"
Courage ! Fuyons !" (auteur inconnu) ou "
Eloge de la fuite" (Henri Laborit)
La fuite doit être vécue comme le moyen ultime de limiter les dégâts en restant sur place. C'est bien le sens de Henri Laborit qui emploie ce terme dans sa définition maritime (voilure ultra réduite pour fuir un endroit dangereux).
Dans la vie actuelle j'ai fui le chômage chronique (à cause de mon âge) et non indemnisé (avec une pension retraite de 81 EUR/mois) et le racket étatique qui ne me laissait comme perspective que de finir SDF une fois que l'Etat aurait ratiboisé mes placements. Celui-ci ne se satisfait plus à taxer sur ce qu'on gagne mais sur ce que l'on a. D'où l'envolée des impôts locaux.
Ceci dit l'économique n'est pas la seule raison de ma fuite. J'ai aussi fui l'absence de plus en plus chronique de rapports humains en
France.
Et je ne pense pas qu'on fuit "
une qualité de vie", mais qu'au contraire on la recherche.
Ceux qui ne fuient pas sont, soit des heureux nantis qu'indiffèrent la perte des relations humaines (ou qui se contentent de celles de leur microcosme familial), soit une curieuse catégorie récente de jeunes qui, tout en étant lucides sur l'absence de perspectives, perdurent à crever sur pied sans avoir, ni la curiosité, ni le tonus vital, d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. En même temps qu'ils n'osent pas se lancer ils considèrent comme la dernière des abominations de faire équipe avec quelqu'un de plus chevronné question aventures. Situation qu'on peut résumer à "
Plutôt crever tout seul que de s'en sortir à plusieurs".
Je ne parle pas, bien sûr, de ceux qui fuient leurs complexes, leurs états d'âme et autres choses qu'ils ne peuvent qu'emmener avec eux. Ce sont souvent eux qu'on retrouve comme épaves humaines dans des pays "
paradisiaques" (on se demande pour qui car ils sont tellement chers) ou même des pays comme mon actuel de résidence où il est pourtant relativement facile de vivre tout en étant pauvre.