Je réponds en suivant le fil de discussion.
Il faut préciser que les populations émigrées des pays du Maghreb (car c’est bien de ces populations dont on parle, même si cela n’est avoué qu’à demi mot) ont été parquées à leur arrivée en
France. Elles ont été placées à la périphérie des centres de vie, les renfermant sur elles-mêmes, les obligeant ainsi à vivre entre elles. Elles ont été « ghettoisées » au lieu d’être intégrées. L’intégration n’est pas un phénomène unilatéral mais implique automatiquement l’action et la bonne volonté d’une part importante de la population locale et des autorités politiques, à tous les échelons. Maintenant, on reproche à leurs enfants et petits enfants de ne pas être intégrés. Cela ne peut procurer qu’un manque de repère. Comment doivent-ils se situer ? On leur reproche ce que nous avons refusé à leur parents, grands parents, et donc, par le fait de l’éducation parentale, à eux mêmes. C’est assez déstabilisant. Il n’est pas question d’excuser des actes de délinquances, ceux-ci doivent être punis et la loi est faite pour cela et doit être appliquée. Mais, il me semble que personne n’a réfuté ce point. Essayer de comprendre n’est pas synonyme de justifier, d’excuser ou de tolérer. C’est juste une démarche qui permet de voir plus loin que le bout de son nez ; mais qui permet surtout d’essayer de diagnostiquer les problèmes pour proposer des solutions. En ce sens, le tout répressif est inopportun et ne réglera jamais les maux parce que les causes sont plus profondes que les actes visibles en surface. Il faut socialiser ces personnes et, effectivement, celles à qui on tend la main et qui la refusent n’ont pas d’excuses. Néanmoins, faudrait-il encore qu’il y ait des mains tendues au lieu d’une discrimination constante. On parlera du RMI, des allocations familiales,....mais cela n’a pas de sens dans ce contexte. Effectivement, les gouvernements de gauche ont mal agit et n’ont pas joué leur rôle. On n’achète pas l’intégration, comme se donner bonne conscience ne résout pas les problèmes, on la provoque. Et ce ne sont pas des billets, des allocations, qui provoquent l’intégration, c’est un comportement social, une acceptation sociale des différences. Et on en est loin. On parlera de l’enseignement comme outil d’intégration, mais là aussi on créé des catégories dans les lycées, notamment dans le potentiel de risque, et on « distribue » les élèves. Quel bel exemple de l’égalité des chances.
De plus, l’intégration des populations maghrébines n’est pas comparable à celle des asiatiques ou d’autres populations provenant de pays européens. Cette comparaison a été faite et n’a pas de sens. La diaspora est différente. Pour certaines populations asiatiques, immigrer est une pratique courante et, bien que les différences culturelles soient présentes, l’intégration est toujours plus aisée grâce aux différents réseaux présents dans le pays d’accueil. Et, les populations européennes ou/et occidentales immigrants en
France ne sont pas soumises à un fossé culturel, il existera toujours des repères facilitant l’intégration. Il faut comparer ce qui est comparable. Bien sûr, certains maghrébins s’en sortent mieux que d’autres, notamment grâce à une éducation parentale qui a su se départir des barrières imposées par notre société. Mais ce n’est pas une majorité.
Dans cette discussion, on plaque sur des actes de délinquance une origine ethnique même si cela n’est pas dit franchement, cela transpire à chaque paragraphe et c’est déplorable. Que veut dire l’expression « français de souche » ? Tout simplement que les deux parents sont français. Ce qui est le cas de la majorité des personnes dont on parle. Ce sont des français. Etre français est une notion de citoyenneté, ce n’est pas lié à la génétique et les racines de la souche ne remontent pas jusqu’à Clovis. Le problème actuel est social. La
France rejette une partie de sa population, lui refuse encore l’intégration. Et, cette population ne l’accepte plus. Vivre constamment dans le déni, le rejet, n’est pas chose facile. Une fois de plus, il n’est pas question d’excuser des actes de délinquance ponctuels et/ou isolés mais d’essayer de comprendre une situation générale. Notre société n’est pas égalitaire et notre but devrait être de la rendre plus juste et égale. Il existe un déterminisme social et il doit être combattu. Comme cela a été précisé, il a fallu attendre ces dernières années pour que l’on adapte enfin les concours pour accéder aux grandes écoles. Pour que l’on se rende enfin compte que le milieu social d’où l’on provient ne procure pas les mêmes chances de réussite, les mêmes facilité d’accès à des postes valorisant, responsabilisant, donnant le sentiment de faire partie d’un tout et enfin de ne plus se sentir exclu. L’humanisme n’est pas une utopie, comme j’ai pu le lire. L’humanisme est à la racine de notre république. Le 18ème siècle, celui des Lumières, celui qui est à la base du rayonnement intellectuel, et parfois même de l’admiration, de la
France à l’étranger. Ces valeurs et principes mêmes qui ont fait que de nombreuses personnes fuyant leur pays ont décidé de venir dans le notre.
Je ne me perdrai pas en discussion stérile pour essayer de démontrer que la majorité des arguments avancés par certains sont nauséabonds. J’ai tenté de le faire dans le passée en intervenant abondamment dans des discussions similaires.
On est tombé dans le racisme, le déterminisme ethnique, on a dénigré la culture, le savoir, faisant quasiment du mot intellectuel un synonyme de vanité et d’orgueil, voire en en faisant une insulte, on a donné la parole de vérité à la répression, on a fait des prisons un éléments nécessaire pour régler les problèmes, on a frôlé l’eugénisme,....Bref, autant d’idées qui font appel à des idéologies nationalistes et extrémistes, de droite ou de gauche, que l’on aimerait passées. Malheureusement, ces idées sont actuelles et, j’en ai bien peur, partagées par une part plus qu’importante de la population française et il y en a un qui surfe sur la vague. Espérons seulement qu’il ne s’agisse que d’une tactique politique et non pas de véritables convictions.