Bonjour,
Je pense ne placer qu'une seule photo ce mois-ci, par respect de la vie privée. Celles que je ne choisirai pas (garderai pour moi) présentent un caractère trop intime, même si elles ne sont en rien licencieuses et sont tout à fait acceptables pour tout public.
Je rejoindrai ainsi les réticences de certain(e)s.
Celle que je place ici a été prise à
Bali. Il s'agit de la mère et de sa fille. Ce moment spontané et fugace révélait la grande pudeur habituelle des gens de cette île, même si elle n'est pas systématique. Idem pour Tahiti, région où les danses, souvent très suggestives et émoustillantes, ne laissent jamais paraître un morceau de chair "équivoque". Mais nous ne sommes pas là dans la tendresse, plutôt dans la danse coutumière, lieu d'exultation des corps.
Ce moment fugace, spontané, confiant envers moi, de la fille pour sa mère va de pair avec un très grand respect, avec l'amour maternel et fraternel évidents au sein de la famille.
Dans nombre de sociétés lointaines, la pudeur le dispute à la profondeur et à l'intensité des sentiments, qui n'affleurent pas souvent devant l’œil distrait, encore moins devant l'objectif.
La maman s'appelle Ibu Manku, qui se traduit par Prêtresse Ibu. Ceux qui connaissent
Bali et ses rites comprendront aisément. Que de rituels sur cette île !
Saint-Exupéry faisait dire au Petit Prince "il faut des rites".. oui... souvent ils permettent aux sociétés de "tenir", qu'ils soient nobles ou moins élaborés. Nous en avons de moins en moins et nous ingénions à les abolir presque tous. J'en frissonne de froid. Un froid glacial, aux antipodes de la chaleur humaine et de la tendresse.
Bonne fin d'année à tous, à toutes.