Aristomakos · 4 décembre 2005 à 15:52 · 3 photos 113 messages · 30 participants · 19 515 affichages | | | | 4 décembre 2005 à 15:52 Message 1 de 113 · Page 1 de 6 · 7 105 affichages · Partager Qui a visité l' Europe de l'Est avant la chûte du bloc communiste ? En ce qui me concerne, j'ai fait la yougoslavie (1985-1986-1987-1988), la bulgarie (1986-1988), la roumanie (1986) et la hongrie (1986). On voulait passer en albanie en 1986 mais à la frontière ont nous a ''refoulé''. En 1989, on souhaitait faire de tour de la mer noire, en passant par l'URSS. Mais l'histoire nous a devancé. En 1986, on s'est baigné dans le Mer noire à Varna (BG), on avait interdiction de remuer le sable (Tchernobyl avait explosé quelques mois avant, si je me rappelle bien).
Parlez-nous de vos expériences lors de vos voyages dans les pays communistes...Beaucoup de souvenirs doivent vous avoir marqué !! | | | Bonjour,
Pologne, 1979.
Avec mes parents, on traverse l' Allemagne en voiture. Mon père se trompe d'embranchement et prend la sortie Berlin au lieu de filer vers la frontière polonaise... Barrage, police, examen des visas... on n'a pas le droit d'aller à Berlin, on est vite remis sur le bon chemin... 
Là-bas, ma cousine veut acheter des chaussures blanches pour sa fille pour un mariage.... il n'y a que des chaussures rouges... sa fille ira donc au mariage avec des chaussures rouges...  .
Varsovie, une cafétaria, on est 8. On ne veut pas boire leur jus de fruits acidulé, on veut de l'eau.... On obtient, après discussion, 4 verres qu'il nous faut aller remplir au robinet...  .
Heureusement, cà a bien changé depuis  . | | | J'imagine que la pologne a changé, mais ont m'a dit qu'on mangeait au resto à 5 pour 100 F maximum.
A mon, tour, je me rappelle des étales dans un magasin d'Etat en plein centre de Bucarest, en juillet 1986 : une boite d'oeufs, deux ou trois petites bricoles et...tellement de vide !! Quant aux routes roumaines, je parle des nationales, elles étaient vérolées pas les nids de poule. On devait rester 10 jours en roumanie, on est resté 4 jours. apres, direction la turquie pour de superbes souvenirs..... | | | J'ai fait mon service militaire à Berlin à la fin des années 70 et, en tant que militaire, je suis allé plusieurs fois en visite à Berlin-est. Epoque curieuse où la bande à Baader faisait très peur, dans le poste de garde de la base, les troufions avaient la consigne de rester dans le noir pour ne pas servir de cible. Quand nous sortions en ville, nous devions rapporter tous les déplacements des voitures soviétiques que nous rencontrions. En même temps, Berlin-ouest était la vitrine de l'occident au coeur de l'empire communiste, et la ville était sans doute la plus excitante d'Europe pour un jeune. C'était aussi la seule ville où l'homosexualité était tolérée (bien avant Paris) et un appelé pâtissier (et homo) avait trouvé la ville de ses rêves. A l'issue de son service, il a trouvé une place chez le pâtissier Lenôtre et est resté à Berlin. Quel contraste avec Berlin-est, triste et sombre, avec de nombreuses façades criblées des impacts de balles datant de la guerre.
Quelques années plus tard, j'étais en Pologne, en voyage de fin d'études. Nous étions accueillis par les élèves de l'école polytechnique de Varsovie. J'ai découvert la gentillesse et la chaleur des polonais, mais seulement quand les 2 élèves membres du parti étaient absents. Etudiant aux moyens modestes, j'ai aussi découvert la richesse, puisqu'en changeant mes francs au noir, je me suis retrouvé plein aux as. Nous avons donné nos tickets de resto U aux copains polonais et à nous la grande vie, restaurants, caviar, vodka,....
Un soir, nous étions invités à une soirée en boîte et, quelques heures plus tard, tous les garçons du groupe avaient à leur bras une jolie étudiante, parlant soit anglais, soit français. Le charme français avait agi. Le lendemain, autre soirée au foyer de l'école où nous retrouvons nos nouvelles amies. En milieu de soirée, un étudiant bien imbibé nous explique que les étudiantes étaient là sur ordre du parti. Notre orgueil de coqs gaulois en a pris un sacré coup. Malgré tout, cette soirée a été à l'origine de deux mariages. Tout cela se passait quelques mois avant l'émergence de Solidarnosc.
Quand le mur de Berlin est tombé en décembre 1989, je pleurais devant ma télé, jamais je n'aurais pensé voir ça. Pour ma génération, le communisme était là pour longtemps. | | | Quand le mur de Berlin est tombé en décembre 1989, je pleurais devant ma télé, jamais je n'aurais pensé voir ça. Pour ma génération, le communisme était là pour longtemps.
 , Il me semble que c'était plutôt en Novembre, car cette nuit là, nous étions en voiture avec les enfants qui étaient en vacances de Toussaint, en route pour un WE à Barcelone.Nous écoutions la fête à la radio, la gorge nouée d'émotion. Nous aussi les larmes aux yeux, avec l'impression qu'ils étaient en train de soulever une dalle de plomb qui pesait sur toute l'Europe et sur nos coeurs et que plus rien jamais ne serait pareil. Nous ne nous doutions pas alors des guerres qui allaient suivre l'ouverture de la boîte de Pandore. | | | Oui, tu as raison, la chute du mur de Berlin a eu lieu le 9 novembre 1989. | | | C'est con, à deux jours près, ils auraient eu un truc à commémorer le 11 novembre. | | | du coup, en plus, les risques de confondre 09/11 et 11/09 sont grands. | | | Tiens, je n'avais pas pensé à ça, le "nine eleven" européen est plus gai que l'américain. | | | A la fin des années 70, j'étais étudiant à Aix en Provence. Un de mes copains étudiant en géographie nous a annoncé un jour son prochain départ pour la Tchécoslovaquie afin d'y préparer son mémoire de maitrîse avec comme sujet : "le tourisme en Tchécoslovaquie". On s'est tous demandé "mais qu'est ce qu'il va bien pouvoir trouver à raconter avec un sujet pareil".
Pour nous, à cette époque déja lointaine, les pays de l'est se caractérisaient surtout par des barres d'immeubles grisailleuses avec des queues interminables. Les seuls touristes occidentaux a s'y intéressé étaient tout au plus quelques apparatchiks avec familles du PCF.
Quelques mois plus tard à son retour en France, il nous a raconté que lors de son premier entretien avec son tuteur en Tchéco. ce dernier avait recouvert avec sa veste le poste téléphonique posé sur son bureau en l'avertissant qu'ici il y avait des micros partout... tous ces témoignages nous confortaient davantage dans l'idée que tout n'était que tristesse et laideur à l'Est...
Et pourtant une chose m'a sidéré après la chute du mur de Berlin, on s'est tous aperçu subitement que Prague était la (l'une des) plus jolie ville d'Europe avec un charme et une architecture unique. C'était comme si celle-ci n'avait jamais existé et son histoire ignorée. Idem pour la beauté des femmes tchèques (et de l'Est en général), à l'époque on les représentaient toutes taillées comme ces lanceuses de marteau aux JO....
au delà des systèmes et des dogmes il y aura toujours des êtres humains et la beauté des lieux Comme quoi lorsque l'idéologie vous aveugle!... | | | En ce qui me concerne, c'était la Tchécoslovaquie, pour voir des amis de mes parents, rencontrés il y a longtemps, au moment où Dubcek desserrait un peu la vis : eux ne pouvaient pas sortir de leur pays, alors on y allait.
Je me souviens de l'attente au consulat, pour le précieux sésame, et les listes de questions, à nous ici, à nos amis là-bas.
Je me souviens des heures d'attente à la frontière, barrières abaissées, rouleaux de barbelés et AK-47, fouille complète de la voiture : souvent des jeunes conscrits sympathiques appliquant les ordres, presque reconnaissants que l'on vienne "quand même" chez eux, parfois des zélés désagréables. Et puis après les barrières, le choc d'un retour dans le temps de quelques dizaines d'années dans les campagnes de Bohème (et pire en Slovaquie).
Prague portait encore les stigmates de l'intervention soviétique, impacts de balles sur les murs, elle n'était pas rénovée comme maintenant mais elle était déjà splendide. Pas de touristes, on était parfois absolument seul sur le pont Charles. Il y avait globalement un parfum de tristesse qui flottait dans l'air, même en oubliant le contexte politique, justement à cause de ce manque d'animation dans les rues qui ne s'estompait que dans les tavernes : mais c'était beau quand même. Dans un parc de Mala Strana, on pouvait tomber sur un vieillard discret qui nous entendait parler français, nous saluait en inclinant son chapeau et nous demandait à discuter un peu, lui qui n'avait jamais l'occasion de pratiquer notre langue.
Je me souviens des queues interminables devant des magasins aux étals vides, trois poivrons et dix patates. Notre amie travaillait à mi-temps pour pouvoir aller faire la queue dès le début de l'après-midi, quand les rares marchandises arrivaient : elle écumait la ville pour trouver de quoi améliorer un peu l'ordinaire, elle ne sortait jamais sans un ou deux sacs, au cas où, pour ne pas louper le coche, la chance inespérée. Ma mère m'a racontée qu'elle l'avait vue pleurer un jour où elle avait fait toute la ville pour finalement revenir bredouille du simple rôti qu'elle voulait faire pour nous. Nous qui venions toujours avec ce que l'on pouvait rentrer dans le pays parmi les denrées les plus rares.
Je me souviens de notre richesse lorsque l'on allait manger dans les restaurants où descendaient les hôtes de marque de la capitale tchèque et les apparatchiks du régime : gros contraste avec la rue, c'était caviar à gogo, comme le raconte Le Piaf plus haut. Les serveurs distingués qui parlaient français. Le change au noir aussi, dans la rue (très risqué), le plus discrètement possible, conséquence de la soif de devises nécessaires aux achats dans certains magasins.
A la campagne, des amis avaient une maison dans un petit village proche d'une base militaire. On planquait notre voiture dans une grange, mais il y avait toujours un voisin mal intentionné ou un soldat de passage qui nous repérait et, après notre départ, notre ami passait la journée à être interrogé chez les flics. Quand nous repartions, on ne savait jamais si on pourrait se revoir, et quand.
Mais malgré tout ça, on se marrait, notre pote nous appelait "camarades socialistes" quand Mitterand a gagné en 81, et après. Il n'a jamais compris (à l'époque) un tel vote car, vu de loin, socialiste et communiste c'était la même chose. C'était pas évident, sinon impossible, de lui expliquer la partie sombre de notre modèle économique, car il ne voyait, et c'est compréhensible, que la liberté politique qui y était associée, alors que les deux n'ont dans l'absolu aucun rapport. C'était à la fois formidable et tellement dur, ces voyages. Personne ici en France ne comprenait qu'on les fasse. On leur en a tellement voulu, pourquoi avoir attendu si longtemps pour découvrir qu'il y avait un pays si beau derrière le mur ? S'ils avaient seulement pu savoir... peut-être que l'afflux des occidentaux aurait changé les choses plus vite ? Ou peut-être pas. Mais ça aurait au moins compté.
J'ai eu la chance d'être à Prague une journée pendant la révolution de velours. Mon amie m'a traînée partout dans la révolution en marche. La ville était plus belle que jamais. Il y avait des gens de toutes parts, des spectacles qui se montaient à droite et à gauche, des tribunes politiques en pleine rue, des partis qui naissaient, des pétitions (j'en ai signé certaines), partout la joie de pouvoir enfin dire des choses sans se terrer, des milliers de bougies à chaque coin de rue et des photos pour ne pas oublier. Pour la première fois, le site de l'immolation de Jan Palas brillait de milliers de chandelles et les Praguois s'y recueillaient sans risquer l'emprisonnement. Les gens pleuraient. La ville sublime, le décor, avait toujours été là, et la vie y entrait enfin. | | | Superbe témoignage.
Je me fais l'impression d'être un peu bêtasse à tous ces mercis que je dis ou que je me retiens de dire  mais ces histoires vécues sont tellement fortes, tellement importantes.... | | | Témoignage qui trouve un écho si fort de ma vie. Je n'oublierai jamais le grand-père montant chaque Samedi en haut du mirador, cravate au vent, immobile, il agitait sa main saluant la famille de l'autre côté du mur. C'était Berlin avant la chute du mur.... | | | Je me souviens du mur, je me souviens des miradors, je me souviens des barbelés, je me souviens des passages aux "frontières" entre Berlin Ouest et Berlin Est, je me souviens des fleurs déposées au pied du mur... pensées pour celui ou celle qui n'avait pas réussi à le franchir... j'ai froid.
Dolma | | | Nostalgie ! Nostalgie ! Je vois que je ne suis pas le seul à être ému en pensant à ces pays qui ont connu le communisme. Nostalgie ? Oui. Non pas d'un système ou les libertés politiques et civiles étaient bafouées, où les gens, souvent, devaient faire la queue pour trouver quelque chose de convenable à manger. Nostalgie de cette époque ? Oui ! Lorsque je pense à l'expédition que représentait ces voyages (visas, formalités à la douane, fouille complète..) alors qu'aujourdh'ui on peut traverser 10 frontières terrestres de suite sans s'arreter à la douane, même pour passer en Bosnie ! Nostalgie lorsque je pense au charme désuet de ces paysages et de ces habitants : voyager à l'Est revenait à remonter le temps de plusieurs décennies, cette Europe semblait parfois ne pas avoir évolué de puis la guerre, voire avant ! Près de Kotor, notre camping-car avait failli heurter une charette non éclairée et ce en pleine nuit ! Quant à leurs voitures, Dacia, trabant ou Yugo ! Nostalgie, lorsque nous pouvions manger à 5 dans un resto correct pour quelques dizaines de francs, c'était valable dans la plupart des pays de l'Est ! Nostalgie, lorsque je me rappelle l'émotion et la chaleur de ces Roumains qui nous abordèrent près de Bucarest, nous discutâmes mais ils fuirent en voyant arriver une Dacia de la Securitat, après avoir offert un gros billet (100 Lei) à ma petite soeur de 5 ans.
Vos témoignages sont souvent magnifiques. Je pense que comme-moi vous avez été ému par Good Bye Lenin. Le communisme d' Europe de l'Est des années 1970-1980 n'est pas le stalinisme des années 1930 ou 1950, je sais de quoi je parle. Mais ce système était loin d'être agréable. Ces habitants, dans leur majorité, étaient-ils heureux ?
En tout cas, sans forcément parvenir à définir exactement pourquoi, je ressens de la nostalgie de mes voyages en Europe de l'Est d'avant 1989. Peut-être est-ce parce que j'ai connu l'Avant 1989 ? Nous sommes témoins d'un passé qui s'est transformé si rapidement et si brutalement, même s'il en reste des traces aujourd'hui encore.
Qu'en pensez-vous ? | | | J'imagine que la pologne a changé, mais ont m'a dit qu'on mangeait au resto à 5 pour 100 F maximum.
Oui, le pays a changé, les centres commerciaux ont fleuri un peu partout, tous les grands magasins que tu trouves en France, tu les retrouves là-bas. Seulement..... les parkings ne sont pas aussi pleins, les allées sont un peu désertes... les prix ne sont pas accessibles au polonais moyen. Les épiceries de village sont bien fournies en fruits (fraises, raisins, pastèques, oui, les pastèques il y en avait partout  ). Tu peux trouver tout ce que tu veux... aux prix d'ici. Cà change des quelques carottes fanées qui se battaient en duel dans les étals quand je suis allée en 79. Il reste les marchés où les gens s'approvisionnent pour quelques sous. Le resto, c'est vrai, tu peux manger pour 2 ou 3 euros par personne, un plat simple mais succulent. Ces restos-là s'appellent des "bars à lait", ce sont les anciennes soupes populaires où maintenant se cotoient touristes et habitants. Ouverts seulement le midi. Tu y vois aussi des habitants venir avec leur gamelle ou leur bouteille vide. Ils se les font remplir de nourriture et de soupe. Je suppose que cà leur sert pour le diner. | | | Pour les centres commerciaux et les enseignes que l'on retrouve partout (la Crrefour de thessalonique ressemble au carrefour de burgos, un ou deux rayons exceptés c'est aussi ca la mondialisation !), je m'en doutais un peu. Par contre pour les petits resto pas chers, je l'ignorais. D'après ton témoignage, les inégalités sociales so
nt tres fortes dans le Pologne d'aujourd'hui. Je vais le tester moi-même en février 2006, je vais à Auschwitz et à cracovie 4 jours. | | | Pour ma génération, le communisme était là pour longtemps.
Je me souviens quand le mur est tombé.Le lendemain matin au cours, le prof a dit que le Mur de Berlin était tombé.C'était quelque chose meme pour nous ici.En tout cas ca doit etre spécial d'avoir visité l' Europe de l'est a cette époque, j'aurais aimé vivre ca!
Cordialement. | | | ah que j'aurais aimé connaître cette époque! Mais en 89 j'étais bien trop jeune pour voyager là-bas à mon initiative. J'ai eu droit à pas mal de témoignages très forts, un peu du genre des très beaux posts de ce fil. Un ami allemand de l'est m'a raconté beaucoup d'anecdotes incroyables sur la vie quotidienne dans son pays. Et puis que dire du voyage "officiel" de mon père dans l'URSS de Staline... Tout bonnement incroyable!
C'est sans doute pour cultiver ou remédier à cette frustration que je me suis pris d'intérêt pour la Chine rouge (trop tard là aussi) puis pour la Corée du Nord (là, il est encore temps), parait-il très proche de la Bulgarie et de la Roumanie des années 60. | | | bonjour,
nostalgie oui des trains paris- cracovie avec changement à frankfurt en pleine nuit dans les années 80, des contrôles durs en RFA avc chiens dans les wagons parfois, une solidarité aussi entre compagnons de voyage (6 par wagons, pique nique en commun, échanges, discussions......) j'étais jeune au collège et lycée alors certains sont devenus des amis
l'émotion quand le nez par dessus les fenêtres qu'on pouvait ouvrir on passait enfin la frontière et qu'on était en pologne, d'immenses forêts, des biches, et enfin l'arrivée avec toute la famille nous attendant et nous offrant des bouquets de fleurs, des pleurs, des sourires
enfin être là et à la montagne, le bonheur végétal, libre pour les enfant (s et adolescents que nous étions je en me suis jamais autant sentie libre de gambader à travers prés, rivières, bois sans barrières, barbelés qu'à ce moment-là..... et puis la campagne à l'ancienne, quel beauté, les senteurs du foin coupé, les myrtilles
toujours un crève-coeur quand je rentrais en france, trop de matérialisme, une campagne industrielle, froide....
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