en ayant pris soin auparavant de sortir avec assez d'argent (au moins 50US, variable selon le pays) pour pas que le voleur se retrouve trop bredouille et te zigouille par dépit.
Si tu savais à quel point tu as raison ! Et il est bien difficile d'expliquer aux gens qu'il est plus dangereux de se balader sans un rond en poche qu'avec un minimum comme tu dis, ça va t'éviter la catastrophe, souvent par dépit.
Je n'en ai jamais parlé, car je ne voulais pas inquiéter ma famille et mes enfants, mais j'ai eu un problème grave ici,.
Lorsque je suis venu m'installer définitivement, j'ai passé 3 semaines dans un hôtel chez un Français, j'avais alors une voiture de location. Mais il m'a fallu en acheter une d'occasion et ce n'est pas facile quand tu arrives dans un pays sans un rond comme je l'ai fait. Après un transfert d'argent de
France, je suis allé tirer l'argent en espèces à la HSBC
Asuncion. Là on m'a remis une somme de 54.000.000 de guaranis en espèces (environ 10.000€) destinée à payer mon véhicule. L'argent était dans une énorme enveloppe de papier kraft. La remise de l'argent s'est faite dans les bureaux de la HSBC, mais un garde armé nous regardait et je pense que c'est lui qui a du prévenir ses copains de me suivre. Je ne sais pas si tu peux imaginer la quantité de billets en Guaranis, l'enveloppe était énorme et le garde a du s'imaginer que c'était des dollars ou des euros, car avec le papier kraft il ne voyait rien, sinon que j'étais un étranger plein aux as !
L'après-midi je suis parti payer ma voiture, puis je suis repassé à l'hôtel pour payer mes 3 semaines de séjour, avant de partir pour
Aregua m'installer dans la maison que j'avais louée.
Ce n'est que le lendemain matin que j'ai appris ce qui s'était passé la veille.
Le soir, vers minuit, un commando masqué comme le concombre (genre les gars du RAID), composé de 8 hommes tous équipés de voitures de police et de talkie-walkie a fait irruption dans l'hôtel, armé jusqu'aux dents. Ils ont fait sortir tous les clients, les ont fait allonger sur le sol près de la piscine, certains le fusil sur la tempe en demandant "où est le Français qui a plein de fric". Comme ils ne m'ont pas trouvé ils se sont rabattu sur la caisse de l'hôtel et ont piqué tout (argent bijoux, informatique) et à tout le monde.
Ensuite j'ai été convoqué par le chef de la sécurité de l'ambassade de
France, et j'ai eu une réunion avec le chef de sécurité, le consul de
France et une procureure (une relation amicale depuis) dans le bureau du ministre de l'Intérieur du
Paraguay pour discuter de "mon cas" et pour me protéger.
Il m'a été dit lors de cette réunion "une chance que vous n'ayez pas été présent, car vous n'aviez plus l'argent, ils vous auraient abattu sans aucun état d'âme, simplement par déception !" Cela confinrme ce que tu dis.
Tiens voici l'article de presse, "l'autre français" qu'ils cherchaient et qui n'était pas là, c'était moi, tu l'as compris.
Pour ma part je n'ai jamais été inquiet une seule minute, même si ça peut te sembler ahurissant, je ne suis pas un héros loin de là, mais il en faut plus pour m'impressionner. Même quand le patron de l'hôtel Rollando m'a appelé sur mon portable le lendemain pour me dire qu'un commando de flics corrompus me cherchait pour me faire la peau. Très vilaine exagération, car j'avais compris qu'il s'était fait piquer tout l'argent que je venais de lui payer la veille et qu'il cherchait à me culpabiliser pour que je paye la facture une 2eme fois. Mais je savais très bien que cette équipe (que je n'ai jamais vue finalement) avait bien conscience que s'ils ne mettaient pas la main sur l'argent rapidement, c'est-à-dire le soir même, ils n'avaient aucune chance de le récupérer, car j'aurais payé ma facture entre-temps. Moralité, quand Rollando m'a téléphoné, je ne risquait déjà plus rien, je suis donc allé manger le midi dans mon restau préféré et j'ai même pris 2 capirinas, rien que pour conjurer le sort !
Ah, dis donc je vois d'ici la tête de Jean-François et Jean-Michel qui s'inquiètent qu'à force de raconter des histoires comme ça va faire fuir les touristes. Je les vois se décomposer petit à petit derrière leur écran...
Une fois de plus ce genre de chose se passe dans toute l'Amérique latine et je sais que JC Che Gringo ne sera même pas surpris, peut-être même Sylvain non plus dans son
Chili d'adoption..
Et pour ceux qui aiment les histoires qui se terminent mal, le pauvre Rollando (patron de l'hotel) est en
France avec un cancer jusqu'au cou. Il était connu Rollando, c'était le seul hôtel français de la région, enfin je crois !
Quant à moi, ce jeudi matin, le canard était toujours vivant !
En attendant, tu as raison, c'est ce qu'il faut retenir,
il faut toujours avoir un minimum de fric sur soiLa prochaine fois que j'irai me promener seul le soir, je laisserai des liasses de billets dépasser de mes poches. Comme ça, los ladrones n'auront pas besoin de me tirer dessus pour fouiller plus facilement dans mes poches, simplement de me demander les billets, mais gentiment quand même !
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