Ce fut très agréable et une expérience de grand luxe auquel je ne suis pas habitué. Tout roule dans l’huile et sur des roulettes. Le personnel est drillé au millième de tour et tout nous arrive immédiatement à la demande et même avant.
Le millier d’employés vient de 67 pays du genre
Philippines,
Honduras, etc. Ils gagnent plus de 10 fois ce qu’ils auraient dans leurs pays. Ils travaillent 4 ou 8 huit mois d’affilé, après quoi ils retournent dans leurs familles... qu’ils font vivre, et reviennent à bord.
Un détail agaçant dans un contexte où Costa pense faire le maximum pour servir ses clients dans leur langue nationale. En faisant notre réservation sur internet, même si ma conjointe a choisi FRANÇAIS, tout redevenait en anglais et nous considérait comme AMERICAN dès qu’elle progressait pour le paiement disons. Le système n’en démordait pas.
Pour comprendre mieux, il faut aller chez Apple, Microsoft, les grands constructeurs d’automobiles, pour voir qu’ils savent que nous existons. Dans leur liste de pays, il y a presque toujours
CANADA (français) et
CANADA (English). Même chez Dell. Il y a de l’argent à faire et ils ne veulent pas perdre une occasion.
À l’embarquement, nous étions des AMERICAN SPEAKING ENGLISH aux yeux de Costa. Le sous-contractant qui gère cet aspect-là des opérations est ignorant de deux choses : dans les 48
États-Unis continentaux de 340 millions d’Étatsuniens, il y a 34 millions d’hispanophones légaux et illégaux et dont la langue n’est même pas officielle, et 8 millions de francophones tous légaux et plein de fric et qui vivent principalement au
Québec où le français est l’unique langue officielle.
À bord, on nous distribue tous les jours, une feuille tabloïde (4 pages A4) qui ressemble à un journal d’école principalement des articles de l’Agence
France-Presse. Rien de la
Suisse, de la
Belgique et encore moins du
Canada ou du
Québec. Le contrat n’a pas été donné à TV5. Je rappelle que les Français de l’Hexagone faisaient la moitié de la Francophonie embarquée.
En après midi, venait une autre feuille en couleurs pour nous faire la promotion des sorties, des activités, etc. Toujours en anglais, sauf à partir du moment que nous avons exprimé notre désir d’avoir ces publications en français. Rodel, notre garçon de cabine, y voyant son intérêt, s’est assuré que nous aurions toujours nos feuilles en français. Il a passé commande directement à l’imprimerie du navire.
L’anglais est revenu dans les documents personnalisés et déjà imprimés pour connaître notre opinion sur les services rendus et nos états d’âme. Là, le code à barre et l’inscription AMERICAN étaient clairs. Portant, ils avaient récoltés nos passeports CANADIAN-CANADIEN depuis 4 jours. Ils les ont eus nos états d’âme. C’est comme si l’empire Costa-Aida-Carnival ne savait pas ce que je raconte ici. C’est vrai qu’il existe encore quelques ignares dans le monde.
La plus grande déception fut d’être privés d’une excursion déjà réservée depuis deux mois (heureusement remboursée automatiquement). J’ai eu beau dire à ma copine que nous avions déjà visité le colisée d’El-Djem
Tunisie, de
Nîmes... c’est semblable mais pas pareil. ;=)
La réduction de 140 € est très limite dans la mesquinerie. Quand on relit le contrat avec Costa, le passager n’a pas beaucoup de droit, sauf de ramer s’il n’est pas content, et encore, ce n’est pas certain.
J’ai suivi la navigation sur une chaîne interne de télé où l’on voit des cartes à différentes échelles et la progression du navire. Sur un seul moteur nous roulions 16,5 nœuds et on voyait bien l’unique trace faite par la seule hélice en action. Pour m’amuser, j’ai lancé
Microsoft Autoroute (essai gratuit de 60 jours) pour le suivre au GPS moi aussi. J’ai l’original nord-américain
Microsoft Streets & Trips.
Le capitaine n’a pas fait de manœuvre de retardement pour fausser notre perception de quoi que ce soit. Il en avait plein les bras à aider réellement et à arrimer les connections de près de 4 000 clients. Ils payaient les bus pour joindre les deux bouts pour beaucoup de gens. Là-dessus ils étaient très professionnels et la plupart du personnel arrive gentiment à répondre à nos questions dans un français de plus de 600 mots. Tous ces gens sont polis et vêtus comme des agents de bord en avion.
UN PROBLÈME DE CONSTRUCTION. Note cabine était au pont 8 à bâbord, avec balcon où nous pouvions sortir. Vers les 23 h tous les soirs, un vacarme de traînage de chaises et de tables infernal nous sortait de notre sommeil. Ça durait jusqu’à 3 h du matin. Ma conjointe est montée au pont supérieur pour découvrir que l’action se passait immédiatement au dessus de nous dans la zone piscine avec toit rétractable, chaises longues du type transats, zone fumeur, bar. À cet heure-là, les balayeurs chassaient gentiment les villégiateurs et torchait à la vadrouille tout l’espace, en déplaçant tout le mobilier sans ménagement. Elle les a avertis ; elle a téléphoné au bureau polyglotte pour dire les faits et 60 secondes après, tout s’est arrêté. La chaîne de la transmission va vite.
Le grand silence fut de courte durée. On a beau ne pas vouloir faire de bruit en traînant des meubles, même en les soulevant, il arrive que le Philippin à la vadrouille dépose tranquillement l’objet, qu’il le replace en le glissant sur 3 cm... et c’est bruyant quand même. Douze jours à entendre ce vacarme. J’ai mis des écouteurs dans mes oreilles et ma copine, ses bouchons de construction (petits cônes en caoutchouc mousse). Cet aménagement est à mes yeux un vice de conception du navire.
Madame ou mademoiselle Isabelle ou [poupou10], vous êtes la première personne qui êtes intervenue à la suite de mon très long laïus. J’espère vous en avoir donné à votre goût.
Malgré tout, je suis très content de cette expérience.
Je viens de voir deux réactions à mon « introduction » dans l'ENFILADE ou dans la PARADE. Je suis étonné de ma prose et des effets induits, et je ne vais pas m'en excuser. ;=)