Bibouns51 · 13 décembre 2019 à 9:47 · 370 photos 232 messages · 24 participants · 20 908 affichages | | | | Suite...
A l’heure où je te parle, nous sommes maintenant plaza San Francisco pour y attraper un collectivo de la ligne 43. On passe ainsi d’un mode de transport dans le top de la modernité urbaine emprunté tout à l’heure à une pièce d’antiquité. Tous les collectivos, ici, sont en effet d’anciens vans Dodge américains reconvertis et tout peinturlurés ! « La porte battante ? » Elle ne ferme plus ! « Les clignotants ? » Désolé, tous les deux cassés ! « Et le klaxon ! » Ah oui, ça c’est opérationnel et nos oreilles s’en rendent bien compte ! Trois-quarts d’heure de tape-cul et quatre bolivianos dépensés plus tard, nous débarquons à l’autre bout de la ville à la Valle de la Luna. Si nous étions aux Etats-Unis, ce site serait à coup sûr un parc national. Sauf qu’il n’a pas eu de chance et il s’est installé en Bolivie. Du coup, c’est seulement la Valle de la Luna et ce n’est déjà pas si mal. Ici, l’érosion due à la pluie, au vent et au temps a creusée et façonnée des cheminées de fée dans les montagnes qui ne sont pas sans rappeler un mini Bryce Canyon. Lesdites montagnes étant composées essentiellement d’argile et de calcaire, ça nous offre des nuances de blanc beige, et un paysage ultra esthétique digne de la lune d’où son petit nom poétique... Sachant qu’il est à portée de main, ou plutôt à portée de bus, et que ni les transports, ni le ticket d’entrée ne sont très coûteux, ce serait dommage de ne pas venir traîner ton appareil-photo dans une des deux petites randos qui sont proposées : La courte ou la très courte. Quinze ou quarante-cinq minutes.
Tempête, scène deux, moteur, action ! Alors que nous parcourons le sentier le moins court qui zigzague au milieu des stalagmites géants, un vent à décorner tous les cocus nous signifie qu’il est bientôt l’heure de penser à partir. « Un collectivo ! » Ah non, il est complet... « Un deuxième collectivo ! » Ah non, il ne va pas dans la bonne direction... « Un trente-huitième collectivo ! »... Bon, finalement, je crois qu’on va faire un prêt à la banque et on va rentrer en taxi jusqu’à notre hôtel en n’omettant surtout pas le petit crochet au traditionnel Hard Rock Café sous peine de divorce express... Voilà, il est l’heure de refermer la porte de l’agence touristique. Une douche, un peu de correspondance familiale, et on conclut cette belle journée par un lomo montado, repas traditionnel bolivien que l’on prend au Surucachi restaurant. Si je te donne le nom de ce restaurant, c’est pour être sûr et certain que tu vas consciencieusement te le noter dans un coin pour ne pas oublier de ne pas y entrer quand tu viendras à La Paz et que tu te retrouveras devant son enseigne ! Beurk de chez beurk... ou comment faire cuire de la viande dans une friture à poissons ! Je crois que je suis bon pour avoir des remontées acres de friture jusqu’à demain matin ! De toute façon, demain est une autre aventure... | | | Hello Franck, Merci pour ce superbe retour sur le Pérou, c’est sur que je ne manquerai pas de penser à vous lorsque j'y serais  Je vais te suivre en Bolivie car ça sera surement notre prochaine destination en Amérique du Sud  mais surtout, ça me manquerait trop de ne plus suivre vos vadrouilles  . | | | Hello Franck, Merci pour ce superbe retour sur le Pérou, c’est sur que je ne manquerai pas de penser à vous lorsque j'y serais  Je vais te suivre en Bolivie car ça sera surement notre prochaine destination en Amérique du Sud  mais surtout, ça me manquerait trop de ne plus suivre vos vadrouilles  .
Tu verras, la suite, en Bolivie, ça envoie de la sciure de bois par sac de 50 kilos !!!
Si tu es tant en manque, tu as mes autres carnets ! Je suis en train de finaliser celui sur la Birmanie... A+ Franck | | | Hello les aficionados de voyages ! Un nouveau petit carnet pour vous raconter ma vadrouille au Pérou, en Bolivie et au Chili en 18 jours. Voyage intense, fatigant, mais au combien dépaysant... Je te laisse découvrir ça même si tu peux déjà retrouver la version complète ici : onpartenvadrouille.over-blog.com/...-pas-l-pero...
Bonne lecture et n'hésite pas à me faire part de tes éventuels remarques / commentaires... Bonjour Frank, ma femme ayant décidé d'aller pour une fois ailleurs que dans un pays musulman nous avons opté pour le Pérou et/ou l Bolivie ; je pensez y passer 15 jours maximum, fin Avril début Mai.Pourrais-tu me concocter un itinéraire - pas gonflé le mec - sachant que j'ai eu 81 ans hier et que je ne peux me passer de ma canne anglaise (que tu ne me fasses pas faire l'éperon Whimper local). Pour améliorer le tableau ::, quand je ne suis pas à l'hosto je me promène sur le principe d'un billet d'avion AR et la première nuit d'hôtel réservée (en principe) : l'année dernière : la remontée du Nil d'Aswan à Khartoum en bus locaux. Je ne sais pas combien de temps encore je pourrai mais avec l'aide de gens comme vous plutôt démerdards je dois bien tenir une paire d'années. Détails complémentaires ; je peux marcher plusieurs heures par jour mais à 3Kms/h ! Le confort n'est pas primordial du moment que c'est propre, la bouffe non plus, j'ai perdu 3 Kgs en Ethiopie à manger mat.midi et soir de l'injera, je me débrouille en espagnol Celui qui ne tente rien n'a rien Bernard 23 octobreC’est pas l’Pérou ? Si !Quand j’étais petit, je n’étais pas grand... Normal, vas-tu me dire... Et quand j’étais petit, j’étais fasciné par la carte du monde. Comme mes vieux posters de Chris Waddle et de Jean-Pierre Papin, je la fixais comme un ahuri en me posant cette question toute bête : Qu’est-ce qu’il y a là-bas, de l’autre côté de la planète ? Mon envie de voyage a certainement commencé à poindre le bout de son nez à ce moment-là. Malheureusement pour mon porte-monnaie et pour ma femme, elle n’a fait que s’accroître avec le temps. Ma femme, justement, parlons-en !! Le jour (ou plus précisément la nuit) où nous avons dormi (ou plus précisément essayé de dormir) dans une maison (ou plus précisément dans une cabane) mal isolée (ou plus précisément pas isolée du tout) par une température revigorante (ou plus précisément glaciale) au fin fond de la Birmanie, elle a dit « Stop ! Finito ! Terminé ! Kaput ! Les voyages dans ces conditions, ce n’est plus de mon âge ! » Sauf que moi, premièrement, je ne fais pas son âge !!! S’en est donc suivi un voyage à Bali cet été dans des conditions à la brosser dans le sens du poil. Sauf que moi, deuxièmement, ça ne m’a pas comblé mon envie de dormir à l’arrache au milieu des cochons ! Et puis un voyage à quatre à Bali en conditions préférentielles, ça a un coup ! La cigale ayant dépensé tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Sauf que moi, troisièmement, j’en ai gardé un peu sous le pied. Mais juste un tout p’tit peu... Juste pour une seule personne... Juste pour moi, en fait ! Sauf que moi, quatrièmement, je ne me vois pas partir en solo à l’assaut du monde pour dormir avec des cochons... Partenaire particulier, je cherche partenaire particulière, débloqué, pas trop timide et avec une bonne dose de savoir faire !
Et là, se pointe mon frère. Lors d’une soirée bien arrosée faisant suite à une journée de ski, il nous confesse que le générique des « Mystérieuses cités d’or » le hante au plus profond de son être depuis qu’il est tout petit et qu’il lui faut donc absolument étancher sa soif d’aller toiser le Machu Picchu en tête à tête. « Franck, pourquoi n’y emmènerais-tu pas ton frère ? » Incrédule ou femme parfaite, Dieu seul le sait ! En tout cas, Sandrine a prononcé ces quelques mots à 21h57. Sur le coup, je pense qu’elle ne perçoit pas la portée de ses mots. Crédule ou homme opportuniste, Dieu seul le sait ! En tout cas, je saisis l’opportunité par les deux mains et à 22h25, je suis scotché à mon écran en train de retourner le net pour y dénicher des billets d’avion pas chers. 22h49, emballé, c’est pesé, y’a plus rien à voir, cinq cents euros par personne, départ en octobre prochain !!! C’est ce qu’on appelle « battre le net tant qu’il est encore tôt ! » Je t’annonce donc solennellement que pour ce nouveau voyage, je prends la direction de l' Amérique du Sud, et plus précisément de la Cordillère des Andes, la plus longue chaîne de montagnes du monde... Une traversée de Lima au Pérou, jusqu’à San Pédro de Atacama au Chili en passant par La Paz en Bolivie, pour une durée totale de dix-huit jours sur place, du 23 octobre au 11 novembre. Au programme de ce roadtrip, des noms qui résonnent comme autant de lieux magiques... Les lignes de Nazca, l'incontournable Machu Picchu, la ville ancestrale de Cuzco, le Lac Titicaca, la tentaculaire capitale La Paz, le Salar d’ Uyuni, le sud Lipez, le désert d'Atacama,... et bien d’autres de leurs amis qui riment avec Esteban, Tao et Zia ! Et tu l’as donc compris, dans la rubrique « C’est qui qui vient ? », je serai pour cette fois-ci accompagné par mon frère que je m’en vais te présenter de ce pas...
Pour commencer, soit-disant qu’il serait ma copie. Pâle, mais copie quand même dixit les personnes qui nous connaissent... Ensuite et c’est bien là le plus important, dormir avec des cochons ne le rebute pas du tout, bien au contraire ! Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, je parle bien de l’animal mâle... Enfin, sache qu’il a une dizaine d’années de moins que moi et qu’il se prénomme Sullivan. Voilà pour les présentations sommaires, tu en sauras plus sur lui en allant consulter son compte Tinder, ou tout au long de notre vadrouille qui débute... maintenant ! Car comme dirait ma grand-mère, « il y a de la route, faut y aller mes gamins ! » Trente minutes de voiture jusqu’à la gare TGV de Reims. Trente minutes supplémentaires de train pour gagner l’aéroport Charles de Gaulle. Neuf heures d’avion pour aller jusqu’à Atlanta, puis sept nouvelles heures de vol pour enfin atterrir à Lima. Ajoute à ça les temps d’attente dont les quatre heures d’escale à Atlanta, secoue le shaker et tu obtiens un résultat de vingt-et-une heures de transport !... Mais on est des oufs, nous ! Car je profite du fait d’être cette fois-ci exonéré de ralentisseurs plaintifs pour pousser le bouchon un peu plus loin. A cela, comprendre que je voyage léger, sans femme ni enfant. Pour gagner du temps, on enchaîne donc direct en arrivant à Lima avec une heure de taxi pour gagner la gare routière, trois heures d’attente sur un banc en pleine nuit, puis cinq heures de bus pour aller jusqu’à Ica. De là, on prend un nouveau taxi et terminus, tout le monde descend !!! Ouf, nous arrivons enfin à notre lieu de villégiature, Huacachina, pas moins de trente-trois heures après avoir regardé ma maison s’éloigner dans mon rétroviseur. Que retenir de ce voyage à part que ce fut extrêmement long ? Pas grand’chose à part qu’à l’immigration américaine, vu qu’on porte logiquement le même nom avec mon frère, on nous a demandé si nous étions mariés ensemble ; qu’on a tué le temps à l’aéroport d’ Atlanta à boire des bières à la citrouille d’Halloween ; que nous avons été accueillis par des prostituées pratiquement nues dans les rues de Lima (merci à elles pour cette délicate attention), et que des affiches de Julien Clerc couvraient les murs de la ville. Oui, oui, « Lili voulait aller danser » a apparemment son public là-bas... Allez, maintenant, tu m’excuseras pour le caractère expéditif de cette fin de description de journée, mais le thermomètre ici affiche déjà près de trente degrés. Si on ajoute à l’équation le temps de transport, ainsi que les six heures de décalage horaire, on obtient deux français complètement crevés qui doivent aller se coucher pour être en forme demain. De toute façon, demain est une autre aventure...
J'espère que ce message te parviendra car apparemment je n'ai pas procédé comme il allait | | | Hello, Quelle est la question exactement ? Que souhaites-tu faire au Pérou ? A+ Franck | | | Merci de m'avoir répondu. Nous sommes des passionnés des vieilles civilisations, de beaux paysages (je fais des crobards de poche) et d'endroits vivants et populaires, donc le Machu et Cuzco s'imposent. Ceci dit j'ai repéré un AR Bâle - Lima du Jeudi 16 Avril au Vendredi 1er mai.Voilà le cadre comment le remplir et dans quel ordre ? Je peux aussi bien y inclure un vol intérieur pour éviter une liaison sans intérêt mais j'apprécierai quelques heures de bus local pour un trajet pittoresque. Je prévois au moins deux jours pour le Machu et autant voire plus à Cuzco si l'endroit peut servir de base pour visiter des points intéressants alentour sans avoir à défaire la valise tous les soirs. Il est certain qu'il y a des tas d'endroits passionnants mais on ne voit jamais tout et cela ne m'intéresse pas d'empiler des références. Je me suis également posé la question d'arriver à Lima et de repartir de La Paz pour éviter un doublon J'ajoute que le lac Titicaca ne m'attire pas outre mesure s'il y a à choisir question de temps. Dernier point nous ne craignons ni les petites bêtes ni les grosse hormis les serpents pour ma femme et ne connaissons pas la gastro. Nous habitons la Hte-Marne profonde et j'ai passé ma vie dans les bois. Merci d'avance Belle journée ensoleillée Bernard | | | Hello Bernard, Je te confirme que le Pérou répondra à tes attentes... et Cuzco est l'endroit idéal pour rayonner. As-tu lu toutes les journées de mon carnet à ce sujet ? Il faut en effet consacrer un minimum de deux jours au Machu Picchu dans la mesure où le transport pour y accéder est assez long. Sur le passage, il faut surtout faire un arrêt à Ollantaytambo. Pour le Titicaca, j'y suis allé (comme tu l'as peut-être lu aussi) mais ce ne faut pas notre étape préférée, loin de là... Il y a des vols entre Cuzco et La Paz qui te feront gagner du temps et sans louper "grand'chose". Par contre, depuis La Paz, il y a aussi possibilité de visiter un peu le sud de la Bolivie qui vaut vraiment le coup pour ses paysages. Cela va faire l'objet des jours suivants de mon carnet. N'hésite pas à les lire pour te faire une idée. Enfin, sache que si tu atterris à Lima, tu peux descendre à Nazca pour y voir les fameuses lignes. De là, un bus de nuit peut t'emmener directement à Cuzco. C'est ce que nous avions fait. Bus très confortable et économie d'une nuit d'hôtel et de temps... N'hésite pas si tu as d'autres questions... A+ Franck | | | 4 novembre Unboliviable !Le réveil, c’est toujours une guerre civile entre mon corps et mon esprit lorsqu’il intervient avant le passage des éboueurs. Dans le coin à ma droite, mon cerveau m’intime l’ordre de me lever machinalement, là où dans le coin opposé, mes jambes tentent de me persuader du contraire en mettant en avant des arguments plus que convaincants. Un seul arbitre, ma conscience ! Bon, présentement, vu que mon frère parle comme Sinok dans « Les Goonies », j’en déduis que c’est encore plus pire que tôt que la normale lorsque mon téléphone crie de tous ses poumons pour faire bouger nos tas de viande ! Un petit coup d’œil furtif à mon téléphone : Il est quatre heures. « Chut... Fais comme si tu ne l’avais pas entendu et rendors-toi ! » me susurre mon corps à l’oreille... « Debout feignasse, sinon tu vas rater ton avion pour te rendre au Salar d’ Uyuni ! » me martèle mon esprit... Bim bam, Uppercut, ma conscience prononce une victoire par KO de mon esprit dès le premier round ! En quelques fractions de seconde, me voilà à battre des records d'efficacité : Habillement, check. Sac bouclé, check. Déblaiement des résidus nocturnes à la commissure de mes yeux, check. Frère qui reparle normalement, check !
Faut quand même que je te dise qu’un jour, j’ai rêvé que je marchais sur le Salar d’ Uyuni. Et aujourd’hui, je te l’donne en mille, je vais marcher sur le Salar d’ Uyuni. Oui, je suis comme ça, moi, je réalise mes rêves... Donc Zobi la mouche, hors de question de louper l’avion qui va m’y mener ! « Envole-moi, envole-moi, remplis ma tête d'autres horizons, d'autres mots... » Bon, rassure-toi, ma crainte était de louper l’avion ou que ce dernier affiche beaucoup de retard... Soulagé je suis car il n’en est rien, nous avons attrapé un taxi à l’heure, nous sommes arrivés à l’aéroport à l’heure, notre avion est parti à l’heure et nous atterrissons à Uyuni à l’heure. Ouf... sauf que les trente passagers de notre avion sont accueillis à l’aéroport d’ Uyuni, non pas par un collier de fleurs, mais par un petit écriteau avec leur joli petit nom écrit dessus,... mis à part nous ! Dix minutes, vingt minutes, trente minutes,... nous sommes maintenant les deux seuls couillons à poireauter dans l’aéroport. Soit l’agence avec qui j’ai contracté depuis la France pour la visite du salar nous a délibérément zappés, soit le corps du gars qui était de corvée pour venir nous chercher a remporté son combat contre son esprit et il est resté confortablement au fond de son lit ! Bon, je dois me résoudre à les appeler en passant par la gentille hôtesse d’accueil de l’aéroport : « Oui, oui, pas de souci, on ne vous a pas oublié, on arrive ! » Dix minutes, vingt minutes, trente minutes d’attente supplémentaires... pour voir arriver un gars hagard, une heure de retard à son actif, ne daignant ni nous baiser les pieds pour s’excuser, ni nous raconter que sa grand-mère est morte cette nuit pour la huitième fois pour tenter de se justifier. Sachant qu’on va être guidé par cette agence pendant les trois prochains jours, ça nous laisse perplexe...
Il faut savoir que pour vadrouiller dans le Salar d’ Uyuni et accéder ensuite au Sud Lipez, il faut obligatoirement louer un 4x4 et le chauffeur qui va avec, à moins d’être un maso de la marche et d’avoir trois mois devant soi. Tu as aussi l’option vélo mais... comment te dire... ce serait comme te prêter mon beau bateau gonflable pour traverser l’Atlantique ! « Concrètement, ça s’organise comment ? » Une agence met six touristes dans un gros Land Rover conduit par un chauffeur qui fait également office de guide, de cuisinier et de mécano. Elle secoue le tout et ça te fait une occupation pour trois jours d’escapade au milieu de paysages enchanteurs ! Nous concernant, je me suis mis d’accord avec l’agence Esmeralda Tour pour cent vingt dollars par personne, comprenant transport, nourriture, hébergement pour deux nuits, plus bus pour San Pedro de Atacama depuis la frontière chilienne où nous abandonnera notre guide. Bon, pour le moment, le gars qui est venu nous chercher nous abandonne juste à l’agence où on nous demande illico le règlement de la prestation. Rendez-vous est pris pour le départ à dix heures trente précises, de quoi nous laisser juste le temps pour quelques courses et une balade dans Uyuni sans intérêt. Faut dire que cette ville triste aux avenues immenses balayées par les vents ne va pas nous marquer par son architecture. Elle n’a vraiment comme seul intérêt que de se situer à côté d’un des plus beaux endroits du monde qu’on trépigne d’impatience d’aller rendre visite. On trépigne, on trépigne,... sauf qu’à l’heure prévue du départ, personne. A onze heures, toujours personne. Moi qui suis à cheval sur l’organisation, je suis complètement désarçonné ! Vraiment, on commence à se poser des questions sur le sérieux de cette agence... Ouf, notre guide finit enfin par se pointer. Je te présente donc Carlos. Premièrement, il ne baragouine pas un traitre mot d’anglais. Même « one again a bistoufly », lui pas connaître. Secundo, il est tellement petit qu’il a la tête qui sent des pieds ! Point positif, nous serons à l’aise Blaise car là où d’autres agences mettent leurs clients en conserve jusqu’à sept personnes dans un 4x4, nous ne serons que quatre en plus du guide. Je te présente donc également Brian l’english et Gin Hie la sud-coréenne qui seront de la partie pour cette vadrouille ! Première étape,... le garage ! « Euh, là, tu tirelipimpon sur le chihuahua mon Carlos ! Tu n’aurais pas pu changer ta roue avant, non ? » Non, mais sérieux...
Pffff, je me suis bien fait berner avec cette pub pour l’agence Esmeralda qui tournait en boucle sur internet : « On est tellement sûr de notre programme, on est tellement sûr que ça va vous plaire, on est tellement sûr que ça va marcher pour vous, qu’on est prêt à débuter l’excursion avec deux heures de retard ! »... « Moi, avec mon agence "Comme j'aime Esmeralda", j'ai perdu deux heures de mon temps ce matin ! » Ouf, onze heures quarante-cinq, hip hip hip hourra, champagne pour tout le monde, et un, et deux, et trois, zéro, on quitte enfin Uyuni ! On commence par la découverte du cimetière des trains. Uyuni étant un carrefour ferroviaire pour le transport de minerais il y a quelques décennies, on trouve ici de nombreuses locomotives et wagons abandonnés au fil du temps qui font maintenant partis du paysage local. L’endroit en est même devenu une véritable attraction touristique, à seulement trois kilomètres de la ville. À peine arrivés, il y a certaines vérités qui font mal à entendre : Oui, l'infirmière peut être un infirmier et la Sécu ne te proposera pas de dédommagement si c'est un mec moustachu qui vient te faire ta piqûre. Oui, la quantité de 4x4 présents ici nous rappelle que le Salar d’ Uyuni est un des lieux les plus connus et les plus courus de l’ Amérique du Sud. Bon, on en fait fi et on escalade gaiement les vieilles carcasses de trains pour passer le temps et attendre de prendre enfin, une bonne fois pour toutes, sans tergiversation, après moultes salles d’attente, la direction du salar qui risque d’avoir disparu avant qu’on puisse le voir !
Caramba, encore raté ! Car après les vieilles Micheline, on a maintenant droit à un arrêt vide-porte-monnaie aux boutiques attrape-touristes de Colchani ! Bon, Carlos, ok pour acheter un dinosaure en plastique à tes copains mais après ça, faut bouger ! Message reçu cinq sur cinq car ça y est, la chaudière est enfin allumée ! « Euh, au fait, pourquoi un dinosaure en plastique ? » Ça, tu le sauras bien assez vite... Car là, on pénètre enfin sur le salaaaaaar. Sauf que Carlos décide qu’il est déjà l’heure de faire taire nos ventres pas si affamés que ça ! « Carlos, tu ne comprends donc rien ! Ce sont nos yeux qui ont faim ! » On mange dans un bâtiment construit intégralement en sel à l’entrée du salar. C’est aussi ici qu’est donné chaque année le départ du Dakar ! Non, nous ne nous sommes pas téléportés sur le continent africain, mais c’est bel et bien ici que la course bat son plein depuis que l’instabilité politique et sécuritaire des pays d’Afrique a poussé les organisateurs à migrer ici, en Amérique du Sud...
« Hé, tu ne devineras jamais ce qui nous arrive... Ladies and gentlemen, il est treize heures et la journée qu’on attendait tant commence enfin ! » Aya aya aya... Oh, que c'est beau !... Aya aya aya, Dieu que c’est beau ! Aya aya aya... Je pourrais très bien rendre une copie blanche vu qu’il n’y a pas de mot pour décrire ce que je vois... Blanche comme une page vierge de toute souillure, mais surtout blanche comme la neige fraîche, blanche comme le lait, blanche comme les colombes, comme la lessive, comme les nuages, comme des dents brossées à l’émail diamant... Bref, lavé avec Persil, plus blanc que blanc !... On pourrait peut-être comparer l’endroit à l’Antarctique où le bleu et le blanc sont les uniques couleurs à se mettre sous la rétine. En tout cas, ça y ressemble comme deux gouttes d’eau salée ! Nous roulons sur le sel pendant plusieurs minutes de contemplation, jusqu’à ce que les montagnes au loin disparaissent pour ne laisser place qu’à cette gigantesque étendue éclatante sous le soleil. J’ai du mal à en croire mes yeux, c’est encore plus impressionnant que ce que je m’étais imaginé. Non mais tu t’rends compte ! Nous roulons sur le plus grand désert de sel au monde ! C'est suite à l’assèchement du lac préhistorique Minchin, il y a plus de quinze mille ans, que s'est formée cette étonnante couche de sel sur un périmètre grand de cent kilomètres de large sur cent-cinquante de long, l'équivalent de la surface de deux départements français ! A certains endroits, la profondeur du gisement en sel peut atteindre cent vingt mètres ! On estime les ressources de sel disponibles à soixante milliards de tonnes... Et à cinq millions de tonnes de lithium exploitables sur les onze millions que comptent la planète. Autant te dire que la Bolivie tient là une véritable mine d’or si le marché des voitures électriques explose. Bref, voilà des chiffres qui donnent le tournis et qui font de cet endroit une source de richesse infinie et un des lieux les plus beaux et insolites que compte notre planète.
Chuuuut... Après avoir roulé une heure au milieu de cette immensité, nous coupons le moteur... Moment spécial... En descendant de la voiture, je sens le sel crisser sous mes pieds. Je suis là, perdu au milieu de ce salar irréel, infini, pur, la main me protégeant d’un soleil qui ne m’avait jamais tant ébloui. Un silence de plomb s’installe, personne ne parle de peur de faire s’évanouir cet environnement si zen, de peur de s'extirper de ce rêve éveillé. Personne à l’horizon, pas même un maniaque du selfie, nous sommes délicieusement seuls. Certains se sourient pour se témoigner cette jouissance visuelle en silence, d’autres se pincent pour être sûr de ne pas halluciner. Personne ne parle, non, mais nous pouvons tous comprendre ce qui se passe à cet instant dans l’esprit de chacun. Quand tu as froid, tu as la chair de poule. Quand tu es excité, tu as de l’adrénaline... Quand tu es ému, les larmes te montent aux yeux... Et bien quand tu es dans le Salar d’ Uyuni, tu as les trois à la fois ! Si maman siiii, si maman siii, maman si tu voyais c’que j’vois !!!
Passé cet instant de béatitude zénifiante, il est l’heure de sortir l’artillerie lourde : Notre pote Rex le T-rex ! Ah, nous y voilà ! L’étendue plane et illimitée du salar permet en effet de jouer avec les perspectives pour réaliser des photos originales, voir même marrantes... Attention, je te préviens tout de suite, c’est du boulot ces photos ! Il faudrait prévoir un diplôme spécial « Metteur en scène de photos sur salar » parce que ce n’est pas donné à tout le monde ! Il faut prévoir quelques ustensiles et pourquoi pas préparer les poses avant de venir. Nous concernant, c’est ce qu’on a fait... et ça donne ça :
| | | Coucou Franck,
Super, enfin la suite 😉
J'adore tes photos décalées tout comme tes récits 🤣🤣🤣
Myriam | | | À: Bibouns51 · 22 février 2020 à 11:59 · Modifié le 26 fév. 2020 à 23:58 Re: On part en vadrouille au Pérou / Bolivie / Chili! Message 110 de 232 · Page 6 de 12 · 1 005 affichages · Partager Suite...
Franche partie de rigolade ! Et merci au petit Carlos pour son aide ! Par contre, ce qui nous fait bien plus mal que de marcher sur un Légo, c’est le moment où il nous contraint par la force à remonter dans son 4x4. « Quoi ? J’peux pas rester là cette nuit ? Vas-y, file-moi un plan, je vous rejoindrai à l’hôtel demain matin ! Mais naaaaan... ch’uis sûr que c’est pas loin, arrête de dire des bêtises !... Hé, ho, pas la peine de le prendre sur ce ton, Carlos ! Ce n’est pas parce que c’est toi le chauffeur du 4x4 qu’il faut te la péter comme ça, hein !... » Bon, allez, si on part, c’est pour se rendre à une nouvelle étape qu’on rejoint après une nouvelle heure de route sur le salar : L’île Incahasi, la fameuse île aux multiples cactus ! Oui, oui, il y a bien une île au beau milieu de cette mer de sel ! Oui, oui, elle est recouverte d’immenses cactus ! Non, non, promis, on n’a rien fumé ! Du haut de cette île, c'est un panorama à trois-cent-soixante degrés sur plus de cent kilomètres à la ronde qui s'offre à nos yeux ébahis. Une immensité de particules blanches de forme hexagonale sous un ciel bleu immaculé. Et les cactus sont bel et bien présents au rendez-vous ! Des cactus géants dont les plus grands atteignent une douzaine de mètres, la croissance de cette espèce étant pour l'anecdote d'environ un centimètre par an. En tout cas, j’essaye de graver de nouveau ces moments dans ma boîte crânienne pour me les ressortir à la même heure dans une semaine quand je serai en galère chez un client !
Après une nouvelle heure de route qu’on ne fait d'ailleurs toujours pas sur une route, Carlos s’arrête de nouveau pour nous permettre cette fois-ci d’assister au coucher du soleil sur le salar. Bon, ben, je ne sais pas quoi te dire de plus qu’avant d’aller vérifier s’il existe dans le ciel, j’ai trouvé le paradis sur terre... Et qu'incroyable est le mot qu'on se répète continuellement, encore et encore... Je crois pour ma part l'avoir lâché une bonne vingtaine de fois. Et pourtant, je trouve que le mot ne donne même pas la mesure du sentiment qui nous gagne. On passe du jaune au orange, du rose au violacé tout autour de nous. Picasso, Bowie, Dali, Mbappé, Eve Angeli,... ? Y’a pas à dire, pour moi, la nature reste sans équivoque la plus grande artiste de tous les temps. Allez, comme tu as été bien sage, je te laisse batifoler en sa compagnie :
Ça va ? Pas trop mal aux yeux ? Pas trop ébloui par tant de beauté ?... Bon, on a survécu à grands coups d’anxiolytiques au départ de Julien Lepers de « Questions pour un Champion », mais pas sûr que l'on parvienne à survivre à notre départ du Salar d’ Uyuni ! Voilààààà, c'est fini, ne sois jamais amère, reste toujours sincère, t'as eu c'que t'as voulu, même si t'as pas voulu c'que t'as eu... Nous nous dirigeons maintenant de nuit vers la maison de la famille qui va nous ouvrir ses portes ce soir. Une maison, pour la petite cerise sur le gâteau salé de cette journée, construite intégralement en blocs de sel, y compris nos lits ! Bon, une fin heureuse, c’est bien mais ça fait trop téléfilm de Noël à mon goût. Toi, j'suis sûr que tu préférerais une fin bien tragique parce que le malheur des autres, c’est plus intéressant que leur bonheur, n'est-ce pas ?... Du coup, pour satisfaire le côté obscur de la force qui est en toi, sache qu'on se quitte sur une douche à se briser les dents sur une eau, soit à faire bouillir des pâtes, soit à congeler un pingouin ! M'en fous, maintenant j’ai deux amours, mon pays et le Salar d’ Uyuni !... Cher ami vadrouilleur, toi qui as lu ces lignes, dis-moi sincèrement : As-tu surkiffé de partager cette journée au Salar d’ Uyuni avec nous ? Cela t’a-t-il donné l’envie subite de nous rejoindre ? Si oui, promets-moi une chose : Être avec nous demain pour notre départ pour le Sud Lipez ! De toute façon, demain est une autre aventure... | | | Coucou Franck,
Super, enfin la suite 😉
J'adore tes photos décalées tout comme tes récits 🤣🤣🤣
Myriam
Hello Myriam ! Oui, un petit séjour au ski m'a ralenti dans ma mise en ligne... Retour à la normale, je suis de nouveau bien présent pour la suite ! Content que ça te plaise toujours autant ! A+ Franck | | | Il faut savoir que pour vadrouiller dans le Salar d’ Uyuni et accéder ensuite au Sud Lipez, il faut obligatoirement louer un 4x4 et le chauffeur qui va avec, à moins d’être un maso de la marche et d’avoir trois mois devant soi. Tu as aussi l’option vélo mais... comment te dire... ce serait comme te prêter mon beau bateau gonflable pour traverser l’Atlantique ! « Concrètement, ça s’organise comment ? »
Hello Franck ! Juste pour les aventuriers que ça intéresse de parcourir ce bout du monde en y prenant le temps, c’est possible :
voyageforum.com/...self-drive-d9888495/
Ps: je ne suis pas de la famille de Carmen... | | | Super, j'ai survolé ton carnet qui m'a paru extra, c'est pourquoi je t'ai contacté aussitôt avant même d'approfondir. Depuis huit jours on oscille entre dix et quinze à la maison (Bon-papa tu peux m'affuter la tronçonneuse, tu peux nous emmener à la pêche,..........) et moi j'ai besoin de calme pour avancer Donc Lundi j'attaque Il parait qu'il faut réserver son entrée pour le Machu ? peux-tu me donner des tuyaux ? Muchas gratias, hasta luego amigo Bernard | | | Super, j'ai survolé ton carnet qui m'a paru extra, c'est pourquoi je t'ai contacté aussitôt avant même d'approfondir. Depuis huit jours on oscille entre dix et quinze à la maison (Bon-papa tu peux m'affuter la tronçonneuse, tu peux nous emmener à la pêche,..........) et moi j'ai besoin de calme pour avancer Donc Lundi j'attaque Il parait qu'il faut réserver son entrée pour le Machu ? peux-tu me donner des tuyaux ? Muchas gratias, hasta luego amigo Bernard
Oui, il faut réserver à l'avance et il y a des quotas... voici le site officiel : www.machupicchu.gob.pe/inicio | | | Merci Frank, c'est toujours un régal de te suivre  . J'adore tes photos dans le salar, c'est super ! Petit joueur, tu n'as pas louer de 4x4??? Je vous croyais plus téméraire avec ton frère  | | | Bonjour Franck Comment passer un bon moment de lecture ? Il suffit de parcourir tes carnets. Celui là est à la hauteur de tes écrits et la journée au salar d' Uyuni est vraiment Unboliviable !!!! Et vive Zobi la Mouche 😂😂😂. Calyssie | | | Merci Frank, c'est toujours un régal de te suivre  . J'adore tes photos dans le salar, c'est super ! Petit joueur, tu n'as pas louer de 4x4??? Je vous croyais plus téméraire avec ton frère  
J'avais lu avant de partir qu'il n'étais pas possible d'entrer dans le Sud Lipez sans chauffeur... Ca devait être une erreur car depuis notre retour, j'ai effectivement lu des témoignages sur la possibilité de louer un 4x4... Bon, après, ça ne doit pas être facile de se repérer mais avec un peu de préparation, tout est possible... Après, il faut aussi voir en termes d'organisation pour prendre et laisser le 4x4 en deux endroits différents. Pas sûr que ce soit possible... A+ Franck | | | Bonjour Franck Comment passer un bon moment de lecture ? Il suffit de parcourir tes carnets. Celui là est à la hauteur de tes écrits et la journée au salar d' Uyuni est vraiment Unboliviable !!!! Et vive Zobi la Mouche 😂😂😂. Calyssie
Merci beaucoup, ô toi, reine des dragons ! A bientôt pour la suite ! Franck | | | Bonjour Franck. J'ai toujours autant de plaisir à te lire, et encore une fois, je me répète, un style, un humour, et une qualité d'écriture qui font mon bonheur. Merci. Bernard. | | | Salut Franck, Très originales, vos compositions de photos avec votre pote T-Rex. Fallait penser à l'acheter dans le boui boui...  Pour les autres, Carlos a bien dû vous aider, on sent qu'il y a de l'expérience pour vous placer comme il faut ! Le résultat est génial !!! Et que dire d'Incahuasi... c'est une île déserte sur laquelle on rêve de s'échouer ! | Carnets similaires sur l'Amérique du Sud: Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 674 visiteurs en ligne depuis une heure! |