Jef39 · 29 mars 2020 à 12:46 · 987 photos 105 messages · 6 participants · 4 283 affichages | | | | 29 mars 2020 à 12:46 Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 1 de 105 · Page 1 de 6 · 2 000 affichages · Partager Bonjour, Il n'est jamais trop tard pour rendre compte de son voyage. Le confinement me laisse enfin du temps pour le faire. Je suis parti le 17 août 2017 et je suis rentré le 7 février 2018. Entre temps, je suis allé en Argentine par cargo puis une fois sur ce continent, j'ai visité l' Uruguay, l' Argentine et le Chili. Durant tout ce voyage, j'ai tenu un carnet journalier. Je me propose de vous le livrer. | | | À: Jef39 · 29 mars 2020 à 17:15 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 2 de 105 · Page 1 de 6 · 1 970 affichages · Partager Préparatifs Mes motivations Ce voyage est un rêve de jeune adolescent. Lorsque j’étais en classe de 4e mon professeur de français avait organisé en soirée avec un de ses amis qui revenait du Brésil ou il avait passé 1 an dans le cadre d’un échange d’enseignants ou quelque chose comme ça. De cette conférence m’est venue l’idée d’aller moi aussi dans ces contrées lointaines. À cette époque, et même lorsque j’ai terminé mes études, il n’était pas question, du moins dans ma famille, de partir à l’aventure. De plus, je n’étais pas prêt à ça. Je suis donc entré dans le monde du travail. Cependant, cette idée restait enfouie dans ma tête réapparaissant de temps à autre, mais je ne me contenterai pas d’un voyage de seulement 2 à 3 semaines pendant une période de vacances. Je la laissais donc de côté. À 60 ans, la retraite approchant et mettant à profit un long arrêt de travail faisant suite à un accident de voiture, l’idée est revenue. Cette fois, j’avais le temps pour monter ce projet.
Les préparatifs Durant des semaines je visite les sites de voyages afin de glaner ça et là les lieux à voir, à peaufiner un circuit, à en discuter avec des amis et collègues de bureau. Je prévois de traverser l’atlantique par cargo. Ayant laissé un message sur ce site, la présidente de l’association « les enfants d’Acatama » prend contact avec moi pour me proposer de transporter du matériel pour son association. Après m’être renseigné auprès de la compagnie maritime qui devait me transporter, j’apprends que ai droit à 120 kg de bagages. J’accepte donc la proposition de cette association. Parallèlement, je prends des cours d’Espagnole à la MJC de Dole et sur le site internet espagnol facile Devant laisser ma maison pour une durée indéterminée, je dois penser à organiser mon absence. Je fais le transfert de mon courrier chez mon frère qui se chargera de me tenir informé par messagerie internet des courriers importants. Je me procure un petit ordinateur tablette avec clavier détachable pour me permettre de communiquer, je me fais faire toute une batterie de vaccins : Fièvre jaune, rage, hépatites A et B, typhoïde... ainsi qu’une ordonnance pour me procurer un minimum de médicaments de premiers secours et contre le paludisme. Je m’inscris sur le site Couchsurfing. Je reçois des voyageurs et apprends ainsi de leurs expériences. J’y trouve aussi un point de chute à Montevideo. Je prépare également sur un petit carnet mes mots de passe pour accéder aux sites essentiels assurance, banque, impôts, Skype etc.Je transfère aussi les dossiers indispensables de mon ordinateur sur ma tablette : les scans de tous mes papiers, passeport, carte d’identité, permis de conduire et permis de conduire internationale, carnet de vaccination, etc. Je les mets aussi sur le cloud au cas où. Pendant cette période un couple d’amis qui doivent faire d’importants travaux chez eux me demande s’il pourrait disposer de ma maison pendant le temps de leurs travaux puisque je ne serai pas chez moi. J’accepte. Enfin vient le temps de préparer le sac que je vais emporter. Tout d’abord les vêtements. c’est simple : le minimum c’est à dire ce que j’ai sur moi et un rechange plus des vêtements chauds pour quand je serai au fin fond de la Patagonie. Puis les moyens de communication : la tablette sans le clavier, mon téléphone, mon appareil photo, un chargeur et son câble. Un premier pesage : j’arrive à 15 kg c’est trop, je revois ma copie et j’arrive à 12 kg c’est bon. Au fur et à mesure que la date du départ arrive, je me pose des questions du genre : est-ce que je ne fais pas une bêtise de m’aventurer dans cette aventure ? Mais comme ma traversée était entièrement payée et que ça coûte assez cher, je ne peux pas reculer. 3 ans plus tard, je suis à la retraite et prêt.
| | | À: Jef39 · 29 mars 2020 à 17:57 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 3 de 105 · Page 1 de 6 · 1 965 affichages · Partager Encore une précision.
Je me mets aussi à la couture pour confectionner de petits sacs de toile que je porterai sous mon pantalon et dans lesquels je mettrai mes papiers et mon argent: carte bancaire et numéraire. Je ne garderai accessibles que les photos copies de mes papiers et un peu d’argent liquide. Après bien des interrogations, je décide de prendre avec moi le maximum d’argent autorisé par la réglementation (10 000 €). La carte bancaire ne servirait qu’en cas de coup dur. À y bien réfléchir, j’estime que les chances d’être détroussés sont faibles. Si cela devait m’arriver, je laisserais la somme d’argent accessible. Et si je tombe sur une bande de malfrats prêts à tout de toute façon dans ce cas, je passerai un sale quart d’heure. Alors... ! | | | À: Jef39 · 30 mars 2020 à 14:09 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 4 de 105 · Page 1 de 6 · 1 936 affichages · Partager Bonjour Jean-François
Je suis allée en Equateur et au Pérou. Une de mes prochaines destinations sera le Chili. Je suis donc intéressée par votre aventure.
Cordialement. | | | L’attenteJeudi 17 août 2017 (J1) C’est le grand jour du départ le réveil est programmé sur 6 h. Je fais une dernière lessive de tout ce qui traîne de linge puis me termine mes derniers préparatifs. Je pars ensuite à la gare prendre mon billet pour Dijon et reviens à la maison pour manger à 11 h. Ensuite, je coupe l’eau, ferme tout et à 12 h 15, je charge le sac à dos direction la gare. Le pas est plus lent que d’habitude. Le sac est aussi plus lourd. En plus des 12 kg estimés, j’ai ajouté une soixantaine de stylos à bille pour les écoles andines ainsi que du fromage pour Nicole qui me logera jusqu’à mon embarquement. J’arrive à la gare vers 12 h 40, je cherche le quai. Après avoir scruté attentivement tous les tableaux, les panneaux indicateurs, intérieurs, extérieurs, il faut me rende à l’évidence : le train de 13 h 11 n’est pas affiché. Je vais prendre des informations auprès des agents SNCF au guichet qui heureusement est ouvert et mon soupçon est confirmé : pour cause de travaux, ce train est temporairement supprimé. Je me fais rembourser mon billet et appel Carole de blabla-car qui doit me transporter jusqu’à La Seyne-sur-Mer. Celle-ci accepte de faire le crochet par Dole et me prend à la sortie Dole Choisey de l’A39.
Entre temps, Marie Laure, Cécile avec Laurent et mon frère Thierry sont arrivés à la gare pour assister à mon départ. On discute, on prend des photos pour immortaliser ce moment et Marie Laure me conduit à mon lieu de rendez-vous. Carole arrive à 14 h 10. Elle a déjà 2 autres passagers. Nous en déposons 1 à Lyon et en reprenons 2 autres. Nous finissons le trajet Lyon Toulon à 5 dans la petite C3. Moi je suis devant donc pas trop serré. Carole ne met pas la clim, car ça la rend malade. Nous roulons donc fenêtres ouvertes ce qui génère du bruit qui rends toutes conversations difficile. De plus, l’aire finit par me donner mal à la gorge. Enfin pour couronner le tout, je ne me sens pas trop en sécurité, car Carole tout en conduisant utilise assez souvent son smartphone. A 21 h 30 j’arrive enfin à La Seyne-sur-Mer. Je préviens Nicole. C’est sa belle fille qui vient me chercher au bout de quelques minutes. Lorsque j’arrive, tout le monde est à table. Le temps de me débarrasser de mon sac et je rejoins la tablée. Nicole m’a attribué un petit cabanon à l’arrière de la maison. La propriété est en bordure de l’autoroute donc assez bruyante. Je mets mes bouchons d’oreilles et me couche vers 22 h 30 après avoir pris une douche.
Vendredi 18 août 2017 (J2) La propriété de Nicole dispose d’un vaste terrain sur lequel est bâtie une grande bastide, lieu de résidence principale, et quelques dépendances. L’une d’elles dite " pièce à musique" m’abrite pour la durée de mon séjour. Elle est composée d’une grande pièce ou j’ai mon lit, d’un couloir qui sert d’entrepôt pour les activités associatives de Nicole, d’une douche et de w.c.. Il y a également un atelier, un bâtiment en dur derrière la maison et sur le côté de ma demeure, une piscine. La terrasse de la maison principale, abritée par deux énormes mûriers est fermée sur l’un des côtés par une cuisine d’été. Au fond de la propriété diverses bâtisses construites en bois abritent le poney dénommé Flamenco, quelques poules. Le terrain est parsemé d’enclos, l’un pour le poney, l’autre pour les tortues, un troisième pour les poules, un autre pour le jardin. Cette propriété serait un vrai paradis si ce n’était l’autoroute qui la longeait sur sa limite nord ce qui a pour conséquence de baigner ce havre de paix d’un fond sonore ininterrompu et désagréable. Je dois donc mettre mes bouchons d’oreilles pour dormir. Le compagnon de Nicole, retraité de France Télécoms, ou plutôt de ce qui est devenu France Télécoms est musicien amateur. Son nom de scène est Paco. Il jouait des instruments à percussion d’où la pièce à musique. Celle-ci est remplie d’instruments de percussion, d’un piano droit, de guitares et de matériels d’acoustique, baffles, amplificateurs, câbles, etc. Je lui ai donc dit que je chantais dans une chorale d’homme et lui ai fait entendre quelques morceaux de notre répertoire à partir de notre site internet. Le son de ma tablette n’étant pas très bon, il est allé chercher son matériel d’audition pour le brancher sur ma tablette. Après un long moment nécessaire à tout regrouper ce dont il avait besoin, il lui fallut encore un bon moment à effectuer les branchements pour s’apercevoir que ça ne fonctionnait pas. C’est seulement à cet instant qu’il s’est aperçu qu’il aurait pu laisser les branchements de son ordinateur et charger les morceaux à partir de celui-ci. Du coup, il a réinstallé ce qu’il venait de défaire à grand-peine. Je n’ai jamais pensé à un seul moment qu’il démontait son installation. Nous avons enfin pu écouter quelques extraits de nos chants puis il m’a fait entendre une partie de la "misa négro" interprétée par l’un de ses groupes de jazz afro-cubain favori. Ce matin Nicole à invité Juan un de ses amis argentins qui passe quelques mois en France à Six Fours pour aider à préparer les colis de vêtements que je dois transporter. Nous passons la matinée à remplir des sacs d’habits chauds pour enfants. Au total, nous remplissons 7 sacs pour un total d’environ 106 kg de fringues.
Après Juan me donne des conseils pour mon voyage et des endroits à ne pas manquer lors de mon périple. Dans l’ensemble, ce qu’il me dit se recoupe avec ce que j’ai prévu sauf pour la province des Missiones ou il m’a donné des informations sur des sites que je n’avais pas recensés. Juan passera la journée de lundi avec moi. J’espère récupérer de nouvelles informations utiles. L’après-midi a débuté par une bonne sieste et une séance de sieste. Je n’ai pas voulu aller me baigner à cause du mal de gorge que j’ai pris hier dans la voiture.
Samedi 19 août 2017 (J3) Ce matin, c’est le départ du fils de Nicole et de sa famille soit 6 personnes : lui, sa femme ou compagne, leur fils, la sœur de sa femme avec ses deux enfants. Il reste la fille de Jean-François avec son fils. Son mari cubain est retourné dans sa famille le temps des vacances. Comme ils se sont couchés tard, le réveil est lui aussi tardif. Après que tout ce monde ait déjeuné, c’est le regroupement et le rangement des affaires. Enfin, c’est les hors-voir, puis le départ pour Cenon dans la Drome provençale. Il est 14 h. Nous nous mettons à table. L’après-midi est calme sur la terrasse. En fin d’après-midi Nicole a invité quelques amis à l’apéritif. Elle nous sert un mojito qui doit être sa spécialité et que tout le monde apprécie. Elle le fait sur place. Dans chaque verre elle met des feuilles de menthe, 1 verre à liqueur de jus de citron, 2 verres de rhum blanc, 1 verre de sucre liquide et complète avec du perrier. Ce n’est pas très fort et ça à bon goût, toute fois, je pense qu’il ne faudrait pas trop en abuser. La fin de la journée se termine par le dîner.
Dimanche 20 août 2017 (J4) Ce matin après avoir déjeuné, Nicole me propose d’aller avec Marceline à La Seyne-sur-Mer. Nous partons vers 10 h 45 avec son fils Sandro de 2 ans 1/2. elle me laisse sur le port et nous convenons de nous retrouver au même endroit à midi. C’est jour de marché j’y fais un tour, ensuite je me promène le long du port et au détour d’une rue, je découvre un vide-grenier. J’en profite pour chercher et acheter un étui à lunettes pour ma paire de secours. Avant de me rendre au lieu de rendez-vous, je prends le dernier gâteau de la boulangerie que je trouve. En arrivant à la voiture, Marceline me demande si cette boulangerie est loin, car elle doit rapporter le pain. J’y retourne, mais il est midi passé de 6 min et elle est fermée. De retour à la voiture, j’aperçois une supérette, hélas ! il n’y a plus de pain. Nous repartons en direction d' Ollioules dans l’espoir de trouver une boulangerie ou une grande surface ouverte. La première boulangerie est fermée. La seconde sera la bonne. J’achète les 4 baguettes demandées par Nicole. De retour à la maison, le neveu de Jean-François est arrivé avec sa femme Mariana, une belle Sénégalaise, et leur fils de 15 ans un grand noir costaud qui joue au rugby. Vient ensuite le deuxième fils de Nicole et sa belle fille. Nous prenons l’apéritif, un mojito, que je mets à profil pour faire connaissance avec tout ce nouveau monde. Nous nous mettons à table. Nous nous retrouvons à 9.
Après le repas tout le monde va faire la sieste sauf Mariana, sa cousine Marceline et moi. Nous passons l’après-midi à discuter. J’apprends que Mariana est originaire de la Casamance, que ça fait 11 ans qu’elle est en France, qu’elle habite Aix-en- Provence, qu’elle est serveuse au restaurant Ibis. Elle me propose d’aller au Sénégal dans sa famille à mon retour d’ Argentine. Sur ce je lui réponds qu’il ne faut pas me faire de telle proposition, car je suis capable d’y aller, mais elle est sérieuse et me donne sont numéro de téléphone et me dit qu’ils y retourneront en février prochain et que je peux y aller si je suis revenu d’ Amérique du Sud. Je verrais bien ou j’en serrai à ce moment-là. De mon côté j’explique que je viens du Jura et voyant qu’ils ne connaissent pas cette région, à mon tour je lui laisse mes coordonnées et l’invite avec sa famille à venir passer quelques jours en vacance. Au bout d’un moment, les convives reviennent un à un de leurs siestes. Tout le monde se retrouve à la piscine. J’hésite un long moment à me tremper vu ma gorge enflammée, mais je finis par céder devant l’insistance des baigneurs. Nous finissons la journée par le dîner. Marceline me propose une infusion de gingembre pour me faire passer ma toux. J.accepte. Je verrais bien si c’est aussi efficace qu’elle le prétend. Au bout de quelques gorgés, je n’ai plus mal, je verrai si c’est définitif ou passager.
Lundi 21 août 2017 (J5) Ce matin Mariana prépare le repas de midi. Elle fait un plat sénégalais, c’est un poulet au citron. Un peu plus tard dans la matinée, Juan arrive, nous discutons sur des points pratiques pour mon voyage. Ensuite j’appelle le port de Fos pour savoir quand j’embarque. Finalement, ce sera mercredi, mais je n’ai pas l’heure exacte. Marceline, Sandro et Paco sont allés au parc de La Seyne-sur-Mer pour que le petit s’amuse. Midi arrive avec le fils, la belle fille et le petit fils de Nicole. Nous nous retrouvons 11 à table. Le poulet est délicieux, la belle fille de Nicole prend la recette sur son calepin. Je la prends en photo, Marceline en fait autant. La fin du repas terminé, le neveu de Paco reprend la route pour Aix et tout le monde, moi compris, va faire la sieste. Au réveil, Nicole me sort ses guides d’ Argentine et prépare un mot pour la douane de Buenos Aires. Depuis quelque temps je suis intrigué par des filets contenant des coquilles d’œufs pendues dans les arbres fruitiers. Je demande à Nicole leurs fonctions : ça repousse les pucerons des arbres. Ce soir nous ne sommes que cinq à table.
Mardi 22 août 2017 (J6) Ce matin, j’appelle le port pour savoir quand j’embarque. Ce sera mercredi, mais l’heure n’est pas encore connue. Je pars avec Nicole pour faire quelques courses. Je l’aide à transporter les paquets et j'en profite pour prendre une prise de courant internationale. Rentré à la maison nous déjeunons puis l’heure de la sieste arrive. Pour ma part, je prépare mes affaires, entre les adresses que Nicole m’a données sur ma tablette. A la sortie de sieste Marceline, Sandro et son grand-père vont à un jardin zoologique. Juan passe à la maison, c’est lui qui me conduira à Fos-sur-Mer. Il viendra vers 8 h 30 pour partir vers 9 h 30. Il faut compter environ deux heures de route. Je prends encore quelques informations, Nicole me donne de nouvelles adresses. L’heure du repas arrive, nous mangeons une bonne soupe de poisson, ensuite je peaufine mes derniers préparatifs quand Nicole me demande si j’ai le mal de mer. En fait, je n’en sais rien, je n’ai jamais fait de traversée aussi longue sur un bateau aussi grand. Au cas où cela m’arriverait, elle a un truc soi-disant efficace : elle l’a testé. Il faut se mettre une boule sur l’intérieur du poignet et la maintenir en place par un bandage et le mal de mer disparaît ! Je suis septique, mais Nicole me donne une grosse bille de verre au cas ou. Pour ma part, j’espère ne pas en avoir besoin, mais, si jamais cela devait se produire, j’essaierai. Si ça ne fonctionne pas, me rabattrais sur la médecine plus conventionnelle : mon médecin m’a prescrit ce qu’il faut pour palier à une telle éventualité. La journée se termine, je vais passer ma dernière nuit sur la terre ferme avant bien longtemps. | | | À: Jef39 · 31 mars 2020 à 13:14 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 6 de 105 · Page 1 de 6 · 1 884 affichages · Partager votre précision, vos détails sont impressionnants. Est ce que vous notez tout sur un carnet au jour le jour ? L'épisode de la baguette m'a fait sourire. ça semblait être crucial. J'attends la suite. Bonne journée. | | | Durant tout mon voyage, j'ai tenu un carnet de bord tous les jours. J'ai tout noté ou presque ce que j'ai fait, même certaines choses insignifiantes. Je vous les restitue tel quel. | | | À: Jef39 · 31 mars 2020 à 22:01 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 8 de 105 · Page 1 de 6 · 1 850 affichages · Partager La traversée
mercredi 23 août 2017 (J7) Ce matin, je suis debout à 6 h 30. j’ai encore quelques manipulations de fichiers à sauvegarder. Je déjeune vers 8 h, comme prévu Juan arrive à 8 h 30, il prend un café puis nous chargeons la voiture de Nicole. Après les hors voir, nous partons pour l’embarcadère au port de Fos-sur-Mer. Il est 9 h 45. Nous arrivons devant le bateau vers 11 h 45 après nous être présentés au poste de contrôle. Je monte enfin sur le pont chargé de mon sac à dos par un haut escalier suivi de Juan avec une valise. On me fait noter mon identité sur un registre puis je vais au bureau pour prendre les consignes et expliquer que j’ai d’autres bagages. Ici, l’anglais est la langue d’usage. Je suis un peu perdu. Le capitaine me demande ce qu’il y a dans ces sacs, Juan et moi lui expliquons tant bien que mal que ce sont des vêtements pour les enfants de l’Acatama et que je dois les descendre a Buenos Aires tandis que je dois continuer jusqu’à Montevideo. Le capitaine me dit que ce n’est pas possible. Je dois décharger mes sacs à Montevideo, la douane argentine ne me laissera pas faire. Voilà un imprévu de taille. On me demande mon passeport et mon certificat de vaccination puis je dois remplir un formulaire pour déclarer mes objets de valeur avec leurs prix. Heureusement que j’avais chargé mes factures sur ma tablette. Comme il est déjà 12 h 10 et que le repas est à 12 h 15 dernier délai, je retourne vite dehors pour dire hors revoir à Juan. Nous nous embrassons puis il repart. Moi je remonte à bord et me rends à la salle de restaurant. Je suis seul à table, peu de temps après vient le capitaine. Il est jeune, je le lui dis, il me répond qu’il a 34 ans. Il mange à toute vitesse et a fini alors que j’en suis qu’à la moitié de mon plat principal. Il y a une soupe d’oignon, une viande en sauce avec du riz et des légumes puis un fruit. Après ce repas, je redescends sur le quai pour prendre une photo du cargo,
mais je me fais houspiller par les ouvriers qui chargent et déchargent le bateau. Il faut dire que c’est dangereux, avec le vas-et-viens continuelle des ponts et des transbordeurs de conteneur. Je remonte donc dans ma cabine et la p
rends en photo. Puis je fais une sieste. Après je regarde de ma cabine le chargement et le déchargement du bateau. Ça n’arrête pas de l’après-midi. Les horaires des repas sont définis comme suit : petit-déjeuner entre 7 h 30 et 8 h 30, déjeuner de 11 h 30 à 12 h 15 et dîner de 17 h 30 à 18 h 30. On se croirait à l’hôpital. Je descends donc vers 18 h pour dîner. Mais on me demande d’aller prendre les consignes de sécurité. Un employé me conduit auprès de la personne chargée de la sécurité à bord. Celui-ci nous donne la marche à suivre en cas d’incendie et celle au cas ou le navire viendrait à couler. Tout cela bien sûr en anglais ! j’espère que cela n’arrivera pas, car si j’ai à peu près compris les grandes lignes et encore, c’est bien tout. A cette occasion, je rencontre les 2 autres passagers. Ils sont suisses, de la région de Zurich. L’un parle un peu français, il fait du commerce d’outillage industriel, l’autre doit être graphiste et travail dans les films d’animation. Le repas terminé, je rentre dans ma cabine et attends le départ. Vers 20 h 20 le bateau commence à avancer. Ça y est, nous partons, mais, c’est un faux départ au bout de quelques minutes, il s’arrête. Il démarrera définitivement à 22 h 20. Je regarde un moment la manœuvre puis je me couche.
Jeudi 24 août 2017 (J8) j’ai passé ma première nuit en mer. Rien de particulier à relater sur ce sujet, ci ce n’est les rêves loufoques que j’ai faits. En me levant je jette un œil par le hublot j’aperçois au loin les cotes. Après avoir fait mes étirements, je regarde à nouveau, je constate que nous sommes bien rapprochés du rivage. Serions-nous sur le point d’arriver à Barcelone ? Il est l’heure de descendre au mess pour déjeuner. L’officier présent confirme mon hypothèse. Nous serons à Barcelone dans environ une heure. Arrivé sur zone, c’est un remorqueur qui fait manœuvrer le cargo jusqu’à quai. Encore une heure plus tard, le ballet des ponts transbordeurs, des ponts de stockage de conteneurs et des chariots de déplacement des conteneurs se met en route. Trois ponts transbordeurs sont en activité sur le Rio Negro. Le port est immense. Celui de Fos est miniature comparé à celui-ci. Ici le parc à conteneurs est organisé de la façon suivante.
: au moins 6 ponts transbordeurs s’activent le long du quai, il y a au minimum 14 ponts destinés à la mise en dépôt et à la reprise des conteneurs. Chacun d’eux enjambe 9 conteneurs en largeur et 5 en hauteur. Il m’est impossible de savoir combien il y en a sur la longueur de la zone de stockage d’un pont. Le chargement a commencé vers 11 h, il va durer jusqu’à notre départ. Le port est loin de la ville de Barcelone les 2 autres passagers et moi, décidons de rester à bord. Personnellement, j’y étais déjà allé l’an dernier. Je passe une partie de mon temps à découvrir la zone de vie de ce cargo. Je trouve la salle de jeux. Elle dispose d’une table de ping-pong, d’un baby-foot et d’une cible de fléchettes. Dans la salle d’accoté, c’est la piscine elle n’est pas très grande, mais profonde, par contre elle est vide et un écriteau en anglais précise qu’il ne faut pas sauter quand elle est vide. Ça va sous le sens, mais je suis sur un bateau battant pavillon allemand : on ne rigole pas avec la sécurité. Au même endroit se trouve le sauna, lui aussi inactif. A un autre étage, je découvre le bar et la bibliothèque.Bien que me doutant de la réponse, par acquit de conscience, je me renseigne pour savoir s’il y a des livres en français, hé non, il n’y en a pas. Seulement des livres en anglais et en allemand. Il est bien loin le temps où le français était la langue de référence. Je me suis aussi risqué sur les coursives extérieures tout en restant sur la zone d’habitation, le reste du pont étant interdit pendant les opérations de chargement déchargement. Je fais des photos, je monte jusqu’au sommet vers les cheminées, je passe d’un bord à l’autre, d’un étage à l’autre. Au bout d’un moment, je décide de retourner à ma cabine. Je retourne à la porte qui donne sur mon étage, mais elle est close. Je me suis trompé. Du coup je ne sais plus ou est la bonne porte il n’y a pas de repères d’étage à l’extérieur. Les Allemands ont pour une fois manqué de rigueur. Je sais, tout de mème, de quel coté du navire elle est. Je change d’étage, essai à nouveau, je tombe à chaque fois sur des portes closes. Pas de panique, je décide de descendre jusqu’au premier pont et entrer par l’accès pris hier en arrivant. Je descends donc. À un moment l’escalier est fermé. Mon plan ne fonctionne pas. Je remonte donc et à chaque étage je vérifie toutes les portes de sorte qu’à un moment je finirai bien par trouver non pas la sortie, mais l’entrée. C’est effectivement ce qui se produit. J’arrive exactement là ou j’étais sorti. Tout cela ne m’occupe pas la journée. Je m’attelle donc à l’écriture de mes mémoires pour Maya. J’avais commencé il y a quelques années, mais il me reste à écrire sur Vincent. Je n’avais pas pu le faire alors. Aujourd’hui, la douleur est moins vive, malgré tout, faire remonter son souvenir m’est pénible. J’espère que ça permettra à Maya de mieux connaître sa famille paternelle. Ce soir, nous dînons en même temps que le capitaine. Il demandera à son mécanicien de nous montrer et nous expliquer le fonctionnement du cargo après avoir quitté Valencia. Nous quittons Barcelona vers 22 h 30.
Vendredi 25 août 2017 (J9) Ce matin, lorsque je me réveil, nous sommes en pleine mer. Nous arrivons au port de Valencia à midi et demi. Je monte sur le pont pour assister aux manœuvres d’appontage. Deux remorqueurs prennent en charge notre navire. Il faudra compter une bonne demi-heure pour effectuer la manœuvre. Cet après-midi, je vais en ville avec les deux autres passagers. Un registre des entrées et sortie du cargo est tenu, nous devons donc nous inscrire en quittant le bateau. On ne peut pas circuler à pied dans la zone portuaire, un employé du bateau à appeler les services portuaires qui viennent nous chercher en voiture et nous mènent jusqu’à l’entrée du port. Là nous devons montrer nos papiers d’identité. Ensuite la gardienne nous appelle un taxi. Nous nous faisons conduire au centre-ville. Nous cherchons l’office du tourisme puis une librairie pour les deux autres passagers qui veulent acheter une méthode d’apprentissage de l’Espagnole. Ils comptent apprendre pendant la traversée. Soit ils sont très doués, soit ils sont très optimistes. Une fois cet achat fait, nous nous essayons pour prendre une bière après quoi nous voulons visiter une église, mais la visite est payante. Nous laissons tomber. Je rentre avec l’un de mes deux compères, l’autre reste encore au centre-ville. Ce n’est pas facile de visiter une ville en si peu de temps, mais ça fait tout de mème du bien de s’évader de l’espace confiné du bateau surtout que demain nous prenons la mer pour 10 jours non-stop.
Samedi 26 août 2017 (J10) Nous avons quitté le port de Valencia vers 5 h du matin. Le chargement s’est terminé tard dans la nuit. Lorsque je me lève, nous sommes déjà loin des cotes espagnoles, mais on les aperçoit encore. Nous naviguons en direction du détroit de Gibraltar. Le capitaine nous informe que nous le franchirons vers 2 h demain matin. Je mettrai mon réveil pour ne pas manquer ce lieu mythique. Peux être allons nous tomber dans les enfers comme le pensaient les navigateurs de la Grèce antique. La journée est très calme. De temps en temps, j’aperçois un navire au loin. À un moment, ils y en avaient 4 de visibles. Je vais de ma chambre aux ponts, des ponts à ma chambre. internet ne passe plus. Je passe un grand moment sur mes mémoires. Essentiellement à remanier et compléter ce que j’avais écrit les jours précédents. J’examine le poste de télé et le lecteur de DVD, mais comme je n’ai pas de DVD, je ne peux pas m’en servir. Je vois sur le côté de la TV une prise USB j’y branche ma tablette me disant que je vais pouvoir passer mes photos. Après plusieurs tentatives, je n’arrive au mieux qu’à obtenir un bel écran bleu. Je me résous à la capitulation. Un petit oiseau s’est laissé enfermer dans le poste de pilotage avant notre départ.
Il vole et se cogne aux fenêtres. A un moment, il se pose sur le rebord de la fenêtre près de la porte d’entrée. Je le pends en photo puis j’arrive à l’attraper. Je le relâche à l’extérieur et la, il s’envole sans aucune hésitation en direction de la terre. Je ne sais pas comment il fait pour s’orienter. Aura-t-il suffisamment d’énergie pour rejoindre les siens ? Dieu seul le sait.
Dimanche 27 août 2017 (J11) 1 h 45 ce matin, le réveil sonne je me lève et monte sur le pont vers la cabine de pilotage. Il fait nuit, le ciel est couvert. Je scrute l’horizon, je vois quelques lumières, rien de spectaculaire. Au bout d’un moment, le pilote sort, dans le noir j’ai du mal à le distinguer. Lorsqu’il me voit, il me demande qui je suis en anglais, je n’ai pas eu besoin de lui parler longtemps. Vu mon anglais désastreux, il a vite compris qu’il avait à faire à un passager. Il m’explique qu’il est interdit d’aller sur le pont la nuit, car c’est trop dangereux. Je lui réponds que je suis monté pour voir le détroit de Gibraltar. Nous n’y serons pas avant 7 h du matin. Je rentre dans le poste de pilotage et redescends me coucher. A 7 h je suis à nouveau sur le pont aux aguets. Le temps est couvert et la visibilité limitée, mais, vu le nombre de bateaux qui nous entourent, il n’y a pas de doute sur notre position. Le détroit de Gibraltar est une sorte entonnoir qui regroupe tous les navires. J’attends le moment ou je pourrai embrasser d’un seul coup d’œil les cotes européenne et africaine à la fois. Hélas! le temps en décide autrement. J’arrive à distinguer la cote espagnole, mais, point de cote marocaine en face. J’attends encore jusqu’au moment ou grain m’oblige à abandonner. Je ne ferai pas La photo du jour. Je rentre et vais prendre mon petit déjeuner à la suite de quoi, je retourne me coucher. Vers 10 h je me lève et remonte sur le pont. L’eau de l’océan est d’un bleu plus soutenu que la Méditerranéenne. Je ne sais pas trop pourquoi, j’émets l’hypothèse que cela vient du temps en effet, le ciel est toujours bien couvert. Je vérifierai cette théorie lors d’un jour de beau temps. La mer est également plus agitée. Ce n’est pas la tempête, juste quelques moutons par ci par la qu’il n’y avait pas de l’autre coté du détroit. Après manger, je retourne une nouvelle fois sur le pont. Quelle n’est pas ma surprise de voir un banc de dauphins sauter dans les vagues provoquées par l’étrave du cargo. Je retourne vite dans ma cabine, prends mon appareil photo et immortalise ce moment.
Aujourd’hui à chacune de mes sorties à l’extérieur, j’ai vu plusieurs bateaux autour du nôtre. C’est surprenant comme cela en plein océan. Peut être est ce au fait que nous somme encore sous l’influence du détroit ou alors y a-t-il des zones de navigation à respecter ou bien encore tous ces vaisseaux font le même parcours que nous. Je ne passe pas ma journée sur le pont. Maintenant que je sais que je dispose d’un lecteur de DVD, je vais à la bibliothèque et examine avec attention la liste des DVD disponible. Le choix est multiple et varié, mais tous les titres sont soit en anglais soit en allemand. Tous non trois sont en français. Il faudra bien que je gère mon temps pour éviter de brûler ses 3 cartouches d’un seul coup. Je continue également l’écriture de mes mémoires.
Lundi 28 août 2017 (J12) Cette nuit, nous avons changé de fuseau horaire, nous devons retarder nos montres d’une heure. Ce matin je vois le capitaine et lui demande si en quittant le navire à Buenos Aires avec mes colis, cela poserait moins de problèmes que si je ne faisais que les déposer et continuer mon voyage sur Montevideo. Il me répond que dans ce cas je n’aurais pas de problèmes. Je décide donc de faire comme ça et l’informe de ma décision. Je monte sur le pont et visite le poste de pilotage. Il y a 25 personnes à bords pour le fonctionnement du bateau et les 3 passagers. La vitesse de croisière est de 15 nœuds soit environ 27 km/h. Le bateau consomme 54 t de fuel par jour à chaque tour de l’hélice, c’est 1/2 l de fuel qui est brûlé. Une journée de navigation revient à 21 000 euros. Aujourd’hui, il fait beau, le ciel est bien dégagé et l’eau est toujours du même bleu qu’hier donc je pense que l’atlantique n’est pas de la même couleur que la méditerranée. L’horizon est à environ 50 km. Sur le bateau, on ne perçoit pas la courbure de la mer comme lorsqu’on est sur le rivage. On a vraiment l’impression d’être au centre d’un disque. Je comprends que nos ancêtres croyaient que la terre était plate et qu’en naviguant trop loin ils risquaient de tomber dans les abysses. Un navire de la compagnie MSC, du port de Valencia, nous a croisés ce matin. Il avait la même direction que nous, mais, en sens inverse.
Les cargos suivent donc des routes bien définies. D’ailleurs, une carte de l’atlantique nord est affichée dans le poste de pilotage avec les tracés des routes de ports à ports et l’indication des distances. Ce soir, c’est soirée barbecue. L’équipage est aux préparatifs depuis ce matin. Des tables et des bancs sont installés sur le pont au niveau de ma cabine avec un gros barbecue ainsi qu’une guirlande avec des ampoules multicolores et les drapeaux accrochés au garde-corps du pont supérieur. Je ne sais pas encore pourquoi ce barbecue est ici, car pour l’instant il est vide. Un autre barbecue est installé sur le 1er pont. Celui-ci est en chauffe depuis ce matin et un cochon entier est déjà embroché prêt à cuire lorsque je passe vers 11 h. La soirée commence à 18 h.
Le cochon qui a cuit en bas a été monté, le barbecue de mon pont est allumé et une quantité impressionnante de victuailles attend d’être dévorée. Outre le cochon il y a des saucisses, des steaks, des cuisses de poulet, des gambas, des moules : tout cela à faire griller. A côté de cela, il y a plusieurs types de salades : salade de pâtes, salade de légumes, salade de fruits. Bien sûr les boissons ne manquent pas : de la bière : le cargo bat pavillon allemand et des canettes de jus de fruits. C’est complètement inimaginable de faire un barbecue sur un cargo en plein milieu de l’océan Atlantique et c’est pour temps ce que je suis en train de vivre. Ce soir nous longeons les îles Canaries. Comme elle fond partie de l’Union européenne, j’essaie de communiquer par téléphone, mais bien que je vois la cote, les communications ne passent pas.
Mardi 29 août 2017 (J13) Une nouvelle fois nous avons changé de fuseau horaire. Je retarde donc ma montre d’une heure. Ça commence à être compliqué a géré ces histoires d’heure. Il faut à chaque fois que je réfléchisse quelle heure il est en France, en Argentine. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi je réfléchis à ça puisse que je ne peux pas communiquer, mais, bon vu les maigres possibilités d’activités qui sont à ma disposition, tout prétexte est bon à prendre. Je règle mon téléphone pour qu’il m’indique l’heure du lieu où je me trouve, celle de France et celle d’ Argentine. Comme j’ai le choix entre plusieurs possibilités pour faire ses réglages, je les explore toutes, je les compare et enfin j’en retiens une. C’est tout un art que de s’occuper avec rien. Je ne suis pas en grande forme. La clim et peut être un coup de froid hier soir on réactivé mon mal de gorge avec en prime une tête un peut lourde. Ça ne vient pas des exercices intellectuels poussés décrits ci-dessus. Du coup j’enfile un tricot d’hiver qui me couvre bien le cou et je reste passif pour la journée. Je fais juste une sortie jusqu’à l’avant du bateau, aller-retour il y a tout de même 500 m auquel il faut compter les 7 étages à descendre puis à remonter : je ne prends pas l’ascenseur, ça va trop vite. Si la vie sur la terre ferme on est toujours à la recherche de la performance ici, en tout cas moi, j’utilise tous les moyens pour aller le moins vite possible. L’avant est calme. Je suis à 280 m du moteur et je n’entends pratiquement plus son ronron perpétuel. J’y reste bien une heure et demie à contempler l’océan. Un oiseau vole au ras des vagues devant l’étrave du bateau. Il doit pêcher. Je le suis des yeux, je le perds puis le retrouve, ainsi de suite. Je décide de le prendre en photo. Ce n’est pas facile. Je règle l’appareil en mode rafale et je mitraille en espérant que sur le nombre il sera bien sur l’une d’elles. A un moment je vois un triangle qui sort à la verticale de l’eau et qui s’enfonce par trois fois. Peut-être un requin ? Je vois aussi un poisson volant qui saute hors de l’eau pour éviter le bateau et je vois de l’eau, beaucoup d’eau. A mon retour dans ma cabine je scrute mes photos en regardant avec le grossissement le plus élevé de manière systématique toute la surface d’eau prise sur chacune d’elle. Il y en a 14. Là aussi, je suis bien occupé. Pour finir, je l’ai eu sur une seule photo. J’efface les autres.
Mercredi 30 août 2017 (J14) Journée plate. Ce matin je rédige une page de mes mémoires et cet après-midi je lis le guide du routard du chili. Le tout entrecoupé de quelques rares sorties sur le pont. Chaque jour les fumées des cheminées du moteur du bateau déposent sur les ponts une quantité de scories noires impressionnante. Tous les jours l’ensemble des ponts est nettoyé au karcher, mais, quelques heures après, c’est comme si rien n’avait été fait. Des tapis-brosses sont placés à chaque accès aux ponts, il convient de bien s’essuyer les semelles des chaussures avant de marcher dans les coursives intérieures afin de les laisser propres. Malgré cette précaution les semelles de mes chaussures sont complètement noires. A part ça je tiens toujours mon rhum.
Jeudi 31 août 2017 (J15) Encore un changement d’heure cette nuit. Ce matin, nous longeons les îles du Cap Vert. Dommage que nous ne débarquions pas. Après avoir déjeuné, nous sommes invités par le capitaine à visiter la salle des machines. C’est en fait le chef mécanicien qui nous fait la visite. Hélas ! Pour moi, les explications sont en anglais. Je ne comprends pas un mot de ce qu’il dit sauf lorsqu’il me montre la température qui règne : le thermomètre indique 38 °. Cette salle des machines est immense avec plusieurs étages des ponts roulants. C’est une véritable usine qui produit bien sûr l’énergie pour propulser le navire, mais aussi toute l’électricité pour le fonctionnement de celui-ci, l’unité de dessalinisation de l’eau de mer, la climatisation, les appareils de sécurité, etc. la visite aura duré 1 h environ.
L’après-midi, je vais faire un tour sur l’avant du bateau. À tout moment des poissons volants jaillissent de l’eau et volent pour s’éloigner du navire. Certains font de très longs vols. J’ai mon appareil photo. Je prends une multitude de photos pour au final n’en conserver que 2 qui ne sont pas terribles, mais c’est très difficile, voire impossible, de les cadrer. Le reste de la journée se passe en poursuivant mon travail d’écriture et en traînant sur les ponts. Ce soir après le dîner, j’ai trouvé la salle de sport. Je fais 5 km avec une pente de 4,5 % sur le tapis roulant en 1 h. Ça n’a rien à voir avec une sortie en plein air. En plus la pièce est chaude. La seule vision que j’ai devant moi, c’est la présence d’une photo d’une fille en tenue très légère.
Vendredi 1er septembre 2017 (J16) ce matin nous changeons une nouvelle fois d’heure. Nous avons maintenant 4 h de retard par rapport à La France. Après le petit déjeuner, je vais faire un peu de marche sur l’appareil pendant 1 h. Il fait très chaud, ce n’est pas agréable. Je ne pense pas y retourner. En rentrant dans ma cabine, je prends une douche et me remets à l’écriture. Après manger, je sors sur le pont. La chaleur est intenable. Je retourne en cabine et fais la sieste. A 15 h 20 il est prévu de faire un exercice incendie. Le signal retentis, je sors, prends l’escalier extérieur le plus proche et, comme au CD21, je descends. Je suis surpris de ne rencontrer personne. J’arrive en bas tout le monde s’active, je ne sais pas trop quoi faire. Enfin, quelqu’un me dit que je dois remonter tout en haut et il m’appelle l’ascenseur. Je lui fais remarquer qu’en cas d’incendie on ne doit pas prendre l’ascenseur. Il me répond que oui, mais que la ce n’est qu’un exercice. Je monte donc au poste de pilotage. C’est là que j’aurai dû aller directement. Le capitaine me le fait remarquer en anglais. Je le laisse dire, de toute façon je n’y comprends rien, mais je vois bien qu’il n’est pas très content. Ce n’est pas grave. Après tout, les exercices sont faits pour ça : voir les erreurs et les éviter en cas de réel accident. Je profite de ma présence au poste de pilotage pour situer notre position. Une console informatique indique 8 ° nord et 26 ° ouest, je n’ai par retenu les chiffres derrière la virgule. Je reporte grossièrement ces informations sur la carte : il y a encore du chemin à parcourir avant d’arriver au prochain port. Nous sommes relativement près de l’ équateur, ce qui explique la fournaise au-dehors ainsi que la rapidité avec laquelle la nuit tombe. Après un moment je redescends dans mes appartements et je lis un peu les guides que j’ai pris avant de passer à table.
Samedi 2 septembre 2017 (J17) La journée est en tout point conforme aux précédentes. Voilà donc une journée type. Je suis réveillé vers 5 h du matin par le jour naissant. Je reste couché jusqu’à 7 h à somnoler, je me lève et fais mes exercices d’étirements jusque vers 7 h 45 je prends mon temps. Je descends vers 8 h prendre mon petit déjeuner jusqu’à environ 8 h 30. Entre 8 h 30 et midi, l’heure du repas, il faut tuer le temps. En général, je m’allonge environ une heure, je sors un peu sur le pont, mais, le paysage est très, mais vraiment très monotone : de l’eau tout autour de nous. Pas une colombe ne vient nous rapporter un rameau d’olivier. Je consulte mes mails. Ça me prend beaucoup de temps, car la connexion est très lente, quelquefois, elle ne fonctionne pas du tout et c'est quasiment impossible d’en envoyer. Bien sûr, j’écris toujours mes mémoires ainsi que mon journal de bord. Lorsque j’ai un certain nombre de photos, je les transfère sur ma tablette, je les comprime pour pouvoir les envoyer et je remplis le tableau afin de savoir à quoi elles correspondent. Pour l’instant, ça ne présente pas grand intérêt, mais par la suite je pense que ce sera utile. L’après-midi après le repas, je fais la sieste, environ 1 h, puis comme le matin je passe le temps de la même façon. Vers 18 h 45, je descends dîner une ½h plus tard je remonte, il fait déjà nuit. Je lave mon linge au lavabo, il sèche dans la nuit puis je fais ma toilette et je me couche vers 20 h 30. Voilà un aperçu d’une journée type à bord. Je dois l’avouer, les journées sont longues. Les deux autres passagers sont suisses, mais de Suisse alémanique, ils parlent un tout petit peu le français. Ce n’est donc pas facile de converser. La plupart des officiers sont allemands, ils ont donc du monde à qui parler. Moi, j’ai bien du mal à me faire comprendre, mes connaissances en anglais sont très profondément enfouies dans mon cerveau. Ils sont jeunes environ 25 ans. Ils ont pour projet de descendre dans le sud du Chili et de remonter jusqu’au Pérou à vélo. Avant cela ils vont bourlinguer au nord de l’ Argentine en attendant la bonne saison au sud pour éviter trop de pluie. Ils quitteront comme moi maintenant de navire à Buenos Aires. La matinée est pluvieuse, pas question de mettre le nez dehors. Cet après-midi le temps est toujours couvert, mais il ne pleut pas. Je tente une sortie à l’extérieur, il y a un vent violent. Je m’abrite à l’intérieur du poste de pilotage et entame la discussion avec le pilote du moment. Il est bulgare et a 44 ans. En fin de journée, le capitaine arrose sa promotion. Tout l’équipage et les passagers sont conviés. La bière coule à profusion. L’équipage est composé d’Allemands, de Russes, de Polonais et d’Asiatiques. Je fais une partie de fléchettes avec l’un d’entre eux. Mes premiers tirs sont hors de la cible, mais sur la fin j’arrive à marquer quelques points. Vers 21 h, quelques personnes commencent à partir, je quitte la soirée vers 21 h 30 en remerciant et en félicitant le capitaine.
Dimanche 3 septembre 2017 (J18) Ce matin, nous reculons une dernière fois nos montres. Nous sommes maintenant à l’heure de Buenos Aires soit 5 h en moins qu’en France et nous avons franchit l’ Équateur. Le temps est redevenu clément, mais il y a de la houle qui fait bien bouger le navire. Après renseignements pris au poste de pilotage, le vent souffle à environ 36 km/h et les vagues font 2,50 m de hauteur. Vu du pont on ne s’en rend pas bien compte, mais, il est vrai que nous sommes 44 m au-dessus de l’eau. Cet après-midi, je décide d’aller voir au plus près ces vagues. C’est impressionnant, pas tant les vagues, j’ai du mal à me rendre compte de leurs hauteurs, mais, le mouvement du bateau, les embruns et les bruits de grincements qui viennent des entrailles du bâtiment. Par endroit le sol est mouillé et glissant. Arrivé à l’extrémité avant le vent est violent, une dizaine d’oiseaux tournoient au-dessus des vagues. Je les prends en photos. Cette fois, c’est facile, ils sont gros. Je ne reste pas longtemps sur place, des nuages menaçants me font craindre la pluie. Je décide de retourner par le côté au vent. Je ne m’y risque pas longtemps, le vent balaye la coursive. Je fais demi-tour et choisis de regagner la cabine par tribord, le même côté qu’a l’aller. En fin de journée, j’aperçois un groupe de grands oiseaux noir qui plane aux environs du bateau. Je sors et tente d’en photographier au moins un. Ce n’est pas facile, le bateau bouge beaucoup et les oiseaux aussi, en plus de ça, ils ne sont pas synchronisés. Encore une fois, je dois réaliser des dizaines de clichés pour n’en retenir qu’un. Au repas du soir, Sylvain et Yannick me proposent de passer la soirée ensemble autour d’une bouteille de vin qu’ils ont prise à l’épicerie du bord. Nous visionnons un film avec sous-titrage en anglais. Puis je rentre me coucher. j’ai l’impression qu’il est tard, il n’est que 21 h 30, mais ici la nuit tombe très vite à 17 h
.Lundi 4 septembre 2017 (J19) La mer est encore plus forte qu’hier les creux sont estimés à 4 m. La nuit je suis bercer, mais la c’est en train de tourner au le bébé secoué, je crains pour ma santé mentale. La journée, j’ai l’impression d’avoir un peut trop insisté sur la chopine. Dans ces conditions, il n’est pas question d’aller à l’avant du bateau, sur le pont non plus, le vent est trop fort. Je reste donc en cabine à lire mes guides et à écrire. Vers 17 h j’aperçois au loin ce qui pourrait être une cote. Je sors et effectivement les cotes brésiliennes commencent à se découper sur l’horizon. Dans une heure nous serons au port de Suape. Le capitaine et ces seconds sont sur le pont en tenue officielle chemisette blanche avec les galons sur les épaules pour le capitaine et chemisettes couleur blanche, tirant sur le marron clair pour les 2 officiers avec aussi des galons. Le reste du temps, ils sont en tenue civile : polo et bermuda. Je reste sur le pont pour assister aux manœuvres d’approche. Un bateau du port vient déposer un pilote qui guidera notre navire jusqu’à quai. Une fois arrivé en face du quai, un puissant bateau pousseur se place sur le flanc du nôtre et le pousse contre le quai. Il doit falloir une puissance colossale pour déplacer un navire de cette taille perpendiculairement à son axe de déplacement. Cette nuit le cargo va être déchargé et chargé et demain nous reprenons la mer pour Rio de Janeiro. Cette nuit je ne serais pas bercé et pire mon sommeil risque d’être perturbé par le bruit du va-et-vient des conteneurs. La vie sur un cargo, ce n’est pas facile.
Mardi 5 septembre 2017 (J20) Nous reprenons la mer vers 6 h ce matin après avoir chargé et déchargé des conteneurs toute la nuit. La mer est encore bien agitée, mais nous filons plein sud face au vent, j’ai l’impression que nous sommes moins bousculés que ses derniers jours ou alors je m’habitue. Sur le bateau, une hiérarchie entre le personnel est organisée. Il y a deux salles à manger celle des officiers et celle des autres. Les passagers comme moi, prenons nos repas avec les officiers, mais, même ici, il y a une hiérarchie. Une table ronde où déjeunent le capitaine, son second et les passagers et une table carrée où déjeunent les autres officiers. Au total 7 personnes et les passagers prennent leurs repas ici. Ce qui est surprenant, c’est que durant les repas, les conversations se nouent entre les convives des deux tables. Ces deux tables ne sont pas pleines, l’un ou l’autre pourrait changer de table pour discuter, mais, non, ils préfèrent parler fort. A l’autre côté de la cuisine se trouvent deux salles à manger pour le reste du personnel. Je ne sais pas s’il y a encore une distinction de fonction pour l’attribution de ses 2 espaces. Jusqu’à présent le personnel ne s’est mélangé qu’à 2 occasions qu’ont été le méchoui et le pot du capitaine. C’est après midi le vent forcit de nouveau. Je décide quand même de sortir à l’avant du bateau, mais, je m’équipe de mes chaussures de marche. Je reste une bonne heure et demie à regarder les vagues, les poissons volants, les arcs-en-ciel qui se forment dans les gerbes d’eau soulevées par l’étrave et dispersées par le vent. En fin d’après-midi les conditions météo se dégradent encore un peu. Cette fois j’ai du mal à conserver mon équilibre, j’avance en zigzaguant et j’ai la tête lourde. La nuit vient très vite vers 17 h. En une ½h, il fait nuit noire.
Mercredi 6 septembre 2017 (J21) La nuit a été longue. Le bateau bouge beaucoup et je n’arrive pas à m’endormir. Vers 3 h il me semble qu’il y a une petite accalmie, j’arrive enfin à fermer l’œil. Je finis ma nuit par petits moments de somnolence interrompus par de grands moments d’insomnie. La journée est du coup très calme. La mer est redevenue clémente et moi j’en profite pour me reposer. En fin d’après midi le ciel est d’un grand bleu, je vais chercher l’appareil photo pour sortir enfin un beau coucher de soleil, hélas au fur et à mesure que celui-descends, les nuages s’amoncellent à l’horizon. Point de photos ce soir.
(c'est un autre)
Jeudi 7 septembre 2017 (J22) Ce matin je me lève à 5 h pour tenter une photo d’un lever de soleil. Peut-être aurais je plus de chance ? Peine perdue le ciel est bleu nuit partout sauf au loin à l’est. Je retourne au lit puis plus tard, je vais marcher sur le tapis roulant. La jeune fille a trouvé une compagne qui porte une tenue similaire. Sinon, la matinée est classique, l’après-midi, nettement moins. Le capitaine nous invite à la cérémonie du franchissement de l’ équateur. Celle-si se déroulera à l’arrière du bateau à 15 h 30. A l’heure dite, je me rends au rendez-vous, mes collègues voyageurs arrivent aussi. Tout le staff est présent, on nous demande de poser nos appareils photo, mes lunettes après quoi nous avons droit à une bonne douche à l’eau de mer avec la lance à incendie.
Une fois cette épreuve brillamment passée, le capitaine remet à chacun de nous un diplôme en allemand. Jamais je n’aurai pensé être à nouveau diplômé à cet âge. Le capitaine nous invite a prendre une bière ce soir pour fêter l’événement. Nous restons un bon moment sur le pont au soleil à regarder la mer pour sécher. Nous apercevons au loin le souffle de 3 baleines. Elles sont trop loin pour les photographier.
Vendredi 8 septembre 2017 (J23) Nous arrivons ce matin vers 6 h à Rio de Janeiro. Une visite de la ville est organisée pour le personnel et les passagers qui le souhaitent. Nous devons quitter le port en fin d’après-midi, je pense que, vu le peu de temps que nous avons et que je n’aurai plus l’occasion de revenir ici, c’est une bonne solution et je m’inscris. Le coût est de 65 euros tout compris sauf le repas de midi. Nous sommes 15 à participer. Le départ est fixé à 8 h 30. Le minibus nous attend à l’entrée du port, le chauffeur parle un peu le français. Nous commençons par nous rendre a la statue du Christ
rédempteur avec un arrêt a un belvédère en cours de route. Arrivé au terminal routier, le chauffeur s’occupe de prendre les billets et nous les distribue et nous donne rendez-vous la ou il nous a déposé a 10 h 45 ce qui nous laisse environ ½h sur place. Nous accédons à la statue en prenant les navettes à cet effet et terminons par un escalier. La vue est superbe, je prends la mesure de cette ville qui s’étend sur les rives tortueuses et escarpées de la baie. Il y a un monde fou sur l’esplanade. Comme le recule est insuffisant pour photographier le Christ dans sa totalité, les photographes s’allongent par terre et tirent le portrait de leurs compagnons qui prennent la pose les bras tendus à l’image de la statue. Des tapis sont à disposition ça et la pour ce faire. À l’heure dite, nous nous retrouvons au point de rendez-vous. Il y a une circulation très dense, nous attendrons plus d’une heure le retour de notre chauffeur. Nous reprenons le chemin de la ville et arrivons à la plage de Cocabana. Il est tant de manger. Le chauffeur nous propose un restaurant luxueux et par la même occasion cher. Il a beau m’expliquer qu’on peut manger autant qu’on veut, je n’y vais pas : je ne suis pas venu ici pour la gastronomie. De toute façon vu comme j’ai dû allonger la ceinture ventrale de mon sac à dos à force de manger et ne pas faire grand-chose sur le bateau, j’ai des réserves. Je profite du temps libre pour flâner sur la plage et aux environs.
Ici aussi les jeunes femmes sont relativement peu habillées. Je devais rejoindre le bus à 13 h 40. j’ai attendu 3/4 h avant que le repas ne soit terminé. J’ai bien fait de faire ainsi, car les autres n’ont rien vu de cette plage mythique, nous sommes repartis pour la cathédrale très moderne,
y avons fait un arrêt rapide pour ensuite retourner directement au port. Je suis très déçu de cette visite, mes deux collègues voyageurs Sylvain et Yannick aussi. Le prix demandé n’était pas du tout en rapport avec la prestation fournie. Peu de temps après notre embarquement, nous reprenons le large.
Samedi 9 septembre 2017 (J24) Ce matin à 7 h lorsque je me lève il y a un brouillard à couper au couteau. Je ne distingue pas l’avant du bateau qui est seulement à 200 m. Vers 10 h nous sommes à l’arrêt en pleine mer entouré d’une bonne trentaine d’autres bateaux eux aussi à l’arrêt
. Il doit y avoir un embouteillage au port de Santos à moins qu’il y ait une grève ! Ce matin, je ne sais pas si c’est le fait de me rapprocher de mon lieu de débarquement, mais j’ai regardé de plus près mes cours d’Espagnole. Je devrais maintenant dire de Castellano et je vais faire rire Bezabé quand elle saura que j’ai donné un cours d’Espagnole sur l’emploi de ser et estar aux 2 autres passagers. Nous repartons seulement ce soir vers 18 h 15. De toute la journée, je n’ai rien vu à cause de la brume, mais ce soir alors que nous reprenons notre route, avec la nuit tombée, je vois les lumières du port de Santos. Nous ne sommes pas très loin. Par contre il faudra certainement du temps, car sur la carte marine que j’ai consultée au poste de pilotage, le quai est situé au bout de la rade et pour y arriver il y a un long et étroit chenal. Je reçois un message de Thierry par Skype, mais je ne peux par répondre. Je demande à Cécile de prendre contacte avec lui et de lui dire de télécharger whatsapp. Images attachées: | | | À: Jef39 · 1 avril 2020 à 10:54 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 9 de 105 · Page 1 de 6 · 1 826 affichages · Partager Merci Jean-François pour ce récit et les photos. On s'y croirait.
Je peux me tromper mais tu parais ne pas vraiment apprécier la traversée. As tu choisi la traversée par cargo plutôt qu'un vol parce que l'expérience te tentait ou y a t-il une autre raison ? En effet, je rêvais de faire la traversée Havre- Santiago du Chili en 30 jours et en cargo mais d'une part c'est très coûteux (4.200 euros) et d'autre part, j'ai le mal de mer et ça a l'air de tanguer par moments. (je précise que je suis malade même dans les gros bateaux y compris en prenant de la nautamine)
Et puis, en te lisant, je me dis que je risque aussi de m'ennuyer. Je suis contemplative mais jusqu'à un certain point... Bref, ton récit me fait d'autant plus douter de l'intérêt, pour moi, d'effectuer la traversée en cargo.
Au plaisir de lire la suite de ton récit. | | | À: Jef39 · 1 avril 2020 à 10:58 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 10 de 105 · Page 1 de 6 · 1 826 affichages · Partager Samedi 9 septembre 2017 (J24) Ce matin à 7 h lorsque je me lève il y a un brouillard à couper au couteau. Je ne distingue pas l’avant du bateau qui est seulement à 200 m.
Vers 10 h nous sommes à l’arrêt en pleine mer entouré d’une bonne trentaine d’autres bateaux eux aussi à l’arrêt. Il doit y avoir un embouteillage au port de Santos à moins qu’il y ait une grève ! Ce matin, je ne sais pas si c’est le fait de me rapprocher de mon lieu de débarquement, mais j’ai regardé de plus près mes cours d’Espagnole. Je devrais maintenant dire de Castellano et je vais faire rire Bezabé quand elle saura que j’ai donné un cours d’Espagnole sur l’emploi de ser et estar aux 2 autres passagers. Nous repartons seulement ce soir vers 18 h 15. De toute la journée, je n’ai rien vu à cause de la brume, mais ce soir alors que nous reprenons notre route, avec la nuit tombée, je vois les lumières du port de Santos. Nous ne sommes pas très loin. Par contre il faudra certainement du temps, car sur la carte marine que j’ai consultée au poste de pilotage, le quai est situé au bout de la rade et pour y arriver il y a un long et étroit chenal. Je reçois un message de Thierry par Skype, mais je ne peux par répondre. Je demande à Cécile de prendre contacte avec lui et de lui dire de télécharger whatsapp.
Dimanche 10 septembre 2017 (J25) Les opérations de chargement et déchargement se passent de nuit. Elles se terminent à 7 h du matin. Je le sais exactement, car en me levant je jette un coup d’œil par le hublot de ma cabine et je constate que la grue est en train de replier son bras. Une heure plus tard, nous quittons le quai. Celui-ci est situé tout au fond de la rade qui est sans doute l’estuaire d’un fleuve, car les deux rives sont proches. Il nous faudra 1 h½ pour rejoindre la pleine mer. Durant tout ce temps, nous restons sur le pont à regarder la ville de Santos et à prendre des photos. Le port est immense,
bordé de zones industrielles, de grands immeubles
et aussi de masures.
J’entame la dernière étape maritime de mon voyage. Ce matin, je peux enfin échanger quelques messages avec Thierry. Il a installé l’application sur son téléphone. A midi, à table le capitaine nous informe que nous arriverons à Buenos Aires le 12 au soir et que nous pourrons débarquer le lendemain. Je donne ses infos à Nicole afin qu’elle prévienne Daniel qui doit réceptionner les colis pour l’association. Il nous prévient aussi d’un avis de tempête avec des vagues de plus de 6 m. Il nous invite à tout bien ranger dans nos cabines, ça va secouer. En début d’après-midi, je mets tout dans les rangements. Il ne reste que les sacs que je ne peux pas ranger. J’espère qu’il ne leur prendra pas l’idée de se mettre à danser. Au repas de ce soir, le capitaine nous informe qu’il a changé de cap et poussé le bateau à sa vitesse maximum pour tenter de contourner la tempête. Nous verrons bien si la manœuvre aura été efficace ou pas. Je reçois plusieurs mails de Nicole. L’un est la copie de se qu’elle a envoyé à Daniel, la personne qui doit récupérer les colis à mon arrivé, un autre me disant entre autres quelle espère que Daniel sera présent au terminal, qu’il n’avait pas répondu à son précédent message. L’affaire me semble mal engagée. De plus, le Capitaine ne peut me donner que le nom du terminal à Buenos Aires. Il ne connaît pas l’adresse postale. Moi, j’ai bien les coordonnées de la compagnie à Buenos Aires, mais, pas de moyens pour communiquer. Toutes ces questions restées sans réponses sures m’inquiètent. Dans la soirée, je tente un coup. Ayant le portable du contact de la compagnie maritime à Buenos Aires. Je le rentre dans mes adresses, avec un peu de chance il sera sur Whatapp et je pourrai lui demander l’adresse du terminal. Bingo, ça fonctionne. Aussitôt, je prépare un message en Espagnole, je change la langue de mon téléphone et lui expédie ma demande. j’espère que j’aurai une réponse demain.
Lundi 11 septembre 2017 (J26) Rien à signaler si ce n’est une mer très agitée avec un vent violent. j’ai voulu sortir, je suis vite retourné à la cabine. Les mouvements du bateau associés au vent ont failli me renverser. j’ai eu juste le temps de m’agripper à la main courante. Conclusion je suis resté enfermé toute la journée. Pourtant j’ai l’impression d’être moins secoué que l’autre jour. Je pense que c’est dû au fait qu’aujourd’hui on prend les vagues de face. L’autre jour elles arrivaient de côté. Je ne sais pas si c’est dû aux conditions météo exécrables, mais je n’arrive pas à communiquer avec l’extérieur pourtant, j’en aurai bien besoin pour être rassuré à propos de mon accueil à Buenos Aires. J’espère que ça fonctionnera correctement demain et que sur terre les personnes concernées sont actives. Moi je ne peux rien faire et ça m’agace. Vers 21 h la connexion internet est rétablie. Je reçois d’un seul coup plusieurs messages de Nicole, elle aussi s’est inquiétée pour la réception des colis, mais, tout est arrangé, Daniel sera au débarcadère vers 10 h mercredi. Nicole m’a donné son portable, ce n’est pas le même (à un n° près) que celui qu’elle m’avait donné sur sa liste de contacts. Je le modifie sur mon téléphone et miracle, je le retrouve sur whatsapp. Je change la langue du téléphone et me jette à l’eau (je vous rassure, c’est une image) et entame une conversation écrite avec Daniel.
Mardi 12 septembre 2017 (J27) aujourd’hui, c’est le dernier jour de mer. Il fait beau et la colombe c’est posé sur notre embarcation, c’est une colombe particulière, car elle est noire, mais, après tout, nous sommes dans l’hémisphère sud c’est sans doute la norme d’ici.
A 10 h 30, le navire se met à l’ancre pour environ 4 heures au large de Montevideo que j’aperçois. La mer est terne, c’est l’embouchure du Rio de la Plata qui en déversant ses limons donne cette couleur particulière. A un moment donné, j’ai bien distingué un ruban d’écume très étroit au raz de la surface. Tout me laisse penser que ce cordon matérialise naturellement la limite de l’influence du fleuve sur l’océan. L’hélice de notre bateau brasse cette eau limoneuse ce qui lui donne une couleur marron pareille à celle de mon chocolat au lait du petit déjeuner.
Cet après-midi est consacré en partie à la préparation du sac. L’estuaire du Rio de la Plata est très large, plus de 100 km. Ce fleuve charrie une telle quantité d’alluvions que nous naviguons dans une eau marron et boueuse.La passe pour accéder au port est balisée par des bouées de couleur vert côté bâbord et rouge côté tribord en remontant le courant. Elles clignotent la nuit et peut-être le jour aussi, mais si c’est le cas ça ne se voit pas. Cette passe est très étroite 200m. c’est pour cela que nous avons du attendre ce matin, car il n’y a pas la place pour croiser deux bateaux. Il y a un sens alterné. Cet après-midi nous sommes 4 bateaux à nous suivre pour aller au port. | | | Bonjour, J'ai choisi se mode de transport pour avoir une expérience. Trois semaines en mer, c'est long surtout quand c'est sur un navire ou personne ne parle ta langue et que toi même ton anglais est rudimentaire. Pour ce qui est du mal de mer, je ne l'ai pas eu même au moment de tempête, le mouvement du bateau à été un peu fort mais sans plus. Je suis contant de l'avoir fait mais, je ne recommencerai pas. Toutes les personnes que je rencontre pense que se mode de transport est moins cher que l'avion. Pour ma part ça m'a coûté 2670 €
Je viens de mettre la fin de la traversée. Bonne lecture | | | À: Jef39 · 1 avril 2020 à 18:52 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 12 de 105 · Page 1 de 6 · 1 799 affichages · Partager Les premiers pas
mercredi 13 septembre 2017 (J28) C’est aujourd’hui le débarquement. C’est prévu pour 9 h. Daniel doit venir me prendre avec les bagages à 10 h. Un pick-up de la société d’exploitation du terminal nous attend pour nous conduire, Sylvain, Yannick et moi à la douane. Tout se passe bien, le douanier fouille rapidement les sacs, il voit un lot de stylos bille destiné aux écoles, les remets en place, et au moment de partir, les ressorts et me demande de les garder. Je ne vais pas entamer des palabres que de toute façon je ne pourrais pas mener et qui risquent de le braquer. Je lui fais signe que oui. Je peux sortir. Daniel est ici. Nous chargeons sa voiture : un gros 4x4. Il fallait bien ça, le véhicule est plein. Nous quittons le terminal vers 10 h 30. Direction l’entrepôt du transporteur qui doit acheminer les paquets à Juyjuy. Il faudra bien 1 h 30 pour arriver. En route nous doublons Sylvain et Yannick qui ont enfourché leurs vélos. Une fois nous colis déposés, nous reprenons la route pour la maison de Daniel. C’est à environ 25 km du centre-ville de Buenos Aires à Moron. En arrivant, il commande une pizza. Après manger, je me mets à jour dans mes papiers, j’envoie par mail mes photos et mon journal à tout le monde. La discussion avec Daniel est compliquée, d’une part par mon castellano limité et d’autre part par l’accent argentin qui diffère de ce que j’ai eu l’habitude d’entendre en cours. Néanmoins, nous arrivons à échanger. Ce soir je dors chez lui. J’ai pris mon billet pour me rendre à Montevideo par téléphone. Mon interlocutrice a été patiente et j’y suis arrivé. l’après-midi c’est passé tranquillement. Ce soir, Daniel prépare un assado
pour le dîner. Sa compagne arrive vers 21 h après son travail, elle est dans le commerce.
Nous dînons et discutons, en regardant un match de foot à la télé. Le temps passe vit, ça change du bateau. Il est 23 h 30 lorsque je vais au lit, je ne m’étais pas aperçu qu’il était si tard enfin façon de parler, mais après 3 semaines ou je me suis couché vers 20 h !
jeudi 14 septembre 2017 (J29) Malgré m’être couché tard, le corps à ses habitudes et je suis réveillé vers 6 h 30. j’attends un peut avant de me lever que Daniel et son amie se lèvent. Ils se lèveront vers 8 h 15. Nous déjeunons. Je goûte la dolce leche. c’est une sorte de confiture de lait. C’est sucré et bon. Hier, Myriam m’avait demandé ce que je prenais pour le petit déjeuner, machinalement je lui réponds chocolat. Ils n’en ont pas. Je dis que ce n’est pas gênant, je boirai mon lait seul. Ce matin, j’avais du chocolat. Myriam était allée en chercher chez sa sœur. Vers 9 h 15, Daniel me reconduit au ferry pour aller à Montevideo. J’y suis vers 10 h 30 pour 11 h 30. Nous nous disons hors voir, cette fois je vole de mes propres ailes. J’embarque et vers 14 h après avoir dormis dans le bateau, j’arrive à Colonia del Sacramento dans un nouveau pays, l’ Uruguay. De la, je prends le bus et, 2 h 30 plus tard, je suis au milieu de Montevideo. En arrivant, je récupère un plan de la ville à l’office du tourisme sur lequel je me fais marquer non sans difficulté l’endroit où je suis et le lieu où je dois me rendre. Je décide d’y aller à pied. Je n’ai pas le choix je n’ai toujours pas changé d’argent et puis depuis le temps que je ne me bouge pas, ça ne peut pas me faire de mal. Ça me permet aussi de découvrir la ville et de prendre son pouls. J’ai un peu de difficultés à m’orienter. Une dame me voyant hésitant et avec mon sac à dos, comprends que je suis en difficultés. Elle me donne la direction à prendre. Ça y est cette fois je suis orienté. Je la remercie, elle paraît surprise de voir que je vais y aller à pied.
En fait il m’aura fallu 1 h½ pour arriver devant la porte de mon logeur Francisco Abal. Il est maintenant 18 h 30. Je dois encore attendre ½h qu’il soit rentré du travail. Je m’installe sur un banc dans le square qui est à quelques mètres d’ici
. Durant ce parcours, j’ai été surpris de voir un grand nombre de gens se promener avec leur bocal et leur pipette à maté en train de téter. Pour eux, j’ai l’impression que c’est un peu comme la cigarette chez nous. Francisco vit seul dans un petit appartement en plein centre de la vieille ville. Il m’offre un maté. J’aspire : c’est un peu âpre comme goût. Il parle un peu le français, aussi bien que moi l’Espagnole ce qui donne une conversation un peu bizarre avec un mélange des deux langues moi finissant ses phrases et lui les miennes. Il prépare un dîner, ce n’est pas un cordon-bleu, puis tout en regardant un match de foot il me montre ce que je peux visiter demain. Lui travaillera. Il me laisse ses clefs. Samedi, il pourra m’accompagner.
Vendredi 15 septembre 2017 (J30) Lorsque je me lève, Francisco est déjà parti à son travail. Il m’a laissé un mot m’expliquant qu’il rentrerait vers 22 h après son cours de russe. Il projette d’aller en Russie l’année prochaine pour la coupe du monde de foot. Moi je pars en ville, je change de l’argent puis prends mon petit déjeuner. Ensuite je cherche le musée de l’art précolombien et en fais la visite.
Les explications sont en Espagnole et en anglais. Avec les 2 langues, j’arrive à en comprendre le sens. Tant pi pour les détails, de toute façon je les aurais oublier en sortant. Midi arrive, je me dirige vers le marché couvert du port. En m’y rendant, je vois le cargo Rio Négro
qui est à quai. Je m’attendais à voir un marché avec des échoppes de nourriture. Il n’en est rien, ce ne sont que des restaurants qui y sont. Je fais le tour, je suis sollicité de tout côté pour manger. Je ressors à l’extérieur et me décide pour un. Après m’être restauré, je loue une bicyclette pour aller visiter le palais législatif, Francesco m’avait conseillé la visite. Le loueur me demande mon passeport, je ne l’ai pas sur moi, je n’ai qu’une photocopie. Ça ne convient pas. Il voit mon permis de conduire sous étui transparent et me le demande. Je lui donne volontiers, c’est aussi une photocopie, mais il ne s’en est pas rendu compte. Les visites se font en Espagnole, portugais ou anglais. Je préfère prendre l’anglais pensant qu’en Espagnole le guide parlerait vite. J’ai eu doublement raison : le guide parlait à un débit qui me convenait et dans le petit groupe de 5 personnes, il y avait 2 jeunes filles amies, l’une américaine et l’autre française de Strasbourg, elles m’ont aidé pour certains mots. La visite est intéressante. J’apprends que le pays compte 3 millions d’habitants, que la moitié de la population vit à Montevideo. Les deux chambres députés et sénateurs, siègent dans le même bâtiment, mais pas dans la même salle. Il y a deux hémicycles. Ce qui m’a surpris c’est leurs nombres : 90 députés et 31 sénateurs
. La visite se termine, il est grand temps de rendre le vélo, en quittant cet édifice, je me trompe de coté et, repart à l’opposé. Je m’en rends compte, mais ne vois pas très bien où je suis. Je demande à des passants, me voilà remis sur le bon chemin. Je rends le vélo avec une ½h de retard. Le commerçant ne dit rien. Tout va bien. Il est 17 h passé, j’achète une bouteille d’eau et rentre à la maison. Francisco rentre vers 9 h 30. Je lui demande son âge. Il m’explique qu’il a 40 ans, qu’il a étudié la psychologie, mais qu’il travaille dans l’informatique et qu’il suit des cours du soir dans cette discipline pour progresser. Il a eu un fils très tôt, à 21 ans. A cette époque, il était très sérieux et responsable. Il m’explique qu’il n’a pas eu de jeunesse et qu’il se rattrape maintenant. Il me montre un plant de cannabis qu’il cultive dans son appartement. Ici le cannabis est légal. Ensuite, il me parle de politique et me dit qu’en Uruguay il y a eu une crise économique très sévère en 2002 et qu’il a vécu 6 mois dans la rue. Il me parle du président paysan et m’explique que celui-ci a engagé de grandes réformes, mais que ce n’était pas un économiste et qu’il a endetté le pays. Maintenant, ils payent. Il estime que son pays est un des plus avancés dans le domaine de la protection des travailleurs en Amérique du Sud. Il y a le 13e mois et l’assurance chômage pour 16 mois auquel on ajoute 1 mois supplémentaire par année travaillée. Il me dit qu’il y a beaucoup de grèves actuellement, il pense que les jeunes d’aujourd’hui ne se rendent pas compte qu’ils ont toutes ses avancés sociales et qu’ils sont en quelques sortes irresponsables, qu’ils font grève pour un oui ou un non.
Samedi 16 septembre 2017 (J31) Ce matin Francisco m’emmène au fort de Cerro.
Nous nous y rendons avec les bus urbains. Nous avons un changement. Sauf à prendre un taxi, je n’aurais pas pu y aller seul. Nous avons bien 1 h de trajet puis nous terminons à pied. Le fort est sur une colline qui culmine à 54 m et domine la ville. La vue sur la baie et la ville de Montevideo permet de se faire une idée de sa géographie.
Ce fort fait partie d’un ensemble de défense de la ville, mais celui-ci c’est le plus important. Il abrite le musée militaire qui retrace les faits de guerre qui ont permis l’accession à indépendance en 1811 signée par le général Artigua.
Bien sûr nous le visitons
vers midi nous prenons le chemin du retour. Arrivé à la maison, Francisco rentre chez lui, il doit travailler, car il prépare un examen. Moi je m’installe à un restaurant pour déjeuner et pars à pieds à la gare routière acheter mon billet pour me rendre à la Paloma une petite ville au bord de l’océan Atlantique. Francisco m’avait bien montré ou se trouvait l’Arrêt du bus à prendre, mais je ne l’ai pas retrouvé. Une fois le billet acheté, je retourne chez mon logeur par le parc Rodo
et la rembla.
C’est la grande avenue du bord de mer. Je me rends égal à la cathédrale.
À la suite de quoi, je rentre à la maison. Il est 18 h 30. J’avais dit à Francisco que je ferais la cuisine ce soir. Je prépare une quiche lorraine. Vue à la vitesse où il l’a mangé, j’en ai déduit que ça lui avait plu, il en aurait bien repris un morceau, mais nous avons tout mangé. Personnellement, je ne l’ai pas trouvée terrible. A ma décharge, je n’avais pas de comté, j’ai fait avec ce que j’avais comme fromage râpé. La soirée s’est terminée devant la TV et devinez ce que nous avons regardé : un match de foot. Tout en regardant Francisco m’apprend qu’à la fin de la guerre 39-45 La France avait une grosse dette envers l’ Uruguay. Pour rembourser cette dette, l’ Uruguay a obtenu le droit d’utiliser les marques champagne et cognac. Je ne le savais pas. Francesco m’explique aussi qu’il porte le même prénom que son oncle qui est décédé dans l’écrasement de l’avion dans la cordillère des Andes entre le Chili et l’ Argentine, il n’y avait eu que quelques survivants qui avaient été retrouvés 3 mois plus tard. Pour survivre, ils avaient dû manger les morts. Je m’en souviens. Image attachée: | | | À: Jef39 · 2 avril 2020 à 18:15 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 13 de 105 · Page 1 de 6 · 1 762 affichages · Partager Dimanche 17 septembre 2017 (J32)
Voilà un mois que j’ai quitté Dole Ce matin, je me réveille vers 6 h 30, je regarde tout de suite si j’ai une réponse à mes demandes de logement : rien. Je cherche sur divers sites, mais je n’arrive à rien. Je finis par jeter l’éponge, il est déjà 9 h 30, il faut que je me prépare pour aller prendre mon bus. Je quitte Francisco et cette fois prends le bus urbain pour aller à la gare routière. J’arrive vers 11 h, je repère où je dois prendre le car puis m’installe pour dîner. Je prends une pizza. Elle est grande, j’ai du mal à la terminer. C’est bien la première fois que ça m’arrive. Je profite de l’internet pour reprendre mes recherches. Elles sont toujours infructueuses. Je monte dans le bus, je ne sais toujours pas ou je vais dormir cette nuit. Il y a l’internet dans le bus. Je tant à nouveau ma chance. Cette fois je trouve une chambre en dortoir avec airbnb à 20 euros la nuit. Ouf. Merci les bus uruguayens. J’arrive à la Paloma à 17 h c’est dimanche, le point information touristes est fermé. j’ai juste l’adresse. Je demande aux gens que je rencontre et je finis par trouver la rue. Mais pas l’hôtel. Je m’arrête devant un hôtel pour demander. Il regarde sur son téléphone et m’indique qu’il est 2 rue plus loin. Je continue, mais ne vois rien. Une voiture passe je lui fais signe et lui demande. Ils me proposent de me prendre et de m’y emmener. Je monte et ils repartent d’où je viens. Je leur explique que je viens de là et que l’hôtel est dans le quartier où j’étais, je comprends qu’il retourne en ville pour demander. Une fois qu’ils ont le renseignement, ils m’y conduisent. Merci à ce couple. L’hôtel est en retrait de la rue principale et n’est pas indiqué. J’aurais pu chercher un moment.
l’accueil est très chaleureux. Une femme vient à ma rencontre, se présente et m’embrasse. C’est la patronne. Elle me montre les lieux, je suis dans une chambre de 4 lits, mais suis le seul occupant.
Lorsque je redescends, c’est une autre femme qui se présente en français et m’embrasse. C’est une Suissesse qui vit depuis 16 ans en Uruguay. Elle est ici chez ces amis. Elle est contente de parler en français et en profite longuement. Je suis invité à dîner avec les propriétaires de l’hôtel, il y a des pizzas maison. Durant tout le repas et la soirée, la Suissesse a parlé sans discontinuer. Les autres convives de temps en temps essaient de glisser quelques mots. Moi j’ai compris le sens général de la conversation sans plus.
Lundi 18 septembre 2017 (J33)
Journée tranquille, je profite du calme pour faire une pose. Je demande si je peux prolonger d’un jour mon séjour. Il n’y a pas de problème. Après le petit déjeuner, je donne mon linge à laver puis, l’hôtelier va en ville et me propose de profiter de sa voiture. J’accepte, il me dépose à ma demande à la gare routière. Je me renseigne sur les horaires pour Colonia del Sacramento, comme je le pensais, je dois retourner sur Montevideo et ensuite aller à Colonia. Le départ est à 8 h. Cette partie d’intendance terminée, je me rends sur la plage,
puis au centre-ville.
La Paloma est une station balnéaire comme il y en a au bord de la méditerranée, comme nous sommes en hiver, tout ou presque est fermé. De plus le centre-ville est petit. Je me dirige vers le phare,
il se visite, je monte au sommet. De la j’ai une vue d’ensemble de la station.
lorsque je redescends, il est déjà midi. Je trouve un restaurant ouvert, je m’y installe. Les prix sont moins élevés qu’à Montevideo. Après mangé, je retourne à l’hôtel à pieds. Il me faut une grosse demi-heure. Je fais une petite sieste et prends des nouvelles par whatsapp avec Thierry. En suite je me mets dans ma paperasse. Eh oui même loin de la France, la patrie ne m’oublie pas et me réclame le paiement de ma taxe foncière. Comme je m’en doutais, un peut, j’ai tout ce qu’il faut pour régler à distance les factures, impôts et autres événements qui ne manqueront pas de se produire durant mon absence. L’hôtel met gratuitement à la disposition de ses clients des vélos. J’en prends un et retourne en ville pour prendre mon billet de bus et acheter de quoi manger ce soir. Je peux en effet cuisiner à l’hôtel. Ce sera vite fait : une soupe en sachet.
Je reste encore un bon moment a regarder la patronne préparer sont repas puis je retourne à chambre.
Mardi 19 septembre 2017 (J34)
Ce matin je prends un vélo pour aller à la lagune de Roch qui est à quelques km à l’ouest d’où je loge. La lagune est séparée de la mer par un cordon de dune. Je prends donc la route côtière. Au bout d’un moment la route se transforme en piste puis en chemin puis en sentier puis en plus rien du tout. Pas de problème, je rejoins la plage et continue sur le sable. La portance est très aléatoire, le vélo n’est pas d’un modèle des plus récent,
au bout d’un moment je dois me rendre à l’évidence : je n’arriverai pas au but. Je fais demi-tour et rejoins le centre-ville toujours par la plage
- Lorsque je m’arrête vers midi pour déjeuner, j’ai les fesses en feu tant la selle est dure. Après le repas je rentre à l’hôtel et prends du repos.
Dans l’après-midi, je vais faire un tour sur la plage et comme j’ai mes crocs au pied je tâte l’eau. Elle n’est pas très chaude. En rentrant, je refais mon sac à dos. Demain je prends le bus pour Colonia. Je me mets aussi à la recherche de couches surfeurs qui pourraient me loger à Salto et je rédige mon journal. Toutes ses activités m’amènent à l’heure du dîner. Je règle ma nuit d’hôtel et me prépare ma soupe. Je me fais prendre en photos avec les tenanciers de l’établissement puis je me couche.
Mercredi 20 septembre 2017 (J35)
Je suis debout à 6h45 je me prépare, prends mon petit déjeuner. 3/4 d’heure plus tard, je pars à la gare routière la patronne m’embrasse et me souhaite un bon voyage. Sergio le patron me conduit. Le bus part à 8 h pour Montevideo. Je pique un petit somme durant le voyage. J’arrive à Montevideo à midi. Je file au guichet pour voir les horaires de bus pour Colonisa del Sacramento. Le prochain est à 12 h 30 j’ai juste le temps de prendre mon billet et de m’installer que le bus démarre. Encore 2 h 30 de voyage. J’en profile pour regarder mes mails. Mauvaise nouvelle, les réponses à mes demandes d’hébergement sont négatives. Durant la seconde partie du voyage, nous avons emprunté une autoroute. Ici les croisements avec les routes secondaires se fond à niveau. Un stop à l’accès de la première voie et un autre au milieu du terre-plein central pour la seconde. Les utilisateurs de l’autoroute peuvent la quitter par la droite ou la gauche. Les cyclistes sont admis sur l’autoroute, j’en ai vu quelques un. Les propriétés riveraines ont aussi accès directement sur l’autoroute, tout du moins en campagne. A Colonia, l’hôtel où je loge est proche de la gare. Heureusement, car il n’y à que 2 départs pour Salto. l’un à 5 h 40 qui arrive à 14 h et l’autre à 14 h qui arrive en pleine nuit. Je me lèverais tôt. Ce n’est pas un problème, j’aurai largement le temps de finir ma nuit dans le bus. L’hôtel où je vais séjourner est plus impersonnel que celui de La Paloma. Je suis logé dans une chambre de 4, mais je suis également seul à l’occuper.
Après m’être installé, je renouvelle mes recherches sur le site de couchsurfing et fais ma lessive.
Jeudi 21 septembre 2017 (J36)
Chique, aujourd’hui c’est le printemps. Zut, c’est une journée de merde. Il pleut toute la journée, après avoir pris mon petit déjeuner, j’enfile ma cape de pluie et vais visiter le centre historique. Je m’attendais à mieux pour un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO c’est juste un petit quartier qui est vieux, mais, selon moi, ne casse pas trois pattes à un canard. J’en ai vite fait le tour sans me presser.
Je pense que la beauté comme d’autres valeurs diffèrent d’un pays à un autre. C’est sans doute pour cette raison que je n’arrive pas apprécier cette ville, comme d’ailleurs Montevideo.Mes recherches de couche surfeurs d’hier n’ont rien données. Je me lance donc à la recherche d’un toit sur airbnb a Salto. J’en trouve un qui me convient, je le réserve. Lorsque je reçois la confirmation, je m’aperçois qu’il est en fait à Concordia, la ville en face Salto sur l’autre rive du Rio Uruguay. Je n’y avais pas fait attention vu que j’avais sélectionné Salto. Je suis contrarié. Je sais qu’il y a 2 passages de Salto à Concordia par ferry par jours, par contre je ne connais pas les horaires. Je me lance donc à leurs recherches je finis par trouver l’un à 15 h ce qui ne me laisse pas suffisamment de temps pou m’y rendre et l’autre à 21 h 30, ce qui fais tard. J’envoie un message à mon locataire pour lui demander les horaires et être sur. En fin de journée, je n’ai pas la réponse. Je profite ensuite du mauvais temps pour envisager la suite du voyage sur Iguaçu. Pas moyen de trouver un bus pour ce trajet. Je me rabats sur Posadas, idem. Par contre je trouve des horaires de train pour Posadas. Un départ à 1:30 du matin et arrivé à 10 h et un second qui part à 19 h 05 et qui arrive à 2 h 40. génial ! Et pour finir, mon téléphone refuse de se connecter en wi-fi. Il ne me reste plus que la tablette. Là-dessus je retourne en ville toujours sous la pluie pour m’acheter de quoi manger dans le bus demain et me dégourdir les jambes. De retour à l’hôtel, je reprends, par acquit de conscience, mes recherches sur couchsurfing pour Posadas, puis je prépare mon sac pour demain matin et ressors pour dîner. A mon retour, je jette à nouveau un coup d’œil sur la tablette, j’ai un message de couchsurfing : j’ai in lit sur Salto. Je décommande la chambre de Concordia et me couche un peu plus tranquille. | | | À: Jef39 · 3 avril 2020 à 17:58 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 14 de 105 · Page 1 de 6 · 1 721 affichages · Partager Vendredi 22 septembre 2017 (J37) Ce matin, debout à 4 h 30. J’essaie une nouvelle fois le téléphone, toujours pas de wi-fi. Je déjeune et pars au terminal de bus, avec les 2 sacs. J’ai mis dans le petit sac la nourriture et l’eau pour le voyage ainsi que la tablette pour communiquer avec mon hôtesse. Pour l’instant, je n’ai pas d’adresse. Une fois dans le bus la tablette se connecte correctement, j’essaie à nouveau avec le téléphone et miracle, il se connecte aussi. Je ne sais pas ce qui lui à pris. En tout cas, il fonctionne tout la journée. Je range mon matériel, j’incline mon siège et ferme les yeux apaisé. Vers 10 h je prends contact par Whasapp, avec m’a future logeuse, et obtiens tous les renseignements nécessaires pour m’y rendre. Au cours du trajet en bus, j’ai vu un nombre impressionnant de cavaliers qui se déplaçaient le long de la route sur l’accotement. Il doit y avoir une fête quelconque.
Arrivé a Salto, je récupère un plan de la ville et demande à l’employer de me montrer ou se trouve la rue ou je dois me rendre. C’est en dehors du plan. Heureusement, j’avais anticipé et cherché le trajet sur Google map dans le bus. j’ai 3,5 km à faire. J’arrive à la maison. C’est rustique
- Manuel un ami et son fil Brandon sont dans la rue et m’attendent. Ils ne peuvent pas se tromper d’individu avec mon chargement. L’accueil est chaleureux. Manuel me montre chambre et m’explique qu’il y a un autre couche-surfeur ce soir. L’un de nous devra coucher sur un matelas par terre.
Jessica est au travail, elle arrivera plus tard. J’explique que je veux aller à Concordia pour ensuite me rendre à Posadas, puis demande s’il y a l’internet. Il n’y a pas l’internet. Manuel m’explique que Jessica demandera à un voisin. Demain j’irai au port et à Concordia pour prendre les renseignements. Au bout d’un moment Jessica a trouvé les horaires de bus pour Podasas. Il y en a un 23 h 30 qui arrive à 7 h 50. Elle me propose de retenir la place, il n’y en a que 9 de libres, mais je ne peux pas le faire, car il faudrait imprimer la réservation et il n’y a pas d’imprimante. L’autre locataire Max, joue de la guitare, je dis que je fais partie d’une chorale et lui montre sur internet avec son ordi. Nous passons la soirée à chanter au son de la guitare de Max qui aime particulièrement rien de rien de piaf et ne me quitte pas de Brel.
Arrive le moment de se coucher. Je préfère sortir mon duvet plutôt que de mettre les draps qui sont empilés au bout du lit. Je remercie mon ôte pour sa proposition. Aura t’il comprit que j’ai un doute sur la propreté du lieu, je n’en sais rien. Si c’est le cas, il aura eu la délicatesse de ne pas le montrer. Dans la chambre, la lumière claire, je cherche interrupteur, mais ne le trouve pas. Je demande à Manuel, il m’explique qu’il faut tout simplement deviser l’ampoule et pour allumer, il suffit de la revisser. Ces familles n’ont pas de pétrole, mais elles ont plein d’idées pour économiser le moindre peso.
Samedi 23 septembre 2017 (J38) Ce matin, Jessica m’explique qu’elle a un ami, Lionel, à Concordia qui viendra me chercher au terminal de bus et pourra me loger s’il n’a plus de place disponible ce soir. Vraiment, cette famille ne roule pas sur l’or, mais ils ont tous les trois un cœur en or. Il est temps pour moi de rejoindre la station de bus. Il est 10 h 30. Max me conduit à l’arrêt. En attendant le bus, il me demande de lui chanter la Marseillaise qu’il enregistre pour son père qui aime ce chant. Je m’exécute. Je n’aurais pas dû prendre le bus, il fait des tours et des détours à n’en plus finir. J’arrive à la gare routière vers 12 h 30. Il fut dire que le chauffeur n’est pas pressé, il charge un ami et fait la conversation avec lui avant de repartir, il reprend sa conversation à plusieurs arrêts avant de redémarrer. À pied, j’aurais mis une heure de moins. Je prends mon billet pour Concordia il y à une file d’attente interminable. Il faut 1 h pour faire le trajet. J’arrive à 15 h. Je me renseigne sur les horaires de bus il part à 21 h 30 et arrive à 4 h à Posadas. J’appelle Lionel qui vient me chercher ½h plus tard. Je vais acheter le billet avec lui. Ma carte bancaire n’est pas acceptée par l’appareil et je n’ai pas de pesos argentins de plus c’est samedi tout est fermé. Avec Lionel on fait 2 distributeurs : même problème. Lionel finit par m’avancer l’argent. Après cet épisode, nous rentrons chez lui ou plus tôt dans un hangar ou il a invité ses amis motards pour son 55e anniversaire.
Il m’invite à me restaurer, je fais connaissance avec ses amis qui sont curieux sur mon voyage. Je leur explique comme je peux. Il me recommandent d’être vigilant avec l’argent, ne pas le montrer, le cacher sur soi en divers endroits, dans les chaussettes, etc. ils m’expliquent que pour la journée je n’ai besoin que de 50 euros logement compris. Voilà qui me donne une base pour la suite. L’un d’eux me donne sa carte de visite pour au cas où j’aurais un problème, que je puisse l’appeler. Un autre de ses amis est banquier, nous retournons avec lui à un distributeur sans plus de résultats. C’est bien ma carte qui pose problème, car lui peut en retirer. Pour finir, je rembourse Lionel en euros. Vers 20 h, c’est un ami qui m’emmène à la gare routière, il attendra 3/4 h avec moi sur le quai jusqu’à ce que je sois monté dans le bus. Vraiment, les Argentins comme les Uruguayens sont au petit soin pour moi. | | | À: Jef39 · 3 avril 2020 à 19:27 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 15 de 105 · Page 1 de 6 · 1 716 affichages · Partager Argentine, province des missions
Dimanche 24 septembre 2017 (J39) j’ai passé ma nuit dans le bus. Les bus de nuit argentine sont confortables on voyage allongé, une couverture nous est fournie, c’est comme en avion, mais ça va moins vite. Mon sommeil a tout de même été léger. J’arrive au terminal de Posadas à 5 h du matin. Je n’ai pas de logement, mes recherches sur couchesurfing sont infructueuses. Je m’installe au café du terminal et je me connecte à internet sur airbnb. Je trouve une chambre d’hôte pas très loin d’où je suis. Je la réserve. Le temps de récupérer l’adresse, de chercher l’itinéraire sur Google map, de le transférer sur le téléphone, il est 7 h 30. C’est bon je pars. Lorsque j’arrive au lieu indiqué, je ne trouve pas le numéro. Je demande à des riverains qui ne savent pas. C’est la montée d’adrénaline. Je vois deux jeunes qui lavent leur voiture devant chez eux. Je leur demande si je pourrai me connecter à internet. Ils acceptent. Je vérifie l’adresse, je m’étais trompé de numéro. J’arrive enfin devant le portail. Il n’est pas loin de 9 h. Je sonne, pas de réponse, je recommence, rien. Me voilà bien. J’attends un peu et je recommence. Au bout de quelques minutes quelqu’un se montre. C’est ma logeuse. Elle est surprise de me voir, elle n’avait pas lu ses mails. Elle est désolée, mais m’accepte tout de même. Elle n’arrête pas de se désoler parce que sa maison est en désordre : elle vient de terminer la réfection de sa pièce à vivre. Je lui demande si je peux laver mes vêtements, pas de problème, elle me fait une lessive. Son ami s’active à nettoyer. Ils m’offrent le petit déjeuner, puis Mario m’invite dans sa famille pour l’assado dominical. Je ne peux qu’accepter. Nous partons. Il n’habite pas très loin du bord du Rio Parana qui fait la frontière avec le Paraguay. Il me propose d’aller me balader sur les quais pendant qu’il prépare le repas avec sa famille. Je dois rentrer vers 13 h 30.
A l’heure dite, je suis de retour. Toute la famille est là au grand complet. Sa sœur, son mari avec leur fille et son petit ami, son ex-femme, sa fille avec son ami, le fils de l’ami de sa fille, ses deux petits fils et sa tante. Je pense n’avoir oublier personne, si, il y a encore un jeune homme, mais je en me souviens plus du lien et puis moi. Nous sommes 14 à table. Il m’explique que c’est la tradition. C’est comme ça chaque dimanche. Et l'assado est accompagné de légumes. Je suis contant de pouvoir enfin en manger. Ça ne m’était plus arrivé depuis ma descente du bateau. Et à la fin du repas, sa sœur sort le gâteau qu’elle a préparé. Un biscuit à l’orange, un r. é. g.a. l.e. je lui demande la recette. Elle va chercher son livre et le prend en photo puis me la transmet par whatsapp. Vers la fin du repas comme prévu ma logeuse, Constenza, vient me récupérer. Je rentre avec elle. Elle me propose de m’emmener au terminal pour qu’ensuite je puisse aller à la mission de San Ignacio min. je pourrai visiter et assister au spectacle son et lumière. L’idée me séduit Juan chez Nicole me l’avait conseillé. Elle ne peut pas m’accompagner, car elle doit terminer son ménage. Arrivé à la mission, je trouve porte close : c’est dimanche. Seul le spectacle son et lumière fonctionne. Il est 17 h 30, le spectacle débute à la nuit soit 19 h 30. J’attends donc. Le spectacle est bien fait, tout en hologrammes sur différent endroit. Il retrace l’histoire des missions en 50 min.
Dommage qu’il n’y ait pas de traduction en français. J’ai dû me contenter de l’anglais. Heureusement, j’avais lu sur le bateau cette phase historique. Je reviens de nuit à la maison vers 22 h. La propriétaire me suit de peu. Je lui demande si je peux prolonger mon séjour. Pas de problème. Nous discutons encore jusqu’à 23 h de ce que je peux faire ici. Enfin, je me couche. La journée a été longue.
Lundi 25 septembre 2017 (J40) Aujourd’hui, je passe ma matinée à mettre à jour mon journal, mes photos et à envoyer le tout à mes amis par mail. Je fais aussi la sauvegarde de mes photos, mes papiers de Dole, le tout par internet. Cet après-midi, je vais en ville et change de l’argent : 1000 euros, en fait 900, car j’avais un billet qui présentait une petite déchirure, une entaille de 3 mm tout au plus. Il a été refusé par le bureau de change. Je ressors avec 18900 pesos. Ça fait épais dans ma sacoche. Ensuite, je vais déjeuner, puis au point d’information touristique. Je fais un tour au centre-ville,
j’achète une carte de la province, à manger pour les soirs et je rentre vers 19 h. Je finis la soirée à regarder ce que je vais visiter ces jours prochains.
Mardi 26 septembre 2017 (J41) Ce matin, je pars vers 11 h après avoir galéré sur une facture que Thierry m’a transmise. Je vais visiter la mission des Guaranis à Trinidad au Paraguay. Constanza m’a donné les indications pour y aller. Pas de problèmes, un peu tendus tout de même, car je ne sais bien sûr pas à quel arrêt descendre. J’ai bien demandé au chauffeur de me prévenir, mais le doute est malgré tout présent. Pourtant, je devrais avoir l’habitude depuis mon arrivée sur ce continent, je fais toujours pareil et ça se passe toujours bien. J’arrive sur le site, le chauffeur m’indique que c’est ici et me montre la direction à prendre. J’ai encore 500 m à parcourir à pied sous une chaleur torride. Il est 14 h, je n’ai pas encore mangé. Un restaurant est à proximité de l’entrée, je m’installe. Après avoir déjeuné, je prends mon billet. La visite commence par un petit filme de présentation hélas pas en français puis je me rends sur les lieux. La visite est libre, je suis quasiment tout seul. Les vestiges sont au milieu de la campagne. Je suis au calme, j’apprécie. La mission est immanence et assez bien préservé. Je prends de multiples photos.
Une fois en avoir fait le tour, je retourne à l’arrêt de bus et attends qu’il y en ait un qui passe. L’attente est longue. Je hèle un premier bus, mais il ne va pas à Incarnation. Le suivant sera le bon. Je monte, le chauffeur me donne le prix en pesos paraguayen. Je n’en ai pas, il convertit en pesos argentins je n’ai pas l’appoint, il me rend la monnaie en pesos paraguayens, 20000 pesos en un billet ! l’euro c’est bien plus pratique. Par contre, ici pas de problème de langue, tous les pays d’ Amérique du Sud, Brésil excepté, parlent en Espagnole. À quand une langue commune en Europe ? Et laquelle ? J’arrive à Incarnation et je monte dans le bus pour rentrer à Posadas. Arrivé à la frontière comme ce matin, je présente mon passeport. Problème, je n’ai pas de tampon d’entré au Paraguay. Le douanier me fait comprendre que je dois payer 80 dollars. Je fais celui qui ne comprend pas, je n’ai pas besoin de beaucoup me forcer, au bout d’un moment, il en a marre et me laisse partir. Par contre, je n’ai plus de bus. Tant pis je continue à pieds. Ça me fait loin, car ici les rivières sont très larges, rien à voir avec nos fleuves français. Je m’engage sur l’ouvrage de franchissement du Rio Parana. Des gens au pied du pont me font signe que c’est interdit aux piétons. De fait, il n’y a pas de trottoirs. Ils me proposent de m’emmener à moto. Constanza m’avait dit que ça se faisait. Je les rejoins et je traverse à moto. Arrivé à la frontière argentine, je me demande bien comment ça va se passer. Le motard me laisse à quelques mètres de celle-ci et repart. Je présente mon passeport au douanier. Il me demande ou est le tampon, je lui explique que je n’en ai pas, que je suis allé au Paraguay qu’aujourd’hui, je lui montre la date de sortie d’ Argentine du jour. Il me demande à quelle heure j’ai franchi la frontière, je lui dis que c’était vers 13 h. Il hésite puis finit par apposer le sésame sur mon passeport. Ouf. Je reprends un nouveau bus et arrive au terminal de Posadas. Plus que 40 min de marche pour rejoindre ma chambre.
Mercredi 27 septembre 2017 (J42) aujourd’hui, c’est une journée de repos : un peut par obligation, en effet la couture d’une de mes chaussures de marche a lâchée. Hier en rentrant, j’ai vu un cordonnier qui peut me la recoudre aujourd’hui. Ce n’est pas très loin de mon logement. Donc après avoir pris mon déjeuner, je vais lui porter la chaussure avec à mes pieds mes cocks. Je profite de cette journée pour faire ma lessive, classer mes photos et les sauvegarder, nettoyer les écrans de mes appareils. Demain je quitte Posadas pour El Soberbio. Je cherche à me loger là-bas. J’envoie de demandes aux 6 couches-surfeurs du lieu en espérant en avoir une de positive, car les logements airbnb sont chers. À midi je cherche un restaurant sur place. En fin de compte, j’achète un plat cuisiné et le mange à la maison. Après manger, je fais une sieste puis je rentre mon linge qui à séché. Ensuite, je prépare mon sac à dos. Demain matin je dois partir tôt, car Constanza par au travail tôt. Elle travaille à la justice au service de la recherche génétique. Le reste de la journée est calme. Pas long temps, un orage éclate et il ce met à pleuvoir. Constanza revient de son travail, Mario arrive aussi il a une table et un banc en bois pour elle. J’aide à décharger. Ensuite Mario répare l’autre lit qu’il y a dans ma chambre. Après ça, je pars avec eux en ville.
Nous nous arrêtons à la cordonnerie et je récupère ma chaussure. La réparation me coûte moins de 3 euros. Tous deux me font visiter le musée de la civilisation guaranie puis le musée des beaux art. Il y à des figurines du sculpteur Juan de Dios Mena représentant des personnages caricaturaux vraiment très beaux. Ils m’emmènent dans une galerie d’art pour voir une danse de la région : la galopera Paraguay, à voir sur YouTube. Je passe chez la maman de Constenza qui parle un peu le français puis nous rentrons à la maison. Entre temps Mario à un ami qui tient un hôtel à El Soberbio. J’ai une chambre de réservée pour un prix convenable. Mario part, nous restons un moment à discuter Constanza et moi. Je lui demande si je pourrai revenir chez elle lors de mon retour d’ Iguazu : pas de problème. Elle a une amie qui connaît quelqu’un sur la réserve d’ibéra, elle se renseignera et me communiquera les informations par whatsapp. Nous nous disons hors voir, car elle rejoint une amie et demain elle sera partie au travail lorsque je partirai. Mario passera me chercher vers 8h30 pour m’emmener à la station de bus.
Jeudi 28 septembre 2017 (J43) ce matin je prends le bus pour El Sobrebio. Mario passe me prendre vers 8 h 45 pour me conduire au terminal de bus. Il m’accompagne au comptoir pour que je prenne le billet. Une fois ces formalités accomplies, nous nous séparons. Le bus part à 9 h 30 et arrive à 14 h 15. Je n’ai pas de mal à trouver mon hôtel, car je le vois : le bus est passé devant. Néanmoins, je continue jusqu’à la gare routière pour demander les horaires pour Iguaçu. Peine perdue, tout est fermé. Je remets mes chaussures de marche et vais à l’hôtel. Il est au plein centre de la ville, mais au fond d’une cour intérieure, les bruits de la rue sont atténués. Une fois mes sacs déposés, je vais manger puis je me rends à l’office du tourisme qui m’indique comment me rendre aux chutes et à Iguazu. Après, je rentre à ma chambre et regarde mes mails. Rien de bien agréable : ma taxe d’habitation ! Mais aussi la réponse pour la visite de la réserve d’Ibera. Il n’y a pas de possibilités avant le 16 octobre. Je pensais y être vers le 13 donc je dois prendre mon temps, surtout que ce mail précise qu’il n’y aura pas logement disponible entre le 13 et le 15. Il y a un jour férié et le week-end. Je demande malgré tout le programme détaillé et le prix des prestations. Ensuite, j’aviserai. J’ai d’or et déjà bien envie de rester ici jusqu’à mardi matin ce qui me permettrait de voir les chutes lundi. Constenza m’avait dit que celles-ci étaient plus spectaculaires les lundis, car les Brésiliens qui gèrent le barrage en amont de la rivière ouvrent les vannes chaque lundi. Par contre je risque d’avoir vite fait le tour du pays et de m’ennuyer. Ici, je peux cuisiner. Je vais donc au super marché faire quelques provisions. Je ne risque pas de dérober quelques articles en les cachant dans mon sac à dos, car, en entrant, on me demande de le déposer dans une consigne. La journée se termine par la rédaction de cette journée
vendredi 29 septembre 2017 (J44) Cette nuit a été pluvieuse. Ce matin il pleut toujours. Le bus pour aller aux chutes de Mocona est à 8 h. Je me lève à 7 h et demande à la réception de l’hôtel si je peux prolonger mon séjour jusqu’à mardi, ça ne pose pas de problèmes. Je retourne donc me coucher. Je me lève vers 9 h. Il pleut toute la journée, parfois c’est un véritable déluge, à d’autres moments il y a une timide éclaircie. Je ne sors que pour manger. J’occupe le reste de mon temps à correspondre par mail, en espagnol, pour réserver la visite de l’Esteros del Ibéra au sud-ouest de Posadas. En fin de journée, tout est réglé. Il ne me reste plus qu’à verser un acompte par l’intermédiaire de Western Union. Il est trop tard aujourd’hui, et le week-end tout est fermé. Je le ferai lundi ou mardi. En fin de journée, je n’en peux plus de rester enfermé. J’attends une éclaircie et je sors faire un tour et acheter quelques provisions. Je prends mon poncho. J’ai bien fait, car peu de temps après mon départ, je me fais rincer comme il faut.
Samedi 30 septembre 2017 (J45) La nuit a été bruyante. Il y a eu de la musique jusqu’à 3 h du matin. La pluie est finie, après avoir terminé mes travaux routiniers, je sors vers 10 h 30 pour marcher. Je suis surpris de voir qu’ici les commerces sont ouverts. Je profite de cette aubaine pour me renseigner sur les possibilités de randonnée. Après quelques explications, je repars pour 2 h 30 de marche, allé retour, sur un chemin au milieu de la campagne.
Le ciel est nuageux, il ne fait pas trop chaud, malgré tout je sue à grosses gouttes. Au fil des heures, les nuages se dispersent et le soleil pointe son nez. J’ai vraiment chaud. Enfin, j’arrive, je me débarrasse de mon sac à dos et vais déjeuner. Au retour, je contacte Constanza pour lui donner mes dates de passage à Posadas et lui demande si je pourrai à nouveau séjourner chez elle. Ça ne lui pose pas de problème. Voilà des tracas d’évités. Par contre je n’ai pas de réponses pour Puerto Iguazu. J’ai vu sur les panneaux d’information qu’il y a une fabrique artisanale de citronnelle. Je décide d’y aller. À part une pancarte indiquant que c’est à 1 km, c’est tout ce qu’il y a comme indication. Je marche donc dans la direction pendant 12 à 13 min et j’estime être sur zone. Je vois des bâtiments sur ma gauche, je vais voir. Deux femmes discutent, je vais à leur rencontre et demande. Ce n’est pas là et elles ne savent pas où c’est. Demi-tour. Je vois un centre de vacance, je vais demander. Je suis allé trop loin, il faut que je revienne sur mes pas et que je prenne sur la droite un chemin de terre, par contre je ne sais pas où. Je redemande un peu plus loin. Cette fois-ci je trouve le chemin et la fabrique. J’achète un flacon pour me protéger des moustiques et je rentre à ma chambre. Il est 18 h. Je suis assez content de moi. Mon Espagnole n’est certes pas très académique, mais j’arrive à me faire comprendre. Par contre, j’ai vraiment du mal à comprendre ce qu’on me dit. En fin de journée, je fais ma lessive en espérant qu’elle sèche rapidement.
Dimanche 1er octobre 2017 (J46) Je me lève vers 7 h 30 et je vais tout de suite chercher mon lait dans le réfrigérateur. Hier, il était gelé. Ce matin aussi. Je me recouche un moment avant de déjeuner. J’émerge vers 8 h 30. En sortant de la chambre, j’ai l’impression d’entrer dans un four. Un vent chaud s’est levé. La journée risque d’être dure. Après avoir déjeuné, je rentre à la chambre. Mon plan de voyage étant arrêté jusqu’au 19, je me mets au travail pour rechercher des logements pour les prochains jours. Tout d’abord, je rédige une nouvelle annonce pour le site de couchsurfing. J’espère avoir plus de succès, car, pour l’instant, soit je n’ai pas de réponse soit j’ai des refus, je dois alors me résoudre à utiliser airbnb. Lorsque je tombe sur un particulier, c’est agréable, mais, lorsque je tombe sur un hôtel, j’aime moins, quoique ça dépend de l’hôtel, à La Paloma, c’était super. Ça ne paraît pas comme ça, mais c’est un véritable travail. Entre la recherche, la localisation du lieu sur Google map lorsque j’ai trouvé un logement, trouver l’itinéraire à suivre pour m’y rendre à pied, trouver les bus pour me rendre d’une ville à l’autre, tout ça me prend beaucoup de temps. Je dois aussi suivre ma vie doloise, surtout en ce moment, j’ai des impôts à payer, des factures d’électricité. Je suis donc mes comptes comme à la maison. Heureusement qu’il y a internet. Tout ça pour dire que je passe ma matinée sur ma tablette. Lorsque j’ai fini, je sors en ville. La plupart des commerces sont clos. Je trouve quand même une épicerie d’ouverte. J’achète de l’eau et de quoi piqueniquer demain aux chutes de Mocana. Après avoir rangé ces courses, je vais faire un petit tour avant d’aller au restaurant. Il fait vraiment très chaud et en peu de temps je sue toute l’eau de mon corps. Avant d’aller au resto, je passe par ma chambre, je m’essuie et remets mes crocs. Après manger je fais la sieste, il fait trop chaud pour sortir, j’attendrai la fin de journée. La sieste est finie, il fait encore bien chaud. J’attends pour sortir. Au bout de quelques minutes, une rafale sans aucun signe avant-coureur me surprend, rafale d’une violence impressionnante, le vent rugit, les arbres ploient toutes feuilles à l’horizontale, les toits de tôle ondulée claquent et tout d’un coup, plus de lumière. Cette situation me rappelle mon enfance lorsque par temps d’orage l’électricité tombait en panne. Je sors dehors pour voir ce qui se passe, le vent s’engouffre dans ma chambre, le ciel est sombre, la température a chuté et est devenue agréable, mais les autres conditions météo ne sont absolument pas propices à la balade. J’ai, je dois l’avouer, peur de recevoir une branche ou une tôle de toiture qui pourrait s’arracher sous les coups de boutoir de cette tempête. Je me calfeutre donc dans l’obscurité de ma chambre. Réduit à l’inaction, je me recouche et attends en vain que ça se passe. l’expression" laisser passer l’orage" convient parfaitement à la situation. Le temps passe, les rafales sont toujours aussi violentes, puis l’orage s’en mêle, il pleut des trombes d’eau. Sur le soir, je vois de la lumière en face de ma chambre, mais chez moi toujours rien. La patronne est dans la cuisine à côté, je lui dis que je n’ai pas de lumière. A l’entrée de ma chambre, il y a une ampoule qui ne fonctionne pas et qui est placée juste à côté de celle qui en temps normal fonctionne. Et bien aujourd’hui les rôles sont inversés. Un générateur fournit de la lumière sur un deuxième réseau. Par contre, il n’y a pas de prises de courant et pas de wi-fi. J’espère que la nuit aura raison de ce mauvais temps, car c’est demain que j’ai prévu la visite des chutes de Mocona. Je ne peux plus repousser, ma chambre à Puerto Iguazu est retenue. Image attachée: | | | À: Jef39 · 4 avril 2020 à 17:47 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 16 de 105 · Page 1 de 6 · 1 691 affichages · Partager Lundi 2 octobre 2017 (J47) Ce matin, l’électricité n’a pas été rétablie. J’espère qu’elle le sera ce soir. Je prends le seul bus à 8 h pour visiter les cascades de Mocona qui sont à environ 70 km au nord de El Soberbio. Il faut une bonne heure pour s’y rendre. Arrivé sur place, je parcours le sentier à travers la forêt
puis je vais aux cascades. Celles-si ne sont visible qu’en prenant le zodiac,
se que je fais. Le spectacle est grandiose. Ici ce n’est pas la hauteur de la chute qui est impressionnante : 4, 5 m tout au plus, mais, la longueur : 3 km ! On ne peut en voir que 1800 m, le reste n’est pas navigable
. Le zodiac s’ap
proche au plus près des chutes, la douche est assurée.
J’ai de la chance, le temps est nuageux avec un peu de ciel bleu. C’était inespéré après la journée d’hier. À 11 h 30, la visite est terminée. Il n’y a plus rien à faire et le bus ne repart qu’à 17 h. Le chauffeur s’occupe à la vente de souvenir pour les touristes qui à cette saison ne sont pas légion. Je discute un peu avec lui, je lui montre mes photos. Il me propose de partir à pied et il me reprendra en passant. Comme ça, je pourrais voir les points de vue qui jalonnent la route. L’idée me convient, je pars sur-le-champ. Je marche 3 h et découvre 3 points de vue.
Au deuxième, je rencontre un couple de motards, ils logent au même hôtel que moi, nous engageons une petite conversation. J’ai plaisir à voir que j’arrive à me débrouiller. Vers 5 h et quelques minutes le bus arrive et me charge. Je suis rentré à 18 h. En arrivant à l’hôtel, je vais voir le patron pour payer. Celui-ci m’annonce 5 nuits alors que je n’en ai passé que 4. Tout à coup, mon Espagnole s’est réveillée, je lui ai expliqué que je n’avais passé que 4 nuits en lui énumérant les jours. Il en a convenu. Ensuite je lui ai compté les billets de 100 ARS de 1 à 12 et sans bafouiller. Non, mais il ne faut pas me chercher sur ce terrain ! En fait en regardant mes notes, je crois qu’il avait raison. Après je vais faire quelques provisions pour dîner et déjeuner demain. La lumière fonctionne à nouveau, je regarde mes mails. Bonne nouvelle j’ai une réponse positive pour dormir en couchesurfing 2 nuits à Corrientes.
Mardi 3 octobre 2017 (J48) C’est le départ pour Puerto Iguazu. Le bus est à 12 h, mais je dois libérer la chambre à 10 h au plus tard. Heureusement, il fait beau, je vais pouvoir attendre dehors. Avant cela je file au bureau de poste qui fait Western Union pour payer mon séjour à la réserve d’Ibera. Je ne peux pas faire la transaction moi-même, il faudrait que ce soit un ami argentin qui la fasse à ma place. Je n’ai hélas pas eu le temps de me faire des amis ici à El Soberbio. Je retourne à l’hôtel pour profiter de l’internet et envoie un message à l’agence en demandant une dérogation pour payer la totalité à mon arrivée. Juste avant de partir, je reçois une réponse positive. Je les remercie et quitte la chambre à 9 h 58 juste dans les temps. J’attends pendant deux heures le bus sur un banc public, quelques personnes viennent s’asseoir à mes côtés pour discuter. À midi moins 1/4, je rejoins la station del omnibus et je monte dans le colectivo pour San Vicente. Une heure plus tard, j’y suis. J’ai de nouveau 1 h d’attente pendant laquelle un type m’aborde et m’explique avec carte à l’appui qu’il fait le tour du monde. Je suis admiratif devant le nombre de pays ou il s’est rendu. Je prends un deuxième collectivo qui me mène à Puerto Iguaçu. À 19h30 je suis arrivé. Je change de chaussure, récupère un plan de la ville. Me fait indiquer la position du terminal et de la rue de Salta et me voilà parti de nuit à la recherche de mon logement. J’y suis arrivé sans problème. Je suis installé dans un petit studio au fond d’une cour à côté de la maison du propriétaire.
Celui-ci me donne les infos nécessaires pour mon séjour : resto, supermarchés, bus, accès aux chutes coté argentin et brésilien, etc. Ma journée s’achève enfin, j’espère passer une bonne nuit. Image attachée: | | | À: Jef39 · 4 avril 2020 à 18:52 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 17 de 105 · Page 1 de 6 · 1 688 affichages · Partager Mercredi 4 octobre 2017 (J49) aujourd’hui je pars pour la visite des chutes d’ Iguaçu côté argentin. Le bus est à 5 min de chez moi. J’arrive à 10 h. Il y a un monde fou, mais l’organisation du parc est rodée. Après avoir rejoint la gare ferroviaire, je n’ai qu’un quart d’heure à attendre pour me rendre au point de départ de la cataracte du diable. Arrivé au terminus, l’accès se fait par une passerelle de 1100m qui surplombe la rivière à l’amont de la chute. Il y a foule. A voir cette rivière paisible, on ne peut pas s’imaginer qu’elle va plonger de la sorte dans le vide. Il est 11 h 30 lorsque je reviens à la gare, j’ai le temps d’acheter un sandwich avant de reprendre le train. En descendant du train, je m’aperçois trop tard que j’ai laissé ma casquette. Je vais devoir en acheter une nouvelle. Je continue la visite par le circuit supérieur puis le circuit inférieur et enfin par le circuit sur l’île San Martin. Tout au long des parcours je prends de nombreuses photos tellement c’est grandiose. Je finis par l’exposition dans le hall d’entrée. Ensuite, je rentre. Il est 17 h. Je passe la fin de la journée à classer et annoter mes photos, ça n’a pas été comme je voulais.
| | | À: Jef39 · 6 avril 2020 à 17:54 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 18 de 105 · Page 1 de 6 · 1 646 affichages · Partager Jeudi 5 octobre 2017 (J50) Le programme de la journée se résume à la visite du côté brésilien des chutes d’Iguazu. Je pars au terminal de bus, j’achète mon billet allé retour. J’ai ½h devant mois pour aller changer de l’argent en Réal et acheter un nouveau chapeau. Ceci étant fait, je retourne au pas de charge au terminal. J’arrive à l’heure, mais le bus a du retard. Je n’avais pas besoin de me presser. De la rive brésilienne, on à une vue d’ensemble du site qui est intéressant, mais qui à mon avis ne vaut pas le coté argentin sauf la dernière partie du parcours qui nous amène en face de la cataracte du diable. A midi, je m’assois sur un banc à l’ombre et mange mon sandwich quand un passant me fait signe de partir. Je me retourne et je vois un coati toutes griffes dehors qui cherche à s’approprier mon repas. J’ai eu une belle peur, car ces bestioles ont des griffes longues et bien acérées. Je vais finir de manger un peu plus loin en faisant attention autour de moi. Quelques instants plus tard, je vois une dame qui mange et qui est suivie par un coati. Chaque fois qu’elle se déplace, l’animal la suit. La dame n’a pas l’air apprécier sa présence. À 13 h 30 j'ai fini la visite, je sors du parc et attends une heure pour prendre mon bus.
La différence entre les voyages organisés et m’a façon de voyager, c’est que dans le premier cas c’est le bus qui attend que les touristes aient terminé leurs visites tandis que dans mon cas c’est moi qui attends que les bus arrivent. Arrivé au terminal, je prends les renseignements pour me rendre à la prochaine étape : Puerto Esperenza et je rentre à la maison à pied. Il est 16 h lorsque j’arrive. Ce soir je vais au bout de la rue des 3 frontières pour voir le spectacle nocturne. C’est une fontaine sèche avec des jeux de lumière, des lasers et des saynètes réalisées en hologramme.
De retour, je me prépare mon dîner. Je vais manger en dessert la papaye que m’a donnée hier le propriétaire.
Vendredi 6 octobre 2017 (J51) Départ pour la visite du barrage d’Itaipu. Première attente de bus à la gare routière, deuxième attente à la frontière brésilienne, car le bus ne nous a pas attendu pendant les formalités douanières, troisième attente de bus à la gare routière de Foz Iguazu. j’arrive enfin au barrage à midi. Je déjeune au self, j’achète un autre chapeau qui conviendra mieux à mes besoins et je pars pour la visite. Encore une fois, c’est l’immensité qui me surprend. Ce barrage à lui seul fournit 90 % des besoins du Paraguay et 15 % des besoins du Brésil, il fait environ 7,200 km de long. La visite se fait en bus avec explications en portugais. J’ai bien pris l’audiophone en anglais, mais les haut-parleurs du bus en portugais m’ont empêché de comprendre la version anglaise. Dommage qu’il ne fasse pas d’efforts pour les étrangers. Heureusement, il y a internet. La visite dure 1 h 30 avec 2 arrêts. Il y avait bien une autre visite avec visite de l’intérieur du barrage, mais elle débutait trop tard pour me permettre de retourner. Je suis un peu déçu.
Pour le retour, c’est la même chose qu’à l’aller. Attente de bus par tout. Cependant, je ne me plains pas, j’aurais pu faire plus rapidement en prenant un circuit organisé, mais ce n’était pas le même prix : 800Ars pour juste le transport. Tout compris, ma journée m’est venue un peut moins chère.
samedi 7octobre 2017 (J52) Je suis levé tôt malgré une nuit perturbée par la pluie abondante. C’est le départ qui doit me tenir en alerte. Je déjeune puis fais mon sac tout en oubliant délibérément mon chapeau blanc. Une fois que tout est prêt, je m’allonge pour une heure, j’ai du temps devant moi. 9 h, il est encore tôt pour partir, mais si j’attends trop, je vais marcher sous la chaleur et avec mon gros sac sur le dos, ce n’est pas top. Je pourrai prendre le bus, mais je préfère marcher. Il me faut ½h pour arriver au terminal. Je cherche la compagnie de bus pour me rendre à Puerto Espérance. Et pour une fois je n’ai presque pas à attendre avant le départ, un petit 1/4h. J’arrive au terminal de bus de Puerto Espérance vers 11 h il fait très chaud et l’aire est humide, je sue à grosses gouttes. L’adresse de mon logement est vague au coin de deux rues. Sur Google je vois bien une rue, mais pas l’autre. Je n’arrive pas à lancer le trajet. Je demande à plusieurs personnes qui ne connaissent pas cette rue. Enfin quelqu’un finit par me renseigner correctement. J’arrive au carrefour, j’ai le choix entre 4 maisons, il est précisé dans le descriptif de l’annonce que c’est une maison en bois. Je ne vois pas de maison en bois. Enfin une personne m’appelle. Il est midi et demi. Je suis arrivé chez Christian qui parle bien le français. Se sera plus pratique pour moi ces quelques jours. Christian me propose de déjeuner avec lui, j’accepte. Nous parlons de la situation politique du monde actuel qui n’est pas brillante. Après Christian fait la sieste tandis que moi je prends une douche malgré l'installation électrique rudimentaire
et fais ma lessive. Ensuite, je m’allonge aussi et m’endors. Vers 16 h un orage violent éclate. J’ai juste le temps de rentrer mon linge sous l’auvent qu’il se met à pleuvoir avec une intensité qu’on ne connaît pas chez nous.
La rue en pente est transformée en torrent, les quelques voitures qui traversent ont de l’eau jusqu’à mis jantes. Décidément ici tout est dans la démesure, les rivières, les cascades, les barrages, la pluie... Vu d’ici la France semble un pays de lilliputiens. L’après-midi se passe tranquillement. À 18 h nous partons en ville faire quelques courses. Lorsqu’on revient, il fait nuit, la nuit tombe rapidement vers 18 h 30. l’orage à coupé l’électricité, Christian met des bougies pour éclairer. J’ai l’impression de me retrouver 50 ans en arrière.
Dimanche 8 octobre 2017 (J53) Aujourd’hui, je vais visiter les mines de pierres précieuses et semis précieuses de Wanda. Je pars vers 9 h 30 pour prendre le bus au terminal. Ce n’est pas la que je dois prendre le colectivo, mais à l’arrêt de bus. Ici ce n’est que pour les trajets longues distances. Où est l’arrêt ? Après plusieurs demandes de renseignements, je finis par le trouver. Commence alors une longue attente. Enfin il arrive. J’explique au chauffeur que je veux descendre aux mines de Wanda et lui demande de bien vouloir m’indiquer l’arrêt ou descendre. Arrivé sur place, le chauffeur me fait signe et m’indique la direction ou aller. Je n’ai pas de mal à trouver. 3 personnes attendent le client. Ils m’expliquent que c’est à 3 km de là et me donnent un dépliant, ils me proposent aussi un taxi je refuse et pars à pied. J’ai bien fait, car les 3km c’était aller et retour. Je prends mon ticket d’entré, nous sommes 5 personnes plus le guide. Bien sûr je ne comprends rien à ses explications. Déjà en entrant sur de site, on déambule en extérieur sur un plateau rocheux parsemé de géodes ouvertes.
La visite se poursuit dans la mine elle-même. Le rocher est parsemé de géodes à l’intérieur desquelles il y a des cristaux tantôt violets, roses, jaunes ou incolores.
Bien sûr la visite se termine par le magasin de bijouterie. Heureusement que je suis seul, Claudine aurait été avec moi, ça m’aurait coûté une fortune. La visite terminée, je retourne à la route principale pour prendre un bus de retour. Les rabatteurs de ce matin m’expliquent ou est l’arrêt. C’est à quelques centaines de mètres. Je m’y rends, je vois l’abri, je m’y arrête. Au bout d’un moment, un bus arrive, il tourne à l’embranchement juste avant l’arrêt. Je ne comprends pas, l’arrêt n’est pas sur le trajet du bus. Une personne en face m’explique, je traverse la route pour comprendre. En fait l’arrêt pour Puerto Esperanza est plus loin. Je continue donc mon chemin et trouve un 2e abri. Cette fois c’est le bon. Je suis de retour vers 14 h en rentrant à la maison, je croise un grill ou ils vendent de l’assado. J’en prends un morceau et j’en mange la moitie pour mon déjeuner. Christian ‘n’est pas chez lui. Il arrive un peu plus tard, mais, pour repartir à Asuncion au Paraguay avec un ami pour le travail. Il est acteur professionnel. Il doit être de retour demain matin. Après son départ, je fais la sieste puis je commence la lecture d’un livre : « Le dictateur et le hamac » de Daniel Pennac.
Lundi 9 octobre 2017 (J54) Internet a fonctionné un peu cette nuit et m’a délivré quelques messages. Entre autres celui de Christian qui m’explique qu’il reste a Asuncion au Paraguay pour quelques jours, car il y a du travail pour lui. Il est acteur de cinéma, producteur et aussi décorateur. Du coup, il ne sera pas là demain pour mon départ et me demande de remettre les clefs à sa voisine Roxana. Il est bien gentil, mais ce n’est pas en 2 jours que j’ai eu le temps de faire connaissance avec les gens du quartier. En plus il ne me précise pas de quel voisin il s’agit. Christian l’acteur n’a pas l’esprit cartésien de Jean-François ingénieur retraité. Je lui envoie un message avec les photos des maisons de ses voisins en les numérotant et lui demande de me dire quelle est la bonne. Internet fonctionnant par intermittence, j’ai vu qu’il l’avait reçu. J’espère une réponse avant demain. Sinon, il a plu une bonne partie de la matinée ce qui m’a permis de reprendre ma lecture. Vers 10 h une éclaircie semble s’installer, j’en profite pour sortir. Je n’ai pas fini de mettre mes chaussures que la pluie reprend. Je sors quand même, il faut que j’aille au terminal de bus pour voir les horaires. Je cherche aussi un resto pour déjeuner et me connecter. C’est lundi et beaucoup de commerces sont fermés. J’en trouve enfin un d’ouvert, mais il n’y a pas de wi-fi. Du coup, je vais acheter de quoi manger au supermarché. Après avoir déjeuné, je fais une petite sieste puis je vais me promener un peu à l’écart de la ville. Christian m’avait dit qu’il m'accompagnerait visiter quelques lieux intéressants, mais, il n’est pas la. De retour, je termine mon livre tout en surveillant l’une des maisons voisines au cas ou quelqu’un apparaisse. J’ai l’impression d’être dans la peau de ma voisine d’en face à Dole. La technique est fructueuse. Vers 18 h un jeune homme entre. Je sors en trombe et le hèle avant qu’il ne soit rentré chez lui. J’ai vu juste, c’est bien la maison de Roxana. j’explique la situation, tout est arrangé. J’aurais préféré avoir à faire directement avec cette Roxana. Je termine la journée par la préparation de mon sac. Demain je pars tôt. Voilà une journée tranquille. Ça ne fait pas de mal de poser ses valises un peu de tant à autre.
Mardi 10 octobre 2017 (J55) C’est le retour à Posadas chez Constanza. Levé à 6 h, tout d’abord, je scrute le ciel, il pleut à verse. Peu importe, je n’ai pas le choix. Je prends mon déjeuner, fais un brin de toilette, passe un coup de balai, prépare mon sac. Il est 7 h lorsque je quitte la maison. Une fois celle-ci fermée, je lance les clefs sur le paillasson de Roxana et je me rends sous une pluie battante au terminal. J’attends comme habituellement le bus et 5 h plus tard, je suis à Posadas. Il est 12 h 30. Je monte tranquillement toujours sous la pluie chez Constanza. En chemin je m’arrête dans une petite épicerie qui fait aussi restaurant et je déjeune. J’arrive comme convenu après 14heure, il est 14 h 04. Je retrouve ma chambre, je prends une douche et Change d’habits. Inutile de laver mes vêtements sales ici, ils ne sécheraient pas. Constanza me mènera à une laverie pour qu’ils sèchent. Finalement le soleil se sort et Constanza décide de mettre sa machine en route. Pendant qu’elle tourne, je me lance dans la recherche d’hôtes pour Buenos Aires. Après avoir étendu mon linge, je pars faire quelques courses. | | | À: Jef39 · 6 avril 2020 à 18:20 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 19 de 105 · Page 1 de 6 · 1 643 affichages · Partager Mercredi 11 octobre 2017 (J56) Voilà une journée éprouvante. Tout d’abord parce que j’ai mal dormi, la nuit a été ponctuée par des orages. Ensuite par mon programme. Vers 9 h je me rends à la station de bus. Le ciel s’est dégagé et il commence à faire chaud. Je prends mon billet aller et retour pour San Ignacio min que je n’avais vue que de nuit. J’arrive à 11 h. Il fait très chaud. Je visite le petit musée puis le site. C’est grandiose, mais je préfère la mission du Paraguay.
À midi je trouve un restaurant pour déjeuner, j’y reste une heure puis je me rends à pied à la maison musée de l’écrivain Horacio Quiroga que je visite.
Ensuite, je continue mon chemin jusqu’au Rio Parana.
Après je retourne au bus. Il est 15 h 45 lorsque j’arrive à la station de bus. J’ai marché 2 h 45 sous un soleil de plomb. Avec de l’humidité dans l’air, mes vêtements sont trempés de sueur. Je bois l’eau de ma bouteille qui est chaude, vraiment chaude. Je ne me rappelle pas avoir connu une telle chaleur. Au Maroc, il faisait chaud, mais il n’y avait pas cette humidité. De retour à Posadas, je me renseigne sur les horaires et les prix pour aller à Corrientes et il me faut encore 40 min pour remonter à la maison. | | | À: Jef39 · 7 avril 2020 à 19:09 Re: Voyage 5 mois et 3 semaines en Amérique du Sud Message 20 de 105 · Page 1 de 6 · 1 623 affichages · Partager Province de Corrientes
jeudi 12 octobre 2017 (J57) Ce matin. Je ne suis pas pressé. Mon bus pour Corrientes part à 11 h. Je quitte la maison vers 9 h 15, je suis chargé et je ne marche pas vite. J’arrive vers 10 h à la station de bus et j’attends. Je préfère avoir fait comme ça, j’ai évité la grosse chaleur. J’arrive à Corrientes à 15 h 30. Dans le bus on m’a servi une petite collation, un petit paquet de biscuits et un verre de jus d’orange. En descendant du bus comme chaque fois, je change de chaussures puis je cherche le point d’information touristique pour avoir un plan de la ville afin de trouver mon lieu de villégiature. Pas de chance, il est fermé. Je trouve une adresse wi-fi libre, ce qui me permet de charger Google map et programmer le chemin à suivre pour arriver a bon port. Je passe par des rues en terre et comme il a plu, c’est un véritable bourbier. J’imagine bien le moyen âge. 3/4h plus tard, je suis rendu. C’est les parents de Agustina qui m’accueillent. Ils tiennent une petite épicerie de quartier.
Vendredi 13 octobre 2017 (J58) Je me lève vers 8 heures. Et vers 9 h 30 je pars pour le centre-ville. La maman d’Agustina m’explique où prendre le bus, me donne le numéro du bus et la direction à prendre pour y aller. Malgré ses nombreuses explications en Espagnole avec un débit de parole rapide, je ne trouve pas l’arrêt. Je prends donc la décision d’y aller à pied. Le temps n’est pas très beau, il y a un crachin qui mouille bien, mais, peu importe, j’ai ma cape de pluie. Après avoir demandé mon chemin plusieurs fois, j’arrive enfin au centre-ville. Il est 11 h 30. Maintenant, il me faut trouver l’office du tourisme pour avoir un plan de la ville. Nouvelles demandes multiples et, 1/4 h plus tard, me voilà devant l’édifice. Je suis tombé sur une dame qui m’a très bien renseigné. Non seulement j’ai eu un plan du centre-ville, mais elle m’a donné les renseignements pour prendre le bus du retour, ou je devais descend. Ensuite, elle m’a demandé quand je quittai la ville puis où j’allais. Je lui explique que je vais à Mercedes dimanche, que je dois y dormir pour le lendemain me rendre à Carlos Pellegrini. J’ajoute que je n’ai pas trouvé de chambre pour passer la nuit à Mercedes. J’ai eu une bonne intuition, elle a téléphoné à plusieurs hôtels et a fini par me réserver une chambre en face la station de bus. Cette dame m’a tiré une grosse épine du pied. Ça faisait un moment que je cherchais sans résultat. Merci. Je ressors de l’office vers 12 h 45, il est temps de déjeuner. Avec cette randonnée urbaine, j’ai l’estomac dans les talons. L’après-midi, j’arpente l’unique rue piétonne de la ville et les quais le long du Rio Parana ensuite je me rends à l’arrêt de bus.
Je dois prendre le bus 102A. Je demande aux gens qui attendent où est l’arrêt pour cette ligne. On m’indique le lieu et on me montre le bus 102. je sais que ce n’est pas celui-ci, je me suis fait avoir ce matin. Ce bus va bien au bon endroit, mais c’est une autre compagnie et il faut une carte magnétique pour régler le trajet. Ce matin le chauffeur m’a fait redescendre. Une fois dans le bus je demande le prix au chauffeur, il m’explique qu’il faut une carte, je lui dis que je suis français et que je n’ai pas de carte. Il me tend la sienne et je fais le retour gratis. Arrivé à l’arrêt où je dois descendre, il me fait signe. Merci le chauffeur. De retour à la maison, je me repose un peu puis je redescends dans l’arrière-boutique du magasin qui est aussi la cuisine. Raymondo le papa d’Agustina, 67 ans, prépare un plat typique de la région : le Mbeju. c’est une galette à base de fromage et manioc. Je prends la recette au fur et à mesure qu’il la réalise. La voici. Recette de Mbeju 1kg fécule de manioc 2 œufs sel beurre 200g un fromage de vache sans sel mis sec coupé en petits morceau x mélanger le tout ajouter de l’eau tiède et continuer de mélanger en ajoutant de l’eau pour obtenir une pâte qui ressemble à du sable mettre dans une poêle huiler à feu doux couvrir. Faire cuire en plusieurs fois épaisseur environ 1cm dans la poêle. Décoller les bords et agiter pour que la galette bouge retourner la galette et poursuivre la cuisson. C’est cuit lorsque la galette prend une couleur légèrement ambrée. =+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+ J’ai fait deux photos, l’une pou la consistance de la pâte, l’autre pour la couleur finale. A vos fourneaux.
Question fromage, je pense que celui qui se rapprocherait le plus est le reblochon. Tout en préparant son plat Raymondo me parle de son pays, les nazis qui sont venus s’installer en Argentine, au Chili, en Uruguay... pour échapper aux poursuites à la fin de la guerre, mais, qui pour certain ont été retrouvés, Echmann, Barbi, Mendele... Ensuite, il me parle d’un temps plus ancien, la guerre de la triple alliance. De 1865 à 1870. le Brésil, l’ Argentine et le Paraguay se sont ligués pour faire la guerre à l’ Uruguay. Cette guerre a entraîné une hécatombe côté Uruguayen dans la population masculine en âge d’aller à la guerre. À la fin de celle-ci, il ne restait comme hommes que des enfants et des vieillards. Pour le peu de rescapés du massacre, la polygamie fut instituée, les hommes avaient en moyenne 4 femmes. Raymondo me dit même qu’un prélat de l’église avait 20 enfants. Les hommes avec toutes ses femmes n’avaient rien à faire, les femmes travaillaient pour eux. Après dîner, Raymondo me montre les différentes danses et musiques d’ Argentine sur la TV, bien sur le tango, mais aussi la milonga tout deux de Buenos Aires, la zamba de la région de Cordoba et Salta, et la Chacarera de la région du nord. Un peut plus tard dans la soirée, il me montre les photos de sa famille, sa maman, ses frères, etc. j’ai quelques photos sur mon téléphone, une de maman, une d’Élodie avec Maya, je les lui montre aussi. Après quoi je monte me coucher.
Samedi 14 octobre 2017 (J59) Aujourd’hui, c’est moi qui me colle à la cuisine. Je vais faire la recette rapide de quiche lorraine. Je ne garantis pas le résultat : le fromage ici n’est pas fameux. A l’heure du repas Raymondo sort une bouteille de vin malbec de Mendoza, Agustina sort les dessous de table du Pérou. La famille fait honneur à mon plat. Heureusement, il est meilleur que celui que j’avais fait à Montevideo, peut-être un peu trop cuit, mais c’était bon. J’ai eu aussi la bonne idée de doubler les proportions de la recette, car il n’y a eu que ça à manger, pas de légumes ni de fruits. Après le repas tout le monde va faire la sieste, moi aussi. La journée se termine tranquillement devant un film à la télé ce qui me permet de voir comment fonctionne l’épicerie. La porte est fermée à clef, mais la grille à des barreaux assez larges pour servir les clients. Lorsqu’un client arrive, il frappe dans ses mains et le patron arrive pour le servir. Les clients viennent jusqu’au milieu de la nuit. Il est actuellement mi-nuit, nous allons passer à table et quelques clients voyant de la lumière claquent des mains pour appeler et acheter quelques choses. Je ne comprenais pas pourquoi nous dînions si tard. En fait, nous avons attendu le retour de la sœur d’Augustin pour dîner.
Dimanche 15 octobre 2017 (J60) Aujourd’hui c’est la fête de mères en Argentine et certainement dans toute l’Amérique latine. Je me lève à 8 h et je prépare mon sac puis je descends déjeuner. Ce matin, je prends du lait, j’en ai acheté hier pour faire ma quiche. Ça me changera de l’infusion de mate de ces derniers jours. Raymondo m’a proposé hier de me conduire au terminal de bus en voiture, ça a été avec plaisir que j’ai accepté. Nous partons vers 9 h 30 après qu’il est terminé d’envoyer des messages de bonnes fête à sa mère, mais aussi à ses sœurs, ses tantes et je ne sais pas qui d’autre. Mon bus étant à 11 h 30, je ne suis pas spécialement pressé. Durant le trajet, nous passons devant une église, Raymondo, tout en conduisant, se signe en passant. L’autre jour lorsque j’étais devant la cathédrale de Corrientes, un homme en passant devant, sur le trottoir, s’est découvert et a fait un signe de croix. Je savais que les Argentins étaient de fervents catholiques, mais, pas à ce point. Je prends le bus et arrive à Mercedes, il est 15 h 10. L’hôtel que m’a réservé l’office du tourisme doit se trouver en face du terminal. Je n’ai que la rue à traverser. Je garde donc mes crocs aux pieds. Je cherche, mais ne trouve rien. Je sors mon smartphone et affiche le parcours à effectuer pour m’y rendre. En fait, il est à 1km soit un petit 1/4h. l’hôtesse de l’office du tourisme m’avait dit que je n’avais que la rue à traverser, c’est vrai, je l’ai traversé en long. Je m’y rends sans changer de chaussures. Arrivé sur place, je trouve porte close. Il est 15 h 30. Des clients m’expliquent qu’il est trop tôt, qu’il faut attendre 17 h. Attendons. Le tenancier de l’hôtel arrive enfin vers 17 h 30. Je m’installe puis je retourne à la station de bus pour trouver les bureaux de la compagnie qui doit m’amener à Carlos Pellegrine. De retour, je fais mes lignes d’écritures puis je vais dîner au restaurant, je n’ai rien mangé depuis ce matin.
Lundi 16 octobre 2017 (J61) C’est férié en Argentine, c’est le jour du respect de la diversité culturelle et la commémoration de la découverte du Nouveau Monde. C’est le départ pour l’ Esteros del Ibera. Il nous faudra 4 h de pistes pour rejoindre Carlos Pellegrini. 4 h de tape-cul. 120 km sans un village. 120 km de prairies complètement plates avec des chevaux, mais, surtout des vaches à profusion et des oiseaux, des lobitos de Rio et même un caïman. En cours de route on s’arrête devant un oratoire à la mémoire du gauchito Antonio Gil.
Il y en a à plein dans la région de Mercedes. A ce que l’on dit, ce gauchito aurait déserté l’armé après la guerre des 3 alliances et aurait été exécuté vers Mercedes. Il aurait prédit à son bourreau que son fils serait malade, mais qu’il guérirait si celui-ci le priait après sa mort. En rentrant chez lui, le bourreau trouva son fils effectivement malade, il pria Antonio Gil et son fils fut guéri, à la suite de quoi il donna au gauchito une sépulture correcte. La nouvelle du miracle s’est répandue dans la région. Gauchito Antonio Gil est ici vénéré comme un saint. Les gens qui ont une demande ou un remerciement à exprimer à ce saint viennent déposer une offrande devant l’un de ses oratoires. La tradition veut que ces présents soient de couleur rouge, vin, fanion, cigarettes, etc. À midi, le bus me dépose devant le rancho Inambu. c’est ici que je vais résider pendant ces 3 jours pour faire des excursions dans la lagune. Cette lagune est la 2e plus grande du monde, elle couvre 13 000 km². j’ai tout juste le temps d’aller déjeuner, que sans doute à cause du mauvais temps la première excursion commence. Nous sommes 4, plus le chauffeur et un guide, à partir. Les 4 sommes installés sur un banc de bois à l’arrière d’un vieux pick-up et on part pour 4 h 1/2 de pistes au milieu des prés et des marécages. On rencontre une foultitude d’oiseaux, dont le cardinal amarillo qui est en voie d’extinction. Je prends quantité de photos, 177 au total. En rentrant je fais le tri, il n’en restera que 32. Quand vous les verrez, pensez à mon fessier et mon dos qui ont été mal menés toute la journée.
Mardi 17 octobre 2017 (J62) Deux mois que j’ai quitté Dole. Bilan. Après l’euphorie des débuts, j’ai passé quelques jours de doute du côté de El Soberbio. Sans doute à cause du mauvais temps, mais, aussi parce que je me suis fait attaquer par une troupe de papillons bleus qui m’ont mordu les mollets. Sur le coup, je n’ai rien senti, mais, en fin de journée, j’avais des démangeaisons et les impactes des morsures étaient bien rouges. Il a fallu une bonne semaine pour qu’elles disparaissent totalement. C’est aussi à cette période que je me suis trouvé une cloque sur le ventre qui m’a rappelé la maladie que j’avais eue en 2014, j’ai eu peur que ça revienne, ce qui aurait inévitablement abrégé mon voyage. Au début, je me suis fait bien du souci pour trouver des logements. Maintenant, je me bile moins. Je crois que j’ai trouvé un équilibre. Cependant, je vais rejoindre Buenos Aires dans les prochains jours, tout le monde me met en garde contre les voleurs, ce n’est pas fait pour me rassurer. Question langue, mon Espagnole est toujours du style petit nègre, j’arrive à me faire comprendre pour le quotidien après, c’est une autre histoire. Je comprends le sens de se que l’on me dit à condition que la personne qui parle fasse l’effort de parler lentement et qu’il n’y ai pas de bruits parasites. Pour ce qui est des détails de la conversation, ce n’est pas encore au point, tant s’en faut. =+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+ Ce matin, j’ai rendez-vous à 8 h 30 pour un tour en barque sur la lagune. Une fois sur place, je sors l’appareil photo et je prends une vue d’ensemble. La photo ne se prend pas, j’ai beau appuyer sur le déclencheur, rien n’y fait. Je peste. C’est bien le moment pour que mon appareil me lâche. En plus, j’ai laissé le smartphone à la chambre. Heureusement, j’avais vidé les photos de la veille. Je tente une réinitialisation de l’appareil sans succès. Le guide arrive avec 3 autres personnes et nous embarquons. Je sens que je ne vais rien pouvoir prendre. J’enrage intérieurement. Je finis par retirer la batterie et je la replace. Il me faut, maintenant tout remette les réglages. Au bout du compte l’appareil fonctionne à nouveau. Ouf. La promenade dure 2 heures au cours de laquelle nous voyons des oiseaux, des crocodiles et autres bestioles. Les crocodiles ne bougent absolument pas, a croire qu’ils sont en plastique et tout d’un coup ils se mettent en mouvement, ils se déplacent et s’immobilisent a nouveau. L’après-midi est calme. Sieste après avoir déjeuné puis, recherche d’un logement sur Buenos Aires, aucun des couchesurfeurs ayant répondu favorablement à mon annonce, je me retourne sur airbnb et trouve une chambre pour 10 euros la nuit. Je la loue pour 6 nuits. Je veux visiter la capitale, mais je ne veux pas la visiter au pas de course. A 16 h je repars pour faire une visite à pieds de la foret. Je suis déçu par cette visite. A part un cerf c’est tout ce que j’ai vu de nouveau. Le sentier que nous avons suivi est un chemin aménagé bien propre que j’aurai pu emprunter seul sans difficulté. Le soir, je fais une visite nocturne, nous sommes un petit groupe de 3 personnes accompagné par un guide et sa petite fille. Durant le voyage sur le site, je demande ce que nous allons voir, le guide me dit que nous verrons des renards, des chats hauts sur pieds, des cerfs, etc. Nous arrivons sur le lieu de la visite, c’est le même que cet après-midi. Il y a déjà du monde qui explore le lieu muni de lampes torches afin de débusquer quelques animaux. Je comprends alors que nous ne verrons rien. Effectivement au bout d’une heure et demie de promenade nous n’avons rien vu à l’exception des 2 bestioles qui vivent sur la pelouse à l’entrée du site. Le seul moment où j’ai trouvé un petit intérêt, c’est quand nous étions sur un étang lampes éteintes. Une multitude de lucioles brillaient, on aurait dit que les étoiles du ciel étaient tombées sur terre. J’espère que la dernière visite en barque demain sera intéressante, mais j’en doute. Enfin, je n’aurai pas tout perdu, je peux voir une petite grenouille dans la cuvette de mes w.c..
Mercredi 18 octobre 2017 (J63) Dernière sortie sur l’Esteros de Ibera en barque. Nous naviguons durant 2 heures sur une zone différente d’hier. Nous voyons moins d’oiseaux, toujours des crocodiles et des lobitos del rio, mais aussi un cerf des marais difficile à photographier au milieu des herbes hautes ainsi qu’un nid-araignée. Esteros de Ibera veut dire l’eau qui brille en guarani. Après avoir mangé et fait la sieste, j'annote les photos avec le patron de l’hôtel qui me donne les noms des oiseaux. Ensuite je regarde mes messages. Enfin le couchsurfeurs chez qui je dois aller se manifeste, il me demande vers quelle heure j’arriverai. Je demande au patron qui appelle le bus que j’ai pris pour venir. Celui-ci est en panne. On appelle un autre, il passe à 3 h du matin et arrive à 6 h à Mercedes. Je réponds au couchsurfeurs, celui-ci me dit qu’il ne peut pas à cette heure et annule son invitation. J’espère qu’il y'aura une chambre de libre à l’hôtel ou je suis descendu dimanche dernier. Je reçois également un mail de airbnb qui m’informe que le propriétaire de la chambre réservée à Buenos Aires me fait également faux bond. J’en trouve une autre. Après toutes ses péripéties, je prépare mon sac et je vais me coucher. Demain je me lève tôt.
Jeudi 19 octobre 2017 (J64) La nuit a été agitée, vent, orage et pluie. A 2 h 30 je me lève fini mon sac et je pars devant l’entré du ranch attendre le bus sous la pluie. 3 h 30 toujours pas de bus. Je me replie sous l’auvent de la maison pour m’abriter et j’attends encore et encore. Vers 6 h le patron sort, j’attends toujours. Constatant que le bus n’est pas passé, il me dit de retourner me coucher et qu’il me réveillera à midi. Je crois comprendre qu’il m’emmènera, mais je n’en suis pas sur. On verra bien. Vers 11 h 30, je sors de ma chambre. L’hôtelier me confirme qu’il m’emmène à midi. A midi, il me dit qu’un pick-up part sur Mercedes avec 3 autres personnes pour un prix de 2000 ARS ce qui fait 500 ARS par personne. Une ½h plus tard, il m’annonce que nous serons que 3 donc ça fera 667 ARS par personne. J’enrage intérieurement, mais je n’ai pas le choix. Je pars déjeuner et lorsque je reviens l’hôtelier part avec sa femme. A 14 h le pick-up passe me prendre. En cours de route nous doublons l’hôtelier et sa femme. Ma rage reprend. Si vous avez l’intention d’aller visiter l’Esteros de Ibera, je peux vous dire ou il ne faut pas aller. Enfin, je me console, aujourd’hui j’ai pulvérisé mon record d’attente d’un moyen de transport : 11 h. En cours de route, nous voyons les dégâts qu’a occasionnés le coup de vent de la nuit. N’ayant rien d’autre à faire, j’ai compté sur une partie du chemin le nombre de poteaux électrique total et le nombre de ceux qui sont à terre. Il y en a environ 15% qui sont à remplacer. J’arrive à l’hôtel vers 16 h 15, il est fermé. J’attends sur les marches d’escalier 17 h 30, l’heure d’ouverture puis je vais au terminal acheter mon billet pour Buenos Aires.
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