Me 15/7 - J5 : LV à Grand Canyon ; nuit GC (AZ) 278 miles (443 km) en 4h20 selon Google nous avons fait 283 miles (455 km) en 7h (arrêts compris)
J’ai très mal dormi, l’excitation est grande… la « vraie boucle dans l’Ouest » commence aujourd’hui. Alors, je me demande si j’ai pensé à tout, si les étapes sont bien espacées, si j’ai prévu assez de temps pour tout faire (ou en tout cas, faire ce que j’ai prévu), si le météo sera avec nous, si…, si… je relis l’itinéraire, mes notes, ... je réveille mon mari et c’est parti. Petit déjeuner rapide dans la chambre, et nous remplissons, comme chaque matin qui suivra, la glacière (toujours en suivant les conseils lus ici, avec la glace des hôtels, dans des sacs Zip lock, cela s’est toujours avéré possible). Nous mettons beaucoup de temps pour charger la voiture car il faut « retraverser tout Paris » pour arriver au parking. Nous partons finalement vers 8h20. A partir de ce moment-là, j’aurai les yeux rivés sur les paysages qui ne seront pas toujours très jolis, mais changeants et souvent époustouflants. Je prendrai des photos tout le temps, à travers la vitre (bon, ça ne donne pas grand-chose) ou parfois en l’ouvrant, rarement en arrêtant la voiture; mon mari, seul conducteur n'aimant pas s'arrêter "n'importe où" (il dit que je guide bien, et lui pas, alors il n’a jamais voulu me céder le volant… mais j’avoue, je n’ai pas trop insisté, préférant me plonger dans les vastes étendues qui nous entouraient). Petit arrêt à Boulder pour le plein d’essence. On passe ensuite en Arizona. Comme l’étape est longue, nous n’avons prévu aucun détour, ni par Hoover Dam, ni pour la route 66. Le début de cette route est franchement moche : montagnes grises, « pelées ».

Puis, peu à peu, cela devient plus joli. J’ai bien aimé ces clôtures qui suivent le relief partout, montent et descendent chaque roche.

Et aussi, plusieurs fois, les « montagnes » coupées pour y faire passer la route : on a souvent eu l’impression qu’on fonçait sur la montagne ou sur des roches, et puis, au dernier moment, la route tourne. Impressionnant.

On fait malgré tout un petit détour par la route 66, Seligman d’abord, mais en voyant les nombreux cars de touristes, on continue. Ensuite, on passe par Ash Fork, et on décide de s’arrêter chez « Lulu Belle’s BBQ ». Un peu sceptiques au départ… mais finalement très contents de ce choix. Les hamburgers étaient originaux et excellents.

On repart et on passe par Williams, pour voir à quoi cela ressemble, sans s’arrêter puisqu’on ne veut pas perdre de temps. Et là, à la sortie, je vois cette jolie « gateway » que j’ai vue dans bien des carnets, et que je voulais avoir également en photo… je la prends, cette photo, … et je m’aperçois que je l’ai à l’envers. Zut. Il faudra refaire la boucle dans l’autre sens la prochaine fois. Déjà une raison de revenir 😉
Je prends au passage cet alignement de boites aux lettres (j’adore correspondre, donc le courrier, et tout ce qui s’y rapporte, a une importance spéciale pour moi). A nouveau, je regrette d’avoir pris cette photo en roulant je pensais en revoir beaucoup d’autres, mais non. Déjà 2 raisons de revenir…

On continue… et on voit un panneau signalant de la fumée…et puis, on la voit cette fumée, au loin, mais dense, et on se dirige vers elle.

On se demande si la route sera coupée, mais non, tout va bien (on ne sait toujours pas ce que c’était). Et on arrive au Grand Canyon, vers 15h. Je vois les files… et je me souviens avoir lu (ici encore) que si on a déjà le pass, il y a une file spéciale… et, oui, on la voit (ou plutôt on la devine), on la prend (sur la gauche) et on va beaucoup plus vite. On se dirige directement vers notre hôtel (El Tovar; j’ai voulu, à chaque fois que cela a été possible, prendre un hôtel dans le parc, et je ne l’ai jamais regretté). En arrivant au parking de l’hôtel, je me rends compte qu’on aperçoit déjà le Grand Canyon, mais je refuse de regarder par la fenêtre, je veux le découvrir après, à pied, et en même temps que mon mari. On a de la chance, une place se libère (le parking de l’hôtel est fort petit). On se gare, on va à la réception… notre chambre n’est pas encore prête (nous n’aurons jamais la chance d’avoir une chambre prête plus tôt que l’heure de check in prévue). Nous allons donc sur la Rim… et là, que dire… Je ne serai pas originale, mais c’est indescriptible, beau, grandiose, immense, vertigineux aussi. Ce n’était pas un des « must » pour moi, mais ce fut une première émotion, un choc, une belle surprise. En fait, les sites qui n’étaient pas parmi mes « tops » avant de partir, m’ont agréablement surprise, peut-être parce que je n’avais pas d’attente. Pour en revenir au Grand Canyon, c’est impossible de rendre en photo ce qu’on voit, même si les photos peuvent être magnifiques. Nous nous baladons sur la Rim pendant une petite heure. J’ai peur, souvent (vertige), et ne peux facilement m’approcher du bord que s’il y a un arbre qui me « protège ». Ah oui, c’est bête, irraisonné, sans doute incompréhensible pour ceux qui n’ont pas le vertige, mais je suis vite tétanisée, sentant le vide m’aspirer, même par un tout petit trou. Même en y pensant, sans y être, j’ai le même ressenti. Bref je ne m’étendrai pas sur le sujet, mais ce maudit vertige reviendra souvent me gâcher des visites.


On va voir notre chambre (belle, assez petite, la seule du séjour avec un queen bed, (partout ailleurs, king bed) pas de jolie vue, mais ce n’est pas grave, il suffit de sortir). On repart sur la Rim. Je voulais qu’on marche jusqu’à Mohave Pt voire plus loin, mais…on fait 1,5 km, puis on prend la navette (est-ce que les photos me prennent tellement de temps ?) jusqu’à Powell Point. Navette à nouveau jusqu’à Hopi Point où on attend le coucher du soleil… on n’est pas seul, mais ce n’est pas l’énorme foule décrite parfois. D’ailleurs, nous avons rarement ressenti qu’il y avait trop de monde.
On retourne à pied jusqu’à Powell Pt pour reprendre la navette du retour. Et là je me sens déçue, frustrée de savoir que nous devons repartir le lendemain. Même si je n’avais pas l’intention de descendre dans le Canyon, j’aurais aimé descendre un peu, et faire beaucoup plus de points de vue, même si à la fin, les paysages ne sont pas très différents. Je pense que selon l’endroit où on loge, on va plus facilement vers tel ou tel point de vue (et ça, je ne l’avais pas réalisé avant d’y être). On se pose (et on continuera à faire de même à chaque endroit) beaucoup de questions sur la formation de tout ça (oui, la géologie commence aussi à me passionner).
On se couche vers 21h (j’ai l’intention de me lever tôt pour assister au lever de soleil)… mais pas de chance, l’alarme incendie, stridente, retentit. Nous sortons donc par la sortie de secours indiquée, et nous nous retrouvons dehors, dans le noir complet, dans une « cour » à l’arrière de l’hôtel. On n’y voit rien. On se regroupe avec les autres clients de l’hôtel sortis par là, et on se rend compte qu’on est « enfermés ». Finalement une personne (un des clients je pense) s’arrangera pour faire une ouverture dans un grillage et nous nous retrouverons devant l’hôtel. Tout le monde est dehors, il fait très froid (évidemment, on ne l’a pas imaginé, donc on est en t-shirt), la sonnerie va toujours. Elle va continuer très longtemps. Ensuite, on peut rentrer ; on se recouche… et ça recommence. Cette fois, on sort par l’entrée principale de l’hôtel ; des clients refusent de sortir tout le monde a son polar, sa veste… Bref, finalement, tout rentre dans l’ordre vers 22h30. On a ainsi eu l’occasion de voir un ciel bien étoilé (que je m’étais dit que j’observerais encore plus tard, à d’autres endroits, mais je ne l’ai pas fait), … et, surtout, que dès que le soleil est caché il fait froid !

