Partie 3 : immersion dans le vieux quartier d’Hanoï
Nos affaires déposées à l'hôtel, une boisson fraiche et quelques minutes plus tard, on quitte l'atmosphère climatisée pour se lancer à la découverte d'une autre vie, sans filet cette fois ci

Le vieux quartier nous tend les bras, on s'y perd, on s'y noie.
Première chose, passer à l'agence régler les dernières formalités puis nous mettre en quête du bureau de change/bijouterie QUOC TRINH (chaudement recommandé sur les forums) afin de convertir nos euros en précieux Dongs. J'avais, lors de la préparation de ce voyage, téléchargé sur mon téléphone le plan hors ligne de la ville et noté tous les points d'intérêts. La localisation GPS fonctionnant hors connexion (donc sans frais), cela nous a grandement facilité la tâche et nous avons pu nous déplacer sans soucis dans les ruelles tentaculaires et un rien brouillon.
Une fois ces formalités accomplies, nous nous sommes laissés porter par ces vieux quartiers en suivant plus ou moins l'itinéraire de découverte décrit sur le site du Lonely Planet.
ça donne à peu près ça avec quelques digressions personnelles en plus 
Le bruit est la première présence qui s'impose à nous, omniprésent, entêtant, mélange de Klaxons incessants, de moteurs pétaradants, de cris, d'appels, de claquements et de grondements. Ici, la ville s'exprime sans réserve, haut et fort. Et partout, en tous sens, elle grouille et palpite, imprévisible et tentaculaire. Ce sont les vélos et mobylettes, indisciplinés qui surgissent de partout, les trottoirs encombrés où l'on se repose à même l'asphalte malmené, où l'on mange, travaille, vit en un mouvement incessant. Ce sont, encore, de gros arbres feuillus aux troncs parcheminés comme la peau d'une mamie ayant trop travaillé sous le soleil brûlant, aux lianes pendantes se mêlant à une kyrielle de câbles qui se nouent et se dénouent en un casse tête insolvable, aux racines plongeant sous le béton, soulevant les dalles, s'imposant dans ce monde impitoyable qui se fait et se défait, pousse et grandit presque en direct sous nos yeux ébahis.
Et les effluves de friture nous happent au passage, et les étincelles s'échappant d'une meule hurlante nous éblouissent un instant. Une femme lave sa vaisselle dans le caniveau, une autre découpe des morceaux de viande qui attendent dans la chaleur moite de cette fin de matinée. Un vélo ploie sous son chargement de fruits colorés. Chapeau pointu, tunique longue, une silhouette passe, deux paniers chargés se balançant au bout de la longue perche qu'elle porte sur l'épaule. Des épices odorantes, aux couleurs chatoyantes jonchent le trottoir entre deux rangées de scooters. Un enfant joue entre des cartons éventrés, un homme dort adossé contre le mur, des jeunes filles pèlent d'énormes pamplemousses assises sur leurs talons, concentrées, une vieille décharnée est appuyée contre une caisse, les yeux perdus dans le vague. C'est la vie quotidienne qui explose, la vie qui s'expose sans fausse pudeur ni ostentation.
Le vieux quartier d'
Hanoi est une symphonie, une ode à la vie. Le vieux quartier d'
Hanoi est une peinture colorée et vibrante. Le vieux quartier d'
Hanoi, si on ne l'aime pas, on ne peut pas non plus le détester et moi qui n'aime pas les villes, qui les fuie et les évite autant que possible, moi la fille des arbres, des grands espaces et des déserts, je me suis laissée séduire par cet
Hanoï là.
Après deux heures d'immersion sans reprendre notre souffle, nous étions soulés, étourdis, anéantis par la chaleur et l'agitation incessante. Nous nous sommes donc réfugiés dans un restaurant classique et climatisé, encore trop timides pour nous frotter à la restauration de rue

Petite anecdote restauration. Ayant lu que la cuisine vietnamienne n'était pas très épicée, j'ai choisi la version "spicy" d'un des plats. Bien mal m'en a pris, je n'ai pas pu en avaler plus de trois bouchées et mon coca a eu un mal fou à apaiser le brasier qui s'est déclenché dans ma gorge

. La faute à ces redoutables petits piments rouges, insidieusement posés, dont je me méfierai comme de la peste par la suite. A noter qu'on m'a changé mon plat contre une version plus soft sans supplément. Ils ont du bien rigoler en cuisine

Une fois requinqués, nous sommes repartis pour un après-midi de vadrouille qui nous a conduit jusqu'au
temple de la littérature où nous avons été accueillis par un déluge digne de ce nom. Ambiance fin du monde garantie. Ici, on retrouve le flot du tourisme international même si la pluie battante l'apaise un peu, et si l'esthétisme des lieux est incontestable, je n'ai pas réussi à y trouver ce frémissement qui fait vivre les vieilles pierres.
Pour finir la journée,
spectacle de marionnettes sur l'eau qui ne m'a pas convaincue mais bon, pourquoi pas.
Et puis ce fameux
lac Hoan Kiem et son célèbre pont rouge qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable et que je n'ai pas trouvé à la hauteur de la jolie légende qu'il porte, même au couché du soleil.
Alors oui, je sais, impasse totale sur les musées. C'était voulu et assumé. En conclusion je dirais que ce ne sont pas les hauts lieux touristiques qui m'ont attirée ou retenue à
Hanoï, c'est plutôt tout un tas de petites choses insignifiantes, vivantes, palpitantes qui se cachent au coin d'une ruelle, dans un encadrement de porte et qui s'imposent à vous avec une évidence et parfois une émotion inattendue. J'ai aimé
Hanoï pour cela avant tout, pour cela surtout.
Lors de notre second passage en ville (juste une fin d'après-midi), quelques jours plus tard, on découvrira aussi
le pont Long Bien, un véritable coup de cœur mais ça, j'en reparlerai plus tard...
ET SI C'ÉTAIT A REFAIRE ?
Une journée à
Hanoï en descendant de l'avion, c'est brutal, c'est violent, c'est épuisant aussi. J'ai aimé plonger d'emblée dans cette masse grouillante et mouvante qui donnait soudain une réalité à mes rêves. J'ai aimé la quitter aussi, le lendemain. Pas de regret donc, quant à la durée de notre séjour dans la capitale. Nous n'étions pas venus pour l'explorer de fond en comble, juste pour y goûter à de nouveaux parfums. Nous sommes partis comblés.
Mention spéciale pour
le marché Dong Xuan ainsi que pour la
Hanoï Train Street, cette rue où les maisons, jouxtant la voie ferrée, vivent et tremblent deux fois par jour dans l'ombre des trains qui les frôlent, pour
le pont Long Bien aussi, vestige de l'ancienne Indochine, lieu de tous les contrastes, que nous découvrirons dans une semaine lors d'une nouvelle escale à
Hanoï (il vaut bien un chapitre à lui tout seul tellement j'ai adoré

).
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