bonjour Catherine,
Je réponds à ton message 40. Si on s'écarte un peu du concours (la photo) et se concentre sur ce que représente la spiritualité, originelle aux religions, tu as tout à fait et ! oh combien ! raison de montrer cette photo de Lascaux. Elle est "primordiale" !
Je suis fasciné, depuis mes 20 ans, par ces peintures rupestres, qui sont pour moi ce qui existe de plus beau au monde (boum !). Quelle virtuosité dans l'art de reproduire la vie et de nous raconter le quotidien que les néandertaliens et autres peuplades vivaient il y a 30 000 ans !
J'imagine ces poètes-peintres, entrant dans la grotte après quelques heures d'observation de la campagne et de sa faune, y revenant le lendemain et puis d'autres jours encore. J'imagine surtout la considération du village pour ces surdoués du trait de charbon, j'imagine certains rassemblements au soir, au feu de bois, dans lesquels les rudiments du langage d'alors disaient déjà, observant les étoiles :
"que c'est beau cette nature.. nous sommes bien peu de chose au fond.." (sourire de rigueur).
j'imagine la conscience et la capacité d'admiration qu'ils avaient de tous ces animaux "comestibles", comme en particulier aujourd'hui les amateurs de chevaux de turf vantant les qualités à la course de leurs favoris.. j'imagine leurs premières captures et dressages de ces chevaux sauvages et rétifs.. et la fierté de les monter.
derrière ces peintures, comme toutes les sculptures d'Angkor, de Haute et
Basse Égypte, que d'enseignements ! on connait leur Panthéon animalier, il renseigne sur leur proximité de toutes les autres formes de vie, bienveillantes (chèvres ou ruminants) ou dangereuses (cobra, fauves, rapaces), industrieuses (bousiers, scarabées) ou malignes (moustiques).
Je dois reconnaitre que j'ai été initié à cette admiration il y a bien longtemps, étudiant, lisant un éditorial de Cavanna dans Charlie-Hebdo, qui disait mieux que moi et de manière très poétique toute la beauté de ces peintures et tentant de deviner QUI avait pu les réaliser. Cavanna supposait un individu chétif ou ayant subi un accident, qui avait alors du renoncer à la chasse et se consacrer à l'observation. Un être sensible et doué pour le trait plus que pour le langage, laissant béats d'admiration sa famille et les chasseurs.. un être malingre que tous les adultes sains et braves avaient choisi de protéger, car son art touchait leur âme et les rassemblait, face aux fauves qui peuplaient par centaines toutes nos régions.
Catherine, peut-être as tu la même pensée que moi lorsqu'on te demande ton âge ? "j'ai parfois 30 000 ans"..