| Peuple étrange: les voyageuses! Pondy · 9 décembre 2007 à 10:13 · 9 photos 880 messages · 46 participants · 110 842 affichages | | | | À: Glatch · 15 décembre 2007 à 13:05 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 81 de 880 · Page 5 de 44 · 3 215 affichages · Partager Bonjour!IL y a un seul portrait dans lequel le voyageur fume un peu tout et qui ne sent pas tous les jours la rose !!! C'est le voyageur aventureux de Pondy!Merci Glatch, Pondy, Mamina 64 et Raoulx pour votre fibre litteraire....C'est vraiment un bonheur de vous lire...Mais Yangguizi doit connaître des Mado dans le monde entier!!! | | | À: Venezia · 15 décembre 2007 à 13:25 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 82 de 880 · Page 5 de 44 · 3 208 affichages · Partager Quasiment tous les portraits de pondy fument. Non non, c'est dans le voyageur pressé que je me suis un peu reconnu. Il est un fait que je suis toujours pressé en voyage, c'est ce qui me résume le mieux. | | | À: Yangguizi · 15 décembre 2007 à 13:35 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 83 de 880 · Page 5 de 44 · 3 204 affichages · Partager et Oui!! j'avais oublié le "pressé" celui qui tombe souvent amoureux !!!!Je ne sais pourquoi je vous voyais plus aventureux!!! | | | À: Venezia · 15 décembre 2007 à 13:40 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 84 de 880 · Page 5 de 44 · 3 198 affichages · Partager je vois je vois...
Bon, ben, ca peut se faire. Je l´inserre dans mon histoire sans problème (il peut parfaitement, depuis la Chine, venir passer des vacances en Australie au même moment que mado et Gérard). Mais il me faut son accord pour ca, au voyageur pressé... Est ce que quelqu´un d´objectif connait bien Yangguizi? LA Question à poser sur VF: est-il SUSCEPTIBLE? | | | À: Glatch · 15 décembre 2007 à 15:02 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 85 de 880 · Page 5 de 44 · 3 182 affichages · Partager Est ce que quelqu´un d´objectif connait bien Yangguizi? LA Question à poser sur VF: est-il SUSCEPTIBLE?
 Guten tag, Frau Glatch !
(Je n'irai pas plus loin... dans la langue de Goethe, j'ai fait 4 ans d'allemand au lycée et j'ai -presque- tout oublié !)
A la 1ère question : j'ai rencontré Yangguizi au cours d'une soirée VF très sympathique à Nice, donc je crois le connaître un peu..... Juste assez pour répondre objectivement à la 2ème question : cela m'étonnerait beaucoup qu'il soit susceptible. Etre un de tes personnages dans la suite des aventures de Mado et Gérard devrait lui plaire.
Surtout croqué avec ton remarquable talent de portraitiste !
J'attends la suite, moi aussi... | | | À: Fabricia · 15 décembre 2007 à 15:20 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 86 de 880 · Page 5 de 44 · 3 172 affichages · Partager Grüss dich Fabricia!
merci à toi aussi. Je vais attendre son autorisation officielle pour me mêler de ce qui ne me regarde pas... D´ici là, j´ajoute dans 5 minutes un petit bout à notre édifice cocasse. Le plus gros arrivera ce soir je l´espère, ou bien demain. Quoi que demain, c´est le jour du Seigneur pour certains. Moi, j´ai prévu marche sportive et le soir séance vin chaud au marché de Noel de Munich (parfait pour l´inspiration), donc je vais essayer de tout mettre en boite ce soir. Quelle vie! | | | À: Glatch · 15 décembre 2007 à 15:26 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 87 de 880 · Page 5 de 44 · 3 168 affichages · Partager Eh eh, on s'amuse bien ici..
Tu fais un tabac avec tes deux protagonistes.
Y'a qu'à appeler Pat le voyageur pressé, le faire rencontrer Mado et Gérard à Manly quartier de Sydney où l'on côtoie une communauté russophone importante et là, dans une boutique de surplus soviétique (j'ai pas pu mettre américain) ils discutent tous les trois. Pat leur fait part de sa quête permanente de couvre-chef, képi et autre galurin militarisé ainsi que des médailles soviétiques. Mado est subjuguée et Gérard dépense beaucoup d'énergie à repousser ce sentiment vulgaire, cette jalousie naissante....
Dom | | | À: Glatch · 15 décembre 2007 à 15:31 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 88 de 880 · Page 5 de 44 · 3 163 affichages · Partager Suite (pour le moment encore sans perspective de dénouement définitif) du récit hyperactif d´un couple de voyageurs.
Brièvement, je glisse un rectificatif microscopique au préambule précédent. Il existe en effet une ressemblance minimale entre un des personnages et moi. En fait, ce délire est complètement autobiographique. Non, je plaisante! Ils s´agit simplement des prénoms des protagonistes. Ma mère s´appelle Madeleine et mon père s´appelait Gérard. En outre, il était fan d´astronomie. Mais ca s´arrête là. Je rajoute cette petite précision au cas où ma mère tomberait par hasard sur ce sitcom burlesque... On a vu des familles se déchirer à coups de procès pour des raisons moins graves! Allez, c´est parti.--
Aéroport Paris/ CDG, Terminal 1. Mado est dans tous ses états. Elle n´a jamais pris une aussi petite valise pour partir en voyage. Si elle n´était pas tombée dingue amoureuse de Gérard, elle se serait d´ailleurs trouvée bien au delà du ridicule autorisé. Elle n´a quand même pas osé s´encombrer quand elle a vu son Gégé qui, en vingt minutes, chrono Cartier en main, avait plié ses affaires et rempli son sac à dos (un tout neuf, bleu foncé, son cadeau de 41 ans! Un sac de très bonne conception, permettant une excellente protection contre l´humidité... au Vieux Campeur, on ne jure que par cet article depuis deux saisons).
Gérard s´affaire tout en lorgnant sur le panneau d´affichage les vols au départ. Le leur n´a apparemment pas de retard. Il sort son opinel de son bagage cabine pour le mettre dans son bagage d´enregistrement, vérifie qu´il a bien tout ce qu´il lui faut pour passer confortablement les longues heures de vol jusqu´à Singapour (les deux derniers numéros du „National Geographic“, un petit bouquin de poche très bien fait sur les oiseaux tropicaux et un numéro d´“Astronomie Magazine“). C´est lui qui s´est occupé d´organiser ce premier voyage en couple. Quand il dit organiser“, il parle de la réservation du vol sec sur Internet, sur son site habituel. Pour le reste, il a déjà sa petite idée de ce qu´ils feront, mais ils verront sur place pour les détails. Il a bien fallu une semaine entière pour convaincre Mado de ne rien réserver, ne serait-ce que la première nuit à Sydney. D´ailleurs, ca a été l´occasion de leur premier accrochage... Mado a menacé de recommencer à fumer si elle ne pouvait même pas savoir dans quel lit elle allait passer la première nuit sur le continent océanien. A la Fnac, elle a fait provision de plusieurs guides. Un vendeur zélé lui a même conseillé de prendre aussi le magnifique roman de Bruce Chatwin „le chant des pistes“. Mais quand elle a lu le petit résumé sur la dernière page, elle l´a reposé. Pas la peine de se charger pour rien, elle a bien vu à quoi ca sert en Floride! Par contre chez Intersport, elle est tombée sur une vendeuse hyper compétente qui lui a inculqué le B.A.-BA de l´équipement routard-randonneur. Elle a essayé trois pointures différentes avant de se décider pour ses chaussures de randonnée, en a pris des beige, ca va avec tout, en cuir facon daim, qui permettent une très bonne ventilation et un séchage rapide. Pour les vêtements, elle y a passé tout un après-midi et une partie de son budget. Le pantalon, elle en a pris un avec une coupe près du corps en coloris sable, taille 36 et trois autres avec des bas de jambe réglables et aussi un pantacourt. Les chemisettes en coton, encore heureux, étaient soldées, elle est ravie des teintes turquoise et mauve qui se marient hyper bien au beige du pantalon. Elle n´a jamais pris aussi peu de cosmétiques pour tant de temps. Elle a d´ailleurs hésité à prendre d´office un rendez-vous chez l´esthéticienne pour après son retour. Mais comme Gégé s´est foutu d´elle, elle se dit qu´elle le fera en douce en rentrant.
A l´enregistrement tout se passe comme sur des roulettes, pas comme chez les Ritals, elle en rit rien que d´y penser! La nénette de Qantas est a-do-ra-ble. Elle lui a booké au dernier moment son repas végétalien alors que normalement, il aurait fallu le faire au moins 24 heures à l´avance et lui a reservé une des meilleures places hublot loin derrière les ailes. Elle échangera avec Gérard quand il voudra prendre des photos.
Après toutes ces émotions, il leur reste pas mal de temps avant le décollage. L´ambiance est au duty-free, juste histoire de jeter un coup d´oeil, rien acheter! Mado se réserve pour le retour. Gerard tique légèrement. Les filles, on ne les refera pas. A quoi bon lutter?--
Voilà pour cet après-midi, on les retrouve à Sydney d´ici ce soir. | | | À: Glatch · 15 décembre 2007 à 15:38 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 89 de 880 · Page 5 de 44 · 3 159 affichages · Partager Mais quel talent!!!
C'est vraiment très très drôle..
Je vais me tourner les pouces et attendre peinarde la suite... donne-moi ta recette en privé (faudrait pas que d'autres piquent les bonnes idées)pour réussir à écrire ces situations pleines d'humour.
Dom. | | | À: Pondy · 15 décembre 2007 à 16:06 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 90 de 880 · Page 5 de 44 · 3 143 affichages · Partager Et pendant ce temps là, les beaux parents de Mado (elle a divorcé de Lionel, qui est parti avec la GO gaufres et guimauve, lors de leur dernier séjour au ski) :
MARCEL ET PAULETTE en CAMPING CAR
Marcel, après 32 ans passés comme Agent de maîtrise dans les établissements Duchemin, a bénéficié d’une préretraite bien méritée, suite à une restructuration musclée du repreneur. Sa confortable indemnité de licenciement lui a permis l’achat d’un splendide camping car, avec même des options, faudra quand même changer les rideaux, les fleurs c’est mieux.. Paulette, ex guichetière à la SNCF, est retraitée depuis quelques années. Le chien vient d’être piqué, il avait 13 ans et pissait sous lui.
Tout est réuni pour un grand voyage ! Mais pas trop aventureux ! Et, puisque tous les camping cars, passent l’hiver au Maroc, pourquoi pas le Maroc.
Quelques mois passent, dans des recherches sur internet, cela tombe bien, il existe un forum spécialisé, tous les renseignements sur le prix des bateaux, les arnaques en Espagne, le prix du mazout, du remplissage des bouteilles de gaz, des endroits ou on se gare le moins cher, l’inclinaison des paraboles pour capter les matchs de foot, les points GPS des grandes surfaces filiales d’Auchan, qui ont du pastis, les magasins vendant des décodeurs flaschés, les conseils d’orientation des paraboles pour capter ‘les feux de l’amour’, les toiletteurs pour toutous, tout est la ! Peu sur le pays, ses paysages, ses habitants (si attention !, c’est tous des voleurs, et les toilettes sont sales), mais c’est négligeable ! on y va parce que c’est moins cher, et qu’il y a du soleil, et ce n’est pas ce qui va faire peur à notre ancien agent de maitrise,.
Voilà donc, quand l’hiver fut venu, nos amis rejoignent les cohortes se dirigeant vers le sud. L’uniforme enfilé, tongs de Carouf, short de Dkat, Marcel de Lidl (promo), et bob Ricard (c’est son beauf, Robert, qui en a ramassé 2 lors du passage du tour). Le congélo est plein de charcuterie, la soute pleine de vin (des cubis de chez le producteur chez qui on pouvait se garer gratos), on sait jamais, faut pas manquer ! et on sait pas ce qu’on va trouver la bas. Et au passage par Ceuta, le plein de pastis est effectué, et le décodeur est acheté et règlé bien avant Fes, il y a quand meme des priorités.
Nos amis sont malins, surtout Marcel, à qui on ne la fait pas, il a commandé des « arabes » lui ; pas son pareil pour négocier un kilo de clémentines à 3 dh, le poisson du pécheur presque pour rien, et surtout s’en vanter ensuite (à l’apéro).
Les campings sont de plus en plus pleins, normal, avec cette invasion, et nos amis qui ont rencontré des bordelais avec du bon rouge dans la soute, décident de parcourir la campagne en faisant du « sauvage », mais à 2 camions, on se sent plus courageux.
Les voilà dans une jolie palmeraie du sud, un joli terrain plat avec quelques herbes pourvues d’épis, leur tend les bras, on s’y parque, on déplie les transats, et Paulette, avec sa nouvelle amie Monique, se mettent en maillot de bain (rien à voir avec les photos de « choc ») et décident de profiter de ces rayons de soleil (gratuits !), Marcel et Bob (oui, Robert, comme son beauf, alors appelons le Bob) ont sorti les boules (et quelques canettes). Le chef du village, averti par ses administrés n’ose pas s’approcher de ces femmes « nues », il va voir Selma, une européenne, qui partage leur vie dans le petit douar, et lui demande d’aller convier ces gens, à se rhabiller, reprendre leurs véhicules et de ne pas stationner dans des cultures, ce pauvre orge qui a tant de mal à pousser.
Selma a été accueillie, par un Marcel et un Bob, légèrement imbibés, ben oui, il fait chaud, à qui les arabes n’ont pas à donner d’ordres, Paulette et Monique gloussant dans leur coin, fières de leurs courageux hommes.
La suite on peut la lire dans certains forums de voyage ! et de camping car ! - L’accueil des marocains est décevant, ou plus ! bonne question ! - Pourquoi se fait on caillasser ? nous on a rien fait !
Bonnes recherches et bonnes lectures !
Bob et Marcel n’ont jamais arrèté de fumer, sinon c’est quoi la liberté ! Ils ne se reconnaitront pas, ceci n'est que pure fiction. | | | À: Glatch · 15 décembre 2007 à 16:08 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 91 de 880 · Page 5 de 44 · 3 185 affichages · Partager ah bon, je tombe amoureux pendant tous mes voyages moi? De monuments, de cultures, de peuples, oui, ça m'arrive, mais en général ça s'arrête là même si effectivement mon dernier voyage avait pour objet de trouver l'Amour. 
Aucune objection bien sûr pour faire participer Pat le pressé à cette intrigue, mais il faut tout de même savoir que l' Australie fait partie des très rares pays au monde qu'il ne souhaite pas vraiment visiter. Il faut croire que les auteurs lui réservent un repas absolument somptueux pour qu'il ait fait le déplacement! | | | À: Raoulx · 15 décembre 2007 à 16:22 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 92 de 880 · Page 5 de 44 · 3 176 affichages · Partager C'est exactement comme ça que j'imaginais cette étonnante transhumance hibernale.
Ce tableau caustique et drôle m'a bien fait rire.. 
Dom. | | | À: Raoulx · 15 décembre 2007 à 16:29 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 93 de 880 · Page 5 de 44 · 3 172 affichages · Partager "Marcel et Paulette, camping-caristes de "choc"
Merci et bravo, Raoulx, pour ce tableau plein d'humour : le papa des Bidochon fait des émules sur ce forum ! | | | À: Pondy · 15 décembre 2007 à 17:49 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 94 de 880 · Page 5 de 44 · 3 142 affichages · Partager alors quoi ! il suffit qu'on parte cinq minutes et au retour... une bonne tranche de rire !   
continuez tous et toutes, ça fait du bien dans cette grisaille !
bon dimanche et bonne imagination | | | À: Mamina64 · 15 décembre 2007 à 23:00 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 95 de 880 · Page 5 de 44 · 3 092 affichages · Partager Suite du récit multiactif d´un couple de voyageurs
Remerciements: Je m´y perds moi-même lentement, je dois dire. C´est à peine si j´ose boire un verre de rouge en mangeant de peur de perdre le contrôle de ce récit stupide. Allez, on tente le coup en réunissant tous les protagonistes proposés sur ce forum. Je vous préviens: j´ai un bon avocat! Ps : donc merci à tous ceux qui mettent du coeur à l´ouvrage!!--
Pour tout dire, le vrai fantasme de Mado, c´est de s´acheter toutes les fringues de la planète sans que personne ne l´arrête, le genre 10.000, - EUR ou 50.000, -USD, peu importe... le principe est de les claquer en une demi-journée sans reprendre sa respiration. Son besoin de reconnaissance est gargantuesque. Celui de Gérard serait plutôt de poser un pied dans l´outback australien et de plus jamais l enlever tant qu´il n´en eprouvera pas le besoin. Sa soif de liberté est absolue. Allez donc savoir pourquoi le destin de ces deux tourtereaux s´est emmélé les pédales...
Toujours est-il qu´après un enregistrement plutôt serein et bon enfant, si ce n´est le fait que Mado a bien falli ne pas pouvoir monter à temps dans le Boeing... sa belle-mère Paulette l´a saôulée au tout dernier moment sur le portable... avec ses histoires de camping car au Maroc, sa phobie des toilettes sales et je-ne-sais-quoi (ndlr : cf. Oeuvres complètes de Raoulx). Sans compter que l´appareil de Qantas est resté cloué trois heures au sol. Mado avait déjà attaché sa ceinture. Elle a observé intriguée la scène sur la piste humide de Roissy tout en gardant un oeil rivé sur sa swatch waterproof. Déjà vingt minutes de retard et toujours pas d´annonce micro. Une équipe de –plutôt beaux- mecs en bleu de travail s´est affairée sous son hublot et a semblé s´intéresser de près au train d´attérissage gauche... Après trois jus d´orange, un semblant de crise d´asthme et cinq messages d´excuses du commandant de bord, alors qu´une troupe de techniciens en tout genre avait sué sang et eau et feuilleté, en bord de piste, un énorme bouquin d´au moins cinq kilos (qui avait tout l´air de ressembler au „manuel de l´aviation pour les nuls“)... le boeing a fini par bouger et prendre son envol puis la direction de Singapour.
A Singapour, rien à signaler, si ce n´est que Mado s´était remis un coup d´eye liner et de crème hydratante. Gérard avait refait le coup du je-m´en-fume-une-peu-importe-les-panneaux.
(...)
Une fois débarqués à Sydney, Dieu soit loué, les bagages sont arrivés sans retard sur la bande numéro 25. Gérard foule le sol du continent australien pour la troisième fois. Deux fois, il y est venu seul et s´est aventuré dans l´outback dont il est tombé littéralement amoureux. Mais cette fois, il change de cap et d´armature... Il a décidé de s´attaquer avec Mado à la découverte du continent par les îles. Les quatre semaines devraient suffir, après une halte obligée à Sydney, pour voir Fitzroy, Kangaroo Island et surtout la Tasmanie, où un des ses vieux potes l´invite depuis des années.
Non loin de l´arrivée des bagages, Mado s´est laissée enlacer tendrement par son Gégé au grand coeur quand un type énervé a haussé le ton au guichet d´information de Qantas. Son bagage n´est pas encore arrivé, il est là pour affaires et surtout pas pour observer les koalas copuler. Il aimerait franchement qu´on fasse enfin quelquechose parceque depuis Paris, rien ne marche, ca commence à bien faire. Il hurle qu´il préfère ramer pour rentrer que repartir avec cette compagnie de m.... Quelquechose chez cet énergumène aurait pu écoeurer toute personne normalement constituée et reconnaissante d´avoir attéri sain et sauf cette fois encore. Mais Mado qui l´observait depuis un petit moment n´a pu s´empécher de lui trouver un je-ne-sais-quoi de sexy. Plus il râlait, plus il lui a plu. Elle a saisi qu´il s´agissait d´un certain Patrick-quelquechose alors qu´il s´acquittait des formalités nécéssaires. Le charmeur a filé, leurs regards se sont croisés un éclair de seconde, il a même esquissé une ébauche de sourire. A moins que ce ne soit un rictus. La navette pour le centre ville est arrivée. Gérard a aidé Mado à monter. Elle s´est écroulée sur le siège arrière--
Je propose une petite pause dominicale bien méritée, histoire de reprendre ses esprits et surtout de l´élan... Bon dimanche à tous. Gute Nacht. Bonne nuit. | | | À: Glatch · 15 décembre 2007 à 23:14 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 96 de 880 · Page 5 de 44 · 3 086 affichages · Partager Ah non, maintenant que tu nous as appâtés avec le Patrick (je ne l'imaginais pas gueulard   ), tu vas reprendre ton stylo ou plutôt ton clavier et nous narrer la suite. Comment veux-tu qu'on passe un bon dimanche si on ne connaît pas l'incidence de l'ébauche du sourire ravageur de Pat ????
Donc, à très bientôt.
Timouss | | | À: Timouss · 15 décembre 2007 à 23:29 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 97 de 880 · Page 5 de 44 · 3 516 affichages · Partager Timouss,
alors là, t´es a-do-ra-ble (plus que l´hotesse Qantas même), mais je vais finir pas demander des honoraires!!! Mon nr de compte à la Commerzbank est le 78901234 Merci, 50, -EUR par personne me semble honnête. Comment veux-tu que je fasse, moi? Ma fille râle que je suis scotchée à mon écran d´ordinateur... on ne mange plus que des surgelés à la maison... je rate tous les bons films à la télé... je me néglige sportivement et esthétiquement. Je cours à ma perte. Mais comme j´ai bien l´impression que Patrick est très attendu... je vais voir ce que je peux faire. Je ferai peut-être moins de sport demain que prévu mais je ne raterai pas le vin chaud du marché de Noel, ca PAS QUESTION!
ps : Patrick, il n´était pas râleur mais narcissique!
Bonne soirée | | | À: Pondy · 16 décembre 2007 à 1:11 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 98 de 880 · Page 5 de 44 · 3 498 affichages · Partager Merci Glatch et Pondy, mais ni mon ramage, ni mon plumage, ne mérite un tel fromage... heu... hommage. Un petit mot pour dire que participer à "Si on se faisait des films" ne requiert pas une maîtrise en histoire du cinéma, et moins de culture que de fantaisie... J'aime beaucoup vos récits qui s'entrelacent, se complètent, se répondent. J'ai envie d'y jeter mon grain de sel... Je suis un peu en retard pour les portraits, maintenant que Mado et Gérard ont le statut de vedettes sur ce fil, mais je vais quand même vous en proposer un... on verra bien.
Je tiens à préciser, Glatch, que je n'ai pas copié ton épisode du Boeing (tu comprendras plus loin à la lecture)... En fait, j'ai écrit ça ce matin et j'ai laissé infuser avant de relire et lancer ça sur le forum... | | | À: Glatch · 16 décembre 2007 à 1:33 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 99 de 880 · Page 5 de 44 · 3 493 affichages · Partager Une variante de la voyageuse illuminée de Pondy...
La voyageuse mystique
Bien-sûr, elle va en Inde. Elle ne part qu'avec un vol sec car elle compte sur la providence, sur les heureux hasards qui n'en sont pas, pour pourvoir à la suite de son voyage. Elle se targue d'être sans crainte, en riant des réticences de son entourage. Ce qui ne l'empêche pas de réciter intérieurement des mantras en attendant fébrilement son tour dans l'agence de voyage, priant pour que la conseillère trouve une place sur le vol de son choix. Pendant que la recherche se fait, elle tripote même discrètement son mala. Les perles sont un peu sérrées, après trois tours autour du poignet, mais elle endure la contrainte avec la certitude que c'est de nature à favoriser l'entreprise. Elle se défend d'être supersticieuse mais reste très attentive aux numéros du siège qui lui est attribué, dont la valeur, rapportée aux cartes du tarot, est significative. Il ne faudrait pas que le voyage démarre avec un mauvais augure! Quand elle ressort de l'agence avec son billet, elle se sent victorieuse comme si elle avait terrassé un démon, un de ces rakshasa de la mythologie hindoue. Invincible, rayonnante, elle court s'acheter une tablette de chocolat pour fêter ça. Elle affirme qu'elle ne sait pas si elle reviendra. Intimement persuadée que ce voyage va lui apprendre à se détacher des contingences matérielles, elle a anticipé le mouvement en éparpillant ses affaires aux quatre vents chez des amis. Chaîne stéréo à Paris, plaque à gaz à Toulouse, bouquins à Bordeaux, et fringues à Marseille... Ceux qui suggèrent que c'est un peu radical ne lui semblent pas dignes d'être écoutés. Elle a la conviction profonde que ce voyage va transformer sa vie de façon spectaculaire et primordiale et que ces mauvaises langues ne sont que des mous et des froussards. C'est la première fois qu'elle prend l'avion. Galvanisée à l'idée de se rapprocher du ciel, elle est penchée sur son hublot avec dévotion. L'avion n'a pourtant toujours pas quitté le tarmac. Bien sûr, elle ne porte pas de montre. Et comme elle n'a pas l'habitude, elle ne s'apperçoit même pas que l'heure du vol est déjà largement dépassée. Elle regarde les mécaniciens emporter l'aile comme si c'était une vérification technique ordinaire et ne s'inquiète de rien, bardée de patience. Attendre est quelque chose qu'elle sait si bien faire... Et elle en attend, des choses! Des révélations, des miracles, pour la plupart. Mais aussi, de façons plus terrestre, quoiqu'il serait très difficile de le lui faire admettre, l'Homme de sa vie. Pour l'instant, elle s'en soucie comme d'une guigne et elle attend surtout une rencontre avec son gourou. Elle ignore où il se trouve, où il enseigne, et comment elle le reconnaîtra mais elle ne doute pas de pouvoir faire confiance à des signes sur le chemin, qui la conduiront jusqu'à lui. Peut-être même qu'il viendra lui-même la chercher, parce qu'il est clairvoyant... En attendant, elle est déjà partie à mille pieds, elle ne peut plus revenir en arrière. Elle sort un gros volume de son sac, qu'elle pose sur sa tablette avec un regard extatique. Son voisin ne peut pas voir s'il s'agit de Satprem, Swami Sivananda ou « Autobiographie d'un yogi » car l'ouvrage est enveloppé d'une couverture neutre. Elle lit avec une telle concentration qu'elle remarque à peine que l'aile est revenue et que les passagers n'ont pas l'air soulagés pour autant. Après quelques heures de vols, et la première escale, les yeux rougis par la fatigue, elle pose enfin son livre... elle se met à rêver à Bombay. Elle imagine la pauvreté, la crasse, la chaleur, la pollution, le désordre, la cacophonie de la ville, qu' une femme de sa connaissance, ayant travaillé dans les mouroirs de Calcutta, lui a décrit. Ce doit être un peu pareil à Bombay. Elle se représente avec une certaine jubilation le dénuement de la chambre bon marché qu'elle espère bien y trouver. Comme si la présence des rats et des cafards étaient le gage d'une ascèse respectable, c'est investie de leur présence, qu'elle imagine sa chambre. De fait, lorsque l'avion se pose pour sa deuxième escale, et qu'on annonce aux passagers qu'en raison d'un incident technique, l'avion est confiné au sol et qu'ils seront hébergés dans un hôtel 5 étoiles, elle en est presque paniquée. Tant de luxe lui semble inconfortable... comment faire l'ascète, dans ces conditions? Encore plus, quand, lors du repas gargantuesque qui rassemble les voyageurs francophones, un grand beau jeune baroudeur qui est en train de charmer toute la table avec le récit de ses aventures sud-américaines, la gratifie d'un sourire donjuanesque. Ses excercices de respiration pranayama, pour se débarasser de l'emprise du mental, lui ont laissé la tête tellement légère, qu'elle ne réfléchit pas trop et sans résistance, elle tombe dans le piège... Elle ne demandait pourtant pas grand chose. Là, tout est si démesuré, si luxueux, et si facile. Comme un jackpot au casino mais sans avoir joué. A Bombay, après quelques jours de ferveur, à goûter le contraste, et à accuser le choc de cette nouvelle culture, elle décide de partir à la découverte de l' Inde rurale. Elle quitte donc le dortoir enfumé où s'entassent les fumeurs de ganja et de haschich dont elle trouve les conversations limitées et s'engouffre dans un bus en direction des montagnes. Bien-sûr, elle va à Rishikesh. Elle plane plus haut que les sommets, tout est merveilleux. Elle se sent aussi spirituelle que le saddhu qui vient lui mendier un tchaï, et qui l'appelle « didi » (soeur). Elle reste des heures dans sa chambre spartiate à l'ashram à écrire des pensées remarquables dont la teneur substantifique ne doit pas être perdue... Et suit les cours de yoga en espérant s'y distinguer par l'ardeur de sa pratique mais c'est surtout son parfum au patchouli que l'on remarque. Si l'instructeur est si froid, si le maître de l'ashram est si vénal, si le brahmachari qu'elle croise un soir est si incapable de résister à l'appel de la chair, si le seul autre pensionnaire de l'ashram de nationalité française, qui, depuis le début de la semaine, essaye d'accaparer son attention, est si violent quand elle repousse ses avances; elle trouve refuge dans l'austérité de sa chambre, brassant son mental pour en extraire le plus saint... Elle est déconfite, mais elle n'a pas encore renoncé.
Bien-sûr, elle va à voir Amma. Le trajet en train jusqu'au Kerala, est long mais feutré, entre rizières, palmiers et océan. A l'ashram de Vallikavu, une construction hideusement moderne, si la discipline laisse si peu de place à la providence, si l'argent régit le séjour, si les adeptes ocidentaux semblent être aux commandes, instillant un doute sur l'authenticité du phénomène... elle trouve néanmoins refuge dans les bras d'Amma. C'est un voyage intergalactique, une douce chute dans un trou noir. C'est une sensation si ancienne qu'elle n'arrive pas à déterminer ce qui se passe, pourquoi elle en ressort la larme à l'oeil et un peu tremblante. Il y a longtemps, en fait,... que sa mère ne l'a pas serré dans ses bras, simplement!. Elle est désenchantée, et son coeur se balance dans les virages, dans le bus du retour mais elle a une âpre certitude: Elle a attendu un maître à l'extérieur, alors que son maître, c'est elle-même. Tout ceci n'était qu'une mise à l'épreuve pour la faire sortir de sa gangue... maintenant, c'est promis, elle écoutera davantage ses intuitions. Penaude et radieuse d'avoir compris son destin, elle s'offre un pélerinage. Bien-sûr, ce sera celui d'Amarnath. Dans les montagnes du Cachemire, se trouve une grotte où se dresse le lingam de Shiva. L'histoire est longue et elle ne la connaît pas, mais c'est un lieu sacré. C'est là qu'elle doit se recueillir et faire le point. Marcher pendant trois jours, parmi la foule des pélerins, lui permettra de mesurer sa foi. Comme elle n'a rien prévu, elle se gèle à dormir à la belle étoile à 3000 mètres dans les nuages; elle n'a qu'une pomme et quelques biscuits à manger et comme elle n'aime pas le thé, il n'y a vraiment rien qui puisse la réchauffer. Surtout pas la tournure alarmiste de ses réflexions qui ressemblent à s'y méprendre à du découragement. Ou à du désespoir. Elle attribue ce vertige existentiel à l'altitude mais sa conscience lui dicte de ne surtout pas abandonner: certains vont pieds nus, les sannyasins sont totalement nus et s'adonnent à diverses mortifications. Et il y a même des culs-de-jatte. Le mérite qu'elle pourra en retirer, avec une telle concurrence, semble perdu d'avance mais il y va de son honneur spirituel : elle doit aller au bout! A l'arrivée, la foule des croyants est telle qu'il y en a pour des heures et des heures d'attente avant de pouvoir pénétrer dans la grotte. Elle est si fourbue qu'elle ne peut pas résister quand une grosse matronne lui subtilise, à la faveur d'une bousculade, son bâton de pèlerin. A bout de nerfs, elle se met à pleurer. Un militaire, pris de compassion, lui indique le passage libre destiné exclusivement à la descente des pélerins, une fois sortis de la grotte. Les fidèles y sont nettement moins enthousiastes, moins préssés et fanatiques qu'à l'aller. Enfin, un miracle! Elle remonte donc à contresens pour rejoindre la bouche béante de la caverne. On lui demande d'ôter ses chaussures. Elle se sent enfin à l'égal des plus fervents d'entre les pélerins et le coeur léger, sautille vers le sommet. Dans la grotte, suprême faveur, un saddhu l'invite à s'asseoir sur son tapi, lui offre une pomme. Elle ignore à quoi lui est dûe une telle attention, c'est sans doute le miracle qui continue?! Mais au bout d'un moment, une fois dégrisée de la chance qu'elle a, il lui faut reconnaître qu'elle s'ennuie fermement. Finalement, la vie à méditer dans une grotte, ça ne doit pas être pour elle. Elle a bien trop froid aux pieds! Elle commence sérieusement à regretter ses chaussures...
Mais comme elle est têtue, elle reste quand même un peu plus longtemps. Et c'est là qu'elle voit sa piété récompensée: une idée lui vient...
Et si elle allait au Népal? ... La voyageuse mystique ne renonce jamais. Le sort lui vient toujours en aide sous diverses formes, y compris les embûches. Elle en retire souvent une leçon positive en s'imaginant qu'elle progresse sur la voie. Mais jamais elle n'admettra que ses vues ésotériques l'empêchent d'avoir les pieds sur terre... Il faudra attendre quelques années avec qu'elle ne s'asagisse car chez elle, faire des expériences et acquérir de la maturité ne sont pas synchronisés. Eventuellement, elle traversera bien des pays avant de revenir lire ces lignes, où elle se reconnaîtra fatalement, partagée entre sourire et désarroi.. | | | À: Pondy · 16 décembre 2007 à 3:07 Re: Peuple étrange: les voyageuses! Message 100 de 880 · Page 5 de 44 · 3 486 affichages · Partager Cette galerie de portraits croisés pourrait bien devenir... un film... hahaha!!! Alors, à qui les rôles? Je propose Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri pour les rôles de Mado et Gérard! Ou alors Nathalie Baye et Thierry Lhermitte??? Elsa Zylberstein et Mathias Mlekuz?? Mais bon, je lance ça comme ça... | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 4 853 visiteurs en ligne depuis une heure! |