Voyager doit être un plaisir. Et pour que ce plaisir demeure, autant faire en sorte que tout se passe pour le mieux, y compris sur le plan psychologique.
1- Stress et angoisse
1.1- Savoir où on va
La première chose évidente pour qu'un voyage se déroule bien est déjà de savoir où on va mettre les pieds et quelles difficultés (en tous genres) on va rencontrer.
"Connaître" un peu le pays avant d'y aller, ses us et coutumes diminuera d'autant les craintes possibles sur place. En outre, cela évitera souvent aussi un trop gros stress d'avant départ; stress d'ailleurs parfois accru pour certains par la peur de devoir prendre l'avion. D'où l'intérêt, dans tous les cas, de bien choisir ses destinations.
Déterminer ses envies et connaître ses limites
Bref, déterminez clairement vos envies (plus même vos moyens) et acceptez vos limites; vous n'êtes pas là pour prouver quelque chose au monde. Car même si tout cela ressemble à des évidences, combien de voyageurs sont rentrés écoeurés d'un voyage simplement parce qu'il s'étaient "trompés" de destination et étaient partis vers quelque chose de trop difficile pour eux.
Comme le reste, voyager s'apprend. Alors plutôt par exemple que de s'en aller seul un an à l'autre bout du monde ne vaut-il pas mieux se tester et débuter sur des pays proches et des durées moins longues, surtout si l'on n'est jamais sorti d'Europe plus de trois semaines ou que l'on est toujours parti en organisé?
1.2- Habitudes et perceptions
Habitudes et perceptions: deux éléments qui favorisent le choc des cultures.
En voyageant, surtout longtemps, on change ses habitudes, on perd peu à peu ses repères et certaines cultures sont tellement différentes de la nôtre. Donc, déjà, allez-y aller prudemment dans votre voyage sans essayer systématiquement de voir et comprendre les choses à la manière occidentale. Relativisez, prenez si nécessaire vos distances, et dans les pays très pauvres pas d'apitoiement inutile, vous ne changerez pas le monde, où alors restez pour aider.
Quant à la perception négative des choses en voyage, elle dépend d'abord des repères habituels que l'on a en soi.
Des choses "extraordinaires" ou totalement inconnues passeront mieux car on ne possède aucun élément de comparaison, alors que le transport, le confort d'un hébergement, l'attente seront automatiquement comparés (même inconsciemment) à ce que l'on connaît ou pratiqué chez soi. Bref, un repas attendu une heure ou une averse prise sur la figure dans un véhicule seront moins bien vécus que la traversée d'une rivière en crue trempé jusqu'aux os. L'inconvénient de cela demeure que tant que l'on n'oublie pas ces repères (et bien d'autres notamment au niveau relationnel), il est impossible de bien voyager dans des pays difficiles ou de cultures et traditions différentes.
1.3- Stress et angoisse
Un mauvais rythme peut engendrer à terme une forme de stress. Mais le fait de se retrouver dans certains endroits à un moment donné du voyage peut avoir aussi le même effet. Soit que l'on soit dépassé par la culture locale (l'
Inde est un exemple typique), le rythme de vie (les grandes mégalopoles ou au contraire la "campagne profonde"), le "trop de monde" (zones très touristiques ou encore l'
Inde dans un autre genre), les tensions latentes (pays en crise), voire même l'environnement (le désert). Sans oublier qu'à tout cela peut s'ajouter le cas échéant des soucis personnels, y compris certains propres aux voyageurs (problème de budget, tension entre coéquipiers, etc). Ce qui veut dire qu'à de multiples occasions le voyageur pourra voir son niveau de stress largement augmenter.
Début de solution
Pour le stress, voire l'angoisse, qu'on peut parfois éprouver en voyage, diminuez-les en adaptant votre rythme à votre état. Et tant pis si le programme que vous vous étiez fixé n'est pas respecté. Là aussi, il peut être utile de ne pas réagir toujours en occidental, notamment pour tout ce qui concerne les questions d'horaires et le confort. Encore une fois relativisez et essayez de voir les choses de manière positive; vous êtes après tout en vacances. Et puis pour ceux qui voyagent en solitaire, si le poids de la solitude s'ajoute au "choc des cultures" cherchez des coéquipiers en cours de route.
Mais tant que le stress ne demeure qu'occasionnel ou de courte durée, pas ou peu de soucis à avoir. Après avoir analysé les causes, faire une pause, contacter ses proches, trouver un endroit sympa, un bon resto ou hôtel remettra le plus souvent les choses en place.
Par contre, en cas de stress prolongé mieux vaut agir au plus vite et le cas échéant passer même carrément à une autre étape de son voyage. Bref, tirer un trait définitif sur ce mauvais moment du voyage et passer à un autre.
Garder le contact
Dernière chose qui facilitera aussi souvent un voyage: garder le contact avec ses proches. Grâce à Internet et aux nouvelles technologies, c'est maintenant très simple et économique que d'être en relation avec sa famille ou ses amis même à l'autre bout du monde. Alors profitez-en, sans pour autant vous sentir obligés d'avoir un lien quotidien parce que c'est facile et pas cher...
1.4- Longs voyages
Enfin, pour de longs voyages ou entre deux difficultés, prévoyez des haltes de quelques jours dans des endroits que vous trouvez sympas. Et à l'occasion, n'hésitez pas à vous faire le bon resto ou le super hôtel. Même si vous avez l'impression de ne rien faire ou de gaspiller votre argent, vous rechargerez au moins vos batteries et continuerez d'un bon pied la suite du voyage.
D'ailleurs, pour un voyageur peu expérimenté ou un début du périple, mieux vaudra souvent privilégier le plus simple.
De plus, il n'est pas forcément judicieux d'enchaîner trop ou trop longtemps des pays difficiles, ou même simplement dits du "Tiers-Monde". Au delà de créer un contraste qui fera tour à tour apprécier les uns et les autres, c'est surtout en cas de problèmes de santé, de fatigue, ou simplement de "blues prolongé" que l'on aura intérêt à faire halte dans les pays "occidentalisés". Le fait de retrouver d'une certaine manière ses repères et de bénéficier de meilleures infrastructures permettra toujours de mieux recharger les batteries. D'autre part, cela sera aussi plus commode si vous comptez faire venir votre famille ou vos amis en cours de route.
Dernier conseil, ne jouez pas les Rambo, dans tous les cas évitez les pays ou régions à risques...
2. Ennui et tensions
2.1- L'ennui
Si la nouveauté des lieux ou des gens rencontrés ainsi que l'aspect pratique du voyage peuvent être sources de problèmes, on oublie trop souvent que l'ennui ou les tensions entre personnes voyageant ensemble représentent dans la majorité des cas la première source de désagrément et de stress, surtout dans le cadre d'un périple au long-cours.
Même si cela concerne avant tout celui qui part seul, on peut tout autant s'ennuyer en groupe.
Seul
Voyager en solo n'est pas forcément un problème; tout dépend des personnalités et de ce qu'on recherche ou attend de ses pérégrinations.
Nombre de personnes dans ce cas ne s'ennuient jamais en voyage, y compris si celui-ci dure plusieurs mois. Et il est vrai que les occasions de rencontres d'autres voyageurs aussi bien que de locaux sont nombreuses tout au long de la route. Il faut juste avoir envie de les saisir et oser aller vers les autres, sans se poser trop de (fausses) questions du style "comment vais-je les aborder?". Et le cas échéant, si l'on s'ennuie vraiment (ou que l'on a un "coup de blues" passager), ne pas hésiter à dire qu'on en a marre de voyager ou d'être seul(e). Les refus seront plutôt rares et l'on passera ainsi un moment ou on fera même parfois un bout du voyage avec d'autres.
En parallèle à l'ennui, on pourrait citer aussi une forme de "frustration" pouvant apparaître chez certains voyageurs (généralement d'un certain âge et qui ont déjà pas mal bourlingué). A force de vivre seuls ses voyages, ou simplement avec des gens de rencontre, un sentiment de frustration peut s'installer à la longue avec l'impression d'avoir vu et vécu plein de choses que finalement on ne peut partager avec aucun de ses proches.
A plusieurs
Assez souvent, dans les faits, il ne s'agit pas vraiment d'un ennui à proprement dit, mais plutôt de problèmes plus ou moins latents au sein du binôme ou du groupe de voyageurs. Avec à terme la possibilité que cela déboucher sur des tensions.
Cela dit, s'il s'agit réellement d'ennui, celui-ci est souvent lié à une (non)activité non partagée avec les autres (exemple type avec les séjours balnéaires). Dans ce cas le plus simple reste d'en discuter pour soit passer à autre chose ou ailleurs, soit mettre à profit ce temps pour quelque chose de plus personnel (quitte à se retrouver ensuite). Tant que la situation n'est pas trop répétitive ou trouve de bons compromis, il n'y a pas réellement de problème.
2.2- Tensions et problèmes
Fort logiquement, surtout lorsque le voyage dure, des tensions ou problèmes plus ou moins passagers peuvent voir le jour entre les voyageurs. Et cela aussi bien si les gens se connaissent avant le départ que lorsqu'ils se sont rencontrés pour l'occasion.
Quant aux causes, elles peuvent être des plus variées. Dans le lot: différences de moyens financiers, d'envies, de rythme ou de perception des choses, implication différente dans le voyage et sa gestion, problèmes relationnels (voire même sentimentaux), etc. Bref, nombre de raisons aussi bien matérielles que plus personnelles... dont certaines pourraient d'ailleurs être évitées bien avant le départ.
Quelques conseils
Que l'on se connaisse ou pas avant de partir, on aura quand même intérêt à partir avec des gens qui nous ressemblent un peu dans le fonctionnement et l'approche du voyage.
En longue durée (notamment), mieux vaut que chacun participe à l'élaboration du projet, l'itinéraire, les choses à faire ou à voir afin d'arriver à un consensus, y compris sur le plan financier. Et s'il demeure des différences, autant en parler avant pour se mettre d'accord sur la manière dont les choses se passeront ensuite. D'où l'intérêt si l'on a fait une recherche de coéquipier, de se rencontrer et apprendre un peu à se connaître bien avant la départ.
En route, il est aussi préférable de discuter si l'on sent que les rapports commencent à se dégrader. Essayer d'en trouver les causes et d'entrevoir les solutions sera toujours préférable que de fonctionner sur le "non dit". Parfois le fait simplement de prendre un peu de distance, se ménager des moments à soi y compris pourquoi pas sur quelques jours (même si l'on est en couple), ou au contraire élargir le "groupe" pour un temps à d'autres personnes (voyageurs ou locaux) afin de réduire les "têtes à têtes", sont autant d'idées à explorer. Et si les choses deviennent trop compliquées autant alors se séparer pour un temps ou le reste du voyage.
Mais dans tous les cas, il ne faut pas oublier que si l'on veut que les choses fonctionnent c'est comme toujours, aussi et surtout, à chacun d'y mettre du sien...
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