La majorité vive le voyage comme une partie infime du temps de vie.
Au contraire, j'ai au la chance de rencontrer certains, pour qui le voyage est au centre de leur vie et, donc, tout est organisé autour.
Quelques uns vivent dans l'industrie des voyages (transport, réceptif, guide, hôtellerie, restauration, magazine, etc...), d'autres dans les activités mondialisées, ce qui leur permet de travailler ET voyager, en faisant, de fait, des économies.
D'autres travaillent dans des pays "riches" pendant 6 mois comme salariés dans des emplois sans responsabilité et partent 6 mois dans un pays bon marché (j'ai rencontré beaucoup d'anglais dans ce cas).
Enfin, beaucoup de jeunes, avant l'université et juste après, partent, certains à la recherche d'eux-mêmes, d'autres à comparer notre société avec d'autres, pour se faire une opinion et avoir des arguments pour prendre un chemin plutôt qu'un autre.
Dans une
France qui cultive l'insatisfaction comme un plante transgénique, la Sécurité Sociale et les Assurances comme une drogue dure et le manque comme un principe de vie, l' "ailleurs" est aussi une soupape de sécurité dans une société très organisée où l'individu doit chercher des stratégies pour s'évader.
Le voyage est une stratégie possible, l'imaginaire en est une autre : n'oublions pas que Jules Verne a fait voyager dans leurs têtes des millions de lecteurs tout en restant bien tranquille chez lui.
Donc le voyage est un luxe que pour ceux à qui il n'est pas nécessaire.
Le voyage pour voyager est très récent dans l'Histoire humaine. Pour la grande majorité, ce n'était pas un luxe, car ce n'était même pas envisageable. C'est notre société de consommation, qui nous l'impose presque comme un besoin, voir une nécessité. Il faut, à mon sens, résister à cette pression, pour bien apprécier la délicieuse expérience du voyage.
Ceux qui n'achètent un voyage que comme un meuble Ikea, par ce que c'est à la Mode, pas cher et jetable, sans donner un peu de son humanité; ceux-là perdent de l'argent dans du superflu et donne à un objet sans âme un luxe parfaitement hors de prix et inutile. Le pas cher peu aussi être luxueux!