| La solitude du voyageur Julialaf · 7 novembre 2013 à 5:16 · Une photo 54 messages · 30 participants · 15 471 affichages | | | | 7 novembre 2013 à 5:16 La solitude du voyageur Message 1 de 54 · Page 1 de 3 · 10 889 affichages · Partager Actuellement depuis 1mois solo en Asie j'ai pris le temps de faire le point sur le sentiment de solitude que je ressens régulièrement:
Bilan 06/11/13 - avion pour Semarang -Sentiment prédominant depuis le début: la solitude.Sentiment que je pensais avoir déjà ressenti en France. Mais ici il prend une toute autre dimension. Une dimension bien plus profonde. Je pensais que quand on disait "j'ai mal au cœur" lors d'une séparation ou autre était une expression, mais en fait c'est réel.Lorsque je ressens la solitude ici, je la ressens vraiment dans mon corps, dans mon cœur. Mon cœur se serre et ma gorge se noue. Et si je me fixe dessus, les larmes montent.
Elle est présente plus particulièrement dans certaines situations: - le soir lorsque je ne suis pas fatiguée.- en fin de journée, lorsque je retourne à l'hôtel après une journée d'activité.- dans les transports.- lors des repas lorsque je n'ai pas internet. Contrairement à ce que j'ai pu lire sur les forums concernant la solitude du voyageur, comme quoi c'est une fausse idée puisqu'il est plus facile de rencontrer du monde lorsqu'on est seul... Et on est donc jamais vraiment seul lorsqu'on voyage seul.Je ne suis pas tout à fait d'accord.
Tout d'abord il y a un point déterminant qui est celui de la langue. J'ai de bonnes bases en anglais mais pas assez pour aller au delà des discussions basiques. Ce qui, au bout d'un moment, fatigue, puisque j'aimerais bien avoir des discussions plus profondes avec les gens que je rencontre.
Ensuite, cela dépend de la personnalité de chacun. Parce que aller vers les gens spontanément n'est pas donné à tout le monde. Je ne le fais pas naturellement en France donc à l'étranger !Je ne suis pas fermée mais plutôt du genre à observer, à écouter. Et je n'ai pas besoin d'être entourée de beaucoup de monde pour être bien.Je favorise la qualité à la quantité, donc je mets du temps à me lier d'amitié avec quelqu'un.J'ai du mal à concevoir les rencontres pour 3/4 jours, je n'arrive pas à passer du temps avec quelqu'un que je ne connais pas, bien sûr je pourrais faire connaissance, mais entre en jeu le problème de la barrière de la langue.
Il y a également un autre point concernant la solitude, c'est celui de la réflexion.Parce que quand on est seul on réfléchi, on pense beaucoup... Trop ! Par moment c'est à rendre fou ! Parce que ça angoisse de réfléchir à la vie... De se rendre compte qu'on est seul ! Sur le moment c'est dur.
Néanmoins je reste persuader que ce sera bénéfique après, à la fin du voyage.Je sais que je serais plus forte, plus posée, puisque j'aurais eu le temps de réfléchir ! Je fais le point sur beaucoup de choses, voire sur toute ma vie, et ça c'est plutôt une bonne chose. Réfléchir. Ce que je ne fais jamais en France puisque dans ces moments là il y a un truc magique: la TV.Chose que tu n'as pas non plus en voyage, ça peut paraître ridicule mais parfois j'aimerais qu'elle soit là pour que les journées où j'ai un coup de blues passent plus vite. Ou pouvoir mettre un film avant de dormir me sortirait de mes angoisses. Mais non je dois faire face.
Le temps ! Voilà un autre aspect de la solitude. À l'étranger, pas de TV, pas tjs internet, pas la presse française et autres magazines, pas de livres (une fois qu'on a fini ceux qu'on a emmené), pas de cinémas, de films...Donc mise à part les journées touriste où on visite, les "day off" peuvent vite se transformer en torture lorsqu'on est seul.Je n'ai jamais réalisé à quel point une journée peut être longue.
De plus si tu voyages dans un pays où la vie est bon marché, tu manges au resto, donc, les repas, activité qui pourrait t'occuper (en faisant les courses, en cuisinant, en faisant la vaisselle), se transforme en toi, le menu, les couples à côté. (Je sais je réfléchis beaucoup)
Toujours concernant les repas, dans les pays bon marché, les backpacker ne sont pas équipés de cuisine, donc encore un frein aux rencontres. C'est toujours plus facile de parler au gens dans un endroit convivial tel qu'une cuisine, plutôt qu'assis au resto. Je sais les salons ça existe, sauf que dans les backpacker les salons sont souvent synonymes de "skype/Fb time".
Autre point, pays bon marché+backpacker=vadrouille !Les voyageurs ni reste pas plus de 4 nuits ! Contrairement aux autres pays où les voyageurs restent quelques semaines pour travailler.Donc encore difficile de se lier avec quelqu'un qui arrive dans ton dortoir et qui repart le lendemain... À quoi bon ?
Je suis sans doute un peu fataliste.Il faut sans doute que je m'ouvre plus, c'est ce que va m'apprendre ce voyage. À être moins retissante aux autres.J'en suis encore au stade de la découverte, de l'apprentissage du voyageur solo.Mais parfois j'ai envie de baisser les bras parce que du coup j'ai l'impression de passer à côté de mon voyage, de ne pas profiter.Je fais les choses parce qu'il faut les faire, parce que je suis là pour ça. Mais c'est sans grande conviction.
Je suis pas spécialement triste de ne pas partager avec quelqu'un que j'aime les différentes visites ou activité, c'est plus une présence qui me manque le soir, le matin, un repère, qui rassure. Et bizarrement moi qui prend toujours des tonnes de photos, en étant seule j'en prends beaucoup moins, étant donné que je partage avec personne en direct mon voyage, je ressens pas le besoin de le partager par les photos. Tout ce que je fais, tout ce que je vois, je le garde dans mes souvenirs, dans mon cœur. Après tout c'est mon voyage solo ? Donc c'est mes souvenirs qui comptent.
Pour revenir aux situations qui m'angoissent et qui font apparaître ma copine la solitude, je dois trouver des parades pour les éviter ou les surmonter:Je fais tout mon possible pour être fatiguée le soir (je me lève très tôt même si j'ai envie de trainer au lit), le midi je déjeune dans des endroits sympa entre deux visites donc ça va, le soir j'essaie d'avoir internet lorsque je dine pour regarder des vidéos drôles et ne pas réfléchir.Pour les transports... Je sais pas encore, parfois la musique et à partir de maintenant je vais écrire !
Je penses que ce que je retiendrais de ce voyage c'est plus ce qu'il m'a apporté personnellement, psychologiquement que les paysages et visites en tout genre. (Ouf je viens de me relire... ! J'en avais des choses à dire ! Oui parce que quand on est seul on a tendance à parler tout seul aussi... ! Ahhhh la vie est incroyable)
Je sais maintenant que j'ai besoin des autres pour être heureuse. Ce que j'ignorais jusqu'à présent, puisque je m'attache difficilement voire pas du tout aux gens. Mais je m'en rends compte aujourd'hui que je tiens à certaines personnes, et qu'elles contribuent à mon équilibre, à ma tranquillité, à quiétude, même si je ne les vois constamment, même si je ne partage pas tout avec. (J'ai la chance d'avoir rencontré quelqu'un de très particulier quelques mois avant de partir. Sans cette personne je serais déjà rentrée en France. Il me donne énormément de force, même à distance.Mon padou)Envoyé de mon iPhone | | | À: Julialaf · 7 novembre 2013 à 10:45 · Modifié le 7 nov. 2013 à 11:22 Re: La solitude du voyageur Message 2 de 54 · Page 1 de 3 · 10 852 affichages · Partager Tu exprimes avec infiniment de justesse, de sensibilité, et une belle lucidité, des choses essentielles. Ce moment émouvant où la chrysalide devient papillon.
La solitude... Lorsqu'on l'a désencombrée de la peur, de l'angoisse, de l'ennui. Lorsque le temps qui passe devient un allié et non plus une succession d'heures qu'il faut se résigner à voir passer ou à occuper pour remplir l'espace qui va de l'aube à la tombée de la nuit... Lorsque que ce qui nous guide vers les autres n'est pas le besoin, mais le désir... La solitude porte alors un joli nom : la liberté.
(... et la délicate déclaration finale ne pourra que le toucher.  ) | | | À: Julialaf · 7 novembre 2013 à 11:46 Re: La solitude du voyageur Message 3 de 54 · Page 1 de 3 · 10 823 affichages · Partager S'il n'y avait qu'en voyage.... Pour moi le pays le plus asociable est... la France. Et on ne peut pas dire que ce soit du à un obstacle linguistique. Encore que. Quand il m'arrive de bavarder avec quelqu'un je m'aperçois qu'il me regarde vite comme un étranger qui tiendrait des propos discordants alors que moi, j'ai plutôt l'impression d'énoncer des banalités. 15 ans ai-je vécu dans le pavillon de ma mère au sud de Toulouse sans établir la moindre relation de copinage. Bon il est vrai que je n'étais pas souvent at home et que je vadrouillais pas mal avec mon voilier ou ma bagnole, mais quand même. Dans ce pays tout le monde s'évite, chacun pour soi et la téloche pour tous. Les gens y vivent recroquevillés sur leur petite famille même s'ils n'échangent rien entre eux (les d'jeun'z ne considérant leurs parents que comme des logeurs et des fournisseurs d'argent de poche). Ce qui fonctionnait avant comme " technique" de copinage : se rencontrer sur un hobby commun et, à partir de ça, essayer de voir si on a d'autres affinités, ne fonctionne plus du tout actuellement. Que ce soit pour faire un club informel d'informatique (puisqu'il n'en existe pas) ou pour aller vadrouiller sur mon voilier dans les îles grecques un été, ça n'intéresse personne. On finit par se poser des questions sur ses propres capacités de sociabilité. Ca serait quand même plus simple de " réparer" son psychisme que celui de toutes les personnes qui vous entourent, mais, non, ce n'est pas le cas, je ne suis pas (trop) atteint puisque, quand je suis dans un autre pays ( Maroc, Afrique noire occidentale) des contacts et même des amis je m'en fais plein.
Bon, j'ai appris à vivre seul, je ne m'ennuie jamais quand je suis dans la nature sauvage. Mais je garde toujours ma culture francophone et je vais probablement m'acheter bientôt une tablette pour y engranger des livres numériques car ceux en papier prennent une place trop grande. Surtout que je suis passé d'un voilier de 10 m à un pickup 4x4 (là aussi j'ai du renoncer au premier faute d'équipage alors qu'il est facultatif sur le deuxième).
Donc je t'assure que tu es très " normale", tu écris " Je sais maintenant que j'ai besoin des autres pour être heureuse" ce qui est une banalité de base sur la nature sociable de l'humain. Si tu te complaisais dans cette solitude relationnelle, là, on pourrait y diagnostiquer une psychopathologie. La solution serait de trouver des pays plus ouverts socialement et avec lesquels il est possible de communiquer avec une langue commune. Ce fut mon cas quand j'ai vadrouillé au Maroc (en 1999-2000) et en Afrique noire occidentale (1984) mais le premier passe de plus en plus dans l'islamisme et la deuxième aussi et devient de plus en plus coupe gorge. Pas facile ! En Amérique du sud, où je suis, ça doit être encore possible si on maitrise correctement l'espagnol (et le portugais pour le Brésil). Mais je ne te recommande pas mon actuel pays de résidence : le Paraguay, archi nul culturellement et relationnellement. D'ailleurs je vais en changer car je vais faire un grand périple en Argentine, Chili, Bolivie et je tâcherais de trouver un coin sympa où j'aurais envie d'établir mon camp de base. | | | À: Antlia · 8 novembre 2013 à 4:14 Re: La solitude du voyageur Message 4 de 54 · Page 1 de 3 · 10 762 affichages · Partager Pour moi, il y a deux types de solitude. Celle dans ta tête que tu ressentira toujours à un moment ou un autre (ennui, blues, nostalgie des proches,...). Et puis une solitude physique, l'isolement, le manque de compagnie.
Or, savoir trouver de la compagnie en voyage, ça s'apprend en se faisant violence. Déjà, ne pas s'isoler au pied de son lit et privilégier les salles communes, il s'y passera toujours quelque chose. Ensuite, ne pas fuir la situation si quelqu'un vient vers toi ou si une activité de groupe est proposée, saisir l’occasion. Tu as aussi la variante plus osée si tu vois des gens préparer un petit sac pour la journée : "Hey, où allez-vous?". Si ils sont cools ils risquent de t'inviter pour les accompagner en retour de ton intérêt. Evidemment, il y a du feeling, tu vas peut-être plus tenter ça auprès du groupe d'amis décontractés avec qui tu as échangé 2/3 politesses la veille qu'auprès d'un couple renfermé sur lui même. Dernier level, tu entreprends. Si tu vois que vous êtes plusieurs à ne rien tourner et que vous pourriez bien vous entendre, tu proposes "Je pense aller là bas demain, ça tente quelqu'un?". Pour nouer un contact facile, tu demandes bêtement des renseignements sur un coin où t'aimerais aller (même si tu as déjà lu 3 fois ton guide l'idée c'est de discuter). Pour le chacun sur son PC > quelqu'un regarde des photos : "Super sympa ce coin! Comment je peux y aller?". Sans oublier la question bateau/magique pour ouvrir la conversation en voyage "Salut, d'où viens-tu?".
Certes ce sont souvent des relations éphémères mais ça comble le manque de compagnie. Il arrive même de créer des liens forts sur 5 jours et pour longtemps. Puis de temps en temps quand tu trouves bonne compagnie des gens décident de rester avec toi où tu décides de les suivre pour faire un bout de chemin..
Quant à la France, la question est surtout de savoir si nous même, nous nous ouvrons autant ici que lorsque nous voyageons. Je n'en suis pas sûr. Certaines personnes/cultures dressent des carapaces au premier contact mais une fois levées (il ne faut souvent pas grand chose) le rapport change.
Quoiqu'il arrive, avant d'être ultra sociable, l'essentiel est d'être ouvert et ne pas dire non aux opportunités de rencontres. Un jour où je me suis retrouvé casi seul dans une ville pour mes études, j'ai décidé de ne plus refuser une invitation sous le prétexte que "Je ne connais personne à part toi". Résultat, je me suis fait plein de connaissances et je me sens désormais très bien dans un groupe où je connais peu de monde (donc je ne me sens pas seul). | | | À: Julialaf · 8 novembre 2013 à 18:14 Re: La solitude du voyageur Message 5 de 54 · Page 1 de 3 · 10 701 affichages · Partager Tout le monde n'est pas fait pour voyager seul, c'est une certitude. Par contre il ne te faut pas écarter les gens sous prétexte que cela ne durera que quelques jours et qu'ensuite ils repartiront. Premièrement, ce sera tout cela de pris sur la solitude et l'ennui  mais surtout, on peut passer d'excellents moments avec des gens sur 2-3 jours et en garder de super souvenirs ! Les gens peuvent ensuite disparaître définitivement de ta vie, ou pas... Mais cela n'est pas le plus important. Le plus important, ce sont les moments que vous aurez partagés.
Et parfois, quand on a un bon feeling, 3 ou 4 jours partagés peuvent suffire à faire naître une amitié ! Crois-moi, j'en ai fait l'expérience. Je me suis liée d'amitié avec un couple avec lequel j'avais partagé une excursion de 4 jours. Ils m'ont déjà reçue 2x chez eux et maintenant c'est mon tour de les attendre en Suisse, l'an prochain j'espère...
Boomerang a donné d'excellents conseils pour aller à la rencontre des autres. Un tout petit pas de ta part peut déboucher sur bcp plus ! essaye, je suis sure que tu vas y arriver | | | À: FDB · 8 novembre 2013 à 23:24 Re: La solitude du voyageur Message 6 de 54 · Page 1 de 3 · 10 665 affichages · Partager Et parfois, quand on a un bon feeling, 3 ou 4 jours partagés peuvent suffire à faire naître une amitié !
Oui, surtout que lorsque l'on rencontre d'autres voyageurs ils ont souvent le même désir de compagnie que nous. On est plus détendus qu'au quotidien et on partage directement des souvenirs forts en découvrant le coin ensemble. La connexion est vraiment décuplée et ça peut déboucher sur de très belles rencontres. | | | À: B00merang · 9 novembre 2013 à 15:12 Re: La solitude du voyageur Message 7 de 54 · Page 1 de 3 · 10 624 affichages · Partager on partage directement des souvenirs forts en découvrant le coin ensemble.
J'ai eu cette même impression lorsque je suis partie en voyage plusieurs mois d'affilée, à ce moment là tout va plus vite et tout est plus fort.
Que de bons souvenirs... | | | À: Julialaf · 10 novembre 2013 à 14:52 Re: La solitude du voyageur Message 8 de 54 · Page 1 de 3 · 10 563 affichages · Partager Je penses que ce que je retiendrais de ce voyage c'est plus ce qu'il m'a apporté personnellement, psychologiquement que les paysages et visites en tout genre.
C'est ce qu'il faut retenir d'un voyage :). Le reste, en soi, ça ne sert à rien, c'est du matérialisme/consumérisme, ça s'en va...
Ça ne fait qu'un mois que tu es sur la route, il faut un peu de temps pour se mettre dans le rythme. Au départ une partie de ton esprit est toujours en France, puis avec le temps tu te libère doucement de tous ces "poids".
Il faut laisser venir les coups de blues et les laisser repartir sans s'y attacher... Au début en tout cas.
C'est comme les rencontres, je n'aime pas forcer le destin, je préfère laisser les choses se faire naturellement et s'il n'y a pas de rencontre il n'y a pas de rencontre, tant pis. C'est aussi du consumérisme du chercher absolument à rencontrer un maximum de gens. L'important c'est la qualité pas la quantité !
Pour moi le pays le plus asociable est... la France - Antlia
Mais non, regarde comme ce forum FRANÇAIS est hautement sociale :) | | | À: Julialaf · 12 novembre 2013 à 11:23 Re: La solitude du voyageur Message 9 de 54 · Page 1 de 3 · 10 229 affichages · Partager Effectivement, tous les pays/types de voyages ne se prêtent peut-être pas à un voyage en solo, surtout si tu n'es du genre à entamer la conversation avec le premier venu mais voyager seul n'est jamais facile au début, comme l'ont dit les autres forumistes, c'est un exercice qui s'apprend, jour après jour, voyage après voyage.
Je suis allée deux fois en Asie, toujours accompagnée, mais j'ai passé 6 mois seule en Nouvelle Zélande et ce voyage a été, pour moi, le meilleur de tous. J'y ai rencontré des gens formidables avec qui je suis toujours en contact 4 ans plus tard. Je ne peux que répéter ce qui a été dit plus haut : il suffit souvent de s'intéresser aux autres, d'un contact visuel, d'une bière partagée dans le "salon", d'un peu de sel partagé dans la cuisine (ou au resto, le cas échéant). Je suis profondément convaincue qu'en voyage, les gens sont ouverts aux nouvelles rencontres et qu'il est plus facile d'entrer en contact avec un inconnu qu'en France (ou en Belgique, même problème).
Si tu n'as pas d'obligation, pourquoi ne pas justement poursuivre ton périple jusqu'en Australie ou en NZ? En plus d'être grandioses et d'offrir la possibilité du Visa Vacances-Travail, ces pays regorgent de backpackers qui se lient d'amitié chaque jour et ce que tu dis très justement, c'est que le travail rapproche. En février-mars, la saison des vendanges commence en Nouvelle-Zélande, une expérience unique que je te recommande chaudement. En Asie, il est peut-être possible de trouver une expérience de volontariat, là aussi ce ne sont pas les nouvelles rencontres qui manqueront.
Bonne chance, bonne continuation et bon courage pour la suite de tes aventures. Je ne suis sans doute pas la seule sur ce forum à envier ta situation alors profite, c'est la plus important ;-) | | | À: Julialaf · 12 novembre 2013 à 12:05 Re: La solitude du voyageur Message 10 de 54 · Page 1 de 3 · 10 181 affichages · Partager Ecrire ses émotions, son ressenti pour mieux les mettre à distance permet de poser dessus un autre regard.
En ouvrant cette discussion que tu sembles suivre régulièrement mais où tu n'est pas ré intervenue... sollicitais-tu des conseils, des solutions ? Ou était-ce juste une manière de faire une pause, de faire le tri, de désencombrer... pour poursuivre le voyage avec plus de légèreté ? | | | À: Julialaf · 13 novembre 2013 à 3:37 Re: La solitude du voyageur Message 11 de 54 · Page 1 de 3 · 6 259 affichages · Partager Bonjour à tous !
Pour être honnête je ne m'attendais pas à autant de réponse et ça me fait chaud au cœur !
Mon adaptation a été longue mais je me sens beaucoup mieux maintenant et j'appréhende beaucoup moins la solitude !
Vos témoignages m'ont beaucoup aidé et j'espère qu'ils serviront à d'autres voyageurs !
Merci :-) | | | À: Julialaf · 20 novembre 2013 à 10:42 Re: La solitude du voyageur Message 12 de 54 · Page 1 de 3 · 6 168 affichages · Partager Beau billet, exactement ce que je ressents... Le benefice, c est que ce voyage a le pouvoir de reflechir sur ta solitude ! Pourquoi en souffrir ? Que dois je changer chez moi ? Etrangement, on se sent seul quand il y a plus d etranger, et il suffit de quelques mots avec un " autochtone" pour se sentir riche et ravi. D ailleurs la plupart des rencontres faitent avec d autres voyageurs se font principalement... dans les transports. Des fois je prends mon sac pour echapper a la solitude dans mon propre pays, et souvent, ce sentiment est decuplé en voyage... Je dirais qu il faut assumer sa solitude et ne pas en souffrir, sinon on passe sa vie a ruminer. | | | À: Julialaf · 30 novembre 2013 à 4:51 Re: La solitude du voyageur Message 13 de 54 · Page 1 de 3 · 6 078 affichages · Partager Bonjour Je suis un homme de 50 ans je vais partir seul 3 mois seulement mais vraiment ton message ma touchée je me voie dans ta description de la solitude courage Robert | | | À: Julialaf · 30 novembre 2013 à 20:41 Re: La solitude du voyageur Message 14 de 54 · Page 1 de 3 · 5 999 affichages · Partager Bonjour Julia,
Je comprends ce que tu ressens.
J'ai beaucoup voyagé seul et parfois comme toi j'ai ressenti la solitude. Mais le plus souvent face à de superbe lieu et où il n'y avait personne avec qui partagé. Je me suis surpris à parler à ma voiture de location en traversant des paysages magnifiques en Argentine.
Alors oui certains ne sont pas fait pour voyager seuls, ni longtemps aussi.
Tu dis que la langue est un frein. Je ne sais comment tu abordes les gens mais j'ai constaté que beaucoup font la même erreur (je suis tour leader et là c'est l'expérience qui parle). Souvent les touristes quand ils ne parlent pas la langue locale, parlent anglais comme si tout le monde parlait anglais.
Dis toi qu'il n'y a aucune raison que l'asiatique ou le sud américain ou autres parle mieux anglais que toi. En revanche tu serais surprise du nombre de gens qui parlent français. En Asie par exemple, beaucoup de personne âgées et aussi jeunes parlent français car la France est l'ancienne puissance coloniale et que beaucoup on appris parfois de leurs parents. Au Japon par exemple beaucoup de filles parlent français car la France c'est le pays de la mode, du luxe etc.. Et ça les japonaises adorent et voudrais bosser dans ces domaines donc elles apprennent notre langue.
Donc je préconise toujours aux touristes la démarche suivante quand on aborde une personne. Primo on dit bonjour dans la langue du pays où on est. C'est le moindre effort qu'on puisse faire dans un pays selon moi savoir dire bonjour, au revoir et merci dans le dialecte local. Donc primo bonjour dans la langue du pays deuxio Bonjour dans la langue de notre pays. Alors tu vas peut-être me dire comme beaucoup "mais ils comprennent pas le français"... Et je te répondrai "Ah bon ils te l'ont tous dit?". Tu me dirais "mais pourquoi ne pas le dire en anglais"... Parce que dans 80% des pays du monde si tu dis bonjour en anglais alors pour les gens tu es américain et leur réaction n'est pas la même dans beaucoup de cas. Souvent tu verras les prix sont plus élevés voir même les gens moins amicaux. En revanche si tu dis bonjour en français même si les gens ne comprennent pas, ils comprendront que tu n'es pas américaine et crois moi leur perception de ta personne va changer.
Et si les personnes parlent français tu auras tout gagné sinon tu tentes l'anglais, l'espagnol, l'italien etc...
Autre truc porter (te faire faire, en Asie ce n'est pas cher) un tee-shirt avec écrit dans la langue du pays " Bonjour, parlez vous français?". J'ai testé avec un de mes groupes en Chine et l'effet fut surprenant et immédiat. Même des gens qui ne parlaient pas français venaient dire bonjour et demander si on aimait leur pays etc... Il y a une boite en France qui fait des tee-shirts ainsi: www.let-s-talk.com
Je vais m'arrêter là même si je voudrais te remonter le moral. Tu dis que tu ne vas pas vers les gens car les voir 3 ou 4 jours et après ils disparaissent donc à quoi bon... Et bien je ne sais pas quel est ton passé dans le voyage, mais tu verras que le monde est tout petit et que des gens que tu vois 3 jours ici tu les verras sans doute 2 jours là et parfois très loin. Et puis ces gens là peuvent te donner des coordonnées d'amis rencontrés dans un endroit ou toi tu vas aller plus tard et cela peut te faire un bon point de chute et un bon début d'échange avec tes futurs nouveaux amis...
Enfin ne pour parler la langue de Molière lors de ta prochaine connexion, note les adresses des Alliances Françaises. Tu pourras y parler échanger.. www.fondation-alliancefr.org/?cat=6 Courage!! Et bon voyage!
Yves | | | À: Maldyves · 1 décembre 2013 à 3:03 Re: La solitude du voyageur Message 15 de 54 · Page 1 de 3 · 5 974 affichages · Partager J'abonde ! Ne pas laisser passer qu'on pourrait être gringo, yankee, bref étatsunien. En Amérique du sud, quand ça m'arrive, je casse tout de suite sèchement (en espagnol) : Non, je ne suis pas un gringo, mais un français, donc un latino aussi. Ca va tout de suite mieux après...
Au Paraguay ils pensent plutôt que je suis un allemand, je rectifie tout en précisant que nous avons fait trois guerres de suite avec ces braves gens et qu'il serait bon de ne pas confondre... D'autant que sous Strössner les nazis qui ne pouvaient rester en Europe venaient y trouver refuge (ainsi qu'au Brésil et en Argentine). Ceci dit ne pas confondre ces derniers avec les ménonites, même s'ils sont d'origine allemande, qui forment des colonies agricoles au Paraguay. | | | À: Julialaf · 1 décembre 2013 à 12:34 Re: La solitude du voyageur Message 16 de 54 · Page 1 de 3 · 5 918 affichages · Partager Bonjour Julia,
Je vous souhaite un très joli périple. Votre billet m'a touché. La solitude, on la ressent partout et de plus en plus. Pas seulement au cours de voyages malheureusement. C'est de plus en plus compliqué...que cela soit dans les grandes villes (j'habite Paris) mais aussi dans les villes moyennes, les régions et ailleurs en Europe.
En France, il est vrai que nous atteignons des sommets. C'est d'autant moins facile quand on est d'une nature réservée.
Partir en Solo comme vous le faites, demande un certain courage et vous pouvez vous sentir fière car ce n'est pas donné à tout le monde...Combien de personnes, vous seriez surprise, sont incapables de déjeuner seules dans un restaurant par exemple !
Voyager en solo c'est la liberté absolue mais cela peut parfois être également très perturbant. La solitude vous envahie parfois telle un voile obscure.
Pour ma part, j'ai voyagé plusieurs fois seul et, pour le moment, je ne suis pas prêt à recommencer dans un proche avenir. Je suis parfois revenu extrêmement déprimé...Oui les couples, les bandes de copains que l'on croise et qu'on ne peut ignorer...Je referai sans doute une tentative, sûrement en Asie car en Europe les gens deviennent de plus en plus fermés je trouve...
Bien à vous, Laurent. | | | À: Julialaf · 1 décembre 2013 à 14:07 Re: La solitude du voyageur Message 17 de 54 · Page 1 de 3 · 5 898 affichages · Partager Merci Julialaf, ce que tu écris est très beau. Et cela ne concerne pas que le voyage que nous faisons en nous déplaçant dans un lieu inconnu, mais le voyage de la vie! Bonne route à toi! | | | À: Julialaf · 1 décembre 2013 à 15:22 Re: La solitude du voyageur Message 18 de 54 · Page 1 de 3 · 5 875 affichages · Partager J'ai l'expérience véritablement inverse en voyage: j'ai besoin de voyager seul, j'ai besoin de me retrouver... et mes rencontres, paradoxalement me permettent de me plonger plus au fond de moi encore. Le bien être n'est pas une quête viable à mon sens, en revanche ce bien être est ce qu'on pourrait appeler un bénéfice secondaire lorsque je suis le précepte du temple de Delphes, popularisé par Socrate "connais toi, toi même".
Au contraire même, partir avec quelqu'un me fait me sentir responsable de cette personne et mon regard tourné vers l'extérieur considère le monde comme une menace. Alors que seul, je peux me retrouver à pied sur une autoroute de Singapour ou dans une arnaque sur Bangkok avec une femme que je ne connais joue ma femme en filant 300$ sous la table tout en me faisant croire que la personne a arnaquer est en face de moi... Le genre d'aventure flippante et super sympa en même temps qu'on ne peut pas vivre à deux.
Après oui c'est une question de personnalité; mon anglais me permet de me lier avec n'importe qui et je suis plutôt sociable pour aller vers les gens si je sens qu'ils sont ouvert à une discussion. Souvent on échange nos facebook entre backpacker mais très rarement on continuer de lier une relation qui nous paraissait forte sur le moment, du coup je le donne plus par politesse si vraiment ils insistent parce qu'ils ignorent encore que la relation était intéressante parce qu'elle était aussi périssable que ce moment que nous vivions. Itchi go itchi e ( 一 期 一 会 ) comme il est dit au Japon notamment lors d'une cérémonie du thé: nous vivons un beau moment qui va disparaitre alors tachons d'en profiter. | | | À: Kola · 1 décembre 2013 à 19:48 · Modifié le 1 déc. 2013 à 21:39 Re: La solitude du voyageur Message 19 de 54 · Page 1 de 3 · 5 825 affichages · Partager cela dépend, il y a des personne qui peuvent se faire des amis facilement n'importe ou, n'importe quand...par contre d'autre n'arrive pas a sympathiser aussi vite alors, certainement le sentiment de solitude s'installe...C'est bien de voyager seul mais mieux encore accompagner... | | | À: Julialaf · 1 décembre 2013 à 21:19 Re: La solitude du voyageur Message 20 de 54 · Page 1 de 3 · 5 795 affichages · Partager Si tu vas mieux, c'est l'essentiel. D'ailleurs, tu ne l'as pas dit, où vas-tu ?, Tu pars pendant combien de temps ? Je ne connais pas ton âge, mais il me semble que les rencontres se font plus facilement quand on est jeune, ce qui m'a l'air d'être ton cas, non ? Quelqu'un sur le forum t'a conseillé tes petits boulots en Australie ou en NZ. C'est une excellente idée. J'ai croisé un certain nombre de voyageurs dans ces 2 pays qui travaillaient pour un lapse de temps assez court et qui permet de faire des rencontres. Quant à la durée, même si ce sont des rencontres d'une journée pendant une excursion ou autre, c'est toujours cela de gagné et ça met du baume au coeur. J'ai pas mal voyagé de mon côté, parfois seule (rarement), en couple (l'idéal quand on s'entend bien) et avec une amie. Alors là ce fut un total échec ! Bien des fois j'aurais aimé poursuivre mon voyage seule, crois-moi ! (elle doit en dire autant !!) J'ai croisé une femme retraitée sur le forum, formidable de courage et d'humilité. Cela fait un moment qu'elle parcourt le monde en solo. Je l'admire car j'aimerais en faire autant. Seule ou accompagnée ?? Je crois que seule, l'expérience est plus enrichissante car elle te pousse à aller parfois au delà de tes limites. je serais tentée mais j'avoue que le jour où le moment approchera, je serai probablement très angoissée... Voilà, c'était pour profiter de cet instant de réflexion, mais je suis sûre que les choses iront en s'arrangeant car on s'habitue à tout dans la vie, surtout quand on vit une telle expérience enrichissante ! | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 860 visiteurs en ligne depuis une heure! |