GeorgesOZ · 23 août 2009 à 7:45 · 132 photos 521 messages · 20 participants · 61 960 affichages | | | | Kimiko Yoshida: "Elle tire de l'expérience de son enfance la force d'inspiration. Elle déclare : « J'ai fui le Japon, parce que j'étais morte. Je me suis réfugiée en France, pour échapper à ce deuil. Quand j'avais trois ans, ma mère m'a mise à la porte. J'ai quitté la maison en emportant une boîte avec tous mes trésors. Je me suis réfugiée dans un jardin public. La police m'a retrouvée là, le lendemain. Depuis, je me suis toujours sentie nomade, vagabonde, fugitive. »
Son travail tourne essentiellement autour d'autoportraits. Dans un série récente, « Marry me », elle se représente en mariée pour retrouver les jeux de son enfance où elle inventait des robes de mariées pour ses poupées." (Wikipedia)
Son expérience ne la pousserait-elle pas à élaborer de telles interprétations, très personnelles, de l’art (japonais et peut-être autre également), en plaçant une emphase exagérée sur le détachement et l’impermanence ?
En tout cas, merci, nous restons sur une discussion de bon ton. Poésie et culture, nous proposait René ! 
Il faudra quand-même revenir à l’histoire et aux populations, après ces intermèdes hautement cul (!)turels. | | |  Salut GeorgesOZ,
Tu es resté “sobre” avec l’exemple que tu nous donnes des mangas ! Félicitations, tu sais te maintenir dans des limites respectables (j’ai vu pire, c’est la moindre des choses que je puisse dire !).
J'allais pas mettre en ligne du hentei  !!! MDR
Question naïve : c’est quoi, la pagode à multiples étages ?
bonne question, mais c'est ça qui ma fait marrer dans ce passage, c'est qu'on peut y voir a peu pres le sens, mais on ne comprend pas vraiment, faudrait etre Chinois(e)    !!!
A+ | | |  Salut, belle photo, mais ça represente quoi, l'espece de badge (enfin le rond rouge avec un machin blanc dedans)!!!???
Tiens d'ailleurs y a un reportage sur Arte ce soir (je crois) sur Mao!!! meme si ni l'un ni l'autre doit catper Arte!!! LOL
A+ | | | Redevenons sérieux !
Je parlais, avant de me lancer dans mes digressions artistiques, de la menace persistante que posaient les Mongols pour les Ming. Les Mongols de l’est s’étaient confédérés, et à l’ouest les Mongols Oyirat devenaient une présence formidable. Tous aspiraient à rétablir l’empire de Chengis Khan. Les Ming avaient disposé des garnisons en bordure des steppes mongoles, et avaient construit des fortifications et des postes d’observation en des points stratégiques. La première mention des « longs murs », les « changcheng », date de 1429. Cela coïncide à quelques années près avec la fin des grandes expéditions maritimes (voir plus haut). Ce n’est en fait pas une coïncidence. La menace mongole renouvelée sur leurs frontières nord, de même que la défaite chinoise contre le Vietnam et la perte de leur allié Champa, avait conduit les Ming à rediriger leurs efforts et leurs dépenses vers le nord.
À cette époque, au début de la dynastie Ming, ces « longs murs » étaient loin encore de ressembler aux murailles crénelées, bâties de briques et de pierres, si connues de nos jours comme « la Grande Muraille de Chine ». En fait, comme les dépenses requises pour la construction et le maintien de ces défenses, ainsi que par le maintien de troupes sur ces longues frontières, étaient astronomiques, les premiers Ming préférèrent souvent contrôler les ardeurs des Mongols en leur permettant d’échanger leurs surplus (animaux, fourrures) contre des produits chinois dans des marchés frontaliers. Des « ambassades » de plusieurs milliers de Mongols venaient de temps à autre apporter leurs « tributs » à la cour des Ming, en fait pour obtenir en retour une quantité de « cadeaux » chinois.
Tout se passait relativement bien jusqu’à ce que les Oyirat s’acoquinent avec les Mongols de l’est et même avec les Jurchen de Mandchourie (encore eux !), et se trouvent un grand chef nommé Esen. Passons sur les détails, ils imposèrent des revers cuisants aux Chinois, dont la débâcle de Tumu en 1449. Mais ils ne réussirent pas à prendre Beijing et finirent par se débander. Il faut dire en passant que, profitant du désordre général, les soldats mongols des Ming reprirent leurs habits mongols et menèrent leurs propres opérations de pillage et de destruction. Comme on dit : « chassez le naturel, il revient au galop ! »   . Les Chinois se méfièrent de leurs sujets mongols après ces incidents......
La Grande Muraille de Chine n’en reste pas moins une création essentiellement Ming, et traduit très bien l’état de siège dans lequel les Chinois se trouvaient de fait. Les fonds alloués à sa construction accrurent après 1474, quand l’empereur Yongle transféra la capitale de Nanjing à Beijing. Mais les Mongols n’eurent qu’à la contourner en 1550 pour faire un raid dévastateur jusqu’aux abords de Beijing, qu’ils ne purent pas prendre grâce aux fortifications de la ville. Cela donna une motivation supplémentaire pour continuer à construire et à revêtir des sections entières de la Muraille de briques et de pierres, et pour l'étendre jusqu’à la côte de Liaoning. Les travaux étaient encore en cours quand une nouvelle horde, cette fois les Mandchous (le nouveau nom de baptême des Jurchen), repoussèrent les armées chinoises hors de la Mandchourie. Ainsi, la plus grande partie de ce qui reste de la Muraille a été construite pendant les 16-ème et 17-ème siècles. | | | À cette époque, au début de la dynastie Ming, ces « longs murs » étaient loin encore de ressembler aux murailles crénelées, bâties de briques et de pierres, si connues de nos jours comme « la Grande Muraille de Chine ». En fait, comme les dépenses requises pour la construction et le maintien de ces défenses, ainsi que par le maintien de troupes sur ces longues frontières, étaient astronomiques, les premiers Ming préférèrent souvent contrôler les ardeurs des Mongols
Les Ming n'avaient pas prevu celà:
74.125.153.132/...CDWaWfz3v2LY-HHq7WKA | | | Les Ming n'avaient pas prevu celà: - --
Plus hideux que les Mongols, les Jurchen et les Xiognu pris ensemble!  | | | "Parler en Thaï, par exemple, c’est pour moi comme faire un tableau à coups de pinceaux, à l’impressioniste !"
superbe !!!  moi quand je tente de parler Viet celà serait plutôt du surréalisme....  .... celà fait rire tout le monde !!! (et une femme qui rit.... vous connaissez la suite.... je ne suis donc pas pressé de me perfectionner dans cette langue...) | | | "Mes lecteurs semblent être essoufflés, ou alors ils m’ont abandonné, vu le manque de réactions à mes derniers écrits."non non, pas essouflé du tout  bobo à la tête c'est tout !!!  Je lis chaque jour ce post toujours très interessant... comme tu le disais celà change de tous ceux qui ne s'interessent qu'aux prix des prestations, des hôtels pas chers, etc.... (pour ma part j'apprends à connaître les prix sur place et tant pis s'il m'arrive de subir quelques arnaques, c'est le prix à payer pour apprendre) Je peux vous raconter une anecdote ?...oui...? bon d'accord...!!!  Lors de mon premier voyage à Saïgon j'ai pris un motobike, à la fin de la course il me demande l'équivalent de 4 euros, j'ai trouvé çà cher mais c'était le Têt, je n'ai rien dit.... quelques jours + tard je refais le même trajet avec une copine Viet avec 2 motobikes.... elle a payé 2 euros (pour les 2 motos).... une leçon qui m'aura coûté 3 euros mais je ne garde aucun grief contre mon 1er motobike. Dans les années 70/80, les français ne se gênaient pas pour arnaquer les touristes américains qui avaient, à l'époque, un dollar fort... on en a gardé une réputation de roublards à leurs yeux... tout comme les Vietnamiens aujourd'hui...  PS: pour ceux qui l'auraient remarqué, si ma copine a payé le motobike c'est que je lui avais donné l'argent auparavant (l'argent pour toute la journée). Je pratique souvent cette méthode car celà permet de payer moins cher (restau, fringues, etc...) et puis celà me permet de frimer devant les farangs qui se disent "putain c'est la meuf qui paie  wouaaa le mec !!!)   
Bon je suis totalement hors sujet, désolé !!! | | | "Ah ! On les retrouve, ces concubines qui plaisent tant à notre ami René !"
pour mon plus grand bonheur....  .... et malheur parfois.... 
"L’art érotique chinois diffère sur bien des plans de celui du Japon. La différence la plus évidente est que l’art érotique chinois n’exagère pas, en général, la taille des parties génitales. Au contraire, il a plutôt tendance à les minimiser ou même à les miniaturiser."Peut-être n'avaient-ils pas le droit de les montrer dans d'autres proportions ??? tout comme aujourd'hui, si je ne dis pas de bêtises, les poils pubiens dans l'art Japonnais !!! | | | "En tout cas, merci, nous restons sur une discussion de bon ton. Poésie et culture, nous proposait René !  "
exact....poésie et culture, les deux sont intéressants.... la culture dans l'histoire, la poésie dans l'érotisme.... moi çà me convient même si, je dois bien l'avouer, je n'ai pas grand chose à dire (mon histoire perso n'a rien d'historique, quant à son érotisme elle n'a pas sa place ici). 
Je lis avec inérêt ce post consacré à la Chine et à l'Asie en général... désolé de ne pas y participer d'une manière plus constructive mais l'histoire de la Chine est pour moi aussi abstraite que du "chinois"...  (oui, je sais, mauvais jeu de mots... je vais faire un tour...) 
| | | Je peux vous raconter une anecdote ?...oui...? bon d'accord...!!!  ....... Bon je suis totalement hors sujet, désolé !!!  - -- C'est pas grave, les anecdotes sont les bienvenues  . Ce n'est pas parce qu'on se relâche un peu qu'on va se mettre à... chinoiser! | | | Salut Georges, tu vois y en a encore quelques uns qui suivent 
C'est pas grave, les anecdotes sont les bienvenues
Oui tout a fait, en plus celles de TDMsolo sont plutôt amusantes 
Ce n'est pas parce qu'on se relâche un peu qu'on va se mettre à... chinoiser!
Oui mais faudrait pas trop exagérer non plus sinon on va en perdre notre... latin         | | | Merci Boumbastic, je suis heureux de savoir que tu apprécies mes anecdotes.... Je pourrai peut-être ouvrir un post sur ce sujet, si j'en ai le feeling je le ferai.... et vous tiendrai au courant.
Bonne soirée et à demain... René de Toulon | | | À: TDMsolo · 11 septembre 2009 à 23:23 · Modifié le 11 sep. 2009 à 23:38 Re: Peuples de la Chine et de l' Asie du Sud-Est Message 114 de 521 · Page 6 de 27 · 2 813 affichages · Partager Salut TDM, n'hésites surtout pas, j'ai aussi de la matière dans le genre, la tienne m'avait amusé car j'ai vécu la même chose  Tu pourrais appeler ca "Vos anecdotes amusantes en voyage" dans la rubrique "Divers" ou "Vos anecdotes amusantes en Asie du Sud Est" dans la rubrique du même nom, je te laisse l'initiative mais je suis partant...y a eu des trucs dans le genre mais pas celle-la me semble-t-il?  A part CELLE-LA et CELLE-CI qui commencent a dater, pas mal de relancer le sujet | | | Salut Georges, tu es prêt pour la suite ? tu as ton stock de vitamines ??? 
j'ai les aspirines à portée de main.... I'm ready...
A demain, bonne nuit (il est minuit passé en France)
René | | | Salut Boumbastic,
des anecdotes j'en ai plein ma musette mais j'ai besoin d'en ressentir le feeling pour les raconter.... Je te tiens au courant. Peut-être ce soir si une anecdote cocasse me revient en mémoire... Je ne suis pas le seul à vivre des situations cocasses en voyage, j'espère que la rubrique aura du succés... et je sais d'ors-et-déjà que tu y participeras... 
Bonne soirée René de Toulon | | | Je vais rassurer notre ami René (de Toulon !), j’ai toute la pharmacie qu’il me faut !  Je vais maintenant revenir en plein milieu de mon sujet et resservir les Ming vus sous un angle purement démographique.
Si je sers mon essai au compte-gouttes, c’est parce que la tâche est ardue.  J’imagine que certains de mes lecteurs se retrouvent au bord d’un état comateux. Je parlais de compte-gouttes, il faudrait parler de transfusion !  Mais allez, courage, que diable!, allons-y vaillamment ! - --
C’est sous les Ming, aux 16-ème et 17-ème siècles, que la population chinoise explosa. Il est très difficile d’évaluer la population de la Chine d’alors. Parmi les facteurs qui compliquent cette tâche, il y a par exemple le fait que beaucoup de districts ne rapportaient pas leurs populations réelles pour éviter de voir leurs taxes augmenter en proportion.  Les enfants étaient souvent ignorés dans les recensements, surtout les filles. Même les femmes adultes n’étaient souvent pas comptées. Les recensements s’en retrouvaient bizarrement biaisés. Par exemple, la préfecture de Daming en 1502 dénombrait 378, 167 hommes contre 226, 982 femmes.
Essayons quand-même de nous donner une idée approximative de la population chinoise à travers cette époque, partir de quelques indications glanées à droite et à gauche, et non forcément compatibles ni consistentes : - vers la fin du 14-ème siècle, et d ‘après les recensements officiels, il y avait entre 50 et 65 millions de Chinois, mais certains experts pensent qu ‘il y avait peut-être jusqu’à 90 à 100 millions de gens. - certains parlent de 75 millions de gens vers la fin du 15-ème siècle, contre un compte officiel de 62 millions. - certaines estimations situent la population vers l’an 1600 aux alentours de 275 millions de gens, ayant crû de 0.3 à 0.5 % par an à partir d’un chiffre de 85 à 100 millions au début de la dynastie Ming, c.à-.d. en 1368. D’autres estimations sont plus conservatrices et comptent 160 à 200 millions de gens vers la fin de l’époque des Ming.
En résumé : - vers l’an 1400 : entre 50 et 100 millions (moins ?); - vers l’an 1500 : entre 60 et 75 millions (plus ?) ; - vers l’an 1600 : entre 160 et 275 millions.
Il est vraiment difficile de s’y retrouver. Les décomptes ont également été affectés par des catastrophes naturelles et autres. Par exemple, une épidémie sévit en 1641 et ravagea les régions très peuplées de l’est de la Chine. Les chroniqueurs chinois parlent d’une chute de population entre 1641 et 1642 de 50%, voire de 90% dans certains districts.  Il y aurait donc eu des fluctuations importantes d’une période à une autre pendant les quelques trois siècles que dura cette dynastie. Mais quels que soient les chiffres exacts, la population chinoise avait au moins doublé, sinon triplé ou même quadruplé sous les Ming! De plus, il semblerait que cette explosion ait surtout commencé au 16-ème siècle.
Le graphe que j’ai construit sur la base de ces quelques informations fragmentaires et (je le répète) inconsistentes montre bien qu’il y a moyen de tracer la croissance démographique moyenne en Chine sous les Ming à partir de plusieurs hypothèses. Il est évident qu’il y a là matière à étudier sérieusement. Il faudrait au minimum : (1) vérifier les informations de départ, essayer de les rectifier et de les « assainir » en tenant compte de leurs biais (qu’il faudrait bien comprendre), et de les corroborer ; (2) probablement partitionner la Chine en plusieurs régions pour permettre l’analyse initiale, car les conditions ont bien évidemment varié énormément d’une région à une autre; (3) comprendre mieux les causes des fluctuations importantes et en tenir compte pour reconstruire l’évolution démographique à travers la période Ming ; (4) comparer avec des modèles démographiques mieux « contrôlés » et avec lesquels on puisse démontrer un degré d’analogie acceptable. On peut vraiment parler d’un casse-tête chinois !  Nous allons laisser cette (folle ?) entreprise à d’autres plus courageux et disposant du temps et des ressources nécéssaires.
Une cause de l’expansion démographique de la Chine sous les Ming fut la restauration sous l’empereur Hongwu (1368-1398) d’une agriculture forte et d’un système de transports efficaces. Il en résulta de vastes surplus agricoles. Mais surtout, l’économie des Ming se trouva stimulée dès le 16-ème siècle par le commerce maritime avec les Portugais, les Espagnols et les Hollandais. La Chine se trouva impliquée dans un nouveau système d’échanges de marchandises, de plantes, d’animaux et de produits agricoles connu sous le nom d’Échange Colombien. Nous allons revenir là-dessus, mais pour la petite histoire, citons en passant que le premier Européen à avoir mis les pieds en Chine continentale fut Rafael Perestrello, un cousin de Christophe Colomb. Il commandait un vaisseau portugais, et commença à faire du commerce à Guangzhou (Canton) en 1516. Les relations entre Chinois et Portugais étaient loin d’être paisibles initialement, mais en 1577 les Portugais arrivèrent à convaincre les Ming de signer un traité qui leur permit d’établir une colonie marchande à Macao, sur les côtes de la Mer de Chine du Sud, pour ainsi dire à quelques encablures du futur Hong Kong.
C'est tout pour aujourd'hui, les aminches! C’est le matin, il fait beau, après quelques sévères tempêtes de début de printemps (en Australie de l’Ouest, le « printemps » commence officiellement le 1-er septembre, allez comprendre pourquoi !), et il y a une grande exposition de motos ce week-end, alors à plus tard ! Image attachée: | | | Salut Georges,
voilà bientôt 2 heures que je flâne de message en message sur diverses rubriques, je voulais raconter une anecdote mais je me suis laissé à rêver sur des récits de voyages.... Il est 3h 30 du matin, je vais me coucher.... je lirai la suite de l'histoire des Ming demain... comme disait un de tes lecteurs, l'Histoire est très intéressante mais j'en oublie 90%, il m'arrive donc de revenir en arrière pour mieux comprendre la suite... C'est surtout les noms des peuples, des personnages qui sèment la confusion, des noms dont je ne suis pas habitué à la sonorité... Je ne doute pas un instant que la tâche soit ardue, il n'y a que la passion qui puisse motiver et arriver à bout d'une Histoire aussi longue et riche en évènements...
A demain Georges, et puisque la journée commence pour toi..... "Bonjour" !!!  .... je te souhaite une belle journée... René (et oui, de Toulon) | | | Salut Georges, merci pour tes récits toujours passionnés et passionnants mais je trouve que tu te perds un peu trop dans l'histoire chinoise et oublies le reste de l' Asie du Sud Est, ne m'en veut pas de ce rappel a l'ordre mais le titre n'est-il pas: Peuples de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, et au début une annonce sur les courants migratoires afin d'expliquer pourquoi l'influence de la Chine est plus importante au Vietnam qu'en Thailande si j'ai bien compris (tu vois y en a qui suivent  ). Mais la on arrive au 15ème siècle et j'ai toujours pas vu un chinois sortir de Chine mais nombre de barbares (termes surtout usités pour nous les occidentaux) y arriver? Que pasa? Ou ki sont les chinois ailleurs qu'en Chine, deja en Amérique du Nord en train de construire les voies de chemin de fer?  On a du en perdre beaucoup en route | | | tu te perds un peu trop dans l'histoire chinoise et oublies le reste de l'Asie du Sud Est- --
Salut Olivier !
Tu as un peu raison, mais c’est tellement intéressant, non ? Mais bon, on y arrive, tout doucement ! Je suis sûr que cette nouvelle « fournée » ci-dessous va commencer à satisfaire ton impatience.
Je ne t’en veux pas, d‘ailleurs, de me rappeler à l’ordre, ça me fait plaisir d’avoir un public, petit peut-être mais attentif.  Il faut aussi avoir bien capté les événements clés de l’histoire de la Chine pour bien comprendre les populations du sud-est asiatique dans le contexte approprié. Un peu de patience, on y arrive !
Mais la on arrive au 15ème siècle et j'ai toujours pas vu un chinois sortir de Chine mais nombre de barbares (termes surtout usités pour nous les occidentaux) y arriver?
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Je te signale quand-même que j’ai bien parlé des vagues d’émigration des peuples Thaï, qui avaient commencé plusieurs siècles avant l’époque des Ming (où nous sommes pour l’instant). J’y reviens d’ailleurs ci-dessous.
Allez, on y va:
Ming (1368-1644) – Maïs ! La Chine exportait surtout de la soie et de la porcelaine. La compagnie néerlandaise « des Indes Orientales » à elle toute seule transporta 6 millions de pièces de porcelaine de la Chine en Europe entre 1602 et 1682 ! En retour, la Chine importait beaucoup d’argent qui venait des mines péruviennes et mexicaines, et qui transitait par Manille aux Philippines. Les marchands chinois étaient eux aussi très actifs, et beaucoup émigrèrent pour profiter des nouvelles opportunités commerciales dans les ports de presque toute l’Asie, à Taiwan, dans les îles Ryukyu. Ils étaient déjà très nombreux à Luzon dans les Philippines quand les Espagnols arrivèrent vers l’an 1570. L’expansion démographique des Han se fit donc aussi par voie maritime, surtout à partir des côtes du Fujian et à partir de la province de Guangdong.
Les Chinois importaient également des plantes apportées du Nouveau Monde par les Espagnols : patates douces, maïs et cacahuètes, qui pouvaient être cultivés sur des terres où les cultures traditionnelles chinoises, le blé, le millet et le riz, ne pouvaient pas pousser. Sous les Song (960-1279), le riz avait été la nourriture de base des pauvres; après l’introduction des patates douces en Chine vers 1560, elles remplacèrent le riz comme nourriture de base des basses classes sociales. Cet afflux de plantes étrangères, grâce aux commerçants européens, permit aux Chinois de nourrir une population plus importante.
Non seulement il y avait une population en pleine croissance, mais les nouvelles cultures lui permettaient de s’étendre sur des contrées plus vastes. Prenons le cas du maïs en particulier, qui avait été importé d’Amérique au 16-ème siècle. Comme il n’avait besoin ni de terres riches ni d’irrigation, il permit aux Han, jusque là cantonnés dans les plaines alluviales, d’investir les plateaux moins fertiles et les pentes des montagnes auparavant occupées par les populations minoritaires non-Han. Les régions de collines du sud et du sud-ouest de la Chine étaient les plus propices à cette expansion. En 1381, les Ming avaient annexé les régions du sud-ouest qui avaient fait partie jusque là du Royaume de Dali (successeur de Nanzhao). À la fin du 14-ème siècle, quelques 200, 000 colons militaires avaient été établis sur 2 millions de « mu » de terres dans le Yunnan et le Guizhou. Près d’un demi-million de colons chinois les suivirent. Ces migrations causèrent un basculement de la fabrique ethnique de la région, puisque plus de la moitié des quelques trois millions d’habitants au début de la dynastie Ming étaient des non-Han. Le gouverneur de Kwangsi attestait par exemple que dans la région de Kunming, au Yunnan, le développement économique était en bonne voie et que la culture, l’habit, le dialecte et les us et coutumes en général étaient pratiquement devenus identiques à ceux de la région de Nanjing d’où les colons étaient originaires (« Études sur la population de la Chine, 1368-1953 », de Bingdi He et Ping-ti Ho). Certains districts du Sichuan tracent l’origine de pratiquement tous leurs « vieux clans » à la province de Hubei.
Les Ming adoptèrent initialement un système d’administration parallèle, appliquant les lois et coutumes chinoises ou tribales selon le groupe ethnique dominant dans un district donné. Mais il y eut des abus de pouvoir et des exactions. De 1464 à 1466, les Miao ( Meo, Hmong) et les Yao se révoltèrent contre ce qu’ils ressentaient comme une oppression chinoise. Les Ming envoyèrent une armée de 30, 000 hommes (qui comprenait 1, 000 Mongols) pour renforcer leurs troupes du Guangxi qui déjà comptaient 160, 000 hommes  . La rébellion fut écrasée. Par la suite, et après avoir écrasé d’autres rébellions, les Ming adoptèrent une politique d’administration unique dans le but de siniser les cultures locales.
Empiétés par les Han, les premiers habitants de ces régions firent mouvement eux-mêmes, plus haut dans les montagnes ou bien vers le sud, c.à-.d. en direction de l’ Asie du sud-est. Des communautés Yao et Miao ( Meo, Hmong) commencèrent à apparaître au Laos, au Vietnam et en Thaïlande. Il y avait encore d’autres groupes ethniques dans ces régions du sud de la Chine qu’on ne peut pas relier à des familles plus importantes : les Yi, ou Lolo, les Tujia, les Bai du Guizhou et du Yunnan. Il est certain qu’une bonne partie de ces peuples non-Han se sont trouvés engloutis par la marée Han, ou bien ont été fortement sinisés d’un point de vue culturel.  Il reste cependant des groupes minoritaires distincts, surtout au Yunnan. Notons en passant que les Daï du Yunnan et les Zhuang du Guangxi sont du même groupe ethnolinguistique que les Lao, les Thaï et les Shan du sud-est asiatique ( Vietnam, Laos, Thaïlande, Myanmar). Nous avons déjà parlé des vagues de migrations importantes de ce groupe ethnique vers l’ Asie du sud-est plusieurs siècles auparavant, et surtout au 13-ème siècle quand les Mongols mirent la main sur le royaume de Dali/Nanzhao.
Cette politique de colonisation militaire n’était d’ailleurs pas seulement appliquée aux régions méridionales. Des colonies furent établies dans le sud de la Mandchourie et dans les vastes territoires pratiquement vacants le long de la rivière Amour.
On note également que les Ming avaient donc des sujets mongols, vivant en territoire chinois. Il semble qu’ils aient été souvent employés comme soldats par les Ming, ce qui est compréhensible étant donnés leurs remarquables talents guerriers. Les Mongols n’étaient donc pas tous retournés en Mongolie après la chute de la dynastie Yuan. J’ai dit plus haut que les mariages mixtes entre Mongols et non Mongols avaient été interdits sous les Yuan. Mais il est certain qu’il y eut un minimum d’injection de « sang mongol » dans le « melting pot » Han. Et puisque nous sommes à l’article du brassage de peuples, il faut aussi mentionner que les Ming, au début de leur dynastie, avaient déplacé des centaines de milliers de familles de part et d’autre pour repeupler les régions qui avaient été les plus dévastées lors des troubles de la fin de l’époque Yuan.
Enfin, quand on parle des importations de cultures qui auraient pu avoir un impact sur l’agriculture chinoise, il faut réparer un oubli. Sous les Yuan, les musulmans avaient introduit leurs connaissances en divers domaines tels que la cartographie, l’astronomie et la médecine, mais également les carottes, les navets, des variétés nouvelles de citrons, d’aubergines et de melons, un sucre de qualité, et le coton. | Discussions similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 6 090 visiteurs en ligne depuis une heure! |