Bonjour Archi.
Première coopération pour un post.

L'ARCHITECTURE DE LA CITE INTERDITE (Zijin cheng)..La Cité Interdite est un vaste quadrilatère (960 m X 750 m), orienté Nord-sud, comme tout monument chinois, le tout sur une superficie de 72 ha.
Elle est protégée par un rempart, haut de 10 m par 3, 5 km de long et de douves de 50 m de large
(photo 1). A chaque extrémité se trouve un pavillon
(photo 2).Les murs de l'enceinte sont enduits d'une couleur pourpre, symbole de la vie et des événements heureux, mais aussi celle de l'étoile polaire, centre de l'univers selon la cosmologie chinoise. C'est ce qui lui vaut le surnom de " Cité Pourpre Interdite "..
Quatre portes en permettent l'accès. Les deux plus importantes sont la porte du Midi (Wu men) et la porte du génie militaire, située au nord.
La grande porte sud de la ville est édifiée au XVème siècle (1420). Percée de 5 portes voutées, celle du milieu est réservée à l'empereur
(photo 3). A travers l'histoire, cette pratique est répandue... porte réservée à l'empereur de
Rome pour accéder au Colisée, porte de la cathédrale réservée à l'évêque.
La porte est surmontée d'un édifice en bois à double toit, recouvert de tuiles vernissées.
Du haut de la terrasse, les " fils du ciel " annonçent les édits devant être exécutés par les mandarins.
C'est de cette même terrasse que Mao déclare la naissance de la république populaire de
Chine, le 1er octobre 1949.
La cité impériale est divisée en deux parties. La première, appelée cour extérieure, est consacrée à la vie publique, la seconde, appelée cout intérieure - au nord - est l'espace privé de l'empereur et de sa famille. Une enceinte les sépare.
Dans la partie publique, les arbres sont bannis pour laisser l'espace dégagé. Cette situation est liée à la sécurité, afin d'éviter tout risque d'assassinat pour l'empereur.
L'ensemble s'organise autour de la salle de " l'Harmonie suprême ". Cette salle, édifiée symboliquement au centre de la cité (palais de l'harmonie Suprême), est le lieu de l'intronisation du nouvel empereur et ou se déroulent les fêtes du Nouvel An.
Construit sur une terrasse à trois paliers, le palais de l'Harmonie suprême
(photo 4) s'élève à une hauteur de 37 m et comporte 55 pièces pour une surface de 2 377 m².
La salle du trône est soutenue par 6 colonnes dorées et ornées de motifs en forme de dragons. Le reste du décor est composé de grues en bronze, de 4 brûle-parfums et de deux éléphants. Le trône, fabriqué sous les Ming, est laqué d'or et sculpté de 9 dragons
(photo 5).Le palais est édifié sur la plus grande cour du palais (200 m X 190 m), qui est pavée de briques grises
(photo 6).Au nord, se concentrent l'administration, les bureaux de l'intendance et le harem.
Les appartements disposent d'eau chaude, grâce à un fourneau placé sous les bâtiments. La dimension des appartements dépend de la hiérarchie des épouses et des concubines de l'empereur.
La cité possède 80 puits et un réseau d'évacuation pour les eaux usées et les eaux de pluie, qui s'écoulent dans la douve nord.
A l'intérieur de la cité, 300 vasques, plaquées d'or, en bronze ou en fer servent à conserver l'eau, pour éteindre un éventuel incendie
(voir photo 7).
Un chantier digne d'un empereur.Lorsque les Mings installent leur capitale à
Pékin, le prestige, mais aussi la volonté d'isoler le souverain des simples mortels conditionnent la naissance de la Cité Interdite.
De 1407 à 1420, près de 200 000 ouvriers ont participé à la construction.
Les pierres proviennent de la région.. En revanche, le bois est acheminé à partir du Yunnan et de Guizhou, voire du Sichuan. Le grand Canal facilite une partie du transport.
Les ateliers de
Pékin et de ses environs fabriquent les tuiles.
Les briques, réservées au sol, sont produites par les céramistes du Shandong, en raison de la qualité de leur terre.
La légende veut que la Cité Interdite compte 9 999 pièces, mais en réalité, on en dénombre... seulement 8 886.
Le chiffre 9 symbolise en effet la puissance du principe yang.
La plupart des palais de la cité impériale sont des constructions en bois de plain-pied, montés sur une terrasse en maçonnerie. Les murs sont de simples cloisons. Les toitures reposent sur les piliers et les poutres.
La codification de l'architecture chinoise (Yingzao fashi).Compilée par l'architecte Li Jie, la codification touche les plans, la conception, et la décoration des édifices en bois.
La construction répond aux normes sismiques de l'époque : absence de fondations, assemblage de tenons et mortaises.
Les composants sont normalisés.
Toute décoration étrangère est déconseillée.
Murs, piliers, portes et encadrements de portes et de fenêtres des palais et des temples doivent être en rouge, leurs toits en jaune ; Le bleu et le vert réservés aux dessous des avants-toits et aux plafonds.
Les toits sont souvent accompagnés d'un bestiaire dans le but de protéger l'édifice.
Dans la Cité Interdite, des lions gardent l'entrée des palais
(photo 8).
Photos argentiques scannées. désolée pour la qualité.
Photo 1 : les douves et l'enceinte extérieure. Photo 2 : Pavillon d'angle du rempart.
Photo 3 : Porte sud. Photo 4 : cour et palais de l'harmonie Suprême
Photo 5 : un des nombreux trônes de la Cité Photo 6 : cour de la l'Harmonie suprême.
Photo 7 : la cour intérieure (espace privé) et vasques réservées à l'eau en cas d'incendie.
Photo 8 : le lion imprérial, protecteur des palais.
Photo 9 : l'espace privé de l'empereur, où la verdure et les arbres sont autorisés.
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