Brouillard toute la journée, températures négatives, nuit avant 17h, au secours !!! Vite, je replonge dans l'été...
7ème jour : Bryce canyon
Oui ! Il fait beau

! Ciel d’un bleu éclatant, comme lavé par la pluie, soleil éblouissant, température fraiche. Il est 8h30 et nous sommes à sunset point, tous les 4. J’ai expliqué à mes ados pas sportifs qu’on descendrait par
Navajo Loop et wall Street pour remonter jusqu’à sunrise point par
Queen’s Garden trail, moins éprouvant. Ils sont d’accord, s’exclament dans la descente impressionnante

, un peu moins sur le trajet de Queen’s Garden

pour devenir carrément boudeurs dans la remontée

. « T’avais dit que ça montait moins ! » Oui, j’avais dit, mais il faut tout de même remonter ce qu’on a descendu... et 2 heures plus tard, le soleil s’est accroché bien plus haut dans le ciel d’où il nous envoie quelques rayons à bonne température ! « J’ai chaud, j’ai faim, c’est encore loin ? » Qui a dit que voyager avec des petits étaient plus difficile, qu’il valait mieux attendre qu’ils grandissent... un conseil, n’attendez pas trop !
Trêve de plaisanterie. La balade est superbe. Surtout allez-y, c’est 100 fois mieux que de rester sur la rim. Idéalement, peut-être partir encore un peu plus tôt, vers 8h par exemple car sur la fin, c’est vrai qu’il faisait chaud, juste pour la remontée. Nous avons aussi rencontré beaucoup de monde qui commençait la descente, famille, tout-petits, sans sac, sans eau, tongs et sandalettes (un minimum d’équipement s’impose) alors qu’au début il y avait très peu de promeneurs. On aura mis 2h à un rythme plus que cool avec plein d’arrêts photos, repos, boisson.
Quelques points de vue encore, pique nique et découverte de
Mossy Cave, 4 miles plus loin en allant vers Tropic. Une petite balade sans prétention, facile, ludique, avec une rivière et un petite cascade que nous traverserons avec précaution (l’orage de la veille en a grossi le lit et coloré l’eau couleur roche) et où nous tremperons nos pieds avec une certaine extase. Nous sommes montés de l’autre côté du torrent jusqu’au point de vue, revenus par l’autre rive et partis à la recherche de la grotte qui n’a, quant à elle, rien d’exceptionnel

. Ambiance différente, moins de touristes étrangers, de français, plus d’américains, de familles en quête d’un peu de fraîcheur qui barbotent dans l’eau. Vous me croirez si vous voulez mais ça change tout. Comme le 1er jour à
Sedona le contact se noue beaucoup plus facilement, sourire, échanges, moins de tensions perceptibles comme si tout était devenu plus cool

.
Retour au centre hôtelier (qui n’a décidément aucun charme mais le mérite d’être pratique et très bien situé), petites courses, passage à la piscine et dans le jacuzzi sous un ciel qui se charge à nouveau

, repas et départ pour le rodéo.
Un combat entre l’homme et la bête, forcément inégal, forcément injuste, éternel. Je ne supporte pas les corridas où la mise à mort est le résultat d’une jouissance que je trouve malsaine, ne comprends pas la chasse quand tuer se résume à un simple plaisir. Je reste perplexe devant ce bras de fer qu’est le rodéo, mi-jeu, mi-torture. Ou s’arrête donc le tolérable ? On est venu, on l’a vu. Voilà. Ce n’est pas horrible, ce n’est pas non plus transcendant. C’est un intermède dans une soirée mais pas indispensable.
Coups de cœur du jour : Pas vraiment de coup de cœur
-
Bryce, c’est magnifique mais il ne sera pas dans mon top 3, loin derrière le
Grand Canyon,
Monument Valley et... chut, ne dévoilons pas la suite (auriez-vous deviné ?) Je me suis demandée pourquoi ce parc était si souvent number one des voyageurs, moi je l’ai trouvé certes magnifique avec ses hoodos rougeoyants sculptés par les éléments qui côtoient le vert profond des conifères mais aussi un peu étriqué, encombré, à côté des vastes étendues de ses voisins qui vous écrasent et vous englobent tout en vous faisant sentir à la fois un insecte ridicule et le maître du monde. Je dirais plus simplement (plus clairement aussi) qu’il n’y a pas de comparaison. Pour moi,
Bryce Canyon ne joue pas dans la même cour.
Ah, j’allais oublier l’événement du jour
! C’est à
Bryce, sur le parking du BW qu’il se déroule.
Notre voiture roule lentement, commence une manœuvre pour se garer lorsqu’un cri strident retentit alors que miss ado saute, sans chaussure, hors de la Dodge encore en mouvement

, l’appareil photo à la main. « Mmmman, Mmmman regarde LÀ ! » Devant nous LA plaque, celle que nous pensions ne jamais avoir :
HAWAI !
Mais les choses ne sont pas si simples, ce serait trop facile. La plaque si convoitée ainsi que le véhicule auquel elle est fixée sont sur le point de s’échapper

. Toute une petite famille bien hawaïenne s’agite autour de l’auto, chargeant les derniers bagages. Impossible d’agir subrepticement et je n’ai pas le zoom nécessaire pour jouer les détectives à 2 balles. « S’te plait Mmman-an-an, vas-y ! » Je regarde ma miss qui trépigne. Comme je n’ai plus son âge depuis longtemps mais que je me souviens vaguement des blocages psychologiques qui s’y associent, je me sens pleine de mansuétude et j’y vais

. Après tout, le ridicule ne tue pas, enfin, c’est ce qu’on dit

.
Pas le temps de préparer mon discours. Je descends de voiture, m’approche et me lance sans filet: « Hello, sorry to disturb you, I make the collection of the plates of the cars... »
(de mémoire, ça devait donner à peu près ça, j'exagère à peine
) J’ai pleinement conscience du charabia que représente mon discours. Si mes ex profs d’anglais m’entendaient, ils démarreraient probablement une sévère dépression

.
Je continue courageusement, un grand sourire aux lèvres, avec la sauterelle excitée comme une puce qui gigote dans mon dos et les hawaïens interloqués et vaguement inquiets qui rassemblent leurs enfants. « I would like to make a picture » Qu’est ce qu’on peut le mettre à toutes les sauces ce verbe
make, pourtant je sais qu’on dit
take a picture mais dans le feu de l’action, ça sort pas comme il faut. Je transpire à grosses gouttes et là, c’est pas la fièvre

. Quelques secondes s’écoulent et j’imagine la scène à l’envers, moi, en
France, avec des étrangers qui sautent autour de ma voiture en baragouinant des choses incompréhensibles. Je me vois monter en voiture, condamner les portes et démarrer en vitesse. J’ai honte.
« Oh, you are collecting licence plates. OK, you can have mine » Mais bien sûr, c’est si simple dit comme ça ! Miss ado photographie et je me confonds en remerciements et explications sans doute encore plus incompréhensibles que celles du départ

.
« J’ai
Hawaï » hurle l’enfant prodigue à son père et son frère qui n’ont pas osé s’approcher. « ON a
Hawaï » (et plein de moucherons en prime) Non mais, faut pas pousser le bouchon trop loin non plus

.
A demain... si vous le voulez bien

!