La Turquie dans l'union européenne? Adrem · 26 janvier 2006 à 1:19 266 messages · 31 participants · 28 248 affichages | | | | À: Joeydellatte · 27 janvier 2006 à 13:14 · Modifié le 27 jan. 2006 à 14:36 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 41 de 266 · Page 3 de 14 · 1 433 affichages · Partager  Je rêve...  je flotte dans les mots du poète grec d' Alexandrie:
Qu'attendons-nous massés sur la place publique ?
C'est que les Barbares seront là dans la journée.
Pourquoi semblable apathie au Sénat ?Pourquoi les Sénateurs restent-ils sans légiférer ?
Parce que les Barbares seront là dans la journée.Quelles lois feraient désormais les Sénateurs ?Les Barbares, une fois là, feront les lois.
...
Pourquoi cette inquiètude tout d'un coup ?Et cet émoi ?Comme les visages sont graves !Pourquoi les rues, les places se vident-elles si vite ?Pourquoi chacun rentre-t-il chez lui la mine soucieuse ?
Parce que le jour s'achèveEt que les Barbares ne sont pas venus.Et certains qui arrivent des frontièresAssurent qu'il n'y a plus de Barbares.
A présent qu'allons nous devenir sans Barbares.Ces gens-là, c'était une espèce de solution... | | | À: Tatra · 27 janvier 2006 à 14:31 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 42 de 266 · Page 3 de 14 · 1 421 affichages · Partager Il n'y a pas besoin de "faire une exception " pour la Turquie ; elle est culturellement européenne, elle est le lieu où justement se trouvent les racines que vous revendiquez. C'est justement historiquement et culturellement que la Turquie est européenne !
Chouette alors...!!!Il y avait l, argument ''géographique'' mais la France a ses ''dom-tom'' aux Amériques et en Océanie voir Océan Indien....
Donc, nous québecois, future nation indépendante et culturellement européenne par la langue, allons pouvoir entrer a pieds joints dans cette future, nouvelle Europe..???Why not ? The sky is the only limit... | | | À: Memphre · 27 janvier 2006 à 14:34 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 43 de 266 · Page 3 de 14 · 1 419 affichages · Partager Euh... Personnellement je préfère la Turquie  ...
Non, sans blague... Il n'est pas prévu d'intégrer les colonies dans l'UE. Le Groenland, dépendance danoise. par exemple, n'y est pas. 
Michel | | | À: Adrem · 27 janvier 2006 à 14:48 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 44 de 266 · Page 3 de 14 · 1 415 affichages · Partager Croyez-vous que ce pays saura être admis au sein de l'UE avant la fin de la décennie ?
Tout d'abord, qu'on soit contre ou qu'on soit pour, on peut déjà répondre simplement à cette question : non. Les négociations d'adhésion seront extremement longues, et elles ne se finiront pas avant la fin de la décennie. S la Turquie adhère un jour à l'UE, elle le fera dans 10, 15 ans au moins.
Il est donc vain de se baser sur les circonstances actuelles pour se déterminer sur la question. Les "anti" ont beau dire que la Turquie ne reconnait ni Chypre ni le génocide arménien, ou que les sondages actuels (dont on connait la valeur) semblent indiquer un refus de voir entrer ce pays dans l'UE, ça ne sert à rien. En effet, rien ne dit que la Turquie ne corrigera pas ces défauts dans les prochaines années. Inversement, les "pro" auront beau dire que la Turquie est un Etat laïc (ce qui est vrai), rien ne dit qu'elle ne deviendra pas islamiste entre-temps. Car pas loin, il y a le proche et le moyen-orient, des régions instables, où l'islamisme est en train de faire tache d'huile, étant la seule alternative crédible à des dictatures laïques corrompues, à bout de souffle. Les récentes élections en Palestine (mais aussi en Iraq et en Iran) sont un signe inquiétant. Et on sait que si l' Egypte se démocratisait, ce sont les islamistes qui sortiraient des urnes.
Donc, pour l'instant, on ne peut pas dire si la Turquie fera un jour partie de l'Union. L'avenir est incertain. Maintenant, suis-je personnellement pour l'entrée de la Turquie ? Oui et non. Pour expliquer ma réponse de normand, je vais laisser tomber la Turquie pour parler de l'UE plus généralement.
En ce moment, l'UE est dans un cul-de-sac. Plus que jamais depuis la derniere vague d'adhésion, elle ne sait pas où elle va. Elle est dans une impasse. Il y a les pays qui aimeraient bien une intégration poussée, une Europe politique, sur le modèle fédéral : bref, une sorte de réunification européenne en un super-Etat, en somme. Pour ces pays, citons la France, l' Allemagne. Et puis il y a les pays qui préfereraient une faible intégration, sur le modèle communautaire : l'Europe vue comme une zone de libre-échange, les instances européennes ayant pour objectif de veiller au respect de la concurrence, le libéralisme économique étant la règle. Partageaient cette vision, le Royaume-Uni, la Pologne. Le Traité Constitutionnel était mort-né, car il était un compromis bancal entre ces deux tendances, personne n'étant satisfait. Les fédéralistes ne pouvaient que repousser ce texte qui gravait le libéralisme dans le marbre et empêchait de fait l'harmonisation sociale et fiscale nécessaire à la création d'un nouvel État. De leur coté, les souverainistes (comme les Britanniques qui auraient dit non beaucoup plus fortement que les Français et les Néerlandais) ne pouvaient accepter ce qui constituait tout de même un embryon d'Europe politique.
En faveur de qui trancher, c'est le problème. Mais est-il nécessaire de trancher ? La solution que je défend (et qui avait déjà été défendue par divers hommes politiques, d'Helmut Kohl à Laurent Fabius en passant par Joshka Fischer) est celle où les deux visions peuvent s'exprimer parallelement. Les pays favorables au fédéralisme et à une Europe politique forment un "noyau dur" fortement intégré, sorte de nouvel État adhérant à l'UE, et les pays plus souverainistes restent indépendants et adhérents de l'UE. L'UE qui devient une simple zone de libre-échange. Peut adhérer au noyau dur tout pays appartenant déjà à l'UE depuis un certain temps, remplissant un certain nombre de critère (en matière économique et sociale), et acceptant l'harmonisation fiscale et sociale avec les autres pays du noyau dur, ainsi que la Constitution commune (exclusivement institutionnelle).
Alors la question de l'adhésion de la Turquie ne se pose plus : oui, elle adhère à l'UE (à condition de reconnaitre le génocide arménien, de ne pas virer islamiste, etc). Non, elle n'adhère pas au noyau dur, puisque la difference de niveau de vie ne permet pas un certain nombre d'harmonisations. Ainsi, on aurait une Fédération européenne regroupant la France, l' Allemagne, le Benelux, l' Italie (liste non exhaustive), et des Etats gravitant autour et formant une zone de libre-échange : Royaume-Uni, Pologne, Turquie... | | | À: Nakata · 27 janvier 2006 à 18:20 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 45 de 266 · Page 3 de 14 · 1 385 affichages · Partager Waouh, je suis bien content que mon questionnement ait porté fruit. Le nombre de réaction est un fait assez indicateur de l'intérêt que suscite cette discussion. Loin de moi de vouloir générer une polémique, mais simplement de constater les différents points de vue de tous et chacun. Bon d'accord, la Turquie dans l'UE d'ici 5 ans, c'est une utopie.
D'ici 10-15-20 ans, vous y croyez ? Vraiment ? | | | À: Tatra · 27 janvier 2006 à 21:26 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 46 de 266 · Page 3 de 14 · 1 375 affichages · Partager La Grèce partage une culture à la base judéo-chrétienne avec tous les autres pays d'Europe. L'église n'est pas (encore) séparée de l'état en effet, mais les femmes ne sont pas voilées, mariées de force, contreintes à accepter la polygamie de leurs maris... Un "petit défaut "de la Turquie actuelle: elle a tendance à zigouiller les kurdes ou les chasser en Irak ou ils subissent le même sort. C'est devenu un tic dans ce pays le génocide des minorités! | | | À: Iro · 27 janvier 2006 à 21:51 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 47 de 266 · Page 3 de 14 · 1 367 affichages · Partager Bonsoir,
Désolé de vous apprendre que la culture de base grecque est un bon vieux polythéisme sans rapport ni avce le judaisme ni avec la chrétienté.
La polygamie est interdite en Turquie, et le port du voile est un phénomène bien pus complexe que la caricature que vous en faites ; et il reste marginal en Turquie.
Le reste de vos considérations mérite surtout du mépris ; les Français ont bien acculturé leurs régions.... pas beaucoup de leçons à donner..... Et les Kurdes ne sont pas massacrés en Irak.
Michel | | | À: Tatra · 28 janvier 2006 à 4:34 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 48 de 266 · Page 3 de 14 · 1 349 affichages · Partager La Turquie est-elle culturellement européenne ? ''Doit''-elle faire partie de l'UE ?
Ah, si seulement l'Empire byzantin avait survécu !! Tout aurait été réglé, les frontières orientales de l'UE auraient été le Caucase et l' Iran.
Vraiment ? Même si les Byzantins étaient chrétiens, ils ont rapidement détesté les ''Européens (connus à travers les croisés et les marchands italiens)'', considérés comme des barbares, les Byzantins préféraient presque les Turcs ! Alors pourquoi les Grecs (qui se disent descendants des Byzantins) ont-ils rejoint ''l'Europe'', la CEE ?
Les Grecs eux-même ont-ils une culture européenne ? Ce n'est pas si évident que cela, eh oui. Cette culture, elle l'a vraiment développée à partir du XIXe siècle seulement. Auparavant, les invasions et l'occupation turque (de 600 à 700 ans selon les régions, la Thrace étant ''libérée'' en 1912) ont détruit l'essentiel de la culture grecque, préservée partiellement dans les monastères.
Avant l'indépendance de 1830 et l'agrandissement progressif de l'Etat grec, ce pays n'était plus vraiment culturellement européen.
Et l'antiquité grecque, pardi ! Mycènes, l'Acropole, Socrates, etc. ? L'Asie mineure ( Turquie actuelle) était aussi développée que la Grèce, voire davantage, surtout à partir du IIe siècle av JC. Qui ne connait pas le Colosse de Rhodes, Ephèse, Pergame...?
Cette civilisation antique dont on se réclame, qui est une des bases de la culture européenne, elle était répandue dans l'ensemble du territoire turc actuel. Et ses habitants étaient, à partir des premiers siècles de notre ère, presque tous chrétiens (autre base de notre culture européenne). Combiens de saints sont nés, ont vécu ou sont passés en Asie Mineure ? La bible cite de nombreuse villes d'Asie mineure.
Et après ? Les Byzantins ont ''succédé'' aux Romains. Les invasions arabes repoussées, les Turcs ont commencé à venir grignoter l'Asie mineure, à partir des années 1060. L'évolution de la population était déjà bien différente de celle de l'Europe occidentale. Avant même l'arrivée des Turcs. Les restes de l'Empire byzantin ont disparu dans les années 1440-60. Le population est restée majoritairement grecque pendants quelques siècles. Puis les Turcs sont devenus plus nombreux. Après la chûte de l'Empire ottoman (1918), les Grecs (descendants des Byzantins) étaient encore plusieurs millions en Turquie. Si cette polulation grecque vivait encore en Turquie, beaucoup la considererait davantage européenne. Pour son malheur (?), les Turcs one explusés ces grecques en 1922-23 (les grecs firent de même avec leurs turcs). Ce nettoyage ethnique était l'issu d'une guerre au cours de laquelle les Grecs occupèrent 1/3 de la turquie. S'ils avaient conservé ces conquêtes, l'Ouest de la Turquie aurait très probablement fait partie de l'UE, même avec des millions d'habitants Turcs et musulmans (mais dominés par les grecs). Personne n'aurait rien dit.
Finalement, les Grecs ont bien une culture européenne, mais seulement depuis environ 100-150 ans. Le lointain passé conjuguant culture européenne ''greco-romaine''et religion chrétienne n'est pas un critère suffisant, sinon la Turquie devrait faire partie de l'UE au même titre que la Grèce, voire plus !
Alors quels autres critères ? Refuser l'Islam ? dans ce cas là, la Bosnie et l' Albanie, où l'Islam est majoritaire, ne rentreront jamais dans l'UE. Albanie qui pourtant au XVe siècle était la seule force qui repoussait victorieusement les Turcs et défendait la Chrétienté ! A tel point que son chef Skanderberg était félicité par...le pape lui-même. Pauvres Albanais, ils ne seront jamais ''Européens''. Les Bosniques non plus, pourtant on disait que la guerre de 91-95 se situait au coeur de l'Europe, tous les européens s'en souciaient. C'était notre honte à tous. Et bien ils sont musulmans ? ils ne feront pas partie de l'UE. Sauf si on considère qu'être musulman (pour un Etat) n'est pas éliminatoire.
Alors que reste-il comme critère, pour repousser l'adhésion turque ? La langue ? Non, l'europe en a déjà tellement de différentes. La monnaie ? Non. Le foot ? Non, au contraire, lorsque Galatasaray gagne la coupe de l'UEFA ou dispute les éliminatoire du mondial dans la zone Europe (où se trouve désormais le... Kazakstan !!!), personne ne dit rien.
Restes les mentalités. La plupart des Turcs sont tres accueillants. Donc ce n'est pas ça ! Des coutumes barbares ? On en trouve dans certains coins reculés, mais elles sont interdites par l'Etat. En France, des gens se comportent également ainsi, suivez l'actualité judiciaire quotidienne.
L'Etat turc est un des rares Etats laics du Moyen orient. Refuser son entrée dans l'UE pourrait risquer de le voir se transformer (à moyen terme) n Etat islamiste. En attendant, il est vrai, seule une minorité de Turcs est islamiste (comme les crétins qui ont brulé des intellectuels à Sivas).
Et le génocide arménien ? Et la question kurde ? je ne vois pas pourquoi la Turquie refuse de reconnaitre ce crime contre l'humanité commis en 1915, il ne reste aucun survivants parmi les génocidaires, donc personne à protéger. Ce geste ne lui couterait rien et serait tres apprécié, en Europe notamment. Mais ce refus suffit-il à interdire à la Turquie d'adhérer à l'UE ? A t-on demandé à l' Espagne, avant 1981, de reconnaitre qu'elle a inventé les camps de concentration à Cuba vers 1898 ? Lui a t-on demandé de reconnaitre les massacres commis en Amérique à partir du XVIe siècle ? Inutile de poursuivre la liste. Donc, cette question arménienne n'est pas un critère, c'est un prétexte, même si dans le fond la question est très juste.
Les Kurdes ? La situation s'est largement pacifiée. D'ailleurs, je tiens à préciser ques les colonnes de réfugiés arméniens de 1915 ont en partie été massacrées par des auxiliaires des Turcs, devinez qui, les Kurdes. Personne n'a demandé aux Kurdes de reconnaitre avoir été complice d'un génocide.
Et les droits de l'homme, critère essentiel pour entrer dans l'UE ? La Turquie a des lois modernes, souvent respectueuses de la dignité humaine. Cependant, elles ne sont pas toujours respectées. Alors qu'en france toutes les lois sont toujours respectées, n'est-ce pas ? La torture est pratiquée par les Turcs, c'est vrai. Les arrestations arbitraires également. La Turquie peut et doit faire des efforts dans ce domaine. Est-ce également un critère décisif ? Si la Cour européenne des Droits de l'homme a été créée, cela signifie que dans l'UE les citoyens européens ont régulièrement l'occasion de s'y pleindre du non respect de leurs droits. Ceci dit, les droits de l'homme sont sans doute beaucoup moins respectés en Turquie que dans tous les autres pays de l'UE. C'est vrai, mais est-ce décisif ???
Je crois que c'est plutot un prétexte. Car ''on'' ne veut pas des Turcs. Alors finalement, que le reproche t-on aux Turcs ? D'être trop différents ? D'être des orientaux ? D'être trop nombreux ?
Force est de constater qu'on est en flagrant délit de racisme, c'est plutôt un sentiment instinctif et irrationnel qui conduit à refuser la Turquie. Ce refus s'appuie sur des arguments souvent falacieux, quelques fois justes, mais qui ne sont que des prétextes.
Finalement, une majorité d'Européens (dirigeants compris) sont plus ou moins consciemment racistes, tout en s'en défendant, sincèrement ou non.
Triste constat, car je n'ai pas pour habitude dêtre un tiermondiste qui condamne tout ce que fait l'Europe ou la France, au contraire, je les défends souvent. Mais pas là.
J'espère tellement me tromper !!!
Merci de m'avoir lu jusqu'ici... | | | À: Aristomakos · 28 janvier 2006 à 7:36 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 49 de 266 · Page 3 de 14 · 1 490 affichages · Partager Bonjour,
Quel plaisir de lire cette mise au point historique.
Tu as 100 % raison ; si les européens rejettent la Turquie, ça ne peut être pour aucun des motifs ici avancés, qui tous sont des prétextes.
Ignorance et racisme ordinaire.... Encouragés par certains hommes politiques français, dont un très populaire ministre.
Michel | | | À: Aristomakos · 28 janvier 2006 à 8:04 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 50 de 266 · Page 3 de 14 · 1 488 affichages · Partager WOOOOOOW!!!!!!!
Là, je suis complètement ÉPATÉE!!!!
Merci pour tout ce texte, très constructif!
Et très vrai aussi!
Nil | | | À: Aristomakos · 28 janvier 2006 à 9:14 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 51 de 266 · Page 3 de 14 · 1 478 affichages · Partager Eh bè  Il y en a qui sont en forme à 5 heures du mat  . Merci pour les précisions historiques. | | | À: Tatra · 28 janvier 2006 à 9:42 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 52 de 266 · Page 3 de 14 · 1 476 affichages · Partager "Tu as 100 % raison ; si les européens rejettent la Turquie, ça ne peut être pour aucun des motifs ici avancés, qui tous sont des prétextes."
Je crains fort que la religion musulmanne majoritaire chez les turcs ne soit pas un pretexte mais la raison fondamentale du refus de ce que d'aucun ici appellent les "peuples européens". (Bizarrement c'est souvent ceux qui mettent en avant le côté chrétien de l'Europe qui emploient ce terme de "peuples".) Il me semble que les médias, et leur manie du sensationnel, ont mis l'accent sur la frange extrèmiste des musulmans. Et que par contrecoup la fraction chrétienne de la population, majoritaire en Europe se crispe à son tour. C'est une espèce de jeu de miroir en fait. J'ai pu observer cette attitude chez certains européens de différents pays ( France, Italie).
Quand je pense au temps qu'il a fallu pour rejeter les croyances dans la sphère de la vie privée! | | | À: Anàssa · 28 janvier 2006 à 10:22 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 53 de 266 · Page 3 de 14 · 1 468 affichages · Partager Bonjour...
Certes...
A mon avis les medias entretiennent actuellement une confusion et une ignorance de ce qu'est la Turquie, dans un processus sacamment orchestré par certains hommes politiques démagogues qui pensent bein faire des peurs irraisonnées des gens un motif de les élire à l'Elysée.
Ainsi on clame, proclame, annonce des choses plus ou moins irréalistes et inconséquentes, mêlant Turquie, monde arabe, islam etc. On mélange tout à dessein pour jouer sur la crainte de l'étranger. Triste démocratie.
Michel | | | À: Tatra · 28 janvier 2006 à 12:12 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 54 de 266 · Page 3 de 14 · 1 453 affichages · Partager Ce que je trouve triste, c'est que les personnes qui ici ont dit que les femmes n'avaient aucuns droits ne se sont pas manifestés pour défendre leur points, donner des exemples....
Que l'on voit que leurs pensées sont fondées..... c'est la moindre des choses.
Lorsque l'on avance quelque chose, il faut être en mesure d'apporter des faits qui soutiennent nos propos, non?
Nil | | | À: Nil · 28 janvier 2006 à 12:16 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 55 de 266 · Page 3 de 14 · 1 450 affichages · Partager Bonjour,
Je crains fort que ceux qui ont avancé cette idée soient incapables de distinguer Turquie et Arabie Saoudite, et n'aient en tête qu'une diabolisation médiatique de l'islam.
Michel | | | À: Tatra · 28 janvier 2006 à 12:27 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 56 de 266 · Page 3 de 14 · 1 447 affichages · Partager Je le crains aussi.....
Je mets cela au niveau de la lâcheté intellectuelle... | | | À: Nil · 28 janvier 2006 à 12:34 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 57 de 266 · Page 3 de 14 · 1 446 affichages · Partager Ce que je trouve triste, c'est que les personnes qui ici ont dit que les femmes n'avaient aucuns droits ne se sont pas manifestés pour défendre leur points, donner des exemples....
Ils avaient dù lire ce style d' articles (très fréquents d' ailleurs) et le moins que l' on puisse dire c' est qu' on est en droit de se poser des questions... : En 1910, sous l'empire Ottoman, une femme turque, Halide Edib, osa divorcer de son époux parce qu'elle s'opposait à la polygamie. A cette époque, cette décision était considérée comme un acte de bravoure quand l'égalité des droits entre les hommes et les femmes représentait encore un rêve lointain dans la société turque...
Cette démarche poursuivait, pourtant, le lent chemin commencé 53 ans plus tôt, en 1857, lorsqu'une nouvelle loi donna l'égalité entre les garçons et les filles sur les droits d'héritage. Depuis, beaucoup de choses ont changé en faveur de l'émancipation des femmes turques jusqu'à ce début de 21ème siècle où elles doivent encore faire entendre leurs voix pour gagner des droits fondamentaux qui ont été tour à tour reconnus puis bafoués durant des décennies. Malgré un état des lieux apparemment positif, et il l'est sous certains aspects notamment en ce qui concerne les bonnes volontés et les bonnes intentions émises par le gouvernement turc pour endiguer les différentes discriminations encore actives à l'égard des femmes, la réalité est bien moins réjouissante.
Lorsque nous nous intéressons de plus près au code pénal en vigueur, quelques textes de lois nous montrent clairement que les femmes turques sont bien moins protégées que nous pourrions l'espérer. En effet, selon la loi, le crime sexuel à l'égard des femmes est considéré comme " une attaque contre la décence publique et l'ordre familial " alors que tous les autres crimes bénéficient de l'intitulé " attaque contre la personne humaine " ! De même, les abus sexuels commis sur des femmes non vierges sont perçus par la justice et l'opinion publique comme moins sérieux que ceux perpétrés sur des filles ou des femmes ayant encore leur virginité. En outre, une femme violée ne peut engager de poursuite contre son agresseur que si elle arrive à prouver qu'elle était vierge avant le viol ! Pour cela, elle aurait dû passer " un test " de virginité, couramment pratiqué en Turquie, aussi bien par les policiers que par les membres mêmes de la famille proche de la fille. Les premiers s'en servent, souvent, pour s'adonner à des sévices et des abus sexuels sur celles qui ne sont plus vierges, les seconds l'utilisent, parfois, pour assassiner leur fille qui aurait bafoué l'honneur de la famille. D'autres femmes, dans un geste de désespoir, tentent de se suicider après avoir subi ce " test " dégradant ou même avant parce qu'elles vivent dans la crainte de représailles.
La police joue un rôle déterminant dans la pérennité de la violence qui s'exerce sur les femmes turques. Ils sont les premiers à les torturer, les violenter, les abuser sexuellement suite à leur arrestation pour cause de prostitution ou pour une marche pacifique en faveur des droits humains. Si elles parlent de leur séjour douloureux en détention, à la radio ou à la télévision, elles sont arrêtées de nouveau... Et les policiers n'ont pas à se justifier de leurs actes de discrimination à l'égard des femmes.
Dans ce contexte, la violence domestique touche un tiers des foyers turcs et l'analphabétisme chez les femmes reste important dans un pays qui a toujours favorisé l'éducation des garçons à celle des filles. Quel est le sort réservé, alors, aux femmes de minorités ethniques ou rurales, telles les Kurdes ?
Petit rayon de soleil dans ce ciel assombri, la femme bénéficie d'une forte présence dans le secteur du travail et perçoit un salaire équivalent à celui des hommes pour un travail identique. Faible compensation qui a le mérite, tout de même, d'être effective...
Caressant le rêve de faire un jour partie de la communauté européenne, le gouvernement turc, qui présente depuis plusieurs années sa candidature, s'engage à multiplier les réformes et les révisions de lois trop discriminatoires à l'égard des femmes ou portant atteinte directement aux droits humains. Un rêve qui pourra devenir réalité lorsque les bonnes intentions se changeront en actes par des mesures concrètes, durables et sans réserves !
-Ou encore :
Europe TurquieLa police turque charge une manifestation de femmes Une manifestation de femmes à Istanbul, dimanche 6 mars, a été violemment réprimée par la police et plus d’une soixantaine de manifestants ont été arrêtés. Dans un communiqué, des représentants de l’Union européenne qui devaient se rendre le lendemain à Ankara ont exprimé leur inquiétude face à un « usage disproportionné de la force » et ont été « choqués par les images de la police frappant des femmes et des jeunes gens manifestant à Istanbul à l’occasion de la journée internationale des Femmes ». Le ministre turc des Affaires étrangères a annoncé lundi qu’une enquête serait menée sur la répression.n | | | À: Forco · 28 janvier 2006 à 12:53 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 58 de 266 · Page 3 de 14 · 1 443 affichages · Partager Oui... Et ?....
Jusqu'en 1967, en France, une femme devait avoir l'accord de son mari pour... travailler !
Des policiers coupables de discriminations ; c'est sûr, ce n'est pas en France qu'on verrait là....
Michel | | | À: Forco · 28 janvier 2006 à 13:12 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 59 de 266 · Page 3 de 14 · 1 439 affichages · Partager Oui, il est indéniable qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire  .
Aussi bien dans la sphère privée que publique.
Rapport Henrion - février 2001Ministère de la Santé Sur 652 femmes victimes d'homicides entre 1990 et 1999, sur Paris et sa proche banlieue, la moitié a été tuée par leur mari ou leur compagnon. Un chiffre terrifiant, révélé par un rapport sur les violences conjugales. "En France, une femme meurt de violences conjugales tous les cinq jours", explique le professeur Roger Henrion, membre de l'Académie nationale de médecine et responsable de cette étude pour le ministère de la Santé. L'équipe du professeur a interrogé au hasard un échantillon de 7000 femmes, âgées de 20 à 59 ans, habitant la capitale et sa petite couronne. Il ressort que 10% d'entre elles ont subi des violences conjugales au cours des douze derniers mois. Insultes, harcèlement moral, agressions physiques, viols, la liste est longue de ces sévices commis dans l'intimité des couples. Les conséquences sont à chaque fois dramatiques. Plusieurs femmes victimes souffrent de troubles émotionnels (dépression, boulimie, anorexie...), certaines, à bout de nerfs, se suicident. Et une partie meurt carrément sous les coups de leur conjoint. "Parmi les victimes présentées dans le rapport, 30 % ont été poignardées, 30 % ont été abattues par arme à feu, 20 % ont été étranglées et 10 % ont été rouées de coups jusqu'à la mort", précise le professeur Henrion. Le profil de l'agresseur n'est pas toujours celui que l'on s'imagine. "Il s'agit en majorité d'hommes bénéficiant par leur fonction professionnelle d'un certain pouvoir. On remarque une proportion très importante de cadres (67%), de professionnels de la santé (25%) et de membres de la police ou de l'armée", commente Roger Henrion. Ces violences conjugales restent bien trop souvent taboues et franchissent peu les murs des domiciles familiaux. Mais quand les femmes parlent, elles s'adressent en premier lieu à leur médecin. "Ce dernier a un rôle clé dans le dépistage des violences, le recueil de l'histoire et la rédaction d'un certificat, pièce essentielle lors d'un dépôt d'une plainte", selon le professeur Henrion. Mais le médecin est souvent pris en tenaille entre le secret médical et la non-assistance à personne en danger.
autre article
Au moment même où la France est condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour torture pratiquée par des policiers sur un détenu, il me semblait intéressant d'aborder, parallèlement, la condition de la femme...
Malgré tout ce que peut représenter la France dans l'esprit des habitants d'autres pays du monde (pays des droits sociaux, des droits de l'homme, de l'art de vivre, panthéon de la gastronomie, de la mode...), la réalité que vivent des milliers de femmes françaises est loin de confirmer une image aussi valorisante. En effet, la violence domestique se manifeste dans bon nombre de foyers. Une violence due au machisme, à la domination des hommes dans la société et à l'alcoolisme.
Ainsi, en France, l'alcoolisme est un facteur déterminant qui intervient dans de nombreux problèmes sociaux, depuis ceux surgissant sur les lieux de travail jusqu'aux crimes (agressions, viols, violence domestique...). Mais les statistiques à ce sujet font défaut car, en France, la vie privée fait l'objet d'une chasse bien gardée. Il est, alors, très difficile d'établir les données exactes des violences diverses dont sont victimes les femmes. Nous ne sommes informés que partiellement de certains drames qui se déroulent sur le sol français.
Ainsi, même si des mesures législatives sont mises en place pour prévenir la discrimination contre les femmes en France, le harcèlement sexuel, certains trafics de femmes - et parfois de mineures - venant d'Afrique ou encore l'esclavage font partie de cas recensés d'atteinte à l'intégrité de la femme. C'est en ce qui concerne l'immigration que la France a toujours été ambiguë dans ses prises de position et dans le vote de certaines lois. Des querelles politiques sur les questions de souveraineté nationale, de chômage ou d'économie ont favorisé, dans de nombreux cas, les violations des droits humains sur le territoire français, notamment en ne permettant pas aux femmes immigrées de bénéficier de certaines lois françaises garantissant leurs droits élémentaires.
Il est vrai que la conscience des dirigeants et des hommes en général évolue, donnant lieu à l'adoption de nouvelles lois en faveur des femmes et pour promouvoir une certaine égalité entre eux dans les différents secteurs de la société française, mais la réalité ne reflète toujours pas cet engagement de manière suffisante. Le salaire des femmes est toujours inférieur à celui des hommes ainsi que le nombre de femmes au chomage plus important que leurs congénères masculins. Par ailleurs, leur représentation en politique est encore faible et la parité est loin d'être atteinte !
S'agissant de l'univers carcéral et, particulièrement, en ce qui concerne les règles pénitentiaires, certaines détenues demandent toujours l'abolition de la fouille intégrale après la "phase parloir" car ces pratiques portent atteinte à leur dignité.
Lorsque l'on voit la vitesse ridiculement faible à laquelle les femmes acquièrent de nouveaux droits, de nouveaux statuts - par rapport à ce qui pourrait être fait concrètement dans le pays dit de "la liberté" ou tout simplement comparés à ceux des hommes, immuables - nous ne pouvons qu'attirer l'attention sur les manques en ce domaine.
La condition de la femme s'améliore, mais au bon vouloir de ces messieurs qui décident toujours de leur sort et de leur avenir. C'est dire si les esprits sont encore obtus, vues les démarches et la volonté que les femmes ont dû fournir pour obtenir quelques lois que l'on pourrait qualifier parfois de misérables...
Quand les femmes françaises seront traitées avec un respect total de leur personne, lorsqu'elles pourront, à égalité absolue avec les hommes, décider de leurs droits, lorsqu'elles auront tout simplement perdu le statut discriminatoire de "sexe faible", alors oui, la France sera le pays des droits humains... Pas avant !
Oui, il est indéniable qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire, partout  . La France semble quand même avoir une petite longueur d'avance. | | | À: Forco · 28 janvier 2006 à 13:21 Re: La Turquie dans l'union européenne? Message 60 de 266 · Page 3 de 14 · 1 437 affichages · Partager C'est encore moi. En me promenant sur internet je viens de lire ceci sur cette très chère Grèce, que j'aime tant.
Le gouvernement grec s'est employé, au milieu des années 1990, à réviser son régime constitutionnel et législatif en vue de promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes dans les secteurs économiques et sociaux. Plusieurs ONG féminines ont été associées à cette action. Le souci du gouvernement de favoriser l'égalité des chances sur le marché du travail, a donné lieu à des enquêtes préparatoires et a abouti à des mesures concrètes au niveau des lois.
Cependant, si ces mesures tendent à hisser les femmes au niveau de reconnaissance de celui des hommes au sein d'une société économique, la discrimination à leur égard persiste dans la plupart des sphères de la vie publique et privée. Ainsi, la persistance de la violence générale dont elles sont victimes n'a pas donné lieu à l'élaboration de lois spécifiques destinées à la réprimer. De même, le viol n'a pas été reconnu comme une atteinte grave au droit fondamental de la personne dirigée contre les femmes.
D'un autre côté, la prostitution est légalisée avec un accroissement de la traite des femmes en provenance des pays de l'Est. Des agents de la sécurité des frontières et certains policiers participent à ce marché international du sexe en facilitant l'entrée de femmes étrangères en Grèce en échange d'argent ou de relations sexuelles avec les prostituées. Il est alors facile de comprendre pourquoi le viol ne peut constituer un motif de poursuite ou d'arrestation dans la société grecque !
  | Discussions similaires sur la Turquie: Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 18 501 visiteurs en ligne depuis une heure! |