salut Bluequark qui s'impatiente,
et salut tout le monde,
Voici le début de notre périple en
Bolivie
Le 22/08, comme prévu nous avons donc quitté San pedro de Atacama à 10h. Le chauffeur chilien de terra andina, est venu nous chercher, et nous a d'abord conduit à la douane de SPA pour la sortie du
Chili, puis a repris la route du paso de jama qui mène aussi à la frontière bolivienne de hito cajon. Le plus dur pour moi en arrivant devant la douane bolivienne est d'éviter un fou rire en voyant le "batiment". Une petite case en adobe, non chauffée abrite le bureau. Cela ressemble vaguement aux anciennes cases en
Martinique en pierre avec de la boue par dessus pour tenir les roches entre elles! Je savais pourtant qu'en
Bolivie, ce serait pire qu'au
Chili! Ci dessous la douane bolivienne!!!
Passage de douane fait rapidement, nous faisons connaissance avec Samuel, notre chauffeur des 6 prochains jours pour la visite du
sud lipez et
uyuni, et du toyota tout terrain qui sera notre 4x4. Nos nombreux bagages sont transférés du 4x4 du conducteur chilien à celui du chauffeur bolivien.
Nous nous rendons d'abord à la réserve nationale de faune andine où Samuel acquitte les droits d'entrée. Nous avons prépayé toute cette partie à terra andina donc je n'ai aucune idée des sommes déboursées par notre très sympathique chauffeur pour nous pendant les 6 jours de notre périple.
Il fait froid, très froid, dehors, un réservoir dont le robinet fuit nous donne l'impression d'une colonne de glace figée sur place. Il est 11 heures du matin et nous sommes à plus de 4000 m d'altitude! De SPA, nous avons grimpé 1500 m en une demi heure. Je vous laisse imaginer l'effet.
Plus loin, un oiseau nous regarde comme si nous venions de la planète mars. "Eh, sortir de
Martinique pour venir affronter un tel froid, faut être complètement barge" semble-t-il penser!!! En tout cas, sur le moment, c'est vraiment ce que j'ai ressenti!
Nous nous arrêtons d'abord à la
laguna blanca. Une couche de gel semble ne pas vouloir quitter le dessus de la lagune, ce qui donne cette sensation de blancheur.
Nous sommes abasourdis par la beauté de l'ensemble. Il a raison l'oiseau: nous sommes fous d'amour pour des paysages splendides. Voilà pourquoi nous sommes venus ici!!!
Les abords de la lagune sont tout blanc eux aussi. Quel minerais est-ce? Mystère
L'ensemble est vraiment merveilleux, et notre chauffeur est content de l'effet produit par ces paysages sur nous.
Les alentours de la lagune rivalisent de beauté avec elle: du rouge teinté de jaune des montagnes au bleu du ciel, tout nous aide à oublier toutes nos petites misères de santé.
Notre 4x4 semble vraiment très petit dans cette immensité sauvage. Sur cette montagne, des couches d'herbes jaunes expliquent cette teinte jaune.
La suite de notre parcours nous amène à la laguna verde qui n'est séparée de la
laguna blanca que par un banc de sable, que des vaguelettes franchissent régulièrement.
Le vent a un effet incroyable sur la couleur de cette lagune, lorsqu'il souffle fort des vagues agitent la tranquillité de l'eau.
Et, du coup de loin, la lagune se pare d'une couleur vert émeraude.
Mais vu de près, on se rend bien compte que tout cela est un effet d'optique, et que l'eau est limpide en vérité, un peu comme la couleur bleuté du
périto moreno, dont la glace est translucide de près. Un peu partout dans les pays que nous avons visités, nous avons découvert une mode curieuse: celle des piletas, ces entassements de roches que s'amusent à faire des touristes ou des locaux! La
Bolivie n'y fait pas exception. Pas très surs de la signification de cette coutume, nous avons évité d'y participer. Notre chauffeur nous a dit que c'était un moyen de laisser une trace de son passage. Hum, ouais,.......
Les montagnes environnantes sont impressionnantes. Il y a des montagnes noires avec la cime blanche de neige, et des montagnes qui semblent tout droit sorties des entrailles de la terre, en proie aux flammes et aux jets incandescents de la lave en fusion, je dirais en furie!!!.
C'est extraordinaire! Quelles forces ont pu donner naissance à un tel assortiment qu'aucun peintre ne peut rendre? Il parait que Dali a essayé, et ce désert porte d'ailleurs son nom.
Nous longeons la laguna salada pour finalement nous arrêter aux thermes de Polques. Ah, encore de l'eau chaude en perspective, dans laquelle Samuel propose que nous allions nous baigner, en attendant que le repas soit prêt. En venant nous chercher, il a déposé tous les ingrédients à la cuisinière du refuge près des thermes, et il ne lui reste plus qu'à préparer la table, chercher les repas dans la cuisine, sortir les boissons. Le pauvre Samuel! Il ne nous connaît pas encore! Alors, comme nous parlons espagnol, nous lui expliquons gentiment d'où nous venons. "Voilà, Samuel, chez nous quand il fait 18°C, les gens trouvent qu'il fait froid! Et donc, même s'il y a des gens qui se baignent, et qui ont l'air de trouver le bain délicieux, la température extérieure proche de 0°C, et le petit vent glacial qui l’accompagne ne nous donnent pas une envie irrépressible de faire comme les autres!"
Sur ces bonnes explications, nous profitons du temps imparti pour nous balader à côté des thermes, faire des photos. Mais surtout nous marchons très lentement, car il faut ménager sa respiration. Nous admirons cette nature si généreuse en paysages tous plus fascinants les uns que les autres. Quelques flamands semblent en tout cas apprécié le bain, mais ils sont trop éloignés pour que nous puissions nous en approcher et faire des photos.
Puis nous retournons nous mettre à l'abri dans le refuge et arrivons pil poil pour donner un coup de main pour mettre le couvert. Au menu repas froid avec entrée, plat de résistance et dessert. Bah dis donc, ce repas dépasse nos espérances, tant sur la qualité que sur la quantité. Une fois rassasiés, Samuel nous propose de nous promener une dernière fois avant le départ prévu un quart d'heure après, le temps qu'il range tout son attirail dans le 4x4. C'est qu'il est équipé, le petit!!!
Je vais quand même prendre un peu de temps pour vous raconter les conditions de voyage dans cette région du monde. Parce que la beauté des paysages ne doit pas masquer la réalité à laquelle nous sommes confrontés!
D'abord, il n'y a pas de routes, pas de panneau, rien que des traces de 4x4 sur le sol désertique qui sont censées être des pistes! Autant dire que ceux qui s'aventurent sans guide ont un mal fou à se repérer (n'est-ce pas Krikri?), même des chauffeurs se perdent, Samuel a dû aider l'un d'eux qui était perdu.
Autour de vous, des montagnes aux couleurs multiples, enneigées ou pas, de la poussière, encore de la poussière, beaucoup de poussière, des roches, encore des roches sur lesquels le tout terrain dans lequel nous sommes assis roule bon train, euh, je devrais dire cahote de ci de la. Nous sommes secoués en permanence. Des montées, des descentes puis encore des montées et l’altimètre sur l'iphone de mon mari qui n’arrête pas de battre des records, 4000m, puis 4500m, ensuite 4700, puis 4900 puis nous nous arrêtons pour faire une photo à 5000m. Là, il y a un panneau qui l'indique. Un panneau au milieu de nulle part!!!
Le maté de coca a été consommé de bon train, et la respiration devient de plus en plus difficile. Le vent omniprésent ne fait rien pour arranger les choses. Chaque fois que nous devons sortir pour faire des photos, il faut gérer les nuages de poussières soulevés par le 4x4 ou par le vent, pour éviter de trop en avaler et en respirer. J'ai les narines sensibles à cause des vaisseaux sanguins qui éclatent régulièrement. J'ai le nez douloureux et fortement encombré, ce qui complique encore les choses pour respirer. Je prends de fortes doses de médicaments pour me soulager même la journée. Mais heureusement je n'ai pas besoin de masque à oxygène.
Nous finissons par arriver aux geisers de sol de mañana. Moi qui pensais être blasée sur les geisers, les marmites de boue et autres phénomènes géothermiques, après avoir visité le parc yellowstone, aux
USA, eh bien, j'ai vraiment apprécié cette visite.
Aux
USA, c'est la sécurité à tout prix! Donc, vous vous promenez sur des passerelles, à l'abri de tout danger, sous le regard des rangers qui ne manqueraient pas de vous faire des rappels à l'ordre si vous vous avisiez d'en sortir. D'ailleurs, vu la quantité de panneaux vous rappelant les innombrables dangers qui vous guettent si vous descendez des passerelles, vous vous abstenez fortement d'une telle expérience.
En
Bolivie, par contre, c'est la liberté à tout prix. Conclusion: pas de passerelles, pas de panneau, pas de rangers, juste Samuel qui nous recommande de faire attention, et puis il nous laisse nous promener. D'ailleurs, comme il n'y a aucune indication, vous vous demandez par où passer sans vous brûler, sans marcher sur un geiser qui se manifesterait de façon impromptu. Et puis, rassurés par la vue d'autres visiteurs manifestement encore vivant de l'autre côté des geisers, nous nous décidons à traverser le site.
ça glougloute de partout, et nous nous promenons juste à côté du danger. C'est grisant!
En fait, si j'ai envie de plonger dans la marmite de boue, je peux le faire. Je suis libre d'aller où je veux!!!! Quelle idée saugrenue me direz-vous! Mais il paraît qu'il y a quelques accidents sur ce site, chaque année. A mon avis, y en a qui ont essayé.....
Non, non, rassurez-vous j'étais juste entrain de me dégeler les mains dans les fumerolles!!! A ce moment là, je me suis laissée dire que j'aurais du avoir mis ma doudoune, car ça caillait sec! J'avais un tee-shirt à manches longues, mon col roulé en laine de lama, mon sweat shirt dont la capuche est rabattue sur mon béret, mes gants, bref, il me manquait encore une épaisseur en pleine après midi.
A part ça, elle est pas belle la vie.
Le reste de la journée et la soirée du 22/08 seront dans un autre post. Je suis arrivée au maximum de photos.
En
Martinique, il est 2h30 du mat, bonne nuit ou bonjour au reste du monde!