Par contre, j'ai omis de dire que nous disons couramment 'voyageons EN
France' et non 'voyageons LA
France.
Exact....je n, ai jamais entendu ''voyageons la
France'' moi non plus!
Par contre,.. et j'espere ne pas pourrir le post de Boumbastic j, ai
fais un copier/coller d'un article paru dans La Presse de ce soir.....
Par Émilie Dubreuil, 7 novembre 2010 19:41De kessé qu’on va faire?
J'hésite entre en rire ou en pleurer. L'émission Infoman diffusait cette semaine un extrait du conseil municipal de Sorel-Tracy. Un conseil pur laine, blanc comme la neige, dont les membres élus ont été élevés dans un
Québec francophone, dont la langue maternelle est donc le français. Mais un français magané, atrophié, boiteux.
Dans cet extrait, par exemple, l'un des conseillers demande: «Quand cette lettre a-t-elle été
écrise?»
Écrise? Ensuite, le maire, (le maire!) réclame une «appuyance»: «J'aurais besoin ici d'une
appuyance!»
De kessé?
Sommes-nous lentement en train de sombrer dans la créolisation de nos mots?
Les citoyens qui s'avancent au micro ne font pas meilleure figure. D'abord, un pauvre bougre qui accuse le conseil de «démongogie»
De kessé? Ensuite, un autre pauvre bougre, citoyen de Sorel, veut amener une question de «potocole»: «C'est une question de
potocole...» Calvaire! Est-ce l'esprit de Sol* qui a envahi la salle du conseil de Sorel-Tracy? Ou notre langue s'est-elle embarquée sur le Titanic et fait naufrage, sans violons pour l'accompagner dans la mer froide de la confusion? C'est consternant! Tout comme ce que rapporte, cette semaine, le site Internet québécois grinçant par excellence: le Kiosque Médias. Orchestré par Claude Marcil, un vieux routier du journalisme, ce site nous livre chaque semaine des histoires qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.
Voici un extrait de ce que Claude publiait jeudi dernier:
«Il y a quelques mois, une journaliste a demandé les états financiers de la Fédération des étudiants universitaires du
Québec. Elle voulait aussi savoir qui, parmi le conseil de direction, étudiait à temps plein.
La réponse de la FEUQ:
(P.S.: Pour garder toute sa saveur au texte, nous n'avons pas osé corriger les fautes de l'attaché de presse de cette Fédération
étudiante universitaire.)
Bonjour XXXX
Après avoir vérifier, les documents financiers de la FEUQ ne relève pas du domaine public. Ils ne sont que dévoiler aux représentants des associations membres qui siège au Conseil d'administration de la Fédération. Pour ce qui est du statut des administrateur, étudiant à temps plein ou non, cela relève des renseignements personnels je crois.
Désolé de ne pouvoir répondre à ces questions précisément, mais si vous en avez d'autres qui ne concernent pas le domaine financier, il me fera plaisir d'y répondre au meilleur de mes connaissances.
Passez une excellente fin de journée et une bonne fin de semaine.»
Épatant. Navrant. Pire encore que les maladresses linguistiques des élus de Sorel. Combien de fautes dans ce texte de sept lignes? Cinq! C'est l'attaché de presse de la Fédération des étudiants universitaires du
Québec, calvaire! Pas de «s» à «des
administrateur»! Je répète: un attaché de presse! Donc, quelqu'un dont le métier consiste à écrire. Hostie. Incapable de conjuguer un verbe au pluriel dans une lettre officielle à une journaliste: «...des associations qui
siège». Où est le «nt» manquant? Égaré quelque part dans des compétences transversales?Qu'avons-nous fait au bon Dieu pour mériter ça?
De kessé qui se passe avec notre langue?
Du «potocole» en passant par les fautes d'accord, sommes-nous lentement en train de sombrer dans la créolisation de nos mots et, inévitablement, dans le ramollissement de notre pensée?
Je donne un cours à l'université,
Introduction à l'écriture journalistique. Il y a deux ans, je traîne un groupe d'étudiants en «couverture», car chaque semaine nous nous rendons à un événement. Cette fois-là, c'était une manifestation des journalistes en lock-out du
Journal de Montréal. Une étudiante vient me voir et me demande: «Madame, c'est quoi un lock-out?» Jusque là, ça va. Je lui réponds qu'un journaliste ne peut pas tout savoir, mais qu'il y a plein de gens dans cette foule qui sont capables de lui fournir une explication. «Sans doute», me dit-elle, avant d'ajouter, indifférente: «Mais est-ce un truc local? Parce que si c'est juste au
Québec qu'il y a des lock-out, ça ne m'intéresse pas. Moi, je veux devenir correspondante à l'étranger!» Je lui ai demandé de me faire un article sur les lock-out en
Allemagne et je suis allé pleurer de découragement devant ce manque de curiosité intellectuelle sans vergogne, comme je pleure devant le manque de pudeur d'un attaché de presse qui n'a pas honte d'envoyer un texte bourré de fautes et le manque de rigueur d'un maire vis-à-vis de la conjugaison.
Car ces trois «cas» ne sont qu'une déclinaison du même phénomène, une variation sur le même thème: un laisser-aller collectif vis-à-vis de la langue qui découle d'un même laxisme élevé en maxime: pourquoi se forcer si on peut y aller avec un à peu près?
Kessé qu'on va faire?
PS: vous remarquerez que le distingué Claude Marcil n'est pas à l'abri lui non plus de tout reproche....:
''fédération
étudiante universitaire...''
Heu....depuis quand une fédération étudie-t-elle....????
Idem pour radio ''étudiante'' ou encore journal ''étudiant''....ça en fait du monde qui étudie

En té ka je préfère ma radio
estudiantine...
* Sol: humoriste qbcois maintenant décédé.C'était le pendant québecois de Raymomd Devos.
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