Merci de tous vos témoignages, je retrouve dans chacun cette sensibilité que je perçois dans certains récits.
A quoi ça sert? m'as tu demandé Catherine : a rien, a rien du tout, simplement à mieux comprendre cet engouement et même s'il il y a un fond léger d'agressivité dans la question, adoucie par la petite pastille jaune souriante, qu'importe. Je n'ai mis personne en accusation.
Je ne suis pas expressement d'accord quand tu attribues la notion de "donner-recevoir" qu'implique l'écriture en ligne. Le lecteur
prend connaissance, "l'écriteur"
prend re..connaissance. Je crois que l'écriture est profondément narcissique et en quelque sorte légitimise l'existence du voyageur.
Serge, tu fais référence à Philippe et je renchéris, selon moi, Philippe est l'un des rares à être aller au bout de ses aspirations d'écrivain -aquarelliste, ici, sur VF. Il publie-papier et permet au lecteur de feuilleter ses carnets enchanteurs et de lui faire croire, dans son calendrier que le mois de janvier est étouffant devant la blancheur du Taj Mahal.
Je parlais davantage de l'engouement à raconter Son Récit de voyage sur internet et sur un forum. Le caractère souvent insipide que tu soulignes te fais zapper dis-tu. Je les lis cependant pour y trouver la trace de l'homme derrière les mots.
J'ai lu des textes de voyages
orientaux, parfois la jeune fille y intercale un dialogue vivant et ses amalgames idéologiques, religieux m'indique la jeune fille en quête de sa propre spiritualité. Parfois, c'est une jeune femme qui narre son épopée à travers l'asie et au creux des mots on découvre une petite grivelerie dérangeante et je souris. Parfois c'est un jeune homme passionné qui écrit ses aventures transibériennes et c'est la
Russie qui surgit. Parfois c'est un homme fait qui raconte ses élans pour une autre Asie, il le fait avec une telle délicatesse et une telle sensibilité que je pressens un homme meurtri. Quelquefois, un homme laisse quelques lignes burlesques sur sa visite d'un cimetière. Et ainsi de suite....
Ecrire sur le net, c'est comme la perception de minuscules solitudes, c'est comme croiser des ombres silencieuses privées de la parole.
L'écran fait écran, occulte les regards, ne laisse qu'un droit de regard.Nous fait jouisseur de l'immédiat, puis tout passe et on éteint l'ordinateur d'un clic.
Merci, vraiment.