Vous dites "ne jamais donner d'argent", mais acceptez-vous de rémunérer les petits travaux, comme les coups de main, même non sollicités ?
Je pense que s'il y a un travail effectué, même symbolique, on peut donner une pièce.
Sauf si AVANT, on a bien précisé que l'on ne voulait pas du coup de main. Et même alors, ils savent bien faire, le travail est fait avant même d'avoir terminé la phrase...
J'ai eu l'occasion de tester cela, mais ce n'était pas une "petit" coup de main : un camion à décharger, à 8h du soir (la nuit donc), au bord de la route en pleine campagne. 5 personnes arrivent de nulle part, qui étaient prêtes à faire le travail. Je disais "Non, je n'ai rien pour vous, ce n'est pas possible". Rien à faire, ils étaient déjà montés 4 dans le camion, prêt à partir. Ils étaient tous d'accord, rien à payer, c'est ok. Je pouvais pas décider seul, c'était de l'argent d'une association, donc pas le mien.
Mais quand j'ai vu qu'il éjectaient du camion à coups de pieds la 5° personne, un type costaud comme un taureau, mais avec une malformation au cou... il pleurait, il disait "j'ai besoin de travailler patron, s'il te plait "... J'ai dit ok. On prends tout le monde. et Lui aussi.
Eh bien il a été le plus efficace, il portait les sacs de ciment sur sa tête, 40 kg ! Pieds nus, bien sûr, comme la plupart des autres. Il a déchargé à lui tout seul plus de 20 sacs !
tous ont bien bossé, et en 1/2 d'heure c'était fini. Tout seul, j'aurai été à l'ouest.
J'ai discuté avec les gens de l'asso, et on s'est mis d'accord. 500F CFA, c'était pas grand chose. Le prix d'une bierre. mais on pouvait pas faire mieux.
Alors le costaud vient me voir avec son air penaud et chougniard : "j'ai déchargé plus que les autres papa !" il me dit.
Je laisse passer, je lui dit que dois donner pareil à tous.
Après avis de 2 autres personnes spectatrices, j'ai eu confirmation : il avait bien plus déchargé. Alors au monent de repartir, je le prends par les épaules, je prends dans ma poche 300F sur mon argent perso, et je lui donne, à l'abri des regards des autres.
il repart, et j'espère que cela lui a fait plaisir.
Plus tard, je l'ai revu sur un marché, il était toujours à l'affut d'un travail.
Cette personne m'a beaucoup touché, impressionné.
on m'a dit qu'il était toujours comme ça, en gueunilles, pieds nus, toujours chougnant, mais très travailleur, toujours gentil, et très très fort. Il avait 4 enfants à nourrir. respect.