Bonsoir Catherine !
Il est passionné par les constructions traditionnelles et particulièrement en terre.
Cela ne m'étonne pas... moi aussi, même si je ne suis pas architecte. Dès le début de mon intérêt pour le Mali et dès mon premier voyage dans ce pays unique (il y a plus de 20 ans), ce mode de construction me fascine. Au Mali, la construction en banco vit et vit (encore) mais le
Maroc aussi est un bon exemple pour ça (> les ksars). Lors de ma première visite à Tombouctou, j'ai eu la chance (impossible aujourd'hui) d'entrer dans la mosquée de Djingereyber (on m'a invité, pas la règle même dans cette époque) : la Djingereyber est la plus ancienne (700 ans) des trois grandes mosquées à Tombouctou, les deux autres, la Sankoré et la Sidi Yahia, sont plus jeunes (et plus petites) que la Djingereyber... Une aventure rare. Voici une photo prise le jour de cette visite :
Mais, ne nous montons pas le bourrichon, la modernité fait son entrée dans cette culture également (des stéréotypes architectoniques importés de l'Occident et du Moyen Orient, des matériaux occidentaux comme le ciment, la tôle ondulée, le béton armé etc.). On peut les voir déjà en brousse, ces édifices bêtes et banals construits du ciment etc. A l'époque, on a crépi en commun les bâtiments après la saison des pluies, toutes les membres de famille y ont participé, et toutes les familles ont participé à crépir leurs mosquées. Un rite collectif pour consolider la solidarité dans la famille et dans la communauté. Aujourd'hui, on voit ce travail de plus en plus comme une corvée...
Il pense que l'architecture contemporaine peut y trouver des astuces de construction aussi bien pour la technique que pour le confort, nettement moins énergivore que le tout béton/acier/verre.
Je suis certain qu'il a raison, OUI... L'argile est un matériau très ancien, un des premiers du tout. Mais, curieusement, ce matériau n'est pas très répandu en Europe (je ne sais pourquoi) même si le mouvement écologique des années 80 l'a redécouvert. Très bel exemple : la
Kapelle der Versöhnung (chapelle de la réconciliation) à
Berlin. Elle se trouve à la
Bernauer Straße (= symbole douloureux du partage de
Berlin en 1961) et appartient à la
Gedenkstätte Berliner Mauer (lieu commémoratif du Mur de
Berlin) :
www.google.de/...&ved=0CD0Q9QEwBQ
. En raison de coûts, la chapelle n'a pas de chauffage. Pas nécessaire, ce sont les qualités climatiques de l'argile qui viennent en aide : en été, une protection contre la chaleur, en hiver contre la froideur au-dehors...
dans le sud Maroc... une maison en banco à la campagne qui créait naturellement un courant d'air à l'intérieur de la pièce principale rendant une atmosphère agréable malgré la chaleur intense dehors.
Voir en haut (la chapelle). Moi aussi, je l'ai vécu. Durant des mois et pas mal de fois, j'ai logé dans une petite maison en banco. Agréable s'il a plu ou s'il a été venté en dehors, agréable dans la chaleur (la plupart du temps). Bon, les quelques visites de scorpions mais pas grave...
En attendant qu'il puisse se rendre au Mali
Ça peut durer...
Votre fils peut contacter S. Schutyser et autres (architectes, anthropologues) dont Geert Mommersteeg, Rogier Bedaux (Leyde, Riijsmuseum), Trevor H.J. Marchand (
Londres), Gilles Holder (aussi chercheur de l'IRD).
djenne-patrimoine.org/
www.mali.ird.fr/
Hery