Ben ta grand-mère elle est jeune si elle cite les Bidochon.
Les Bidochon, de même que les beaufs, ne sont pas ceux que l'on croit. Ils ont évolué en même temps que le contexte social qui a vu naître cette parodie méprisante, voire haineuse.
Ce n'est pas parce qu'on se la joue aventurier à peu de frais en allant épisodiquement vers des destinations à l'exotisme de pacotille qu'on doit se croire au dessus du "vulgum pecus". Les vrais bidochons et autres beaufs sont certainement ceux qui se balladent avec le guide du routard, grattant le moindre centime sur le dos de la population, voulant voyager à moindres frais tout en exigeant une prestation au dessus de tout reprôche.
J'ai beaucoup voyagé, à l'époque où seule existait la démerde, sans aucune assistance, dans des pays non encore bétonnés pour accueillir des flots de touristes. J'ai toujours subvenu à mes besoins en travaillant localement quand ma maigre intendance acquise en métropole ne suivait plus. L'âge venant j'ai opté pour la vie d'expatrié à plus long terme, travaillant au salaire local et vivant dans les mêmes conditions, où que je me trouve. C'est pourquoi j'en ai marre des jérémiades des occidentaux qui se déplacent facilement n'importe où, selon leur porte-feuille, sans même avoir conscience de la rélaité sociale, souvent très difficile, des lieux qui les accueillent. Le terme "routard" a tant été galvaudé qu'il faudrait en finir et appeler un touriste un touriste et que ceux-ci aient la franchise d'être ce qu'ils sont c'est à dire des consommateurs de voyage de détente et/ou de dépaysement sans toujours avoir le souci de ce qu'ils représentent pour leurs hôtes obligés. Combien connaissent l'envers du décor de cette destination phare qu'est la
république dominicaine? Un slogan soixante huitard disait:"Sous les pavés, la plage", je dirai, moi: "Derrière la plage, le bagne, le tiers monde". Bronzez bien, en toute bonne conscience. J'ai la chance de vivre sous le soleil éternel de l'océan Indien mais j'en paie le prix réel au quotidien et chaque paradis révèle à la longue sa part d'enfer. Nul doute que mon écrit sera soumis à censure car nulle polémique ne saurait être admise dans un tel consensus de bons esprits mais je pense que certains qui auront pu lire ce post avant passage à la trappe s'y seront reconnus en bien ou en mal et que les authentiques voyageurs ne me donneront pas tort dans le fond.
Amitiés,
Michel