USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. YeahMax · 27 janvier 2014 à 21:07 · 307 photos 132 messages · 25 participants · 28 508 affichages | | | | À: Trois14 · 3 février 2014 à 17:00 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 41 de 132 · Page 3 de 7 · 4 738 affichages · Partager Yep Jean-Pierre !
Oui, voilà un intérêt majeur des carnets publiés sur ce forum : voir comment les gens font ici et là dans la vie quotidienne, ne serait-ce que pour attraper un conseil ou éviter une grossière erreur. Puis aussi reprendre ou travailler des idées d'itinéraires, de découvertes, de visites. Nous avions beaucoup fréquenté ce site et contacté certains membres en privé pour obtenir tel ou tel renseignement particulier avant notre départ. Et puis mettre en forme un petit carnet de voyage est toujours un plaisir, une façon de ressentir le parfum du périple quelques mois après le retour dans les grisouilleries hexagonales... | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: YeahMax · 3 février 2014 à 17:32 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 42 de 132 · Page 3 de 7 · 4 710 affichages · Partager Hello Max,
Ce plaisir de la découverte est encore plus intense, car fortuit ! non préparé, c'est un simple nom ou lieu sur le programme de visite, voire un arrêt au hasard ? pourquoi ?
C'est le cas avec "Henri"... sacré bonhomme (j'y repense avec émotion !). nous serions arrivés 10mn plus tôt (porte encore fermée) cette rencontre n'aurait pas eu lieu ! je me suis garé à droite (avec le camping-car), lui, en même temps à gauche devant "sa boutique"... et Boum ! retour en 1953/55 et +.
Bonne continuation à toi. Cordialement. jean. | | | À: YeahMax · 3 février 2014 à 20:56 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 43 de 132 · Page 3 de 7 · 4 680 affichages · Partager Ton carnet est un pur bonheur. Super l'idée du diaporama.
Et j'avoue que j'attends avec impatience le récit de votre rencontre avec John et Bobbi... | | | À: YeahMax · 4 février 2014 à 21:13 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 44 de 132 · Page 3 de 7 · 4 623 affichages · Partager Je confirme ma première impression : impec ce carnet de route. Même si les endroits sont bien différents, cela me rappelle notre Coast to Coast de 2012 et notre tour dans le sud-est de 2013. Les endroits changent, mais les impressions, l'ambiance, l'accueil des Américains, la musique, les bikers, les belles voitures, tout y est... Vivement cet été qu'on s'y replonge. | | | À: YeahMax · 4 février 2014 à 21:33 · Modifié le 15 fév. 2014 à 14:20 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 45 de 132 · Page 3 de 7 · 4 619 affichages · Partager Samedi 27 et dimanche 28 juillet 2013 : chez les cowboys de Jordan Valley, Oregon (1ère partie)
Rien à dire, nous sommes arrivés à l’heure à ce rendez-vous fixé depuis plus d’un mois. A travers les courriers électroniques échangés avant notre départ, nous avons compris que les cowboys de l’ Oregon nous attendent de pied ferme. Ils sont très fiers, surpris en même temps, qu’une famille française s’intéresse à eux, à leur vie, à leur bout du fond du monde. Mais au fait, je ne vous ai pas encore dit comment cette affaire a été organisée... Eh bien voilà : suite à l’obtention d’un prix littéraire pour mon premier roman, dont l‘intrigue se déroulait autour du fleuve Colorado, et à une longue discussion avec les membres du jury, on m’a fourni les coordonnées postales d’un couple de cowboys résidant dans les parages de Jordan Valley. Je leur ai envoyé une lettre au début du mois de mai 2013. La réponse, que nous attendions impatiemment, est arrivée par mail dans les premiers jours de juin. Après un instant de stupeur, ponctué des inévitables « Qui êtes-vous ? », «Pourquoi venir nous voir, nous, humbles cowboys perdus au milieu du Désert gris ?», John et Bobbi ont semblé préparer cette entrevue avec une énergie et un enthousiasme étonnants. De mon côté, je suis arrivé aux Etats-Unis les valises chargées de cadeaux symboliques de la part de différents clubs du grand nord de la France, à l’attention de nos hôtes du soir, des fanions, des missives d’amitié, des petites Tour Eiffel pour les enfants... et nos deux bouteilles de Vouvray achetée au supermarché de Bend !... Nous devenions un peu des « ambassadeurs » qui représentaient l’Hexagone auprès de l’Amérique du Lointain...
Les aiguilles trottinent autour du cadran. Rien ne bouge dans le Old Basque Inn, personne ne pointe le bout de son nez, c’est à croire qu’on s’est trompé de date... On regarde le soleil décliner en étirant les ombres des arbustes sur les barrières en bois du restaurant. Soudain, à 19h 20, la porte grince et un homme sort sur le patio ombragé. Il est assez petit, genre ma taille, porte une belle chemise vert d’eau, la barbe élégante, des boots élimées, un jean basique retenu par un ceinturon dont l’énorme boucle met en scène la danse échevelée de deux broncos au milieu des cactus. Il marche en chaloupant, comme Wayne dans les films de ma jeunesse. On a soudain l’impression d’être au cinéma, mais pour de vrai. Sa bouche s’élargit, majestueux sourire, ses bras s’ouvrent en grand pour m’accueillir d’une accolade western : « Hey you, Max from France ! ». 'Tain, l’émotion nous renverse dès la première seconde...
A l’intérieur, alors que tout semblait endormi, une dizaine de personnes nous attendent. Il y a Bobbi, l’épouse de John, la trésorière de leur association, des enfants, Stephanie, Michaela, Kaylee, Kaithlyn, les gérants de l’établissement. Les présentations sont bruyantes, dans les éclats de rire et les cris de bienvenue. Très vite la commande est passée. Nous sommes les seuls clients de la soirée, évidemment. On boit un godet de bière à l’amitié naissante, on mange la soupe à la tomate, la salade, le Chorizo Special, une vieille recette Euskadi, dans un décor familial du plus bel effet, blanc, vert, rouge, les couleurs des ancêtres débarqués des contreforts pyrénéens en 1889. Puis vient le temps de l’échange des cadeaux.
Nous recevons des pin’s, un superbe porte-photo western, des bijoux pour les filles, des stylos, un habille-bouteille taillé et cousu à la main, une casquette pour le garçon, un lasso à l’ancienne pour moi ! On alterne la remise des présents sous les cris de joie. Le calme revient. On commence à parler de la vie au désert. Des surprises que réserve le ranching. Des malheurs aussi. De la beauté de la région. Des incendies, la hantise de Bobbi. Du bonheur de nous rencontrer, nous qui sommes inverses, eux les gens du Grand Vide, les Frenchies ceux de la Ville européenne...
Il fait nuit noire lorsque nous quittons le restaurant. Embrassades et dernières rigolades autour des 4X4. Bobbi m’a dessiné un petit plan sur un bout de nappe en papier : ce sont les indications qui nous permettrons d’atteindre le ranch sans encombres demain matin, puisqu’il est convenu que nous allons passer la journée de dimanche ensemble. Electrisés par l’accueil, nous rentrons au motel en souriant. Jim, le gérant de la station-service, est seul sur sa chaise en plastique, occupé à observer les étoiles. Il nous fait un signe de la main. Have a good night !... Après une telle soirée, comment pourrait-il en être autrement ?...
Dimanche 28 juillet 2013. Lever, déjeuner, Donuts au chocolat, douche rapide, tout le monde est prêt pour 9 heures. Il fait un peu frais ce matin. Un chapelet de nuages d’altitude s’allonge en direction du sud. Peut-être va-t-il pleuvoir cette fois ?... On suit à la lettre les instructions de Bobbi. Une quinzaine de miles vers le nord, sur la route bitumée, puis on oblique à gauche pour emprunter une piste de poussière grise. On roule longtemps, longtemps, on tourne au carrefour du gros rocher, on continue à tressauter sur les cailloux, avant d’apercevoir enfin le réservoir. C’est le point de repère. Il s’agit en fait du propre « lac artificiel » de John et Bobbi, qui permet d’abreuver les bêtes en période estivale, comme en ce mois de juillet terriblement sec.
Le ranch surgit brutalement dans le retour d’un virage. John a monté les couleurs de l’Union pour accueillir les Frenchies en splendeur.
Nous visitons leur petite maison, qu’ils ont construite eux-mêmes, tout comme la deuxième bâtisse, celle de leur fille, de leur gendre et du petit-fils Joey, 14 ans, qui s’occupe du ranch avec son père, tout comme les hangars et les corrals attenants. Le domaine est gigantesque, on n’en distingue pas les limites.
Nous nous dirigeons ensuite vers l’enceinte où travaille Dwayne, le cowboy qui dompte les chevaux, les entretient, les soigne, apprend aux jeunes à monter et à survivre dans le désert. La musique country résonne dans la grange, et tous reprennent en chœur les refrains à la gloire du ciel ouvert.
Plus loin, une discussion s’engage sur le rude métier de cowboy. Elever cinq cents bêtes et une vingtaine de chevaux ne s’improvise pas, dans un univers où les températures oscillent de 40°C en été, comme aujourd’hui, à – 30°C au plus fort de l’hiver... Il faut savoir TOUT faire, de la soudure sous argon aux gestes de premiers secours face à une attaque cardiaque. Ici, à 100 miles de la première ville, on ne badine pas avec la vie.
Nous grimpons dans le Dodge familial. Sept place, un 4X4 d’enfer paré pour traverser le brush par tous les temps. John nous montre d’abord « sa fierté » : le petit avion biplace abrité sous un large hangar de tôle qu’il a monté avec des amis. Et oui, lorsqu’un yerling (un cheval de l’année) s’est égaré, pas d’autre moyen : il faut survoler les montagnes et les collines si l’on veut le repérer. Le vieux cowboy a taillé une piste d’atterrissage au milieu des boules de sauge !...
Après une heure de piste poussiéreuse en diable, on arrive devant le volcan qui bordure le ranch, appelé Jordan Crater. Le dôme aujourd’hui effondré a craché un champ de lave il y a 2500 ans, une longue flaque d’une dizaine de miles, jusqu’à l’horizon, noire comme le charbon.
L’intérieur du cratère explose de couleurs vives. Ignoré de tous, la terre à cœur ouvert, ce lieu magique écrasé de chaleur nous bouleverse. Chacun trouve une place pour se recueillir face à l’immensité, sans prononcer un mot. Comme en communion avec les forces de la nature.
John veut ensuite nous faire découvrir la rivière dans laquelle il aime pêcher. Elle se trouve à une trentaine de kilomètres de là, accessible par la piste uniquement, cela va de soi. Il s’agit de la Rivière Owyhee, qui coule au fond d’un canyon d’une incroyable profondeur. Nous ne pouvions imaginer l’existence d’un tel monstre à l’écart des routes. Le cowboy lève un peu le pied, la piste n’est pas très bonne à l’amorce de la descente.
Au fur et à mesure de la plongée dans le vide, c’est un festival de couleurs qui nous prend à la gorge. On passe quelques gués dans des gerbes d’eau claire. On écoute attentivement les anecdotes de John, qui connaît le moindre repli du terrain.
Du vert, de l’orange, de la rouille, des chèvres des montagnes, le canyon est un enchantement.
Au fond, des poteaux de bois sont encore debout, reliquat de la présence d’un ancien pionnier.
Nous atteignons les boucles du cours d’eau, à l’ombre fraîche des grands arbres. Là encore, Bobbi et John nous invitent à écouter parler l’eau et la pierre.
Suspendus hors du temps, nous nous laissons happer par la majesté de la place. L’instant est exceptionnel, tout simplement...
Les conversations sont relancées. Nous apprenons comment, jeune vacher, John conduisait les bêtes à dos de cheval et leur faisait passer les rivières en crue. Les trucs pour ne pas mourir. Et comment lui-même, forcément, a failli mourir tant de fois !
La lumière, de façon insensible, commence à faiblir. On décide de remonter sur la mesa pour explorer les rives nord du domaine. Sur la piste, on croise le voisin, qui habite à... 25 kilomètres de distance...
Nous avançons à petite vitesse en direction de la maison, avec de nouveaux arrêts choisis. John tient à nous conter la croissance des plantes dans ce milieu hostile. Au loin brillent les murs de son monde. De jolis cumulus neige surplombent les corrals, il ne pleuvra pas encore aujourd’hui.
Nous arrivons au ranch pour voir tomber le soleil derrière les monts Mahogany. Nous sommes fourbus après tant de miles parcourus, bien secoués, poussiéreux, mais la sensation de bien-être dépasse l’entendement. Nous venons de vivre une journée hors des cadres, portés par l’enthousiasme, la gentillesse et l'amour de nos hôtes envers leur région inconnue des hommes.
John et moi allons nous accouder à la barrière. Il scrute en silence les limites de sa terre. Il baisse les yeux pour repérer l’éventuel serpent à sonnette assoupi entre les buissons de sauges. Je sens qu’il est fier de nous avoir présenté SON désert. Invivable. Et pourtant il y vit, depuis presque toujours. Il est dix-neuf heures, les rayons sont bas, mais c’est encore la fournaise.
- Pourquoi restes-tu dans un enfer pareil, John ?
Son œil est clair, sa voix ferme et rocailleuse.
- Because here is Freedom.
La liberté ?... La liberté dans la souffrance ? La liberté tout court ?...
Regarder le ciel, accorder son pas et son souffle au rythme du bétail, avancer, comme tu veux, comme tu peux. Que tu sois libre ou non, John, j’admire la façon dont tu nous as parlé de la vie. Et s’il me reste un rêve, c’est celui de revenir un jour vers toi pour que nous goûtions à nouveau ensemble le vertige des instants au ranch, cowboys, cowgirls et canyons mêlés dans la poussière, les rires, les confidences, et le respect du chant de la Terre.
Pour ceux qui aiment ça, j’ai réalisé ce petit diaporama de cinq minutes qui retrace en musique notre incroyable première journée au ranch de John et Bobbi (mieux vaut régler la molette en HD 1080p pour améliorer la qualité des images) :
... Dès que possible, je vous raconterai la suite de cette rencontre avec les cowboys de l’Oregon. Car le lendemain nous avons retrouvé John, Bobbi, Dwayne et les autres pour continuer à creuser notre sillon franco-américain... | | | À: YeahMax · 4 février 2014 à 22:07 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 46 de 132 · Page 3 de 7 · 4 587 affichages · Partager Magnifique Carnet !
J'attends la suite avec impatience ! | | | À: YeahMax · 5 février 2014 à 12:52 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 47 de 132 · Page 3 de 7 · 4 548 affichages · Partager Ah mais ça mais !!!! Qui m'a dit il y a quelques temps
non je ne vais pas faire de carnet
 Et que découvré-je aujourd'hui.... un sublime carnet de voyage, à la mesure de ton talent, exactement ce à quoi je me serai attendu !
Les images sont magnifiques, le diaporama est à voir absolument avec un merveilleux choix de musique et que dire du texte, superbement écrit. Tu nous fais bien ressentir tes impressions et émotions, c'est comme si on avait fait le voyage avec vous !!! Que celui ou celle qui n'a toujours pas envie de découvrir le nord ouest américain lève le doigt ! Le fait de prendre son temps me parait important aussi pour s'imprégner totalement de ce que l'on vit.
Ah la Côte Pacifique sous le soleil, quel bonheur et quelle chance ! Un petit rectificatif il me semble : tu parles de Williams
on visite la ville pionnière de Williams, enfin ce qu’il en reste, ainsi que les célèbres Painted Hills. Pour l’ambiance de la bourgade, on tape dans l’Ouest lointain
ne serait-ce pas plutôt Mitchell ?
Comme les autres, j'attends la suite avec impatience ! | | | À: Maguiloma · 5 février 2014 à 16:37 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 48 de 132 · Page 3 de 7 · 4 517 affichages · Partager Oh Marie-Laure !
Never say never... Tu as raison, je n'ai pas tenu parole, j'ai craqué, je me suis lancé...
MERCI BEAUCOUP POUR TA RECTIFICATION !... Bien sûr, la petite ville pionnière dont je parle est celle de MITCHELL. Je sais pourquoi j'ai fait la confusion : le jour où j'ai écrit ce passage du carnet, j'ai longuement évoqué Williams dans un mail envoyé à des amis qui vont partir bientôt pour l' Arizona... Le m, le i, les deux l m'ont troublé je crois...
Et tout cas, par chance tu es là, Marie-Laure !... Mais que ferai-je sans toi, bon sang, que ferai-je sans toi ???... | | | À: YeahMax · 5 février 2014 à 16:53 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 49 de 132 · Page 3 de 7 · 4 509 affichages · Partager Mais que ferai-je sans toi, bon sang, que ferai-je sans toi ???...
C'est ce que mon mari me dit tous les jours | | | À: YeahMax · 5 février 2014 à 17:28 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 50 de 132 · Page 3 de 7 · 4 498 affichages · Partager Ah Crater Lake c'est sublime!
Sur la route de Cascade Lakes Scenic Byway nous nous sommes arrêtés à tous points de vue et à tous les lacs pour y faire de petites balades mais nous avons dû faire souvent demi-tour à cause de la neige, J'ai bien aimé entre autres Todd lake beau petit lac encore partiellement gelé. Nous avions passé super journée à faire cette route.
Nous aussi on aime les paysages désertiques petits villages perdus. Mitchell c'est un village d'un autre temps.
Sympa cette soirée chez John et Bobbi et quelle journée exceptionnelle vous avez eue. Bonne idée d'avoir mis un petit diaporama sur cette journée passée au ranch.
Un grand merci pour le partage. J'attends la suite avec impatience ! Image attachée: Photo postée par le membre Lilevis. | | | À: YeahMax · 5 février 2014 à 21:04 · Modifié le 7 fév. 2014 à 18:01 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 51 de 132 · Page 3 de 7 · 4 464 affichages · Partager Lundi 29 juillet 2013 : chez les cowboys de Jordan Valley, Oregon (2ème partie)
Le grand soleil de l’ Oregon nous accueille à rayons ouverts en ce premier matin de la semaine. On se prépare sans tarder car le programme est chargé aujourd’hui : on veut explorer deux ravins, Leslie Gulch et Succor Creek, dont la visite m’a été conseillée par mon ami Alan Majchrowicz, un photographe de Bellingham, WA, avant d’aller passer la fin de l’après-midi et la soirée chez John et Bobbi. Nous assurons le ravitaillement chez Mrs Z’s, qui nous reconnaît désormais et sourit de voir quatre Français sillonner les environs de Jordan Valley... A 9 heures et demie, le Chevy s’élance en direction du nord sur l’US 95, l’une des rares routes bitumées dans le quart sud-est de l’ Oregon. Une vingtaine de miles plus loin, nous bifurquons à gauche sur une portion encore asphaltée, qui serpente rapidement entre des hordes de pierres dorées. C’est le chemin de Leslie Gulch, sorte de parcours rocheux déchiqueté qu’on croirait directement échappé de l’ Utah...
Comme la veille, on croise quelques troupeaux de chèvres des montagnes, même pas effrayées par le ronron du moteur. Elles nous regardent, semblent se moquer, avant de reprendre leur ascension de la pente vertigineuse.
Au bout d’une poignée de miles, le goudron disparaît pour céder la place à une piste ma foi carrossable, mais monstrueusement poussiéreuse.
Le Chevrolet flambant neuf a perdu son lustre du premier jour. On ouvre le toit pour le fun, sous un cagnard plombé. Il fait encore presque une quarantaine de degré à l’ombre, du moins lorsqu’il y a de l’ombre...
Par plaques, les versants se dénudent et des pitons orangés crèvent la croûte desséchée de la vallée.
Nous atteignons le lit supérieur du cours d’eau, où une esplanade a été aménagée en aire de pique-nique. Il est même possible d’y camper pour quelques nuits, avec l’autorisation des responsables du Parc. Bien entendu, nous sommes les seuls à grignoter la salade du Chef sur la table de bois brut, à l’abri d’une tonnelle en aluminium. Voici un avantage qui n’a pas de prix à nos yeux : pouvoir profiter sans frein et sans trouble de la magie de l’Ouest, comme si le Canyon était devenu nôtre, comme si le décor avait été planté là juste pour nous. Ah si, nous avons échangé deux mots avec le chef des Rangers qui assurait sa ronde quotidienne... Juste à côté coule doucement la rivière Owyhee.
Cet été, la sécheresse est sévère. Le niveau de l’eau a baissé dangereusement depuis le début du printemps, et les éleveurs du coin commencent à s’inquiéter pour de bon. John lui-même se demande si la récolte de foin sera suffisante pour affronter l’hiver. Jusqu’aux poissons qui ont déserté le cours supérieur de l’Owyhee...
Nous dégustons toutefois le silence et la beauté du site. Un couple de rapaces tournoie dans les airs. Notre 4X4 semble nain au pied des rocailles endurcies.
Dans la remontée, nous nous accordons un arrêt auprès de la cabane du pionnier. Superbe tableau.
Après être sortis de Leslie Gulch, on parcourt la mesa pendant un long moment, puis on tangente vers le nord sur une piste en piteux état. Montées, descentes, une barrière de ranch, enfin la plongée raide dans les entrailles de la vallée. Le filet d’eau trouble prend ici le nom de Succor Creek.
Ce qui est marquant à cet endroit, c’est la présence des arbres, bien verts, bien feuillus, alors que l’humidité n’est plus qu’un vague souvenir hivernal... Seuls au monde, pieds nus sur les mousses fraîches, nous buvons une bière glacée en écoutant le vent ronfler dans la cime des aulnes. Mais l’heure tourne !... Nous remballons le frichti et prenons la voie des hauts afin de rattraper l’US 95. En chemin, je ne peux m’empêcher de multiplier les arrêts pour admirer un petit canyon asséché.
Face à moi, le genre de paysage dont je ne me lasserai jamais. Rien à voir avec la splendeur charismatique des incendies rocheux de l’ Utah ou de l’ Arizona, je vous le concède, mais des couleurs tendres, ocres, grises, qui me ravissent. Et, par-dessus tout, la possibilité d’arpenter le lieu sans rencontrer le moindre étranger. Ici, on ne croise que des cowboys, des Américains, des malades du Grand Vide. On a l’impression, devant l’espace ouvert, de pouvoir soumettre les éléments à sa volonté, de détenir une des clés de la puissance, tout devient possible. En même temps, la majesté du paysage nous écrase, nous renverse, nous rappelle que l’on est rien, moins que rien, juste un grain de poussière que le vent du désert peut faire s’envoler à jamais dans l’éther...
En dépassant (très) (enfin pas trop) légèrement la vitesse maximale autorisée sur les routes de l’ Oregon, on arrive chez John et Bobbi vers 17h 30. Ils nous attendaient avec impatience. Accolades, cris et rires sont de circonstance. Ils ont sorti les canons de fusils découverts sur leurs terres, un reste émouvant de la présence des premiers occupants du ranch, des gens venus de la Côte Pacifique pour bâtir leur rêve au milieu du brush. Bobbi nous confie alors que chaque membre de la famille possède son arme, y compris le jeune Joey. A ce propos, comme elle-même n’était pas très sûre de l’axe de tir de sa carabine, elle a fait venir récemment le sheriff afin qu’il examine l’arme ; ils sont allés ensemble s’entraîner au carton derrière la maison, sur des bouteilles en verre, et la conclusion fut rassurante : cette long rifle fonctionne à merveille, la cowgirl pourra défendre son domaine en toute confiance !...
Il fait encore chaud en cette fin d’après-midi. Nous entrons nous réfugier à l’intérieur de la maison, dans le cliquetis de la climatisation. Bobbi et John nous montrent de photos de leurs voyages en Californie et dans le Washington voisins, ainsi qu’en Alaska, pour le plaisir de la sauvagerie. Le vent se lève. On va diner sur la terrasse. Le bouchon saute : c’est un grand vin rouge de la Snake River, récolté dans l’ Idaho, un peu plus à l’est. Menu special ranching : haricots-petits pois du jardin, maïs grillé, en épis entiers, purée maison, et surtout viande de bœuf élevée sur place, of course !...
Tout au long du dîner, John et Bobbi émaillent la discussion de souvenirs, de certitudes de cowboys, d’interrogations. On compare ce qui se passe en France avec le cas des Etats-Unis. On s’étonne souvent. On n’est pas d’accord sur tout, loin de là. Puis on s’amuse comme des fous d’une blague qui ramène les avis dans le bon sens : la dérision, sans laquelle la vie manque de sel, à coup sûr... Une fois le repas terminé, nous sommes attendus au milieu de la cour ouverte sur le domaine. Toute la famille est là. Ils tiennent à nous donner une leçon de lasso !... Le maître absolu, c’est Dwayne.
Nous tentons notre chance sur une vache en bois, à quelques mètres de distance. Evidemment, nous ratons la cible. On s’éclate comme des gosses, et nos amis rient à gorge déployée devant nos maladresses et nos contorsions imbéciles pour éviter d’enrouler la corde autour de nos bras. Les enfants, eux, savent manier le lasso. Ils s’entraînent chaque jour en vue du rodéo régional qui aura lieu dans deux semaines. Chaque passe de virtuose est ponctué de yiiiiiiiiiiiiaaaah ! tonitruants, comme dans les films... sauf qu’aujourd’hui, tout est vrai...
Le soleil bécote l’horizon. D’un coup la fraîcheur s’abat sur nous, c’est l’apanage du désert. Les tons s’adoucissent et les couleurs s’effacent. L’insolente beauté de cet âpre coin de l' Oregon est saisissante au moment où va mourir le jour... Insensiblement tombe la nuit sur le ranch de Pony Rock Road.
On cesse les jeux. Les voix deviennent graves. Chacun comprend que l’instant de se dire au revoir est arrivé. Demain, on doit reprendre la route pour Boise, dans l’ Idaho, où un autre rendez-vous a été fixé avec des Américains depuis plusieurs mois. Sinon, il est évident que nous serions restés quelques jours de plus à Jordan Valley... Nous tombons dans les bras l’un de l’autre. Oui, c’est bête, mais les yeux sont noyés de larmes. On se promet le meilleur. Se revoir, bien entendu, même si personne n’est vraiment dupe, l’ Oregon se trouvant tellement, tellement loin de la Champagne...
Dans le Chevrolet, pas un mot ne vient couvrir le bruit du moteur jusqu’au motel. Jim, comme chaque nuit, n’est pas encore couché. J’ai l’impression que Jim ne se couche jamais. Pour faire retomber la tension, je me promène seul dans les deux rues de Jordan Valley. Les étoiles parsèment la voûte par millions. Une maison attire mon regard. J’y vois un clin d’œil du Nouveau Monde, étincelle de vie dans le puits du Grand Vide. Sûr et certain, on a de sacrées chances de revenir un jour fouler le sol aride de ce petit enfer sur Terre...
... cette fois, le temps va me manquer pour écrire la suite de ce carnet. Soyez patients, je reviendrai vers vous et nous franchirons ensemble la barrière des Rocheuses, promis ! Objectif Yellowstone... | | | À: Lilevis · 5 février 2014 à 21:22 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 52 de 132 · Page 3 de 7 · 4 450 affichages · Partager Yaouh Liliane !
Oui, cette route des lacs est un joyau. Todd Lake, superbe !... Nous avons eu la chance de réaliser ce circuit sous un soleil de feu, et nous avons même pu nous baigner dans l'eau tiède du magnifique Elk Lake. Ceci dit, avec des paquets de neige comme on le voit sur ta photo, la région prend un autre charme. Non, franchement, y'a pas à dire : cette partie de l' Oregon est magnifique.
Et merci pour les encouragements autour de mon petit carnet de voyage !... | | | À: YeahMax · 6 février 2014 à 16:13 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 53 de 132 · Page 3 de 7 · 4 396 affichages · Partager La suite est très belle. Les photos sont magnifiques, j'ai particulièrement aimé celles de la petite cabane et celles de Dwayne. | | | À: YeahMax · 9 février 2014 à 21:45 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 54 de 132 · Page 3 de 7 · 4 298 affichages · Partager Mardi 30 et mercredi 31 juillet, le retour en ville : Boise, Idaho.
Le soleil inonde Jordan Valley dès le lever du jour. Nous avons un peu l’esprit à l’envers en ce mardi matin de déménagement. Pendant que les filles passent chez Mrs Z’s chercher un sac de barres chocolatées pour la route, je vais faire le plein de regular à la station-service, histoire aussi de saluer Jim. J’apprécie ce type franc du collier. Après ce qu’on lui a raconté chaque soir, il s’attend à nous revoir bientôt dans les parages. Oh, j’aimerais tant qu’il n’ait pas tort !...
Bon, c’est bien mignon tout ça, mais il nous faut joindre la ville maintenant... Nous prenons l’US 95 en direction du nord. Au passage de l’embranchement de Pony Rock Road, nous avons un petit pincement au cœur, les images de John, de Bobbi, de Dwayne dansent sous nos yeux. On accélère et on monte le son : en avant vers de nouvelles aventures ! Nous atteignons Boise en début d’après-midi. On traverse Downtown avant de trouver le havre de Baggley Park pour pique-niquer sous les arbres, profitant d’une pelouse bien grasse fréquentée par deux familles en congés. Puis on contourne l’agglomération par le sud à la recherche d’un motel : ce sera le Shilo Inn, un établissement de chaîne, moyenne gamme, avec vaste chambre, piscine, spa, jacuzzi, salle de sport (immédiatement fréquentée par mon amoureuse), parfait pour deux nuits enchaînées.
On profite de la fin du jour pour envoyer les mails formels, régler les affaires courantes, acheter des bricoles au Walmart et dégoter quelques cds qui agrémenteront les trajets à venir... Soirée tranquille devant les niaiseries télévisuelles américaines, dont cette série débile qui met en scène un petit chien tenant un blog, mal joué et grossier, impensable que ça puisse marcher à ce point de ce côté des vagues !...
Mercredi matin, c’est carrément la fainéantise qui nous assaille. Il faut dire que nous avons le temps : aujourd’hui, on a opté pour le programme « ambiance ». Durant ces journées-là, nous laissons le lieu couler en nous. Nous nous asseyons sur un banc, entrons dans les boutiques, buvons un café par ici, abordons un passant par là. On laisse libre cours à nos envies, surtout on ne s’impose rien, ni visite, ni horaire. A la fin, on passe toujours de longues heures à discuter avec les gens, et ça finit parfois chez eux autour d’un repas improvisé...
Dès la sortie du motel, je croise deux camionneurs qui sont en transit pour Los Angeles. Ils viennent du Michigan. On cause highways et gros cubages. Ils sont tellement fiers de leurs monstrueux engins !...
Enfin nous lançons le Chevy dans le ventre de la cité. Capitale de l’ Idaho, concentrant autour d’elle presque 600 000 habitants au total, Boise n’en demeure pas moins une ville au parfum provincial. On se gare dans la 3e Rue, juste derrière le Capitole. L’ambiance est détendue, la voirie n’en finit pas d’être large au milieu des immeuble bas...
On fait rapidement le tour du centre-ville à pied. Quelques immeubles en construction et des bâtiments originaux attirent mon regard, pour le bonheur des lignes.
Le midi, chez Five Guys, nous nous offrons un sac de frites mammouthéen. Nous rencontrons un jeune cadre commercial qui se fait un plaisir de nous décrire sa ville, ses travers, ses atouts. Il nous invite à visiter le quartier basque d’un autre œil. On repère des détails que nous avions zappés le matin. Et toujours ces murals qui animent les façades de toute ville américaine qui se respecte...
Plus loin, c’est la police qui attrape un jeune au sortir d’une arrière-cour.
Il est 16 heures. Le soleil tape fort aujourd’hui. Nous nous approchons de la place centrale de Boise, une rotonde et sa fontaine à la fraîcheur bienvenue, appelée The Grove. C’est ici que nous avons rendez-vous avec Debbie, une journaliste qui habite un quartier ouest de Boise, dont je lis assidûment le blog depuis sa création en 2008. L’occasion était trop belle, nous avions décidé depuis le mois de janvier de nous offrir une soirée ensemble. Pourquoi ce mercredi 31 juillet précisément ?... Parce que c’est la date du concert de John Pisano, un folksinger local que j’apprécie beaucoup, et des Derailers, un groupe de rockers déboulés du lointain Texas. Je les avais tous contactés dès l’hiver afin que nous puissions préparer cette rencontre au mieux. Voilà, nous y sommes !
Au fil des minutes, à l’approche de 17 heures, la place se remplit, bientôt blindée de monde, des enfants, des ados, des mamans, des papas, des anciens, tous à rire et à parler fort en sirotant des bières locales.
Debbie nous trouve grâce à son grand panneau en carton, sur lequel elle a écrit notre nom de famille au feutre bleu pour nous identifier. On tombe dans les bras l’un de l’autre. Elle ressemble exactement à la femme que j’avais imaginée. Rieuse, dynamique, and so cool... Tout de suite le courant passe entre nous !... Elle est venue avec sa fille, son mari ne pourra nous rejoindre qu’un peu plus tard, après le boulot. John Pisano s’installe, je vais le saluer ; c’est toujours un instant de bonheur intense. Je lui souhaite un bon show. Et c’est parti !...
Après un set d’une heure, tout en douceur et tradition western maîtrisée, John laisse la place aux Derailers. J’en profite pour parler avec eux. On se tape dans les mains. Rock’n’roll will never die. Pendant le changement de scène, le speaker annonce au micro que cette soirée n’est pas comme les autres, car The Grove accueille aujourd’hui une famille venue exprès de... Champagne, France, et de citer notre nom comme il peut en tendant le panneau de Debbie vers la foule !... Les gens nous congratulent comme si nous étions des invités de marque : surprenant, troublant même, surtout émouvant... Alors le rythme infernal s’abat sur la place.
Sur scène, la puissance de feu des Derailers est étonnante. Si je connaissais leurs albums, si j’avais visionné quelques vidéos sur le net, je n’imaginais pas que leur musique en direct puisse ressembler à une telle tuerie, avec le son de la Stratocaster parfaitement adapté à ce country boogie fortement typé texan.
A la fin du concert, on salue les musiciens. Dwayne, le mari de Debbie, nous a rejoints. Tous deux nous proposent une visite guidée de Boise. Alors, comme par magie, nous voilà entraînés dans des ruelles que nous n’avions pas vues le matin, et qui pourtant étaient bel et bien là, à deux encablures des trottoirs que nous arpentions en tous sens... D’abord, la superbe alley entièrement taguée, version hip & pop.
On y trouve d’ailleurs le maître qui trône sur le mur principal, mélange de peinture à carrosserie et de bouts de miroirs éparpillés sur les briques.
Dwayne et Debbie nous entraînent ensuite dans les sous-sols de la ville, au fond du Space Bar, un établissement interdit aux moins de 21 ans qui leur sert de repaire plusieurs fois par semaine, bière, bornes Arcade et parties de flipper à l’avenant. Ah oui, Dwayne est un malade mental du flipper !... Pendant ce temps, nos trois jeunes restent assis sur le trottoir, ils discutent mangas et Japon, passions communes des deux filles.
On remonte les artères jusqu’au Capitole, tout en beauté dans le soleil de fin d'après-midi.
Deux drapeaux flottent au vent, les Etats-Unis et le fanion noir, pour ne pas oublier un otage originaire de la ville retenu au Moyen Orient.
L’heure de dîner arrive vite. Les Américains tiennent à nous inviter dans une brasserie à la mode où ils ont réservé une table. Devant l’établissement, un drôle de véhicule attend les clients : tu te promènes dans les rues en pédalant, et plus tu appuies fort, plus la mousse coule dans ta chope, un truc de dingue !...
On s’installe dans la grande salle, sorte d’entrepôt rénové, au centre même de la brasserie. Debbie et Dwayne ont choisi de nous faire goûter 20 bières, au fil d’un succulent repas, clams, petits légumes, pizzas, raviolis, sundaes magiques...
Nous discutons longtemps de nos vies. Ce couple aisé nous dévoile un autre visage des States, urbain, sportif, artistique, à des milliers de miles des cowboys de Jordan Valley. On parle économie, actualité, voyages, rêves, musique aussi. Oui, le rock’n’roll reste un puissant catalyseur des amitiés humaines, ça c’est certain !...
L’obscurité envahit Boise. On sort tard de la brasserie, et l’on a bien du mal à se quitter. Demain, Debbie et Dwayne se lèvent tôt pour aller travailler. De notre côté, nous reprenons la route pour avancer vers Yellowstone. Embrassades, les gorges se serrent un peu. On a l’habitude. Devant nous, le Capitole de l’ Idaho prend ses aises pour la nuit...
A deux pas de l’aéroport assoupi, notre motel est plongé dans le silence absolu. Normal, il est une heure du matin... Nous n’arrivons pas à trouver le sommeil. C’est souvent comme ça après une journée riche de rencontres et d’échanges chaleureux. Décidément, l’Amérique s’acharne à nous attraper par le cœur !...
... La suite dès que possible... On traversera ensemble le sud de l’Idaho pour atteindre Yellowstone... | | | À: YeahMax · 10 février 2014 à 11:03 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 55 de 132 · Page 3 de 7 · 4 257 affichages · Partager Hello
Boise, capitale du "Potato State" !
L' Idaho est bien champêtre et agricole, et disons-le paysan, conforme à son surnon. Par contre, je n'avais jamais vu ou imaginé Boise comme cela, doté d'une telle vie, riche et plaisante.
JP 3.14 | | | À: Trois14 · 10 février 2014 à 13:52 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 56 de 132 · Page 3 de 7 · 4 229 affichages · Partager Oh Jean-Pierre !
"L'Etat de la Patate" est effectivement champêtre et agricole, comme tu dis, avec une sorte de calme et une insouciance qui nous ont beaucoup plu. Boise n'est qu'un gros bourg en réalité. Mais chaque mercredi soir, en été, les concerts gratuits sur la place centrale attire une foule considérable, avec l'occasion de faire de belles rencontres. Nous avons vraiment apprécié cette étape : amitié, musique et ambiance mi-urbaine, un joli cocktail que nous gardons en mémoire pour toujours...
Merci pour tes commentaires ! | | | À: YeahMax · 10 février 2014 à 19:43 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 57 de 132 · Page 3 de 7 · 4 197 affichages · Partager Bonsoir Max
Encore une belle rencontre. C'est sympa de découvrir Boise avec des personnes de la ville. | | | À: YeahMax · 12 février 2014 à 21:35 · Modifié le 13 fév. 2014 à 8:16 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 58 de 132 · Page 3 de 7 · 4 123 affichages · Partager Du jeudi 1er au samedi 3 août 2013 : de Boise à Jackson, WY, en traversant le sud de l’Idaho.
Cette fois nous avons un peu de route devant nous, sans forcer le rythme puisqu’il s’agit d’atteindre Jackson pour le week-end, à peine 400 miles en trois jours, avant de passer la semaine prochaine dans Yellowstone. Pourtant nous nous levons tôt. Mon amoureuse en profite pour faire du vélo dans la salle de fitness, tellement fort qu’elle peine à rester debout pour rejoindre la salle du breakfast, c’est trop bête !... De mon côté, je mange peu car l’excès de frites et de bières d’hier me secoue encore le paillasson...
On attaque l’US 21 en direction de l’est vers 9h 30. Très vite, le paysage devient alpin, au sens géologique du terme, même si les vallées sont infiniment plus larges que celles des montagnes du Vieux Monde. On fait un arrêt à Idaho City, désormais village famélique alors que 35000 habitants s’y pressaient dans les années 1860 au moment de la ruée vers l’or ! On s’occupe du ravitaillement dans l’unique épicerie du lieu, dont le patron est venu passer six semaines en France en 1969, il s’en souvient comme si c’était hier et nous raconte tous les détails de son périple, jusqu’à la coupe de Champagne bue à la table N° 12 du Moulin Rouge...
La journée s’écoule entre la forêt profonde, où nous passons plus de trois heures à pique-niquer en observant les oiseaux et les écureuils, et les crêtes survolées par les aigles. On décide de passer la nuit à Stanley, au croisement des routes, dans un motel à l’ambiance western. Là, pour la première fois depuis notre départ de Seattle, il y a 23 jours, l’orage nous rattrape et la pluie tombe enfin. Certes, pendant à peine quarante-cinq minutes, mais l’effet est radical : les couleurs explosent et le sol nous enivre de ses parfums capiteux. On passe le reste de la soirée à discuter avec la propriétaire d’une curieuse librairie-taverne-boutique de mode, avant de rentrer grignoter dans notre vaste chambre en regardant la télévision : ce soir est diffusée une drôle d’émission sur des types qui vont récupérer dans des hangars, de nuit, de petits avions privés volés par des pirates du ciel...
Vendredi 2 août. Le soleil éclatant a repris du service. On remonte la vallée de la Salmon River. Partout nous croisons d’immenses tapis de fleurs et des barrières en bois, c’est le pays des cowboys.
Au-dessus de nos têtes, le ciel immense comme nulle part ailleurs, chanté depuis toujours par les musiciens de la country music.
Au cours de l’ascension, la vue s’élargit sur l’ensemble de la vallée. Nous prenons le temps de nous poser sur un rocher pour contempler le spectacle.
Nous atteignons Ketchum pour le déjeuner. Il s’agit de la station huppée des Sawtooth Mountains, popularisée par Hemingway, le cadre est joli mais la fréquentation un peu trop forte à notre goût. On mange, on fait le tour de la ville et zou, on passe notre chemin. En sortant du massif, on retrouve vite les paysages plus secs que nous aimons tant. L’air sent le poivre et la chaleur nous étreint, génial !
Notre étape du jour s’appelle Arco. Un petit point noir sur la carte du vide, le genre de lieu qui m’attire à mort. On opte pour le DK Motel : la propriétaire nous propose une sorte d’appartement à deux chambres et trois lits gigantesques, équipé de 28 prises électriques, le choix royal ! Comme à notre habitude, nous nous sommes installés tôt afin de pouvoir arpenter les deux rues de la bourgade et discuter le plus longtemps possible avec les habitants que l’on croise. On se couche tard. La nuit est fraîche, étoilée, tellement calme...
Samedi 3 août. Je me lève vers 7 heures pour photographier les environs d’Arco. La douce lumière du matin magnifie les reliefs et les nuances de beige.
Puis nous prenons la route du sud sur quelques miles pour aller visiter le site de Craters of the Moon, un Monument National rarement mis en avant dans les guides touristiques. Et pourtant, quelle découverte exceptionnelle ! Il s’agit d’un champ de lave qui émerge du désert blond, avec des arbres, des fleurs par millions, des coulées telluriques infernales...
Nous arrivons dès l’ouverture du visitor center. L’affluence est quasi-nulle aujourd’hui. Nous enchaînons les loops les unes après les autres, ébaubis par le paysage qui s’offre à nos yeux.
On grimpe sur un cône, le panorama est époustouflant. Dans la descente, on se croirait sur la lune, effectivement.
Au bout du compte, comme ce parc nous envoûte, on décide d’y manger le midi. Un bouquet de pins, une table, le silence alentour, et l’angle qui s’évase en direction du nord.
La roche prend ici des teintes anormales. On dirait un festival pyrotechnique sur pierre grise et noire.
Il est 14 heures. Aucun de nous n’a le courage de quitter le site. Alors on repart sillonner l’étendue de lave jusqu’à Indian Tunnel, un rondin de vide étiré sous le magma refroidi, avec des cicatrices à cœur ouvert lorsque la voûte s’est effondrée sous son propre poids.
La luminosité est aveuglante, et le ciel de l’ Idaho trop pur !
Bien au frais sous la terre, on parcourt le corridor naturel en marchant doucement. Nous sommes seuls dans cette obscurité éphémère. On ressort à l’air libre en empruntant un éboulis. Rien à dire, méchant coup de cœur !
En milieu d’après-midi, nous quittons à regret Craters of the Moon. La route est d’abord tracée dans une plaine écrasée de touffeurs, avec quelques mamelons volcaniques qui émergent ça et là.
Puis le paysage s’anime au passage de la Snake River. On s’arrête à nouveau pendant presque une heure. Trop beau, trop cool, cet endroit !
Derrière nous, de belles collines mises en culture. Devant, les contreforts des Rocheuses. Nous remontons par l’ Idaho 31 la vallée qui conduit à Jackson. Nous avons le temps, la chambre du soir est réservée depuis des mois.
Ayé, nous y voilà. Il est 20 heures. On peine un peu à trouver le Motel 6. C’est un gros cube de plusieurs centaines de piaules à faire du dollar, comme le reste de la ville blindée de touristes. D’un coup, la fréquentation est multipliée par vingt, par cent, par mille ! On s’installe dans notre chambre. Propre, mais minuscule. Chère aussi. Rez-de-chaussée intérieur, face à la petite piscine pourrie de jeunes qui crient leur joie d’être ici, dans toutes les langues. Pas encore la nôtre. Depuis que nous avons quitté l’aéroport de Seattle, il y a 25 jours, nous n’avons pas rencontré le moindre voyageur français ! Magie du Northwest. Enfin là, c’est cuit : nous savons que dès demain matin, le parler du bon Monsieur de Voltaire ne nous échappera pas. Il nous reste à espérer que la splendeur des lieux compensera ce retour à la foule qu’on apprécie peu...
... Dès que l’occasion va se présenter, je prendrai le temps de vous conduire avec nous dans Grand Teton National Park... | | | À: YeahMax · 14 février 2014 à 22:39 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 59 de 132 · Page 3 de 7 · 4 029 affichages · Partager 4 août : un dimanche à la découverte de Grand Teton National Park
Cette fois, nous sommes dans le nid. Il y a des touristes partout, devant, derrière, avec une nouveauté qui n’est pas étonnante finalement : les hordes de Chinois. Colorés, appareils-photos greffés sur les paumes, rieurs et coupés du reste des humains, ils viennent juste consommer le paysage, comme on achète un paquet de donuts. Le Motel 6 de Jackson résonne du bruissement de tous ces voyageurs en transit vers Yellowstone. Nous quittons la chambre vers 10 heures sous un soleil radieux.
Aujourd’hui, nous avons inscrit le célèbre Parc de Grand Teton à notre programme. Nous avons décidé d’emprunter la petite entrée qui se trouve sur la route 390, plutôt en mauvais état, celle qui frôle Teton Village au milieu des étendues de graminées. D’un coup, la chaîne nous saute au visage.
On a beau l’avoir vu mille fois dans les guides, dans les livres, à la télévision, ce paysage reste très impressionnant lorsqu’on le contemple pour de vrai. En outre, la chance est avec nous : le ciel est clair, l’affluence réduite au bout du compte. Sur une aire de repos, notre fille sympathise avec un duo de bikers californiens hors normes...
Au fur et à mesure du trajet au long du parc, ponctué d’innombrables arrêts, on trouve des angles de vue charmants, les sommets alentour se reflétant dans l’eau vive des étangs.
On monte jusqu’à Colter Bay, où les Indiens Soshone sont mis à l’honneur durant tout le week-end. Cela nous permet de faire la connaissance de Debbie LaMère, une artiste qui sculpte de jolis bijoux dans des plaques d’argent et de cuivre brut. Demi-tour vers le sud pour aller pique-niquer sur une plage du Jackson Lake. Il fait chaud maintenant, et le lieu est désert : ça, c’est une surprise !
Puis nous musardons par les chemins. On grimpe même jusqu’à Signal Mountain, d’où la vue porte sur des dizaines de miles à la ronde.
En remontant dans le Chevy, on tombe sur notre première famille de touristes français et on discute un instant avec eux. Au bout de 26 jours de voyage, l’effet est curieux... Dans la descente du promontoire, de belles images surgissent au rythme des virages.
On explore aussi un ensemble de marigots envahis par les nénuphars.
Arrivés à South Jenny Lake, on embarque sur la navette qui traverse le lac. Vingt-huit dollars à quatre pour cinq minutes de traversée, ils ne doivent pas trop perdre d’argent... En contrepartie, l’arrivée au pied des montagnes s’avère splendide.
On enchaîne sur une randonnée forestière qui nous conduit à notre point de départ en longeant la rive orientale du lac. Des larges ouvertures dégagent régulièrement la vue sur l’ensemble de la région.
Les mule deers nous accompagnent, bien entendu.
On flâne au bord de l’eau. On se trempe les pieds. Au final, alors que nous craignions de devoir marcher en procession au milieu des visiteurs, nous sommes seuls. Oui, seuls dans le Parc de Grand Teton le premier dimanche du mois d’août !...
En fin d’après-midi, nous rallions Jackson. Visite de la ville, infiniment moins fréquentée que la veille au soir. Les façades expressément western style sont belles, mais surfaites. Ici, tout est fabriqué pour (ac)cueillir les voyageurs des quatre coins du monde. Les prix sont supersoniques.
Et les cowboys n’ont qu’à bien se tenir !
Nous rentrons au Motel 6 à la mort du jour et nous mangeons la Pizza Domino sur une table en plastique du patio intérieur. La piscine est presque vide aujourd’hui. Nous nous couchons tôt, ratatinés par cette journée de promenade en altitude, au grand air et sous le soleil cuisant. La nuit va être réparatrice... Mais là, partout, à chaque étage, on entend des gens qui s’interpellent en français...
... Maintenant Yellowstone ne se trouve plus qu’à un jet de pierre. Nous sommes parés pour une semaine complète de festival naturel. Je vous en parle dès que je trouve une fenêtre dans mon planning... | | | À: YeahMax · 15 février 2014 à 8:27 Re: USA Northwest: Un mois et demi de découverte en famille, durant l'été 2013. Message 60 de 132 · Page 3 de 7 · 3 988 affichages · Partager Hello
Superbes photos de Grand Teton, ma favorite étant celle que tu as prise au point de vue de Oxbow Bend.
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