Suite du récit (prochainement sur grand écran) d´un couple de voyageurs.
Préambule important:
Voyons les choses objectivement. A ce rythme, on court vers le Goncourt, au pire le Renaudot. Sans compter qu´avec la version cinématographique, on va rafler tous les Césars à Cannes.
S´il vous plait, est-ce que quelqu´un pourrait déjà s´occuper de réserver les suites au Carlton pour toute l´équipe VF, les acteurs et les techniciens. Je ne peux pas là, je suis en réunion!
Chère Pondy, toi qui est la Reine de ce projet, préfères tu la suite Jeanne Moreau ou Isabelle Huppert? Pour celles que ca intéresse (je le sais d´une copine) il parait que dans le forfait de la suite Adjani... on a deux injections de botox comprises. Je vais m´abstenir cette fois-ci parceque j´ai hyper mal réagi à la dernière piqûre.
Voilà. Mais en attendant les récompenses, on bosse.
Allez, c´est parti!--
Le baptême de l´eau pour Mado n´a pas été de tout repos.
On ne peut pas vraiment dire qu´elle ait profité comme il se doit du premier spectacle de la Barrière de Corail. Elle aurait du prendre ses gélules au gingembre sur sa table de nuit. Ce n´est pas ca qui l´aurait chargée franchement. Maintenant elle le regrette amèrement.
Gérard l´ai aidée de son mieux, c´est à dire impuissant qu´il était, à réprimer ses haut-le-coeur sur le catamaran. Il lui a assuré qu´une première plongée dans le lagon turquoise l´aiderait bientôt à oublier ce désagrément. Des palmes, un masque et un tuba feraient de Mado une nouvelle femme.
A propos de désagrément d´ailleurs...
Il est très probable qu´elle se souvienne toute sa vie (si la maladie d´Alzheimer ne s´en mêle pas comme elle le redoute souvent) de son débarquement sur les plages de Fitzroy Island.
Ayant à peine foulé le sable blanc, fin et doux comme du satin, Mado déjà revigorée et Gérard toujours serein prennent le court chemin qui mène au camping. Gérard est chargé comme un chameau malgré la tente confort-volume, achetée avant le départ, ultra légère et très compacte.
Il se souvient encore précisément de l´endroit et se dirige sans hésiter vers le sud de l´île.
Le camping est très ombragé et peuplé de frangipaniers délicieusement parfumés, aux fleurs ravissantes. Mado prétend vouloir sans attendre passer en revue les équipements de douches et de sanitaires, déjà surexcitée à l´idée de vivre une courte semaine au contact intense de la nature tropicale.
Mais lorsqu´elle constate que les installations en question sont réduites à deux malheureux tuyaux d´arrosage exposés à l´air libre, elle manque de défaillir. Gérard, qui (à vrai dire) avait un peu vu le coup venir après le précédent de la pension de
Sydney... fait comme si de rien n´était, et met son moment de faiblesse sur le compte de la chaleur extrèmement humide... puis tente de la convaincre qu´elle s´habituera très vite aux plaisirs de la vie au grand air. Si des fois, elle ne tenait vraiment pas, elle pourrait toujours aller prendre un douche dans l´établissement touristique cinq étoiles qu´on atteint facilement après 45 minutes de marche par le bord de mer.
Mado perd en dix minutes tout le sens de l´humour durement acquis tout au long de sa vie: 38 années de dur labeur intellectuel. Elle voudrait croire au canular.
Il faut dire que le décor paradisiaque, l´accueil avenant et spontané de deux jeunes néozélandaises (les seules autres occupantes du camping qui rayonnent de bonheur après sept jours passés dans cet endroit)... bref, ceci aidant ainsi que trois profondes inspirations (technique bien assimilée durant les cours de yoga réguliers), Mado retrouve ses esprits.
Gérard s´affaire à monter la tente, une pure merveille de technicité avec coutures thermosoudées, moustiquaire, double toit et ventilations... en tout cas une sacrée affaire. Avec les matelas autogonflants grand confort, tout se présente à merveille. Il pense déjà à ses séances d´observation astronomique tout en plantant les derniers piquets quand il entend Mado pousser un hurlement strident... pour le moins terrifiant.
Elle montre du doigt tout en suffoquant un iguane mesurant entre 1, 50 et 2 mètres et qui rampe laborieusement aux abords du camping. Gérard éclate de rire et est déjà en train d´expliquer à sa compagne que les iguanes sont des habitants inoffensifs de l´île quand il l´apercoit en train de replier bagage, tout au moins le peu qu´elle avait commencer de déballer.
Une fois de plus au bord de l´abîme apoplectique, Mado supplie Gérard de bien vouloir renoncer à ces vacances de folie et de reprendre l´après-midi même le bâteau pour Cairns. Gérard parait soucieux. C´est qu´il est en train de se demander comment annoncer le plus diplomatiquement possible à son amoureuse que le catamaran est déjà reparti et ne fait l´aller-retour qu´une fois par semaine.
(...)
Pendant ce temps, l´ethnologue au grand charme, Patrick Yangguizi (!!ndlr : coucou Patrick, ca va comme ca?) est rentré à
Paris. Il a profité de son passage à
Singapour pour aller voir des amis colombiens installés en Asie depuis des années et rencontrés lors d´une visite mémorable du site d´Angkor.
A
Paris, il a quelques rendez-vous professionnels. Mais il a pris aussi un peu de vacances avant de repartir pressé comme à son habitude pour
Shanghai. Il a, entre autre, prévu d´aller voir le nouveau musée des Arts Premiers. Si il lui reste du temps, il ira skier quelques jours dans les Alpes avec Carla, son ex. Ils se sont séparés il y a deux ans de ca déjà, mais il ont gardé un contact affectif et c´est pour lui chaque fois un réel bonheur de la revoir.--
Ca ira pour aujourdhui.
Ouf, je suis vannée moi. Un petit café maintenant.