Kate · 25 octobre 2024 à 12:31 · 120 photos 157 messages · 22 participants · 18 867 affichages | | | | À: RichardXI · 28 octobre 2024 à 16:30 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 41 de 157 · Page 3 de 8 · 1 770 affichages · Partager J.15 / Séjour au village de Salawas, suite
La tourista a choisi une nouvelle victime. Kate se sent très mal ce matin et préfère rester au lit. Nous partons donc tous les trois à bord de la jeep, sans notre reporter photographe, pour visiter « le pays bishnoï ». Chotaram nous explique que les bishnoïs forment une communauté religieuse née au XVe siècle qui fonde ses croyances sur un respect absolu de la vie sous toutes ses formes y compris végétale. Ce sont les seuls hindous qui enterrent leurs morts au lieu de les incinérer pour ne pas utiliser d’arbres vivants nécessaires à la combustion. Répartis sur quelques villages ils vivent essentiellement d’agriculture vivrière et d’élevage. Les femmes sont vêtues de couleurs vives, orange ou rouge, les hommes de blanc. Nous n’allons pas visiter de village proprement dit, mais nous croisons un berger et son troupeau de chèvres autour d’un point d’eau. Un peu plus loin un groupe de femmes très nombreuses forme une immense tache colorée qui se détache sur un fond de sol gris-clair. Que font-elles ? Chotaram ne nous le dit pas, mais il nous demande d’être très discret en prenant des photos. Le petit safari continue. Nous apercevons à plusieurs reprises des gazelles de différentes espèces qui sont ici considérées comme des animaux sacrés. Belle matinée que cette virée en jeep avec le vent doux qui nous fouette le visage surtout quand Chotaram s’amuse comme un petit fou à aller à fond la caisse sur certaines parties de la piste. J’aurais aimé tout de même en voir plus, en savoir plus sur cette étrange communauté bishnoï. Mais je me dis que de les avoir observés d’un peu loin est probablement plus authentique que de visiter un soi-disant village organisé pour les touristes.
En rentrant Chotaram semble absorbé par une vidéo qu’il regarde à plusieurs reprises sur son portable. Il voit mon interrogation, il me montre. C’est une bagarre qui a éclaté hier dans le village entre un groupe de musulmans extérieurs au village et les habitants. « Why ? ». Il m’explique que l’inauguration du temple à Rama mécontente les musulmans car l’édifice religieux a été bâti sur l’emplacement d’une mosquée du XVe siècle détruite lors d’affrontements interreligieux en 1992. Mes moyens en anglais sont trop limités pour creuser la question. Mais j’ai appris plus tard que le Premier ministre Narendra Modi était à l’initiative de la construction du temple, lui qui affirme que « être Indien, c’est être Hindou »...
L’après-midi, Kate n’étant toujours pas rétablie, nous descendons tous les trois au centre du village. Les gens nous regardent avec curiosité, mais avec le sourire, les gamins nous serrent la main. « Hello ! Ram-Ram ! Selfie, selfie ? ». Nous sommes de vraies stars ! La place centrale est très animée et colorée de tous ces fanions couleur safran en l’honneur du dieu Rama. Un groupe d’hommes se rassemble autour d’un camion qui déverse depuis sa sono une musique assourdissante, puis il repart à peu près aussi vite qu’il est arrivé. Décidément je ne comprends rien à la façon dont s’organisent les fêtes populaires en Inde. Nous recherchons désespérément tous les trois un endroit pour boire un « chai » quand Bruno repère une boutique qui semble être un café. Nous y allons. On pousse des tentures noires pour entrer, la musique trop forte sature nos oreilles de décibels. Nous sommes dans une boîte de nuit ? Mais dès qu’il nous aperçoit le jeune homme à l’entrée coupe le son et nous accueille avec cordialité. L’atmosphère change complètement. L’endroit paraît assez incongru dans ce petit village. Il s’agit vraiment de ce que nous appellerions nous un bar. Fauteuils, tables basses, un comptoir, des affiches aux murs. Au moment de payer le serveur nous apporte la note sur laquelle il a dessiné un petit émoji souriant et calligraphié une phrase en français : « merci beaucoup pour votre visite ». Nous apprécions cette attention délicate et nous échangeons quelques mots avec lui, sur son établissement, sur la fête en cours sur la présence des touristes au village.
Fin de journée. J’accompagne Bruno qui veut fumer une cigarette et nous nous asseyons sur un petit muret devant la maison d’hôtes. Une gamine d’une dizaine d’années et sa petite sœur viennent à notre rencontre. Avec quelques mots d’anglais elle essaie d’entamer une discussion. « From where ? ». Bruno lui montre des photos sur son portable, son chien, sa maison. Puis il se met en tête de lui faire un cours de géographie pour qu’elle repère où se situe la France par rapport à l’ Inde. Elle semble modérément intéressée, tout en répétant sans cesse le même mot « Candy, Candy ». Nous ne comprenons pas ce qu’elle veut. Je regarde google traduction. Sucreries, bonbons bien sûr ! « Ah ok, but no today, tomorrow, tomorrow ». « No, just here ! » Elle nous montre alors une petite échoppe juste à côté de la maison. « Ok, come ! ». Erreur fatale. Surgit alors de nulle part une myriade de gosses, certains accompagnés de leurs parents qui se ruent sur le devant du magasin. Nous sommes littéralement cernés, débordés. Ça piaille, ça se bouscule, une vraie cour de récré. Et 300 roupies d’achat de bonbecs au total. C’est énorme. C’est... Ce n’est pas grand-chose. Je les retiens Bruno, tes cours de géo.
Les grands-parents Chottaram:
Demain matin, départ pour Jaisalmer.
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Je reviens à Bundi... cacophonie à fond les manettes, pétards en tous genres, un bruit infernal de 5h le matin à 23h, voire plus le soir. J'ai disjoncté 
Ça s'est traduit par quoi ? Raconte nous un peu, s'il te plaît. C'est intéressant aussi ce genre de vécu. Non ? | | | À: RichardXI · 28 octobre 2024 à 18:58 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 43 de 157 · Page 3 de 8 · 1 742 affichages · Partager Ce carnet m'intéresse d'autant plus que je suis moi-même en ce moment en plein Rajasthan - Nawalgarh, Roopangarh, Ajmer, Jaipur, Jodhpu... - par le biais des photos que je suis en train de publier sur YouPic. Alors les souvenirs lointains remontent, mais en lisant ce carnet, je vois que bien des choses perdurent là-haut... | | | À: Marien33 · 28 octobre 2024 à 19:01 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 44 de 157 · Page 3 de 8 · 1 737 affichages · Partager Bonjour Jean-Marie
Je reviens à Bundi... cacophonie à fond les manettes, pétards en tous genres, un bruit infernal de 5h le matin à 23h, voire plus le soir. J'ai disjoncté 
Ça s'est traduit par quoi ? Raconte nous un peu, s'il te plaît. C'est intéressant aussi ce genre de vécu. Non ?
Nous avons raconté le festival au début du post sur Bundi. Mais peut-être me demandes tu ce que ça fait quand je disjoncte 
Alors que nous étions sur la terrasse de notre guesthouse, les voisins branchaient leurs chaînes HIFI sur leur propres terrasses. Musique à fond de tous les côtés et des morceaux différents. Pas de la douce musique indienne ! Non, une espèce de cacophonie de techno ponctuée par des coups de pétard qui nous faisaient sursauter. Et ce, jusqu'à une heure tardive de la nuit où nous élaborions des techniques pour s'endormir. Richard me disait: "Il faut que tu intègres le bruit"  Et ça recommençait au petit matin ! Ca a duré 2 jours sur les 3 à Bundi. | | | À: Kate · 28 octobre 2024 à 19:04 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 45 de 157 · Page 3 de 8 · 1 732 affichages · Partager Entre les appels aux caries de Bruno et m’expliquer ce que veut dire « intégrer le bruit » de Richard, on s’ennuie pas ici 😂 | | | À: Kate · 28 octobre 2024 à 19:07 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 46 de 157 · Page 3 de 8 · 1 730 affichages · Partager Ce carnet est excessivement agréable à lire parce que dénué des défauts que l'on rencontre régulièrement dans ce type d'exercice.. En effet, le style de chacun est fluide, il y a à la fois de la simplicité et du vocabulaire, des détails tout en allant droit au but. Vous avez trouvé le bon ton, indubitablement. A titre personnel, j'ai adoré vos choix, vos rejets, vos doutes, vos erreurs, votre exaspération, vos réussites. Avec vous, on réalise que rien ne vaut la franchise, la modestie, la simplicité et la manifestation de son contentement lorsque c'est le cas. Vous recommencez quand vous voulez. | | | À: Kate · 28 octobre 2024 à 19:24 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 47 de 157 · Page 3 de 8 · 1 720 affichages · Partager ça recommençait au petit matin ! Ca a duré 2 jours sur les 3
Je me serais enfuie.... 
L' Inde est un pays extrêmement bruyant et le calme y est un luxe ! Tout comme la solitude. | | | Je réponds à la place de Richard (mais c'est lui qui écrit) car il a : "atteint le nombre limite de messages qui peuvent être postés en 24 heures. Nous vous invitons à venir poster vos prochains messages dans 24 heures"
A titre personnel, j'ai adoré vos choix, vos rejets, vos doutes, vos erreurs, votre exaspération, vos réussites. Avec vous, on réalise que rien ne vaut la franchise, la modestie, la simplicité et la manifestation de son contentement lorsque c'est le cas.
Merci  J'ai essayé de traduire en mots le regard frais, parfois un peu naïf mais sans préjugés, d'un groupe d'amis peu accoutumé aux grands voyages (Kate mise à part) et découvrant un pays aux codes culturels absolument différents des nôtres. Richard. | | | À: RichardXI · 28 octobre 2024 à 19:40 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 49 de 157 · Page 3 de 8 · 1 710 affichages · Partager J3. Delhi – Agra
Je songe à cette vie brisée faute d’accès aux soins. Une colère monte en moi contre les « antivax » de chez nous...
Je crois que récemment chez nous ce n'est pas à un vrai vaccin que des gens se sont opposés. Un vaccin est un produit qui empêche de développer une maladie.
J'ai le regret d'avoir vu un reportage allemand sur Arte il y a environ deux ans sur tous ces jeunes qui ont eu des séquelles graves après le vaccin. Juste un extrait choisi " Pascal espère arriver à obtenir un rendez-vous auprès du professeur Bernhard Schieffer de l’hôpital universitaire de Marburg (Région Hesse, Allemagne), responsable du service post-vaccination. Mais il est sur liste d’attente avec 6 500 personnes souffrant de syndromes post-vaccinaux.”
Je précise qu'il s'agit de jeunes qui ont la vingtaine et qui sont complètement invalides à cause du vaccin, tant et si bien qu'ils ne seront jamais plus en mesure de travailler.
En creusant, on apprend des choses édifiantes.
Dès le début de la vaccination (2020 ou 2021), j'ai vu de mes yeux cette séquence d'une réunion organisée par un sénateur américain où intervenaient des victimes du vaccin. Je n'oublierai pas les pleurs de cette quadragénaire assaillie de maux graves immédiatement après la vaccination et qui elle aussi ne pourrait jamais plus travailler. A côté d'elle une gamine de 18/20 ans dans le même cas, désormais en fauteuil roulant à vie. | | | À: Sawadeebaht · 28 octobre 2024 à 19:50 · Modifié le 28 oct. 2024 à 20:32 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 50 de 157 · Page 3 de 8 · 1 706 affichages · Partager Je crois que récemment chez nous ce n'est pas à un vrai vaccin que des gens se sont opposés. Un vaccin est un produit qui empêche de développer une maladie.
C'est une discussion compliquée (dont on pourrait éventuellement parler en privé). Mais je ne faisais pas directement allusion au vaccin contre le covid. Je pensais davantage à ces vrais groupes de pensées s'opposant à toutes formes de vaccination. Quand j'étais jeune j'ai connu comme beaucoup, des copains atteints de polio qu'on appelait d'ailleurs "les polios". Il n'y en a plus, du moins je crois, aujourd'hui. La variole a disparu de la surface de la terre. C'est à cela que je pensais en voyant ce jeune homme se traîner péniblement sur les quais de la gare. Richard | | | À: Kate · 28 octobre 2024 à 19:56 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 51 de 157 · Page 3 de 8 · 1 701 affichages · Partager Et je pense aussi que bon nombre d’indiens ne se poseraient pas des questions de ce type s’ils avaient pu avoir pendant 18 secondes le choix... Quelque soit le type de vaccin... | | | À: Kate · 28 octobre 2024 à 20:02 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 52 de 157 · Page 3 de 8 · 1 696 affichages · Partager Je réponds à la place de Richard (mais c'est lui qui écrit) car il a : « atteint le nombre limite de messages qui peuvent être postés en 24 heures. Nous vous invitons à venir poster vos prochains messages dans 24 heures"
Est-ce à dire qu’il y a un « Quota de message quotidien ? » Va falloir que je me calme 😂 | | | Est-ce à dire qu’il y a un « Quota de message quotidien ? »
C’est parce-que Richard vient de s’inscrire. | | | À: Kate · 28 octobre 2024 à 20:39 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 54 de 157 · Page 3 de 8 · 1 683 affichages · Partager En effet Kate, il y en a qui vont un peu trop loin. Pourtant, ils n'ont pas si tort que ça car même à chaque campagne de vaccination contre la grippe il y a un pic de décès. Tout comme pour les médicaments, le produit n'est pas anodin.
Je ne suis pas allé en Inde, entre autres à cause de la saleté et du bruit. Il faut savoir qu'il n'est pas si rare que certains en reviennent avec des maladies assez particulières et persistantes. J'adore néanmoins découvrir ce pays grâce aux carnets et celui-ci fera date, peut-être en raison des talents mis en commun. | | | À: Kate · 29 octobre 2024 à 3:56 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 55 de 157 · Page 3 de 8 · 1 659 affichages · Partager Nous avons raconté le festival au début du post sur Bundi. Mais peut-être me demandes tu ce que ça fait quand je disjoncte 
Alors que nous étions sur la terrasse de notre guesthouse, les voisins branchaient leurs chaînes HIFI sur leur propres terrasses. Musique à fond de tous les côtés et des morceaux différents. Pas de la douce musique indienne ! Non, une espèce de cacophonie de techno ponctuée par des coups de pétard qui nous faisaient sursauter. Et ce, jusqu'à une heure tardive de la nuit où nous élaborions des techniques pour s'endormir. Richard me disait: "Il faut que tu intègres le bruit"  Et ça recommençait au petit matin ! Ca a duré 2 jours sur les 3 à Bundi.
Oui, effectivement je me suis permis de te demander ce que ça fait quand tu disjoncte... Mais je comprends que tu n'a pas envie de partager ça et je respecte ton choix. | | | À: RichardXI · 29 octobre 2024 à 4:28 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 56 de 157 · Page 3 de 8 · 1 655 affichages · Partager Bonjour à tous, Chandni Chowk ! Quand je lis ce post et vois les photos, je me dis que l'ambiance générale n'a pas changé depuis des décennies voire plus. Personnellement je n'y suis jamais allé. J'ai toujours zappé Delhi. Je n'ai fait qu'y passer pour prendre un bus , un train, un avion... Mais j'ai toujours été effrayé par les grandes villes, les plus peuplées de l' Inde. Peur de m'y perdre, crainte de la pollution... J'attends toujours l'opportunité de m'y rendre avec un ami français ou indien... Mais je connais Chandni Chowk par la littérature indienne que j'ai beaucoup lue. Je parle des auteurs contemporains. Je viens de terminer "Le trône du paon" -dont je vous recommande la lecture - Et la description de Richard, quoique succincte, nous rend tout à fait l'ambiance générale du lieu. J'insiste sur les termes "ambiance générale", car tant de choses ont changé en Inde - pas forcément en mieux - ces dernières années, depuis 16 ans que je parcours - lentement - le sous-continent en tous sens. | | | À: RichardXI · 29 octobre 2024 à 5:03 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 57 de 157 · Page 3 de 8 · 1 653 affichages · Partager J'ai détesté le Taj Mahal. Détesté ? Non. Il m'a laissé de marbre - c'est de circonstance - comme tout ce qui est grandiloquent. L'histoire d'amour - tenace et indéboulonnable - de sa construction, m'a toujours fait rire et même indigné quand il s'agissait d'une démonstration de pouvoir et de mégalomanie. Que de morts pour cette oeuvre ! A commencer par son architecte assassiné pour qu'il ne puisse reproduire le même, nulle part ailleurs. En revanche j'ai adoré le Fort Rouge et le mausolée d'I'timad-ud-Daulah, autrement nommé Baby Taj par les occidentaux. Edifié pour son père par Nur Jahan, la femme de Jahangir, le père du fameux Shah Jahan, commanditaire du Taj Mahal. J'ai adoré sa sobriété, sa délicatesse et son raffinement. Une sacrée bonne-femme, Nur Jahan ! Ambitieuse et intrigante qui a même fini par diriger l'empire à la place de son époux rongé par l'alcool et la drogue. J'ai passé plusieurs jours à Agra et ce que j'ai particulièrement apprécié ce fut la vieille ville non touristique bruyante et bordélique, la Jama Masjid... | | | À: Marien33 · 29 octobre 2024 à 11:44 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 58 de 157 · Page 3 de 8 · 1 637 affichages · Partager Oui, effectivement je me suis permis de te demander ce que ça fait quand tu disjoncte... Mais je comprends que tu n'a pas envie de partager ça et je respecte ton choix.
Ah mais rien de spécial ! Mauvaise humeur, envie de partir, de m’isoler... Je viens de demander à Richard il m’a répondu : « chiante »  Mais tout cela ne dure pas longtemps. Je suis bien plus tolérante en voyage que chez moi ! | | | À: Kate · 29 octobre 2024 à 13:07 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 59 de 157 · Page 3 de 8 · 1 616 affichages · Partager | | | À: Kate · 29 octobre 2024 à 13:08 Re: 4 amis découvrent un morceau d' Inde du Nord Message 60 de 157 · Page 3 de 8 · 1 616 affichages · Partager J.16 / 17 / 18. Jaisalmer. Le désert du Thar
Encore un long trajet pour rallier Jaisalmer depuis Jodhpur. Il s’agit de notre dernière course avec Ajay puisque nous rejoindrons ensuite Delhi en avion. A l’entrée de la ville nous longeons une interminable enfilade de bâtiments militaires. Si Jaisalmer est la porte du désert de Thar elle constitue également un poste stratégique avancé à moins de 100 kms du Pakistan.
Ajay nous dépose dans la ville basse au pied de la forteresse où nous attend un tuk-tuk de l’hôtel. Il est temps de nous séparer. Nous faisons les comptes, tout est o.k. Remerciements, poignées de main, je risque un geste un peu plus intime en lui entourant l’épaule. L’entente a été bonne avec Ajay et sa conduite prudente nous a beaucoup rassurés. Assez réservé en début de voyage il s’est montré beaucoup plus détendu par la suite, mais l’obstacle linguistique a tout de même nuit à l’approfondissement de notre relation.
Notre logement à Jaisalmer - Diamond Guest House - est situé à l’intérieur de la forteresse, dans la ville haute, un peu comme à Carcassonne à laquelle les guides touristiques français la comparent souvent. « La Carcassonne du désert ! »  Mais je dois faire preuve, rétrospectivement, d’un peu de retenue puisque j’ai appris à notre retour qu’un projet de jumelage entre les deux cités était à l’étude.
Vue depuis la fenêtre de notre hébergement:
Quoiqu’il en soit la ville nous a beaucoup plu à tous les quatre. La forteresse de pierre dorée qui domine tout l’arrière-pays, les petites rues de la ville - haute plutôt proprettes, bordées d’échoppes à touristes mais à l’écart de la circulation. La ville - basse, davantage dans les standards de l’ Inde, avec ses habituels encombrements, mais fourmillante de la vie quotidienne et dans laquelle nous avons pris plaisir à flâner.
En cette fin de voyage nous sommes moins boulimiques de visites. Notre choix va se limiter à deux lieux : le temple jaïn Chandraprabhu et le Patwah- ki- Haveli. Le temple de Chandraprabhu niché au fond d’une petite rue au cœur de la forteresse est d’une grande beauté, mais notre visite pour être honnête a été gâchée par les trop nombreuses sollicitations des prêtres présents dans le sanctuaire. L’un deux, tend à Nathalie et à moi-même une petite lampe pour effectuer avec nous un rituel de bénédiction. Nous déposons ensuite une offrande de 100 roupies sur un petit plateau. « Five hundred » grince le prêtre en nous lançant un regard noir que Nathalie s’empresse de lui renvoyer. Nous tournons les talons. En mon for intérieur je suis en colère, cet homme de dieu(x) nous a manqué de respect. La suite de la visite se résume à un jeu de cache-cache entre les brahmanes et nous. Difficile dans ces conditions de se laisser emporter par la spiritualité des lieux.
En descendant vers la ville-basse pour la visite du haveli, plusieurs cireurs de chaussures m’interpellent. « Shoes ? ». Je refuse poliment à chaque fois. Pour moi ce petit métier est le symbole même de l’humiliation de classe. Mais un jeune garçon plus insistant que les autres et au regard doux finit par me convaincre, et puis mes pompes sont vraiment dégueu... Nous nous asseyons. Je me sens un peu gêné. « What’s your name ? Krishna. Great name ! ». Il me sourit. Il regarde mes chaussures très abîmées et se met à en recoudre les bouts puis il les cire avec des gestes précis et vigoureux. « Difficult job ? Yes, but it depends of the tourists ». Sa tâche terminée il m’annonce son prix. One thousandand five hundred. C’est un tarif évidemment excessif, mais il me le livre sans malice juste pour essayer, je crois. Je lui donne tout de même une très belle somme, il sourit et me remercie avec chaleur en m’étreignant. On perd souvent le sens de la valeur de l’argent en Inde. Mais avec cette somme il peut faire au moins cinq repas. Et puis je ne reconnais plus mes chaussures, réparées et lustrées. Alors merci et... Hare Krishna.
Nous finissons tranquillement l’après-midi avec une visite du Patwah-ki-Haveli, une magnifique demeure d’un marchand jaïn du XIXe siècle. Une plongée dans le quotidien luxueux et paisible de ces gens qui ont réussi leur vie matérielle. Ici, comme ailleurs.
Quelques pas encore dans cette ville, certes touristique, mais je ne saurais pas le dire autrement, une ville qui te laisse la place. Oui, nous nous sommes sentis bien à Jaisalmer. Demain... le désert ?
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