Bonjour Domichti
Toute cette discussion me fait bien plaisir.
J'en étais à me demander si vous existiez les filles! Or depuis quelques temps, des messages comme celui-ci ou ceux de l'excellente Giaconda calment mes craintes.
Depuis plus de deux ans, je n'ai jamais rencontré de femmes voyageant seules. Au mieux, un duo féminin rencontré en
Belgique. Elles faisaient une petite escapade de deux semaines pour aller à jusqu'à
Paris. Pas causantes, pas curieuses, lègèrement sur la défensive, je les ai laissées partir devant.
Sinon, une mère, la trentaine, et sa fille, la quinzaine, polonaises, à pied, perdues aux coeur d'une forêt polonaise (ou c'était en
république tchèque, je ne me rapelle plus trop bien). Beaucoup plus sympas et sereines malgré la pluie, la mère est parvenue à m'expliquer qu'elle était en route pour
St-Jacques-de-Compostelle. en marche depuis quelques semaines, elle prévoyait arriver 6 mois plus tard. Même si les pélerinages vers Saint-Jacques me gavent un peu à vrai dire, j'étais dans les faits impressionné et heureux de trouver enfin une vraie bourlingueuse (qui de surcroit transmettait le virus à sa fille qui espérons-le succombera aussi).
A part ces deux exemples, toutes les filles rencontrées étaient en couple. Dans de nombreux cas, elle s'avéraient bien plus volontaires et ouvertes au monde que leur mecs. Globalement c'était des rencontres très sympathiques mais je ne pouvais m'empêcher de plaindre secrètement cette apparente incapacité à voyager seules.
Parce que comme tu l'écrivais à quelqu'un d'autre, c'est bien pour la liberté de mouvement que l'on aime voyager seul. Tout comme toi, je chéri tout particulièrement le fait d'aller où je veux, quand je veux et au rythme que je veux sans avoir à en débattre avec quiconque. C'est peut-être de l'égoïsme aux yeux de certains mais c'est vital pour d'autres comme nous.
Depuis que je suis à vélo, au hasard des rencontres, sympathiques comme je l'écrivais, je n'ai pas du faire plus de 100 ou 150 kilomètres en compagnie de cyclistes rencontrés. Bien que ce fut chaque fois un plaisir, l'ampleur des conversations était toujours telle que je n'étais pas faché de me retrouver enfin seul. J'adore cette méditation lancinante qu'offrent les heures de pédalage en solitaire. Ce n'est pas que l'on réfléchisse forcément à de grandes choses, bien au contraire, mais le rythme des coups de pédales influe sur le train de nos pensées et ce second voyage sur les rails de la rêverie est aussi sinon plus agréable que celui que l'on fait sur la route.
Tout ça pour te dire Bravo quoi !

Et merci de me prouver que vous existez bel et bien.
Amitiés
Darryl