Bonjour!
Moi aussi j'ai lu le livre d'Irène Frain, grande amoureuse de l'Asie et fière représentante de la gente féminine.
Sur les Bishnois, le seul site Internet en langue française qui soit complet et sérieux, à la fois agréable et très illustré, est
indexploration.comFrain est romancière...Ainsi, son histoire est une fiction bien qu'en partie tirée de faits réels...Tels que le "saka" qui a emmener au suicide collectif plus de 300 adeptes de la secte des Bishnoïs il y a 3 siècles.
L'enfance et l'adolescence de Jambeswar et la genèse de sa secte est infondée. Mais elle a le mérite de proposer une séquence qui
aurait pu être vraie, assez plausible étant les circonstances socio-politiques de l'époque et géographiques, une époque de crises, de doutes et de déclin, sous fond de misère populaire et de famine dans le désert de Thar.
A ce propos Frain appelle le désert de Thar pays de la mort, hors, le pays de la mort, ne correspond en réalité qu'à la partie ouest du Thar appelé localement Marusthal.
quand à l'écologie, contrairement à ce que les médias s'obstinent à avancer comme un titre qui sonne bien pour attirer l'attention, les Bishnois n'en sont en aucun cas les précurseurs...Les amérindiens, et les peuples d’Asie ou d'Afrique qui vivent dans la nature sont les plus écolo puisqu'ils se considèrent comme faisant partie de la nature dont ils dépendent et qui est habitée d'esprits, donc, ils la préservent depuis des millénaires! Les Bishnois sont des éleveurs sédentaires et des cultivateurs. Ils domestiquent et adaptent la nature à leurs besoins, l'aménageant à profit et vendent une partie de leur récoltes. cette économie semi autarcique en milieu rural et qui prévalant aussi en Europe et ailleurs dans le monde, est un héritage du néolithique. Aucune société post néolithique et rurales n'est écolo car l'écologie c'est laisser la nature s'épanouir en s'efforçant de limiter au maximum son impact sur l'environnement, quitte à déménager quand les ressources disponibles s'épuisent...Mais nous sommes tellement ethnocentriques que nous ne comprenons et interprétons le monde qu'en fonction de nos modèles, nos valeurs, notre jugement moral.
On peut cependant avancer que les Bishnois ont pis l'accent dans leur culture sur une gestion plus durable de l'économie en fonction des limites de l'environnement, mais cela n'est pas nouveau en
Inde: les Jaïns, bien avant Jambo ont fait de la non violence, y compris avec les plantes et les animaux une vraie religion. Le Bishnoisme n'est pas une religion, mais une secte Vishnouiste dans l'indouisme lui même plutôt favorable à la relation pacifiste envers les animaux.
Voilà quelques repères. Mais le livre d'Irène propose je trouve une version romanesque plutôt crédible.