Sinon, la manière la plus efficace, c'est de contribuer financièrement.
pour faire suite à cette remarque une dépêche qui m'est parvenu :
Le "cirque" de l'humanitaire "individuel" en Inde (REPORTAGE)
NAGAPATTINAM (
Inde), 4 jan 2005 (AFP) - La route longeant la côte sinistrée du Tamil Nadu en est jonchée: des tas de vêtements, envoyés des quatre coins de l'
Inde et dédaignés par les victimes des tsunamis, témoignent de l'inadéquation des initiatives humanitaires individuelles aux besoins des sinistrés.
"Personne ne se rend compte que dans la culture de ces pêcheurs, porter des vêtements de seconde main, c'est humiliant", explique Senthil Babou, qui anime un réseau d'associations dans le sud de l'
Inde.
Partis politiques locaux, groupes religieux, organisations d'étudiants, simples particuliers, chacun a affrété son bus ou sa voiture, comme ces étudiants-ingénieurs qui ont fait 50 kilomètres jusqu'à Cuddalore pour amener un invraisemblable bric-à-brac, dont... des dizaines de louches et de marmites.
Chacun de ces chargements individuels s'arrête où le hasard le décide, sans connaître les besoins des populations qu'ils rencontrent.
A Devenamvetnam, près de
Pondichéry, les camions sont arrivés par dizaines et leur chargement attend, sans trouver preneurs, pendant qu'à une quarantaine de kilomètres au nord de l'ancienne enclave un autre village touché, Phutukuppam, plus à l'écart, n'a vu passer personne.
"Cette aide spontanée et massive a quelque chose d'impressionnant mais le problème est de répondre convenablement aux besoins d'une population qui vit à la marge. Les gens qui donnent n'ont absolument aucune idée de la manière dont ces gens vivent", poursuit Senthil Babou, correspondant de Médecins sans Frontières (MSF) dans la zone sinistrée.
"Dites-leur de manger ce qu'on leur donne", demande ainsi un médecin à une star de Bollywood (l'industrie du cinéma indien), Vivek Oberei, venu, à Devenamvetnam, badge de "volontaire" autour du cou, pour prodiguer ses conseils sur l'organisation des secours.
"Personne ne réfléchit au fait que ces gens qui mangeaient du poisson tous les jours n'en ont plus vu depuis dix jours", dit Senthil Babou.
"Les gens en ont marre qu'on leur balance de la nourriture, des vêtements. Ils ont aussi besoin de respect", dit Nagarajan K., un membre de l'association Aid
India à Nagappatingam.
Dans le port détruit de Nagapattinam, des membres d'une église réformée, la Grace Reformed Church arrêtent leur camion pour distribuer des ustensiles de cuisine. Les femmes en viennent aux mains. Devant le début d'émeute qui s'ensuit, le groupe religieux jette à l'aveugle les bassines, les casseroles, sur le groupe de femmes, avant que la police ne lui demande de s'en aller.
Certains besoins ne sont absolument pas remplis. Dans les abris, les pêcheurs, leurs femmes et leurs enfants, dorment à même le sol. "Personne n'a par exemple pensé que des femmes, qui allaient vivre plusieurs semaines dans les camps, auraient besoin de serviettes hygiéniques", dit M. Babou.
Les étrangers ne sont pas en reste à l'instar, de ce groupe de médecins venus de l'est de la
France et qui, trois jours durant, de Madras à Nagappatinam, ont fait le siège des responsables indiens pour participer aux secours. Mardi, ils ont obtenu de faire des tournées dans les villages autour de Nagappatinam.
"C'est un peu le cirque. Il faut laisser faire les autorités indiennes. Pour le médical, ils sont bons, ils n'ont pas besoin de nous pour ça", dit Olivier Brouant, en charge pour MSF du Sud de l'
Inde. L'organisation humanitaire n'a d'ailleurs pas envoyé de mission d'urgence médicale dans cette région après les tsunamis.