Oui, effectivement c'est décevant mais il faut toutefois préciser quelques points :
Le reportage ne portait pas sur les Chachapoya mais sur le personnage Gene Savoy au travers de ses expéditions dans la région des Chachapoya. Cependant, cela n'était pas incompatible avec quelques explications correctes renseignant sur ce passée préhispanique.
De plus, cette expédition était (pour une fois) sous la tutelle de l'Institut National de la Culture ; institut représenté par les archéologues Miguel Cornejo et Alberto Bueno Mendoza, les 2 étant rattachés à l'Université Nationale de Trujillo. Ces derniers sont ceux qui fouillaient le site de Las Cruces et ils ont fait un bon boulot qui a d'ailleurs été présenté en Août 2003 à la conférence de Leimebamba.
Quand ils accèdent aux sépultures de Gran Saposoa (les archéologues péruviens étaient présents même si on ne les voit pas dans le reportage), il est normal que les objets ne soient pas enregistrés en contexte car il n'y a plus de contexte vu que les sépultures ont été pillées. Dans ce cas là est pratiqué ce qui s'assimile à du ramassage de surface. Il est inutile d'enregistrer un contexte qui serait source d'erreur vu qu'il n'est plus d'origine préhispanique. En revanche, il est nécessaire de faire une description du contexte.
Toutefois, Gene Savoy a déjà été reconnu coupable de pillage dans la région et a déjà été interdit de séjour au
Pérou. Il a en plus pratiqué des fouilles sauvages (il a fait des trous en fait) sur de nombreux sites chachapoyas alors qu'il n'avait pas d'autorisation, d'ailleurs il n'est pas archéologue. Il s'attribu des droits en faisant fi des lois et des populations car il part du principe que rien ne doit le freiner, et ne le freinera, dans sa quête. C'est un égo démesurer, un drôle de personnage. Imaginons une soixantaine d'étranger débarquant dans le midi de la
France, retournant les vignes pour chercher des villas gallo-romaines, sans rien demander aux autorités et à la population, sans avoir de compétences particulières, sans avoir d'autorisation ; puis repartir aussitôt dans leur pays sans rendre compte des découvertes réalisées. C'est ce que fait Savoy au
Pérou. Seule cette expédition fut pour la première fois régit, en partie, par l'Institut National de la Culture. Le
Pérou (ou autre pays) n'est pas un grand terrain de jeu pour les mégalos millionaires.
Pour le côté expédition, c'est effectivement une blague. Ils sont tous tirés à quatre épingles, font attention à ne jamais se salir et empruntent des chemins déjà définis. Il faut quand même préciser que Savoy est le découvreur du site Las Cruces bien que ce dernier était déjà connu par les populations paysannes (ce qui est généralement le cas pour de nombreux sites).
Il est aussi intéressant de remarquer la condition des péruviens : ces derniers dorment sous des bâches alors que Savoy et sa clique dorment sous des tentes, ne mangent pas à la même table que Savoy et ne mangent pas non plus le même repas....Tout cela montre le peu de respect qu'affiche Savoy face à ce pays et à sa population. Il ne vise qu'à satisfaire son égo et présente peu de considération pour ce peuple et son histoire tant il est aveuglé par sa quête. C'est vraiment un point honteux surtout que ce n'était pas à cause du budget (Savoy dispose d'énormément de financements) mais bien la volonté de marquer une séparation.
Pour ceux que ça intéresse (si il en reste!!!), ce reportage est rediffusé et il est intéressant de le regarder pour voir comment, dans certains cas, la recherche est détournée pour satisfaire un égo et un profit personnel tout en utilisant un pays, et sa population, comme terrain de jeu.