Les quelques recherches déjà faites sur
Chiang Mai nous promettent encore de nouvelles activités inédites pour notre prochain passage et nous y retournerons bien volontiers.
Notre route vers le sud commence donc ici.
Pour le jour du départ, une réceptionniste nous a trouvé un chauffeur (de voiture) pour le même prix qu'un tuk-tuk. Le petit-ami, le frère, l'oncle, le petit-ami du frère de l'oncle ? Allez savoir.
Nous avions précisé dès le départ que nous allions à la station de bus Arcade pour nous rendre à
Lampang. Une fois sacs et valises posés, le jeune homme nous indique un bâtiment du doigt. C'est dans ce bâtiment que nous cherchons à obtenir un billet pour un grand bus et malgré des tentatives répétées, y compris auprès d'une personne parlant un peu d'anglais, on nous oriente toujours vers des minivans en disant qu'il n'y a pas de grands bus.
Joel, ça l'agace : il ressort, va sur le parking et demande à un gardien dans sa cahute, lequel indique le même genre de bâtiment, mais de l'autre côté de la route. Nous ressortons donc avec armes et bagages et constatons qu'à chaque fois il vaut mieux rester sur notre idée et persévérer sinon c'est le risque du coup fourré. En deux minutes, nous avons chacun son ticket à 66 bahts pour un bus de moyenne taille avec clim. Le trajet dure environ 1h30 pour un peu moins de 100 kilomètres.
Dès l'arrivée à la gare routière de
Lampang, un songthaew nous propose de nous emmener à l'hôtel pour 170 bahts. Nous déclinons avec le sourire et allons rapidement vers un autre songthaew où des personnes sont en train de monter.
Effectivement, à 2 X 20 bahts ça rentre dans des tarifs beaucoup plus raisonnables.
Lampang est renommée pour ses promenades en calèche à cheval. Il faut savoir que les intéressés se sont regroupés en syndicat, ce qui a pour conséquence une tarification fixe pour des parcours clairement définis. Mais on peut aussi se faire un parcours à la carte. Actuellement, il faut compter dans les 400 bahts pour une promenade d'une heure. Bien qu'étant quelque peu romantiques, nos activités ne nous ont pas amenés à tester.
Pour notre bref séjour au centre-ville, nous avons jeté notre dévolu sur le Pin Hotel, lequel offre un rapport qualité-prix remarquable. Certes sans piscine mais 15,50 euros la chambre supérieure avec petit-déjeuner. On nous a attribué une chambre d'une belle superficie à un étage élevé (ascenseur). Le balcon permet de profiter d'une belle vue. Les matelas ne sont pas de qualité supérieure - nous avons décelé un soupçon de fermeté - mais n'incommoderont que les personnes extrêmement sensibles. Nous notons au passage que la porte de la salle de bains aurait du être changée il y a au moins 15 ans.
C'est l'hôtel qui conviendra aux petits budgets désirant goûter à un peu de confort.
Comme la plupart du temps, inutile de déjeuner à l'hôtel, le repas est surfacturé à 140 bahts.
En début d'après-midi, la chaleur est telle que ça exige une petite sieste rideaux tirés. Il était nécessaire de prendre un petit repos avant d'affronter la promenade programmée.
Nous prenons vers le nord en direction du fleuve. Nous sommes assez rapidement sur la Talad Gao Road, parsemée de beaux édifices de style sino-européen. Il faut savoir qu'avant l'avènement de
Chiang Mai,
Lampang a eu son heure de gloire. Le commerce y a été florissant, avec une apogée au début du 20ème siècle. C'est dans cette rue qu'il y a le marché du soir, officiellement entre 17 h et 21 h les samedi et dimanche.
On arrive rapidement au pont Ratchadapisek surplombant le fleuve Wang. Ce fut autrefois un pont en bois, le plus long de
Thailande. Ce pont blanc en fer et béton, avec ses arches, fait penser à un pont ferroviaire. La version actuelle date de 1917. Bien sûr, la circulation y est dense mais de chaque côté il y a des passages réservés aux piétons. En fin d'après-midi, on peut y observer une grosse colonie d'hirondelles qui passe dessus, puis dessous et qui dans un ballet incessant joue tout en se nourrissant.
Tout de suite après le pont, il y a sur la droite le marché couvert. Dans cette ville typique de province un peu endormie, le spectacle est déjà on ne peut plus authentique, à quelques encablures mais déjà si loin des bars rock n'roll de
Chiang Mai. Evidemment, nous restons un peu collés à observer et à savourer.
Nous prenons tranquillement vers l'est. On peut préférer emprunter la ruelle le long de la rivière plutôt que la rue parallèle à celle-ci.
C'est d'un coup très tranquille et apparaissent tantôt de vieilles maisons traditionnelles tout en bois tantôt des maisons traditionnelles récentes avec l'étage en bois et le rez-de-chaussée en béton. Avec parfois des jardins bien aménagés.
Encore plus loin, on finit par tomber sur le petit Wat Pratu Pong, autrefois situé à l'une des portes de la ville.
Bien qu'étant l'un des temples les plus anciens de la province, officiellement daté de 1577, il brille comme un sou neuf, clairement et correctement rénové.
Au vu de l'heure, il n'y avait pas un chat sur place, ou peut-être bien justement qu'un chat. Cela ne nous a pas empêchés d'admirer son très beau portique d'entrée.
Nous poussons notre déambulation encore plus loin et il ne s'est pas écoulé beaucoup de temps entre le moment où la menace était imminente et le moment où l'orage a éclaté.
Faute d'abri à proximité, avec notre trop petit parapluie nous cherchons à nous réfugier quelque part. Un portail ouvert, deux gars à l'air sympa qui discutent à côté d'une cahute à toit allongé qui ferait un bon abri...allez on s'invite.
Bien entendu, nous avons droit à un accueil très cordial et ces messieurs nous invitent même à patienter dans leur cahute.
Un panneau indique que la propriété est le siège de l'office provincial des forêts. Tant bien que mal, un petit dialogue s'installe et tout le monde trouve moyen de rigoler. Combien de fois le côté pas de chichis nous aura détendus en
Thailande...
Par chance, cet orage fut bref. Nous avons donc poussé jusqu'à la Ban Sao Nok sur Ratwattana Road. Sur un grand terrain trône un groupe de maisons en teck de belle facture, construites en 1895 dans un mélange des styles lanna et birman.
Ce fut autrefois une résidence d'accueil et de réceptions pour la municipalité et c'est désormais un musée. L'ouverture s'étalant de 10 h à 17 h, nous n'avons pas eu l'opportunité d'entrer. Seulement voilà : quand votre démarrage est tardif et que vous vous abandonnez aux joies de la promenade, une fois que la soirée s'annonce et que les jambes fatiguent, vous réalisez tout à coup qu'il vous reste le chemin du retour. Les derniers pas ont donc été les moins vaillants, d'autant plus que c'est à
Lampang que nous avons eu le plus de difficultés à trouver un restaurant qui nous convienne.
Notre bonne étoile nous a menés au New Seafood Restaurant sur Suan Dok Road. C'est une grande salle ouverte sur l'extérieur, avec une autre salle climatisée à laquelle on accède par la porte du fond. Mais il y a aussi des tables sur le trottoir. A une des extrémités de la grande salle, toute la largeur, avec un accès sur la rue, est occupée par l'atelier cuisine. On voit donc les cuisiniers oeuvrer en live, dont celui qui a une grande toque blanche à bout recourbé vers l'avant. Oui, nous avons vu le schtroumpf blanc cuistot thai !
Sur le trottoir, le barbecue avec crevettes, crabes et coques complète la scène.
Le premier petit jeune qui a tenté de prendre notre commande a vite compris qu'il n'y arriverait pas et pour une fois a sagement renoncé. Oui, ça arrive. Et vu la tête des autres serveurs et serveuses, c'était pas gagné.
Mais l'un des clients n'était pas un client, c'était le patron. D'un coup il était là ; non seulement il comprenait quelques mots d'anglais mais surtout il comprenait tout court.
Nous avons donc été vite servis et il se trouve que pour 240 bahts vous avez sans le moindre doute sur votre assiette le meilleur curry de fruits de mer servi dans la noix de coco de toute la
Thailande. En matière de prix, de quantité et de goût, on peut défier quiconque de trouver mieux. Il faut ajouter que c'est phet phet, c'est-à-dire que pour le piment ce n'est pas aseptisé comme en milieu touristique. Oh, pas tant que ça en vérité, mais suffisamment pour assurer à Monsieur une nouvelle séance de sauna gratuite pour son front et son nez. A tous points de vue, une adresse immanquable sur la place.
Au moment de rentrer à l'hôtel, nous avisons un vendeur itinérant et pour 20 bahts nous pouvons déguster un ananas mûr à point. Vive le petit commerce !