Bonjour Cyclomouline
Je vais juste me rappeler avec toi comment j'ai fait pour faire partie des cyclistes qui n'appréhendent aucune côte.
J'avais environ 18 ans quand je me suis procuré pour la première fois un vélo digne de ce nom qui est devenu mon moyen de transport toute destination. Je ne faisais pas de cyclotourisme mais mes activités de l'époque (école, travail, amis,...) me faisais pédaler dans un rayon d'une centaine de kilomètres me faisant ainsi faire quelques centaines de kilomètres par semaine en moyenne.
Concernant les côtes, j'habitais au bout d'un chemin de campagne et il s'est trouvé un jour que pour me rendre à un de mes boulots, je devais me farcir une montée de vingt minutes sur trois paliers adjacents qui oscillaient entre 18% et 25%. Sachant que j'allais me les farcir quotidiennement, même en pensant que le retour me permettrais de de me rendre du boulot à chez moi sans même un seul coup de pédale pour peu que je ne choppe pas de l'un des deux feux rouges, Il s'agissait là de la première fois où j'ai vraiment dû réfléchir à cette histoire de côtes.
Les premières fois, je faisait comme tous les gamins et je m'élançais le plus rapidement possible en prenant "mon élan" qui je l'espérais allait m'amener vers les sommets où j'arrivais finalement complètement en nage et épuisé. Par cette méthode, tu développes une aversion des côtes ce que je ne souhaitais pas du tout.
J'ai donc changé mon fusil d'épaule et j'ai fini par me dire que les côtes n'existent pas. Seule la gravitation existe. L'idée a été de faire comme si la côte n'existe pas en ne me concentrant que sur deux paramètres: Le maintien du rythme de pédalage et la puissance musculaire développée. Je partais donc de chez moi en faisant les deux kilomètres de plats en fixant mon regard sur l'asphalte et en maintenant un rythme de pédalage régulier. Lorsque j'amorçais le début de cette pente infernale, je réduisais les rapports de manière à n'avoir pas l'impression de forcer davantage et en maintenant la vitesse de rotation au pédalier.
Mon vélo était un des premiers 18 vitesses de l'époque. Les premières fois, je me retrouvais systématiquement en première pour grimper mais, quitte à être monté plus lentement, je me retrouvais au sommet frais comme un gardon.
J'ai répété cet exercice obligatoire tous les jours pendant de longs mois. C'était la seule pente vraiment affreuse de tout mon circuit mais j'ai tout de même appliqué mon principe à l'ensemble de mes itinéraires. j'ai eu le plaisir de constater que la première devenait beaucoup trop facile, puis la deuxième, puis la troisième et sans déconner je suis arrivé après quelques temps dans la moitié supérieures des braquets pour la fameuse côte. Là l'aspect plaisir est entré en ligne de compte et parfois je me laissait aller à quelque perfs en grimpant le tout en 18e et en danseuse.
Le résultat de tout ça est qu'aujourd'hui, j'aime vraiment pédaler dans tous les dénivelés et ma technique me sert encore aujourd'hui. Il m'est arrivé de reprendre le vélo, parfois après de longs arrêts, dans la pire des formes physiques (clopes, trop d'alcool, surpoids,...) et chaque fois le plaisir était sur la route (et la douleur uniquement aux fesses les jours suivants).
Voilà, je ne sais pas si j'ai été très clair. Ma technique n'est peut-être pas très adaptée à qui doit fournir des perfs rapidement en compétition par exemple mais elle est parfaite pour le randonneur qui a décidé de ne plus s'en laisser imposer par les dénivelés. Parfois, il m'arrive d'éclater de rire lorsque sur un faux plat ascendant, en fixant l'asphalte, j'ai réellement l'impression d'être en train de descendre.
En terminant, sais-tu quelle est la caractéristique commune des animaux qui peuvent courrir très rapidement et très longtemp ? Il ne fixe pas l'horizon devant eux. Les lévriers fixent le sols où l'objet après lequel il courrent. Les chevaux voient sur les côtés,... Dans tes prochaines ascensions, amuse toi à regarder ailleurs que devant toi et en disant cela, je ne prend aucune responsabilités pour les accidents à venir ;-)