dans le sol. Les vivants qui y déambulent sont plus grands que les tombes. D'ailleurs on s'y voit et s'y interpelle volontiers, et une fois évoqués les défunts, on y devise de choses et d'autres qui les concernent assez peu. Lieux ordinaires où l'on se rend sans appréhension.
Je me souviens, en Roumanie, avoir avec surprise vu des piques-niques organisés au milieu des tombes, ou ailleurs des noms assortis de dates de naissance et de photos attendant que soit gravé, le plus tard possible sans doute, la date du décès. Memento mori plus simples, plus humbles, que les cranes des tableaux baroques.
A Eyup, et plus encore à Sarajevo, on traverse un parc avant de se rendre compte que la pelouse est parsemée de pierres verticales dont certaines sont surmontées de turban. On n'y interrompt pas son activité du jour sauf si on arrive plus loin, que les tombes se densifient et que l'espèce de pyramide métallique placée en son centre nous assène des centaines, peut-être des milliers, de fois, les mêmes dates. 1992-1992-1993-1992--1993-1992-1992-1992-1993- -1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1992- 1992-1992-1993-1992--1993-1992-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1993-1993-1992-1993 -1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1992- Je ne peux pas remplir la page de détresse, n'est-ce pas. Alors, j’arrête.
A Bitola c'est pareil, des centaines de croix blanches, mais avec cette fois des petits drapeaux français, des croix basses et muettes. Il n'y a que l'énorme sarcophage en pierre du fond qui cause : A la gloire des armées françaises d'Orient, gueule-t-il. Ce simple cri n'est peut-être pas plus mal, à la réflexion, que ces insupportables "presente" répétés à l'infini qui envahissent la montagne de Re di Puglia.
Non, du calme. Songe à la merveilleuse sérénité d'Ithaque...

Et vous, quels sont vos cimetières ? 🙂
Catherine
PS : le titre original de la discussion était tout simplement un très sobre "cimetières". Autant je comprends le souci d'explicitation du modérateur, autant je déplore cette question qui, placée en préalable, est très lourde et intrusive à mon sens.
Un tel sujet n'a semble-t-il pas été abordé dans la rubrique "bavardages et chamailleries".
Il est venu comme cela... "ma copine est partie en voyage sans moi", un glissement en bas de page et j'ai appris que Page2008, que je ne connaissais pas, était elle aussi partie, définitivement. De là je suis passée un instant déposer une pensée affectueuse sur ces édifices de mots érigés ici en mémoire de Patrick Yangguizi, de Jean-Pierre Lepiaf ou de Marcel DeCléricy.
L'esprit vagabonde dans des lieux funéraires...
Je déteste les cimetières où sont enterrés mes proches français. Ces monuments de granit luisant qui écrasent le visiteur, dont la masse imposante et gelée étouffe les plus éclatantes des chrysanthèmes aussi grosses soient-elles, rigoureusement alignés de part et d'autres des allées, me glacent. J'y passe en apnée et fuis rapidement, incapable d'invoquer dans un tel cadre l'image d'un être cher. Ce sont des iles désolées et hostiles à la vie.
En Italie, dans la plupart des communes (toutes ?), il existe une norme fixant à maximum un mètre de hauteur les monuments tombaux placés dans le sol. Les vivants qui y déambulent sont plus grands que les tombes. D'ailleurs on s'y voit et s'y interpelle volontiers, et une fois évoqués les défunts, on y devise de choses et d'autres qui les concernent assez peu. Lieux ordinaires où l'on se rend sans appréhension.
Je me souviens, en Roumanie, avoir avec surprise vu des piques-niques organisés au milieu des tombes, ou ailleurs des noms assortis de dates de naissance et de photos attendant que soit gravé, le plus tard possible sans doute, la date du décès. Memento mori plus simples, plus humbles, que les cranes des tableaux baroques.
A Eyup, et plus encore à Sarajevo, on traverse un parc avant de se rendre compte que la pelouse est parsemée de pierres verticales dont certaines sont surmontées de turban. On n'y interrompt pas son activité du jour sauf si on arrive plus loin, que les tombes se densifient et que l'espèce de pyramide métallique placée en son centre nous assène des centaines, peut-être des milliers, de fois, les mêmes dates. 1992-1992-1993-1992--1993-1992-1992-1992-1993- -1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1992- 1992-1992-1993-1992--1993-1992-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1993-1993-1992-1993 -1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1992- Je ne peux pas remplir la page de détresse, n'est-ce pas. Alors, j’arrête.
A Bitola c'est pareil, des centaines de croix blanches, mais avec cette fois des petits drapeaux français, des croix basses et muettes. Il n'y a que l'énorme sarcophage en pierre du fond qui cause : A la gloire des armées françaises d'Orient, gueule-t-il. Ce simple cri n'est peut-être pas plus mal, à la réflexion, que ces insupportables "presente" répétés à l'infini qui envahissent la montagne de Re di Puglia.
Non, du calme. Songe à la merveilleuse sérénité d'Ithaque...

Et vous, quels sont vos cimetières ? 🙂
Catherine
PS : le titre original de la discussion était tout simplement un très sobre "cimetières". Autant je comprends le souci d'explicitation du modérateur, autant je déplore cette question qui, placée en préalable, est très lourde et intrusive à mon sens.
Du soleil noir de l’Oregon, aux atolls bleus Polynésiens
Bonjour
Préambule 1 : Cet été 2017 devait être, pour Annie mon épouse et pour moi-même, l'occasion d'un long retour de près de deux mois dans divers archipels de Polynésie (toutes les îles de la Société, les principaux atolls des Tuamotus, auxquels je comptais ajouter la découverte des Iles Marquises, que nous ne connaissons pas). J'avais bien avancé dans la mise au point difficile de ce voyage, et les grandes lignes étaient déjà bien arrêtées.
Oui mais -- -- le soleil a décidé de jouer avec la lune, et une rencontre fortuite des deux astres a été organisée le 21 Aout 2017 au-dessus des USA. L’évènement est d’importance car c’est la première éclipse totale de soleil qui traverse une partie importante des Etats Unis depuis près de 100 ans ; et la suivante de mêmes caractéristiques et de même ampleur ne se produira qu’à la fin du XXI siècle. Il ne fallait donc pas manquer cet évènement exceptionnel. Le voyage fut alors modifié et adapté en conséquence. Nous ferons donc, sur le trajet vers Tahiti, une étape aux USA du 16 au 31 Aout. Mais pour des raisons de disponibilité (et aussi de budget), la partie Marquise a encore une fois les frais de l’opération, et a dû être supprimée (l’occasion d’un prochain voyage ?). Quoi qu'il en soit, nous conservons, Annie et moi, un magnifique souvenir de ce périple original de près de deux mois. J'ai donc décidé d'en laisser une trace sur VF, pour avoir le privilège de pouvoir me le remémorer plus tard en détail, et aussi pour faire rêver ou donner des idées à certains lecteurs.
Préambule 2 : Je ne suis pas fan de la rédaction de carnets de voyage. Mon unique expérience (voir ICI) a démontré que je ne savais pas faire court. Comme je n'ai pas le temps de rédiger un long carnet (il y a tant d'autres choses à faire dans la vie), j'ai finalement décidé : 1/ de détailler comme il se doit (début du carnet) tout ce qui concerne l'éclipse solaire (c'est si rare dans une vie), 2/ de passer beaucoup plus rapidement sur tout le reste du périple. Ce sera alors plutôt une compilation de photos, avec un commentaire explicatif très court (si j'y parviens).
Enfin (pour perdre encore quelques lecteurs), je dois signaler que mon appareil photo de base (un petit compact Panasonic de 180g) m’a très vite lâché, le traitre. Une bonne partie des vues ont donc été réalisées avec mon smartphone ou avec l’IPhone de mon épouse, ou encore avec la caméra Gopro (initialement prévue uniquement pour les vues sous-marines). Cependant les couleurs magiques des Mers du Sud sont tellement étincelantes, que cela ne devrait pas paraitre (ou si peu). J’envisage également d'incorporer occasionnellement des vues pas trop anciennes de mes voyages précédents dans ces régions, quand celles de cette année s'avèreront vraiment trop mauvaises.
Le programme fut donc finalement le suivant (cliquer sur une ligne devrait renvoyer vers le CR de cette étape du voyage, au moins quand l'ensemble du carnet sera rédigé) :
- vol France-LAX-Portland, - visite rapide de Portland, - gorges de la Columbia River, les fameuses cascades, tour du Mt Hood, - éclipse totale du soleil, vécue à seulement 30 mètres de la ligne de centralité, dans le State Park des Painted Hills (zone désertique du Centre-Est de l’Orégon), - Bend ; Smith Rock State Pk (Misery Ridge Loop), - Crater Lake National Park, - Autres cascades en Oregon (Silver Falls State Park trail), - côte de l’Oregon vers le Nord, jusqu’à l’embouchure de la Columbia River, - continuation Nord par la côte de l’Etat de Washington, et ses plages sauvages magnifiques, - Olympic National Park (Forks, Port Angeles), - randonnée sur les pentes du Mont Rainier (boucle Skyline), - retour à Portland, vol vers Los Angeles, pour une journée de transition, avant de prendre le vol AF de nuit vers Tahiti, - Papeete, - île de Moorea, - île de Huahine, - île de Raiatea, avec une journée sur l’île de Tahaa, - une semaine de rêve sur l’île de Maupiti, avec les raies Manta, - île de Bora-Bora, - vol vers l’archipel des Tuamotus, - atoll de Tikeahau, - atoll de Rangiroa, - atoll de Fakarava, - retour à Tahiti, puis vol de retour vers Lyon.
Les vols France-USA-Tahiti ont été réalisés avec Air France (ou son associé KLM). Les trajets intérieurs US vers l'Oregon, ont été réalisés avec SouthWest Airlines. Les transferts en Polynésie ont généralement (une douzaine de vols) été réalisés par les ATR d’Air Tahiti (pass "Iles de la Société/Tuamotu", par Air Tahiti).
Préambule 1 : Cet été 2017 devait être, pour Annie mon épouse et pour moi-même, l'occasion d'un long retour de près de deux mois dans divers archipels de Polynésie (toutes les îles de la Société, les principaux atolls des Tuamotus, auxquels je comptais ajouter la découverte des Iles Marquises, que nous ne connaissons pas). J'avais bien avancé dans la mise au point difficile de ce voyage, et les grandes lignes étaient déjà bien arrêtées.
Oui mais -- -- le soleil a décidé de jouer avec la lune, et une rencontre fortuite des deux astres a été organisée le 21 Aout 2017 au-dessus des USA. L’évènement est d’importance car c’est la première éclipse totale de soleil qui traverse une partie importante des Etats Unis depuis près de 100 ans ; et la suivante de mêmes caractéristiques et de même ampleur ne se produira qu’à la fin du XXI siècle. Il ne fallait donc pas manquer cet évènement exceptionnel. Le voyage fut alors modifié et adapté en conséquence. Nous ferons donc, sur le trajet vers Tahiti, une étape aux USA du 16 au 31 Aout. Mais pour des raisons de disponibilité (et aussi de budget), la partie Marquise a encore une fois les frais de l’opération, et a dû être supprimée (l’occasion d’un prochain voyage ?). Quoi qu'il en soit, nous conservons, Annie et moi, un magnifique souvenir de ce périple original de près de deux mois. J'ai donc décidé d'en laisser une trace sur VF, pour avoir le privilège de pouvoir me le remémorer plus tard en détail, et aussi pour faire rêver ou donner des idées à certains lecteurs.
Préambule 2 : Je ne suis pas fan de la rédaction de carnets de voyage. Mon unique expérience (voir ICI) a démontré que je ne savais pas faire court. Comme je n'ai pas le temps de rédiger un long carnet (il y a tant d'autres choses à faire dans la vie), j'ai finalement décidé : 1/ de détailler comme il se doit (début du carnet) tout ce qui concerne l'éclipse solaire (c'est si rare dans une vie), 2/ de passer beaucoup plus rapidement sur tout le reste du périple. Ce sera alors plutôt une compilation de photos, avec un commentaire explicatif très court (si j'y parviens).
Enfin (pour perdre encore quelques lecteurs), je dois signaler que mon appareil photo de base (un petit compact Panasonic de 180g) m’a très vite lâché, le traitre. Une bonne partie des vues ont donc été réalisées avec mon smartphone ou avec l’IPhone de mon épouse, ou encore avec la caméra Gopro (initialement prévue uniquement pour les vues sous-marines). Cependant les couleurs magiques des Mers du Sud sont tellement étincelantes, que cela ne devrait pas paraitre (ou si peu). J’envisage également d'incorporer occasionnellement des vues pas trop anciennes de mes voyages précédents dans ces régions, quand celles de cette année s'avèreront vraiment trop mauvaises.
Le programme fut donc finalement le suivant (cliquer sur une ligne devrait renvoyer vers le CR de cette étape du voyage, au moins quand l'ensemble du carnet sera rédigé) :
- vol France-LAX-Portland, - visite rapide de Portland, - gorges de la Columbia River, les fameuses cascades, tour du Mt Hood, - éclipse totale du soleil, vécue à seulement 30 mètres de la ligne de centralité, dans le State Park des Painted Hills (zone désertique du Centre-Est de l’Orégon), - Bend ; Smith Rock State Pk (Misery Ridge Loop), - Crater Lake National Park, - Autres cascades en Oregon (Silver Falls State Park trail), - côte de l’Oregon vers le Nord, jusqu’à l’embouchure de la Columbia River, - continuation Nord par la côte de l’Etat de Washington, et ses plages sauvages magnifiques, - Olympic National Park (Forks, Port Angeles), - randonnée sur les pentes du Mont Rainier (boucle Skyline), - retour à Portland, vol vers Los Angeles, pour une journée de transition, avant de prendre le vol AF de nuit vers Tahiti, - Papeete, - île de Moorea, - île de Huahine, - île de Raiatea, avec une journée sur l’île de Tahaa, - une semaine de rêve sur l’île de Maupiti, avec les raies Manta, - île de Bora-Bora, - vol vers l’archipel des Tuamotus, - atoll de Tikeahau, - atoll de Rangiroa, - atoll de Fakarava, - retour à Tahiti, puis vol de retour vers Lyon.
Les vols France-USA-Tahiti ont été réalisés avec Air France (ou son associé KLM). Les trajets intérieurs US vers l'Oregon, ont été réalisés avec SouthWest Airlines. Les transferts en Polynésie ont généralement (une douzaine de vols) été réalisés par les ATR d’Air Tahiti (pass "Iles de la Société/Tuamotu", par Air Tahiti).
Phnom Penh vaut-elle le coup d'être visitée?
Bonjour à tous, me trouvant actuellement à Ko Chang en Thaïlande et étant proche de la frontière Cambodgienne, je voulais savoir si Phnom Penh valait le coup d’être visitée pour 4 ou 5 jours...? Si oui que me conseilleriez vous? J aimerai plutôt savoir pour Phnom Penh et ses environs car j’ai déjà fait Angkor et Siem Reap... merci d’avance pour vos réponses😊
Carnet de voyage au sud du Maroc
Bonjour,
Comme promis avant le départ, je vous livre ici mon carnet de voyage, en espérant qu'il vous plaira. J'y ajouterai des photos pour illustrer, car je trouve les carnets avec photos toujours beaucoup plus intéressants et agréables à lire.
Merci à tous ceux qui m'ont aidé dans la préparation de ce voyage qui fut vraiment une superbe expérience pour moi.
Pour ce break de Nouvel An Chinois, loin de l’Asie c’est au Maroc que je pars pour dix jours, à la découverte des beaux paysages du Sud du pays et aussi du désert.
Jour 1 : Départ et route jusqu'à Ait Ben Haddou par le Col de Tizi N Tichka
Lundi matin très tôt, je prends mon sac et rejoins mon covoiturage qui m’amènera directement à l’aéroport. Je trouve une très gentille jeune fille avec qui nous aurons une passionnante discussion qui me dépose devant le terminal sur la route de son travail. Il n’y a pas beaucoup de monde à l’aéroport et les formalités sont vite expédiées.
Le vol Swiss pour Marrakech est un peu en retard. C’est pas grave on est pas pressé. L’avion est plein à craquer, les hotesses ont été obligées de demander aux passagers avec les plus gros bagages à main de les poser en soute. Décollage au dessus des nuages, ils disparaitront un peu avant de passer le détroit de Gibraltar, superbe même depuis le ciel.
Nous arrivons en début d’après midi dans le terminal 2 de l’aéroport de Marrakech, magnifique bâtiment moderne. Première surprise, depuis le hublot, on est frappé par la proximité des montagnes enneigées, qui paraissent toutes proches de Marrakech. Superbe contraste, car la deuxième surprise c’est l’agréable température au soleil, une température digne d’un mois d’Avril - Mai en France.
Je récupère la voiture rapidement auprès de l’agent Hertz, une 208 quasiment neuve qui se révèle très agréable à conduire en plus d’être économe, parfaite pour le tour que j’ai prévu au Sud de l’Atlas.
Je branche mon GPS et sort non sans mal de Marrakech, il y a beaucoup de circulation et je n’avais pas compris qu’il fallait bien passer sous les murailles pour entrer dans la ville pour la traverser et non pas essayer de la contourner. Puis rapidement on arrive dans un paysage de montagne semi aride. La route est en très bon état. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter de temps en temps pour prendre quelques photos du paysage grandiose.
On suit le cours d’eau qui serpente au fond de la vallée, on passe des petits villages.
Puis la montée du col débute lorsqu’un panneau annonçant une troisième voie de dépassement. C’est un boulevard pour grimper le plus haut col du Maroc à 2200m d’altitude, mais alors quel plaisir de grimper ces lacets sur une voie aussi large et dans un tel décor.
Arret au col de Tizi N Tchika pour se dégourdir les jambes.

La vue depuis le col est grandiose.
De nombreux revendeurs attendent les touristes pour leur vendre des « pierres ». Je ne suis pas sur qu’ils doivent en vendre beaucoup, néanmoins ils ont une technique de vente très rodée. Je discute un peu avec eux, vu l’heure il n’y aura plus beaucoup de clients potentiels aujourd’hui. Un ancien me demande si je peux le raccompagner chez lui, plus bas dans la vallée à Aguelmouss. Je suis quand même un peu sur la défensive, étant donné l’accumulation d’énormités sortie de la bouche de son copain depuis que je suis arrêté pour me vendre une fausse pierre brillante, voyant cela il me dit « je suis berbère, les berbères sont corrects », argument imparable non ? Allez en voiture ! En route, on discute de la France et du Maroc dans la voiture, il a plus de 70 ans et a eu 7 enfants avec sa femme, qui l’attend à la maison, je le dépose chez lui. Il me propose de prendre le thé, je refuse poliment, le soleil est déjà bien bas et j’ai encore de la route. La vue depuis son village est splendide les roches sont rougeoyantes.
La descente vers Ouarzazate se fait dans un paysage de moins en moins montagnard, on suit une vallée ou les abords de la rivière sont cultivés, avec des petits villages en bordure de route.
Enfin, on arrive dans une zone désertique où l’on trouve des formes minérales extraordinaires, des monticules de terre couleur pastel, et pas un arbre. Les couleurs ressortent bien avec la lumière de fin de journée. On aurait envie de s’arrêter et explorer à pied toute cette zone, je me contenterai de les contempler depuis la voiture.
Mais je veux arriver avant la nuit à ma destination du jour, Ait Benhaddou.
A suivre...
Comme promis avant le départ, je vous livre ici mon carnet de voyage, en espérant qu'il vous plaira. J'y ajouterai des photos pour illustrer, car je trouve les carnets avec photos toujours beaucoup plus intéressants et agréables à lire.
Merci à tous ceux qui m'ont aidé dans la préparation de ce voyage qui fut vraiment une superbe expérience pour moi.

Pour ce break de Nouvel An Chinois, loin de l’Asie c’est au Maroc que je pars pour dix jours, à la découverte des beaux paysages du Sud du pays et aussi du désert.
Jour 1 : Départ et route jusqu'à Ait Ben Haddou par le Col de Tizi N Tichka
Lundi matin très tôt, je prends mon sac et rejoins mon covoiturage qui m’amènera directement à l’aéroport. Je trouve une très gentille jeune fille avec qui nous aurons une passionnante discussion qui me dépose devant le terminal sur la route de son travail. Il n’y a pas beaucoup de monde à l’aéroport et les formalités sont vite expédiées.
Le vol Swiss pour Marrakech est un peu en retard. C’est pas grave on est pas pressé. L’avion est plein à craquer, les hotesses ont été obligées de demander aux passagers avec les plus gros bagages à main de les poser en soute. Décollage au dessus des nuages, ils disparaitront un peu avant de passer le détroit de Gibraltar, superbe même depuis le ciel.
Nous arrivons en début d’après midi dans le terminal 2 de l’aéroport de Marrakech, magnifique bâtiment moderne. Première surprise, depuis le hublot, on est frappé par la proximité des montagnes enneigées, qui paraissent toutes proches de Marrakech. Superbe contraste, car la deuxième surprise c’est l’agréable température au soleil, une température digne d’un mois d’Avril - Mai en France.
Je récupère la voiture rapidement auprès de l’agent Hertz, une 208 quasiment neuve qui se révèle très agréable à conduire en plus d’être économe, parfaite pour le tour que j’ai prévu au Sud de l’Atlas.
Je branche mon GPS et sort non sans mal de Marrakech, il y a beaucoup de circulation et je n’avais pas compris qu’il fallait bien passer sous les murailles pour entrer dans la ville pour la traverser et non pas essayer de la contourner. Puis rapidement on arrive dans un paysage de montagne semi aride. La route est en très bon état. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter de temps en temps pour prendre quelques photos du paysage grandiose.
On suit le cours d’eau qui serpente au fond de la vallée, on passe des petits villages.
Puis la montée du col débute lorsqu’un panneau annonçant une troisième voie de dépassement. C’est un boulevard pour grimper le plus haut col du Maroc à 2200m d’altitude, mais alors quel plaisir de grimper ces lacets sur une voie aussi large et dans un tel décor.
Arret au col de Tizi N Tchika pour se dégourdir les jambes.
La vue depuis le col est grandiose.

De nombreux revendeurs attendent les touristes pour leur vendre des « pierres ». Je ne suis pas sur qu’ils doivent en vendre beaucoup, néanmoins ils ont une technique de vente très rodée. Je discute un peu avec eux, vu l’heure il n’y aura plus beaucoup de clients potentiels aujourd’hui. Un ancien me demande si je peux le raccompagner chez lui, plus bas dans la vallée à Aguelmouss. Je suis quand même un peu sur la défensive, étant donné l’accumulation d’énormités sortie de la bouche de son copain depuis que je suis arrêté pour me vendre une fausse pierre brillante, voyant cela il me dit « je suis berbère, les berbères sont corrects », argument imparable non ? Allez en voiture ! En route, on discute de la France et du Maroc dans la voiture, il a plus de 70 ans et a eu 7 enfants avec sa femme, qui l’attend à la maison, je le dépose chez lui. Il me propose de prendre le thé, je refuse poliment, le soleil est déjà bien bas et j’ai encore de la route. La vue depuis son village est splendide les roches sont rougeoyantes.
La descente vers Ouarzazate se fait dans un paysage de moins en moins montagnard, on suit une vallée ou les abords de la rivière sont cultivés, avec des petits villages en bordure de route.
Enfin, on arrive dans une zone désertique où l’on trouve des formes minérales extraordinaires, des monticules de terre couleur pastel, et pas un arbre. Les couleurs ressortent bien avec la lumière de fin de journée. On aurait envie de s’arrêter et explorer à pied toute cette zone, je me contenterai de les contempler depuis la voiture.
Mais je veux arriver avant la nuit à ma destination du jour, Ait Benhaddou.
A suivre...
Découverte de Pétra
Petra 8/11 1er jour
6 h du matin ....réveillée par l'air glacé sur le visage et par le lever du soleil , je me lève ds l'espoir d'une douche chaude prise avant l'arrivée du gros de la troupe ... Je ne suis pas la première et ...l'eau est presqu'aussi froide que la veille ... Courage ...la journée est sérieuse ... Huit heures , départ ... Nous arrivons sur le site ...des touristes mais pas trop ... Un petit tour au musée , histoire de nous situer .... Petra ( roche en grec ) capitale du royaume des nabatéens , ancêtres des tribus arabes , origine du NO de la péninsule arabique ...avant d'arriver ds le sud de la Jordanie , ils s'y étaient en partie sédentarisés et étaient devenus des commerçants avisés ( ou plutôt des pilleurs de caravanes !!!! ) du fait de leur situation sur la route des caravanes entre l'orient ( Chine et Indes ) et les ports de la côte méditerranéenne . Ils ont étendus cette activité au sud de la Jordanie et sont devenus les maîtres des routes commerciales de la région .Ils se sont enrichis en prélevant des péages ( déjà !!!) et en protégeant les caravanes qui transportaient la soie , l'encens , les épices , l'ivoire ..... Les nabatéens furent à leur apogée durant 200 ans ( UN siècle av JC et UN siècle après ) ....avant d'être annexés à l'empire romain en 106 après JC sous Trajan .
Petra est l'une des sept nouvelles merveilles du monde et un site archéologique exceptionnel qui allie un emplacement naturel d'une beauté époustouflante à l'ingéniosité architecturale humaine et réalisée avec un talent hors du commun . Ils eurent l'intelligence d'associer les arts grec , romain , égyptien , byzantin , mésopotamien ....à leur propre art indigène et le résultat est unique au monde et la richesse culturelle est remarquable .
Puis Petra a été progressivement abandonnée et est tombée ds l'oubli jusqu' à sa découverte en 1812 par un explorateur orientaliste suisse , Johan Ludwig Burkhardt , curieux et informé , habillé en bédouin et parlant parfaitement l'arabe . Elle était alors habitée par des tribus bédouines qui vivaient ds les maisons troglodytes. Le gouvernement a favorisé leur sédentarisation en construisant des village en dur et maintenant , grâce à leur reconversion ds le tourisme ( ventes de souvenirs , âniers , chameliers , conducteurs de calèches ...) ils ont un revenu supérieur à la moyenne nationale . Nous pénétrons ds le site proprement et devant nous , se déroule un large chemin de terre d'un km et demi , encaissé entre deux vallées et qui longe le cours d'un ruisseau souvent asséché mais qui peut se transformer en un torrent impétueux , le Wadi Musa . Le long du chemin , nous commençons à voir les premières tombes rupestres puis sur la droite , trois sortes de cubes , les blocs ou cubes de Djinn hauts de 6 à 9 m et qui , selon les bédouins , abritaient des esprits malins ( d'où leur nom Djinn ) .Sans décoration mais creuses à certains endroits , l'hypothèse de tombes paraît être la plus vraisemblable .
Un peu plus loin , une structure double dont la partie supérieure doit son nom à la présence de quatre obélisques d'inspiration égyptienne et creusée de niches funéraires ( quatre plus une ) le tombeau des Obélisques et dont la niche centrale entre les obélisques est , elle , d'influence greco romaine . En dessous , un peu décalé , se situe le Bab al siq ( la porte du Siq ) triclinium ( triclinaire trois bancs sur les côtés des parois ) vraisemblablement une salle de banquet , où se déroulaient les fêtes honorants les défunts .Sur le dessus , deux demi frontons de style corinthien .
Un pont , avant de s'enfoncer entre les rochers , le canyon proprement dit , le Siq interne , véritable tunnel long de 1,5 kms et dont les parois peuvent atteindre 180 m de hauteur et peuvent se resserrer jusqu' à moins de 2 m. Impressionnant , qd je pense que non otre explorateur s'y est engagé sans savoir sur quoi il allait déboucher... Ce n'était pas l'entrée principale mais un passage sacré , pavé , descendant jusqu'à la partie religieuse de la cité . On peut y voir les traces d'un arc qui devait être fermé par une porte . Certains pavages sont d'origine et on peut , comme à Jerash , y distinguer les traces des roues des chars .Maintenant ce sont des calèches qui emmènent les touristes sur les chemins de Petra . Nous nous engageons ds le défilé où l'ombre et la fraîcheur surprennent ... À partir de maintenant , à Petra et dans le wadi rum , les couleurs chatoyantes ds tous les tons de rose , ocre , crème , orangée variant en fonction de l'heure et donc de la position du soleil , ne vont plus nous quitter et nous émerveillerons tout au long de notre chemin.... J'ai passé quatre jours à ressentir et à m'imprégner de toute cette beauté et à chaque instant , ces simples mots " que c'est beau "me viennent aux lèvres et ont du mal à exprimer mon émerveillement devant tant de magnificence . Peu après l'entrée, des canaux taillés ds la roche ainsi que des traces de canalisations amenant l'eau à Petra . Tout au long du siq , on voit des "wadi "fermés par des digues . Quelques arbustes parviennent à se frayer un chemin entre les rochers .
Le découpage artistique naturel des roches fait travailler notre imagination et ça et là nous voyons , qui un poisson qui , un éléphant ...je crois que tout le bestiaire a du y passer !!!!
Tout le long , des niches votives contenant des " betyles ", pierre symbolisant le dieu nabatéen Dushara . Un peu plus loin à gauche , sculptés à même la paroi , les pieds d'un marchand et de son chameau indiquant qu'il y avait de l'eau . Et ....l'Apparition ...magique dans le soleil entre les parois du canyon....le trésor du pharaon ou Khazneh Firaoun....une grande émotion m'envahit à la découverte de cette merveille sculptée à même le grès rose de la montagne .
40 m de hauteur , 28 m de large , deux niveaux . A la partie inférieure , six colonnes à chapiteau corinthien soutiennent un portique à fronton . De chaque côté on devine Castor et Pollux , assez abîmés par l'œuvre destructrice des iconoclastes qui , au VIII e siècle , reçurent l'ordre de détruire toute représentation humaine sur les terres de l'Islam . Au dessus de la colonnade , une frise de volutes et de grappes de raisin .De chaque côté du chapiteau , deux lions . Au centre du fronton des symboles rappelant la déesse égyptienne , Isis . La partie supérieure est composée de trois éléments ....au centre , un temple rond ou tholos avec un toit comique et un chapiteau corinthien sur lequel repose une urne , endommagée par les balles des bédouins pensant qu'elle contenait un trésor ... Le tholos est encadré de deux panneaux latéraux avec colonnes et demi- frontons . Les sculptures sont en partie effacées ... Sur les côtés du trésor sont creusés des canaux pour évacuer l'eau pouvant endommager le monument ...mais les Nabatéens n'avaient pas prévu l'érosion due au vent et au sable . Huit marches à la partie inférieure permettent d'accéder à l'intérieur.
Diverses fouilles ont permis de compris endre qu'il s'agissait là d'un temple funéraire consacré au culte et à la mémoire d'Aretas IV . Il a été terminé entre 40 et 60 après JC.
Une petite contrariété a un peu gâché cette découverte...j'ai cru mon appareil photo cassé....à Petra en plus , quel gâchis !!!! Préoccupée , je n'ai pas vu le groupe repartir ..Après quelques errements pendant une dizaine de minutes, j'ai fini par les retrouver ...j'ai vertement tancé Wallid en lui demandant s'il avait pour habitude de ne pas compter ses ouailles !!!! Un peu désagréable, d'autant plus que je ne me souvenais plus du nom du camps !!!!
Nous longeons sur la gauche Le Siq extérieur élargi et la rue des façades avec de chaque côté ses rangées de tombeaux nabatéens, pour arriver à un théâtre de style romain presqu'entièrement taillé dans le roc au premier siècle après JC par les Nabatéens sous Aretas IV .Dans un premier temps , il pouvait contenir entre 3000 et 4000 spectateurs. Lors de l'annexion de Petra par les romains en 106 , il fut agrandi jusqu'à pouvoir contenir jusqu'à 8000 spectateurs.
Nous continuons notre périple ...Face au théâtre , sur les hauteurs , un groupe de tombeaux royaux , impressionnants par leur taille ...Le Tombeau de l'urne , Le plus grand , Le Tombeau de la soie , Le Tombeau corinthien, Le Tombeau du palais et Le Tombeau de Sextus Florentinus ..
Sur la voie , nous visitons des cavernes creusées dans le rocher avec une exceptionnelle palette de nuances , blanc , rose , orange , dont les stries se mêlent et se démêlent à la façon d'un écheveau .
En empruntant la rue des colonnades , nous nous dirigeons sur la droite vers les vestiges de l'église byzantine construite sur l'emplacement d'un édifice ( probablement un temple ) démoli .
Avant la bifurcation , Nymphaeum , vestiges d'une fontaine dont il ne reste plus rien mais où s'épanouit un pistachier vieux de 450 ans .
A droit donc , l'église ou ce qu'il en reste ...de superbes céramiques , personnages , animaux ( lapins , sangliers cerfs , coqs ..) , trois vestiges de chapiteaux dans la cour . A droite , en contrebas , les ruines du Temple des lions ailés ( nom provenant des sculptures des chapiteaux )
Nous redescendons pour reprendre la voie des colonnades qui se termine par un vaste portail, , la porte du Temenos , gardée par deux gardiens en tenue " comme à l'époque !!!!! Ce portail donnait accès à la partie sacrée , Le Temenos ( grande salle pavée ) du QASR el Bint , principal temple Nabatéen de la capitale et seul survivant des tremblements de terre et inondations. L'édifice culmine à une vingtaine de mètres . Une grande salle pavée dominée par le temple lui même et son autel. Sur la droite , des vestiges de ce qui paraît être un "hamman " .
C'est à l'ombre de ces murs que nous mangeons nos sandwichs "bédouins " avant de repartir .
Cette fois ci , c'est sérieux , nous devons grimper jusqu'au monastère , Le Deir , 2,5 km dans la montagne , quelques centaines de marches taillées à même le roc et inégales ....la montée est rude ...le monastère se mérite !!!!! Mais le coup d'œil en vaut la peine ...
Un petit bar à ses pieds et nous dégustons notre café sucré à la cardamome avec délectation ....nous zapons la montée " pour la vue " !!!!! Un plateau montagneux où, dans un de ses flancs , a été creusée la façade du monastère . Monument à peu près carré ( 50 m de large 45 m de haut ) , deux niveaux , un inférieur avec demi colonnes à chapiteaux nabatéens, deux niches à tympan recourbé . Un portique de huit mètres de haut ceint de deux demi colonnes . Le deuxième étage , très en relief , comporte deux avant corps surmontés de deux demi frontons et un tholos central dont le chapiteau nabatéen supporte une urne (9 m à elle seule ) . La façade se découpe de la montagne , très en relief et je suis frappée par la sobriété du monument, comme s'il ne voulait pas voler la vedette au paysage environnant . Imposant , majestueux tout en étant sobre , voilà le Deir , bâti au I ou II eme siècle avant JC , ce serait un temple dédié à la pratique d'un culte en l'honneur d'un roi...Obodas I et peut être aussi le Dieu Dushara ....
Ce n'est pas tout , la journée n'est pas finie ....nous devons rentrer au camp ...à pieds !!! Quelques km de plus ....nous ne sommes pas à cela près !!!!!
Nous partons en longeant des corniches dont le vide à nos pieds est impressionnant...les couleurs changent , les vallées se creusent , les sommets s'éloignent et de temps en temps nous rencontrons une plaque de "gazon " tellement vert qu'on le croirait faux ....
Nous sommes accueillis par un thé chaud bien mérité mais qui ne s'ensuivra pas d'une bonne douche " chaude " qui , pourtant , aurait été la bienvenue .
Le repas du soir composé de légumes délicieux , de grillades au feu de bois et de discussions animées , terminera cette journée de façon conviviale et c'est avec bonheur que nous retrouvons nos duvets dans nos tentes bédouines .
6 h du matin ....réveillée par l'air glacé sur le visage et par le lever du soleil , je me lève ds l'espoir d'une douche chaude prise avant l'arrivée du gros de la troupe ... Je ne suis pas la première et ...l'eau est presqu'aussi froide que la veille ... Courage ...la journée est sérieuse ... Huit heures , départ ... Nous arrivons sur le site ...des touristes mais pas trop ... Un petit tour au musée , histoire de nous situer .... Petra ( roche en grec ) capitale du royaume des nabatéens , ancêtres des tribus arabes , origine du NO de la péninsule arabique ...avant d'arriver ds le sud de la Jordanie , ils s'y étaient en partie sédentarisés et étaient devenus des commerçants avisés ( ou plutôt des pilleurs de caravanes !!!! ) du fait de leur situation sur la route des caravanes entre l'orient ( Chine et Indes ) et les ports de la côte méditerranéenne . Ils ont étendus cette activité au sud de la Jordanie et sont devenus les maîtres des routes commerciales de la région .Ils se sont enrichis en prélevant des péages ( déjà !!!) et en protégeant les caravanes qui transportaient la soie , l'encens , les épices , l'ivoire ..... Les nabatéens furent à leur apogée durant 200 ans ( UN siècle av JC et UN siècle après ) ....avant d'être annexés à l'empire romain en 106 après JC sous Trajan .
Petra est l'une des sept nouvelles merveilles du monde et un site archéologique exceptionnel qui allie un emplacement naturel d'une beauté époustouflante à l'ingéniosité architecturale humaine et réalisée avec un talent hors du commun . Ils eurent l'intelligence d'associer les arts grec , romain , égyptien , byzantin , mésopotamien ....à leur propre art indigène et le résultat est unique au monde et la richesse culturelle est remarquable .
Puis Petra a été progressivement abandonnée et est tombée ds l'oubli jusqu' à sa découverte en 1812 par un explorateur orientaliste suisse , Johan Ludwig Burkhardt , curieux et informé , habillé en bédouin et parlant parfaitement l'arabe . Elle était alors habitée par des tribus bédouines qui vivaient ds les maisons troglodytes. Le gouvernement a favorisé leur sédentarisation en construisant des village en dur et maintenant , grâce à leur reconversion ds le tourisme ( ventes de souvenirs , âniers , chameliers , conducteurs de calèches ...) ils ont un revenu supérieur à la moyenne nationale . Nous pénétrons ds le site proprement et devant nous , se déroule un large chemin de terre d'un km et demi , encaissé entre deux vallées et qui longe le cours d'un ruisseau souvent asséché mais qui peut se transformer en un torrent impétueux , le Wadi Musa . Le long du chemin , nous commençons à voir les premières tombes rupestres puis sur la droite , trois sortes de cubes , les blocs ou cubes de Djinn hauts de 6 à 9 m et qui , selon les bédouins , abritaient des esprits malins ( d'où leur nom Djinn ) .Sans décoration mais creuses à certains endroits , l'hypothèse de tombes paraît être la plus vraisemblable .
Un peu plus loin , une structure double dont la partie supérieure doit son nom à la présence de quatre obélisques d'inspiration égyptienne et creusée de niches funéraires ( quatre plus une ) le tombeau des Obélisques et dont la niche centrale entre les obélisques est , elle , d'influence greco romaine . En dessous , un peu décalé , se situe le Bab al siq ( la porte du Siq ) triclinium ( triclinaire trois bancs sur les côtés des parois ) vraisemblablement une salle de banquet , où se déroulaient les fêtes honorants les défunts .Sur le dessus , deux demi frontons de style corinthien .
Un pont , avant de s'enfoncer entre les rochers , le canyon proprement dit , le Siq interne , véritable tunnel long de 1,5 kms et dont les parois peuvent atteindre 180 m de hauteur et peuvent se resserrer jusqu' à moins de 2 m. Impressionnant , qd je pense que non otre explorateur s'y est engagé sans savoir sur quoi il allait déboucher... Ce n'était pas l'entrée principale mais un passage sacré , pavé , descendant jusqu'à la partie religieuse de la cité . On peut y voir les traces d'un arc qui devait être fermé par une porte . Certains pavages sont d'origine et on peut , comme à Jerash , y distinguer les traces des roues des chars .Maintenant ce sont des calèches qui emmènent les touristes sur les chemins de Petra . Nous nous engageons ds le défilé où l'ombre et la fraîcheur surprennent ... À partir de maintenant , à Petra et dans le wadi rum , les couleurs chatoyantes ds tous les tons de rose , ocre , crème , orangée variant en fonction de l'heure et donc de la position du soleil , ne vont plus nous quitter et nous émerveillerons tout au long de notre chemin.... J'ai passé quatre jours à ressentir et à m'imprégner de toute cette beauté et à chaque instant , ces simples mots " que c'est beau "me viennent aux lèvres et ont du mal à exprimer mon émerveillement devant tant de magnificence . Peu après l'entrée, des canaux taillés ds la roche ainsi que des traces de canalisations amenant l'eau à Petra . Tout au long du siq , on voit des "wadi "fermés par des digues . Quelques arbustes parviennent à se frayer un chemin entre les rochers .
Le découpage artistique naturel des roches fait travailler notre imagination et ça et là nous voyons , qui un poisson qui , un éléphant ...je crois que tout le bestiaire a du y passer !!!!
Tout le long , des niches votives contenant des " betyles ", pierre symbolisant le dieu nabatéen Dushara . Un peu plus loin à gauche , sculptés à même la paroi , les pieds d'un marchand et de son chameau indiquant qu'il y avait de l'eau . Et ....l'Apparition ...magique dans le soleil entre les parois du canyon....le trésor du pharaon ou Khazneh Firaoun....une grande émotion m'envahit à la découverte de cette merveille sculptée à même le grès rose de la montagne .
40 m de hauteur , 28 m de large , deux niveaux . A la partie inférieure , six colonnes à chapiteau corinthien soutiennent un portique à fronton . De chaque côté on devine Castor et Pollux , assez abîmés par l'œuvre destructrice des iconoclastes qui , au VIII e siècle , reçurent l'ordre de détruire toute représentation humaine sur les terres de l'Islam . Au dessus de la colonnade , une frise de volutes et de grappes de raisin .De chaque côté du chapiteau , deux lions . Au centre du fronton des symboles rappelant la déesse égyptienne , Isis . La partie supérieure est composée de trois éléments ....au centre , un temple rond ou tholos avec un toit comique et un chapiteau corinthien sur lequel repose une urne , endommagée par les balles des bédouins pensant qu'elle contenait un trésor ... Le tholos est encadré de deux panneaux latéraux avec colonnes et demi- frontons . Les sculptures sont en partie effacées ... Sur les côtés du trésor sont creusés des canaux pour évacuer l'eau pouvant endommager le monument ...mais les Nabatéens n'avaient pas prévu l'érosion due au vent et au sable . Huit marches à la partie inférieure permettent d'accéder à l'intérieur.
Diverses fouilles ont permis de compris endre qu'il s'agissait là d'un temple funéraire consacré au culte et à la mémoire d'Aretas IV . Il a été terminé entre 40 et 60 après JC.
Une petite contrariété a un peu gâché cette découverte...j'ai cru mon appareil photo cassé....à Petra en plus , quel gâchis !!!! Préoccupée , je n'ai pas vu le groupe repartir ..Après quelques errements pendant une dizaine de minutes, j'ai fini par les retrouver ...j'ai vertement tancé Wallid en lui demandant s'il avait pour habitude de ne pas compter ses ouailles !!!! Un peu désagréable, d'autant plus que je ne me souvenais plus du nom du camps !!!!
Nous longeons sur la gauche Le Siq extérieur élargi et la rue des façades avec de chaque côté ses rangées de tombeaux nabatéens, pour arriver à un théâtre de style romain presqu'entièrement taillé dans le roc au premier siècle après JC par les Nabatéens sous Aretas IV .Dans un premier temps , il pouvait contenir entre 3000 et 4000 spectateurs. Lors de l'annexion de Petra par les romains en 106 , il fut agrandi jusqu'à pouvoir contenir jusqu'à 8000 spectateurs.
Nous continuons notre périple ...Face au théâtre , sur les hauteurs , un groupe de tombeaux royaux , impressionnants par leur taille ...Le Tombeau de l'urne , Le plus grand , Le Tombeau de la soie , Le Tombeau corinthien, Le Tombeau du palais et Le Tombeau de Sextus Florentinus ..
Sur la voie , nous visitons des cavernes creusées dans le rocher avec une exceptionnelle palette de nuances , blanc , rose , orange , dont les stries se mêlent et se démêlent à la façon d'un écheveau .
En empruntant la rue des colonnades , nous nous dirigeons sur la droite vers les vestiges de l'église byzantine construite sur l'emplacement d'un édifice ( probablement un temple ) démoli .
Avant la bifurcation , Nymphaeum , vestiges d'une fontaine dont il ne reste plus rien mais où s'épanouit un pistachier vieux de 450 ans .
A droit donc , l'église ou ce qu'il en reste ...de superbes céramiques , personnages , animaux ( lapins , sangliers cerfs , coqs ..) , trois vestiges de chapiteaux dans la cour . A droite , en contrebas , les ruines du Temple des lions ailés ( nom provenant des sculptures des chapiteaux )
Nous redescendons pour reprendre la voie des colonnades qui se termine par un vaste portail, , la porte du Temenos , gardée par deux gardiens en tenue " comme à l'époque !!!!! Ce portail donnait accès à la partie sacrée , Le Temenos ( grande salle pavée ) du QASR el Bint , principal temple Nabatéen de la capitale et seul survivant des tremblements de terre et inondations. L'édifice culmine à une vingtaine de mètres . Une grande salle pavée dominée par le temple lui même et son autel. Sur la droite , des vestiges de ce qui paraît être un "hamman " .
C'est à l'ombre de ces murs que nous mangeons nos sandwichs "bédouins " avant de repartir .
Cette fois ci , c'est sérieux , nous devons grimper jusqu'au monastère , Le Deir , 2,5 km dans la montagne , quelques centaines de marches taillées à même le roc et inégales ....la montée est rude ...le monastère se mérite !!!!! Mais le coup d'œil en vaut la peine ...
Un petit bar à ses pieds et nous dégustons notre café sucré à la cardamome avec délectation ....nous zapons la montée " pour la vue " !!!!! Un plateau montagneux où, dans un de ses flancs , a été creusée la façade du monastère . Monument à peu près carré ( 50 m de large 45 m de haut ) , deux niveaux , un inférieur avec demi colonnes à chapiteaux nabatéens, deux niches à tympan recourbé . Un portique de huit mètres de haut ceint de deux demi colonnes . Le deuxième étage , très en relief , comporte deux avant corps surmontés de deux demi frontons et un tholos central dont le chapiteau nabatéen supporte une urne (9 m à elle seule ) . La façade se découpe de la montagne , très en relief et je suis frappée par la sobriété du monument, comme s'il ne voulait pas voler la vedette au paysage environnant . Imposant , majestueux tout en étant sobre , voilà le Deir , bâti au I ou II eme siècle avant JC , ce serait un temple dédié à la pratique d'un culte en l'honneur d'un roi...Obodas I et peut être aussi le Dieu Dushara ....
Ce n'est pas tout , la journée n'est pas finie ....nous devons rentrer au camp ...à pieds !!! Quelques km de plus ....nous ne sommes pas à cela près !!!!!
Nous partons en longeant des corniches dont le vide à nos pieds est impressionnant...les couleurs changent , les vallées se creusent , les sommets s'éloignent et de temps en temps nous rencontrons une plaque de "gazon " tellement vert qu'on le croirait faux ....
Nous sommes accueillis par un thé chaud bien mérité mais qui ne s'ensuivra pas d'une bonne douche " chaude " qui , pourtant , aurait été la bienvenue .
Le repas du soir composé de légumes délicieux , de grillades au feu de bois et de discussions animées , terminera cette journée de façon conviviale et c'est avec bonheur que nous retrouvons nos duvets dans nos tentes bédouines .
Carnet d’un voyage de 15 jours dans les Cyclades (Amorgos et Folégandros) septembre 2016
31/08 de Bâle-Mulhouse au Pirée
Arrivée à l’aéroport d’Athènes en fin de journée, nous prenons le bus X96 pour le Pirée que nous atteignons en 1h. Nous descendons à l'arrêt près du théatre et terminons à pied (10 mn) en direction de l’hôtel réservé depuis la France : Bel hôtel tout neuf, chambre impeccable avec tout le confort. Vu l’heure, pas de recherche fastidieuse pour dénicher la perle rare, nous allons dîner sur le port chez « Souvlaki express » un fastfood spécialisé en plats grecs. Pour nous quatre ce sera des gyros et de la salade grecque (20€ avec les boissons), excellent et pas cher. Avant de retourner à l’hôtel nous allons repérer sur le port les compagnies de ferry qui desservent nos îles.
01/09 du Pirée à Amorgos
Bonne nuit mais avec clim à fond compte tenu de la chaleur moite qui règne dans les chambres. Réveil à 5h45, en 10 mn nous sommes sur le port et nous nous dirigeons vers le quai E 9 où se trouve la compagnie Seajet où nous allons acheter nos billets au kiosque. Il n'y a plus de place en classe éco et nous devons donc prendre des places en classe business (75€ au lieu de 60€). Ce n’est pas donné mais plutôt que de vouloir tenter notre chance ailleurs et prendre le risque de rester à quai nous les achetons. Les fauteuils sont identiques à la classe éco mais nous sommes installés à l'étage et la clim y est plus efficace. À 7h pile nous quittons le Pirée en direction de Siphnos, première escale. La mer va progressivement se creuser et nous allons être de plus en plus secoués en approchant de Santorin, Folegandros et Amorgos. Cette traversée ne restera pas dans les annales : Les escales durent longtemps, beaucoup de monde débarque ou embarque (surtout à Santorin) et ça bouchonne devant les racks à bagages surchargés. Les passagers qui ne débarquent pas ne sont pas autorisés à mettre le nez dehors pour profiter du soleil. Le personnel est autoritaire et acariâtre. Finalement vers 15h30 soit avec 2h de retard nous débarquons à Katapola, port principal de l'île d'Amorgos. Nous y prenons le bus local pour Aigiali, autre port de l'île où nous irons casser une petite croûte, en réalité une superbe salade grecque accompagnée de bière bien fraîche, en attendant le deuxième bus qui doit nous monter au village de Lagadha où nous avons réservé deux studios (nous sommes quatre). Vers 17h30 le bus local nous y amène en 10 mn. Là, le chauffeur, pour nous aider, demande aux gens du coin où se trouve notre logement (Amaranto room), mais le propriétaire qui attendait le bus vient à notre rencontre et nous emmène à l'appartement. Deux beaux studios avec terrasses sur le village et la mer au loin. Tout est neuf et très propre. Nous nous installons puis allons découvrir le village de Lagadha. C'est un beau village cycladique traditionnel avec ses maisons en forme de cube blanc ourlé de bleu, ses escaliers soulignés de blanc et il s’en dégage un calme, une harmonie qui nous convient parfaitement. Après avoir arpenté les ruelles en pente du village nous allons nous asseoir à la taverne de Nikos pour fêter enfin mon anniversaire après une journée fatigante et une diète forcée dans le catamaran. Nikos a été un excellent choix : après un ouzo en apéritif accompagné d'une assiette de fromages variés de l'île nous avons choisi en entrée une salade de poulpes, des aubergines puis de la chèvre au four, des calamars, des aubergines farcies.
02/09 Amorgos : balade vers Tholaria
Petit-déjeuner sur la terrasse : bel éclairage matinal, ciel bleu et soleil. Pour démarrer nous avons décidé de faire la balade qui de Lagadha va au village de Tholaria sur la montagne en face. Le chemin très agréable part du centre du village en direction de la chapelle Epanochoriani. Sur le chemin nous croisons des habitants qui reviennent apparemment de la chapelle en portant de petits sachets en plastique avec de la nourriture bénie, un muletier monté sur son âne revient également ramenant des bouteilles (vides ou pleines) : il a dû y avoir une fête dans cette chapelle. Là nous rencontrons encore quelques habitants qui terminent de nettoyer les tables de la salle commune, le pope présent nous salue. Nous visitons ces lieux redevenus calmes et sereins. La vue sur la campagne environnante est superbe. Nous reprenons notre chemin vers Tholaria que nous rejoignons au bout d'une demi-heure. Nous sommes impressionnés par les nombreuses terrasses en pierres encore en bon état qui s'étagent sur une colline très en pente près du village. Comme d'habitude le paysage est constellé de tâches blanches qui se révèlent être des chapelles qui colonisent les creux comme les sommets de la montagne. Le village de Tholaria est typiquement cycladique avec ses rues en pente, ses cubes blancs, ses églises, ses chats, ses vieux habitants, les femmes en noir, les anciens à casquette... comme c'est l'heure du déjeuner, nous nous installons à l'ombre de l'église sur la terrasse d'une petite « taberna » pour goûter aux spécialités locales : moussaka, artichauts au citron, tomates farcies et autres. Il y a peu de monde, quelques touristes, des grecs aussi très agréable moment ! Patrick et moi partons arpenter le village à la recherche de quoi satisfaire notre boulimie de photographe ! Nous retournons par le même chemin en passant cette fois-ci par le village abandonné de Stroumbos dont quelques maisons sont en train d'être réhabilitées. En fin de journée je ressors faire quelques photos du côté de la chapelle construite à flanc de montagne d'où le coucher de soleil est magnifique.
03/09 Amorgos : baignade à Aigiali Beau soleil, mais il y a toujours quelques nuages qui filent à grande vitesse vers le bout de l'île du côté d’Agios Théologos. Nous descendons à pied à Aigiali, village touristique qui s’est développé autour du port puis allons nous baigner sur la plage. L'eau est bonne et la mer calme, Patrick et moi allons ensuite découvrir la plage située un peu plus loin, celle de Levressos : c'est une petite crique ombragée de tamaris, mais la mer y est plus agitée. A Aigali, nous déjeunons au restaurant Koralli dont la terrasse donne sur la mer : très bon déjeuner de spécialités grecques. C’est ici à Aigiali que nous pouvons nous renseigner sur les tarifs des voitures de location (de 25 à 30 € par jour) et sur les billets de ferry pour Folegandros : Surprise désagréable, le prix du Seajet (le catamaran honni) d’Amorgos à Folegandros est de plus de 69€ par personne pour 2h de navigation soit plus cher que les 8h du Pirée à Amorgos dans le même « cercueil » ! Une solution alternative s’impose.
04/09 Amorgos : balade vers la chapelle de Stavros
Réveil matinal (6h45) pour qu’au moins une partie de la balade vers Stavros se fasse à la fraîche. Nous reprenons le même chemin pour la chapelle d'Epachoriani puis continuons en direction de Stavros par un sentier qui grimpe, encadré par de hauts murs de pierre sèche, résultat du travail de fourmis réalisés par des générations et des générations d'îliens. Beaucoup de dépôts de gros bidons d'eau jalonnent la campagne : ils y ont été apportés à dos de mulets pour abreuver les nombreux troupeaux de chèvres éparpillés dans la montagne. La sécheresse semble avoir durement éprouvé la nature : raquettes de figuiers de barbarie toutes fripées, minces et sèches, oliviers rachitiques sans olives, idem pour les figuiers. On se demande ce que les chèvres peuvent trouver à grignoter dans ce paysage aride. Le chemin mène d'abord à une petite chapelle blanche près d'une citerne. Un troupeau de chèvres essaie de brouter dans les environs, le berger n'est pas très loin, les chiens non plus. On voit au loin une grosse tâche blanche, c'est le monastère de Théologos. En se rapprochant on est impressionné par son aspect massif et sa blancheur immaculée. Les murs paraissent très épais et les ouvertures très exiguës. Puis le chemin longe un impressionnant mur de pierres sèches de près de 2m de haut et d'une belle épaisseur et grimpe vers un col pour bifurquer vers une falaise verticale qui se jette dans la mer tout en bas. Ce chemin accroché au bord de la falaise se dirige vers l'Est et traverse un paysage minéral vertical impressionnant, gare au vertige. On aperçoit la chapelle de Stavros après avoir passé plusieurs caps elle est construite sur un col d’où la vue s’étend vers la mer de part et d’autres de ce cap. Elle est en passe d’être réhabilitée, et pour ce faire de nombreux (plus d’une centaine) de sacs de ciment, chaux, graviers ou sable ont été montés à dos de mulet. Il y aura ici dans moins d’une semaine le pèlerinage annuel. On voit quelques marcheurs sur ces chemins, ils sont souvent français. Retour au monastère Théologos où nous nous installons dans le réduit où se trouve un four pour pique-niquer. Retour par le même chemin jusqu'à Lagadha. En fin d'après-midi nous allons faire quelques photos du coucher du soleil Patrick et moi près d'une église dont les clochers se teintent d'une belle couleur rosée sur fond de mer. Dîner chez Nikos de spécialités locales, excellent comme d'habitude.
05/09 Amorgos : déménagement pour Agios Pavlos
Après le petit-déjeuner nous descendons, Patrick et moi au village d'Aigiali pour louer une voiture chez Eudokia. (27€/jour sur 4 jours + 8 € de rachat de franchise /jour). Hier soir, après quelques recherches sur le net j’ai trouvé une alternative au Seajet qui me parait beaucoup plus agréable et de plus nettement moins chère : Prendre un ferry traditionnel sur Naxos (12€) puis un autre sur Folégandros (11€) ce qui nous permet de plus de visiter Naxos puisque nous aurons près de 5h de battement entre les deux ferries. Départ en voiture pour Agia Pavlos distant de 5 km. C'est moins qu'un hameau au bord de la mer : en fait il y a un hôtel, une plage, quelques appartements à louer, 3 maisons locales et c'est tout. Le site est superbe juste en face de l îlot rocheux de Nikouria. Nous déposons nos affaires, prenons le déjeuner sur la terrasse puis partons en direction de la ville haute de Hora. Nous nous garons sur le parking et pénétrons en ville par une petite ruelle sans beaucoup d'intérêt et avec quelques maisons ruinées. Mais un peu plus loin apparaissent de belles églises, de belles maisons et des magasins qui témoignent d'une activité touristique certaine : nous voilà dans le centre du village et les magasins succèdent aux tavernes, restaurants et cafés. Il y a des touristes qui visitent, se désaltèrent ou déjeunent. L'éclairage commence à être intéressant et Pat et moi mitraillons à tout va. Vers 19h nous grimpons vers les moulins qui occupent la crête de la montagne pour jouir du coucher de soleil. De là haut, superbe vue sur l'île, la mer et plus loin à l'horizon d'autres îles. Retour à Aga Pavlos.
06/09 Amorgos : visite du monastère Chozoviotissa, baignade sur la plage d’Ag. Anna
Nous partons en direction de Hora et du monastère Moni Chozoviotissa. Il est 8h30 et il y a peu de monde à cette heure, nous nous garons sans peine sur le petit parking situé à 15 mn à pied du monastère il faut ensuite gravir un chemin en escalier qui grimpe au flanc de la falaise en direction du monastère. En approchant le monastère se dévoile progressivement : au début on ne voit qu'un mince liseré de blanc qui se détache sur le fond gris de la falaise puis progressivement ce fin liseré s'élargit et le monastère apparaît dans toute son importance. Il est haut de 8 étages mais large de seulement 5 m ! On y pénètre par une porte basse surmontée d’un beau linteau sculpté en marbre puis un escalier très pentu et étroit coincé entre la masse rocheuse et le bâtiment mène à l'étage supérieur. On arrive ensuite dans l'église dont certaines icônes et peintures sont très anciennes. Un mince balcon de 2 à 3m de large permet de voir la mer devant soi. Encore un étage et l'on se retrouve dans une salle commune où les deux moines présents servent une liqueur, un verre d'eau et des loukoums. C'est tellement exigu que peu de visiteurs à la fois peuvent visiter ce monastère, heureusement nous étions moins de 10 personnes au moment de notre visite. Patrick et moi allons faire quelques photos depuis le haut du chemin qui continue vers Profitis Ilias mais le ciel assez couvert plombe les photos. C'est ensuite la descente en sens inverse jusqu'à la porte d'entrée. Retour au parking où nous prenons la route qui descend vers la minuscule plage d’Agia Anna tout proche. Là aussi heureusement nous n'étions que 10 baigneurs, d’ailleurs on aurait eu du mal à trouver où mettre sa serviette si nous avions été plus de 20 ! La plage est en fait une petite crique de 12m de large et 3/4m de profondeur encadrée par des rochers plats sur lesquels on peut se coucher ou se faire bronzer. L'eau est claire, à bonne température, et il y a peu de vagues. Un peu plus tard nous remontons à Hora et allons déjeuner à la taverne chez Leotrivi sur la terrasse. Excellent repas, spécialités à base de veau ou d'agneau !
07/09 Amorgos : découverte du sud de l’île
Grande ballade en voiture vers le sud de l'île. Nous dépassons Hora pour prendre la route vers Kamari et Vroutsi. Premier arrêt pour visiter le couvent de femmes de Valsaminas où il ne reste qu'une religieuse, très sympathique au demeurant et qui nous a accueillis avec le sourire en nous offrant un verre d'eau et des fruits. Le couvent est situé dans un vallon dans un très bel endroit calme et serein les dépendances du couvent sont très fleuries et la petite terrasse devant l'église propice à la méditation. Nous reprenons la route vers Vroutsi où nous nous garons près d'une taverne, en face de l'église là un chemin indique le kastro (35mn) but de notre balade le chemin descend d'abord vers une église droit devant nous vers la mer puis passe à gauche en contrebas pour continuer vers le kastro que l'on voit sur son éperon rocheux devant la mer. Le chemin longe un torrent à sec assez creusé puis remonte jusqu'au kastro. Belle vue sur la mer et retour au village où nous nous arrêtons pour déjeuner sur la terrasse de la taverne d'excellents plats de viande (porc ou agneau). Nous repartons en voiture en direction de Kalotaritissa. Arrêt devant l’épave d'un navire naufragé qui a servi de décor dans le film le « Grand bleu ». Dommage que la plage devant l'épave soit devenue un dépôt d'ordures ! Nous continuons la route jusqu'à son terminus, le bout du bout comme dirait Pat, et ici le bout du bout c'est une très belle plage en cul de sac avec une eau claire, sans aucune vague, quelques galets pour rentrer dans l'eau et puis du sable, le pied !!! Nous allons y passer quelques bons moments .
08/09 Amorgos et Katapola Voilà maintenant une semaine que nous visitons Amorgos et il ne nous reste plus qu'à explorer la ville de Katapola et ses environs immédiats ce qui sera notre programme d’aujourd'hui, mais pas avant d'avoir piqué une tête dans la mer sur « notre » plage à Agia Pavlos. À Katapola nous allons d'abord nous balader dans le quartier des pêcheurs à Ksylokératidhi, quartier agréable avec des bars et de petites tavernes sur le quai. Un peu plus loin vers l’ouest se trouve une belle église avec son cimetière marin, et après quelques plages, une chapelle construite sur une avancée de terre dans la mer offre de beaux points de vue et réjouit le photographe en mal de clichés grecs. Excellent repas de poissons (riz, sepia et friture de rougets chez Dios marina). Dernier tour du côté du port commercial et retour à A. Pavlos. Il fait encore bon à cette heure (18h) pour profiter d’un dernier bain. Vers 19h15 Pat et moi allons chercher un endroit propice pour faire quelques photos du coucher du soleil : la mer, un bosquet d'arbres et les montagnes au loin de l îlot de Nikouria.
09/09 d’Amorgos à Folégandros
Départ matinal en voiture pour le port d'Aigiali. Nous laissons la voiture sur le parking du port comme convenu et attendons la venue du Blue Star qui ponctuel arrive vers 6h55. En un peu plus de 2 h nous voilà à Naxos sous un ciel assez couvert mais laissant sa chance au soleil. Tout ici nous paraît beaucoup plus grand qu'à Amorgos : le port, la ville, les nombreux touristes qui embarquent et débarquent, la pléthore de restaurants qui se succèdent sur le front de mer. Nous laissons nos bagages chez une « yaya » (une grand-mère) qui a transformé son petit appartement en consigne à sur son promontoire puis allons nous promener dans le kastro légèrement perché au-dessus de la vieille ville. Certaines maisons tombent en ruines, d'autres mériteraient d'être rénovées mais ce quartier a beaucoup de charme. Une vieille cathédrale catholique du XIIIème en occupe le centre. Puis nous faisons quelques courses alimentaires dans de vieux magasins typiques comme le Tzimplakis emporos. Nous prenons le déjeuner chez Kozi, excellent restaurant populaire spécialisé en pitas et souvlakis dont la grande terrasse donne sur la mer derrière le port. Après ce déjeuner copieux et goûteux, nous traînons sur le port en attendant notre ferry Artemis prévu à 15h30 .Traversée agréable sur ce ferry traditionnel qui s’arrêtera à Sikinos, Ios puis Folégandros où nous arriverons avec 45mn de retard soit 19h30. Cafouillage au port où personne ne nous attend contrairement à ce qui nous avait été promis. Finalement un taxi vient nous chercher vers 21h pour nous emmener à Ano Meria. Arrivée en pleine nuit dans un endroit apparemment isolé de tout, on verra demain...
10/09 : Folégandros, découverte de notre environnement
Nous découvrons notre environnement au réveil. Notre terrasse donne d'un côté vers la côte et la mer au loin, de l'autre sur les maisons éparpillées du village d'Ano Meria. Après le petit déjeuner nous partons à la découverte du village qui s'étale sur une grande surface et qui occupe la crête d'une montagne dont les flancs tombent dans la mer de part et d'autre. Des maisons succèdent aux vieux moulins, des citernes côtoient des abreuvoirs, quelques restaurants avec terrasses, puis c'est la campagne, des maisons en ruines, d'autres en passe d'être réhabilitées, des panneaux à vendre. Des motos, des mulets, des quads, de rares camions se croisent sur cette route étroite, l’unique qui traverse l’île du Sud-est au Nord-ouest. Nous trouvons aussi un supermarché situé à 20 mn à pied de notre logement, de quoi refaire des provisions. En retournant vers chez nous nous arrêtons à un restaurant dont de beaux poulpes sèchent au soleil, invitation à laquelle nous ne pouvions résister : le plat de poulpes grillés était délicieux, ainsi que les aubergines cuisinées. En fin de journée, c’est devenu un rituel, Pat et moi partons faire quelques photos au moment du coucher du soleil.
11/09 Folégandros : balade vers la plage d’Ag. Georgios
Départ à la fraîche (8h) pour la descente vers la plage d’Ag. Georgios. C’est un beau chemin qui plonge vers la mer et passe à côté de la chapelle d’Ag. Sostis toute blanche sur son promontoire. La descente continue avec un beau chemin dallé de « marbre » en forte pente néanmoins. Le ciel est bleu et malgré une petite bise le soleil se fait déjà sentir. Au bout de 50 mn nous voilà sur la petite plage de galets d 'Ag. Georgios. L'eau est d'huile et super agréable. Nous accrochons nos vêtements sur le tronc d'un tamaris et profitons du soleil et de la nature. Quelques cabanes en dur abritent des bateaux, nous sommes seuls. Au bout d'une heure commencent à arriver d'autres touristes, soit à pied mais le plus souvent motorisés, quant à nous c'est l'heure de la remontée sous un soleil qui tape dur et comme la montée est sévère c'est d'autant plus fatigant. Au bout d'une heure et demie nous voilà rendu chez nous, déjeuner sur place avec des « tiropitas » feuilletés au fromage local achetés au fournil du village.
12/09 Folégandros : Balade vers la plage de Livadaki
A 7h nous descendons en direction de la plage de Livadaki que nous atteignons en 50 mn par un chemin un peu plus chaotique qu'hier. Le paysage est très beau et sauvage. A cette heure la plage est encore à l'ombre. On se croirait dans une ria, en effet la plage est bordée d'un côté par une haute falaise verticale et de l'autre par une plus petite falaise de marbre. Nous nous baignons dans une eau agréable, nous sommes seuls, peu de temps avant de partir arrive un couple de Français déjà vu ailleurs comme souvent sur cette île. Nous quittons la plage en empruntant un autre sentier qui passe tout près d'un ancien phare. Nous allons ensuite déjeuner au « Sunset » de plats de pâtes « Matsata » au porc ou au lapin, c’est bon en dépit d’un service exécrable ! Dans l'après-midi, ayant raté le bus censé partir à 15h30 (mais qui n’existait pas à cette heure, malgré les horaires affichés), c'est par une belle ballade à pied de1h et demi par la route de crête que nous avons rejoint la ville haute de Chora : cette route qui domine le paysage offre de belles échappées sur la mer de chaque côté et sur le village de Chora en point de mire. De nombreuses placettes ombragées toutes occupées par des tavernes ou des bars animent la ville. C'est quand même très touristique avec toutes ces boutiques d'artisanat, et ces hôtels plutôt haut de gamme.
13/09 Folégandros : Balade du côté de Karavostasis
Ce matin un vent froid souffle en rafales sur l’île. À 8h nous prenons le bus (2€) pour Chora où nous allons passer quelques heures à visiter le kastro (le vieux village fortifié, refermé sur lui-même et dont les maisons servaient de remparts), à monter à la Panagia pour bénéficier d'un autre éclairage qu'hier soir, encore qu'avec les nuages nombreux qui circulent là haut il faut être patient et ne pas rater les quelques secondes où le soleil met en valeur le paysage. Arrêt café sur l'une des adorables places du village puis nous reprenons le bus pour descendre au port (1,80€). Première halte baignade sur la plage de Vardia, à l'environnement très minéral, pourtant l'eau est très bonne mais il y a quelques rouleaux. Nous allons ensuite nous baigner près du port sur une large plage de sable et galets. Pat et moi allons découvrir les autres criques vers l'ouest ainsi que la grande plage de Livadi. A Chora , déjeuner au restaurant To Spitiko où Patrick rencontre un ancien collègue amoureux de longue date de Folégandros..
14/09 Folégandros : Balade vers les plages d’Ag Nikolaos et d’Angali
Encore un réveil matinal pour éviter la chaleur fatigante quand on crapahute sur des chemins sans aucune ombre ce qui est toujours le cas ici vu qu'il n'y a aucun arbre sous lequel s'abriter ! Départ de la balade à 8h en direction de la plage d'Ag. Nikolaos par des monopatias ( sentiers) en escaliers. On a démarré le chemin à la hauteur des deux moulins ruinés sur le bord de la route qui mène à Chora, ce qui nous a permis de cheminer en partie sur une piste carrossable, ensuite le chemin est plus chaotique mais avec toujours de belles échappées ver la côte et la plage d'Ag. Nikolaos. Nous y arrivons au bout de 2h. Nous sommes presque seuls à l'exception de deux « beaux mâles » à poil ! L'eau est excellente, pas de vagues, beau décor, deux tavernes, une au bord de la plage, l'autre perchée sur la falaise et rien d'autres. De temps en temps quelques bateaux ramènent deux ou trois baigneurs, d'autres arrivent à pied par le sentier depuis Angali. Nous quittons la plage vers midi et demi et continuons le chemin vers la plage d'Angali un peu plus grande et avec quelques bâtiments en plus. De là nous remontons par un autre chemin qui débouche après une rude montée à la hauteur du musée folklorique fermé, et nous allons déjeuner chez Maria au bord de la route des crêtes tout près de notre studio : déjeuner de boulettes de favas (fèves) de salade d'aubergines grillées et de matsata.
15/09 de Folégandros au Pirée
Beau temps (que c’est banal !) dernier petit-déjeuner au studio Marianthi, à 9h pile notre logeuse nous emmène en voiture jusqu'à Karavostasis où nous attendons l'Adamanthis Korais des Zante ferries qui, ponctuel, lèvera l'ancre à 10h10. Très belle traversée sous un ciel uniformément bleu, à zigzaguer entre les îles des Cyclades : Kimolos, Milos, Siphnos, Sérifos et enfin Kythnos pour arriver après le coucher de soleil au Pirée vers 20h. Notre bateau nous laisse à deux pas de notre « fast-souvlaki » et donc de notre hôtel Faros I.
16/09 du Pirée à Bâle/Mulhouse
A 4h du matin un taxi nous emmène tous les quatre en 30 mn à l'aéroport pour 65€. Fin du voyage après deux vols sans histoire et une escale à Munich.
Budget total pour 2 personnes : 2005 € Soit : - Avion AR Bâle-Munich-Athènes (Lufthansa) : 362 € - Logement (16 nuits) : 689 € - Transport (auto, bus, ferry, essence, parking Bâle): 469 € - Nourriture/restaurants: 485 €
En conclusion
Comme je l’ai dit par ailleurs nous avions oublié combien les Cyclades pouvaient être arides, ayant ces dernières années, découvert des îles grecques beaucoup plus vertes : Céphalonie, Chios, Samos, ou Lesbos. Nous en avons d’autant plus admiré le travail de titan qui a été nécessaire pour extraire ces milliers de tonnes de cailloux, pour étayer les terrasses ou pour monter des murs empêchant le bétail de s’échapper . Le manque d’eau se fait partout ressentir, il suffit de voir l’état de la végétation, les nombreux bidons entreposés un peu partout dans la campagne et les mulets qui en sont chargés. La Grèce traverse une profonde crise économique et sociale mais il est difficile d’en voir concrètement les traces dans ces îles qui vivent du tourisme. Elles ne paraissent pas très différentes de ce que nous voyions il y a plus de dix ans. Il n’empêche que les prix de l’alimentation dans les petits supermarchés sont à minima au même prix qu’en France et qu’avec un smic grec moitié moindre que le nôtre, s’alimenter doit revenir très cher ! Quant à ces deux îles nous les avons aimées l’une autant que l’autre. Elles se ressemblent par leur côté montagneux, aride et sauvage. Folégandros est une île paradoxale : très touristique à Chora où abondent beaucoup d’hôtels (plus de 30 dans ce petit village) dont certains haut de gamme alors que le reste de l’île est beaucoup plus sauvage et isolé. Nous n’avons rencontré que très peu de marcheurs durant nos randos quotidiennes, et comme je le disais les plages étaient désertes le matin et un peu plus fréquentées après 11h.
L’album de photos est visible sur google photos en cliquant sur ce lien :
https://goo.gl/photos/uURwpmGSWi6C65Cu8
NB : en mode diaporama (accessible en cliquant sur 3 point verticaux) vous ne verrez pas les légendes, par contre si vous visionnez l’album, photo par photo, (en mode diaporama cliquez sur l’icône en forme de croix à gauche en bas de la photo) vous verrez les légendes sous les photos comme d’habitude.
Arrivée à l’aéroport d’Athènes en fin de journée, nous prenons le bus X96 pour le Pirée que nous atteignons en 1h. Nous descendons à l'arrêt près du théatre et terminons à pied (10 mn) en direction de l’hôtel réservé depuis la France : Bel hôtel tout neuf, chambre impeccable avec tout le confort. Vu l’heure, pas de recherche fastidieuse pour dénicher la perle rare, nous allons dîner sur le port chez « Souvlaki express » un fastfood spécialisé en plats grecs. Pour nous quatre ce sera des gyros et de la salade grecque (20€ avec les boissons), excellent et pas cher. Avant de retourner à l’hôtel nous allons repérer sur le port les compagnies de ferry qui desservent nos îles.
01/09 du Pirée à Amorgos
Bonne nuit mais avec clim à fond compte tenu de la chaleur moite qui règne dans les chambres. Réveil à 5h45, en 10 mn nous sommes sur le port et nous nous dirigeons vers le quai E 9 où se trouve la compagnie Seajet où nous allons acheter nos billets au kiosque. Il n'y a plus de place en classe éco et nous devons donc prendre des places en classe business (75€ au lieu de 60€). Ce n’est pas donné mais plutôt que de vouloir tenter notre chance ailleurs et prendre le risque de rester à quai nous les achetons. Les fauteuils sont identiques à la classe éco mais nous sommes installés à l'étage et la clim y est plus efficace. À 7h pile nous quittons le Pirée en direction de Siphnos, première escale. La mer va progressivement se creuser et nous allons être de plus en plus secoués en approchant de Santorin, Folegandros et Amorgos. Cette traversée ne restera pas dans les annales : Les escales durent longtemps, beaucoup de monde débarque ou embarque (surtout à Santorin) et ça bouchonne devant les racks à bagages surchargés. Les passagers qui ne débarquent pas ne sont pas autorisés à mettre le nez dehors pour profiter du soleil. Le personnel est autoritaire et acariâtre. Finalement vers 15h30 soit avec 2h de retard nous débarquons à Katapola, port principal de l'île d'Amorgos. Nous y prenons le bus local pour Aigiali, autre port de l'île où nous irons casser une petite croûte, en réalité une superbe salade grecque accompagnée de bière bien fraîche, en attendant le deuxième bus qui doit nous monter au village de Lagadha où nous avons réservé deux studios (nous sommes quatre). Vers 17h30 le bus local nous y amène en 10 mn. Là, le chauffeur, pour nous aider, demande aux gens du coin où se trouve notre logement (Amaranto room), mais le propriétaire qui attendait le bus vient à notre rencontre et nous emmène à l'appartement. Deux beaux studios avec terrasses sur le village et la mer au loin. Tout est neuf et très propre. Nous nous installons puis allons découvrir le village de Lagadha. C'est un beau village cycladique traditionnel avec ses maisons en forme de cube blanc ourlé de bleu, ses escaliers soulignés de blanc et il s’en dégage un calme, une harmonie qui nous convient parfaitement. Après avoir arpenté les ruelles en pente du village nous allons nous asseoir à la taverne de Nikos pour fêter enfin mon anniversaire après une journée fatigante et une diète forcée dans le catamaran. Nikos a été un excellent choix : après un ouzo en apéritif accompagné d'une assiette de fromages variés de l'île nous avons choisi en entrée une salade de poulpes, des aubergines puis de la chèvre au four, des calamars, des aubergines farcies.
02/09 Amorgos : balade vers Tholaria
Petit-déjeuner sur la terrasse : bel éclairage matinal, ciel bleu et soleil. Pour démarrer nous avons décidé de faire la balade qui de Lagadha va au village de Tholaria sur la montagne en face. Le chemin très agréable part du centre du village en direction de la chapelle Epanochoriani. Sur le chemin nous croisons des habitants qui reviennent apparemment de la chapelle en portant de petits sachets en plastique avec de la nourriture bénie, un muletier monté sur son âne revient également ramenant des bouteilles (vides ou pleines) : il a dû y avoir une fête dans cette chapelle. Là nous rencontrons encore quelques habitants qui terminent de nettoyer les tables de la salle commune, le pope présent nous salue. Nous visitons ces lieux redevenus calmes et sereins. La vue sur la campagne environnante est superbe. Nous reprenons notre chemin vers Tholaria que nous rejoignons au bout d'une demi-heure. Nous sommes impressionnés par les nombreuses terrasses en pierres encore en bon état qui s'étagent sur une colline très en pente près du village. Comme d'habitude le paysage est constellé de tâches blanches qui se révèlent être des chapelles qui colonisent les creux comme les sommets de la montagne. Le village de Tholaria est typiquement cycladique avec ses rues en pente, ses cubes blancs, ses églises, ses chats, ses vieux habitants, les femmes en noir, les anciens à casquette... comme c'est l'heure du déjeuner, nous nous installons à l'ombre de l'église sur la terrasse d'une petite « taberna » pour goûter aux spécialités locales : moussaka, artichauts au citron, tomates farcies et autres. Il y a peu de monde, quelques touristes, des grecs aussi très agréable moment ! Patrick et moi partons arpenter le village à la recherche de quoi satisfaire notre boulimie de photographe ! Nous retournons par le même chemin en passant cette fois-ci par le village abandonné de Stroumbos dont quelques maisons sont en train d'être réhabilitées. En fin de journée je ressors faire quelques photos du côté de la chapelle construite à flanc de montagne d'où le coucher de soleil est magnifique.
03/09 Amorgos : baignade à Aigiali Beau soleil, mais il y a toujours quelques nuages qui filent à grande vitesse vers le bout de l'île du côté d’Agios Théologos. Nous descendons à pied à Aigiali, village touristique qui s’est développé autour du port puis allons nous baigner sur la plage. L'eau est bonne et la mer calme, Patrick et moi allons ensuite découvrir la plage située un peu plus loin, celle de Levressos : c'est une petite crique ombragée de tamaris, mais la mer y est plus agitée. A Aigali, nous déjeunons au restaurant Koralli dont la terrasse donne sur la mer : très bon déjeuner de spécialités grecques. C’est ici à Aigiali que nous pouvons nous renseigner sur les tarifs des voitures de location (de 25 à 30 € par jour) et sur les billets de ferry pour Folegandros : Surprise désagréable, le prix du Seajet (le catamaran honni) d’Amorgos à Folegandros est de plus de 69€ par personne pour 2h de navigation soit plus cher que les 8h du Pirée à Amorgos dans le même « cercueil » ! Une solution alternative s’impose.
04/09 Amorgos : balade vers la chapelle de Stavros
Réveil matinal (6h45) pour qu’au moins une partie de la balade vers Stavros se fasse à la fraîche. Nous reprenons le même chemin pour la chapelle d'Epachoriani puis continuons en direction de Stavros par un sentier qui grimpe, encadré par de hauts murs de pierre sèche, résultat du travail de fourmis réalisés par des générations et des générations d'îliens. Beaucoup de dépôts de gros bidons d'eau jalonnent la campagne : ils y ont été apportés à dos de mulets pour abreuver les nombreux troupeaux de chèvres éparpillés dans la montagne. La sécheresse semble avoir durement éprouvé la nature : raquettes de figuiers de barbarie toutes fripées, minces et sèches, oliviers rachitiques sans olives, idem pour les figuiers. On se demande ce que les chèvres peuvent trouver à grignoter dans ce paysage aride. Le chemin mène d'abord à une petite chapelle blanche près d'une citerne. Un troupeau de chèvres essaie de brouter dans les environs, le berger n'est pas très loin, les chiens non plus. On voit au loin une grosse tâche blanche, c'est le monastère de Théologos. En se rapprochant on est impressionné par son aspect massif et sa blancheur immaculée. Les murs paraissent très épais et les ouvertures très exiguës. Puis le chemin longe un impressionnant mur de pierres sèches de près de 2m de haut et d'une belle épaisseur et grimpe vers un col pour bifurquer vers une falaise verticale qui se jette dans la mer tout en bas. Ce chemin accroché au bord de la falaise se dirige vers l'Est et traverse un paysage minéral vertical impressionnant, gare au vertige. On aperçoit la chapelle de Stavros après avoir passé plusieurs caps elle est construite sur un col d’où la vue s’étend vers la mer de part et d’autres de ce cap. Elle est en passe d’être réhabilitée, et pour ce faire de nombreux (plus d’une centaine) de sacs de ciment, chaux, graviers ou sable ont été montés à dos de mulet. Il y aura ici dans moins d’une semaine le pèlerinage annuel. On voit quelques marcheurs sur ces chemins, ils sont souvent français. Retour au monastère Théologos où nous nous installons dans le réduit où se trouve un four pour pique-niquer. Retour par le même chemin jusqu'à Lagadha. En fin d'après-midi nous allons faire quelques photos du coucher du soleil Patrick et moi près d'une église dont les clochers se teintent d'une belle couleur rosée sur fond de mer. Dîner chez Nikos de spécialités locales, excellent comme d'habitude.
05/09 Amorgos : déménagement pour Agios Pavlos
Après le petit-déjeuner nous descendons, Patrick et moi au village d'Aigiali pour louer une voiture chez Eudokia. (27€/jour sur 4 jours + 8 € de rachat de franchise /jour). Hier soir, après quelques recherches sur le net j’ai trouvé une alternative au Seajet qui me parait beaucoup plus agréable et de plus nettement moins chère : Prendre un ferry traditionnel sur Naxos (12€) puis un autre sur Folégandros (11€) ce qui nous permet de plus de visiter Naxos puisque nous aurons près de 5h de battement entre les deux ferries. Départ en voiture pour Agia Pavlos distant de 5 km. C'est moins qu'un hameau au bord de la mer : en fait il y a un hôtel, une plage, quelques appartements à louer, 3 maisons locales et c'est tout. Le site est superbe juste en face de l îlot rocheux de Nikouria. Nous déposons nos affaires, prenons le déjeuner sur la terrasse puis partons en direction de la ville haute de Hora. Nous nous garons sur le parking et pénétrons en ville par une petite ruelle sans beaucoup d'intérêt et avec quelques maisons ruinées. Mais un peu plus loin apparaissent de belles églises, de belles maisons et des magasins qui témoignent d'une activité touristique certaine : nous voilà dans le centre du village et les magasins succèdent aux tavernes, restaurants et cafés. Il y a des touristes qui visitent, se désaltèrent ou déjeunent. L'éclairage commence à être intéressant et Pat et moi mitraillons à tout va. Vers 19h nous grimpons vers les moulins qui occupent la crête de la montagne pour jouir du coucher de soleil. De là haut, superbe vue sur l'île, la mer et plus loin à l'horizon d'autres îles. Retour à Aga Pavlos.
06/09 Amorgos : visite du monastère Chozoviotissa, baignade sur la plage d’Ag. Anna
Nous partons en direction de Hora et du monastère Moni Chozoviotissa. Il est 8h30 et il y a peu de monde à cette heure, nous nous garons sans peine sur le petit parking situé à 15 mn à pied du monastère il faut ensuite gravir un chemin en escalier qui grimpe au flanc de la falaise en direction du monastère. En approchant le monastère se dévoile progressivement : au début on ne voit qu'un mince liseré de blanc qui se détache sur le fond gris de la falaise puis progressivement ce fin liseré s'élargit et le monastère apparaît dans toute son importance. Il est haut de 8 étages mais large de seulement 5 m ! On y pénètre par une porte basse surmontée d’un beau linteau sculpté en marbre puis un escalier très pentu et étroit coincé entre la masse rocheuse et le bâtiment mène à l'étage supérieur. On arrive ensuite dans l'église dont certaines icônes et peintures sont très anciennes. Un mince balcon de 2 à 3m de large permet de voir la mer devant soi. Encore un étage et l'on se retrouve dans une salle commune où les deux moines présents servent une liqueur, un verre d'eau et des loukoums. C'est tellement exigu que peu de visiteurs à la fois peuvent visiter ce monastère, heureusement nous étions moins de 10 personnes au moment de notre visite. Patrick et moi allons faire quelques photos depuis le haut du chemin qui continue vers Profitis Ilias mais le ciel assez couvert plombe les photos. C'est ensuite la descente en sens inverse jusqu'à la porte d'entrée. Retour au parking où nous prenons la route qui descend vers la minuscule plage d’Agia Anna tout proche. Là aussi heureusement nous n'étions que 10 baigneurs, d’ailleurs on aurait eu du mal à trouver où mettre sa serviette si nous avions été plus de 20 ! La plage est en fait une petite crique de 12m de large et 3/4m de profondeur encadrée par des rochers plats sur lesquels on peut se coucher ou se faire bronzer. L'eau est claire, à bonne température, et il y a peu de vagues. Un peu plus tard nous remontons à Hora et allons déjeuner à la taverne chez Leotrivi sur la terrasse. Excellent repas, spécialités à base de veau ou d'agneau !
07/09 Amorgos : découverte du sud de l’île
Grande ballade en voiture vers le sud de l'île. Nous dépassons Hora pour prendre la route vers Kamari et Vroutsi. Premier arrêt pour visiter le couvent de femmes de Valsaminas où il ne reste qu'une religieuse, très sympathique au demeurant et qui nous a accueillis avec le sourire en nous offrant un verre d'eau et des fruits. Le couvent est situé dans un vallon dans un très bel endroit calme et serein les dépendances du couvent sont très fleuries et la petite terrasse devant l'église propice à la méditation. Nous reprenons la route vers Vroutsi où nous nous garons près d'une taverne, en face de l'église là un chemin indique le kastro (35mn) but de notre balade le chemin descend d'abord vers une église droit devant nous vers la mer puis passe à gauche en contrebas pour continuer vers le kastro que l'on voit sur son éperon rocheux devant la mer. Le chemin longe un torrent à sec assez creusé puis remonte jusqu'au kastro. Belle vue sur la mer et retour au village où nous nous arrêtons pour déjeuner sur la terrasse de la taverne d'excellents plats de viande (porc ou agneau). Nous repartons en voiture en direction de Kalotaritissa. Arrêt devant l’épave d'un navire naufragé qui a servi de décor dans le film le « Grand bleu ». Dommage que la plage devant l'épave soit devenue un dépôt d'ordures ! Nous continuons la route jusqu'à son terminus, le bout du bout comme dirait Pat, et ici le bout du bout c'est une très belle plage en cul de sac avec une eau claire, sans aucune vague, quelques galets pour rentrer dans l'eau et puis du sable, le pied !!! Nous allons y passer quelques bons moments .
08/09 Amorgos et Katapola Voilà maintenant une semaine que nous visitons Amorgos et il ne nous reste plus qu'à explorer la ville de Katapola et ses environs immédiats ce qui sera notre programme d’aujourd'hui, mais pas avant d'avoir piqué une tête dans la mer sur « notre » plage à Agia Pavlos. À Katapola nous allons d'abord nous balader dans le quartier des pêcheurs à Ksylokératidhi, quartier agréable avec des bars et de petites tavernes sur le quai. Un peu plus loin vers l’ouest se trouve une belle église avec son cimetière marin, et après quelques plages, une chapelle construite sur une avancée de terre dans la mer offre de beaux points de vue et réjouit le photographe en mal de clichés grecs. Excellent repas de poissons (riz, sepia et friture de rougets chez Dios marina). Dernier tour du côté du port commercial et retour à A. Pavlos. Il fait encore bon à cette heure (18h) pour profiter d’un dernier bain. Vers 19h15 Pat et moi allons chercher un endroit propice pour faire quelques photos du coucher du soleil : la mer, un bosquet d'arbres et les montagnes au loin de l îlot de Nikouria.
09/09 d’Amorgos à Folégandros
Départ matinal en voiture pour le port d'Aigiali. Nous laissons la voiture sur le parking du port comme convenu et attendons la venue du Blue Star qui ponctuel arrive vers 6h55. En un peu plus de 2 h nous voilà à Naxos sous un ciel assez couvert mais laissant sa chance au soleil. Tout ici nous paraît beaucoup plus grand qu'à Amorgos : le port, la ville, les nombreux touristes qui embarquent et débarquent, la pléthore de restaurants qui se succèdent sur le front de mer. Nous laissons nos bagages chez une « yaya » (une grand-mère) qui a transformé son petit appartement en consigne à sur son promontoire puis allons nous promener dans le kastro légèrement perché au-dessus de la vieille ville. Certaines maisons tombent en ruines, d'autres mériteraient d'être rénovées mais ce quartier a beaucoup de charme. Une vieille cathédrale catholique du XIIIème en occupe le centre. Puis nous faisons quelques courses alimentaires dans de vieux magasins typiques comme le Tzimplakis emporos. Nous prenons le déjeuner chez Kozi, excellent restaurant populaire spécialisé en pitas et souvlakis dont la grande terrasse donne sur la mer derrière le port. Après ce déjeuner copieux et goûteux, nous traînons sur le port en attendant notre ferry Artemis prévu à 15h30 .Traversée agréable sur ce ferry traditionnel qui s’arrêtera à Sikinos, Ios puis Folégandros où nous arriverons avec 45mn de retard soit 19h30. Cafouillage au port où personne ne nous attend contrairement à ce qui nous avait été promis. Finalement un taxi vient nous chercher vers 21h pour nous emmener à Ano Meria. Arrivée en pleine nuit dans un endroit apparemment isolé de tout, on verra demain...
10/09 : Folégandros, découverte de notre environnement
Nous découvrons notre environnement au réveil. Notre terrasse donne d'un côté vers la côte et la mer au loin, de l'autre sur les maisons éparpillées du village d'Ano Meria. Après le petit déjeuner nous partons à la découverte du village qui s'étale sur une grande surface et qui occupe la crête d'une montagne dont les flancs tombent dans la mer de part et d'autre. Des maisons succèdent aux vieux moulins, des citernes côtoient des abreuvoirs, quelques restaurants avec terrasses, puis c'est la campagne, des maisons en ruines, d'autres en passe d'être réhabilitées, des panneaux à vendre. Des motos, des mulets, des quads, de rares camions se croisent sur cette route étroite, l’unique qui traverse l’île du Sud-est au Nord-ouest. Nous trouvons aussi un supermarché situé à 20 mn à pied de notre logement, de quoi refaire des provisions. En retournant vers chez nous nous arrêtons à un restaurant dont de beaux poulpes sèchent au soleil, invitation à laquelle nous ne pouvions résister : le plat de poulpes grillés était délicieux, ainsi que les aubergines cuisinées. En fin de journée, c’est devenu un rituel, Pat et moi partons faire quelques photos au moment du coucher du soleil.
11/09 Folégandros : balade vers la plage d’Ag. Georgios
Départ à la fraîche (8h) pour la descente vers la plage d’Ag. Georgios. C’est un beau chemin qui plonge vers la mer et passe à côté de la chapelle d’Ag. Sostis toute blanche sur son promontoire. La descente continue avec un beau chemin dallé de « marbre » en forte pente néanmoins. Le ciel est bleu et malgré une petite bise le soleil se fait déjà sentir. Au bout de 50 mn nous voilà sur la petite plage de galets d 'Ag. Georgios. L'eau est d'huile et super agréable. Nous accrochons nos vêtements sur le tronc d'un tamaris et profitons du soleil et de la nature. Quelques cabanes en dur abritent des bateaux, nous sommes seuls. Au bout d'une heure commencent à arriver d'autres touristes, soit à pied mais le plus souvent motorisés, quant à nous c'est l'heure de la remontée sous un soleil qui tape dur et comme la montée est sévère c'est d'autant plus fatigant. Au bout d'une heure et demie nous voilà rendu chez nous, déjeuner sur place avec des « tiropitas » feuilletés au fromage local achetés au fournil du village.
12/09 Folégandros : Balade vers la plage de Livadaki
A 7h nous descendons en direction de la plage de Livadaki que nous atteignons en 50 mn par un chemin un peu plus chaotique qu'hier. Le paysage est très beau et sauvage. A cette heure la plage est encore à l'ombre. On se croirait dans une ria, en effet la plage est bordée d'un côté par une haute falaise verticale et de l'autre par une plus petite falaise de marbre. Nous nous baignons dans une eau agréable, nous sommes seuls, peu de temps avant de partir arrive un couple de Français déjà vu ailleurs comme souvent sur cette île. Nous quittons la plage en empruntant un autre sentier qui passe tout près d'un ancien phare. Nous allons ensuite déjeuner au « Sunset » de plats de pâtes « Matsata » au porc ou au lapin, c’est bon en dépit d’un service exécrable ! Dans l'après-midi, ayant raté le bus censé partir à 15h30 (mais qui n’existait pas à cette heure, malgré les horaires affichés), c'est par une belle ballade à pied de1h et demi par la route de crête que nous avons rejoint la ville haute de Chora : cette route qui domine le paysage offre de belles échappées sur la mer de chaque côté et sur le village de Chora en point de mire. De nombreuses placettes ombragées toutes occupées par des tavernes ou des bars animent la ville. C'est quand même très touristique avec toutes ces boutiques d'artisanat, et ces hôtels plutôt haut de gamme.
13/09 Folégandros : Balade du côté de Karavostasis
Ce matin un vent froid souffle en rafales sur l’île. À 8h nous prenons le bus (2€) pour Chora où nous allons passer quelques heures à visiter le kastro (le vieux village fortifié, refermé sur lui-même et dont les maisons servaient de remparts), à monter à la Panagia pour bénéficier d'un autre éclairage qu'hier soir, encore qu'avec les nuages nombreux qui circulent là haut il faut être patient et ne pas rater les quelques secondes où le soleil met en valeur le paysage. Arrêt café sur l'une des adorables places du village puis nous reprenons le bus pour descendre au port (1,80€). Première halte baignade sur la plage de Vardia, à l'environnement très minéral, pourtant l'eau est très bonne mais il y a quelques rouleaux. Nous allons ensuite nous baigner près du port sur une large plage de sable et galets. Pat et moi allons découvrir les autres criques vers l'ouest ainsi que la grande plage de Livadi. A Chora , déjeuner au restaurant To Spitiko où Patrick rencontre un ancien collègue amoureux de longue date de Folégandros..
14/09 Folégandros : Balade vers les plages d’Ag Nikolaos et d’Angali
Encore un réveil matinal pour éviter la chaleur fatigante quand on crapahute sur des chemins sans aucune ombre ce qui est toujours le cas ici vu qu'il n'y a aucun arbre sous lequel s'abriter ! Départ de la balade à 8h en direction de la plage d'Ag. Nikolaos par des monopatias ( sentiers) en escaliers. On a démarré le chemin à la hauteur des deux moulins ruinés sur le bord de la route qui mène à Chora, ce qui nous a permis de cheminer en partie sur une piste carrossable, ensuite le chemin est plus chaotique mais avec toujours de belles échappées ver la côte et la plage d'Ag. Nikolaos. Nous y arrivons au bout de 2h. Nous sommes presque seuls à l'exception de deux « beaux mâles » à poil ! L'eau est excellente, pas de vagues, beau décor, deux tavernes, une au bord de la plage, l'autre perchée sur la falaise et rien d'autres. De temps en temps quelques bateaux ramènent deux ou trois baigneurs, d'autres arrivent à pied par le sentier depuis Angali. Nous quittons la plage vers midi et demi et continuons le chemin vers la plage d'Angali un peu plus grande et avec quelques bâtiments en plus. De là nous remontons par un autre chemin qui débouche après une rude montée à la hauteur du musée folklorique fermé, et nous allons déjeuner chez Maria au bord de la route des crêtes tout près de notre studio : déjeuner de boulettes de favas (fèves) de salade d'aubergines grillées et de matsata.
15/09 de Folégandros au Pirée
Beau temps (que c’est banal !) dernier petit-déjeuner au studio Marianthi, à 9h pile notre logeuse nous emmène en voiture jusqu'à Karavostasis où nous attendons l'Adamanthis Korais des Zante ferries qui, ponctuel, lèvera l'ancre à 10h10. Très belle traversée sous un ciel uniformément bleu, à zigzaguer entre les îles des Cyclades : Kimolos, Milos, Siphnos, Sérifos et enfin Kythnos pour arriver après le coucher de soleil au Pirée vers 20h. Notre bateau nous laisse à deux pas de notre « fast-souvlaki » et donc de notre hôtel Faros I.
16/09 du Pirée à Bâle/Mulhouse
A 4h du matin un taxi nous emmène tous les quatre en 30 mn à l'aéroport pour 65€. Fin du voyage après deux vols sans histoire et une escale à Munich.
Budget total pour 2 personnes : 2005 € Soit : - Avion AR Bâle-Munich-Athènes (Lufthansa) : 362 € - Logement (16 nuits) : 689 € - Transport (auto, bus, ferry, essence, parking Bâle): 469 € - Nourriture/restaurants: 485 €
En conclusion
Comme je l’ai dit par ailleurs nous avions oublié combien les Cyclades pouvaient être arides, ayant ces dernières années, découvert des îles grecques beaucoup plus vertes : Céphalonie, Chios, Samos, ou Lesbos. Nous en avons d’autant plus admiré le travail de titan qui a été nécessaire pour extraire ces milliers de tonnes de cailloux, pour étayer les terrasses ou pour monter des murs empêchant le bétail de s’échapper . Le manque d’eau se fait partout ressentir, il suffit de voir l’état de la végétation, les nombreux bidons entreposés un peu partout dans la campagne et les mulets qui en sont chargés. La Grèce traverse une profonde crise économique et sociale mais il est difficile d’en voir concrètement les traces dans ces îles qui vivent du tourisme. Elles ne paraissent pas très différentes de ce que nous voyions il y a plus de dix ans. Il n’empêche que les prix de l’alimentation dans les petits supermarchés sont à minima au même prix qu’en France et qu’avec un smic grec moitié moindre que le nôtre, s’alimenter doit revenir très cher ! Quant à ces deux îles nous les avons aimées l’une autant que l’autre. Elles se ressemblent par leur côté montagneux, aride et sauvage. Folégandros est une île paradoxale : très touristique à Chora où abondent beaucoup d’hôtels (plus de 30 dans ce petit village) dont certains haut de gamme alors que le reste de l’île est beaucoup plus sauvage et isolé. Nous n’avons rencontré que très peu de marcheurs durant nos randos quotidiennes, et comme je le disais les plages étaient désertes le matin et un peu plus fréquentées après 11h.
L’album de photos est visible sur google photos en cliquant sur ce lien :
https://goo.gl/photos/uURwpmGSWi6C65Cu8
NB : en mode diaporama (accessible en cliquant sur 3 point verticaux) vous ne verrez pas les légendes, par contre si vous visionnez l’album, photo par photo, (en mode diaporama cliquez sur l’icône en forme de croix à gauche en bas de la photo) vous verrez les légendes sous les photos comme d’habitude.
Mésaventure en hôtel à Fénérive Est (Madagascar)
Salut les amis du forum.
Ce n'est pas dans mes habitude de faire ce genre de poste, mais là. . . . C'est trop.
Durant note périple à Madagascar, pour des raisons professionnelles, nous avons fait un grand saut dans l'est du pays et plus précisément à Fenerive Est.
Il y avait dans la ville une foire qui à fait qu'il y avait du peuple et il nous à été assez difficile de prouver un hôtel dans le centre ville, ne disposant pas de véhicule pour aller en dehors.
En cherchant bien, nous avons trouver un truc du non de Le Choix, mais nous n'en avions pas ; Le choix, vu que c'est le dernier disponible. Prix de chambre : 30 000Ar Pas de télé. Pas d'eau chaude. Seul plus : le Wifi . . ..
Dès le départ, rien ne se présente bien. . . .
La soit disant proprio nous reçoit comme de la merde et fait sa mégère en prenant de haut lors de la resa l'après midi (16h00), car mon épouse est Malgache, mais d'une autre ethnie qu'elle.
Notre arrivé à 20h00 le personnel est de meilleur humeur et nous reçois bien.
Mais le problème c'est que les chambres qui nous sont réservées, sont calamiteuse. Dans un piteux état.
Le lit qui craque dès que l'on bouge dessus.
Insonorisation des chambres, totalement inexistante : de notre chambre, tout ce qui se dit à l'accueil ou dans la chambre voisine et au dehors est entendu très clairement (Ronflement, bavardage, rires, drague, musique, etc. .. )
Nous avons un bébé de 07 mois qui tarde à trouver le sommeil, mais le petit est courageux et ne pleure pas. .. .
Quand à nous les parents nous ne retrouvons le marchant de sable que sur les coups de minuit, une que fois la proprio ait finit de draguer les ""Blanc"" qui s'étaient attarder au resto.
La chambre :
Pas de nettoyage dans un pays avec autant de sable au sol. De la poussière partout. Des draps troués. Le matelas ayant passer les moments les plus pénible de sa vie et est rester quand même voir l'avenir. . .. .😠 sur le lit.
Des nids de guêpes dans les coins des murs. Un plafond avec des traces de fuites du toit et des mures qui montres bien les coulées d'eau.
Je ne vous parle même pas de dessous des lits sous lesquels je ne placerait pas un cochon, car il mourrait étouffé (mauvais traitement aux animaux).
La douche avec des traces sur les murs, . Le robinet du lavabo avec des traces de calcaire, on dirait qu'il est pétrifier dans le temps. . .. Les traces de rouille sur le lavabo laisse bien à deviner de la qualité du robinet Fuite d'eau au niveau du lavabo.
Le truc qui recouvrait la table est un moreau de linoléum (Plastique pour le sol) de très mauvais gout.
Une fois que j'ai voulu prendre ma douche, je vais au lavabo pour me laver le visage, et à la première ouverture du robinet, j'ai le bouton dans la main et un jet d'eau qui remonte au visage, le truc est cassé.
Je fait appeler la proprio qui, pas contente fait fermé l'eau de toute la section et ne cesse de dire à tout ceux qui lui demandent pourquoi il n'y à pas d'eau que c'est de notre faute. Elle le dit et le répète tout fort pour que mon épouse puisse l'entendre, et ce 10 fois dans la soirée.
Minuit : Enfin le calme et on peut dormir un peut. . ..
Le courant est coupé à cette même heure et reste juste une petite LBC qui fonctionne sur un circuit parallèle.
Pas très longtemps (pour dormir), car à 05h30 un vieux véhicule 4x4 diesel se met en branle devant notre chambre et cela dure 15 bonnes minute avant son départ.
06h00 - C'est le garage de mécanique qui ouvre ses portes devant notre chambre toujours. . .. Un 4x4 à un problème de roue. . . Les clés et autre coups de marteau finissent par réveiller bébé. . .. . .
De plus ces gens dont l'un d'eux est employé de l'hôtel, n'ont de cesses de nous critiquer et de dire que nous avons cassé le robinet et avons bloqué l'hôtel. Je ne dis toujours rien. . . ..
Mais quand à 08h00 la proprio revient dire à des clients que c'est à cause de nous ce problème. . .. Mon sang ne fait qu'un tour et je lui ai fait part de mes 4 vérités. . Et ce devant tout le monde (clients et employés). La salope, sans s'excuser nous dis que le réparateur fera la réparation de suite et pas plus tard. . Comme si nous voulions que cela se fasse plus tard. . ..
08h30 : le plombier est là et effectue la réparation en constatant l'état déplorable du robinet. Réparation effectuer en 10mn avec un truc neuf.
09h00 un autre véhicule en réparation au même lieu (devant notre porte). . .. . 😠😠😠 . . .Je vais me fâche. . . Mais je reste calme et fait regarder ça au bébé et les mécanos sont plus ennuyés que moi. . .MDR (Jaune)
En voyant les photos, cous comprendrez ce que je veux dire. . ..
Le garage à fermé ses portes à 10h30. . .. Nous n'avons pas eu Le Choix. . .. .Mais plus jamais là! ! ! ! !
Ce n'est pas dans mes habitude de faire ce genre de poste, mais là. . . . C'est trop.
Durant note périple à Madagascar, pour des raisons professionnelles, nous avons fait un grand saut dans l'est du pays et plus précisément à Fenerive Est.
Il y avait dans la ville une foire qui à fait qu'il y avait du peuple et il nous à été assez difficile de prouver un hôtel dans le centre ville, ne disposant pas de véhicule pour aller en dehors.
En cherchant bien, nous avons trouver un truc du non de Le Choix, mais nous n'en avions pas ; Le choix, vu que c'est le dernier disponible. Prix de chambre : 30 000Ar Pas de télé. Pas d'eau chaude. Seul plus : le Wifi . . ..
Dès le départ, rien ne se présente bien. . . .
La soit disant proprio nous reçoit comme de la merde et fait sa mégère en prenant de haut lors de la resa l'après midi (16h00), car mon épouse est Malgache, mais d'une autre ethnie qu'elle.
Notre arrivé à 20h00 le personnel est de meilleur humeur et nous reçois bien.
Mais le problème c'est que les chambres qui nous sont réservées, sont calamiteuse. Dans un piteux état.
Le lit qui craque dès que l'on bouge dessus.
Insonorisation des chambres, totalement inexistante : de notre chambre, tout ce qui se dit à l'accueil ou dans la chambre voisine et au dehors est entendu très clairement (Ronflement, bavardage, rires, drague, musique, etc. .. )
Nous avons un bébé de 07 mois qui tarde à trouver le sommeil, mais le petit est courageux et ne pleure pas. .. .
Quand à nous les parents nous ne retrouvons le marchant de sable que sur les coups de minuit, une que fois la proprio ait finit de draguer les ""Blanc"" qui s'étaient attarder au resto.
La chambre :
Pas de nettoyage dans un pays avec autant de sable au sol. De la poussière partout. Des draps troués. Le matelas ayant passer les moments les plus pénible de sa vie et est rester quand même voir l'avenir. . .. .😠 sur le lit.
Des nids de guêpes dans les coins des murs. Un plafond avec des traces de fuites du toit et des mures qui montres bien les coulées d'eau.
Je ne vous parle même pas de dessous des lits sous lesquels je ne placerait pas un cochon, car il mourrait étouffé (mauvais traitement aux animaux).
La douche avec des traces sur les murs, . Le robinet du lavabo avec des traces de calcaire, on dirait qu'il est pétrifier dans le temps. . .. Les traces de rouille sur le lavabo laisse bien à deviner de la qualité du robinet Fuite d'eau au niveau du lavabo.
Le truc qui recouvrait la table est un moreau de linoléum (Plastique pour le sol) de très mauvais gout.
Une fois que j'ai voulu prendre ma douche, je vais au lavabo pour me laver le visage, et à la première ouverture du robinet, j'ai le bouton dans la main et un jet d'eau qui remonte au visage, le truc est cassé.
Je fait appeler la proprio qui, pas contente fait fermé l'eau de toute la section et ne cesse de dire à tout ceux qui lui demandent pourquoi il n'y à pas d'eau que c'est de notre faute. Elle le dit et le répète tout fort pour que mon épouse puisse l'entendre, et ce 10 fois dans la soirée.
Minuit : Enfin le calme et on peut dormir un peut. . ..
Le courant est coupé à cette même heure et reste juste une petite LBC qui fonctionne sur un circuit parallèle.
Pas très longtemps (pour dormir), car à 05h30 un vieux véhicule 4x4 diesel se met en branle devant notre chambre et cela dure 15 bonnes minute avant son départ.
06h00 - C'est le garage de mécanique qui ouvre ses portes devant notre chambre toujours. . .. Un 4x4 à un problème de roue. . . Les clés et autre coups de marteau finissent par réveiller bébé. . .. . .
De plus ces gens dont l'un d'eux est employé de l'hôtel, n'ont de cesses de nous critiquer et de dire que nous avons cassé le robinet et avons bloqué l'hôtel. Je ne dis toujours rien. . . ..
Mais quand à 08h00 la proprio revient dire à des clients que c'est à cause de nous ce problème. . .. Mon sang ne fait qu'un tour et je lui ai fait part de mes 4 vérités. . Et ce devant tout le monde (clients et employés). La salope, sans s'excuser nous dis que le réparateur fera la réparation de suite et pas plus tard. . Comme si nous voulions que cela se fasse plus tard. . ..
08h30 : le plombier est là et effectue la réparation en constatant l'état déplorable du robinet. Réparation effectuer en 10mn avec un truc neuf.
09h00 un autre véhicule en réparation au même lieu (devant notre porte). . .. . 😠😠😠 . . .Je vais me fâche. . . Mais je reste calme et fait regarder ça au bébé et les mécanos sont plus ennuyés que moi. . .MDR (Jaune)
En voyant les photos, cous comprendrez ce que je veux dire. . ..
Le garage à fermé ses portes à 10h30. . .. Nous n'avons pas eu Le Choix. . .. .Mais plus jamais là! ! ! ! !
Road trip américain de 3 semaines le long du golfe du Mexique (avec enfants)

2 ans...2 ans que je prépare ce voyage!! Au départ, l'envie de visiter les Etats Unis. Pour moi, c'est un retour aux sources puisque j'y ai vécu et pour le reste de la tribu (mari et deux garçons de 11 et 9 ans), c'est le fantasme. Les USA comme on voit à la télé, des images qui leur trottent dans la tête : des envies de tout voir et d'être partout. On met donc sur papier les envies des uns et des autres et au final, c'est 21 jours qui nous mèneront du Texas jusqu'en Floride. 2 ans c'est très long mais c'est ce qu'il faut quand on veut un peu sortir des sentiers battus. Dans ce carnet, ce sera Notre voyage donc fait avec Nos coups de coeur. Je serai hônnète sur les détails des visites, les prix et le temps que cela nous a pris. Parfois frustrés de ne pouvoir faire plus, parfois le temps...de prendre son temps. C'est tout de même un voyage sur les chapeaux de roue, fatiguant mais whouahhhhh!!! Amazing! En détail, cela donne : J1 / Paris / Houston et route pour San Antonio J2 / San Antonio, SeaWorld J3 / Houston et le Space Center J4 / Vermilionville et Lafayette J5 / Breaux Bridge / Lake Martin / Avery Island / Houma J6 / La route des plantations / New Orleans J7 / New Orleans J8 / Pass Christian / Biloxi / Mobile J9 / Pensacola / Panama City J10 / Port St Joe / Cap San Blas / Ochlockoknee River SP / Tallahassee J11 / Fort White / Ichetucknee River / Gainesville J12 / Orlando J13 et J14 / Orlando J15 / Tampa / Fort DeSoto / Siesta Key / Punta Gorda J16 / Captiva et Sanibel / Naples J17 / Everglades J18 et 19 / Keys J20 et 21 / Miami
Je vous embarque? A trés bientôt








