ma question est ceci: est-ce que un club école peut permettre d'enseigner asser de techniques pour être à l'aise en haute mer pour un séjour de quelques semaines...ou sinon qu'est ce que vous me conseiller????
Merci
Simon
salut Simon,
comme le dit Têtedure, il y a moins de contraintes au milieu du bocal qu'au bord, un des plus gros danger quand on est en mer étant la terre.
maintenant, pour le peu de fois où je m'y suis retrouvé avec des forces trop fortes pour mon mental, j'appuie encore Têtedure sur le fait qu'il faut quand même bien y réfléchir avant de s'y aventurer, car l'engagement n'est pas des moindres.
on aura beau savoir mener sa coque à la (presque) perfection, que ça ne passera pas forcément toujours bien dans cette dimension.
quand on est en côtier ou au "petit" large, et que le mauvais temps arrive, on prend des décisions de "terriens" qui vont influer sur un temps limité, avec des buts proches, la galère dure moins longtemps, le moral reste plus ou moins bon (même si le fait de fracasser l'étrave contre la caillasse n'est certes pas des plus amusant; le stress ne se gère pas de la même façon car il n'apparait pas et ne se prolonge pas toujours de la même façon au bord et loin pour des "mêmes" conditions de mer)
quand on est loin de tout, les décisions se doivent d'être différentes, on y est pas forcément habitué (voire pas du tout dans les débuts) et l'on perd vite le moral. et le moral est une chose primordiale pour bien piloter ou adopter les bonnes décisions au bon moment.
quand on en est là......pourvu que le bateau puisse compenser !
dans les écoles, on va t'y apprendre à mener ta barque de la bonne façon. cette compréhension des choses te permet de savoir ce qu'il se passe et pourquoi, ainsi que ce qu'il faut faire en fonction.
suivant les cas, on va même t'y apprendre encore plus: des solutions à appliquer en cas de casse, etc...
mais quand on est entouré de personnes compétentes, il n'y a quasiment pas d'engagement de notre part, moins ou pas du tout de stress.
quand on est seul maitre à bord, tout dépend de nous et, suivant les conditions, on a vite fait de se poser un tas de questions qui nous rappèlent que finalement, on n'est pas encore au point.
rajoutons à ça un peu de casse, et on est franchement dans la merde....tout seul.
c'est assez éprouvant de se dire qu'on risque de crever tout seul, sans laisser quoi que ce soit à ses proches, au milieu de nulle part, dans un environnement aussi hostile qui n'a que faire de notre petite vie.
quand ce genre de pensées nous montent au cerveau, c'est là que l'on se rend compte de nos réelles capacités pour la suite, si suite il y a.
bon, j'aborde là un sujet purement mental et non technique. certains vont peut être se dire: "il est fada ce rastegue ! de quoi il parle là ?!?"
mais pour ma part, ça m'est déjà arrivé et, je me suis rendu compte en y repensant après coup, que seule la capacité de la coque à tenir m'a permis de remarcher sur le sol.
même si, sur le moment, je pensai prendre les bonnes décisions, avec le temps, j'ai compris que ce n'était pas le cas, je n'étais pas au point, pas préparé à ça.
j'ai pris conscience aussi du fait que le bateau, quel que soit ses dimensions ou sa tenue, n'est que secondaire. la chose principale: c'est nous.
reste quand même que nous, on a plus vite fait de péter un câble et donc de ne plus agir de la bonne façon sur un bateau déjà peu adapté à la situation.
de là, il peut vite subvenir une cascade d'incidents menant jusqu'où ça doit aller.
par exemple, on arrive à virer au portant dans des creux avec déferlantes qui ne donnent pas envie de se retrouver travers, même ne serait ce que sur une vague, on est déjà content de soi.
ensuite, parant à la situation immédiate, on se rends compte qu'une certaine surface de la voile d'avant nous permet de mieux contrôler la barque en nous donnant assez de puissance pour ce faire, même si la voile gère (presque) autant de filets d'air que de filets d'eau (petite coque).
une fois sortit de là, on se rend compte que le pataras était sur le point de s'arracher.....mauvais choix adopté car stressé et ne regardant plus qu'une chose: la position par rapport aux vagues..............que serait il arrivé si..........? disons que le mat n'aurait par chance, pas causé d'avarie importante, voire pas du tout, que fait on avec le mat qui promène, tout seul à plusieurs jours de l'abri, au milieu de rien d'autre que cet élément indomptable, qui fait ce qu'il veut ?
déjà que c'est dés fois "mission impossible" de lâcher la barre pour aller se faire un sandwich, le pilote n'appréciant pas trop les marmites.....
ce genre de choses sortent du domaine du stage (pro ou pas), et il faut s'y préparer. pour ce faire, il vaut mieux augmenter le mauvais temps au fur et à mesure et s'éloigner de l'abri de la même façon.
car si ça arrive sur les premières sorties parce qu'on est rapidement allé loin...........

bref, tout ça pour dire qu'il y a des choses qui ne s'apprennent qu'en pratiquant soi même, et qui font aussi parties intégrantes de l'apprentissage (à rajouter aux stages donc).
pour ma part, je sais que je ne suis encore "rodé" que sur peu de choses, il y a pas mal de cas précis sur lesquels je ne sait quoi faire que dans ma tête et pour lesquels j'embarque certains matériels en plus, (c'est un début mais bon......) ensuite, c'est à chacun de savoir pour lui même.
après, n'y vois pas là un discours de: "non....c'est dangereux......reste chez toi !", au contraire, vas y, fais toi plaisir, ne compte que sur toi même une fois que tu y es (et aussi sur l'équipage si il y a), soi le plus sur de toi possible avec intelligence, donc sans empiéter sur le "trop", tout se passera bien la plupart du temps.
et quelques galères ci et là font des choses qui marquent l'esprit, et qui procurent de bon souvenirs. le reste, ce n'est qu'un pur régal.
pour apprendre la haute mer, il faut juste y aller. embarquer avec d'autres qui savent pour les premiers essais est surement le meilleur départ qui soit.
bons stages et bonnes balades à toi. (bon tout aux autres lecteurs aussi d'ailleurs)