Il a plu durant toute la nuit et ça ne semble pas devoir cesser au lever du jour. L'ambiance est morose et nous sommes un peu inquiets pour notre rencontre avec les pachydermes.
A l'accueil, Katie nous rassure. Katie est l'une des deux soigneuses américaines présentes sur place à l'année. Cette charmante jeune femme nous explique qu'une employée est partie voir où se trouvent les éléphants.
Quand on les sort de leur enclos, ils vont où ils le souhaitent dans l'immense propriété.
Régulièrement, des bénévoles vont planter sur certaines parcelles des plantes ou des arbres fournissant les aliments dont ils se nourrissent.
Une fois les éléphants localisés, nous sommes transportés afin de les rejoindre. Il nous est bien expliqué que nous devons rester en position d'observateurs, ne pas aller vers eux mais les laisser aller vers nous. Pas de bruit intempestif, pas de flash.
Sur place, chaque mahout est disposé à courte distance de son éléphant, au cas où l'un d'entre eux serait de mauvaise humeur.
La pluie se fait plus fine, puis cesse au bout de quelques minutes.
La seule accalmie de cette journée aura été pour notre première visite aux éléphants, le hasard a bien fait les choses.
Dès que nous arrivons, l'un d'entre eux vient nous flairer, dont Françoise la première. Ouf, inspection jugée satisfaisante.
Sur les 13 éléphants du resort, 10 sont sur place. Nous les voyons arracher leur nourriture, la secouer en l'air ou la frapper contre leurs pattes en guise de nettoyage et d'essorage. Ils sont si près qu'on s'en prend parfois plein la figure.
Ils remuent les oreilles et la queue, c'est bon signe, c'est qu'ils sont contents.
Lorsqu'ils décident de passer où nous sommes, nous nous garons bien gentiment. C'est pas qu'on ait peur, c'est par politesse.
Ils promènent leurs chaînes avec eux et ils n'en auront plus du tout le jour où les financements auront été réunis pour ériger une palissade autour de toute la propriété. Dans l'immédiat, il faut encore les empêcher d'aller dévaster les environs, la nuit par exemple.
Sans le cliquetis des chaînes, il serait d'ailleurs plus difficile de les retrouver dans ce vaste espace.
Il y en a un, plus malin que les autres, qui sait défaire ses chaînes. Un jour, il s'est fait la malle et s'est servi sur les manguiers d'un paysan du coin, qu'il a bien fallu dédommager. Celui-là, il lui ont donc mis une clochette pour savoir où il gambade.
Sous nos yeux fascinés ils jouent, se frottent contre les arbres, arrachent les arbustes quand ça leur chante.
Il y a aussi un jeune mâle qui s'exerce, poursuivant de ses ardeurs une femelle qui ne s'en laisse pas compter.
Deux heures ont filé sans qu'on s'en soit rendus compte.
Il est temps de ramener tout ce petit monde au bercail. Les éléphants marchent devant et nous suivons. Nous supposons que c'est pour qu'ils ne nous marchent pas dessus si nous ralentissons.
Katie nous informe qu'en début d'après-midi arrivera un bus de collégiens issus de plusieurs pays d'Asie, bien sûr que nous allons nous laisser tenter.
Après un petit speech d'information, les éléphants seront amenés pour déguster quelques friandises et barboter dans le plan d'eau.
Malgré la pluie qui a repris, nous décidons de tenter le coup.
Le café au bord de l'étang est bondé, il y a des photographes et un cameraman, nous allons passer à la télé.
Joel a l'idée de demander à Katie si nous pouvons rejoindre les mahouts en bord d'étang car entre la pluie et le café rempli de collégiens, même pas la peine d'essayer de prendre des images.
Elle n'hésite pas un instant et décide spontanément de nous accompagner. Nous sommes aux premières loges, d'autant plus qu'il prend la fantaisie à quelques-uns des éléphants de barboter et de s'amuser juste au coin du plan d'eau où nous sommes installés, sous un abri sommaire coiffé de feuilles de palmier.
Nous oublions totalement la pluie, d'autant plus qu'elle convient parfaitement à ces grosses bêtes.
Pendant que Joel filme, on entend Katie dire : " Il faudrait que je puisse filmer ça moi aussi, mes parents et mes amis adoreraient le voir ! "
Le soir même, il nous vient l'idée d'appeler Katie par l'intermédiaire de la réception.