Ne mélangeons pas tout! Au moyen-âge, la "
France du nord" n'a jamais annexé celle du sud au profit de l'épisode albigeois
La croisade contre les Albigeois a quand même été, pour le Royaume de
France, un prétexte idéal pour soumettre les comtés du Languedoc.
et la Révolution française n'a pas été génocidaire en pays occitan

Non, mais elle a carrément démantelé et dénaturé les régions historiques de l'
occitanie en imposant un découpage territorial complètement absurde et arbitraire.
(les crimes commis en Vendée sont réels mais doivent être replacés dans un contexte de guerre à la fois civile et aux frontières)... C'est une totale caricature que de présenter une
France centralisatrice, catholique cruelle, méprisante enfin les gens du nord!!!

.. face à une autre pure, simple, libertaire et parée de toutes les vertus

..
Il n'a jamais été question de présenter les régions comme pures et parées de toutes les vertus. Le simple fait est que la
France, c'est-à-dire
Paris, a créé une "nation" au moyen de la soumission des autres régions. La
France n'est pas le résultat d'une unité volontaire de plusieurs régions, comme on a pu le voir en
Italie ou en
Allemagne. Il n'y a pas eu adhésion mais soumission.
Au Moyen-âge les notions d'Etat / nation / patrie et individu n'existaient pas. La seule réalité de cette époque se résumait en fiefs, liens de vassalité et par le serment d'homme à homme. Les régions du sud comme bien d'autres sont tombées dans l'escarcelle du roi au profit d'alliances, mésalliances, reprises, donations, abandons, querelles et autres mariages... La carte du pays pendant plus de 1000ans fut en perpétuelle mutation et ses contours bien imprécis...
oui...
Quant à celle de l'
Occitanie, elle n'a purement et simplement jamais existé...
Elle n'a pas eu l'occasion d'exister depuis l'invasion cruelle du Languedoc. Mais avant ça c'était une réalité, incarné par différents royaumes et comtés. Le seul malheur de l'
Occitanie, c'est qu'elle n'a pas eu la chance d'avoir une personnalité comme Bismarck.
L'épisode cathares qui sert encore de porte étendard aux régionalistes occitans, concerna tout au plus 10% de la population (réf Leroy Ladurie, Roquebert, Sévillia)... c'est une des plus belles esbroufferies historiques montées de toutes pièces par des milieux anti-cathos au XIXe siècle et reprise par les régionalistes baba-gauchisants des années 70.
Je suis d'accord sur ce point. En même temps, tu admettras bien que si les cathares ne concernait qu'une faible proportion de la population, leur importance a quand même été considérablement exagérée par le Royaume de
France au point d'utiliser le prétexte d'une croisade pour soumettre les comtés du Languedoc, n'est-ce pas ?
Depuis une trentaine d'années les langues et cultures régionales ont de nouveau le vent en poupe et ce n'est pas la République qui met des bâtons dans les roues.
Ben si, elle n'a jamais cessé de le faire...
Les associations culturelles et autres ne sont pas persécutées, l'occitan est enseigné à l'université au lycée, passage du bac - panneaux de signalisation routière doublés en occitan etc... On est à des années lumière du terrorisme et du génocide!!!!!!
Il n'est pas question de persécutions à la soudanaise, mais plutôt de blocages et de mauvaise volonté. Les exemples que tu donnes, parlons-en !
- L'enseignement au lycée il n'est pas systématique et il a surtout été mis en place comme airbag pour faire de l'ombre aux calendretas (les écoles associatives bilingues occitanes, inspirées des ikastolas basques) et essayer d'enrayer leur succès qui n'est plus à démontrer en Languedoc.
- Concernant l'université, l'Etat a tenté il y a peu de temps, de supprimer les langues régionales au concours du CAPES. Il a reculé devant la pression mais cette tentative en dit long sur les intentions futures de la République à propos de l'avenir des langues régionales.
- Les panneaux de signalisation routière en occitan ont fait l'objet d'une plainte il y a peu, dans une ville du Languedoc, de la part de jacobins qui voulaient les interdire.
- La charte des langues minoritaires n'a toujours pas été rattifiée par
Paris.
En conclusion, il ne faut pas se leurrer : la
France n'a jamais cessé de mettre des bâtons dans les roues pour empêcher le renouveau des langues, cultures et identités régionales. Les maigres concessions qu'elle accordent ne sont que le résultat d'une certaine pression de l'Union Européenne, mais elles ne sont pas suffisantes. On est encore très loin du modèle espagnol. Les moyens donnés pour l'apprentissage des langues régionales sont plus qu'indigents, et ça je le vois tous les jours. Les créations artistiques et littéraires en occitan ne sont que le faits d'actions individuelles, aucun soutien étatique n'est accordé, même à l'échelle régionale.
Paris joue sur le temps, espérant que les derniers locuteurs d'occitan mourront bientôt pour pouvoir enfin assurer sereinement sa domination définitive. Les concessions, elle ne les accordent qu'au compte goutte et qu'à la condition que ça ne dépasse pas le cadre du folklore passéiste. A
Nice, il y a encore 50 ans, tout le monde parlait nissart dans la rue. Maintenant, presque tous les jeunes se sont acculturés et ne parlent plus que le français.
Pour ma part, Je n'ai rien contre la défense ou l'apprentissage d'une langue régionale, ni sur l'intérêt que l'on peut porter à une culture minoritaire... mais sur le message politique qui sous-tend derrière tout ce discours linguistico/culturel... je dis non!. On a déjà suffisamment à faire pour ne pas voir disparaître la
France pour ne pas s'encombrer en plus avec des confettis politiques...
Ne le prends pas pour une attaque personnelle, car ce n'est pas tourné spécifiquement contre toi, mais ce qui me fait le plus marrer dans tout ça, c'est que les jacobins, qui prônent l'écrasement pur et simple des cultures et identité régionales, sont les premiers à s'indigner et à s'inquiéter de l'assimilation généralisée du monde à la culture anglo-saxonne. Ils se retrouvent, pour ainsi dire, dans la situation de l'arroseur arrosé.
Personnellement, en tant que régionaliste opposé à tout impérialisme, et encore plus à celui d'outre-Atlantique, je ne vais pas pour autant pleurer de la disparition de la
France, absorbée par le phénomène acculturel de globalisation anglo-saxonne. Le sort du français dans le monde m'indiffère plus que tout.