Kashtin · 28 décembre 2012 à 19:09 · 120 photos 485 messages · 25 participants · 67 267 affichages | | | | (Suite... 7. Le sommaire est en p. 1)
La version avec carte et photos (de meilleure qualité) est visible ici: De Salta à Villa Unión via San Carlos et Belén
Mercredi 24
Nous quittons à regret le Jardin secret de John Fernandes, où nous nous sommes sentis si bien. L'avion a trois quarts d'heure de retard, normal, c'est l' Argentine... Deux heures plus tard, nous atterrissons à Salta.
Plusieurs chauffeurs de taxi attendent à la sortie, brandissant des feuilles où sont écrits différents noms, dont le nôtre, puisque l'Antiguo Convento nous en a réservé un... Ils se repassent les clients suivant des critères que nous ne saisissons pas très bien... Celui qui nous prend en charge a une voiture qui en a vu de toutes les couleurs. D'ailleurs, il n'ouvre pas son coffre pour y mettre les bagages – sans doute a-t-il la bouteille de gaz qui lui sert de carburant à l’intérieur – mais installe la valise sur le siège à côté de lui et le sac de voyage par-dessus. Le reste est sur nos genoux. Et nous voilà partis!
Nous nous rendons compte trop tard que les vitres avant sont complètement baissées et donc qu'il suffira d'un coup de volant un peu brusque à gauche pour que le sac se retrouve sur le trottoir. Alain essaie discrètement de limiter la casse... Heureusement, le chauffeur conduit lentement et nous mène pour 50 pesos propina (pourboire) comprise à l'Antiguo Convento, où nous retrouvons Carlos, Gonzalo, Nicolás, Ángel et les autres, qui ont l'air ravis de nous revoir. Ils sont tous d'une amabilité totalement naturelle, jamais forcée, et c'est ça que nous aimons aussi en plus du décor particulièrement soigné.
A dix-huit heures, nous filons à l'agence One Rom Travel, au coin de Cordoba et de Buenos Aires, pour l’ouverture. Nous avons réservé pour aller à Tolar Grande du 13 au 15 novembre à partir de San Antonio de los Cobres. Nous essayons de pousser la porte en verre mais... elle est « verrouillée » avec une corde!
Nous allons rester un bon moment à parler avec Margarita, une femme d'un certain âge avec qui j'ai été en contact par mail, très aimable elle aussi, si bien que de retour à la place 9 de Julio, le MAAM (Museo de Arqueología de Alta Montaña), où sont entre autres exposées les momies d'enfants retrouvées sur les pentes du volcan Llullaillaco et remarquablement conservées, est en train de fermer... Le soir nous mangeons à Doña Salta. Il n’y a pas de humitas, dommage, c’est paraît-il trop tôt dans la saison.
Jeudi 25
Ciel tout bleu. Ça change du Nord-Est où c'est la saison des pluies. Petit déjeuner toujours aussi excellent et copieux, puis prise de la voiture à NOA, tout près de la place 9 de Julio. C'est une Chevrolet Agile, avec une garde au sol importante mais un coffre minuscule. Je sens que nous allons avoir des problèmes pour y mettre nos bagages... Finalement, ça rentre de justesse, mais ça rentre.
Nous entamons la descente de plusieurs jours vers l' Aconcagua et traversons la quebrada de las Conchas entre 13 et 14 heures, soit au plus mauvais moment pour la lumière. Heureusement, je l'ai amplement photographiée l'an dernier.
A la Vaca tranquila, Anne nous accueille avec le sourire, mais Alain ne nous reconnaît pas. Je crois tout d'abord qu'il plaisante car nous avons longuement discuté avec lui l'an passé. Mais non... il n'est paraît-il pas du tout physionomiste. En effet!
Vendredi 26
Temps superbe aujourd'hui encore. Route pour Belén, toujours par la Ruta 40. Passé Quilmes, après l’embranchement d’Amaicha del Valle, les villages, tous importants, s'étiiiirent, s'enchaînent, sans jamais aucune indication de direction.
A un croisement de rues, nous prenons un pépé en stop qui va à Santa Maria. Il monte à l’arrière et s’installe au milieu, solidement agrippé des deux mains aux sièges avant. Il m’annonce chaque virage et même la moindre courbe où il faut ralentir – il y a toujours eu un accident, voire plusieurs, qui se sont produits à tel et tel endroit –, et en passant dans une « zona de badenes » (zone de gués bétonnés, les flash floods américains, presque tous à sec en cette saison) m’indique chacun d'eux, puis finit par se calmer et déclare que « la señora conduit muy bien, contrairement aux autres femmes » :-).
A partir de Punta de Balasto, lignes droites à l'infini au milieu d'une immense vallée plate comme la main, cernée des deux côtés par des montagnes copie conforme de leurs cousines expatriées au Nevada. J'avais lu que la route était sans intérêt, mais elle est pourtant belle, nous aimons ce type de paysage qui nous rappelle l'Ouest américain et où nous ne rencontrons pas âme qui vive. La ruta 40 devient ripio sur 36 km. Aux deux tiers nous traversons Hualfín.
Belén. Est-ce l'Asie ou l' Argentine? Des dizaines de deux-roues, presque toujours des motos de 125 cm3, avec jusqu'à quatre personnes dessus, sillonnent la petite ville et font le tour de la place encore et encore... Il fait chaud, le ciel est uniformément bleu.
L'hôtel-musée Belén est moyen. On demande à voir la chambre, la femme qui est à l'accueil nous dit, avec un brin d’impatience dans la voix, que c'est tout neuf, qu’il est inutile de visiter. Bon, admettons, aujourd'hui nous allons être de bonne composition et lui faire confiance. En fait l’étage est en réfection, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Le prix annoncé est de 320 pesos, alors que je m'apercevrai plus tard que les Argentins qui arrivent après nous payent 290 pesos pour la même chambre matrimoniale. Inutile de râler pour 30 pesos, mais c'est agaçant...
Samedi 27
Petit déjeuner « américain », c'est-à-dire buffet avec jus de fruits, salade de fruits frais, pain, jambon, fromage, gâteau, beurre et confiture maison. Pas extraordinaire mais pas mal non plus.
A San Blas de los Sauces, contrôle sanitaire. Et là, fidèles à nous-mêmes, quand on nous demande si on a des fruits ou des légumes, au lieu de répondre « non », comme tout le monde, on dit « oui » et on sort deux poires, une pomme, trois tomates et deux avocats... Pour les tomates, pas de problème, on se demande bien pourquoi. Le reste, soit on le laisse, soit on le mange sur place. Et nous voilà au bord de la route, à boulotter sur un coin de table nos poires vertes et notre pomme farineuse, tandis que les voitures passent sans aucune vérification. Du coup, on remet discrètement les avocats dans le sac des tomates, ni vu ni connu et on reprend la route
Chilecito, encore un village que je croyais petit et qui n'en finit pas. Il est 13 heures, il fait chaud, très chaud, et tous les coins de rue ou presque sont occupés par des barbecues sur lesquels rôtissent des « pochos », autrement dit des « pollos » (poulets). Les empanadas ne sont pas en reste, frites en général, accompagnées de... frites. Il y a la queue un peu partout, les gens achètent tous un poulet entier, 24 empanadas et des frites bien grasses. Par contre rien n'est salé, on l'avait déjà remarqué, sans doute parce qu'un bon nombre d'Argentins sont au régime sans sel à défaut d'être au régime sans viande.
Nous faisons la queue pour avoir nos empanadas, mais en plus petite quantité, et nos frites sans sel que nous mangeons dans la voiture garée le long d’un trottoir. Evidemment, ça manque de... sel!
Après Chilecito, la route devient piste, et pas n'importe laquelle. Rouge, carmin, type bentonite, étroite, voire très étroite, avec des virages serrés et vertigineuse par endroits, la Cuesta de Miranda est magnifique!
Des centaines de conures de Patagonie (des perruches) se sont installées dans cet endroit magnifique et on les comprend. Elles nichent dans une falaise à trous, poussent des cris perçants, vont et viennent avec entrain, avec elles ça déménage!! Elles traversent le ciel en un éclair, il n'est pas question de traîner en route, reviennent aussi sec, repartent... On ne se lasse pas de les observer...
Plus loin, la piste s'élargit, heureusement, car ce sont des camions de travaux que l'on croise maintenant... Il faudra nous expliquer comment tout ce monde fait pour arriver à bon port.
Villa Unión, cabañas « Haras San José ». Déception totale. On croyait arriver dans un lieu enchanteur... Le « dueño », un jeune très sympathique prénommé José-Luis, qui n'est propriétaire des lieux que depuis vingt jours, démarchait les voitures qui arrivaient de la Ruta 40 sur la Ruta 76, au contrôle de police... Nous on avait réservé depuis des mois.
Il est vraiment très aimable, ne sait pas quoi faire pour nous être agréable, mais être à la tête d'un petit complexe hôtelier ne s'improvise pas. Sa famille et ses copains ont pris possession des lieux, de la piscine en passant par les tables et chaises devant l'ancien restaurant/bodega.
A l'intérieur, des toiles d'araignées décorent l'angle des fenêtres et les coins des pièces, il y a même une araignée de taille, foudroyée en plein saut à l’élastique sous le lavabo. Oups!... L'évier est cracra, il n'y a pas de couverts, la table en métal de 50 x 50 cm ne tient pas en place, c'est une table pour conures ;-), à peine on la touche que hop! elle fait un demi-tour! Les murs sont violine et rose foncé, brut de décoffrage, bref, on trouve l'ensemble tout à fait cafardeux, et pour 300 pesos la nuit. Maintenant, pour ceux qui ne s'arrêtent pas au décor et ne sont pas très regardants sur la propreté (mais les draps étaient propres), José-Luis et sa femme sont vraiment charmants.
Un passage à l'agence Runacay de Villa Unión pour aller à la laguna Brava demain, 350 pesos par personne pour la journée de neuf heures, mais sans repas, et on rentre au bercail. [A suivre: La laguna Brava] | | | Annonce · Sponsorisé | | | Salut Kashtin,
Alors ce restaurant de doña Salta: comment l'as-tu trouvé. Moi, j'ai beaucoup aimé la déco et le service très aimable et stylé des serveurs. Quant à la nourriture elle est exquise!
Et finalement, l'agence de one world travel fermée, a-t-elle ouverte? Pourquoi était-elle fermée par une corde?
Cela doit être hyper agréable de retourner dans des coins que l'on connaît déjà, et de loger dans des endroits qu'on a appréciés. Dans ces lodges, ils voient défiler de nombreuses personnes, il n'est donc pas surprenant que Alain, pas du tout physionomiste de la vaca tranquilla, ne vous ai pas reconnu. Il ne faut pas s'en formaliser. Moi même, il m'arrive de ne pas reconnaître des élèves que j'ai en cours, lorsqu'ils n'ont pas leur uniforme de collège. Mais il faut dire que j'en ai plus de 400 différents chaque année!!!
Tes photos de la quebrada de las conchas sont toujours aussi sublimes et me rappellent d'excellents souvenirs. Celles d' iguazu aussi m'ont beaucoup plus, mais je me suis laissée distraire par les remarques du Spartiate (toujours aussi plein d'humour), aussi ai-je oublié de te féliciter auparavant comme il le faudrait.
Et vous avez aussi emprunté cette fameuse ruta nacional 40 qui m'a bien fait rigoler. Une route nationale en ripio, ah, l' Argentine!!!
Les paysages après Chilecito sont tout simplement incroyables, du rouge par tout, et les pistes me rappellent les pistes boliviennes. Il faut vraiment que tu y ailles! Le ravin à quelques centimètres des pneus!!! On se sent plus vivant, quand on frôle le danger à ce point, pas vrai!!! Cette cuesta de miranda est vraiment un plaisir pour les yeux que tu sais si bien mettre en valeur! Merci!
J'attends la suite, et merci encore pour ces belles photos. Je crois que le rouge de ces nouveaux paysages va finir de convaincre le Spartiate d'aller faire un tour. Et ce sera énoooooooooorme!!!!!!
Bisous et à bientôt! | | | Hola Diamina!
Alors ce restaurant de doña Salta: comment l'as-tu trouvé.
On le connaissait depuis l'an dernier, parce que sauf une fois, on a toujours mangé là. Mais je peux te dire qu'on s'est rendu compte au retour qu'ils avaient changé de chef, et que les tamales et les humitas n'ont absolument plus rien à voir avec avant.
Moi, j'ai beaucoup aimé la déco et le service très aimable et stylé des serveurs.
La déco est sympa, et on a toujours eu le même serveur, très sympa et stylé (le même que toi sûrement)  , sauf au retour. Là c'en était un autre qui n'en avait strictement rien à faire de nous servir, il pensait à autre chose  ...
Et finalement, l'agence de one world travel fermée, a-t-elle ouverte? Pourquoi était-elle fermée par une corde?
Oui, c'était une espèce de cadenassage. On n'a pas demandé pourquoi, peut-être qu'ils ont été cambriolés. Nous, par exemple, on a payé en espèces.
Cela doit être hyper agréable de retourner dans des coins que l'on connaît déjà, et de loger dans des endroits qu'on a appréciés. Dans ces lodges, ils voient défiler de nombreuses personnes, il n'est donc pas surprenant que Alain, pas du tout physionomiste de la vaca tranquilla, ne vous ai pas reconnu. Il ne faut pas s'en formaliser.
Non non, je ne me formalise pas. J'étais juste très étonnée (il ne passe justement pas grand monde, les gens vont à Cafayate), parce qu'on avait beaucoup discuté, on lui avait laissé notre bidon Copec acheté à Arica pour l'altiplano chilien (ça il se l'est rappelé). On avait parlé le soir et le matin, de pas mal de choses. Mais sa femme me disait qu'il se souvenait seulement des visages de sa mère, de ses filles et de sa femme (heureusement, encore!!  ).
Et vous avez aussi emprunté cette fameuse ruta nacional 40 qui m'a bien fait rigoler.
On l'avait déjà abondamment empruntée en Patagonie en 2010  .
Et merci pour ton enthousiasme!! 
Bises,
Pascale | | | Bonjour Kashtin Superbe ce nouvel épisode! Ah les paysages semblent aussi très beau, sur toute cette partie des Andes. Tes photos sont vraiment très belles! Franchement c'est comme du professionnel! Nous sommes allés au "doña Salta" Et nous avons été très déçu:Le serveur n'en avait rien à faire (et j'y avais trainé mon mari parce-que vous en aviez toutes parlé!) pour un peu, il nous balançait l'assiette!!!si!si! Il faut dire qu'il faisait 39 à 40° à Salta et qu'on n'avait pas très faim, donc juste un plat chacun (tamales et brochettes) qu'on s'est partagé!Et la soupe à la grimace en plus!!!  Pour La Vaca tranquilla, nous y sommes allés aussi et Yann nous avait dit qu'on les reverrai chez lui! Et là aussi, il est passé à côté de nous alors qu'on s'apprétait à lui parler, sans nous reconnaitre. Sa femme elle nous a reconnu et on a discuté un bon moment! Mais ça, c'est un problème de ne pas être physionisme, je le comprend, car ça m'arrive aussi et des fois j'ai la honte!! C'est avec beaucoup de plaisir que je vais continuer de te lire! A bientôt | | | Salut Pascale,
Pour un peu, je me serais crû sur les terres du Grand Esprit des Roches Rouges à Moab ou dans Burr trail 
Bravo pour les feufleurs nommées: En attente d'identification (attent identificatum) ou celles-ci : Identification à venir (identificatum veni vidi vici) mais je ne suis par certain du nom en latin de la feufleur... J'espère que je t'ai bien aidée 
@+ le spartiate | | | Bonsoir Marimichelle,
Merci  .
C'est vrai, Yann m'avait dit qu'Anne et Alain devaient passer chez lui (je leur avais fait l'article l'an dernier  ).
Bonne soirée,
Pascale | | | Hello Patrick!
Pour un peu, je me serais crû sur les terres du Grand Esprit des Roches Rouges à Moab
Les terres de ce Grand Esprit-là sont aussi faites pour toi! 
Bravo pour les feufleurs nommées: En attente d'identification (attent identificatum)
Celle-là c'est réglé, tu t'es trompé! 
ou celles-ci : Identification à venir (identificatum veni vidi vici) mais je ne suis par certain du nom en latin de la feufleur...
Disons que tu es dans un flou artistique 
Pascale | | | Bonsoir Pascale,
Les oiseaux c'est bien, plein de couleurs et avec de bonnes bouilles..... Mais ce qui a définitivement retenu mon attention dans cette nouvelle page de ton carnet c'est la route, la piste après Chilecito  Quels magnifiques paysages et quelles superbes photos de ces red rocks !! Inutile de dire que la suite est attendue.
Bises. | | | Hello Pascale,
Bon, je crois que je vais savoir attendre vu ta façon de me faire patienter...des paysages dignes du Far-West en veux-tu en voilà...la Cuesta de Miranda est en effet très belle et l' Aconcagua attendra son tour sans problème...
Bibis et Bon courage Pascale, Laurence | | | Bonjour Angelo!
C'est vrai, les red rocks argentins, dans un autre genre, sont également splendides; et souvent mêlés à de la roche sombre.
Je vais mettre en ligne aujourd'hui la route vers la laguna Brava (qui se trouve à 4500 m d'altitude), et tu verras encore autre chose, magnifique, que pour notre part nous n'avions jamais vu.
A bientôt! 
Pascale | | | Hola Laurence! 
L' Aconcagua arrive, lentement... mais sûrement! 
A bientôt,
Pascale | | | (Suite... 8. Le sommaire est en p. 1)
La version avec carte et photos (de meilleure qualité) est visible ici: En route pour la Laguna Brava...
Dimanche 28 octobre
Julio, le guide de l'agence Runacay de Villa Unión, un Argentin sympathique, moustachu et bien en chair, vient nous prendre à 8 h 15 pour un retour neuf heures plus tard.
Il y a deux Français à l'intérieur du pick-up. En discutant au fil de la journée, nous apprendrons que la femme, très sympa, fait un métier des plus originaux! Ils sont installés dans le nord de la Thaïlande depuis dix-sept ans, soit depuis la retraite de son mari, et par le plus grand des hasards qu'il serait trop long de raconter ici, elle s'est retrouvée, une fois en retraite elle aussi, à faire les costumes de soie des Francs-Maçons alors qu'elle n'avait auparavant jamais fait de couture!!
Premier arrêt, que nous aurions probablement raté si nous avions été tout seuls. On ne peut d’ailleurs plus aller jusqu’à la laguna (à 4300 m) en solo, car une touriste s’est perdue et en est morte. Ni d’ailleurs y aller en berline. Il faut son propre 4 x 4 et embarquer un des guides du parc. C’est pour cette raison qu’on est passés par une agence. Tarif: 400 pesos par personne sans le repas de midi, plus la propina, bien sûr. Premier arrêt, donc, pour observer un fossile vandalisé de dinosaure et un étonnant graphisme sur grès, vandalisé lui aussi...
A Vinchina, à 109 km de Villa Unión, arrêt toilettes « parce que, après, c’est terminé », nous dit Julio. Nous entrons dans une petite « cantina » qui ouvre spécialement pour nous, traversons la salle de restaurant et rejoignons les poules dans la cour sur l’arrière.
40 km plus loin, nous arrivons à Alto Jagüe. Nouvel arrêt pour s'enregistrer auprès des guardaparques.
La piste qui monte à la Laguna Brava est extraordinairement belle, c’est un perpétuel lever de soleil sur des sommets rose pâle, anthracite et lie-de-vin. Je suis frustrée car obligée de photographier par la vitre, la poussière et le froid se ruent à l’intérieur dès que je me décide à l’ouvrir, et au bout du compte je rate un nombre incroyable de choses, soit parce que je ne suis pas du bon côté, soit parce que le pick-up a déjà pris un nouveau virage. Les objectifs sont stabilisés, mais le flou s’invite bien souvent sur les photos...
Nous buvons tous les quatre régulièrement et je ne vois pas comment je pourrai tenir toute la journée avant de repasser aux toilettes de Vinchina... Je demande donc à Julio de s'arrêter, en profitant de l'abri de rochers en contrebas, face à un virage de la piste totalement déserte, où nous n'avons encore doublé ou croisé personne. Mais c'est sans compter avec la chance qui me caractérise dans ce genre de situation! Voilà qu'un 4 x 4 avec plusieurs personnes à bord déboule justement du virage à une vingtaine de mètres de moi!!! Ça m'a rappelé une autre fois, sur l'île de La Gomera, aux Canaries. Nous randonnions sur un chemin perdu et totalement isolé au-dessus des falaises et, dans la même situation, un homme a surgi au détour du virage sur son vélo, à quelques mètres de moi!!
Tiens, des guanacos! Il y a un moment qu'on n'en avait plus vu, depuis la Patagonie je crois bien. Entre autres caractéristiques, dont la taille, la queue, etc., leur museau sombre les distingue nettement des vigognes.
Aux alentours de 3000 m, je demande à Julio, que je vois mâcher consciencieusement sa boulette de feuilles de coca, si on peut trouver des feuilles à acheter à Villa Unión. Nous avons bien rapporté plusieurs sachets à Paris, que je comptais innocemment ramener dans leur pays d'origine, mais Alain (d'Etigny) m'en a dissuadée! Il me répond non, hésite, me demande si je connais « ça », oui je connais, et me passe alors son sac de feuilles. J'en prends quelques-unes que je cale entre la joue et la gencive, et du coup tout le monde fait la même chose. Je les garderai toute la journée en les mâchant régulièrement pour extraire un peu de jus. C'est franchement pas bon mais efficace contre l'altitude. Pour le moment, Alain et moi n'avons aucun symptôme. D'après Alain (d'Etigny, toujours), le corps garde la mémoire de l'altitude, et c'est vrai que nous nous sommes acclimatés plus vite que l'an passé.
Au passage d'un gué, Julio prend ma bouteille vide (mais nous avons un bidon de cinq litres sur le plateau du pick-up) et la remplit d'une eau claire et délicieuse, comme nous le faisions dans le parc Torres del Paine, en Patagonie.
Vite, vite! (je vais finir par avoir des ampoules à actionner la poignée de la vitre et à la tourner à toute allure dans un sens pour prendre la photo, puis dans l'autre pour empêcher le vent glacial et la poussière de pénétrer à l'intérieur; en tout cas c'est ce qu'on appelle des photos exprès) j'aperçois le cousin du Volcano de Canyonlands, près de Moab, en Utah!
Ah, revoilà les si gracieuses vigognes, occupées à brouter de maigres touffes d'ichus.
Et toujours cet entrelacs de rose, et de pourpre, et de gris sombre, parcouru de marbrures claires comme un fin réseau de veines, étoilé de l'or des ichus.
Quel est cet autre Vinchina, à une demi-heure de la Laguna Brava ?...
La piste entaille le flanc de ces montagnes splendides, désertiques et fouettées par les vents, qui abritent pourtant une flore et une faune adaptées aux conditions climatiques. Lors d'un arrêt, Julio, voyant que je m'intéresse à un tapis de plantes minuscules, m'en désigne plusieurs autres, si discrètes qu'on pourrait les confondre avec le sol caillouteux, à l'aspect de velours mais dures et épineuses, de vrais tapis de fakir ! Je n'ai malheureusement pas retenu les noms.
Au loin, sur la pente, s'étire... mais oui!... la fine ligne blanche de penitentes de nieve (pénitents de neige)! Julio tourne la tête, ne voit rien de spécial, me jette un regard dans le rétroviseur... Je suis très étonnée, apparemment il ne les connaît pas.
Midi et demi, on arrive sur les rives de la Laguna Brava, à 4230 m. Le froid est polaire, le vent patagon, la lumière transparente. Un flamant de James est là, stoïque, qui prend un bain de pieds et se régale de petites gâteries qu'il trouve dans l'eau salée. Ces flamants sont rares – mais on les avait déjà photographiés plus au nord, au Chili –, il y a une cinquantaine d'années ils ont bien failli disparaître de la surface de la terre.
On repart et dix minutes plus tard, nouvel arrêt au bord de la lagune. Il n'y a là rien d'extraordinaire sinon un vent à décorner les bœufs, on descend une seconde, un clic, et on remonte, en attendant de poursuivre. Julio s'étonne, en général les gens prennent à cet endroit beaucoup de photos, et un doute s'insinue... Surprise... c'est tout ce que l'on verra de la Laguna Brava, alors qu'on est montés ici spécialement pour elle.
Tout le monde ressort donc du 4 x 4 et capture l'aile de l'avion accidenté sept ans auparavant, qui pointe encore vers le ciel... avant d'entamer la redescente. (Il semblerait qu'un avion transportant six personnes et huit chevaux de Copiapo ( Chili) à Córdoba ( Argentine) ait tenté un atterrissage sur la Laguna Brava à la suite d'une panne de moteur. Les hommes ont été secourus, mais les chevaux sont morts...)
Les estomacs commencent à crier famine, et Julio nous rassure: nous allons bientôt nous arrêter pour pique-niquer. Il se gare près d'une espèce de buron, en fait un reste des refuges construits il y a environ cent cinquante ans par l'armée de l'inusable général San Martín lors de sa traversée des Andes.
Nous ouvrons une des conserves de poisson à tartiner de la Belle-Iloise, un cadeau de Françoise, comme l'an dernier. Quel régal!! hmmmm... un vrai délice, surtout à cette altitude, et dans un environnement pareil.
Julio, une fois son casse-croûte avalé dans le pick-up, s'allonge par terre et tente de séduire un oiseau qu'à mon avis il connaît déjà. Mais aujourd'hui il l'ignore superbement, probablement que son estomac aussi crie famine, et il guette les moindres miettes que l'autre couple de Français pourrait laisser tomber.
Un van arrive avec des touristes qui, comme un seul homme, s'engouffrent dans le refuge et n'en ressortent plus. J'entre pour voir ce qui se passe, il y a dans la voûte une ouverture qui laisse tomber un rai de lumière, et chacun met ses mains en coupe pour se faire photographier. Mais je n'en saurai pas plus car un étourdissement me prend presque aussitôt, comme si j'avais reçu un coup sur la tête. La Française entre alors et ressort, avec les mêmes symptômes, de même qu'Alain, un instant plus tard. Mystère... Il suffira de quelques minutes pour que ce ne soit plus qu'un souvenir...
Un dernier arrêt près de cette curiosité géologique, une immense pyramide encastrée dans une gangue de stries verticales.
Julio nous dépose aux cabañas. Alain et moi nous sommes creusé la tête pour savoir combien donner de propina. L'autre couple propose 30 pesos, et trouve que 60 pour nous quatre c'est bien. Comme j'en ai 20 de plus dans la main au moment de lui tendre l'argent, je lui donne le tout, 80 pesos. Il a l'air ravi... Tant mieux.
Retour à Runacay pour réserver cette fois une randonnée demain à Talampaya – puisqu'on ne peut visiter ce parc qu'en bus (entre 130 et 175 pesos par personne) ou avec un guide –, je suppose qu'il s'agit de Chloé, la Française qui tient l'agence et avec qui j'ai été en contact par mail. Mais elle n'est pas là aujourd'hui non plus, c'est un jeune Argentin très aimable qui nous annonce que puisqu'on a été avec eux à la Laguna Brava, ils nous font une réduction, 80 pesos au lieu de 100. Et puisqu'on ira avec notre propre voiture pour aller dormir ensuite à San Agustín de Valle Fértil, les guides nous attendront sur place, soit Hugo, soit Luca.
Retour au bercail, des couleurs et des paysages extraordinaires plein la tête...
[A suivre: Parc national de Talampaya] | | | Salut Kashtin,
Depuis San Carlos, ton voyage se déroule dans des parties de l' Argentine, que je ne connais pas. Mon intérêt va grandissant! Il va falloir faire des choix, ou mettre un ordre de priorité pour les prochains voyages.
Tes photos sont comme d'hab splendides: de vrais cartes postales! La route qui mène à la laguna brava est splendide et devrait réussir à convaincre certains Spartiate du forum, tant la couleur rouge domine! Mais c'est une féerie de couleurs qui ravie les yeux! Du coup vous avez vu des guanacos et des vigognes. D'après ce que j'ai ressenti de ton récit, la laguna brava elle même ne semble pas plus folichonne que cela, heureusement que la route qui y conduit est splendide! Ou bien, est-ce le guide qui n'en a pas montré suffisamment?
Finalement, as-tu trouvé à quoi était dû ton étourdissement en entrant dans le refuge pour le déjeuner?
En tout cas vivement la suite!
Bisous! | | | Bonjour Pascale
Qu'est-ce que c'est beau! quelle intensité dans les couleurs, mais finalement, la laguna, c'est un lac?, je vais vite aller voir
sur ton site. C'est frustant de voir tout ce qu'on a raté!! Merci de nous faire partager ces beautés
A Bientôt | | | Salut Marimijean,
C'est frustant de voir tout ce qu'on a raté!!
Ce serait difficile de voir toute l' Argentine en 3 semaines ou même un mois!!! Nous y sommes déjà allés 2 fois et il me reste encore tant de choses à voir. Moi, je me dirais plutôt que cela me donnera d'autres occasions de retourner en Argentine, pays qui est un vrai coup de cœur pour moi.
Alors, bon courage! | | | Hello Diamina,
Merci d'être passée sur mon carnet  .
D'après ce que j'ai ressenti de ton récit, la laguna brava elle même ne semble pas plus folichonne que cela, heureusement que la route qui y conduit est splendide! Ou bien, est-ce le guide qui n'en a pas montré suffisamment?
La route/piste est absolument incroyable pour monter à la laguna, ce sont des couleurs qu'on n'avait jamais vues, tous ces roses pâles... hmmmm..., tous ces mélanges, une merveille! Quant à la laguna, elle peut être bleu-vert d'après ce que j'ai vu sur google, mais là, au printemps, elle était encore gelée. Pour aller plus loin, notamment voir les geysers "de l'autre côté", c'était une journée de 11 heures, et donc plus cher, bien sûr. Je ne peux pas t'en dire plus, je pense que ça doit pouvoir être très beau en été.
Finalement, as-tu trouvé à quoi était dû ton étourdissement en entrant dans le refuge pour le déjeuner?
Non, surtout qu'on était trois à avoir eu les mêmes symptômes, alors que les touristes du van n'avaient l'air d'avoir aucun problème. On a pensé que ça avait un rapport entre la très grande luminosité à l'extérieur et la pénombre à l'intérieur, mais...
A bientôt!
Pascale | | | Bonjour Marimichelle,
Comme le dit Diamina, il ne faut pas être frustrée, ça te donnera l'occasion d'un autre voyage, surtout qu'il y a encore beaucoup de choses magnifiques à voir entre Villa Union et Valparaiso. Mais c'est vrai que c'est moins couru que bien d'autres endroits... Tant mieux, d'ailleurs, il y a moins de monde  .
Les lagunas sont des lacs salés.
Bonne soirée!
Pascale | | | Hola Pascale,
Cette page est de toute beauté!   Vraiment ces paysages tout en contraste et en variation de couleurs sont un ravissement de plus pour notre oeil! J'adore  Quel beau petit bijou que tu nous montres-là, je me suis bien régalée...
Dis Pascale, tu me racontes une histoire: ...cet accident d'avion sur la Laguna Brava, tu connais l'histoire ou les circonstances...tu dis que vous êtes redescendus tous du 4x4, qu'est-ce qui vous a fait réagir?
Puis ce malaise dans la cabane de pierre, étrange phénomène ! La feuille de coca est si hallucinogène que ça, autant te dire que le délire n'est pas si loin  Si un jour tu en trouves l'explication réelle, donne-la nous...ce serait intéressant.
Merci pour ce plaisir tout simple mais si riche et si plaisant, Courage, Courage, Laurence | | | Salut Pascale,
Un beau dégradé de couleurs dans une atmosphère sèche, très limpide et des particularités géologiques très intéressantes. Honnêtement, difficile de trouver ce type de paysage dans le Southwest. Il ne faudrait point abuser des petites herbes de Ducros  quand même ! Ou bien, est-ce la conserve de poissons qui n'était pas à son aise (un peu loin du niveau de la mer)  ?
J'ai noté qu'il faisait froid 
J'attends la suite...
@+ le spartiate | | | Toujours, toujours le même grand plaisir quand mon regard se pose sur tes carnets Kashtin... Entre mots et photos c'est un ravissement sans fin 
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