J'aimerais reagir sur quelques messages envoyes jusqu'a maintenant.
Mon premier (et unique, d'ailleurs) voyage en
Inde, je l'ai fait a 18 ans. J'avais prevu de rester 2 mois et de me ballader au hasard dans le nord:
ladakh,
Varanasi,
Khajuraho, Orccha,
Rajasthan, etc... Hormis quelques livres sur l'histoire et la politique Indienne, ainsi que l'etude du LP, ma preparation etait somme toute assez sommaire. J'avais peur d'etre prepare, peur d'etre degoute, peur d'etre plein d'a priori, et j'ai eu la gorge serree et mal au ventre pendant tout mon trajet en avion... C'etait egalement mon premier voyage solo.
La seule difficultee rencontree fut a
Calcutta, ou j'avais prevu de "faire de l'humanitaire" (quelle detestable expression!!!). J'ai ete revolte par la mentalite des voyageurs la bas, dont je faisais d'ailleurs partie, qui pensaient se donner bonne conscience en "soignant" quelques personnes avant d'aller depenser des milliers d'euros en bons hotels et consos au Blue Sky Cafe. Ca me paraissait profondement incoherent, et de toutes facon je suis tombe assez gravement malade donc par la force des choses, j'ai mis fin a mon experience de volontaire.
Le reste, les inevitables arnaques, les hotels degueulasses, la third class et sleeper class, les cadavres de femmes, d'hommes et d'animaux, j'en ai vu, aussi, et ca n'est certainement pas agreable. Mais ca fait partie du contrat voyage en
Inde, selon moi. Je ne m'attendait pas a les voir, mais j'ai fait avec. J'ai adore mon voyage, et rien de rien je ne regrette rien.
La ou je veux en venir, et je suis ouvert au debat, c'est que l'
Inde n'est pas uniquement destinee aux "voyageurs experimentes" qui sont au prealable passes par des destinations "de debutants". Un peu d'ouverture d'esprit et de "street smarts" suffisent.
Deux choses qui m'ont sauve, je pense, sont de ne pas avoir lu "Fous de l'
Inde" avant mon depart et d'avoir categoriquement refuse de toucher a drogues et alcool. Le livre me faisait mega flipper (je l'ai quand meme lu immediatement apres mon retour) et pour ce qui est des drogues et de l'alcool, pas besoin d'expliquer les raisons de ma decision.
Quant aux arnaques, ca s'appelle de l'
Ethnocentrisme
. "Tendance, plus ou moins consciente, à privilégier les valeurs et les formes culturelles du groupe ethnique auquel on appartient." On arrive en
Inde et on s'attend a ce que les autochtones nous deroulent le tapis rouge. Mais ne soyons pas duppes. Ces "arnaqueurs" vivent avec quelques dizaines de roupies par jour, ou quelques centaines, alors pour eux nous sommes une aubaine. En une journee nous depensons ce qu'ils gagnent en une semaine, en un mois, en un an... A moins de tomber dans un piege a grande echelle, on se fait arnaquer de 500 roupies et, franchement, ce n'est pas la fin du monde! C'est rageant, mais pas de quoi en faire tout un plat. Pour eux nous sommes des milliardaires. Et puis on se fait arnaquer partout, en
Inde ou ailleurs. C'est dans la nature humaine, tout simplement. Nous sommes dans des conditions plus rudes la bas, donc forcement a fleur de peau, donc plus sensibles a ce a quoi nous sommes soumis, bon ou mauvais.
Un des elements qui a vraiment affecte mon voyage, ce sont tous les gens qui m'ont dit que j'etais fou de partir seul a mon age, que je detesterai tel ou tel endroit, telle ou telle misere, blah blah blah. "different strokes for different folks", l'
Inde est extreme et chaque personalite a sa propre experience et interpretation de ce qu'elle a a donner, de ce qu'elle prend et de ce qu'elle change inevitablement en chacun de nous.
Contrairement a tout ce qui m'avait ete dit avant mon depart, je suis sorti de ces deux mois parfaitement "indemne". Different serait le mot approprie. L'
Inde m'a change, pour le meilleur et pour le pire. J'y ai vu de la misere tout comme j'ai vu et vecu des choses magnifiques. De belles amities, une histoire et une architecture splendides, une religion fascinante, une bouffe sublime (O lassis! O petits tchais a 5 roupies dans la rue avec des minis verres pyrex!) et un peuple profondement difficile a apprehender.
Mais encore une fois, ce n'est que mon experience, unique et certainement un peu naive, avec le recul que j'ai maintenant.