Bonjour Pauline
Je suis comme toi, et je trouve que le cinéaste amateur vidéo et des bas

En effet, quand le voyage est court, le temps à filmer rivé derrière le viseur (les écrans vidéos numériques en extérieur ne sont pas très au top!), nuit sans aucun doute à la perception de l'instant présent.
Pour ma part, il faut soit avoir du temps pour ne consacrer qu'une petite partie de celui-ci à filmer et profiter, soit si c'est une passion, y passer ses journées mais alors en faisant du simili professionnel, ou alors garder son camescope pour filmer ses enfants et leurs évolutions dans les années qui passent, et encore, on a toujours des problèmes de format de sauvegarde de bande vidéo sur la durée du temps qui s'écoule innexorablement...
(D'ailleurs, à ce sujet, je me rappelle des moments de plaisir il y a 25 ans quand j'ai sauvergardé tous les films en 8 mm et super 8 de l'enfance de ma femme et moi, en filmant par l'arrière avec mon camescope l'image reproduite avec les projecteurs de l'époque sur un papier calque tendu sur une boite à chaussure

La qualité était très satisfisante, mais l'image étant inversée, nous sommes tous devenus gauchers

)
Anecdote: Il y a 2 ans, nous sommes partis en
Polynésie, et pour cette occasion, j'ai acheté un nouveau camescope, et fabriqué dans l'urgence (la veille du départ) un caisson pour filmer sous l'eau.
Un jour à Bora-Bora, nous partons en excursion sur un bateau pour faire du snorkelling (Palmes masque et tuba) et nous sommes mis à l'eau par un spécialiste, à un certain endroit précis (j'ai la carte marine et les coordonnées pour ceux que celà intéresserait) avec un groupe de 15 personnes.
Je prépare mon matériel (sous le regard étonné des autres me traitant amicalement de Mac Giver

), et plonge rejoindre le groupe.
après une cinquantaine de mètres, l'organisateur nous fait signe d'attendre en silence sans bouger quelques minutes, et apparait alors une première raie manta de cinq mètres environs d'envergure, puis une deuxième; évidemment, j'essaye de filmer tout celà, rivé derrière l'écran du camescope, et arrive à prendre de bons rushs des évolutions de ces planeurs géants des mers. les autres touristes sont ébahis et moi aussi, mais j'ai l'impression de n'avoir pas profité pleinement de ce spectacle merveilleux.
Habitué de la mer, je me fixe des repères pour retrouver cet endroit précisément. Le soir même, je dis à ma femme, demain nous louons une barque à moteur, et nous y retournons mais tous seuls.
Le lendemain, chose dite chose faite, mais, mon caisson étant amateur, et la mise en place place un peu compliquée, et pensant au fond de moi-même que l'évènement de la veille était exeptionnel en snorkeling, je laisse au dernier moment mon camescope au bungalow, et nous partons avec le petit bateau pour passer "un bonne journée".
Arrivé sur place, je repère mes alignements, et jette la pettite ancre à l'endroit estimé: mise à l'eau et masque sous l'eau me révèle à la vue d'un rocher de corail de forme particulière, que nous sommes exactement à l'endroit de la veille.
Quelques coups de palmes, et à notre grand étonnement, une première raie manta vient nous voir de plus près que la veille, à environs cinq mètres de nous. Ma femme, comme nous sommes tout seuls, un peu inquiète devant cette énorme planeur se cache derrière moi, puis environ quinze secondes se passent, pendant lesquelles j'admire le comportement de l'animal en regrettant d'avoir abandonné mon camescope, et tout à coup, une seconde vient se joindre à nous, puis troisième, quatre et enfin cinq


.
J'ai nagé plus de dix minutes à coté de cet impression ballet de cinq raies mantas, et c'est le plus beau souvenir d'élégance, de majesté, et de liberté de ma vie. Je t'en parle actuellement avec passion car ce moment est gravé à jamais dans mon esprit.
Le lendemain, rebelote, je reloue le bateau, mais ce coup ci emporte le camescope, bien décidé à filmer cet instant exceptionnel. Même mise à l'eau, même endroit, deux heures à attendre, et elles ne sont pas revenues; même pas une seule.

Tout celà pour te dire, Pauline, que si j'avais à choisir maintenant en le moment magnifique de liberté d'admirer et de nager (j'ai dû palmer comme un malade pour effectuer la même distance que ces raies faisaient en deux battements "d'ailes"), et celui de m'être encombré de mon matériel vidéo pour faire profiter de cet instant merveilleux des amis qui ne ressentiront jamais ce moment comme tu aurais pû en profiter sur place et le garder dans ton coeur, je n'hésite plus du tout, et je dis, ne vous encombrez pas de matériel vidéo pour vos voyages, une bonne photo vaut souvent beaucoup plus par ses explications passionnées en direct, qu'un film vidéo amateur, que seul toi même pourras apprécier, car il sera assimilé dans ta mémoire, à une notion d'espace et de ressenti de cet environnement. Mais as t'on besoin de regarder son coeur à travers un écran vidéo?
Voilà ma faible expérience, de ce mode d'expression. (à part mariages, enfants, films en mouvement de snowboard, quelques beaux poissons et deux raies mantas, quelques requins pointe noire, les pieds de ma femme pataugeant dans un sublime lagon, le pied, quoi!).
PS: Les quatres jours qui ont suivi, nous avons encore loué cette barque alu à moteur (génial), sommes retournés tous les jours sur le site pendant deux heures, et n'avons jamais revu ces raies mantas

Peut-être étaient ce des extra-terrestres. Pour sûr, c'était des créatures magnifiques.
Amitiés
Raies man