Bonjour,
Juste une précision : ne confondez pas directive (plus proche d'une consigne, d'une note "interne", donnée aux directeurs des administrations du ministère) et un décret. Une directive peut également accompagner un décret pour expliciter l'application du décret.
Pour en revenir au sujet, me basant sur ma propre expérience, je vous assure qu'un dossier complet et cohérent permet d'aboutir à ses fins, mais c'est vrai qu'il ne faut pas céder au découragement.
Pour ma part, je me suis marié à
Madagascar après avoir reçu le certificat de capacité au mariage (ce qui implique les démarches préalables de publication de bans en
France et tout un tas de papiers type acte de naissance etc.)
La capacité au mariage est délivrée après un entretien au cours duquel on nous pose des questions. Ces questions sont faites à ce que j'ai ressenti pour détecter les mariages blancs ou peut-être plutôt "gris". On y compare certainement l'écart d'age, l'écart socio-culturel et les conditions de ressources en
France. Il peut y avoir méfiance quand les écarts sont trop grands et du coup le consulat sera très exigeant (tatillon) sur les documents (ce qui entraine certainement de nombreux renoncements et à mon avis c'est bien leur but). J'ai souvenir aussi qu'ils ont photocopié tout mes visas sur mon passeport pour vérifier si on se connaissait bien... Quand tout se passe bien, mariage, transcription etc. livret de famille, regroupement familial dans la foulée, visa d'un an...
Notre fils, reconnu par mes soins à sa naissance à la mairie à
Tana et déclaré également au Consulat, né 4 mois avant notre mariage a également été immediatement mentionné sur le livret de famille français.
Pour ce qui concerne les filles de ma femme, nées d'un premier mariage :
- à notre arrivée en
France nous avons immediatement tenté le visa étudiant avec moi comme responsable légal, garant de leurs dépenses en
France, mais le consulat a refusé (motif donné à l'oral uniquement: on détournait la procédure de regroupement familial pour gagner du temps). Ce n'était pas faux dans la philosophie puisque j'étais bien marié à leur mère, cependant nous remplissions les critères... Nous n'avons pas insisté et nous nous sommes même abstenus de demander un visa court séjour pour leurs vacances pour ne pas "se griller"...
- nous avons finalement constitué le dossier en
France de regroupement familial (après les délais légaux de résidence en
France de ma femme). Ce dossier est relativement lourd (OFII, prefecture, visite de la maison, contrôle des ressources, appel à l'employeur...) et long (la communication passe mal entre OFFI et Prefecture et des documents peuvent se perdre. La plupart des interlocuteurs nous prennent plus ou moins de haut et nous traite avec mépris.
Coïncidence ou pas, une fois à bout de nerfs et juste après avoir menacé d'engager un recours (nous n'avions ni refus ni accord, simplement une non réponse), nous avons reçu la réponse positive.
Aujourd'hui les filles sont en
France et scolarisées. (Là aussi on pourrait parler longuement du parcours du combattant pour faire reconnaitre leur niveau... Mais c'est chose faite et elle n'ont pas été rétrogradées scolairement et s'en sortent plutôt pas mal !)
C'est un long parcours du combattant, long, très long, extremement décourageant... (Surtout quand on voit que certains pays du magrehb bénéficient d'ENORMES facilités...)... mais pas impossible.
En conclusion, il n'y a pas de refus qui ne soit pas justifiable par l'administration. On peut seulement lui reprocher un zèle excessif et un manque de considération et d'empathie, surtout quand on se sent dans "son droit"... mais bon ils reçoivent des directives...

de manière à décourager le lus grand nombre.