8ème jour : de Bryce Canyon à Las Vegas
Départ de
Bryce le matin direction
Zion que nous atteindrons 1h30 plus tard. Nous n’avons pas prévu d’entrer dans le parc estimant ne pas avoir assez de temps pour bien en profiter. On se contentera de la superbe route qui le traverse et de la balade
Canyon Overlook Trail. Nous avons eu la chance de trouver une place au parking sur la droite avant le tunnel (une douzaine de places seulement

). Celui situé à gauche de la route n’était en effet pas accessible aux véhicules venant de
Bryce.
La balade est superbe, ludique et pas monotone du tout

. A l’arrivée, une vaste zone rocheuse qui offre des points de vue sauvages et magnifiques. Encore une fois, peu de monde mais est-ce étonnant avec la difficulté qu’il y a à se garer ? N'hésitez pas à programmer ce petit trail d’1h qui vaut vraiment le détour mais à mon avis, en pleine saison, c’est un peu quitte ou double.
Nous repartons, passons le tunnel et roulons jusqu’à
Red Cliffs. Ce petit State Park semble assez peu visité pourtant, en fouillant le net, j’ai eu envie d’y faire une autre petite balade :
Nature trail. J’ai volontairement et en connaissance de cause « sacrifié »
Valley of Fire sachant que je ne pourrais pas y être à la bonne heure et n’ayant aucun désir de finir en « poulet rôti »

. Ironie du sort, c’est bien ce qui aurait pu nous arriver malgré cette précaution

.
Red Cliffs se situe à environ 2h de
Zion. Nous y arrivons donc pour la pause méridienne alors que le soleil est à son zénith et nous acquittons d’un droit d’entrée de 5 dollars dans la petite boite de l’entrée. Ce système d’auto-paiement me stupéfie toujours, je me dis qu’en
France, ça ne marcherait jamais, personne ne paierait, peut-être même pas moi

. Ici, ça ne me viendrait même pas à l’idée. L’air des
USA sans doute. Le parc n’est pas très bien indiqué et les trails encore moins. On pique nique au bord de la rivière, à l’ombre et pourtant, qu’il fait chaud ! Je sors mes notes, mes cartes et me fais confirmer le chemin par une petite famille américaine qui déjeunait un peu plus loin. Il part du fond du parking, juste dans le virage en épingle à cheveux où la route revient sur ses pas pour former une boucle.
La végétation est broussaille et doit abriter des hôtes que j’imagine peu sympathiques

. Les roches, sang et rouille, s’élèvent en parois abruptes. Le tableau est sauvage, indiscipliné, fier et brutal et nous sommes dedans

. Nous suivons le lit d’une rivière asséchée, arrivons à un petit bassin où il reste encore de l’eau. On continue, on grimpe au-dessus. Il nous semble entendre des cris, des rires au loin. Ce n’est pas un mirage, arrivés à la cascade, nous rejoignons un groupe de 5 ou 6 jeunes qui s’amusent à sauter dans l’eau. Ils s’étonnent de notre présence ici. Venir de
France jusque là, dans leur petit coin où ils rafraichissent les heures les plus chaudes de l’été dans les éclaboussures d’une cascade improbable !
On continue encore plus loin, en mettant nos pieds dans les encoches creusées dans la roche, en s’accrochant à une corde bienvenue. On escalade la cascade (une gentille escalade

). C’est superbe, juste pour nous et pour les libellules rouges qui dansent au ras de l’eau. C’est un décor de film fantastique, mélange de Narnia et de Hobbit mais c’est en vrai

.
Il faut repartir et pour cela, pas d’autre choix que de revenir sur nos pas. Il fait toujours aussi chaud, plus encore me semble-t-il et le chemin parait 2 fois plus long. Ma vue se brouille, vertiges, légers tremblements, j’ai pourtant mangé avant de partir. Je m’accroupis à l’ombre d’un buisson

. Les ados fanfaronnent « on l’avait bien dit qu’il faisait trop chaud pour marcher ! » mais s’inquiètent, l’un prend mon sac, l’autre me tend sa gourde d’eau presque fraiche. Je ne finirai finalement pas en poulet rôti mais il était moins une

.
Dans la voiture qui roule maintenant vers
Las Vegas, tout le monde goûte la clim avec délectation. Dans 2 heures, nous retrouverons la civilisation. Les ados se réjouissent et moi, j’appréhende un peu. Voilà des mois que je me demande si je vais aimer ou détester...
La route défile dans le jaune et l’ocre des roches écrasées par la chaleur, enfle et s’amplifie, devient autoroute. La circulation s’intensifie. Mais d’où viennent ces voitures soudain surgies de nulle part qui roulent avec nous dans les vagues de chaleurs flottant au-dessus de l’asphalte. Et tout à coup, au loin, un peu comme un mirage, des tours de béton s’élèvent, poussant dans cette étendue désertique où rien ne pousse. C’est stupéfiant

. J’avais entendu dire que l’arrivée sur LV de nuit avait quelque chose de magique mais je ne m’attendais pas à une telle sensation de jour. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous voilà avalés par des buildings de verre et d’acier, éblouis par les couleurs criardes des panneaux publicitaires qui se multiplient sur notre passage.
Disciplinés, nous suivons à la lettre les conseils de notre
Charlotte électronique

. Elle nous mène sans encombre à notre hôtel : Le
Cancun Resort situé au sud de
Las Vegas Bd.
Le hall est à la hauteur de la ville, immense, luxueux, rutilant. Le réceptionniste, droit comme un i, tiré à 4 épingles, nous accueille avec le sourire. L’air ambiant, rafraichie par une climatisation efficace est un pur bonheur. Le sol sous nos pieds brille de mille feux. Consoles dorées, fauteuils moelleux, plantes luxuriantes, nous escortent jusqu’à l’ascenseur. En face de moi, une femme au visage rouge, échevelée, les vêtements poussiéreux collés par la sueur, l’air un peu perdu, me fixe. Je la détaille sans complaisance quand brusquement, dans un éclair de lucidité je la reconnais. Là, dans le miroir, c’est moi ! Confrontation brutale des paysages de roche rouge, grillés par le soleil, balayés par le sable brulant et de la cité aseptisée, contrôlée, climatisée, née de l’imagination des hommes. La rencontre est explosive, presque douloureuse. Déchirée entre 2 mondes, je ne suis plus dans l’un, pas encore dans l’autre, décalée, déphasée. Le choc.



Une douche, un shampoing, une petite robe, des sandalettes. L’adaptation est la force de l’être humain. C’est la tête haute que je repasserai, plus tard, dans le même hall, devant le même réceptionniste, prête pour affronter la cité qui fut nommée, par le jeune mexicain qui découvrit le site et ses sources, « les prairies ». Pour l’avoir arpentée un jour et deux nuits, je confirme : il n’y en a aucune.
J’avais longtemps hésité sur la localisation de l’hôtel, strip ou pas strip, pour finalement décider de garder un certain recul sur Sin City. Nous n’avons eu aucun regret quant à ce choix. La circulation en voiture à LV est facile et ceci d’autant plus que l’on possède un GPS. On évite les bouchons en prenant les routes à l’arrière des hôtels, on se gare sans problème et gratuitement n’importe où et on ne perd donc pas de temps, ciblant ainsi les points d’intérêt que l’on souhaite voir.
Le retour dans notre hôtel, véritable havre de paix, sans casino mais avec une gigantesque piscine qui reste ouverte tard dans la nuit, a été apprécié par tous, même des ados

! Il faut dire qu’il était somptueux. Nous y avions un véritable petit appartement avec 2 chambres, 2 salles de bain (de quoi prendre de mauvaises habitudes) et une vraie cuisine magnifiquement équipée dont nous avons bien profitée. Le check in & check out ont été très rapides. Bref, rien à redire. Une option qui ne conviendra pas à tous mais qui pourra peut-être intéresser quelques familles. Ah si, un point noir (un trou noir aux yeux de mon ado geek)

! Wifi payant dans l’hôtel ! (A noter qu’au centre commercial Crystal, à côté de l’Aria, il y a des bancs, la clim et... free wifi !)
Nous y sommes restés 2 nuits sous une chaleur écrasante et un ciel de plomb qui, dès le 1er soir nous a gratifiés d’une tempête

et d’un véritable déluge juste devant les fontaines du
Bellagio en action

. Devinez lequel fut le plus impressionnant ? Welcome to Fabulous
Las Vegas !
A l’hôtel ce soir là, un autre réceptionniste officiait, aussi raide et apprêté que celui de l’après-midi. Je suis passée dans le grand hall la tête basse, ma robe trempée plaquée sur mes jambes, le brushing qui n’était même plus un souvenir, glissant dans mes sandalettes qui laissaient sur le marbre du sol des traces peu ragoutantes. « Have a good night » voix monocorde, regard impassible de l’homme, juste au dessus de mon épaule gauche. C’est quand même beau le savoir vivre

. Dans l’ascenseur, nous nous sommes regardés – pitoyable spectacle – et avons éclaté de rire

.
Coups de cœur du jour :
-
Zion que nous n’avons fait que deviner mais pour qui je reviendrai, hors saison, sans mes ados pas sportifs et avec mes chaussures de marche

.
- Red Cliffs pour l’intimité et ses falaises sublimes. J’aime ces sites un peu en marge des grands monstres sacrés qui nous réservent souvent de belles surprises et l’occasion de vivre des expériences pas toujours calculées au millimètre près.