GeorgesOZ · 23 août 2009 à 7:45 · 132 photos 521 messages · 20 participants · 61 970 affichages | | | | Comme toi je ne la voyais plus hier sur mon écran mais aujourd'hui elle apparaît à nouveau. Je ne sais pas pourquoi. Je la poste une seconde fois, au cas où...
| | | des élucubrations aussi interessantes n'ont pas à être pardonnées, elles sont à savourer...!!! Mais, et oui il y a un "mais"..... il m'est arrivé de déconnecter,  mon cerveau ayant tilté devant tous ces noms de peuples dont je ne soupçonnais même pas l'existence.... celà dit j'aime apprendre, j'ai donc lu et relu et même si je n'ai toujours pas tout intégré je suis content d'en savoir un peu plus sur les peuples d'Asie.... Et puis on ne peut que s'incliner devant un tel travail de recherches... apparemment il n'y a pas que les lecteurs qui ont besoin d'aspirine...  ... n'est-ce pas Georges ???  Aucun problème avec le passage sur les concubines, bien au contraire, vive les concubines !!! elles ont souvent eu une forte influence (bonne ou mauvaise) sur l'Histoire, en Europe et ailleurs... (en aparté...et sur mon histoire personnelle...  )
Merci georges, je ne promets pas de mettre un mot à chaque fois mais je viendrai lire la suite de tes "élucubrations" avec plaisirs.... Amicalement René de Toulon | | | merci Marie pour ces magnifiques photos, elles font rêver !!! Avec georges, à vous deux, vous allez faire de ce post un moment de culture et de poésie (si tant est que l'Histoire faite d'immigrations, de heurs et de malheurs puissent être de la poésie mais quand c'est bien raconté et bien mis en images, pourquoi pas ?) A bientôt pour d'autres photos et commentaires ?
René de Toulon | | | Merci René mais je suis comme toi : une simple lectrice. Je connais très mal l'histoire ancienne de la Chine, je m'intéresse surtout à son histoire contemporaine.
D'autres commentaires ? Hé hé... J'attends patiemment les messages sur les vagues d'émigration à l'époque Ming. | | | Pour commencer, grand merci pour avoir remis cette superbe photos des femmes Tao dans leur « danse des cheveux ».  Un écrivain moderne de Shanghai, une femme (on dit « une écrivain »), faisait cette remarque sur la fascination que les occidentaux ont pour « les cheveux magiques » de leurs amantes asiatiques......  
J'attends patiemment les messages sur les vagues d'émigration à l'époque Ming. --
Il va falloir patienter un bon moment, car nous avons encore à passer les Tang, les Song et les Yuan, pour ne citer que les plus connus, avant d’arriver aux Ming! Il y a du pain sur la planche! Mais c’est vrai, on va bien rire, car l’explosion de la démographie chinoise sous les Ming eut des conséquences énormes sur les mouvements de populations dans une très grande partie de l’Asie. | | | Un très grand merci à toi, René, ainsi qu’aux autres intervenants sur ce poste. Je suis vraiment content d’avoir un si bon public. 
Je comprends bien que le cerveau puisse « tilter » quand on traverse l’épaisseur de l’histoire de la Chine, même si on ne se concentre que sur quelques aspects bien précis comme c’est le cas ici. Je m’y perds moi-même, et c’est d’ailleurs bien pour cela que je fais cet effort de synthèse. Mais ne t’inquiète pas trop pour moi, j’aime bien m’adonner à ces..... casse-têtes chinois ! 
Question concubines, je suis content de voir que tu es amateur ! (Je ne vais pas me lancer dans mon histoire personelle, hahaha !  ). C’était plus fort que moi, je ne pouvais pas «louper » cette petite anecdote. Crénom de nom ! surtout qu’il devait y en avoir des mignonnes dans le tas,.... des à faire sauter les boutons de la soutane d’un évêque ! | | | Baignant dans la satisfaction d’avoir rassemblé un excellent public, et peut-être même d’avoir créé un club sympathique tout fervent d’histoire et de poésie  , comme René l’a suggéré, je vais faire ma prochaine livraison et entamer l’époque Tang.
A l’époque de la dynastie Tang, qui débute au début du 7-ème siècle, on n’entend plus parler des Qiang, des Xiongnu ou des Xianbei, qui se sont plus ou moins fondus dans le creuset génétique et culturel Han. Ces peuples ont été remplacés sur les frontières nord et nord-ouest par les Tujue, un peuple turc. Ils font leur apparition au 6-ème siècle et remplacent les peuples qui eux-mêmes avaient remplacé les Xiongnu et les Xianbei (on se perd complètement dans les détails !  ). On ne sait pas grand-chose de l’origine des peuples turcs (ou « turkiques », dans un sens plus large et pour éviter la confusion avec les Turcs actuels, bien qu’ils soient apparentés). Comme pour tant d’autres peuples de l’ Asie Centrale, leur trajectoire reste enveloppée de ténèbres. À partir du 7-ème siècle, ce sont donc les Tujue, les Khitan, les Coréens et les Tibétains qui menacent l’empire chinois. Les Tibétains ont donné du fil à retordre aux Tang sur une frontière allant du Yunnan à l’Oxus, en Afghanistan. Au Yunnan, ils se sont alliés à l’état émergeant de Nanzhao, la « principauté » ou le « royaume du sud »
Je vais me permettre ici de faire une de ces digressions qui me font tant plaisir, pour passer quelques explications étymologiques. En effet, il est de mon avis qu’on comprend beaucoup mieux les relations historiques, culturelles et autres entre les divers peuples quand on se penche un peu sur leurs langues. « Pénétrer » plusieurs langues étrangères suffisamment pour commencer à discerner leurs liens, cela exige bien sûr des efforts considérables, ainsi qu’une certaine disposition personnelle. Mais on peut commencer par quelques mots. Je vais « décomposer » « Nanzhao » pour qu’on comprenne mieux de quoi il s’agit.
Les toponymes (noms de lieux) chinois sont au premier abord rébarbatifs, mais à y regarder de plus près, on y discerne des structures répétitives. En fait, il suffit de quelques explications pour les rendre beaucoup plus faciles à assimiler. Le morphème « Nán » est l’un des plus récurrents et veut dire « Sud ». On le trouve par exemple dans les provinces du Hénán et du Hú nán, ou dans l’île de Hai nán (« Hai » a un ton descendant/remontant), ou (nous l’avons déjà vu) dans le royaume de Nányue (je marque pour cette fois l’accent qui correspond au ton haut en pinyin). Il est très probable à mon avis, mais je laisse à d’autres de le confirmer, que le terme vietnamien « Nam » comme dans Việt Nam est apparenté, sinon dérivé du chinois « Nán ». «Việt Nam » est une variation introduite en 1804 de " Nam Việt , " qui voulait dire les Việt du sud. Voilà pour le sud, je vous fais grâce des autres points cardinaux !
La terminaison « zhou » (ou « zhao ») qu’on trouve dans beaucoup de toponymes chinois indiquait un « îlot » de sédentarisation « chinoise » dans ce qui était alors une région encore « acculturée » (au sens chinois). Il en vint à désigner les districts correspondants et le plus souvent la cité principale de la région, et prit également le sens de « royaume ». Le mot fut ensuite transcrit en « chow » ou « choo » en anglais, « chou » en français, d’où des toponymes utilisés au 19-ème siècle tels que « Foochow » ( Fuzhou), « Soochow » ( Suzhou), « Hangchow » ( Hangzhou), etc.... Il me semble certain que le mot chinois « zhou » / « zhao » et le mot Taï « chao », qui a le sens de « communauté » ou de « peuple » (comme dans « chao naa » = « communauté des rizières » = paysans ; ou « chao khao (accent descendant-remontant) » = montagnards), sont en fait le même mot. Il faut noter que la consonne chinoise « zh » est imprononçable pour les locuteurs de langues Tai (comme pour les Européens), d’où l’approximation par la consonne thaïe affriquée post-alvéolaire « ch » (« choo cháang » = « éléphant » dans l’alphabet thaï).
Et puisque nous y sommes, débarrassons-nous aussi d’une erreur de prononciation regrettable, mais presque inévitable, qui consisterait à prononcer «Xia» avec un « x » bien de chez nous. La consonne « x » en pinyin est intermédiaire entre le « s » et le « ch » français. On la transcrivait auparavant par « hs », d’où l’écriture alternative « Hsia », maintenant périmée.
Je sais, je suis incorrigible avec mes petites obsessions, et je dois dégoûter pas mal de mes lecteurs! Je leur dois donc mes plus plates excuses, et je leur fais une profonde révérence pour leur exprimer mon respect et mon appréciation de bien avoir voulu me suivre jusqu’ici. Pour ma défense, je voulais aussi effacer l’impression négative que des détracteurs potentiels  auraient pu garder d’autres récits que j’ai placés sur le forum, comme quoi je passerais le plus clair de mon temps à faire des bringues à faire écrouler les murs et à courir les jupons, si ce n’est à m’abandonner à des torpeurs d’une légalité douteuse. | | | Bonjour Georges,
"Je sais, je suis incorrigible avec mes petites obsessions, et je dois dégoûter pas mal de mes lecteurs!"pas du tout, bien au contraire et comme tu le dis: "Je vais me permettre ici de faire une de ces digressions qui me font tant plaisir, pour passer quelques explications étymologiques. En effet, il est de mon avis qu’on comprend beaucoup mieux les relations historiques, culturelles et autres entre les divers peuples quand on se penche un peu sur leurs langues."non seulement c'est interessant mais en plus tu y prends du plaisir, alors ne nous privons pas... on te suit...!!!  mais du coup tu en as oublié la suite des Tang... 
Quant à tes "détracteurs potentiels" qu'auraient-ils à dire sur le fait de faire la bringue, de courir les jupons et sur la torpeur d'une légalité douteuse ??? peut-être préfèrent-ils la torpeur d'une vie sans saveur ??? celà dit, aujourd'hui, je suis un adepte de la torpeur provençale (parfois coquine), vivant dans le midi depuis quelques années je ne pouvais faire autrement que d'intégrer la meilleure des coutumes locales... la SIESTE...!!!   
Amicalement René de Toulon dans le Var | | | mais du coup tu en as oublié la suite des Tang...  - --
Ha ! Je sens qu’on s’impatiente ! Alors, donnons-nous immédiatement une petite rasade de la « cuvée Tang » !
Accompagné des rescapés de ma longue digression sur les toponymes chinois, je reviens donc à la dynastie Tang. Au milieu du 7-ème siècle, elle se trouva menacée à l’ouest par des voisins puissants dont surtout le Tibet. Elle chercha à assurer ses frontières du sud-ouest en encourageant la croissance de l’état amical de Nanzhao dans la région du Yunnan. Il y aurait eu plusieurs groupes ethniques co-existant au Nanzhao, appelés « Man » (« barbares du sud », donc « non-Han ») par les Chinois. À l’origine un état allié et ayant adopté des principes chinois de gouvernement, le Nanzhao devint un adversaire puissant des Chinois dans les siècles qui suivirent. Il résista férocement aux ingérences des Han et s’étendit rapidement à partir de sa capitale de Dali. Il occupa la plus grande partie du Yunnan d’aujourd’hui et en 763 fonda une seconde capitale à Kunming. Profitant de la faiblesse des Tang, il s’étendit au nord du fleuve Yang Tse vers le sud du Sichuan, au sud-ouest vers les états Birmans, et au sud-est vers les frontières du Laos et du Vietnam. Nanzhao aurait commencé à décliner à partir du 9-ème siècle. En 1253, les armées de Kublai Khan défirent le royaume de Dali, qui avait succédé à Nanzhao au 10-ème siècle, et l’incorporèrent dans l’empire chinois (en fait mongol) de la dynastie Yuan.
Nanzhao joua un rôle doublement déterminant dans le développement des Taï. Premièrement, il bloqua l’influence chinoise venant du nord pendant plusieurs siècles. Si Nanzhao n’avait pas existé, la plupart des peuples à l’origine non chinois au sud du Cháng Jiāng (en pinyin), c.-à.d. le fleuve Yangzi Jiang (ou Yang Tsé), dont les Taï, auraient pu être complètement assimilés dans la sphère culturelle chinoise. Deuxièmement, Nanzhao stimula la migration et l’expansion des Taï. Au fil de plusieurs siècles, des bandes (au sens de «clans ») Taï passèrent progressivement du Yunnan en Asie du Sud-Est, et vers le 13-ème siècle, quand la conquête de Nanzhao par les Mongols provoqua une vague particulièrement importante d’émigration, elles avaient atteint jusqu’à l’Assam vers l’ouest (dans l’ Inde actuelle). Une fois sédentarisés, ces groupes Taï furent identifiés comme « Shan » en Birmanie et comme « Lao » dans la région supérieure du Mékhong. Au Tonkin et en Annam, les portions nord et centrale du Vietnam d’aujourd’hui, les Taï formèrent des groupes tribaux distincts: les Taï Dam, les Taï Daeng, les Taï Khao (« Taï Noirs, Rouges et Blancs »), et les Nung. Cependant, la plus grande partie des Taï s’installèrent sur les marges nord et ouest de l’empire Khmer.
J ‘avais suggéré une réponse simple à tous ces mouvements de peuples vers le sud : « Les Chinois sont des casse-pieds qui bousculent les gens autour d’eux. Les habitants non-Chinois de la Chine en ont eu marre, ont ramassé leurs cliques et leurs claques et se sont cassés ». Mes lecteurs ne commencent-ils pas à avoir l’impression qu’il y a du vrai là-dedans? La qualification importante à apporter à cette explication badine, c’est qu’il n’y avait pas que les Chinois à causer des problèmes, et que les Chinois ont souvent eux-mêmes été du côté des victimes. Une autre chose à dire (je suis sûr que cela commence à devenir évident), c’est qu’on ne sait plus vraiment, à un certain moment, qui sont les « vrais » Chinois. | | | J’avais mentionné « la fascination des occidentaux pour les cheveux magiques de leurs amantes asiatiques ». J’ai retrouvé le livre dont j’ai tiré ça, il s'agit de Shanghai Baby, de Wei Hui. Je ne sais pas si on l’a traduit en français. Wei Hui a été officiellement déclarée « décadente, débauchée et esclave de la culture étrangère ». Son livre a été banni en 2000 et on fit l’autodafé de 40, 000 copies. Comme on peut s’y attendre, cela ne fit qu’augmenter le culte de l’auteur ! Beaucoup de jeunes chinois se reconnaissent dans ses écrits qui font réaction aux répressions de toutes sortes qui sévirent en Chine communiste jusqu’il n’y a pas longtemps. Elle exprime très ouvertement son épanouissement sexuel. Elle semble particulièrement «préférer l’oral à l’écrit », et cela, puisque nous parlions de langues un peu plus haut, aussi bien « à la voix active que passive ». Elle est explicite sur ses pratiques et assez graphique, mais en fait ses descriptions sont très courtes. Cela suffit à déchaîner l’opprobre des autorités chinoises, qui ne paraissent pas être portées sur la gaudriole.  | | | le terme vietnamien « Nam » comme dans Việt Nam est apparenté, sinon dérivé du chinois « Nán ». «Việt Nam » est une variation introduite en 1804 de " Nam Việt , " qui voulait dire les Việt du sud. - --
Il s’agit bien sûr du Vietnam et des Viet. Mille excuses pour la transcription en grabouillis  sur le forum de mon original qui avait pourtant une bonne tête, lui ! | | | On a découvert la tombe d'un des 5 rois de NanYue à Guangzhou (Canton) dans les années 80. Elle est ouverte au public pour ceux que ça intéresse. Un musée a été construit autour de la sépulture. Les objets qui en ont été sortis sont exposés, ils sont magnifiques. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus palpitant à voir à Guangzhou mais j'ai bien aimé. Le linceul de jade du roitelet est très impressionnant (avec un peu d'imagination) bien que très mal présenté selon moi.
www.gznywmuseum.com/en/je/j_index.asp | | | Shangaï baby a été traduit en français, je suis allé voir sur Wikipedia. Ils en parlent comme d'une Anaïs Nin chinoise ce qui pour moi est une très bonne référence... Henry Miller et Anaïs Nin ont, dans ma jeunesse, été des "amis" littéraires et ont + que certainement influencé ma façon de penser et de vivre. Je ne leur voue pas un culte mais.... presque !!! 
Les autorités de tous pays crient à l'ordre morale.... mais elles sont les premières à la bafouer, la morale... en droit de cuissage, en abus de pouvoir, en détournement de deniers publics, en pots-de-vin, etc... Un peuple qui est cultivé, heureux et qui s'amuse a tendance à na pas obéir et même tendance à se moquer des autorités... Un peuple qui n'a pas d'écoles, qui a faim, qui a peur est plus facilement servile... Pour un homme de pouvoir il est tentant de choisir la 2ème solution... Désolé, je me suis éloigné du sujet... | | | "Une autre chose à dire (je suis sûr que cela commence à devenir évident), c’est qu’on ne sait plus vraiment, à un certain moment, qui sont les « vrais » Chinois."c'est exactement le sentiment que j'ai eu en te lisant.... mais aussi que toute l' Asie du sud-est était peuplée de descendants chinois... bien que, apparemment, celà ne soit pas le cas !!!
un sacré brassage de populations au fil des siècles... | | | Merci pour le lien, Marie  . Le royaume de Nanyue, donc commenca en 203 av. JC et ne dura que 93 ans. Les rois étaient donc des rescapés de la dynastie Qin qui avait été remplacée par la dynastie Han, plsu au nord. Le lien explique que la fin du royaume correspond à la prise par les Han du 5-ème roi de Nanyue. Il n’est pas clair cependant si les Han ont eu à partir de là un contrôle permanent sur les régions qui avaient fait partie de Nanyue. C’est un autre aspect de l’histoire qu’il faudrait examiner à l’occasion.
J’ai toujours été fasciné par les bronzes et les poteries chinoises. 
J’ai bien aimé Guangzhou, où j’ai trouvé les gens vraiment très sympathiques. Je n’ai malheureusement pas eu beaucoup de temps pour visiter, y ayant été pour raisons professionnelles. Cette affiche dans le métro, où on avertit les gens qu’il est interdit de pisser dans les compartiments, m’a bien amusé  . J’ajoute une photo prise d’un immeuble dans le centre ville : Guangzhou passe pour être l’une des villes les plus polluées au monde. Une autre photo prise au bord de la fameuse Rivière des Parfums..... on se demande de quels parfums on parle ! Et un souvenir de quelques bons moments passés à déguster du thé dans une boutique de thé. Les deux femmes étaient absolument charmantes.
Ah ! J’allais oublier ! Je n’ai pas pu résister à la tentation de goûter à cette soupe aux scorpions. En fait, aucun goût. Les cuistos m’avaient d’ailleurs fait comprendre que je n’étais pas censé manger les bestioles elles-mêmes. Je n’avais malheureusement pas mon appareil photo ce jour-là. J’y suis retourné le lendemain, mais la soupe n’était pas prête (il paraît qu’il faut plusieurs heures pour la faire). J’ai donc dû me contenter de prendre la photo du menu, qui n’est pas terrible mais qui donne je l’espère une petite idée de la chose. Les Chinois croient que cette soupe est bonne pour les articulations, par analogie. Images attachées: | | | Non, tu restes en plein sujet ! Le poste se penche sur les populations, mais c’est aussi un moyen de mieux comprendre ce qui fait «marcher » la psychologie chinoise. Le pouvoir communiste avait énormément peur de ce que les gens pensent trop à s’amuser, et surtout qu’ils pensent à l’amour et aux plaisirs charnels, car ils auraient relativisé la révolution. Il semble que des Chinois ont été exécutés pour avoir osé avoir des liaisons amoureuses, pendant la bonne vieille période de la Révolution Culturelle !
J’ai beaucoup apprécié Henri Miller. « Jours Tranquilles à Clichy », par exemple. | | | Mon impression est que la situation est en fait plus simple en Asie du Sud-Est. C’est vrai qu’il y a eu une sinisation importante, au Vietnam en particulier. Mais les peuples de l’ Asie du Sud-Est sont dans leur ensemble apparentés aux peuples originaires du sud de la Chine qui étaient bien différents des Chinois du nord. Grosso modo, les gens qui vivaient en Chine du sud se sont repliés vers l’ Asie du Sud-Est, les Han d’origine qui vivaient en Chine du nord se sont déplacés vers la Chine du sud et là où ils ont débordé ils sont restés minoritaires (sauf à Taiwan), et les gens qui vivaient au-delà des frontières nord de la Chine ont largement pris la place des Han d’origine en Chine du nord. Si on croit que les Chinois sont tous « les mêmes Chinois », tous « des vrais Han », on se trompe. Le nord de la Chine est surtout peuplé de « barbares » qui il y a quelques siècles n’étaient encore que demi-sinisés.
Je simplifie énormément, bien sûr. | | | Shangaï baby a été traduit en français, je suis allé voir sur Wikipedia. Ils en parlent comme d'une Anaïs Nin chinoise ce qui pour moi est une très bonne référence... - --
Pour illustrer sa remarque sur "les cheveux magiques", voici une photo de ma collection personnelle. Image attachée: | | | Cette longue affaire est ardue et aride, je m’en rends bien compte. Il faudra que je cherche à offrir quelques cartes pour mieux permettre de suivre cet extraordinaire imbroglio de peuples dont, il faut bien l’avouer avec René, nous ne soupçonnions même pas l’existence. Ou bien, que j’agrémente avec quelques photos bien choisies. Pour le moment, j’ai plutôt l’échine courbée sur la tâche de démêler, de chercher les grandes lignes directrices, les « axes principaux » pour ainsi dire, et de simplifier autant que possible, et je suis donc plutôt limité à l’écrit. Merci à Marie d’avoir gracieusement allégé ce poste touffu de quelques magnifiques photos ! J’aurais presque envie de me lancer dans un « Ave Maria grazia plena.... », mais là, je sens que j’exagérerais un peu ! 
Il y a une troisième façon « d’assaisonner la salade », c’est de fournir de temps à autre une petite anecdote. En voici donc une ou deux que je laisserai mes lecteurs savourer.....
Je suis sûr que mes lecteurs trouveront intéressant de savoir qu’il n’y eut qu’une femme empereur en Chine. L’entrée sur scène de la fameuse Wu Zetian, née Wu Zhao ou Wu Zhou, avait été modeste. En effet, elle était devenue à l’âge de 13 ans l’une des concubines de rang inférieur de l’empereur Tang Taizong (626-649). Elle aurait noué une petite affaire adolescente, illicite car théoriquement incestueuse, avec le fils héritier de Tang Taizong, qui allait devenir l’empereur Tang Gaozong (650-683). En 654, ayant donné une fille à Tang Gaozong, elle aurait incité l’impératrice Wang à jouer avec le bébé. Elle aurait étouffé sa propre fille (mais n’oublions pas : une fille en Chine n’était pas la progéniture désirée) puis convaincu l’empereur (qui passe pour ne pas avoir été « le couteau le plus aiguisé dans le tiroir ») que l’impératrice Wang avait commis ce méfait, puisqu’elle était la dernière à avoir été vue s’occuper de l’enfant. L’impératrice fut déposée et Wu Zetian devint impératrice (aurait-t-elle inspiré « Iznogoud » de Goscinny et Tabary, le bien connu « je veux devenir calife à la place du calife ? »). Comme elle n’avait pas que des amis en place, elle instaura une purge dont l’apogée fut le démembrement chirurgical, morceau par morceau, de l’ex-impératrice, qui aurait ensuite été noyée dans un tonneau de vin. 
Bien sûr, on se demande bien si le démembrement par lui-même n’aurait pas été fatal. De plus, il y avait déjà eu une anecdote semblable 850 ans auparavant, à l’époque de l’empereur Han Gaozu qui avait fondé la dynastie Han (le fameux « Liu Bang du district de Pei » dont j’ai déjà parlé). Son titre signifie « Ancêtre Exalté », ce qui ne traduit pas qu’il n’était qu’un rustre et un ruffian qui avait une aversion marquée pour les gens instruits. Quand un visiteur l’approchait coiffé d’un chapeau confucéen, il arrachait immédiatement ce couvre-chef pour pisser dedans. L’impératrice Lü Zhi, épouse de l’empereur, était plus brutale et plus dangereuse que lui. Elle aurait fait subir le même sort que celui que je viens de narrer plus haut à Dame Qi, une favorite qui pour son malheur avait été trop proche de l’empereur (les charmes de l’impératrice se seraient fanés  ), et que l’empereur avait considéré instaurer comme impératrice à la place de Lü Zhi. À la mort de l’empereur, l’impératrice aurait fait empoisonner le fils de Dame Qi, qui aurait pu être considéré comme empereur héritier au lieu de son propre fils. Pour continuer sa petite vengeance, elle aurait fait couper les mains et les pieds de Dame Qi, lui aurait fait arracher les yeux puis brûler les oreilles. Elle aurait fait jeter la malheureuse dans les toilettes, qui dans ces temps là surplombaient la porcherie. Comme note finale, elle aurait invité les gens à venir voir le « cochon humain », c.-à.d. le torse encore frétillant de Dame Qi. Cette histoire est entrée dans la légende chinoise.
Mais soyons bien conscients de ce que l’histoire de la Chine a été sérieusement faussée pour des raisons politiques. Wu Zetian ne se contenta pas d’être impératrice. Elle se déclara « empereur » en 690 et fonda la dynastie Zhou (690-705). Elle avait déjà tiré les ficelles politiques depuis bien longtemps et continua un règne qui fut remarquable par ses accomplissements. Elle avait de fait des aptitudes politiques de premier plan. Mais.... L’histoire officielle chinoise vénère Tang Taizong, qui l’avait précédée de peu, et considère Tang Xuanzong qui l’a suivie un peu plus tard (712-756) comme le Roi Soleil de la dynastie Tang. Il n’était pas possible pour des raisons de bonne propagande d’accorder une place glorieuse à Wu Zetian, coincée entre ces deux grandes figures. Cela aurait causé une confusion mal voulue. La misogynie y aurait sans doute été pour quelque chose, et on fabriqua peut-être cette anecdote épouvantable pour mieux abaisser Wu Zetian au profit de Tang Taizong et de Tang Xuanzong.
Ah ces concubines ! J’imagine que ce passage a émoustillé notre ami René !
Donc, à noter, pour mes lecteurs bénévoles aussi bien que pour moi-même, comme thèmes de recherche :
- chercher belles photos illustrant les peuples chinois et assimilés, ou limitrophes ;
- chercher cartes représentant l’éparpillement de ces peuples à des moments-clé ;
- chercher des anecdotes plaisantes pour « épicer la sauce ».
Un dernier mot, pour citer en passant l’une de mes références : « The Dynasties of China (a Brief History) », petit ouvrage paru en 1973 mais révisé en 2003, de Bamber Gascoigne qui est bien connu dans les médias britanniques. | | | Salut georges, enfin un sujet passionant  merci de combler mes (nombreuses) lacunes sur ce sujet  La suite, la suite.... | Discussions similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 19 861 visiteurs en ligne depuis une heure! |