Bravo pour votre descente, et surtout remontée.
Félicitations sincères à tous les deux !
C'est une épopée grandiose, que nous revivons viscéralement en vous lisant.
Je ressens bien toute la sensation de soufrance, de "je n'y arriverai jamais", la détresse, que tu décris si bien, quand on apperçoit le haut... si haut, et les autres qui marchent... si vite.
Dans cette situation, il m'est même arrivé d'avoir une pensée macabre : "c'est au dessus de mes capacités, je n'y arriverai jamais, mais il faut continuer. Et si je faisais un infarctus ici, sur le trail ? Quelle belle mort ce serait ! Mais ce serait quand même tellement dommage". Une gorgée d'eau, et on serre les dents pour repartir... lentement pour se ménager...
Et la dernière demi heure, si dure (mais on se dit alors que peut-être, on y arrivera quand même). On économise moins l'eau, et on s'en asperge même le corps pour se rafraichir,... et avoir moins à porter.
Enfin, arrivé en haut, que c'est bon, quel sentiment de bonheur. On l'a fait, on est les rois du monde. Mais jamais plus.
Puis trois mois plus tard, ne restent que les souvenirs merveilleux. Alors on se dit même "j'y reviendrai", en pensant à ce qu'il conviendrait de faire pour optimiser encore, et être moins épuisé.
Je revois bien aussi tous ces gens jeunes, d'apparence facile, qui nous doublent sans difficultés en marchant si vite, mais qui font de TRES longues et nombreuses poses. Donc, qu'on revoit souvent durant la montée. Au moins pendant un temps.
J'espère que vous aviez des batons de randonnée. Je les trouve indispensables, pour ces longues montées, régulières. Ils soulagent les jambes.
Quant aux crampes, pour moi, c'est surtout les jours qui suivent, durant les longs trajets en voiture, jambes immobiles (surtout quand on est coté passager). Mon remède : le baume du Tigre rouge à haute dose.
Et j'ai une pensée amusée pour mon petit frère qui, jeune, faisait la descente et la remontée à Phantom Ranch en quelques heures, tout au pas de course, partant l'AM, comme sa dose de sport quotidienne, puis finissant la remontée à la lampe frontale, sous les éclairs d'un orage. Il était vraiment givré à l'époque. C'était du sport, mais en rien du tourisme. S'en souvient-il encore ?
Encore bravo à tous les deux !
Tout vous paraitra facile, maintenant.
JP