Bonjour,
Je me rends chaque année au
Maroc pour parcourir montagnes et désert en 4x4. Pas dans un esprit raid 4x4, le véhicule n'étant qu'un moyen de transport permettant d'aller partout. La première année, c'était du simple voyage-aventure, mais j'y ai vu tellement de grande pauvreté, en particulier dans le Moyen Atlas, Haut Atlas et Sous donc en pays berbère (Amazhir) que j'ai regretté de n'avoir rien à offrir que quelques dirhams. Aussi, l'année suivante, et maintenant chaque année, je pars avec vêtements, médicaments de base, quelques livres et, surtout, cahiers et bics. Je donne les cahiers et stylos bille aux instituteurs pour qu'ils les répartissent équitablement entre tous les enfants ; les vêtements aux petits bergers-bergères qui gardent moutons et chèvres en altitude, souvent pieds nus ou avec des vêtements usés jusqu'à la corde; et les médicaments aux familles. La demande est permanente et souvent bouleversante : j'entends souvent, sur les pistes : "M'sieur, 1 cachet d'aspirine !". Ils sont tellement pauvres qu'ils achètent les cachets à l'unité...
Je privilégie la rencontre au hasard des pistes avec les bergers de montagne ou dans le désert, et le contact personnel avec les instituteurs des villages. Je ne parle pas le berbère (tamazirth) mais me débrouille un peu en arabe dialectal courant ayant été prof au
Maroc dans ma jeunesse (années 70). Je revoie chaque année quelques instituteurs, qui font le plus souvent un travail admirable, parfois sans salaires (maternelles), et la moindre aide est, pour eux, une bénédiction car certains vivent dans le plus grand dénuement. Certains deviennent des amis et je sais qu'ils m'attendent chaque fois, sans jamais réclamer car ils sont très dignes.
Je peux emporter, si vous le souhaitez, des vêtements, en particulier chaussures et habits pour enfants et adolescents. Jusqu'à maintenant je prenais ceux dont ma fille ne voulait plus, et pour le reste j'achète car Emmaüs à qui j'avais fait une demande m'a répondu qu'ils n'aident que les personnes résidant en
France. Il est vrai qu'ils ont beaucoup à faire ici aussi. Donc rien de ce côté. Et quelques livres, plutôt scolaires car pour ce qui est des romans et divers j'en ai beaucoup (j'ai été éditeur avant d'être à la retraite : j'ai du stock !).
Je ne suis pas mis en association, n'en voyant pas l'utilité : je donne, et repasse l'année suivante sans chercher à développer davantage car ce que j'emporte reste modeste, étant limité par la place libre dans le 4x4 (dans lequel il faut aussi pouvoir dormir, faire la cuisine et stocker eau et nourriture, etc. Avec cet esprit de contact personnel évoqué plus haut. Mais le développement se fait quand même tout seul : les gens qui voyagent avec moi se sont mis à faire pareil et ils emportent, eux aussi, cahiers, Bics, médicaments, etc.
A bientôt peut-être.
Alain